📋 Plan du Cours
- Définition du désir sexuel et motivation
- Désir, manque, séduction et plaisir
- Désir et excitation dans la réponse sexuelle
- Modèles circulaires désir plaisir et récompense
- Trouble du désir sexuel chez l’homme DSM-5
- Évaluation clinique du faible désir sexuel
- Testostérone et seuil du désir sexuel
- Autres dysfonctions sexuelles associées
- Facteurs étiologiques biologiques psychologiques iatrogènes
- Prise en charge psychosexologique et restructuration
- Approche centrée sur le couple et sensate focus
- Algorithme de prise en charge du trouble du désir
📖 1. Définition du désir sexuel et motivation
🔑 Notions clés & Définitions
- Désir sexuel : Le désir sexuel est ce qui pousse un individu à adopter un comportement sexuel en vue d’un plaisir recherché.
- Besoin : Le besoin est une tension comblée par une satisfaction immédiate, contrairement au désir qui reste rarement totalement satisfait.
- Objet du désir : L’objet du désir correspond au plaisir visé, fantasmé ou recherché, qui permet de maintenir la motivation.
- Excitation sexuelle : L’excitation sexuelle est une réponse physiologique qui peut évoluer vers l’orgasme, distincte du désir.
- Système de récompense : Le système de récompense est un circuit cérébral impliqué dans la motivation à recommencer grâce au plaisir et à la satisfaction.
📝 Points essentiels
- Le désir sexuel incite à avoir un comportement sexuel et vise l’accès à un objet de plaisir.
- Le désir se distingue du besoin : le besoin est comblé immédiatement alors que le désir ne remplit jamais complètement.
- L’objet du désir est le plaisir recherché ou fantasmé, ce qui rend la recherche répétable.
- Le désir naît du manque et d’un sentiment persistant d’incomplétude.
- Le désir peut viser l’autre : il inclut à la fois le désir de l’autre comme personne et le désir que l’autre me désire.
- Le désir est distinct de l’excitation : il précède et déclenche l’excitation dans les modèles de réponse sexuelle.
💡 Astuce mémo
Désir = manque + objet de plaisir ; Excitation = réponse qui suit.
📖 2. Désir, manque, séduction et plaisir
🔑 Notions clés & Définitions
- Composante biologique du désir : Composante neuroendocrinienne du désir sexuel, portée par des neuromédiateurs qui stimulent ou inhibent l’excitation et le comportement sexuel.
- Composante psychoaffective modulatrice : Composante psychoaffective du désir sexuel qui module l’expression du désir, en le stimulant ou en l’inhibant selon le contexte.
- Neuromédiateurs stimulants : Neuromédiateurs qui favorisent le désir et l’excitation en renforçant certains circuits neurochimiques.
- Neuromédiateurs inhibiteurs : Neuromédiateurs qui freinent le désir et l’excitation, notamment après l’orgasme, en participant à la satiété et à la période réfractaire.
- Diminution du désir sexuel chez l’homme : Trouble du désir sexuel masculin du DSM-5, caractérisé par une baisse persistante ou répétée des pensées et du désir d’activité sexuelle.
📝 Points essentiels
- Le désir sexuel humain comporte deux composantes principales : une biologique (neuroendocrinienne) et une psychoaffective modulatrice.
- Parmi les neuromédiateurs stimulants figurent la dopamine, la noradrénaline, les mélanocortines (augmentent la dopamine) et l’ocytocine (attachement).
- Parmi les neuromédiateurs inhibiteurs figurent les opioïdes, les endocannabinoïdes et la sérotonine, impliqués notamment dans la période post-orgasmique, l’état de bien-être/satiété et la période réfractaire.
- Le schéma neuroendocrinien associe aussi des hormones/peptides à des effets sur le désir, l’excitation et l’orgasme (ex. VIP, testostérone, œstrogène, ocytocine, DHEA, alpha-MSH, phéromones).
- DSM-5 : chez les femmes, le trouble correspond à un trouble de l’intérêt sexuel/de l’excitation, tandis que chez les hommes la catégorie devient une diminution du désir sexuel chez l’homme (entité exclusivement masculine
- DSM-5 critère A : déficience ou absence persistante/répétée de pensées érotiques ou sexuelles, de fantasmes et de désir d’activité sexuelle, évaluée par le clinicien en tenant compte de l’âge, du contexte général et du/s
💡 Astuce mémo
Désir = Biologie (dopamine/ocytocine) + Freins (opioïdes/endocannabinoïdes/sérotonine) ; DSM-5 Homme = “baisse durable des pensées et du désir” (≥ 6 mois).
📖 3. Désir et excitation dans la réponse sexuelle
🔑 Notions clés & Définitions
- Trouble de l’intérêt sexuel / de l’excitation : Le trouble de l’intérêt sexuel / de l’excitation regroupe une diminution du désir et/ou de l’excitation sexuelle avec retentissement et durée suffisante.
- Critère B (durée) : Le critère B impose que les symptômes persistent pendant au moins environ 6 mois pour éviter de confondre avec une baisse transitoire.
- Critère C (retentissement) : Le critère C exige que les symptômes entraînent une souffrance significative chez le sujet.
- Trouble du désir sexuel : Le trouble du désir sexuel correspond à une baisse du désir sexuel pouvant être primaire ou acquis, généralisée ou situationnelle, et d’intensité variable.
- Diagnostic différentiel d’un TDS : Le diagnostic différentiel regroupe les troubles qui peuvent mimer une baisse du désir, comme l’aversion sexuelle ou une baisse circonstancielle.
📝 Points essentiels
- Les critères du DSM 5 exigent une absence ou une diminution significative d’au moins 3 éléments parmi l’intérêt, les fantasmes/idéations, l’initiation et la réactivité, l’excitation ou plaisir, la réponse à des stimuli é
- Les symptômes doivent être présents pendant au moins environ 6 mois pour limiter le risque de diagnostiquer une HSDD alors que la baisse serait adaptative à des conditions de vie défavorables temporaires.
- Les symptômes doivent causer une détresse significative chez la femme pour répondre au critère de retentissement.
- L’excitation ou le plaisir doivent être diminués pendant au moins 75% de l’activité sexuelle pour compter parmi les éléments du DSM 5.
- Les sensations génitales ou non génitales doivent être diminuées pendant au moins 75% de l’activité sexuelle pour compter parmi les éléments du DSM 5.
- Le trouble du désir sexuel peut être primaire (depuis le début de la vie sexuelle) ou acquis (après une période de fonctionnement sexuel « normal »).
💡 Astuce mémo
DSM 5 = 3/6/3 : au moins 3 items, durée ~6 mois, souffrance (détresse) significative.
📖 4. Modèles circulaires désir plaisir et récompense
🔑 Notions clés & Définitions
- Trouble du désir primaire : Le trouble du désir primaire correspond à une diminution du désir sexuel qui est présente depuis le début de la vie sexuelle.
- Trouble du désir acquis : Le trouble du désir acquis correspond à une diminution du désir sexuel apparue après une période où le désir était présent.
- Trouble du désir généralisé : Le trouble du désir généralisé décrit une baisse du désir pour toute situation, avec partenaire comme en solo.
- Trouble du désir situationnel : Le trouble du désir situationnel décrit une baisse du désir dépendante du contexte, souvent liée à la partenaire.
- Entretien diagnostic : L’entretien diagnostic est l’étape clinique centrée sur un interrogatoire précis pour caractériser le type de trouble et rechercher des dysfonctions associées.
📝 Points essentiels
- La baisse du désir sexuel retentit sur le bien-être et la vie relationnelle via culpabilité, image de soi, préoccupation, frustration puis sentiment d’échec.
- On distingue deux grandes catégories de diminution du désir et de l’intérêt sexuel : primaire et acquis.
- Pour chaque catégorie, on distingue deux sous-types : généralisé et situationnel.
- Trouble primaire généralisé : le sujet a peu ou pas de désir pour une stimulation sexuelle (avec partenaire ou seul) et il n’en a jamais eu.
- Trouble primaire situationnel : le sujet n’a pas de désir pour sa/son partenaire mais conserve un intérêt pour la sexualité (seul ou avec d’autres partenaires).
- Trouble acquis généralisé : le sujet avait du désir puis n’a plus d’intérêt pour la sexualité ni avec partenaire ni seul.
💡 Astuce mémo
Primaire = jamais; Acquis = après; Généralisé = partout; Situationnel = partenaire-dépendant.
