Fiche de révision : Techniques et enjeux de la modification génétique

📋 Plan du Cours

  1. Biotechnologie et objectifs de modification génétique
  2. Transgénèse : définition et formes spontanée
  3. Effets délétères des insertions et réarrangements
  4. Transgénèse par transfert nucléaire de cellules somatiques
  5. Injection intra-cytoplasmique d’ADN dans les ovocytes
  6. Transgénèse ciblée par recombinaison homologue
  7. Traitement de substitution par vecteurs AAV
  8. CRISPR-Cas9 : acteurs Cas9 et ARN guide
  9. Rôle de la séquence PAM et reconnaissance de la cible
  10. Mécanisme de coupe et conditions de spécificité
  11. Vaccinologie : stratégies ciblant les cellules B
  12. Vaccin VIH : bNAb, voie nasale et défis

📖 1. Biotechnologie et objectifs de modification génétique

🔑 Notions clés & Définitions

  • Biotechnologie : La biotechnologie est l’application conjointe de la biologie et de la technologie à des êtres vivants pour produire ou modifier des produits.
  • Mutagenèse : La mutagenèse est une approche de modification génétique visant à insérer des mutations dans le génome d’un organisme.
  • Transgène : Un transgène est une séquence d’ADN introduite dans un organisme, initialement absente de son génome.
  • Transgénèse : La transgénèse regroupe les opérations permettant d’obtenir des organismes transgéniques en introduisant un transgène dans un génome.
  • Organisme transgénique (OGM) : Un organisme transgénique, aussi appelé OGM, est un organisme dont le génome a été modifié par l’introduction d’un ADN non présent au départ.

📝 Points essentiels

  • La modification précise des génomes est un enjeu majeur de la biotechnologie et de la recherche biomédicale.
  • Les nouvelles techniques visent deux objectifs : insérer des mutations ou insérer des séquences d’ADN (transgènes) dans un génome.
  • La transgénèse peut être naturelle ou réalisée par l’homme, selon l’origine de l’introduction d’ADN.
  • La transgénèse naturelle est contrôlée par des mécanismes biologiques, contrairement à la transgénèse réalisée par l’homme qui sélectionne les caractères à insérer et mesure les effets.
  • La transgénèse a été mise au point chez les bactéries dès les années 1970 et chez les plantes dans les années 1980, avec le premier tabac transgénique en 1984.
  • Pour réussir une transgénèse, il faut introduire le transgène dans les cellules-cibles, l’intégrer au génome, assurer son expression via des signaux de régulation de la transcription, puis régénérer des individus entiers

💡 Astuce mémo

Mutations OU Transgène : M+T = modification du génome.

📖 2. Transgénèse : définition et formes spontanée

🔑 Notions clés & Définitions

  • Transgénèse : La transgénèse est l’introduction et la transmission d’un matériel génétique d’une origine vers un autre organisme, souvent pour modifier son génome.
  • Transfert horizontal de gènes : Le transfert horizontal de gènes correspond au passage d’un fragment d’ADN d’une cellule à une autre, sans reproduction verticale.
  • Transduction : La transduction est un transfert horizontal où l’ADN d’une bactérie est acheminé vers une autre grâce à un bactériophage.
  • Éléments transposables : Les éléments transposables sont des séquences d’ADN capables de se déplacer et de se multiplier dans un génome.
  • Transposition et rétrotransposition : La transposition et la rétrotransposition sont deux modes de déplacement des éléments mobiles, avec ou sans étape ADN→ARN→ADN.

📝 Points essentiels

  • La transgénèse naturelle peut résulter d’un transfert génétique entre organismes, généralement de la même espèce.
  • Le transfert horizontal de gènes peut être un transfert unidirectionnel d’ADN chromosomique ou plasmidique par contact direct entre une bactérie donatrice mâle et une bactérie réceptrice femelle.
  • La transduction utilise un bactériophage comme vecteur pour transporter l’ADN d’une bactérie à une autre.
  • Les éléments transposables se déplacent et se multiplient par transposition ou rétrotransposition, et peuvent être classés en séquences d’insertion, LINE et SINE.
  • Les séquences d’insertion (SI) codent une transposase et sont encadrées par des séquences nucléotidiques inversément répétées reconnues par cette transposase.
  • LINE sont autonomes, portent un promoteur et 2 ORF (gag et pol), et leur machinerie assure aussi la rétrotranscription des SINE.

