Fiche de révision : Alimentation durable des monogastriques

Plan du Cours

  1. Ressources alimentaires de l’élevage
  2. Compétition entre feed et food
  3. Surfaces et protéines mobilisées
  4. Eau et intrants d’élevage
  5. Besoins nutritionnels du porc
  6. Alimentation porcine par phases
  7. Consommation et efficacité alimentaire
  8. Facteurs de variation des performances
  9. Pilotage de la qualité du porc
  10. Vers une efficience globale

1. Ressources alimentaires de l’élevage

Points essentiels

  • L’herbe pâturée sur prairies permanentes représente 22 % des matières premières consommées par les animaux d’élevage, tandis que les cultures fourragères et les céréales représentent chacune environ 15 %.

  • Les animaux d’élevage valorisent aussi des coproduits agricoles et agroalimentaires tels que les tourteaux, les sons et les drêches.

📌 L’élevage de ruminants transforme de l’herbe, des surfaces non cultivables et des coproduits en aliments à haute valeur nutritionnelle, et ne consiste donc pas uniquement à convertir des aliments consommables par l’homme en viande ou en lait.

Astuce mémo

Herbe et coproduits pour les ruminants, céréales et protéagineux pour les monogastriques

2. Compétition entre feed et food

★ À maîtriser

  • Les herbivores ont un régime constitué à 86 % d’herbe et de fourrages, alors que les granivores basent leur alimentation à 72 % sur les céréales.

  • Les volailles et les porcs sont les filières proportionnellement les plus dépendantes des surfaces importées, avec respectivement 25 % et 11 % des surfaces mobilisées.

Compléments

  • La filière bovins lait est la plus consommatrice de surfaces importées en quantité, avec 0,35 million d’hectares importés par an.

Astuce mémo

Valoriser des ressources non consommables par l’homme ≠ supprimer toute compétition alimentaire

3. Surfaces et protéines mobilisées

★ À maîtriser

  • Les prairies permanentes fournissent plus de la moitié des matières premières consommées par les bovins viande et les petits ruminants.

  • Les bovins lait consomment 41 % des coproduits utilisés par les élevages français, tandis que les filières granivores incorporent entre 10 % et 41 % de coproduits dans la ration complète en matière sèche.

Compléments

  • Plus des deux tiers des surfaces de prairies permanentes mobilisées pour les bovins viande et les petits ruminants ne sont pas mobilisables pour d’autres usages.

Astuce mémo

Surfaces mobilisées → protéines produites ou importées → bilan alimentaire

4. Eau et intrants d’élevage

★ À maîtriser

  • La production des intrants alimentaires constitue 72 % de la consommation d’eau des élevages.
  • À l’échelle des élevages français, 76 % de l’eau consommée se retrouve dans les produits animaux bruts et l’évaporation, tandis que 24 % retourne au milieu naturel par restitution directe ou indirecte.

Compléments

  • Les coproduits porcins cités comprennent :
    • la pulpe et la mélasse de betterave
    • les coproduits du blé
    • le pain
    • les biscuits
    • les tourteaux d’extraction des huiles

Astuce mémo

Production des intrants → consommation d’eau majoritaire

5. Besoins nutritionnels du porc

Notions clés & Définitions

  • Énergie nette : Expression énergétique qui correspond le mieux à la valorisation réelle d’un aliment par le porc et s’exprime en mégajoules ou en kilocalories, avec 1 MJ = 238,9 kcal.
  • Lysine limitante : Premier acide aminé limitant chez le porc, de sorte qu’une carence en lysine empêche l’assimilation des autres acides aminés.

Points essentiels

📌 Les besoins du porc en acides aminés sont exprimés par le rapport entre la lysine digestible et l’énergie nette, en g/MJ, et ce rapport diminue lorsque le poids vif augmente.

📌 Un apport insuffisant en acides aminés dégrade les performances du porc, tandis qu’un apport excessif entraîne des rejets azotés et peut contribuer à la pollution environnementale.

Astuce mémo

E-A-P : énergie, acides aminés, phosphore

6. Alimentation porcine par phases

Points essentiels

  • L’alimentation par phases adapte progressivement la composition de l’aliment aux besoins du porc grâce aux phases nourrain, croissance et finition, avec des transitions entre les aliments.

  • Dans l’exemple présenté, le maïs humide représente 40 à 50 % de l’aliment porcin et constitue une source énergétique majeure avec le blé et l’orge.

  • Au cours de l’engraissement, les matières azotées totales diminuent de 15 % chez le nourrain à 13,5 % en croissance puis 12,5 % en finition, tandis que l’énergie nette reste autour de 9,8–10 MJ.

📐 Formule - Le rapport lysine digestible/énergie nette diminue de 1 chez le nourrain à 0,9 en croissance puis 0,7 en finition, soit fracLYS_digEN=1,0,9,0,7\\frac{LYS\_{dig}}{EN}=1,\\ 0{,}9,\\ 0{,}7 selon la phase.

Astuce mémo

Nourrain → croissance → finition → multiphase → précision

7. Consommation et efficacité alimentaire

Notions clés & Définitions

  • Ingéré résiduel : Différence entre la consommation observée et la consommation prédite à performances, poids et composition corporelle comparables.

★ À maîtriser

📌 L’indice de consommation correspond à la quantité d’aliment nécessaire pour produire un kilogramme de gain de poids ; un indice de 2,6 signifie qu’il faut environ 2,6 kg d’aliment pour produire 1 kg de gain.

Compléments

  • Deux porcs dont la consommation prédite est de 2,5 kg par jour ont respectivement un ingéré résiduel de −0,2 kg/j lorsqu’ils consomment 2,3 kg/j et de +0,2 kg/j lorsqu’ils consomment 2,7 kg/j.

Astuce mémo

Indice de consommation ≠ ingéré résiduel

8. Facteurs de variation des performances

★ À maîtriser

  • La consommation et les performances du porc dépendent de facteurs liés à l’animal, à l’aliment et à l’environnement sanitaire et d’élevage.

  • Lorsque la température est trop élevée, le porc réduit spontanément son ingestion afin de diminuer la thermogenèse liée à l’ingestion et au métabolisme des nutriments, ce qui réduit les nutriments disponibles pour la croissance et le GMQ.

Compléments

  • Les mâles castrés ont généralement une ingestion plus élevée et sont plus gras, tandis que les mâles entiers sont généralement plus maigres et plus efficaces.

Astuce mémo

Un triangle animal–aliment–environnement détermine la performance

9. Pilotage de la qualité du porc

Points essentiels

  • Les dimensions de la qualité sont :
    • la qualité de carcasse
    • la qualité technologique
    • la qualité sensorielle
    • la qualité nutritionnelle
    • la qualité sanitaire

📌 Chez le porc monogastrique, la nature des acides gras consommés se retrouve plus directement dans les lipides déposés, car il n’existe pas de biohydrogénation ruminale importante avant l’absorption.

  • L’introduction de graines de lin riches en acide α-linolénique peut augmenter la teneur en acides gras n-3 de la viande et du tissu adipeux et améliorer le rapport n-6/n-3.

📌 Une augmentation des acides gras insaturés rend le tissu adipeux plus mou et plus sensible à l’oxydation, ce qui peut améliorer la qualité nutritionnelle tout en dégradant la qualité technologique.

Astuce mémo

La génétique agit davantage sur le sensoriel, l’alimentation sur les lipides

10. Vers une efficience globale

Points essentiels

  • Le régime CHALLENGE mobilise :

    • des coproduits
    • de la luzerne
    • du tourteau de tournesol
  • Le régime CHALLENGE contient 7,7 MJ d’énergie nette par kilogramme, contre 9 à 10,5 MJ/kg pour les recommandations habituelles de l’IFIP.

  • Avec le régime CHALLENGE, le gain moyen quotidien diminue de 1083 à 1029 g/j, l’indice de consommation passe de 2,37 à 2,88 kg/kg, et le coût alimentaire par kilogramme de croît augmente de 11 %.

  • Le régime CHALLENGE réduit l’impact sur le changement climatique de 21 %, mais augmente la consommation d’énergie fossile de 29 %.

  • L’alimentation de précision consiste à ajuster les nutriments à l’animal et à ses besoins réels dans le temps, éventuellement individuellement, en faisant varier les proportions de deux aliments complémentaires.

📌 L’alimentation de précision vise à limiter simultanément les déficits nutritionnels, les excès d’acides aminés et les rejets d’azote et de phosphore.

Astuce mémo

Ressources pertinentes → apports ajustés → produit de qualité → compromis global

Tableaux de synthèse

Comparaison des systèmes d’alimentation porcine

SystèmePrincipeLimite ou intérêt
Aliment uniqueMême composition pendant l’engraissementDéficits chez le jeune porc ou excès en fin d’engraissement
Alimentation par phasesAliments nourrain, croissance et finitionMeilleur ajustement mais apports constants dans chaque phase
Alimentation multiphaseNombreuses phases ou mélanges intermédiairesSuit plus précisément la baisse des besoins
Alimentation de précisionApports ajustés au temps et à l’animalLimite les déficits, les excès et les rejets

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1. Concernant les ressources alimentaires consommées par les animaux d’élevage, cochez la (les) proposition(s) exacte(s) :

2. Parmi les ressources alimentaires de l’élevage, la(les)quelle(s) est(sont) exacte(s) ?

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Quelle part de matières premières consommées par les animaux est l'herbe pâturée sur prairies permanentes?

22 %

Quelle proportion des matières premières consommées par les animaux représentent les cultures fourragères?

Environ 15 %

Quelle proportion des matières premières consommées par les animaux représentent les céréales?

Environ 15 %

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