Fiche de révision : Communication, voix et audition

Plan du Cours

  1. Communication humaine et modèle communicationnel
  2. Production de la parole
  3. Compréhension de la parole
  4. Décodage auditif et mémoire de travail
  5. Communication précoce du nourrisson
  6. Évolution du regard partagé
  7. Développement du système phonatoire
  8. Myélinisation et contrôle moteur
  9. Modèle DIVA et développement de la parole
  10. Développement phonétique de l’enfant
  11. Phonèmes et processus phonologiques
  12. Processus phonologiques de simplification
  13. Fluidité et bégaiement
  14. Évaluation et prise en charge
  15. Exposition sonore et audition
  16. Musique forte et risques auditifs
  17. Parole étrangère et variation régionale
  18. Langage et disfluences selon l’âge

1. Communication humaine et modèle communicationnel

Notions clés & Définitions

  • Communication humaine : Decoster en Smessaert - Échange de significations entre au moins deux personnes, comprenant un émetteur et un récepteur qui échangent des informations de manière alternée (Decoster et Smessaert, 2012).

★ À maîtriser

📌 La communication orale-auditive passe de la bouche à l’audition, tandis que la communication visuelle repose sur une forme concrète ou des actions, notamment les gestes, les expressions faciales et le langage corporel.

  • Une communication réussie transforme une intention en message codé, transmet ce message par un ou plusieurs médias, le fait percevoir par les sens, puis le décode en signification avant un retour du récepteur devenu émetteur.

  • Les conditions nécessaires sont:

    • Des sens intacts
    • Des structures cérébrales et des connexions neurologiques intactes
    • Une structure et une fonction intactes des organes de la parole

📌 Un problème de communication peut se situer au niveau du codage, du média de transmission, du décodage, de la réception perceptive ou de facteurs environnementaux produisant du bruit, comme le bruit de fond ou une distance excessive.

Compléments

  • Les domaines linguistiques sont:
    • La phonétique
    • La phonologie
    • La sémantique
    • La morphosyntaxe
    • La pragmatique

Astuce mémo

Intention → codage → transmission → perception → décodage → feedback

2. Production de la parole

Notions clés & Définitions

  • Conceptualisation : Formation d’un concept, d’une intention ou d’une idée préverbale correspondant au message que le locuteur veut transmettre, sans forme linguistique encore déterminée (Levelt, 1989).
  • Lexique : Mémoire contenant les mots, leurs significations et leurs relations avec d’autres mots; il permet de sélectionner le lexème correspondant au concept voulu.

★ À maîtriser

  • La production d’un mot transforme progressivement une intention en parole selon des processus linguistiques puis moteurs organisés hiérarchiquement, dans le modèle en cascade de Levelt (1989) et Van der Merwe (1997).

  • L’encodage phonologique sélectionne les phonèmes et les syllabes dans le bon ordre et détermine le cadre métrique du mot; pour « éléphant », les phonèmes sont /o/, /l/, /i/, /f/, /a/, /n/, /t/ et le schéma accentuel est fort-faible-faible, avec l’accent sur la première syllabe.

📌 Le plan moteur définit les objectifs spatiaux et temporels des mouvements articulatoires, tandis que le programme moteur prépare les commandes musculaires précises en direction, amplitude, tension et vitesse.

Compléments

  • L’exécution motrice convertit les plans et les programmes moteurs en mouvements des organes de la parole; une intoxication alcoolique ou une lèvre anesthésiée après une intervention dentaire peut alors déformer la parole.

Astuce mémo

Concept → lexique → grammaire → phonologie → planification → programmation → exécution

3. Compréhension de la parole

Notions clés & Définitions

  • Décodage lexical : Mise en relation des informations acoustiques analysées avec les représentations lexicales phonologiques, morphosyntaxiques et sémantiques stockées en mémoire à long terme (Medwetsky, 2011).

★ À maîtriser

  • La compréhension d’un mot parlé transforme le signal acoustique en signification grâce à l’analyse auditive, à la reconnaissance lexicale et au lien avec une représentation sémantique en mémoire à long terme.

  • Les cellules ciliées internes de la cochlée transforment les vibrations acoustiques en activité neurologique transmise par le nerf auditif et le tronc cérébral jusqu’au cortex auditif des lobes temporaux.

Compléments

📌 L’hémisphère gauche traite surtout les signaux rapidement changeants et brefs de la parole, tandis que l’hémisphère droit traite davantage les informations changeant plus lentement, comme la prosodie.

  • Une personne peut distinguer et reconnaître le mot français « arbre » sans le comprendre si elle ne possède pas la représentation sémantique française correspondant à « arbre » en néerlandais ou dans sa langue connue.

Astuce mémo

Signal acoustique → analyse auditive → reconnaissance lexicale → accès au sens

4. Décodage auditif et mémoire de travail

★ À maîtriser

  • Le décodage lexical compare les patrons neuroélectriques entrants aux représentations lexicales stockées dans la mémoire à long terme de l’hémisphère gauche, en reliant l’information acoustique aux représentations phonologiques, morphosyntaxiques et sémantiques. - Medwetsky, 2011

📌 La reconnaissance d’un mot consiste à l’identifier comme un mot connu appartenant au lexique, tandis que sa compréhension consiste à lui associer une représentation sémantique ou un concept. - Ellis en Young, 1998

  • L’activation des représentations en mémoire à long terme permet une perception consciente dans la mémoire de travail, où l’information consciente ne dure qu’environ 2 s sans maintien attentionnel. - Medwetsky, 2001

Compléments

  • Lorsqu’une personne présente un trouble du système d’analyse auditive, elle peut entendre la parole comme un bruit et ne plus distinguer les phonèmes, tout en conservant une audition normale aux tests et la capacité à reconnaître les intonations ou à écouter de la musique.

📌 Répéter silencieusement, visualiser et analyser le contenu augmentent l’attention et permettent de maintenir plus longtemps l’information dans la mémoire à court terme, dont la capacité de traitement reste limitée. - Medwetsky, 2011

Astuce mémo

Analyser → décoder → maintenir

5. Communication précoce du nourrisson

★ À maîtriser

📌 Selon le modèle de Bates, le stade perlocutoire dépend principalement de l’interprétation de l’adulte, le stade illocutoire correspond à une intention communicative de l’enfant et le stade locutoire repose sur l’emploi de signes langagiers conventionnels.

  • Vers 9 mois, l’enfant commence généralement à communiquer intentionnellement en cherchant à influencer son environnement. - Lichtert, 2004

  • Entre 12 et 15 mois, l’enfant commence à utiliser des signes conventionnels tels que des mots parlés ou des gestes. - Lichtert, 2004

📌 Le proto-impératif sert à obtenir une action de l’adulte, tandis que le proto-déclaratif sert à attirer l’attention de l’adulte sur un objet ou un événement. - Lichtert, 2004

Compléments

📌 Le « tendre pour de vrai » consiste à atteindre un objet pour le prendre soi-même, tandis que le « tendre comme signal » sert à inciter l’adulte à procurer l’objet à l’enfant. - Bruner, 1983

Astuce mémo

Pré-intentionnel → intentionnel → symbolique

6. Évolution du regard partagé

★ À maîtriser

  • 🔄 Les phases du regard communicatif sont (Lichtert & Vyt, 2005):

    1. les protoconversations face à face
    2. l’orientation de l’attention vers les objets
    3. l’attention visuelle partagée
  • À partir d’environ 6 mois, l’enfant utilise le regard de l’adulte comme indice social et attentionnel pour interpréter certaines situations et suivre la direction de son regard. - Lichtert, 2004

  • À partir de 9 à 10 mois, l’enfant développe une attention visuelle partagée et implique intentionnellement l’adulte pour obtenir de l’aide, partager une expérience ou attirer son attention sur un objet. - Lichtert & Vyt, 2005

Compléments

  • Dès la naissance, le bébé préfère regarder et suivre le visage humain, tandis que les adultes adaptent leur comportement pour favoriser le contact visuel.

