QCM : Classes sociales et sociologie durkheimienne — 23 questions

Questions et réponses du QCM

1. À quelle classe Marx attribue-t-il un rôle historique fondamental dans le mode de production capitaliste ?

Aux artisans urbains
Au prolétariat
À la paysannerie
À la bourgeoisie

Au prolétariat

Explication

Marx attribue au prolétariat un rôle historique fondamental dans le capitalisme. La paysannerie constitue une classe distincte, même si elle peut rester majoritaire à certaines périodes.

2. Dans le mode de production capitaliste, quel élément structure les rapports sociaux selon Marx ?

Les croyances religieuses
Les rapports de propriété
Les échanges symboliques
Les traditions familiales

Les rapports de propriété

Explication

Pour Marx, les rapports de propriété organisent les rapports sociaux dans le mode de production capitaliste. L’idéologie intervient plutôt en déformant l’interprétation de cette réalité sociale.

3. Comment Clifford Geertz caractérise-t-il les idéologies ?

Comme des lois universelles dépourvues de dimension culturelle
Comme des descriptions neutres fondées sur des données matérielles
Comme des interprétations subjectives qui déforment la réalité sociale
Comme des rapports économiques indépendants des acteurs sociaux

Comme des interprétations subjectives qui déforment la réalité sociale

Explication

Geertz considère les idéologies comme des interprétations subjectives de la réalité sociale, ce qui contribue à la déformer. La conception d’une analyse neutre et purement matérielle correspond davantage à la prétention méthodologique attribuée à Marx.

4. Quelle différence Geertz établit-il entre l’approche de Marx et sa propre critique anthropologique ?

Marx étudie les significations, tandis que Geertz explique la société par les seules conditions économiques
Marx refuse toute interprétation, tandis que Geertz décrit une réalité indépendante des perspectives
Marx invoque des rapports matériels, tandis que Geertz voit aussi dans sa théorie une interprétation située
Marx privilégie les symboles, tandis que Geertz réduit la société aux rapports de propriété

Marx invoque des rapports matériels, tandis que Geertz voit aussi dans sa théorie une interprétation située

Explication

Marx prétend partir de rapports de production matériels et tangibles, mais Geertz estime que cette théorie reste marquée par les sentiments et les perspectives de son auteur. L’anthropologue ne remplace donc pas l’interprétation par une réalité sociale totalement indépendante des points de vue.

5. Que montrent les sociétés amazoniennes étudiées par Pierre Clastres au sujet de l’absence d’État et de marché ?

Elle peut coexister avec une alimentation suffisante et un temps de travail inférieur à quatre heures par jour
Elle entraîne une famine durable et impose un temps de travail supérieur à huit heures par jour
Elle repose sur une agriculture intensive destinée à financer une classe dirigeante
Elle provoque une dépendance au marché et exige une administration étatique des ressources

Elle peut coexister avec une alimentation suffisante et un temps de travail inférieur à quatre heures par jour

Explication

Clastres décrit des sociétés sans État ni marché où les membres ne meurent pas de faim et travaillent moins de quatre heures par jour. Cette observation remet en cause l’idée que l’absence d’institutions économiques et politiques modernes implique nécessairement la pauvreté.

6. Selon Clastres, dans quelle situation apparaît la rupture sociale, économique et politique ?

Lorsque les campements changent périodiquement de lieu
Lorsque certains travaillent pour d’autres qui ne travaillent pas
Lorsque tous les membres alternent régulièrement entre chasse et pêche
Lorsque les échanges reposent sur des liens de parenté

Lorsque certains travaillent pour d’autres qui ne travaillent pas

Explication

Pour Clastres, la rupture apparaît lorsqu’une partie de la population travaille au bénéfice d’individus qui ne travaillent pas. Le déplacement des campements décrit une pratique sociale, mais ne constitue pas en lui-même cette rupture.

7. Comment Clastres interprète-t-il le rapport des sociétés sans État à la formation d’un État ?

Elles attendent son apparition pour organiser durablement la production
Elles cherchent à remplacer les chefs rituels par une bureaucratie centralisée
Elles empêchent activement sa formation afin de prévenir les abus de pouvoir
Elles ignorent la politique et ne disposent d’aucune règle collective

Elles empêchent activement sa formation afin de prévenir les abus de pouvoir

Explication

Clastres soutient que ces sociétés ne sont pas des sociétés incomplètes en attente d’un État : elles agissent pour empêcher sa constitution. Cette prévention vise notamment à éviter la concentration et les abus de pouvoir.

8. Quelle relation entre infrastructure économique et superstructure politique Clastres oppose-t-il à l’analyse marxiste ?

La superstructure politique disparaît sans marché, alors que Marx la considère comme une institution autonome
La superstructure politique peut déterminer l’infrastructure économique, alors que Marx fait généralement dépendre la superstructure de l’infrastructure
Les deux niveaux évoluent séparément, alors que Marx les réduit à une même réalité culturelle
L’infrastructure économique détermine la superstructure politique, alors que Marx inverse systématiquement cette relation

La superstructure politique peut déterminer l’infrastructure économique, alors que Marx fait généralement dépendre la superstructure de l’infrastructure

Explication

Clastres inverse la relation généralement retenue par l’analyse marxiste en faisant de la superstructure politique un facteur déterminant de l’infrastructure économique. L’interprétation marxiste classique donne plutôt à l’infrastructure économique un rôle déterminant sur la superstructure.

9. Quelle distinction permet de comprendre les conflits entre groupes appartenant aux mêmes classes sociales ?

Les conflits intraclasses opposent la bourgeoisie au prolétariat, tandis que les conflits interclasses divisent chaque classe en groupes concurrents
Les conflits intraclasses opposent des groupes d’une même classe, tandis que les conflits interclasses opposent des classes différentes
Les conflits intraclasses concernent les institutions politiques, tandis que les conflits interclasses concernent les différences culturelles
Les conflits intraclasses résultent de la mobilité sociale, tandis que les conflits interclasses résultent des écarts de génération

Les conflits intraclasses opposent des groupes d’une même classe, tandis que les conflits interclasses opposent des classes différentes

Explication

Les conflits intraclasses divisent des groupes situés dans une même classe, alors que les conflits interclasses mettent en opposition la bourgeoisie et le prolétariat. La deuxième proposition inverse précisément ces deux catégories de conflits.

10. Pourquoi l’appartenance objective à une classe sociale ne suffit-elle pas à prévoir un comportement politique homogène ?

Elle conduit généralement à adopter les mêmes positions politiques que les autres classes
Elle peut ne pas produire de conscience de classe ni d’orientations politiques communes
Elle transforme les intérêts économiques en institutions politiques sans médiation collective
Elle fait disparaître les différences entre les groupes qui composent une même classe

Elle peut ne pas produire de conscience de classe ni d’orientations politiques communes

Explication

Une position objective dans les rapports de classe ne garantit ni une conscience commune ni des comportements politiques identiques. La dernière proposition est erronée, car les différences entre groupes d’une même classe peuvent précisément subsister.

11. Selon Tocqueville, pourquoi les trajectoires révolutionnaires française et britannique divergent-elles ?

La bourgeoisie française s’allie à la noblesse, tandis que la bourgeoisie britannique mène une révolution contre les propriétaires terriens
L’aristocratie française s’intègre à la bourgeoisie, tandis que l’aristocratie britannique conserve une séparation politique durable
Les deux bourgeoisies prennent le pouvoir par l’industrie, mais seule la France maintient une monarchie constitutionnelle
La bourgeoisie britannique s’intègre à l’aristocratie, tandis que les intérêts restent divergents entre les deux groupes en France

La bourgeoisie britannique s’intègre à l’aristocratie, tandis que les intérêts restent divergents entre les deux groupes en France

Explication

Tocqueville relie la divergence des trajectoires à l’intégration de la bourgeoisie dans l’aristocratie britannique et à l’opposition persistante des intérêts en France. La deuxième proposition attribue cette intégration au mauvais pays et inverse la comparaison.

12. Quelle évolution Tocqueville associe-t-il au développement de l’industrie et à l’arrivée des classes moyennes ?

Une prolétarisation continue résultant de la concentration industrielle et du recul des classes moyennes
Une disparition des classes sociales provoquée par l’égalisation complète des conditions économiques
Une déprolétarisation progressive liée à l’essor des classes moyennes et de l’industrie
Une hégémonie durable des producteurs rendue possible par l’expansion des activités industrielles

Une déprolétarisation progressive liée à l’essor des classes moyennes et de l’industrie

Explication

Tocqueville prévoit que l’essor des classes moyennes et de l’industrie favorise une déprolétarisation. La deuxième proposition constitue la confusion principale : elle présente l’industrie comme prolongeant la prolétarisation au lieu de la réduire.

13. Quelle différence méthodologique distingue l’étude durkheimienne des faits sociaux de la sociologie compréhensive de Weber ?

Durkheim part de contraintes extérieures aux individus, tandis que Weber part du sens donné par les acteurs à leurs actions
Durkheim part des significations individuelles, tandis que Weber explique les conduites par des contraintes extérieures aux consciences
Durkheim étudie les institutions économiques, tandis que Weber réserve son analyse aux phénomènes religieux collectifs
Durkheim décrit les intentions personnelles, tandis que Weber compare les variations statistiques des phénomènes sociaux

Durkheim part de contraintes extérieures aux individus, tandis que Weber part du sens donné par les acteurs à leurs actions

Explication

Durkheim traite les faits sociaux comme des réalités extérieures exerçant une contrainte, alors que Weber s’intéresse aux significations attribuées par les acteurs. La deuxième proposition inverse donc les points de départ méthodologiques des deux auteurs.

14. Quelle démarche Durkheim recommande-t-il pour construire une connaissance sociologique rigoureuse ?

Interpréter les intentions individuelles, puis déduire les contraintes exercées par les institutions collectives
Considérer les faits sociaux comme des choses, écarter les préjugés et partir de l’observation vers les idées
Remplacer l’observation des faits par une spéculation philosophique sur leur signification profonde
Partir des idées générales, puis sélectionner les faits qui confirment les interprétations déjà élaborées

Considérer les faits sociaux comme des choses, écarter les préjugés et partir de l’observation vers les idées

Explication

Durkheim demande d’observer les faits sociaux comme des choses, en suspendant les préjugés, afin de construire ensuite les idées. La deuxième proposition relève de la démarche inverse, qui fait dépendre l’observation d’idées préalables.

15. Comment la méthode des variations concomitantes contribue-t-elle à administrer la preuve en sociologie ?

Elle reconstitue l’origine historique d’un phénomène en remontant jusqu’à ses premières manifestations
Elle compare les variations de phénomènes associés afin d’examiner leur relation
Elle distingue les conduites normales des conduites pathologiques à partir d’une norme sociale
Elle classe les individus selon leurs traits psychologiques pour expliquer leurs comportements collectifs

Elle compare les variations de phénomènes associés afin d’examiner leur relation

Explication

Les variations concomitantes consistent à comparer les changements de phénomènes associés pour mettre à l’épreuve leur relation. La deuxième proposition décrit plutôt une recherche génétique de l’origine d’un fait social.

16. Laquelle de ces propositions regroupe correctement les six règles méthodologiques attribuées à Durkheim ?

Étudier les intentions individuelles, partir des idées, confondre normal et pathologique, éviter les types et privilégier l’intuition sociologique
Décrire les institutions, mesurer les opinions, comparer les cultures, rechercher les causes biologiques, établir des lois et interpréter les symboles
Observer les croyances, analyser les biographies, classer les individus, privilégier l’histoire politique, généraliser les valeurs et suspendre la preuve
Écarter la psychologie individuelle, traiter les faits comme des choses, distinguer normal et pathologique, construire des types, expliquer socialement et administrer la preuve

Écarter la psychologie individuelle, traiter les faits comme des choses, distinguer normal et pathologique, construire des types, expliquer socialement et administrer la preuve

Explication

Les six règles portent sur l’écartement de la psychologie individuelle, le traitement des faits comme des choses, la distinction du normal et du pathologique, les types sociaux, l’explication par des faits sociaux et l’administration de la preuve. La deuxième proposition contredit plusieurs de ces règles, notamment le recours aux idées préalables et l’abandon de la preuve.

17. Quelle caractéristique distingue un fait social d’un état psychologique individuel selon Durkheim ?

Il est extérieur aux individus et exerce une contrainte morale sur leurs consciences
Il dépend d’une décision individuelle dépourvue de toute portée normative
Il naît dans la conscience personnelle sans influencer les comportements collectifs
Il correspond à une émotion privée produite par l’histoire intime de chacun

Il est extérieur aux individus et exerce une contrainte morale sur leurs consciences

Explication

Un fait social existe en dehors des consciences individuelles et s’impose à elles par une autorité morale. À l’inverse, un état psychologique individuel relève de l’expérience personnelle et ne constitue pas, en lui-même, un fait social.

18. Pourquoi Durkheim considère-t-il que le crime est relatif ?

Parce que la gravité d’un acte dépend principalement des intentions personnelles de son auteur
Parce que la qualification criminelle d’un acte varie selon les sociétés et les époques
Parce que les crimes sont définis par des caractéristiques biologiques propres aux individus
Parce que les tribunaux appliquent des critères identiques dans tous les contextes historiques

Parce que la qualification criminelle d’un acte varie selon les sociétés et les époques

Explication

Un acte peut être criminalisé dans une société ou une période et ne pas l’être dans une autre, ce qui montre le caractère relatif du crime. L’intention individuelle ne suffit donc pas à expliquer sa définition sociale.

19. Que cherche principalement à analyser la sociologie du crime ?

Les caractéristiques psychologiques de l’auteur sans examiner les réactions de la société
Les interprétations sociales de l’acte et les règles morales et juridiques qui le définissent
La mesure statistique des infractions sans étudier les règles qui les rendent condamnables
La qualification juridique d’un acte indépendamment des normes et des représentations collectives

Les interprétations sociales de l’acte et les règles morales et juridiques qui le définissent

Explication

La sociologie du crime étudie la manière dont une société interprète les actes ainsi que les règles morales et juridiques qui les définissent. La qualification juridique constitue plutôt le centre de l’analyse juridique, qui ne recouvre pas toute l’analyse sociologique.

20. Quelle fonction sociale le crime remplit-il selon Durkheim lorsqu’une règle est enfreinte ?

Il démontre que les règles collectives perdent leur importance dès qu’un acte est commis
Il réduit les tensions sociales en empêchant les membres du groupe de discuter des normes
Il supprime les normes communes en rendant toute transgression socialement acceptable
Il rappelle les règles morales et juridiques en provoquant une réaction collective

Il rappelle les règles morales et juridiques en provoquant une réaction collective

Explication

Pour Durkheim, le crime est nécessaire parce que la réaction à la transgression rappelle les règles morales et juridiques du groupe. Il ne rend donc pas les normes insignifiantes, mais contribue à les réaffirmer collectivement.

21. Quel objet Durkheim étudie-t-il dans De la division du travail social ?

La qualification juridique des conflits du travail dans les sociétés industrielles
L’évolution des croyances religieuses indépendamment de l’organisation économique
L’impact de la division sociale du travail sur la solidarité pendant l’industrialisation
La disparition du lien social provoquée par toute forme de spécialisation professionnelle

L’impact de la division sociale du travail sur la solidarité pendant l’industrialisation

Explication

Dans De la division du travail social, Durkheim analyse la manière dont la division sociale du travail transforme la solidarité dans le contexte industriel. La solidarité désigne plus largement le lien social, tandis que la division du travail constitue l’objet particulier étudié ici.

22. Comment Durkheim définit-il la solidarité sociale ?

Comme une adhésion spontanée à des valeurs privées sans dimension collective
Comme le lien social et l’ensemble des règles qui organisent les relations entre individus
Comme une préférence personnelle pour les membres de son groupe familial ou professionnel
Comme une relation économique fondée sur la concurrence entre travailleurs spécialisés

Comme le lien social et l’ensemble des règles qui organisent les relations entre individus

Explication

La solidarité sociale désigne le lien social ainsi que les règles particulières qui gouvernent les relations entre les individus. Elle ne se réduit donc ni à une préférence personnelle ni à une simple relation économique.

23. Pourquoi la cohésion sociale exige-t-elle des règles légitimes selon Durkheim ?

Parce que la société peut fonctionner sans normes lorsque les individus poursuivent leurs intérêts personnels
Parce que les règles sociales résultent principalement de contraintes physiques imposées aux populations
Parce que la morale apparaît avant toute décision humaine de vivre avec d’autres individus
Parce que la vie collective repose sur une organisation morale acceptée par les membres de la société

Parce que la vie collective repose sur une organisation morale acceptée par les membres de la société

Explication

Selon Durkheim, la morale apparaît lorsque les hommes décident de vivre en société, et la cohésion nécessite alors des règles légitimes pour organiser la vie collective. Les normes ne sont donc pas remplacées par les intérêts individuels ni fondées principalement sur une contrainte physique.

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Quelle classe Marx considère-t-il comme historiquement fondamentale dans le capitalisme ?

Le prolétariat.

Qu'impose le mode de production capitaliste aux rapports sociaux ?

Ils sont structurés par les rapports de propriété.

Comment la bourgeoisie défend-elle ses intérêts selon Marx ?

En déformant la réalité sociale.

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