📖 5. Trouble du désir sexuel chez l’homme DSM-5
🔑 Notions clés & Définitions
- Faible désir sexuel masculin : Le trouble du désir sexuel chez l’homme correspond à une baisse persistante du désir et/ou de l’intérêt pour la sexualité, avec retentissement clinique.
- Pensées ou rêves érotiques : Les pensées ou rêves érotiques désignent les contenus mentaux sexuels spontanés qui peuvent accompagner ou refléter le niveau de désir.
- Réceptivité aux avances de la partenaire : La réceptivité aux avances de la partenaire correspond à la capacité à répondre aux sollicitations sexuelles du/de la partenaire.
- Syndrome de causes multiples bio-psycho-sociales : Le trouble du désir sexuel est souvent expliqué par l’interaction de facteurs biologiques, psychologiques et relationnels plutôt que par une cause unique.
- Hypogonadisme : L’hypogonadisme regroupe des signes cliniques et biologiques liés à un déficit androgénique pouvant contribuer à la baisse de désir.
📝 Points essentiels
- Les éléments à explorer incluent l’initiation sexuelle, la réceptivité aux tentatives de la partenaire, les pensées ou rêves érotiques, l’attirance pour d’autres personnes, et les sensations génitales spontanées d’excit.
- Les questions types d’entretien portent notamment sur les pensées agréables concernant la sexualité, l’initiation d’activités, la facilité d’excitation et sa persistance, les fantasmes, la réceptivité aux avances, la (m)
- Les signes cliniques rapportés sont une diminution de l’initiation et/ou une faible réactivité aux incitations de la partenaire, parfois malgré une sexualité occasionnelle (masturbation ou rapports).
- Une différence de désir entre les deux partenaires n’est pas automatiquement un trouble du désir, et peut relever d’une prise en charge sexologique du couple.
- L’étiologie est le plus souvent multifactorielle (bio-psycho-sociale) et la prise en charge dépend des facteurs identifiés.
- Les facteurs étiologiques se regroupent en trois catégories : médicaux, psychologiques (vulnérabilité individuelle), et relationnels/partenaire-dépendants.
💡 Astuce mémo
Désir = Initier + Répondre + Fantasmer + Excitation spontanée (I-R-F-E).
📖 6. Évaluation clinique du faible désir sexuel
🔑 Notions clés & Définitions
- Examen uro-génital : L’examen clinique uro-génital recherche des signes physiques pouvant expliquer un faible désir sexuel et des dysfonctions associées.
- Hypogonadisme : L’hypogonadisme correspond à un déficit hormonal pouvant se manifester par des signes cliniques et une baisse de testostérone.
- Testostérone : La testostérone est une hormone dont la baisse est associée à une diminution du désir sexuel chez l’homme.
- Prolactine : La prolactine est une hormone dosée dans le bilan minimal car elle peut participer à des troubles du désir sexuel.
- Fonction thyroïdienne : La fonction thyroïdienne est évaluée par un bilan endocrinien minimal pour rechercher une cause hormonale de faible désir sexuel.
📝 Points essentiels
- Le bilan clinique commence par la recherche de facteurs médicaux et de substances pouvant contribuer au trouble, puis par l’identification d’une autre dysfonction sexuelle associée (érection, éjaculation) avec sa chronol
- L’examen clinique comprend une évaluation uro-génitale et la recherche de signes d’hypogonadisme comme dépilation, gynécomastie et faible volume testiculaire
- Le bilan endocrinien minimal comporte le dosage de la testostérone, de la prolactine et une exploration de la fonction thyroïdienne
- Le reste du bilan para-clinique est orienté selon les symptômes associés et la présence de signes cliniques
- Chez l’homme, l’administration d’un antagoniste du GnRH chez des hommes jeunes normaux vivant en couple provoque en ~3 semaines un effondrement de la testostérone et une diminution du désir, des fantasmes, de l’excit
- La relation testostérone–désir suit un modèle à seuil chez le sujet témoin jeune : en dessous du seuil, baisse du désir et des comportements sexuels, au-dessus pas de proportionnalité entre concentration et désir
💡 Astuce mémo
Seuil testostérone→désir : en dessous ça chute, au-dessus ça ne suit plus la dose.
📖 7. Testostérone et seuil du désir sexuel
🔑 Notions clés & Définitions
- Testostérone : Hormone androgène dont la baisse peut réduire le désir sexuel et contribuer à des troubles de l’érection.