Astuce mémo

Face-à-face → objet → attention partagée

7. Développement du système phonatoire

Notions clés & Définitions

  • Système phonatoire : Stes, Articulatiestoornissen, 1997 - Comprend les poumons et le flux d’air, le larynx et les cordes vocales, les cavités de résonance ainsi que les organes articulatoires.

★ À maîtriser

  • Chez le nourrisson, le conduit vocal est environ trois fois plus petit que celui de l’adulte et fonctionne comme un tube unique facilitant la coordination entre respiration, succion et déglutition. - Bernthal et al., 2017

  • Le babillage est principalement marqué par des consonnes bilabiales et alvéolaires lorsque les mouvements de la langue se différencient, alors que les mois précédents produisent surtout des consonnes postérieures.

  • La myélinisation progressive des axones et l’expérience sensorimotrice rendent possible vers le sixième mois une maîtrise corticale intentionnelle des mouvements, qui remplace progressivement les réflexes.

  • Le contrôle des mouvements de parole commence pendant la période prélinguistique avec le jeu vocal entre 4 et 7 mois, puis le babillage entre 7 ou 8 et 12 mois.

Compléments

  • La croissance de la cavité buccale entraîne vers 7 mois le recul de la langue, qui devient progressivement indépendante de la mâchoire et peut alors effectuer des mouvements antérieurs-postérieurs, latéraux et verticaux. - Bernthal et al., 2017

Astuce mémo

Maturation anatomique et myélinisation → contrôle moteur de la parole

8. Myélinisation et contrôle moteur

Notions clés & Définitions

  • Myélinisation : Formation progressive de myéline autour des axones, ce qui améliore la communication entre les cellules nerveuses et accélère la conduction.

★ À maîtriser

  • Le contrôle moteur volontaire apparaît progressivement grâce aux expériences répétées et à l’augmentation de la myélinisation, puis les réflexes sont progressivement inhibés par le contrôle conscient des mouvements.

  • Les réflexes de succion et de déglutition permettent au nouveau-né de s’alimenter au début de sa vie. - van den Engel-Hoek, 2011

Compléments

  • Vers le sixième mois, le bébé commence à sélectionner des actions adaptées et efficaces parmi de nombreuses possibilités motrices.

Astuce mémo

Expérience → myélinisation → contrôle moteur volontaire

9. Modèle DIVA et développement de la parole

Notions clés & Définitions

  • Protomots : Productions vocales stables, souvent accompagnées d’un geste, qui possèdent une fonction communicative déterminée sans encore correspondre clairement aux mots adultes.

Points essentiels

📌 Le système de feedback utilise les informations sensorielles auditives et somatosensorielles pour comparer la production à une cible et la corriger, tandis que le système feedforward produit automatiquement les mouvements à partir de prédictions et de la mémoire motrice.

  • Le modèle DIVA signifie « Directions Into Velocities of Articulators » et décrit l’interaction entre les mouvements de parole, les informations auditives et les informations somatosensorielles. - Waelkens, Spraakontwikkelingsdyspraxie, 2017

  • Dans la première phase du modèle DIVA, le bébé produit des articulations, associe leurs conséquences motrices, auditives et somatosensorielles, puis stabilise progressivement les routes correspondantes par la répétition.

  • Le babillage canonique apparaît vers six à huit mois, reste globalement similaire dans le monde entier et n’est pas encore spécifique à une langue ni associé à une signification.

  • Pendant la phase d’imitation, l’enfant compare le signal auditif produit avec la cible auditive, corrige son geste si une erreur est détectée, puis actualise sa mémoire des codes de parole.

Astuce mémo

Feedback corrige ; feedforward automatise

10. Développement phonétique de l’enfant

Notions clés & Définitions

  • Indice d’intelligibilité : Flipsen, 2006 - Pourcentage de mots d’un échantillon spontané de parole que le transcripteur peut comprendre de manière fiable.