💡 Astuce mémo

Transduction = virus-vecteur; LINE = autonome (gag+pol) ; SINE = dépendant (sur LINE).

📖 3. Effets délétères des insertions et réarrangements

🔑 Notions clés & Définitions

  • Insertion d’ADN : L’insertion d’ADN est l’intégration d’une séquence étrangère dans un génome, pouvant modifier l’expression et la fonction des gènes.
  • Réarrangement génomique : Un réarrangement génomique est une modification de l’organisation de l’ADN qui peut perturber des gènes ou des régions régulatrices.
  • Transgène : Un transgène est un ADN étranger introduit dans un génome et transmis de façon héréditaire via la lignée germinale.
  • Lignée germinale : La lignée germinale regroupe les cellules donnant naissance aux gamètes, permettant la transmission d’un transgène aux générations suivantes.
  • Micro-injection (pronucléus male) : La micro-injection est une technique de transgénèse où l’ADN d’intérêt est injecté directement dans l’œuf au stade d’une cellule.

📝 Points essentiels

  • Les insertions et réarrangements peuvent altérer l’expression des gènes en perturbant des séquences régulatrices ou l’intégrité du génome.
  • La transgénèse animale vise à introduire un ADN étranger dans un génome pour qu’il reste héréditaire et touche toutes les cellules de l’organisme multicellulaire.
  • Chez l’animal, le transgène est introduit dans les zygotes, et ceux qui l’intègrent avant la première division produisent un organisme transgénique.
  • Le transgène passe aux générations suivantes via la lignée germinale, donc via les gamètes.
  • La micro-injection utilise l’injection d’ADN d’intérêt dans l’œuf à une échelle de 1 à 2 picolitres (10−9 ml) avec une concentration de 0,1 à 5 μg/ml.
  • Les résultats typiques de micro-injection sont : 50% de survie des œufs, 50% de développement à terme après transfert, 10 à 30% de souriceaux avec ADN intégré, soit ~3% de souris transgéniques fondatrices (F0).

💡 Astuce mémo

Insertion→expression : si la séquence régulatrice ou l’architecture du génome est touchée, le phénotype peut changer.

📖 4. Transgénèse par transfert nucléaire de cellules somatiques

🔑 Notions clés & Définitions

  • Transfert nucléaire de cellules somatiques : Technique de transgénèse où le noyau d’une cellule somatique est transféré dans un ovule énuclée pour produire un embryon.
  • Ovule énuclée : Ovocyte dont le noyau a été retiré, utilisé comme récepteur pour recevoir le noyau transgénique.
  • Clonage reproductif : Application du transfert nucléaire visant à obtenir un embryon puis un individu né après transfert dans l’utérus.
  • Noyau transgénique : Noyau provenant d’une cellule somatique portant la modification génétique à transmettre à l’embryon.

📝 Points essentiels

  • Le transfert nucléaire consiste à transférer le noyau d’une cellule somatique transgénique dans un ovule énuclée.
  • L’embryon obtenu peut ensuite être transféré dans l’utérus d’une mère porteuse.
  • La finalité décrite est la production d’un embryon menant à une naissance via clonage reproductif.
  • La méthode repose sur l’utilisation d’un noyau somatique comme source génétique plutôt que sur des cellules embryonnaires ES.
  • Le noyau transféré doit être transgénique pour que la modification soit portée par l’embryon issu de l’ovule receveur.

💡 Astuce mémo

Noyau somatique → ovule sans noyau → embryon → mère porteuse (clonage reproductif).