- Hyperprolactinémie : Excès de prolactine dans le sang pouvant perturber la fonction sexuelle, surtout quand elle est très élevée.
- Prolactine : Hormone hypophysaire dont la sécrétion est modulée par la dopamine et stimulée par plusieurs médiateurs.
- Seuil du désir sexuel : Niveau hormonal et neuroendocrinien à partir duquel le désir sexuel devient possible, notamment via la testostérone.
- Pathologies chroniques : Maladies générales durables (diabète, obésité, cardiovasculaires) qui augmentent le risque de dysfonction sexuelle et de baisse hormonale.
📝 Points essentiels
- Les pathologies chroniques (diabète, obésité, maladies cardiovasculaires) augmentent le risque d’altération du désir sexuel, de l’érection et de la production de testostérone.
- Le risque accru de dysfonction érectile est documenté chez les personnes âgées dans plusieurs études (Araujo 2004; Travison 2007; Lindau 2007).
- Chez l’homme, la prolactine est freinée de façon tonique par la dopamine hypothalamique.
- Chez la femme, la prolactine est sécrétée en quantité importante pendant grossesse et lactation.
- Les estrogènes, la TRH, les opioïdes et la sérotonine stimulent la sécrétion de prolactine.
- L’hyperprolactinémie est une cause relativement rare de dysfonction sexuelle (<2% à 13% selon les études).
💡 Astuce mémo
Dopamine = frein de la prolactine; sans frein (hyperprolactinémie forte) → désir ↓, érection ↓, éjaculation ↓.
📖 8. Autres dysfonctions sexuelles associées
🔑 Notions clés & Définitions
- Hyperprolactinémie : Dysfonction hormonale caractérisée par une augmentation de la prolactine, pouvant perturber la sexualité et la reproduction.
- Antidopaminergie : Action qui diminue l’effet de la dopamine, pouvant entraîner des troubles sexuels via une hausse de la prolactine.
- Antipsychotiques 1ère génération : Classe de neuroleptiques dont certains effets iatrogènes incluent des troubles sexuels et des effets extra-pyramidaux selon le profil de récepteurs.
- Rispéridone : Antipsychotique associé à des effets iatrogènes sexuels, notamment via une hyperprolactinémie et des effets métaboliques.
- Priapisme : Érection prolongée liée à une atteinte des mécanismes de contrôle local, mentionnée ici en lien avec des récepteurs présents dans le corps caverneux.
📝 Points essentiels
- L’hyperprolactinémie est décrite comme dose dépendante et associée à des troubles sexuels.
- L’antidopaminergie (notamment avec certains antipsychotiques) favorise l’hyperprolactinémie.
- Avec les antipsychotiques 1ère génération (dont la rispéridone est citée), des effets sexuels rapportés incluent prise de poids, galactorrhée, oligo/aménorrhée, gynécomastie (rare) et infertilité ou absence de signes clí
- La sédation des antipsychotiques 1ère génération est attribuée au blocage des récepteurs histaminergiques.
- Les antipsychotiques 1ère génération (phénotiazines) peuvent provoquer des effets extra-pyramidaux, avec rigidité, via des mécanismes dopaminergiques.
- Le priapisme est mentionné comme lié à la présence de récepteurs dans le corps caverneux du pénis.
💡 Astuce mémo
Dopamine ↓ → prolactine ↑ → troubles sexuels (galactorrhée, aménorrhée/oligo, infertilité).
📖 9. Facteurs étiologiques biologiques psychologiques iatrogènes
🔑 Notions clés & Définitions
- Hyperprolactinémie : Trouble biologique caractérisé par une élévation de la prolactine, pouvant être dose-dépendante et liée à certains traitements.
- Antidopaminergie : Mécanisme pharmacologique qui diminue l’action de la dopamine, pouvant entraîner des effets sexuels iatrogènes via la prolactine et la sexualité.
- Antipsychotiques : Classe de médicaments pouvant provoquer des effets indésirables sexuels et métaboliques, notamment selon la génération et la molécule.
- Anticholinergie : Effet pharmacologique lié au blocage muscarinique, pouvant contribuer à des effets indésirables dont certains sexuels via les antidépresseurs tricycliques.
- Cognitions sexuelles limitantes : Ensemble de pensées et attitudes qui restreignent l’activité sexuelle, pouvant favoriser des troubles du désir par manque de pensées érotiques.
📝 Points essentiels
- Les agonistes dopaminergiques peuvent être associés à une sexualité compulsive, tandis que les antiparkinsoniens (antidopaminergiques) peuvent produire l’inverse sur le désir.
- L’hyperprolactinémie liée à l’antidopaminergie est décrite comme dose-dépendante et peut s’accompagner de troubles sexuels.
- Les antipsychotiques de 1ère génération et la rispéridone sont associés à des effets sexuels et endocriniens comme galactorrhée, oligo/aménorrhée, gynécomastie (rare) et infertilité ou absence de manifestations cliniques
- Les antipsychotiques peuvent aussi causer une sédation par blocage des récepteurs histaminergiques, ce qui peut contribuer aux troubles du désir.
- Les phénotiazines sont décrites comme essentiellement responsables d’effets via blocage histaminergique, alpha-adrénergique et effets anticholinergiques, tandis que les antipsychotiques de 1ère génération (ex. chlorproma
- Les antidépresseurs tricycliques (amitryptiline, imipramine, clomipramine) sont associés à une action en lien avec la sérotonine et à une composante antidopaminergique (notamment pour la clomipramine).
💡 Astuce mémo
Prolactine = Dopamine freinée → troubles sexuels; Désir homme = pensées érotiques absentes pendant l’acte.
📖 10. Prise en charge psychosexologique et restructuration
🔑 Notions clés & Définitions
- Baisse de désir symptôme sentinelle : La baisse de désir peut signaler une dépression, même quand le lien humeur–sexualité n’est pas linéaire et varie selon les situations.
- Facteurs relationnels : Les facteurs relationnels regroupent les tensions conjugales, la qualité du couple et la dynamique de la relation qui peuvent réduire le désir.
- Trouble du désir secondaire : Le trouble du désir secondaire correspond à une baisse de désir liée à un autre trouble sexuel ou à un contexte, plutôt qu’à un trouble isolé.
- Trouble du désir situationnel : Le trouble du désir situationnel décrit une baisse de désir limitée à la partenaire ou à une situation précise, sans généralisation à toutes les activités.
- Trouble du désir généralisé : Le trouble du désir généralisé correspond à une baisse de désir pour toutes les partenaires et pour toute forme d’activité sexuelle.
📝 Points essentiels
- Près de la moitié des hommes avec antécédents de symptômes psychiatriques présentent une baisse de désir modérée à sévère.
- Dans la cohorte zurichoise (591 hommes et femmes, 20–35 ans), la dépression est significativement associée à une diminution de l’intérêt sexuel, plus marquée chez la femme que chez l’homme.
- Chez l’homme, le lien humeur–désir est complexe et pas forcément linéaire, et la perte de désir peut être situationnelle (ex. maintien de la masturbation).
- Les mésententes conjugales et tensions familiales peuvent diminuer le désir sexuel, et l’homme serait moins affecté que sa partenaire par le manque de satisfaction du couple.
- Une relation de durée > 6 ans peut avoir un impact négatif sur le désir, et les problèmes de santé ou difficultés sexuelles de la partenaire contribuent à la baisse de désir chez l’homme.
- Pour la prise en charge, on recherche d’abord des facteurs étiologiques potentiels endocriniens, maladies systémiques chroniques et/ou psychiatriques, facteurs intrapsychiques et/ou iatrogènes, et abus de substances.
💡 Astuce mémo
Dépression → désir pas toujours linéaire : sentinelle possible, souvent situationnelle (masturbation maintenue).
📖 11. Approche centrée sur le couple et sensate focus
🔑 Notions clés & Définitions
- Trouble du désir sexuel hypoactif : Trouble sexuel caractérisé par une baisse du désir, souvent associé à d’autres dysfonctions sexuelles et nécessitant une prise en charge ciblée.
- Dysfonction sexuelle primitive : Dysfonction sexuelle initiale (ex. érectile, trouble de l’éjaculation) traitée en premier pour permettre une amélioration secondaire du désir.
- Troubles du désir acquis : Troubles du désir survenant dans le temps, liés à des facteurs étiologiques identifiables biologiques, psychologiques ou iatrogènes.
- Exploration hormonale : Bilan biologique proposé en cas de facteurs étiologiques fortement évocateurs ou en cas de doute, notamment si le trouble est associé à une autre dysfonction.
- Prise en charge psychosexologique : Approche complémentaire visant à agir sur les dimensions psychologiques et relationnelles lorsque le traitement des facteurs étiologiques ne suffit pas.
📝 Points essentiels
- On traite d’abord la dysfonction sexuelle primitive (dysfonction érectile, trouble de l’éjaculation ou autre) avant d’évaluer l’impact sur le désir.
- En cas de trouble du désir associé à une autre dysfonction sexuelle, l’amélioration du désir est recherchée de façon secondaire après traitement de la cause primitive.
- Pour les troubles du désir acquis, la prise en charge vise l’ensemble des facteurs étiologiques identifiés.
- Si aucun facteur étiologique fortement évocateur n’est retrouvé, ou en cas de doute (notamment si DE associée), une exploration hormonale est proposée.
- Lorsque le traitement des facteurs étiologiques n’apporte pas une amélioration suffisante, une prise en charge psychosexologique est ajoutée.
- Facteurs biologiques à rechercher : pathologies endocriniennes (dont hypogonadisme, hyperprolactinémie, hypothothyroïdie), maladies systémiques, insuffisance rénale chronique, insuffisance hépatique chronique, pathologie
💡 Astuce mémo
Primitive d’abord, désir ensuite : traiter la cause initiale puis compléter par psychosexologie si besoin.
📖 12. Algorithme de prise en charge du trouble du désir
🔑 Notions clés & Définitions
- Trouble du désir acquis : Trouble du désir survenant après une période antérieure de fonctionnement sexuel satisfaisant, avec des causes souvent identifiables.
- Trouble du désir acquis situationnel : Trouble du désir où la baisse concerne surtout un partenaire ou une relation donnée, avec recherche de facteurs favorisants.
- Trouble du désir acquis généralisé : Trouble du désir où la baisse touche tous les partenaires et toute forme d’activité sexuelle, nécessitant une recherche étiologique large.
- Approche psychosexologique : Approche centrée sur l’éducation sexuelle, l’explication des mécanismes du désir et de l’anxiété, puis la modification des croyances et des comportements.
- Thérapie de couple : Prise en charge visant l’amélioration de la relation et du temps d’intimité, parfois nécessaire quand le trouble est lié au contexte relationnel.
📝 Points essentiels
- Trouble du désir acquis situationnel : la baisse du désir est limitée à la/le partenaire, ce qui oriente vers une prise en charge des facteurs étiologiques potentiels liés à la relation.
- Trouble du désir acquis généralisé : la baisse du désir concerne tou(te)s les partenaires et toute forme d’activité sexuelle, ce qui impose une recherche étiologique plus large.
- La prise en charge psychosexologique comprend un temps informatif de sexo-éducation sur les réponses sexuelles et l’impact de la phase de résolution sur le désir.
- La prise en charge psychosexologique comprend un temps explicatif sur le désir sexuel réactif, l’anxiété de performance et les attitudes d’évitement avec cercles vicieux auto-entretenus.
- La restructuration cognitive cible des fausses croyances (ex. « un homme ça a toujours envie »), des erreurs de jugement (ex. « un homme ça doit toujours être prêt ») et des pensées inhibitrices (ex. se concentrer sur l’
- érection »).
💡 Astuce mémo
Situationnel = partenaire unique ; Généralisé = tous partenaires. (S→P, G→Tous)
📅 Repères chronologiques
| Date | Événement |
|---|
| 2013 | Référence au syllabus EFS/ESSM de sexologie clinique (Corona G & al.) |
| 2001 | Modèle circulaire féminin de Basson (désir, neutralité, satisfaction) |
| 1997 | Double modèle circulaire de Whipple (plaisir/satisfaction et système de récompense) |
📊 Tableaux de synthèse
DSM-5 : différence homme vs femme
| Sexe | Diagnostic DSM-5 | Critère A (idée générale) | Entité |
|---|
| Femmes | Trouble de l’intérêt sexuel / de l’excitation | Déficience/absence persistante ou répétée de pensées érotiques ou sexuelles, fantasmes et désir d’activité sexuelle (jugement clinique selon âge/contexte) | Trouble de l’intérêt sexuel / de l’excitation |
| Hommes | Diminution du désir sexuel chez l’homme | Déficience/absence persistante ou répétée de pensées érotiques ou sexuelles, fantasmes et désir d’activité sexuelle (jugement clinique selon âge/contexte) | Entité clinique exclusivement masculine |
DSM-5 : éléments quantifiés à connaître
| Élément | Seuil | Durée | Retentissement |
|---|
| Excitation ou plaisir | ≥ 75% de l’activité sexuelle | ≥ 6 mois | Souffrance/détresse significative (critère C) |
| Sensations génitales ou non génitales | ≥ 75% de l’activité sexuelle | ≥ 6 mois | Souffrance/détresse significative (critère C) |
| Nombre d’items requis | Absence ou diminution significative de ≥ 3 éléments | ≥ 6 mois | Souffrance/détresse significative (critère C) |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre besoin et désir : le besoin est comblé immédiatement alors que le désir reste rarement totalement satisfait.
- Croire que désir et excitation sont synonymes : le désir précède et déclenche l’excitation (et l’excitation peut survenir sans désir, notamment en contexte non consenti).
- Oublier la dimension « désir de l’autre » : le désir d’autrui inclut à la fois le désir de l’autre comme personne et le désir que l’autre me désire.
- Se tromper sur le DSM-5 : chez les femmes on parle de trouble de l’intérêt sexuel/de l’excitation, chez les hommes de « diminution du désir sexuel chez l’homme » (entité exclusivement masculine).
- Diagnostiquer trop vite : sans durée d’environ 6 mois, on risque de confondre avec une baisse adaptative à des conditions de vie défavorables temporaires.
- Mélanger trouble du désir et baisse circonstancielle : le diagnostic différentiel inclut l’aversion sexuelle et une baisse de désir circonstancielle.
- Penser que la testostérone explique linéairement le désir : le modèle à seuil indique qu’en dessous du seuil le désir chute, au-dessus il n’y a pas de proportionnalité dose–désir.
✅ Checklist Examen
- Définir le désir sexuel, son lien au comportement sexuel et à l’accession à un objet de plaisir.
- Expliquer la distinction désir vs besoin, et préciser ce que représente l’objet du désir (plaisir recherché/fantasmé).
- Décrire le lien désir–séduction : désir de l’autre composé du désir de l’autre comme personne et du désir que l’autre me désire.
- Expliquer la distinction désir vs excitation et situer les modèles de réponse (Masters & Johnson vs Kaplan).
- Citer l’idée clé de l’étude sur les femmes (difficulté à individualiser désir et excitation) et son implication clinique (excitation possible sans désir en contexte non consenti).
- Présenter les modèles circulaires désir–plaisir–récompense : Whipple (système de récompense) et Basson (désir spontané, neutralité, satisfaction).
- Lister les 2 composantes du désir sexuel humain (biologique neuroendocrinienne + psychoaffective modulatrice) et donner des exemples de neuromédiateurs stimulants/inhibiteurs.
- Maîtriser le DSM-5 pour le trouble du désir : Critère A, Critère B (≈6 mois), Critère C (souffrance/détresse), et les seuils quantifiés (≥3 items, ≥75% excitation/plaisir et sensations).
- Donner le diagnostic différentiel d’un trouble du désir (troubles de l’excitation/plaisir, aversion sexuelle, baisse circonstancielle).
- Classer les caractéristiques du trouble du désir : primaire vs acquis, généralisé vs situationnel, et préciser ce que signifie « partenaire-dépendant ».
- Décrire l’entretien diagnostic chez l’homme : critères/axes d’évaluation (masturbation, initiation, réceptivité, pensées/rêves érotiques, attirance, sensations génitales spontanées) et exemples de questions.
- Expliquer l’évaluation clinique et étiologique : bilan médical (examen uro-génital, signes d’hypogonadisme, bilan endocrinien minimal testostérone/prolactine/thyroïde), modèle testostérone–désir (antagoniste GnRH en ~3/3
- modèle à seuil), rôle de la prolactine (frein dopamine, causes, rareté), et les 3 catégories de facteurs (médicaux/psychologiques/relationnels/iatrogènes) puis les principes de prise en charge (primitive d’abord, psychox
- thérapie de couple si contexte, sexo-éducation, restructuration cognitive, sensate focus).
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