★ À maîtriser

  • Un enfant de trois ans typiquement développé est intelligible à 70–95 % pour des personnes qui ne le connaissent pas, tandis qu’un enfant de quatre ans atteint 93–100 % auprès d’inconnus.

📌 Les quatre erreurs articulatoires perceptibles sont l’omission, qui supprime un son, la substitution, qui le remplace, la distorsion, qui le déforme, et l’addition, qui ajoute un son.

  • Les voyelles et les diphtongues sont généralement acquises avant trois ans, tandis que les groupes de deux consonnes sont acquis vers six ans et ceux de trois consonnes plus tard.

Compléments

  • À un an, l’inventaire consonantique des enfants étudiés comporte en moyenne 4,4 consonnes, avec une médiane de 4 et une étendue de 0 à 16 ; les consonnes typiques sont /m/, /d/, /b/ et /n/.

  • Les erreurs articulatoires évoluent généralement avec l’âge : les omissions prédominent vers trois ans, puis les substitutions augmentent avant que les distorsions deviennent plus fréquentes.

Astuce mémo

OSDA : omission, substitution, distorsion, addition

11. Phonèmes et processus phonologiques

Notions clés & Définitions

  • Processus phonologiques : Elen & Manders, 2014 - Simplifications par lesquelles l’enfant adapte la forme adulte des mots lorsque les combinaisons de sons sont encore trop difficiles à produire.

★ À maîtriser

  • Les consonnes sont généralement acquises dans l’ordre position initiale, position finale, puis position médiale ; par exemple, /k/ apparaît dans « koe », puis « tak », puis « suiker ».

📌 Le backing déplace l’articulation vers l’arrière de la bouche, tandis que le fronting la déplace vers l’avant ; par exemple, « toe » devient « koe » dans le backing et « ik ga » devient « it ta » dans le fronting.

  • Les processus de structure syllabique comprennent:
    • Réduction de groupe consonantique
    • Suppression de la consonne finale
    • Épenthèse
    • Métathèse
    • Coalescence
    • Suppression d’une syllabe

Compléments

  • Le stopping remplace une fricative par une explosive, comme lorsque « soep » devient « toep », tandis que le devoicing remplace une consonne voisée par une consonne non voisée, comme lorsque « boom » devient « poom ».

  • Dans la réduction de groupe consonantique, « bloem » peut devenir « boem », tandis que dans l’épenthèse, « kerk » peut devenir « kerek ».

Astuce mémo

Initiale → finale → médiale

12. Processus phonologiques de simplification

Notions clés & Définitions

  • Processus phonologiques : Simplifications ou transformations de la production adulte par l’enfant, portant notamment sur les sons, les syllabes ou la structure des mots.

★ À maîtriser

  • Dans une réduction de groupe consonantique, une suite de deux ou trois consonnes est réduite à une ou deux consonnes, comme lorsque « bloem » devient « boem » ou « strik » devient « stik » ou « tik ».

  • La délétion de la consonne finale consiste à supprimer la consonne finale d’un mot, comme lorsque « boot » devient « boo » ou « bal » devient « ba » ; ce processus s’éteint entre 3 et 4 ans et ne se manifeste plus après 4 ans.

📌 L’assimilation modifie partiellement ou totalement un son sous l’influence d’un son voisin ; elle peut être progressive lorsque le premier son influence le suivant, comme « tafel » devenu « tatel », ou régressive lorsque le son suivant influence le précédent, comme « tafel » devenu « fafel ».

Compléments

  • L’épenthèse consiste à ajouter un schwa entre deux consonnes, comme dans « kerek » pour « kerk » ou « melek » pour « melk ».

  • La métathèse consiste à modifier l’ordre des consonnes dans un mot ou une syllabe, comme lorsque « hesp » devient « heps ».

Astuce mémo

La réduction simplifie la forme syllabique, tandis que l’assimilation modifie un son sous l’influence d’un autre.

13. Fluidité et bégaiement

Notions clés & Définitions

  • Fluidité de la parole : Dépend d’une vitesse normale, d’une succession aisée des sons, d’un rythme normal et d’un faible effort mental et musculaire pour parler.

★ À maîtriser

📌 Les disfluences langagières concernent la recherche des mots ou la formulation des phrases, tandis que les disfluences de parole concernent la production motrice des sons par le cerveau, les muscles et la bouche.

  • Les disfluences normales comprennent notamment:

    • la répétition de mots polysyllabiques
    • la correction de phrase
    • la répétition de phrases
    • les interjections ou pauses remplies
    • les mots ou phrases inachevés
  • Les disfluences atypiques comprennent: la répétition de mots monosyllabiques, la répétition partielle d’un son ou d’une syllabe, les prolongations, les blocages, les mots interrompus sous l’effet d’une tension

  • Le bégaiement est associé à la présence persistante ou fréquente de disfluences de parole atypiques, et non à la seule présence de disfluences normales.

Compléments

  • Chez les enfants d’âge préscolaire, 5 à 11 % présentent un bégaiement entre 2 et 4 ans, avec une fréquence plus élevée chez les garçons.

Astuce mémo

Les disfluences normales concernent surtout les frontières entre mots, les disfluences atypiques perturbent les mots eux-mêmes.

14. Évaluation et prise en charge

★ À maîtriser

📌 Le critère de trois à cinq disfluences atypiques pour 100 syllabes, ou de trois disfluences atypiques pour 100 mots selon certaines études, aide à distinguer les enfants qui bégaient de ceux qui ne bégaient pas.

📌 La neuroplasticité élevée du jeune enfant et l’efficacité supérieure des traitements du bégaiement avant 6 ans justifient une intervention précoce plutôt qu’une attente prolongée du rétablissement spontané.

  • Les modèles multifactoriels regroupent quatre composantes:

    • la composante sociale
    • la composante verbo-motrice
    • la composante émotionnelle
    • la composante cognitive
  • La structure de l’interaction dépend de:

    • la concrétude
    • le type d’activité
    • le niveau de langage
    • le contexte ou l’environnement

Compléments

  • Après environ six mois, il est recommandé de passer à l’action et de commencer un traitement du bégaiement, même si cette attente est souvent aujourd’hui raccourcie. - Oonk et al., 2020

Astuce mémo

Neuroplasticité précoce → traitement plus efficace ; attendre trop longtemps augmente les risques.

15. Exposition sonore et audition

★ À maîtriser

  • Une exposition prolongée à un son inférieur à 75 dB(A) est probablement sans danger auditif, tandis que le risque augmente lorsque l’intensité ou la durée d’exposition augmente.

  • Une exposition à 80 dB(A) peut durer 8 heures par jour, et chaque augmentation de 3 dB réduit de moitié la durée d’exposition considérée comme sûre.

📌 Le traumatisme acoustique résulte d’une exposition unique à un son impulsionnel très intense et entraîne un déplacement permanent du seuil auditif, tandis que la perte auditive induite par le bruit résulte d’expositions répétées et prolongées à des sons nocifs.

  • La perte auditive induite par le bruit commence souvent par une atteinte des hautes fréquences, située entre 3000 et 6000 Hz, avec une encoche caractéristique autour de 4000 Hz.

  • Une perte auditive temporaire peut récupérer en environ 16 à 48 heures après l’éloignement de la situation sonore dangereuse, mais des expositions répétées avec peu de récupération peuvent entraîner une perte permanente.

Compléments

  • Une perte auditive induite par le bruit peut d’abord provoquer des difficultés à comprendre la parole dans le bruit, notamment lorsqu’il s’agit de voix aiguës comme celles des femmes et des enfants.

Astuce mémo

Son trop intense ou trop long → déplacement temporaire du seuil → risque de perte auditive permanente.

16. Musique forte et risques auditifs

Notions clés & Définitions

  • Modèle CAALM : Welch & Fremaux, CAALM-model - Le modèle CAALM de Welch et Fremaux (2017), acronyme de « Conditioning, Adaptation, and Acculturation to Loud Music », explique pourquoi l’écoute de musique trop forte peut être vécue comme plaisante malgré son caractère risqué.

★ À maîtriser

📌 La perte auditive induite par le bruit peut être totalement évitée, mais aucune guérison n’est actuellement possible (Royster 2017).

  • Les effets sanitaires comprennent (Engels, 2017): des acouphènes, une hyperacousie, une augmentation de la fréquence cardiaque, une augmentation de la fréquence respiratoire, une augmentation de la pression artérielle, des troubles digestifs, des difficultés de sommeil, une diminution de l’attention et des problèmes de concentration

  • Dans le modèle CAALM, le son fort provoque d’abord un inconfort et des bénéfices, puis l’adaptation auditive réduit l’inconfort et produit une tolérance au son fort; le conditionnement et l’acculturation renforcent ensuite l’attrait pour cette musique.

Compléments

  • Les bénéfices associés à la musique forte sont:

    • le masquage des sons indésirables
    • la cohésion sociale
    • l’opportunité d’intimité
    • le masquage des pensées indésirables
    • l’adoption d’une identité cool ou résistante
    • l’éveil et l’excitation
  • L’organe de l’équilibre est stimulé par des sons de 100 à 300 Hz à des niveaux supérieurs à 90 dBA, ce qui peut favoriser l’envie de bouger sur la musique.

Astuce mémo

Son trop fort → adaptation → tolérance → recherche de bénéfices

17. Parole étrangère et variation régionale

Notions clés & Définitions

  • Standardtaal : Forme de langue qui sert de modèle ou de norme et qui, selon Van Haeringen (1924), ne devrait présenter aucune trace de variation régionale.

★ À maîtriser

📌 Lorsqu’un apprenant rencontre un son absent de sa langue maternelle, il tend à le remplacer par le son de sa langue qui lui ressemble le plus, comme le /θ/ anglais de « think », souvent remplacé par /t/, /d/, /s/ ou /z/ par les néerlandophones.

  • L’apprentissage de la prononciation d’une langue étrangère exige d’affiner la perception, d’améliorer la discrimination entre les prononciations correctes et incorrectes, puis d’utiliser les feedbacks auditif, tactile et proprioceptif pour produire les sons.

📌 Le dialecte est une variété parlée dans une région qui diffère de la langue standard par la prononciation, le vocabulaire et la grammaire, tandis que la tussentaal se situe entre la langue standard et le dialecte et diffère notamment par le choix des mots, la syntaxe et la prononciation.

Compléments

  • Les grands domaines dialectaux sont:

    • le flamand occidental
    • le flamand oriental
    • le brabançon
    • le limbourgeois
  • Les adultes néerlandophones produisent en moyenne 7 à 8 syllabes par seconde, soit 14 à 16 sons de parole par seconde (Stes, 1997).

Astuce mémo

Standardtaal : neutralité ; dialecte : ancrage régional ; tussentaal : entre les deux

18. Langage et disfluences selon l’âge

Notions clés & Définitions

  • Difficultés normales de recherche lexicale : Les difficultés normales de recherche lexicale correspondent aux problèmes plus fréquents des personnes âgées pour récupérer une information sémantique, notamment lors des expériences de mot « sur le bout de la langue » (Burke, 1997).
  • Chaîne vocale : La chaîne vocale comprend la respiration, la vibration des plis vocaux, la résonance et l’articulation, qui transforment l’air en son puis en parole.
  • Résonance : Modification du son produit par les plis vocaux lors de son passage dans les espaces supraglottiques, notamment le pharynx, la cavité buccale et la cavité nasale.

Points essentiels

  • Les jeunes produisent davantage d’erreurs sémantiquement liées, tandis que les personnes âgées présentent davantage de problèmes d’accès aux représentations lexicales (Goral, 2004).

  • Dans l’étude d’Eggers et Elen (2018), le sexe ne modifie pas le nombre total de disfluences, tandis que l’âge influence le nombre et le type de disfluences; les enfants de 3;00 à 7;11 ans en produisent significativement davantage que les autres groupes. - Eggers & Elen, Spraakonvloeiendheden bij personen die niet stotteren (3 – 82 jaar). Invloed van geslacht en leeftijd

  • La phonation nécessite un flux d’air expiré passant entre les plis vocaux et une pression sous-glottique suffisante, produite par les muscles respiratoires du thorax, de l’abdomen et du dos.

  • Le type respiratoire costo-abdominal est considéré comme le plus adapté à la parole et au chant; il associe la contraction du diaphragme et le mouvement latéral des côtes inférieures à l’inspiration, puis une relaxation partielle suivie d’une contraction abdominale à l’expiration.

  • Lors de la parole, l’inspiration est rapide et se fait souvent par la bouche, tandis que l’expiration peut durer jusqu’à 20 fois plus longtemps que l’inspiration et devient active grâce aux contractions musculaires.

📐 Formule - La fréquence fondamentale moyenne est d’environ F0=110 HzF_0 = 110\,\text{Hz} chez l’homme adulte et F0=200 HzF_0 = 200\,\text{Hz} chez la femme adulte.

📌 Le registre modal implique la vibration complète des plis vocaux et constitue le mode normal de la parole, tandis que le registre falsetto implique des plis fortement tendus dont seule la partie supérieure vibre.

  • L’intensité vocale augmente lorsque la compression médiale des plis vocaux, liée à l’activité des muscles adducteurs, s’associe à une pression sous-glottique plus élevée.

  • L’intensité de la voix peut varier d’environ 40 dB pour une voix très douce à 110 dB pour une voix très forte, tandis que l’intensité conversationnelle moyenne est d’environ 65 dB.

📌 L’hypernasalité survient lorsqu’une résonance nasale apparaît à tort pendant les voyelles et consonnes orales, tandis que l’hyponasalité correspond à l’absence de résonance nasale attendue pour les consonnes nasales.

  • 🔄 L’évolution initiale de la voix suit plusieurs étapes:

    1. Le cri de naissance initie la production vocale
    2. Les premières vocalisations permettent d’expérimenter le conduit vocal
    3. L’enfant apprend à varier la hauteur et l’intensité
    4. L’enfant développe sa compétence vocale
  • 🔄 La mutation vocale se déroule en trois phases : (Stes, 1994):

    1. Prémutation vers 12-13 ans
    2. Mutation vers 13-14 ans
    3. Postmutation vers 14-15 ans
  • Pendant la mutation, la fréquence de la voix parlée des garçons diminue d’environ huit demi-tons, passant d’environ 268 Hz à 173 Hz, tandis que la baisse est beaucoup moins marquée chez les filles.

Astuce mémo

Le sexe ne modifie pas le nombre total ; l’âge le modifie

Tableaux de synthèse

Étapes de la communication

ÉtapeFonctionDifficulté possible
CodageTransformer une intention en messageTrouble du langage
TransmissionFaire circuler le signal par un médiaBruit ou distance
PerceptionRecevoir le signal par les sensDéficience auditive ou visuelle
DécodageComprendre la significationTrouble de compréhension

Stades de la communication précoce

StadePériodeCaractéristique
Perlocutoire0–9 ou 12 moisLe sens est surtout attribué par l’adulte
IllocutoireDès 9–10 moisL’enfant communique intentionnellement
LocutoireDès 12–15 moisL’enfant utilise des signes conventionnels

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1. Quelle caractéristique définit le mieux la communication humaine ?

2. Quelle distinction caractérise la communication orale-auditive et la communication visuelle ?

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Qu'est-ce que la communication humaine selon Decoster et Smessaert (2012) ?

Un échange de significations entre au moins deux personnes avec émetteur et récepteur alternants.

Comment se différencient la communication orale-auditive et la communication visuelle ?

La communication orale-auditive passe par la bouche et l’audition, la visuelle par gestes et expressions.

Quelle est la première étape d'une communication réussie ?

Transformer une intention en message codé.

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