📖 5. Injection intra-cytoplasmique d’ADN dans les ovocytes

🔑 Notions clés & Définitions

  • Recombinaison homologue : Mécanisme de recombinaison qui permet d’échanger une séquence du génome par une version portée par un ADN donneur, grâce à des régions d’homologie.
  • Vecteur de recombinaison homologue : Plasmide bactérien utilisé comme ADN donneur, portant une cassette de remplacement flanquée de séquences homologues autour du gène à modifier.
  • Cellules ES modifiées : Cellules souches embryonnaires dont le génome a été modifié par recombinaison homologue pour obtenir ensuite des animaux porteurs de la modification.
  • Souris hétérozygotes : Souris possédant une seule copie modifiée du gène, l’autre copie restant de type sauvage.
  • Souris KO : Souris dont le gène d’intérêt est inactivé, ce qui permet d’observer l’effet de la perte de fonction.

📝 Points essentiels

  • Le knock-in consiste à remplacer un gène par un autre gène proche afin d’observer les conséquences de ce remplacement.
  • L’inactivation par recombinaison homologue passe par la création d’un vecteur portant une version de remplacement (ex. cassette Lac Z) flanquée de séquences situées en amont et en aval du gène à inactiver.
  • La procédure d’inactivation suit une chaîne expérimentale : vecteur de recombinaison homologue → cellules ES modifiées → animaux génétiquement modifiés → souris hétérozygotes → souris KO.
  • La recombinaison homologue peut aussi servir à introduire une mutation précise dans un gène, via une mutagenèse dirigée.
  • Le remplacement par un gène proche (knock-in) permet de tester le rôle fonctionnel du gène en comparant le phénotype aux conditions de référence.

💡 Astuce mémo

Knock-in = « on remplace par un proche » ; KO = « on coupe la fonction » ; vecteur = « plasmide flanqué amont/aval ».

📖 6. Transgénèse ciblée par recombinaison homologue

🔑 Notions clés & Définitions

  • Transgénèse ciblée : Procédure de modification génétique visant un tissu ou un type cellulaire précis afin d’y exprimer un gène thérapeutique.
  • Recombinaison homologue : Mécanisme de réparation guidé par des séquences similaires qui permet d’intégrer une modification au bon endroit du génome.
  • Stratégie in vivo : Approche où le transfert génétique est réalisé directement dans l’organisme vivant, sans étape de culture des cellules à l’extérieur.
  • Stratégie ex vivo : Approche où les cellules sont prélevées, modifiées hors de l’organisme, puis réintroduites chez le patient.
  • Vecteur viral intégratif : Vecteur viral dont le transgène peut s’intégrer dans le génome de la cellule cible, selon le type de virus utilisé.

📝 Points essentiels

  • En stratégie in vivo, l’administration directe est un avantage, mais le patient nécessite un confinement hospitalier.
  • En stratégie in vivo, le ciblage du tissu est parfois difficile et il existe un risque de dissémination du vecteur vers les cellules germinales.
  • En stratégie in vivo, la stabilité du vecteur et l’induction d’une réponse immunitaire (notamment avec des vecteurs viraux) sont des contraintes majeures.
  • En stratégie ex vivo, le ciblage cellulaire est plus précis et la propagation au-delà du tissu cible est évitée, limitant l’atteinte des cellules germinales.
  • En stratégie ex vivo, l’absence de réponse immunologique contre le vecteur est un avantage, mais l’obtention des cellules et les étapes de culture ex vivo peuvent être difficiles.
  • Un système de transfert « idéal » doit pénétrer le cytoplasme, amener le gène au noyau, assurer une expression stable, protéger le gène, et être non toxique/immunogène.

💡 Astuce mémo

In vivo = « on injecte au patient » (confinement + immunité + dissémination) ; ex vivo = « on modifie dehors » (ciblage + pas de propagation).

📖 7. Traitement de substitution par vecteurs AAV

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vecteurs viraux : Des vecteurs de transfert de gènes utilisant des virus pour faire entrer un gène dans des cellules cibles.
  • Vecteurs non-viraux : Des systèmes de transfert de gènes qui n’utilisent pas de virus, pour limiter certains risques liés à l’infection.
  • ADN plasmidique : Un ADN circulaire recombinant porté par un plasmide, utilisé comme vecteur de transfert de gène, notamment en vaccination.
  • Électroporation : Une méthode de transfection qui applique des impulsions électriques pour déstabiliser la membrane et faciliter l’entrée de l’ADN.
  • Canon à particules : Une technique de biolistique qui projette des microparticules enrobées d’ADN à grande vitesse pour traverser les membranes cellulaires.

📝 Points essentiels

  • Les vecteurs viraux peuvent déclencher des effets toxiques inflammatoires ou immunogènes lors de protocoles cliniques.
  • La production de virus à des titres élevés est difficile, ce qui limite l’efficacité pratique de certains vecteurs viraux.
  • L’insertion de gènes de grande taille dans les génomes viraux pose des difficultés techniques.
  • Les vecteurs non-viraux se répartissent notamment en ADN plasmidique (ADN nu) et en vecteurs synthétiques (lipides cationiques et polymères cationiques).
  • L’ADN plasmidique est le vecteur de transfert le plus simple et est utilisé dans un but vaccinal.
  • Le plasmide recombinant est préparé et amplifié dans des bactéries recombinantes E.coli puis purifié par chromatographie d’affinité avant transfection des cellules hôtes.

💡 Astuce mémo

Viraux = « trop de réactions » ; Non-viraux = « on force l’ADN à entrer » (électricité ou biolistique).

📖 8. CRISPR-Cas9 : acteurs Cas9 et ARN guide

🔑 Notions clés & Définitions

  • Cas9 : Cas9 est une nucléase qui coupe l’ADN à l’endroit ciblé par l’ARN guide.
  • ARN guide : L’ARN guide est une séquence d’ARN qui dirige Cas9 vers une cible précise du génome.
  • Vecteur non intégratif : Un vecteur non intégratif délivre un gène sans l’insérer durablement dans le génome de la cellule cible.
  • AAV : AAV (virus adéno-associé) est un vecteur viral utilisé pour transporter un gène thérapeutique dans des cellules cibles.

📝 Points essentiels

  • La thérapie génique par transfert d’information génique peut être limitée par une transfection faible, nécessitant plusieurs moles d’ADN pour qu’une molécule atteigne le noyau.
  • L’expression peut être courte car le gène reste sous forme d’épisome, sans intégration dans le génome de la cellule cible.
  • Les administrations doivent souvent être répétées pour maintenir l’effet thérapeutique.
  • Dans l’hémophilie A, un vecteur AAV non intégratif transporte le gène du facteur VIII vers les cellules du foie qui le fabriquent.
  • Dans l’essai rapporté pour l’hémophilie A, le taux de saignement a diminué de 85% et la plupart des patients n’ont plus eu besoin de traitement de remplacement.
  • Deux limites citées : essai sur un petit nombre de patients et modification ex vivo nécessitant une réintroduction des cellules après élimination par chimio.

💡 Astuce mémo

Cas9 = ciseaux, ARN guide = GPS : sans GPS, pas de coupe précise.

📖 9. Rôle de la séquence PAM et reconnaissance de la cible

🔑 Notions clés & Définitions

  • Séquence PAM : Séquence courte présente près de la cible qui conditionne la reconnaissance et l’activité du système de ciblage.
  • Reconnaissance de la cible : Étape où le système de ciblage identifie une séquence précise dans l’ADN avant d’agir dessus.
  • Ciblage dépendant du PAM : Principe selon lequel l’accès à la cible et la coupe ne sont possibles que si le PAM est présent au bon endroit.
  • Effet de voisinage : Mécanisme où un produit activé diffuse vers des cellules proches et prolonge l’effet cytotoxique.

📝 Points essentiels

  • La reconnaissance de la cible dépend d’un motif PAM situé à proximité de la séquence visée.
  • Sans PAM compatible, la reconnaissance et l’action sur la cible ne sont pas efficaces.
  • Le système de ciblage doit d’abord identifier la séquence cible avant de déclencher l’effet sur l’ADN.
  • Dans la thérapie par gène suicide, le médicament activé peut diffuser vers les cellules avoisinantes et amplifier la destruction.
  • Le gène suicide est injecté in vivo par un vecteur adénovirus dans la tumeur pour produire localement l’enzyme activatrice.

