Fiche de révision : Attitudes et cognitions sociales

Plan du Cours

  1. Cognition sociale et cognitions sociales
  2. Généralités sur les attitudes
  3. Structure des attitudes
  4. Force et stabilité des attitudes
  5. Approche de l’action raisonnée
  6. Habitudes et lien intention-comportement
  7. Intentions d’implémentation et contraste mental
  8. Origines et mécanismes des stéréotypes
  9. Contenu et effets des stéréotypes

1. Cognition sociale et cognitions sociales

Notions clés & Définitions

  • Cognition sociale : Fiske & Taylor, 2008 — Étude des processus psychologiques par lesquels les individus donnent du sens à eux-mêmes, aux autres et au monde qui les entoure, ainsi qu’aux conséquences de ces pensées sur le comportement social.

★ À maîtriser

📌 Les cognitions sociales, comme les attitudes et les stéréotypes, sont les produits des processus de cognition sociale et interviennent dans la relation de l’individu avec son environnement social.

  • L’approche dispositionnelle prend en compte:

    • ce qu’est l’individu
    • ce que pense l’individu
    • ce que veut l’individu
  • Les mécanismes implicites comprennent:

    • l’activation en mémoire
    • la catégorisation sociale
    • la stéréotypisation
    • la dissonance cognitive

Compléments

  • Les actions humaines résultent souvent de l’interaction entre des mécanismes conscients et inconscients ainsi qu’entre des facteurs internes dispositionnels et externes situationnels.

Astuce mémo

Disposition = l’individu ; situation = le contexte

2. Généralités sur les attitudes

Notions clés & Définitions

  • Attitude : Eagly et Chaiken, 1993 — Tendance psychologique par laquelle une entité particulière est évaluée avec un degré de faveur ou de défaveur.
  • Attitude : Fazio, 2007 — Une attitude est une association entre un objet donné et une évaluation globale de cet objet, dont la force et l’accessibilité en mémoire peuvent varier.

★ À maîtriser

📌 Une attitude positive tend à favoriser des comportements d’approche ou de promotion de l’entité concernée, tandis qu’une attitude négative tend à favoriser des comportements d’évitement ou de lutte contre cette entité.

  • Les attitudes remplissent notamment les fonctions suivantes (Katz, 1960):
    • instrumentale
    • de connaissance
    • de défense du soi
    • d’expression des valeurs personnelles
    • de maintien de relations sociales positives

Compléments

  • Les attitudes peuvent concerner une multitude d’objets, notamment des personnes, des objets et des comportements.

Astuce mémo

Évaluation positive → approche ; évaluation négative → évitement

3. Structure des attitudes

Notions clés & Définitions

  • Croyance : Wyer et Albarracín, 2005 — Estimation subjective de la probabilité ou de la certitude avec laquelle une proposition est vraie.
  • Équilibre cognitif : Heider, 1946 — Système dans lequel les croyances et attitudes sont consistantes, cohérentes et compatibles entre elles.

Points essentiels

📌 La structure intra-attitudinale regroupe les cognitions associées à un objet, tandis que la structure inter-attitudinale désigne le réseau d’attitudes reliées entre elles par association ou opposition.

📐 Formule — Dans les modèles Expectancy*Value, l’attitude résulte de la somme des produits entre la force des croyances et l’évaluation des attributs associés à l’objet : A=ibieiA = \sum_i b_i e_i.

📌 Plus des attributs positifs sont fortement associés à un objet, plus l’attitude envers cet objet est favorable, et inversement.

  • Lorsqu’un élément inconsistant survient, l’individu peut restaurer l’équilibre en modifiant ses croyances ou attitudes, en réinterprétant l’élément inconsistant ou, si le déséquilibre persiste, en éprouvant une tension psychologique.

Astuce mémo

Intra-attitudinale = objet-attributs ; inter-attitudinale = réseau d’attitudes

4. Force et stabilité des attitudes

Notions clés & Définitions

  • Force des attitudes : Ensemble des propriétés qui la rendent stable, résistante au changement et importante pour l’activité mentale et comportementale.

★ À maîtriser

  • Dans la synthèse de 42 études expérimentales réalisée par Wicker, la corrélation moyenne entre attitudes et comportements est de .15, soit moins de 3 % de variance expliquée.
  • Les principaux facteurs de force sont:
    • l’importance
    • la certitude
    • la faible ambivalence
    • l’élaboration
    • les connaissances
    • l’accessibilité
    • la consistance cognitive-affective
    • l’extrémité
    • une faible latitude de rejet

Compléments

  • Dans l’étude de Holbrook et al., plus un thème politique est perçu comme important, plus les participants souhaitent obtenir des informations à son sujet.

  • Dans l’étude de Knobloch-Westerwick et Meng, les articles conformes aux attitudes des participants sont consultés plus longtemps, mais l’importance élevée d’un thème augmente la lecture des articles opposés. — Knobloch-Westerwick & Meng, 2009

Astuce mémo

Importance, Certitude, Accessibilité : ICA renforce l’attitude

5. Approche de l’action raisonnée

Notions clés & Définitions

  • Principe du TACT : Fishbein & Ajzen, 2010 — Le principe du TACT recommande de préciser la cible, l’acte, le contexte et le temps lors de l’étude d’une attitude spécifique afin de mieux comprendre son influence sur le comportement réel.
  • Attitude envers l’acte : L’attitude envers l’acte est l’évaluation globale, positive ou négative, d’un comportement fondée sur les conséquences probables et les sentiments associés à son adoption.
  • Normes sociales perçues : Les normes sociales perçues correspondent à la pression sociale que l’individu attribue aux personnes ou groupes importants, sur la base de normes injonctives et descriptives.
  • Contrôle comportemental perçu : Le contrôle comportemental perçu est le degré auquel une personne pense pouvoir agir à volonté selon les obstacles, les facilitateurs, ses connaissances, ses aptitudes et ses compétences.
  • Habitude : Verplanken & Aarts, 1999 — Séquence d’actes apprise devenue une réponse automatique à des indices environnementaux spécifiques et fonctionnelle pour atteindre certains buts.

★ À maîtriser

📌 Le principe de compatibilité de l’AAR exige d’étudier une attitude spécifique pour prédire un comportement concret et une attitude générale pour prédire plusieurs comportements appartenant à une catégorie abstraite. — Ajzen, 1985, 1991

  • Dans l’AAR, les croyances comportementales, normatives et de contrôle contribuent respectivement aux attitudes, aux normes perçues et au contrôle perçu, qui influencent l’intention, puis le comportement, sous l’effet éventuel du contrôle réel. — Fishbein & Ajzen, 1975

  • La répétition d’un comportement dans un même contexte forme un script associant ce contexte à une réponse comportementale, puis l’activation automatique de ce script peut déclencher le comportement indépendamment des intentions initiales.

Compléments

  • Dans l’étude 1 sur le recours à l’aide psychologique, la stigmatisation perçue a un effet négatif sur la consultation, avec β = -.27 et un odds ratio de 2.06, tandis que le contrôle perçu a un effet positif, avec β = .25 et un odds ratio de 2.50 ; la variance expliquée est R² = .33. — Lheureux, 2015 ; 2023

  • Dans la méta-analyse de Rhodes et Bruijn portant sur 10 études et 3899 participants, 63 % des participants ont agi conformément à leurs intentions lors de la mise en place d’une activité physique.

Astuce mémo

Attitude, normes, contrôle → intention → comportement

6. Habitudes et lien intention-comportement

Notions clés & Définitions

  • SRIH : Verplanken & Orbell, 2003 — Le Self-Report Index of Habit Strength (SRIH) mesure la force subjective d’une habitude à partir d’items évaluant le caractère automatique, non réfléchi et progressivement inconscient d’un comportement.

★ À maîtriser

  • L’extension de l’Approche de l’Action Raisonnée par les habitudes repose sur une approche duale des comportements, combinant des processus raisonnés et des processus automatiques.

  • Le lien entre intention et comportement est plus fort lorsque l’individu fonde son intention sur ses croyances attitudinales, normatives et de contrôle, lorsque ces facteurs sont cohérents et lorsque l’intention repose davantage sur des facteurs personnels que sur des facteurs externes.

Compléments

  • Le SRIH utilise une échelle de Likert en 5 points allant de l’accord au désaccord et comporte notamment une version courte proposée par Gardner et al. en 2012.

  • L’étude de Lheureux et al. (2016) sur les comportements de vitesse et d’alcool au volant a interrogé 642 conducteurs français au moyen d’un questionnaire.

Astuce mémo

Processus raisonnés ≠ processus automatiques

7. Intentions d’implémentation et contraste mental

Notions clés & Définitions

  • Intention d’implémentation : Gollwitzer, 1999 — Raisonnement conditionnel de type « Si [situation], alors [réponse] », qui anticipe une opportunité ou un obstacle et planifie la réponse efficace à lui apporter.

★ À maîtriser

  • La formation d’une intention d’implémentation consiste à anticiper les situations-opportunités et les obstacles, puis à planifier les réponses permettant de saisir l’opportunité ou d’éviter et dépasser l’obstacle.

  • Les participants ont été répartis dans quatre groupes : (Armitage, 2008):

    • Contrôle passif
    • Contrôle actif
    • Intentions d’implémentation partielles
    • Intentions d’implémentation complètes
  • La technique du contraste mental consiste à évoquer un avenir désiré, à évoquer la réalité actuelle puis à mettre explicitement en relation les obstacles de cette réalité avec la réalisation du futur désiré. — Oettingen, 2000, 2022

Compléments

  • Dans l’exemple de l’arrêt du tabac, une personne peut décider que si elle se retrouve à discuter au milieu de fumeurs, alors elle prendra un chewing-gum et se concentrera sur la discussion.

  • Dans l’étude d’Adriaanse et al. (2010), la condition combinant contraste mental et intention d’implémentation a conduit à consommer moins de produits caloriques, y compris chez les participantes ayant une forte habitude de grignotage et une faible intention initiale de changer.

Astuce mémo

Situation → réponse ; avenir désiré → réalité → obstacle

8. Origines et mécanismes des stéréotypes

Notions clés & Définitions

  • Préjugé : Gergen et al., 1981 — Prédisposition à réagir défavorablement envers une personne sur la base de son appartenance à une classe ou à une catégorie sociale.
  • Stéréotype : Leyens, Yzerbyt, & Schadron, 1996 — Ensemble de croyances partagées concernant les caractéristiques personnelles, les comportements ou les traits d’un groupe social.
  • Discrimination : La discrimination désigne des comportements négatifs, inégalitaires ou hostiles portant atteinte à une personne ou à un groupe sur la base de son appartenance sociale.

★ À maîtriser

  • Selon Lippmann (1922), les stéréotypes sont socialement partagés, simplistes et excessivement généralisateurs, souvent mal fondés et résistants aux preuves contraires.

  • La catégorisation consiste à regrouper les objets ou les personnes selon des similitudes perçues, autour de prototypes, dans des catégories hiérarchisées et plus ou moins accessibles en mémoire. — Rosch, 1978

  • La stéréotypisation attribue à une personne les caractéristiques perçues comme typiques de son groupe, tandis que ses caractéristiques personnelles réelles peuvent être ignorées, ce qui produit une dé-individualisation ou dépersonnalisation.

Compléments

  • La catégorisation sociale peut s’appuyer sur le genre, la profession, la génération, la religion, l’origine ethnique, le revenu, les opinions politiques ou les caractéristiques physiques, de sorte qu’une même personne peut être catégorisée de multiples façons.

Astuce mémo

Catégorisation simplifiée → stéréotypisation → dé-individualisation

9. Contenu et effets des stéréotypes

Notions clés & Définitions

  • Menace du stéréotype : Steele & Aronson, 1995 — Pression ressentie par un individu lorsqu’il risque de confirmer un stéréotype négatif pertinent pour son groupe et pour lui-même, ce qui peut entraîner une baisse de performance.
  • Modèle du contenu du stéréotype : Fiske et al., stereotype content model, 2002 — Le modèle du contenu du stéréotype organise les jugements sur les groupes selon deux dimensions : la compétence, qui renvoie aux capacités, et la chaleur, qui renvoie aux qualités relationnelles et aux intentions envers autrui.
  • Sexisme hostile : Le sexisme hostile exprime des attitudes explicitement négatives, dégradantes, humiliantes ou agressives envers les femmes et leur attribue une faible compétence ainsi qu’une faible chaleur.
  • Sexisme bienveillant : Dardenne et al., 2006 — Attitude subjectivement positive, chevaleresque, idéalisante et condescendante envers les femmes, mais objectivement négative parce qu’elle les maintient dans un rôle et un statut inférieurs.

★ À maîtriser

  • Les stéréotypes sont nécessairement réducteurs et comportent une part de faux, mais certaines caractéristiques stéréotypiques peuvent être exactes et certains stéréotypes peuvent être positifs, notamment envers son propre groupe.

  • Les quatre types de stéréotypes sont:

    • Paternalistes
    • Admiratifs
    • Méprisants
    • Envieux

Compléments

  • Les stéréotypes peuvent persister par transmission intergénérationnelle et par biais de confirmation, lorsque les individus prêtent surtout attention aux attitudes et comportements qui les confirment.

  • Les phénomènes associés au sexisme comprennent:

    • Mariages forcés
    • Violences conjugales
    • Viols
    • Interdiction de contraception ou d’avortement
    • Objectification
    • Inégalités d’orientation scolaire
    • Inégalités domestiques
    • Inégalités d’embauche, de salaire et d’accès aux responsabilités

Astuce mémo

Compétence et chaleur organisent quatre formes de stéréotypes

Tableaux de synthèse

Composantes de l’action raisonnée

ComposanteFondementQuestion centrale
Attitude envers l’acteConséquences et sentiments attendusEst-ce une bonne ou une mauvaise idée ?
Normes sociales perçuesPression injonctive et descriptiveQu’en penseront les autres ?
Contrôle comportemental perçuObstacles, facilitateurs et capacitésEst-ce possible et suis-je capable ?
Intention comportementaleProjet d’accomplir l’acteVais-je le faire ?

Préjugé, stéréotype et discrimination

NotionNatureCaractéristique principale
StéréotypeCroyanceCaractéristiques attribuées à un groupe
PréjugéAttitudeRéaction défavorable envers un groupe ou ses membres
DiscriminationComportementTraitement négatif, inégalitaire ou hostile

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Attitudes et cognitions sociales avec 34 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Que désigne la cognition sociale ?

2. Quelle distinction oppose correctement la cognition sociale aux cognitions sociales ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Attitudes et cognitions sociales avec 65 flashcards interactives.

Qu'est-ce que la cognition sociale selon Fiske & Taylor (2008) ?

L'étude des processus psychologiques donnant sens à soi, aux autres et au monde.

Que sont les cognitions sociales comme attitudes et stéréotypes ?

Des produits des processus de cognition sociale influençant la relation sociale.

Que privilégie l'approche dispositionnelle pour expliquer les comportements sociaux ?

Ce qu'est l'individu, ce qu'il pense et ce qu'il veut.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches