Fiche de révision : VIH, sida et prise en charge

Plan du Cours

  1. Épidémiologie du VIH en France
  2. Transmission et mécanismes de l’infection
  3. Évolution clinique et classification
  4. Primo-infection et diagnostic
  5. Bilan initial et surveillance
  6. Infections opportunistes et cancers
  7. Prophylaxies et traitements
  8. Prévention et stratégies thérapeutiques

1. Épidémiologie du VIH en France

★ À maîtriser

  • En France, environ 200 000 personnes vivent avec le VIH, dont plus de 10 000 ignoreraient leur infection.

  • La proportion de diagnostics tardifs du VIH reste proche de 40 % en France.

  • En 2023, les principaux modes de contamination étaient les rapports hétérosexuels dans 55 % des cas et les rapports sexuels entre hommes dans 40 % des cas.

Compléments

  • La répartition des découvertes de séropositivité en 2023 était:

    • hommes cis : 66 %
    • femmes cis : 32 %
    • personnes trans : 2 %
  • En 2023, l’âge médian des personnes découvrant leur séropositivité était de 36 ans.

  • En 2023, 57 % des découvertes de séropositivité concernaient des personnes nées à l’étranger, parmi lesquelles 42 % auraient été contaminées après leur arrivée en France.

2. Transmission et mécanismes de l’infection

Notions clés & Définitions

  • Immunodépression : Résulte de l’infection massive et de la perturbation des lymphocytes T CD4, avec des réactions inflammatoires et immunitaires délétères.

★ À maîtriser

  • La transmission sexuelle représente 98 % des contaminations par le VIH dans le monde.

📌 Le risque de transmission sexuelle augmente avec une forte concentration virale, des lésions muqueuses, un saignement, une IST ou un rapport anal, et diminue fortement lorsque la charge virale est contrôlée.

Compléments

  • La transmission mère-enfant peut survenir:

    • en fin de grossesse
    • pendant l’accouchement
    • lors de l’allaitement
  • Les transmissions sanguines du VIH comprennent la transfusion, la toxicomanie et l’exposition à des liquides biologiques.

Astuce mémo

Réplication virale → déplétion des CD4 → immunodépression

3. Évolution clinique et classification

Notions clés & Définitions

  • Sida : Caractérisé par des atteintes spécifiques liées au VIH, des infections opportunistes et des maladies tumorales.

★ À maîtriser

  • Sans traitement, la quasi-totalité des patients évolue plus ou moins rapidement vers le sida.

  • La classification CDC 1993 distingue les catégories A, B et C selon les manifestations cliniques de l’infection VIH.

  • La catégorie C comprend notamment:

    • la candidose de l’œsophage
    • la rétinite à CMV
    • le sarcome de Kaposi
    • les lymphomes
    • la tuberculose
    • la pneumonie à Pneumocystis jirovecii
    • la toxoplasmose cérébrale
  • Les trois niveaux de CD4 sont:

    • supérieurs à 500/mm³
    • entre 200 et 499/mm³
    • inférieurs à 200/mm³

Compléments

  • La catégorie A comprend:

    • l’infection VIH asymptomatique
    • la lymphadénopathie persistante généralisée
    • la primo-infection symptomatique
  • La catégorie B comprend notamment: la candidose oropharyngée, la candidose vaginale persistante ou résistante au traitement, le zona récurrent, la listériose, la neuropathie périphérique

Astuce mémo

Primo-infection → phase asymptomatique → manifestations mineures → sida

4. Primo-infection et diagnostic

Notions clés & Définitions

  • Primo-infection VIH : Correspond aux manifestations cliniques survenant entre la contamination et l’apparition des anticorps spécifiques.

★ À maîtriser

  • La primo-infection est symptomatique dans 50 à 85 % des cas, débute 10 à 21 jours après la contamination et dure en moyenne deux semaines.

  • L’association d’un syndrome pseudo-grippal, d’une éruption cutanée et d’ulcérations muqueuses est très évocatrice d’une primo-infection VIH.

  • 🔄 Le diagnostic suit plusieurs étapes: test rapide ou autotest, sérologie ELISA de type duo, confirmation par Western Blot sur deux prélèvements différents

Compléments

  • La primo-infection mime souvent une mononucléose infectieuse avec fièvre, arthromyalgies et altération de l’état général.

  • La primo-infection peut s’accompagner de thrombopénie, de leucopénie, d’un syndrome mononucléosique et d’une cytolyse hépatique.

Astuce mémo

Primo-infection aiguë versus phase asymptomatique prolongée

5. Bilan initial et surveillance

★ À maîtriser

  • Le bilan initial comprend notamment:

    • l’interrogatoire et l’examen clinique
    • la radiographie thoracique et le Quantiferon
    • la NFS avec plaquettes
    • le bilan hépatique et les fonctions rénales
    • le bilan lipidique et la glycémie à jeun
  • Le bilan immunovirologique mesure les sous-populations lymphocytaires CD4, la charge virale et le génotypage.

Compléments

  • Le bilan sérologique recherche:

    • le CMV
    • la toxoplasmose
    • les hépatites B et C
    • la syphilis
  • Chez la femme vivant avec le VIH, un examen gynécologique avec frottis est réalisé deux fois par an puis annuellement, et chez l’homme ayant des relations avec des hommes, un examen proctologique est annuel.

6. Infections opportunistes et cancers

Notions clés & Définitions

  • Sarcome de Kaposi : Néoplasie vasculaire à tropisme cutané associée à un virus du groupe herpès, HHV8, avec des localisations cutanées, muqueuses ou viscérales.

★ À maîtriser

  • La pneumocystose survient typiquement lorsque les CD4 sont inférieurs à 200/mm³ en l’absence de prophylaxie primaire et se manifeste par des signes respiratoires d’installation progressive.
  • La toxoplasmose cérébrale correspond à une réactivation de Toxoplasma gondii, généralement avec des CD4 inférieurs à 150/mm³ et une sérologie positive.

Compléments

  • La candidose œsophagienne est associée à des CD4 inférieurs à 150/mm³ et provoque notamment dysphagie, odynophagie, nausées, vomissements et amaigrissement.

  • L’infection à Mycobacterium avium survient surtout lorsque les CD4 sont inférieurs à 50/mm³ et peut provoquer altération de l’état général fébrile, diarrhée, cachexie, adénopathies, hépatosplénomégalie, anémie et thrombopénie.

  • La tuberculose peut survenir quel que soit le stade de l’infection VIH, avec une expression clinique dépendant du degré d’immunodépression.

7. Prophylaxies et traitements

★ À maîtriser

  • La prophylaxie primaire de la pneumocystose est indiquée si les CD4 sont inférieurs à 200/mm³ et/ou à 15 %, principalement par Bactrim faible, avec l’atovaquone ou la pentamidine en alternatives.

  • La prophylaxie primaire de la toxoplasmose est indiquée en cas de sérologie positive et de CD4 inférieurs à 100/mm³ et/ou à 15 %, par Bactrim forte ou atovaquone en alternative.

  • La prophylaxie primaire est poursuivie jusqu’à l’obtention de CD4 supérieurs à 200/mm³ et à 15 % pendant au moins trois mois sous traitement antirétroviral.

Compléments

  • 🔄 Le traitement d’attaque de la pneumocystose comprend:
    1. Bactrim intraveineux pendant 10 jours
    2. relais oral jusqu’à J21
    3. corticoïdes si nécessaire

📌 Le traitement d’entretien de la pneumocystose utilise du Bactrim faible à raison d’un comprimé par jour jusqu’à des CD4 supérieurs à 200/mm³ pendant au moins trois mois sous traitement antirétroviral.

8. Prévention et stratégies thérapeutiques

Notions clés & Définitions

  • Traitement antirétroviral : Bloque la réplication virale, vise une charge virale indétectable, restaure ou conserve l’immunité et empêche la transmission, mais reste suspensif et doit être poursuivi à vie.

★ À maîtriser

  • Le traitement du VIH repose sur une trithérapie ou une bithérapie, associée si nécessaire au traitement des infections opportunistes et aux prophylaxies.

  • La surveillance comprend: les lymphocytes T CD4, la charge virale plasmatique, les tests de résistance, le dosage des antirétroviraux, les bilans hépatique, rénal et glucido-lipidique, les sérologies et le dépistage des IST et des cancers

  • Les principales mesures de prévention sont: les précautions standards, les préservatifs masculins ou féminins, le matériel à usage unique, les stéribox et l’échange de seringues, le dépistage, le traitement des personnes infectées, la PrEP, le traitement post-exposition après AES ou AEX

Compléments

  • Les principales classes d’antirétroviraux sont: les inhibiteurs nucléosidiques et nucléotidiques de la transcriptase inverse, les inhibiteurs non nucléosidiques de la transcriptase inverse, les antiprotéases, les inhibiteurs de fusion ou d’entrée, les inhibiteurs de l’intégrase, les inhibiteurs du CCR5

Astuce mémo

Charge virale contrôlée → risque de transmission fortement diminué

Tableaux de synthèse

Classification clinique CDC 1993

CatégorieCaractéristiquesExemples
AInfection asymptomatique, lymphadénopathie persistante ou primo-infection symptomatiquePrimo-infection symptomatique
BManifestations symptomatiques ne définissant pas le sidaCandidoses, zona récurrent, neuropathie périphérique
CPathologie définissant le sidaPneumocystose, sarcome de Kaposi, toxoplasmose cérébrale

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1. Quelle proportion des diagnostics de VIH reste proche de 40 % en France ?

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Combien de personnes vivent avec le VIH en France ?

Environ 200 000 personnes vivent avec le VIH en France.

Nombre de personnes vivant avec VIH en France

≈200 000, dont >10 000 ignorent leur infection.

Quelle proportion des diagnostics du VIH est tardive en France ?

La proportion de diagnostics tardifs est proche de 40 % en France.

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