💡 Astuce mémo

PAM = « Porte d’accès » : sans PAM, la cible n’est pas ouverte, donc pas d’action.

📖 10. Mécanisme de coupe et conditions de spécificité

🔑 Notions clés & Définitions

  • Lipofection : Technique de transfert cellulaire utilisant des lipides pour faire entrer un acide nucléique dans des cellules.
  • Thérapie génique : Approche thérapeutique visant à modifier l’expression d’un gène ou à altérer des propriétés biologiques de cellules vivantes.
  • Vaccin à ARNm : Vaccin utilisant un ARN messager pour déclencher une réponse immunitaire contre une protéine virale produite transitoirement.
  • Immunogénicité : Capacité d’une substance à induire une réponse immunitaire chez un individu, dans des conditions données.

📝 Points essentiels

  • Les vaccins à ARNm induisent une réponse immunitaire puissante à faibles doses mais nécessitent une conservation très froide pour éviter la dégradation.
  • Les agences FDA et EMA ne classent pas les vaccins ARNm COVID-19 comme des produits de thérapie génique.
  • Un vaccin à ARNm ne vise pas une protéine manquante de l’organisme mais une protéine virale reconnue comme étrangère par le système immunitaire.
  • L’ARNm vaccinal ne s’intègre pas au génome car il ne dispose pas des activités nécessaires à la conversion en ADN (absence de transcriptase inverse et d’intégrase).
  • La protéine codée par l’ARNm vaccinal disparaît en quelques semaines, ce qui est incompatible avec l’idée d’une expression durable attendue en thérapie génique.
  • Les produits de thérapie génique exigent des évaluations de sécurité à long terme sur plusieurs années, avec des tests non réalisés pour les vaccins ARNm (génotoxicité, transmission germinale, mutagenèse insertionnelle,

💡 Astuce mémo

ARNm = PAS de gène à ajouter : pas d’ADN intégré + protéine courte durée → donc vaccin, pas thérapie génique.

📖 11. Vaccinologie : stratégies ciblant les cellules B

🔑 Notions clés & Définitions

  • Vaccins tués inactivés : Les vaccins tués inactivés utilisent des agents infectieux rendus non réplicatifs pour déclencher une réponse immunitaire sans risque infectieux.
  • Vaccins à base d’acides nucléiques : Les vaccins à base d’acides nucléiques délivrent de l’ADN ou de l’ARNm pour permettre la fabrication de l’antigène par les cellules du receveur.
  • Vaccins à vecteur viral : Les vaccins à vecteur viral emploient un virus défectif comme transporteur pour faire entrer le matériel génétique codant l’antigène dans les cellules.
  • Vaccin conjugué : Les vaccins conjugués associent un polysaccharide faible à une protéine forte afin d’obtenir une réponse immunitaire plus efficace.
  • Anatoxine : Une anatoxine est une toxine traitée (chaleur et formol) qui perd sa toxicité tout en conservant des propriétés immunisantes.

📝 Points essentiels

  • Les vaccins tués inactivés ne contiennent pas d’agents infectieux vivants et ne peuvent pas se répliquer, ce qui supprime le risque infectieux tout en stimulant l’immunité.
  • Les plasmocytes issus de la réponse aux vaccins tués ont une durée de vie limitée, ce qui entraîne une baisse du taux d’anticorps et nécessite souvent plusieurs injections.
  • Les vaccins à ARNm utilisent des nanoparticules lipidiques (type liposome) pour transporter l’ARNm jusqu’aux cellules.
  • La technologie ARNm a été utilisée pour la première fois pour produire des vaccins contre la COVID-19.
  • Les vaccins à ADN sont utilisés uniquement chez l’animal selon le contenu fourni.
  • Les vaccins à vecteur viral utilisent un virus inoffensif et défectif, différent du virus ciblé, pour transmettre le matériel génétique à la cellule hôte (exemple : Ebola).

