Fiche de révision : Anémies ferriprives

Plan du Cours

  1. Définition et épidémiologie
  2. Métabolisme et régulation du fer
  3. Physiopathologie de la carence martiale
  4. Signes cliniques
  5. Diagnostic biologique
  6. Causes et diagnostic différentiel
  7. Traitement et surveillance
  8. Application clinique

1. Définition et épidémiologie

Notions clés & Définitions

  • Anémie ferriprive : Baisse de l’hémoglobine due à une diminution du fer circulant, entraînant une diminution de la synthèse de l’hème dans les érythroblastes médullaires.

★ À maîtriser

  • L’anémie ferriprive est l’affection la plus répandue au monde et concerne environ 2 milliards de personnes présentant une carence en fer selon l’OMS.

Compléments

  • Dans les pays en voie de développement, l’anémie ferriprive est principalement liée à la malnutrition, tandis que dans les pays riches elle est principalement liée aux hémorragies.

2. Métabolisme et régulation du fer

★ À maîtriser

  • Le fer de l’organisme se répartit en trois compartiments:

    • Fer fonctionnel de l’hémoglobine et de la myoglobine : 75 %
    • Fer des réserves sous forme de ferritine et d’hémosidérine : 25 %
    • Fer circulant lié notamment à la transferrine : 0,01 %
  • Le métabolisme du fer fonctionne en circuit fermé : le fer alimentaire est absorbé principalement au duodénum, circule lié à la transferrine, est utilisé par les érythroblastes puis récupéré par les macrophages après destruction des globules rouges.

Compléments

  • Les apports alimentaires sont de 10 à 25 mg de fer par jour, mais seulement environ 10 % du fer alimentaire est absorbé, soit environ 1 mg par jour.

Astuce mémo

Apports → absorption duodénale → transferrine → érythroblastes → macrophages

3. Physiopathologie de la carence martiale

★ À maîtriser

  • 🔄 L’installation de la carence martiale suit cet ordre:

    1. Diminution des réserves de ferritine
    2. Perturbation des indices érythrocytaires
    3. Baisse de l’hémoglobine
  • Les premières anomalies érythrocytaires sont la baisse du TCMH et de la CCMH, suivie par la baisse du VGM et l’augmentation de la capacité totale de fixation de la transferrine.

  • Le mécanisme le plus fréquent de carence en fer est l’augmentation des pertes, notamment par des saignements chroniques peu abondants mais répétés d’origine génitale chez la femme ou digestive.

Compléments

  • Les autres mécanismes de carence martiale sont:
    • Diminution des apports par malnutrition
    • Insuffisance relative des apports
    • Malabsorption digestive du fer
    • Trouble exceptionnel du transport du fer

Astuce mémo

Pertes ou apports insuffisants → réserves basses → microcytose → anémie

4. Signes cliniques

Points essentiels

  • Le tableau clinique associe un syndrome anémique et des signes de sidéropénie.

  • Le syndrome anémique comprend notamment:

    • Pâleur cutanéo-conjonctivale
    • Dyspnée d’effort
    • Tachycardie
    • Souffle systolique éjectionnel
    • Céphalées
    • Acouphènes
    • Vertiges
  • Les principaux signes de sidéropénie sont:

    • Koïlonychie
    • Perlèche
    • Glossite
    • Chute de cheveux cassants
    • Gastrite atrophique
    • Syndrome de Plummer-Vinson avec dysphagie et atrophie de la muqueuse œsophagienne

Astuce mémo

Syndrome anémique général versus signes de sidéropénie tissulaire

5. Diagnostic biologique

★ À maîtriser

  • L’hémogramme montre une anémie hypochrome microcytaire avec une hémoglobine souvent comprise entre 6 et 9 g/dl, un VGM inférieur à 80 fl et une CCMH et un TCMH abaissés.

  • Le fer sérique est inférieur à 70 μg/100 ml, la capacité totale de fixation de la transferrine est supérieure à 350 μg/100 ml et la ferritinémie est inférieure à 12 μg/100 ml.

📐 Formule — Le coefficient de saturation de la transferrine se calcule par CS=fer seˊriqueCTFTCS = \frac{fer\ sérique}{CTFT} et est inférieur à 20 % chez l’homme dans la carence martiale.

Compléments

  • L’indice de distribution érythrocytaire est augmenté à plus de 15 %, avec anisocytose, microcytose, hypochromie et poïkilocytose au frottis sanguin.

6. Causes et diagnostic différentiel

★ À maîtriser

  • Chez la femme en âge de procréer, les pertes génitales par ménométrorragies ou hyperménorrhées constituent la cause la plus fréquente d’anémie ferriprive.

  • Les causes digestives possibles comprennent:

    • Hernie hiatale
    • Ulcère gastro-duodénal
    • Cancer digestif
    • Hémorroïdes
    • Parasitoses
    • Prise d’AINS

📌 Dans l’anémie inflammatoire, le fer est bas, la CTFT est normale ou basse et la ferritinémie est augmentée, alors que dans l’anémie ferriprive la CTFT est augmentée et la ferritinémie est basse.

Compléments

  • Les situations de malabsorption ou de chélation comprennent:
    • Maladie cœliaque
    • Diarrhées chroniques
    • Géophagie avec ingestion de terre
    • Ingestion d’argile
    • Ingestion de charbon
    • Ingestion de craie

📌 Dans la bêta-thalassémie, le fer et la ferritinémie sont augmentés avec une CTFT basse, tandis que l’anémie sidéroblastique associe un défaut de synthèse de l’hème à une ferritinémie augmentée.

7. Traitement et surveillance

★ À maîtriser

  • Le traitement vise à corriger l’anémie, recharger les réserves en fer et traiter la cause de la carence martiale.

  • Le fer oral est préféré, à distance des repas, à la dose de 200 à 250 mg de fer élément par jour pendant 4 mois, dont 2 mois pour corriger l’anémie et 2 mois pour restaurer les réserves.

  • Le fer parentéral est indiqué en cas de malabsorption sévère, d’intolérance à la voie orale ou de besoin de correction rapide avant une chirurgie.

Compléments

  • La surveillance repose sur une crise réticulocytaire après 1 à 2 semaines et sur une NFS avec dosage de la ferritine 3 mois après le début du traitement oral.

📌 La transfusion est exceptionnellement indiquée dans l’anémie ferriprive.

Astuce mémo

Corriger l’anémie → recharger les réserves → traiter la cause

8. Application clinique

★ À maîtriser

  • Chez une étudiante de 18 ans présentant une dyspnée d’effort, une pâleur, des règles abondantes et une hémoglobine à 6,2 g avec un VGM à 68 fl, un fer sérique à 10 μg/100 ml, une CTFT à 480 μg/100 ml et une ferritinémie à 3 ng, le diagnostic est celui d’une anémie ferriprive spoliative.

Compléments

📌 Dans ce cas clinique, le traitement repose sur 200 à 250 mg de fer par jour pendant 4 mois, sans transfusion, avec recherche de la cause des pertes génitales.

Tableaux de synthèse

Comparaison des anémies hypochromes microcytaires

Type d’anémieFer sériqueCTFTFerritinémie
Anémie ferripriveBasAugmentéeBasse
Anémie inflammatoireBasNormale ou basseAugmentée
Bêta-thalassémieAugmentéBasseAugmentée
Anémie sidéroblastiqueNon préciséNon préciséAugmentée

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1. Comment définit-on l’anémie ferriprive sur le plan physiopathologique ?

2. Quelle ampleur mondiale est attribuée à la carence en fer par l’OMS ?

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Qu'est-ce que l'anémie ferriprive ?

Une baisse de l'hémoglobine due à une diminution du fer circulant.

Quelle est la cause de la baisse d'hémoglobine dans l'anémie ferriprive ?

La diminution de la synthèse de l'hème dans les érythroblastes médullaires.

Quelle est l'affection la plus répandue au monde selon l'OMS ?

L'anémie ferriprive.

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