QCM : Anthropo-didactique et diffusion des savoirs (23 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Dans une communauté, quelle notion désigne une manière partagée de penser, de parler, de sentir et de se comporter, stabilisée par la transmission des savoirs ?

La culture
Le savoir
Le langage
L’équipement biologique

La culture

Explication

La culture désigne des façons partagées de penser, parler, sentir et agir qui se construisent et se stabilisent grâce à la diffusion des savoirs. La collection de connaissances réduit la culture aux savoirs transmis, les pratiques de parole en donnent une définition trop étroite, et l’équipement biologique relève d’un autre registre.

2. Dans une société, les savoirs transmis contribuent à façonner les pratiques communes, tandis que leur transmission s’appuie elle-même sur des pratiques déjà présentes. Quelle relation cela illustre-t-il ?

La culture et la diffusion évoluent sans lien réciproque
La culture produit la diffusion et se déroule hors d’elle
La diffusion produit la culture et se déroule dans une culture
La diffusion produit les savoirs et remplace la culture

La diffusion produit la culture et se déroule dans une culture

Explication

La diffusion des savoirs contribue à produire la culture, mais elle se déroule aussi dans un cadre culturel. Inverser le lien attribue à la culture seule la production de la diffusion, l’absence de lien nie leur relation, et remplacer la culture par les savoirs confond deux notions.

3. Un enfant apprend une langue déjà parlée dans son milieu et développe sa manière de penser au contact de cette langue et de sa culture. Quelle idée de Bruner cette situation illustre-t-elle ?

Le langage préexiste à l’esprit et la culture façonne celui-ci
La biologie produit le langage et l’esprit façonne la culture
L’esprit crée le langage et la culture reprend ses formes
La culture préexiste à l’esprit, mais le langage lui est extérieur

Le langage préexiste à l’esprit et la culture façonne celui-ci

Explication

Pour Bruner, le langage préexiste à l’esprit et la culture donne forme à l’esprit. Attribuer le langage à l’esprit inverse leur rapport, la biologie rend le langage possible sans en déterminer les formes culturelles, et placer le langage hors de la culture contredit leur lien.

4. Une personne possède les capacités biologiques nécessaires pour parler, mais apprend les usages et les formes de sa langue au sein de sa communauté. Quel rôle revient à la culture dans cette situation ?

Rendre possible l’équipement biologique du langage
Servir de contexte sans façonner les usages linguistiques
Façonner le développement et l’usage du langage
Créer les structures biologiques nécessaires au langage

Façonner le développement et l’usage du langage

Explication

L’équipement biologique rend le langage possible, tandis que la culture façonne son développement et son usage. Confondre ces rôles attribue à la biologie les usages appris, faire créer l’équipement par la culture confond biologie et culture, et nier son effet sur les usages écarte son rôle formateur.

5. Une élève apprend à s’orienter dans les transports en commun, puis les trajets et les imprévus rencontrés l’aident à approfondir cette compétence. Quelle relation entre apprentissages et situations est illustrée ?

Les apprentissages éliminent les situations, qui ne contribuent plus à leur développement
Les apprentissages modifient les situations, qui restent sans effet sur les apprentissages
Les situations produisent les apprentissages, qui restent sans effet sur leur maîtrise
Les apprentissages aident à maîtriser les situations, qui contribuent en retour aux apprentissages

Les apprentissages aident à maîtriser les situations, qui contribuent en retour aux apprentissages

Explication

Les apprentissages servent à maîtriser les situations, et les situations contribuent en retour à produire les apprentissages. Ne retenir qu’un sens du lien omet cette réciprocité, tandis que faire disparaître les situations contredit leur rôle dans l’apprentissage.

6. Pour analyser une activité de médiation dans une communauté, quelle approche croise les pratiques sociales et culturelles avec les savoirs et les apprentissages ?

L’approche anthropo-didactique
L’approche centrée sur les contenus disciplinaires
L’approche sociologique des interactions
L’approche anthropologique de la diffusion des savoirs

L’approche anthropo-didactique

Explication

L’approche anthropo-didactique met en relation les pratiques sociales et culturelles avec les savoirs et les apprentissages. La centration sur les contenus néglige les pratiques, la diffusion des savoirs seule ne couvre pas les apprentissages, et l’analyse des interactions seule omet les savoirs.

7. Une chercheuse étudie comment les expériences vécues, les repères culturels et les apprentissages se transforment mutuellement. Quelle relation caractérise ainsi l’approche anthropo-didactique ?

La dialectique entre situations vécues, culture et apprentissages
La transmission unidirectionnelle des savoirs vers les situations
La séparation entre situations vécues et apprentissages
La culture comme simple décor des apprentissages

La dialectique entre situations vécues, culture et apprentissages

Explication

L’approche étudie la dialectique entre situations vécues, culture et apprentissages, c’est-à-dire leurs relations réciproques. Les séparer, traiter la culture comme un décor ou supposer un transfert à sens unique supprime cette relation.

8. Dans une classe, des interactions façonnent les rôles attribués aux élèves et les places qu’ils occupent. Quelle conception de la culture cette situation illustre-t-elle ?

Un processus qui façonne un monde et distribue des rôles et des places
Une hiérarchie déterminée par les capacités scolaires innées
Un patrimoine achevé que les interactions transmettent sans le modifier
Un ensemble de caractéristiques individuelles indépendantes des interactions

Un processus qui façonne un monde et distribue des rôles et des places

Explication

Pour McDermott et Varenne, la culture se produit dans les interactions et façonne un monde en distribuant rôles et places. La réduire à un patrimoine achevé, à des traits individuels ou à des capacités innées méconnaît ce processus social.

9. Une personne comprend une consigne sans réfléchir consciemment aux capacités qui lui permettent de l’interpréter. Comment nomme-t-on cet ensemble de capacités pré-intentionnelles ?

La stratégie d’inférence
L’état intentionnel
Le projet conscient
L’arrière-plan

L’arrière-plan

Explication

L’arrière-plan désigne les capacités non intentionnelles ou pré-intentionnelles qui permettent aux états intentionnels de fonctionner. Le projet conscient est une visée intentionnelle, une stratégie d’inférence est un moyen de donner du sens, et l’état intentionnel est ce que ces capacités rendent opérant.

10. Une personne anticipe spontanément le geste qui va suivre dans une action en cours, sans former consciemment un plan pour plus tard. Quelle notion décrit le mieux cette anticipation ?

L’arrière-plan
La stratégie d’inférence
Le projet conscient
La protention

La protention

Explication

La protention est une visée préréflexive d’un avenir qui se donne comme quasi présent. Le projet conscient vise le futur comme tel, l’arrière-plan désigne des capacités de fond, et l’inférence sert à donner du sens à ce qui est perçu.

11. Une personne utilise une connaissance pour décider comment réparer un objet, puis emploie un terme pour décrire cette connaissance. Quelle distinction s’applique ?

La connaissance permet d’agir, tandis que le savoir permet de désigner ou décrire cette connaissance.
La connaissance et le savoir servent tous deux principalement à agir sur le monde.
La connaissance décrit l’action, tandis que le savoir constitue le moyen pratique de l’accomplir.
Le savoir permet d’agir, tandis que la connaissance permet de désigner ou décrire le savoir.

La connaissance permet d’agir, tandis que le savoir permet de désigner ou décrire cette connaissance.

Explication

La connaissance est un moyen pratique d’agir sur le monde, tandis que le savoir sert à désigner ou décrire une connaissance. Inverser les fonctions confond action et désignation; réduire le savoir à l’action ou fusionner les deux notions efface cette distinction.

12. Comment définir un schème dans l’approche de Vergniaud ?

Une conduite variable qui se construit séparément dans chaque situation rencontrée.
Une organisation invariante de la conduite dans une classe de situations donnée.
Une situation particulière qui déclenche une réponse sans organisation de la conduite.
Un savoir explicitement formulé pour décrire une action dans un domaine donné.

Une organisation invariante de la conduite dans une classe de situations donnée.

Explication

Un schème est une organisation invariante de la conduite mobilisée dans une classe de situations. Le comprendre comme variable à chaque situation nie son invariance; le réduire à un savoir formulé confond schème et description; le confondre avec une situation inverse l’organisation et son contexte.

13. Une équipe transforme des résultats de recherche en contenu adapté à l’enseignement, puis les diffuse dans des établissements scolaires. Quel processus décrit cette transformation et cette diffusion ?

La transposition didactique, du savoir savant au savoir enseigné.
Les pratiques sociales de référence, issues de sources non savantes.
La production savante, qui crée les résultats de recherche initiaux.
La noosphère, où les savoirs sont élaborés et travaillés.

La transposition didactique, du savoir savant au savoir enseigné.

Explication

La transposition didactique transforme et diffuse des savoirs d’un espace à un autre, notamment du savoir savant au savoir enseigné. Les pratiques sociales de référence renvoient à des sources qui ne proviennent pas nécessairement des communautés savantes; la noosphère concerne l’élaboration des savoirs; la production savante désigne leur création initiale.

14. Une étude scolaire prend en compte à la fois le programme officiellement ordonné et les dispositions que les élèves acquièrent par leurs interactions à l’école. Quelle distinction entre curricula est mobilisée ?

Le curriculum restreint désigne les pratiques réalisées, et le curriculum élargi décrit la forme des enseignements
Le curriculum restreint désigne le programme prescrit, et le curriculum élargi inclut aussi les apprentissages latents
Le curriculum restreint désigne la forme des cours, et le curriculum élargi se limite au programme prescrit
Le curriculum restreint inclut les dispositions latentes, et le curriculum élargi désigne le programme prescrit

Le curriculum restreint désigne le programme prescrit, et le curriculum élargi inclut aussi les apprentissages latents

Explication

Le curriculum restreint correspond à ce qui est officiellement prescrit dans un ordre déterminé, tandis que le curriculum élargi inclut aussi ce qui est transmis, comme les valeurs et dispositions latentes. Confondre le restreint avec les pratiques ou la forme des cours brouille les autres distinctions, et inverser les deux notions attribue les apprentissages latents au mauvais curriculum.

15. Dans une école, les programmes fixent les contenus, les enseignants les organisent sous forme de cours, puis les séances effectivement menées avec les élèves s’écartent en partie du plan. Quelle notion désigne ces séances réalisées ?

Le curriculum prescrit
Le curriculum caché
Le curriculum formel
Le curriculum réel

Le curriculum réel

Explication

Le curriculum réel désigne ce qui est effectivement fait avec les élèves, alors que le curriculum prescrit correspond aux programmes et le curriculum formel à la forme donnée aux enseignements. Le curriculum caché renvoie plutôt aux valeurs et dispositions acquises par l’expérience scolaire.

16. Pour analyser un élève dans une situation d’apprentissage, quelle définition de la situation faut-il retenir ?

L’ensemble des circonstances vécues et des relations avec le milieu
La tâche scolaire proposée et les consignes qui l’accompagnent
Les connaissances déjà maîtrisées et les stratégies de l’élève
Les objectifs de l’enseignant et les contenus du programme

L’ensemble des circonstances vécues et des relations avec le milieu

Explication

Une situation comprend les circonstances dans lesquelles une personne se trouve ainsi que les relations qui l’unissent à son milieu. La tâche, les connaissances de l’élève et les objectifs de l’enseignant peuvent en faire partie, mais ne suffisent pas à la définir.

17. Une enseignante propose un problème inédit dont la résolution devient possible grâce à la notion qu’elle souhaite faire apprendre. Quelle conception de l’enseignement cette démarche illustre-t-elle ?

La présentation directe de la règle avant toute résolution de problème
La vérification des connaissances déjà acquises au moyen d’un contrôle
La répétition de tâches familières afin d’automatiser une procédure connue
La création de situations où la connaissance devient une solution pertinente

La création de situations où la connaissance devient une solution pertinente

Explication

Pour Brousseau, enseigner consiste à créer des situations où la connaissance à apprendre apparaît comme une solution pertinente au problème proposé. La transmission directe, le contrôle de savoirs déjà acquis et la répétition familière ne rendent pas compte de ce mécanisme.

18. Dans un exercice, une élève utilise le chiffre « 7 » comme code sur une boîte, sans compter d’objets. Quel usage du chiffre illustre-t-elle ?

Un nombre indiquant le résultat d’un calcul
Un nombre désignant une quantité
Un chiffre servant d’étiquette
Un cardinal indiquant le nombre d’objets

Un chiffre servant d’étiquette

Explication

Un chiffre peut être utilisé comme étiquette sans exprimer une quantité. Le choix d’une quantité, d’un résultat de calcul ou d’un cardinal suppose au contraire un usage numérique associé au dénombrement.

19. Un professeur présente un problème, puis laisse l’élève chercher une solution et en assumer la responsabilité, sans lui fournir la démarche à suivre. Quel processus met-il en œuvre ?

La dévolution
Le retrait de l’enseignant
L’institutionnalisation
L’aménagement du milieu

La dévolution

Explication

La dévolution transfère à l’élève la responsabilité de faire face à une situation et de la résoudre. L’aménagement du milieu prépare les conditions de cette prise en charge, l’institutionnalisation fait entrer un savoir dans un répertoire, et la dévolution ne signifie pas que le professeur disparaît.

20. Dans une activité, l’élève observe un système qui influence ses actions et qu’il peut aussi transformer par ses interventions. Comment ce système est-il défini en didactique ?

Les consignes de travail de l’enseignant
Le répertoire des savoirs institutionnalisés
Le contrat entre l’enseignant et l’élève
Le milieu auquel l’élève fait face

Le milieu auquel l’élève fait face

Explication

Le milieu est le système auquel l’élève fait face, qui agit sur lui et sur lequel il peut agir. Le contrat désigne des attentes, le répertoire relève de l’institutionnalisation et les consignes seules ne caractérisent pas le milieu.

21. Après une recherche, une enseignante nomme une connaissance dégagée par les élèves et l’intègre aux savoirs auxquels la classe pourra se référer. Quel processus décrit cette action ?

La prise en charge du problème
L’action du milieu
L’institutionnalisation
La dévolution

L’institutionnalisation

Explication

L’institutionnalisation fait entrer une connaissance dans un répertoire de savoirs que l’on peut désigner et auquel on peut se référer. La dévolution transfère la responsabilité de résoudre la situation, tandis que l’action du milieu concerne le système auquel l’élève fait face.

22. Comment caractériser le contrat didactique qui organise la relation entre un enseignant et un élève ?

Un ensemble de consignes unilatérales adressées à l’élève
Un système d’attentes tacites, réciproques et légitimes
Un répertoire commun de savoirs déjà institutionnalisés
Une succession explicite d’étapes imposées par l’enseignant

Un système d’attentes tacites, réciproques et légitimes

Explication

Le contrat didactique est constitué d’attentes tacites, réciproques et légitimes entre l’enseignant et l’élève. Une succession d’étapes relève plutôt de l’organisation d’un dispositif, et un répertoire de savoirs renvoie à l’institutionnalisation.

23. Dans un dispositif, une enseignante prépare les conditions de travail, confie ensuite le problème aux élèves, puis stabilise l’usage qu’ils ont construit. Quel enchaînement respecte le processus décrit ?

Expliquer la solution, aménager un milieu, puis dévoluer le problème
Dévoluer le problème, institutionnaliser l’usage, puis aménager un milieu
Aménager un milieu, dévoluer le problème, puis institutionnaliser l’usage
Aménager un milieu, institutionnaliser l’usage, puis dévoluer le problème

Aménager un milieu, dévoluer le problème, puis institutionnaliser l’usage

Explication

Le dispositif décrit suit l’ordre suivant : l’enseignant aménage un milieu, dévolue le problème à l’élève, puis institutionnalise l’usage transmis. Placer l’institutionnalisation avant la résolution ou remplacer la dévolution par une explication préalable modifie cet enchaînement.

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Qu’est-ce que la culture ?

Une façon partagée de penser, de parler, de sentir et de se comporter, construite et stabilisée par la diffusion des savoirs.

Quel est l’effet de la diffusion des savoirs sur la culture ?

Elle contribue à produire la culture.

Dans quel cadre la diffusion des savoirs se déroule-t-elle toujours ?

Dans une culture.

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