💡 Astuce mémo

Tués = pas de réplication → Ac baissent → rappels ; ARNm = lipides qui livrent le message ; Vecteur = taxi viral défectif.

📖 12. Vaccin VIH : bNAb, voie nasale et défis

🔑 Notions clés & Définitions

  • bNAb : Les bNAb sont des anticorps neutralisants à large spectre capables de se lier à de nombreuses souches de VIH.
  • Cellules B : Les cellules B sont des lymphocytes qui produisent des anticorps spécifiques d’un antigène.
  • Transgène VH et VL : Les régions VH et VL sont des segments codant les parties variables des anticorps, utilisées comme transgène pour viser une spécificité donnée.
  • CRISPR-Cas9 : CRISPR-Cas9 est un outil d’édition génique où Cas9 est guidée par un ARN guide vers une séquence cible reconnue par une PAM.
  • Voie nasale : La voie nasale est une modalité d’administration qui vise à déclencher une réponse immunitaire locale au niveau des muqueuses.

📝 Points essentiels

  • Le VIH présente une variabilité génétique élevée et une forte capacité d’évasion immunitaire, notamment via l’infection directe des cellules T.
  • Le VIH s’intègre dans le génome de l’hôte, ce qui complique l’élimination par le système immunitaire.
  • Les anticorps neutralisants induits par des vaccins antiviraux sont peu efficaces face au VIH.
  • Les stratégies vaccinales nouvelles ciblent surtout les cellules B pour qu’elles produisent des anticorps se liant spécifiquement à l’antigène du VIH et neutralisant le virus.
  • Chez un individu VIH+ ELITE, on trouve des bNAb à large spectre, et on peut en dériver des lymphocytes B spécifiques pour obtenir des gènes VH et VL.
  • Le transgène (VH/VL), l’ARN guide et Cas9 sont introduits dans des lymphocytes B stimulés in vitro, puis les cellules modifiées sont transférées in vivo pour produire des plasmocytes sécrétant les bNAb.

💡 Astuce mémo

ELITE → VH/VL → B modifiées → plasmocytes → bNAb (large spectre).

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
1970Mise au point de la transgénèse chez les bactéries
1980Mise au point de la transgénèse chez les plantes
1982Première réalisation de la transgénèse animale
1984Premier tabac transgénique
2015Autorisation de mise sur le marché d’un premier virus oncolytique (mélanome)
2018Premiers produits de thérapie par CAR T cells autorisés
2019Autorisation de mise sur le marché par la FDA pour le traitement de l’amyotrophie spinale (AAV)
2023Autorisation de mise sur le marché de la Gendicine (cancer tête/cou/nasopharynx)

📊 Tableaux de synthèse

Transferts génétiques : vertical vs horizontal

TypeCaractéristiqueFréquence/Contexte
Transfert verticalInformation génétique transférée d’une génération à l’autre (héréditaire)Plus fréquent ; reproduction sexuée et asexuée ; chez procaryotes et eucaryotes
Transfert horizontalIntégration d’ADN d’un autre organisme sans être le descendantChez eucaryotes rare entre espèces ; chez procaryotes source de diversité ; au cours de la même génération

Vecteurs viraux : intégratifs vs non intégratifs

VecteurIntégrationExpression/Immunité
RétrovirauxIntégration au hasard dans le génome ; infectent surtout les cellules en divisionExpression à long terme ; réponse immunitaire faible
LentivirauxIntégration ; risque plus faible que rétrovirusInfecte cellules en division ou non ; réponse immunitaire faible
AdénovirusNon intégratifs (épisome)Expression transitoire ; réponse immunitaire élevée ; répétition régulière

⚠️ Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre transgénèse naturelle et transgénèse réalisée par l’homme : la première est spontanée et contrôlée biologiquement, la seconde sélectionne les caractères et mesure les effets.
  2. Croire que la transgénèse vise toujours à “ajouter” un gène : elle peut aussi insérer des mutations (mutagenèse) ou provoquer des effets via insertions/réarrangements.
  3. Mélanger transfert vertical et horizontal : le vertical est héréditaire entre générations, le horizontal est un transfert sans descendance directe.
  4. Penser que LINE et SINE sont autonomes : LINE est autonome (promoteur + ORF gag/pol), SINE dépend de la machinerie de LINE.
  5. Inverser les étapes de la micro-injection : l’ADN est injecté dans l’œuf au stade d’une cellule, puis les œufs sont transférés ; les % de souris fondatrices sont ~3% des œufs injectés.
  6. Croire que l’ARNm vaccinal s’intègre au génome : il ne se transforme pas en ADN intégré (absence de transcriptase inverse et d’intégrase).
  7. Confondre stratégie in vivo et ex vivo : in vivo a l’avantage d’une administration directe mais risque de dissémination et immunité ; ex vivo améliore le ciblage et limite la propagation mais nécessite culture/cellules à

✅ Checklist Examen

  1. Définir biotechnologie, mutagenèse, transgène, transgénèse et organisme transgénique, puis citer les deux objectifs des nouvelles techniques (mutations vs transgènes).
  2. Lister les étapes nécessaires pour réussir une transgénèse : entrée du transgène dans les cellules-cibles, intégration, expression contrôlée, obtention d’individus entiers.
  3. Distinguer transfert vertical et transfert horizontal, et donner au moins un contexte/conséquence pour chacun (hérédité vs diversité/résistance).
  4. Décrire les trois systèmes de transfert horizontal chez les procaryotes (conjugaison, transduction, transformation) et préciser le rôle du bactériophage en transduction.
  5. Expliquer ce que sont les éléments transposables et distinguer SI, LINE et SINE (autonomie, promoteur/ORF, dépendance).
  6. Donner 2 effets possibles des éléments transposables (ex : cassures chromosomiques, insertion dans un gène avec activation/inactivation, épissage alternatif).
  7. Expliquer comment les remaniements génomiques peuvent être équilibrés ou déséquilibrés après cassure chromosomique et recollement erroné.
  8. Connaître les techniques de transgénèse chez l’animal : micro-injection (pronucléus male) et ses ordres de grandeur de résultats, ES, TNCS et ICSI (principe général).
  9. Décrire la transgénèse ciblée par recombinaison homologue : principe de remplacement au locus, vecteur (Lac Z) et chaîne expérimentale jusqu’aux souris hétérozygotes puis KO.
  10. Définir thérapie génique et ses objectifs (apporter une copie fonctionnelle, éliminer/remplacer un gène altéré, modifier l’expression, produire des cellules thérapeutiques).
  11. Expliquer CRISPR-Cas9 pour l’édition : rôle de Cas9, ARN guide et PAM, et condition de coupe (complémentarité + PAM).
  12. Comparer stratégie in vivo vs ex vivo et citer au moins 2 avantages/inconvénients de chaque, puis relier aux contraintes (confinement, dissémination, immunité, culture).
  13. Maîtriser les vecteurs viraux : distinguer rétroviraux/lentiviraux/adénovirus/AAV (intégration ou non, expression transitoire vs long terme, immunité).
  14. Maîtriser les vecteurs non-viraux : ADN plasmidique (électroporation/canon à particules) et vecteurs synthétiques (lipides/polymères) avec l’idée clé de transfection faible et expression épisomale courte durée + répétée.

Testez vos connaissances

Testez vos connaissances sur Techniques et enjeux de la modification génétique avec 24 questions à choix multiples avec corrections détaillées.

1. Quel ordre de grandeur décrit le mieux les résultats typiques de cette micro-injection chez la souris ?

2. Dans les conditions de spécificité du système CRISPR-Cas9, quelle affirmation est correcte ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Techniques et enjeux de la modification génétique avec 24 flashcards interactives.

Biotechnologie — définition ?

Application de la biologie à la technologie.

Mutagenèse — objectif ?

Insérer des mutations dans le génome.

Transgène — qu’est-ce ?

Séquence d’ADN introduite dans un organisme.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches