Fiche de révision : Compétences psychosociales et histoire

Plan du Cours

  1. Prévention et effets des programmes CPS
  2. Définitions et classifications des CPS
  3. Conscience de soi et maîtrise de soi
  4. Compétences émotionnelles et sociales
  5. Émergence des CPS en France
  6. CPS dans les politiques de santé publique
  7. École promotrice de santé
  8. Programmes CPS et données d’enquête
  9. Prévention des risques par les CPS
  10. Effets scolaires et efficacité des CPS
  11. Efficience des programmes CPS
  12. Facteurs communs des interventions CPS
  13. Modélisation et évaluation théorique
  14. Suivi des résultats et indicateurs
  15. Évaluations de processus
  16. Programmes CPS évalués
  17. Programmes de prévention et d’accompagnement
  18. Score de l’échelle pour enfants

Repères chronologiques

  1. années 1970L’approche préventive par le renforcement des compétences psychosociales se développe dans les pays anglo-saxons, notamment avec le programme Life Skills Training.
  2. 1986Le pédiatre Jacques Fortin met en place le groupe Gaspar, Groupe académique de soutien et de prévention pour les adolescents à risque.
  3. 1993Jacques Fortin met en place à l’école primaire une démarche de développement des compétences psychosociales et conçoit le programme « Mieux vivre ensemble dès l’école maternelle ».
  4. 1997Les coffrets pédagogiques « Les Chemins de la santé », édités par le CFES, associent une première introduction aux compétences psychosociales à des entrées thématiques.
  5. 1997La Conférence nationale de santé appelle à investir fortement dans l’éducation, la prévention et la promotion de la santé des enfants et des jeunes, et recommande de renforcer les programmes visant à prévenir les addictions chez les adolescents.
  6. 1998Le programme régional de Prévention primaire des conduites addictives est lancé dans les Pays de la Loire pour renforcer les compétences psychosociales des enfants de 7 à 12 ans en milieu scolaire.
  7. 1998Une circulaire de l’Éducation nationale introduit une définition de l’éducation à la santé à l’école intégrant des compétences personnelles et relationnelles proches des compétences psychosociales, sans les recouvrir entièrement. - MEN, 1998
  8. 2000La Conférence nationale de santé réaffirme le besoin de renforcer la prévention et la promotion de la santé des jeunes et demande une meilleure coordination des actions ainsi que le développement de formations en éducation pour la santé.
  9. 2001L’expertise collective de l’Inserm « Éducation pour la santé des jeunes, démarches et méthodes » recommande de développer les compétences psychosociales pour faire évoluer les méthodes éducatives et accroître l’efficacité des programmes de prévention.
  10. 2003L’expertise opérationnelle de l’Inserm « Santé des enfants et des adolescents. Propositions pour la préserver » recommande des programmes de compétences psychosociales validés à l’international, tels que « I can do ».

1. Prévention et effets des programmes CPS

★ À maîtriser

  • Dans la Charte d’Ottawa de 1986, l’OMS présente le renforcement des aptitudes indispensables à la vie comme un moyen de favoriser la santé globale et le bien-être physique, mental et social.

  • Les cinq axes stratégiques de la promotion de la santé sont :

    • le renforcement des aptitudes individuelles, notamment des compétences psychosociales
    • l’élaboration de politiques favorables à la santé
    • la création d’environnements favorables à la santé
    • le renforcement de l’action communautaire
    • la réorientation des services de santé
  • Le renforcement des compétences psychosociales, en interaction avec des environnements favorables et des milieux de vie soutenants, peut développer les capacités de choix, l’autonomisation et le pouvoir d’agir, et contribuer à la santé et au bien-être des personnes et des populations.

📌 Les programmes de développement des compétences psychosociales constituent une stratégie majeure de prévention, alors que les interventions reposant uniquement sur l’information ne fonctionnaient pas.

  • Le développement des compétences psychosociales peut favoriser des rapports plus constructifs à soi, aux autres et à l’environnement, le bien-être et l’adoption de comportements favorables à la santé physique, psychique et sociale.

  • Les programmes CPS probants peuvent réduire les consommations de substances psychoactives, les comportements violents et à risque, la souffrance psychologique, les problèmes de comportement et les troubles anxio-dépressifs.

  • Les programmes CPS probants peuvent accroître l’engagement et les résultats scolaires, améliorer le climat scolaire et l’insertion sociale, et diminuer les comportements délinquants.

Compléments

  • Depuis cinquante ans, des chercheurs et des praticiens en santé publique et en sciences humaines ont conçu et évalué des interventions visant notamment à prévenir les problèmes de santé mentale, les consommations de tabac, d’alcool et de drogues, ainsi que les infections sexuellement transmissibles chez les jeunes.

  • Les programmes probants Unplugged et Strengthening Families Program, devenu en France le Programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP), ont montré des bénéfices sanitaires et éducatifs et sociaux.

  • L’OMS, l’Unesco, l’Unicef, Onusida et l’Unodc ont produit des guides internationaux pour promouvoir le développement des compétences psychosociales fondé sur les données probantes.

  • Lors des Assises de la santé mentale et de la psychiatrie de septembre 2021, la construction d’une stratégie multisectorielle de déploiement des compétences psychosociales, notamment à l’école, a été annoncée.

Astuce mémo

Renforcement des CPS → choix, relations et comportements favorables à la santé

2. Définitions et classifications des CPS

Notions clés & Définitions

  • Compétences psychosociales : Ensemble cohérent et interrelié de capacités psychologiques cognitives, émotionnelles et sociales, mobilisant connaissances, processus intrapsychiques et comportements, qui favorisent l’autonomisation, le bien-être psychique, le fonctionnement individuel et les interactions constructives.

★ À maîtriser

📌 La stratégie nationale multisectorielle de renforcement des CPS doit agir de manière concertée dès le plus jeune âge, tout au long du développement et dans les différents milieux de vie.

  • Le passage à l’échelle des CPS suppose de soutenir les collaborations et les synergies entre acteurs institutionnels, sanitaires, éducatifs et sociaux, agences nationales et régionales, collectivités territoriales, chercheurs, acteurs de la prévention et professionnels travaillant auprès des jeunes.

  • Le déploiement national des CPS doit mobiliser et partager les connaissances et pratiques récentes afin de diffuser des interventions fondées sur les données probantes et d’établir des critères de qualité articulés aux savoirs scientifiques et expérientiels.

  • Les compétences se distinguent des traits de personnalité, car elles peuvent changer et se développer, tandis que les traits sont relativement stables dans le temps.

  • Les CPS sont transversales et transférables entre milieux et disciplines, contrairement aux compétences académiques et techniques, spécifiques à un domaine d’application.

  • Les CPS comprennent trois catégories de compétences :

    • les compétences interpersonnelles
    • les compétences émotionnelles intrapersonnelles
    • les compétences cognitives intrapersonnelles
  • La classification actualisée des CPS clés regroupe neuf compétences générales en trois catégories : trois compétences cognitives, trois émotionnelles et trois sociales, comprenant au total 21 compétences spécifiques.

Compléments

  • Le milieu scolaire est un levier de déploiement des CPS, car il permet de toucher les enfants presque quotidiennement dès le plus jeune âge et tout au long de la scolarité, puis de mobiliser d’autres acteurs de la jeunesse.

  • Santé publique France favorise les échanges entre les connaissances académiques issues notamment de la littérature scientifique internationale et les savoirs expérientiels de la pratique et de l’expertise de terrain.

📌 Une compétence est plus large qu’une habileté, car elle mobilise des habiletés, des connaissances et des attitudes.

  • La première classification de l’OMS regroupe les habiletés en cinq binômes :
    • résoudre des problèmes et prendre des décisions
    • penser de façon créative et penser de façon critique
    • communiquer efficacement et être habile dans les relations interpersonnelles
    • avoir conscience de soi et avoir de l’empathie
    • réguler ses émotions et gérer son stress

Astuce mémo

Interpersonnel : agir avec les autres ; intrapersonnel : agir sur soi.

3. Conscience de soi et maîtrise de soi

Notions clés & Définitions

  • Autoévaluation positive : Consiste à porter un jugement positif sur soi-même et à entretenir envers soi une attitude positive et bienveillante.
  • Maîtrise de soi : La capacité à contrôler, diriger et ajuster ses comportements en fonction de ses buts et du contexte.
  • Gestion des impulsions : La capacité à décider volontairement de transformer ou non une pulsion à agir en comportement effectif.
  • Décision constructive : Dans une situation donnée, à identifier et sélectionner les objectifs et les solutions les plus appropriés pour soi et pour les autres.

★ À maîtriser

  • Les neuf CPS générales actualisées sont :
    • la conscience de soi
    • la maîtrise de soi
    • la prise de décisions constructives
    • la conscience des émotions et du stress
    • la régulation des émotions
    • la gestion du stress
    • la communication constructive
    • le développement de relations constructives
    • la résolution de difficultés

📌 La conscience de soi implique de reconnaître et comprendre ses pensées, croyances, valeurs, émotions, désirs, besoins et aspirations, ainsi que leurs liens avec les comportements.

  • Développer la conscience de soi consiste à mieux connaître ses forces, ses limites, ses buts, ses valeurs et son discours intérieur, tout en examinant les influences sociales et les biais de perception et d’interprétation.

  • Les CPS peuvent être renforcées par des interventions psychoéducatives et acquises par des apprentissages formels et informels, malgré l’influence de facteurs individuels et sociaux.

  • Renforcer l’autoévaluation positive permet d’accroître la confiance en soi, également appelée sentiment d’auto-efficacité.

  • Atteindre ses buts nécessite de connaître ses objectifs à court, moyen et long terme, de préciser les étapes à accomplir et de déterminer les moyens nécessaires pour les réaliser.

📌 Un choix responsable suppose d’identifier les buts importants pour soi et de les évaluer au regard des normes sociales, de la sécurité, de l’éthique et de leur faisabilité.

  • Résoudre un problème de façon créative nécessite d’analyser la situation, d’imaginer différentes solutions et alternatives, d’évaluer les solutions et de choisir une issue positive pour soi et pour les autres.

Compléments

  • La conscience de soi mobilise le concept de soi, qui correspond aux représentations de soi, et l’estime de soi, qui correspond au jugement porté sur soi.

  • La pleine conscience implique de porter pleinement attention à l’expérience présente, notamment cognitive et émotionnelle, et de l’accueillir avec bienveillance.

  • Le développement des CPS est associé au bien-être psychologique, à de meilleures relations, à des comportements favorables à la santé, à la réduction des comportements à risque, à la réussite scolaire et à l’insertion professionnelle.

  • L’autoévaluation positive s’appuie sur la prise de conscience de ses qualités, compétences, ressources et forces, ainsi que sur le développement d’une relation bienveillante et constructive avec soi-même.

4. Compétences émotionnelles et sociales

Notions clés & Définitions

  • Compétences émotionnelles : Des capacités psychologiques impliquant des processus et états affectifs qui favorisent le bien-être psychique, le fonctionnement individuel optimal, le pouvoir d’agir et les relations constructives.
  • Conscience émotionnelle : La capacité à reconnaître et comprendre ce que l’on ressent, notamment en comprenant le fonctionnement des émotions et du stress et en les identifiant de façon appropriée.
  • Identification des émotions : La capacité à les percevoir et à les nommer de façon adéquate.
  • Régulation des émotions : La capacité à gérer ses émotions et à maintenir un équilibre émotionnel.
  • Gestion du stress : La capacité à réduire ses réactions psychocorporelles de stress afin de ne pas être déstabilisé et de disposer de ses ressources pour fonctionner pleinement et poursuivre ses objectifs.
  • Compétences sociales : Des capacités psychologiques impliquant des comportements relationnels qui favorisent les interactions constructives, le pouvoir d’agir et le bien-être psychique.
  • Écoute empathique : L’aptitude à percevoir et comprendre le vécu de l’autre, notamment ses émotions, son point de vue et ses besoins, puis à le mettre en mots de façon ajustée.
  • Communication efficace : Consiste à surmonter les obstacles à un échange constructif, à éviter les paroles blessantes et à privilégier des attitudes soutenantes, une écoute de qualité et des formulations claires.
  • Demande d’aide : Demander de l’aide nécessite de reconnaître les situations problématiques qui le requièrent, d’identifier des personnes ressources susceptibles d’aider sans conséquences négatives et de formuler clairement sa demande.
  • Assertivité : La capacité à exprimer ses émotions, ses besoins et ses idées avec confiance, justesse et respect, sans s’effacer par passivité ni imposer son point de vue par agressivité.
  • Capacité de refus : L’aptitude à dire non de façon affirmée face à une personne ou une situation qui va à l’encontre de ses besoins, envies, valeurs ou droits.

★ À maîtriser

  • Les trois principales compétences émotionnelles sont :

    • la conscience des émotions et du stress
    • la régulation des émotions
    • la gestion du stress
  • Les trois principales compétences sociales sont :

    • la communication constructive
    • le développement de relations constructives
    • la résolution de difficultés

Compléments

  • Les émotions et le stress sont des phénomènes subjectifs qui se manifestent dans le corps et ont des conséquences sur les pensées et les comportements.

  • En renseignant sur l’état psychologique de la personne au regard de la situation vécue, les émotions et le stress l’incitent à répondre à ses besoins psychologiques afin de retrouver son équilibre intérieur, ou homéostasie.

  • Identifier ses émotions et son stress s’appuie sur l’ouverture à l’expérience émotionnelle et sur la capacité langagière à nommer les ressentis grâce à un vocabulaire émotionnel suffisamment riche.

5. Émergence des CPS en France

★ À maîtriser

  • L’approche renouvelée de l’éducation pour la santé cherche à dépasser les injonctions comportementales, les approches fondées sur la peur et la simple transmission d’informations biomédicales, en s’appuyant sur les compétences psychosociales.

Compléments

  • Les coffrets « Les Chemins de la santé » visent : à développer le respect de soi et l’autonomie, à promouvoir le respect d’autrui et la solidarité, à sensibiliser au respect et à la protection de l’environnement

  • À la fin des années 1980 et au début des années 1990, des démarches inspirées des compétences psychosociales sont utilisées dans la prévention des abus sexuels, notamment pour développer l’expression des ressentis, l’affirmation de soi, le refus et la recherche d’aide.

  • À la fin des années 1980 et dans les années 1990, les déterminants de la santé et la promotion de la santé prennent une place croissante, tandis que les facteurs de protection sont considérés aux côtés des facteurs de risque.

  • L’expertise de l’Inserm de 2003 relève que les acteurs de l’éducation à la santé ont besoin de formation, d’appui méthodologique pour l’action et l’évaluation, et d’outils d’intervention. - « Santé des enfants et des adolescents. Propositions pour la préserver »

  • En 2005, une expertise collective de l’Inserm consacrée au trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent présente des programmes de prévention universelle validés empiriquement et répertorie les caractéristiques des programmes efficaces. - « le trouble des conduites chez l’enfant et l’adolescent »

6. CPS dans les politiques de santé publique

Notions clés & Définitions

  • Compétences parentales : L’ensemble des compétences cognitives, émotionnelles et sociales qui permettent au parent d’exercer son rôle afin de garantir la sécurité et de promouvoir le bien-être et le développement de son enfant dans un contexte socioculturel donné.

★ À maîtriser

  • En 2018, Santé publique France met en place un registre français des interventions probantes et prometteuses, destiné à favoriser la diffusion des innovations entre recherche et terrain.

  • Le catalogue des outils CPS de l’Ireps Pays de la Loire recense 170 outils en 2014, contre 60 dans son édition de 2006.

  • La stratégie nationale de santé 2018-2022 fait du développement de l’éducation pour la santé et des compétences psychosociales dès le plus jeune âge une priorité pour la santé des enfants, des adolescents et des jeunes.

  • Une stratégie multisectorielle de déploiement des CPS pour 2022-2037 est en cours de finalisation et vise leur renforcement chez les enfants et les jeunes, dès le plus jeune âge, tout au long du développement et dans tous les secteurs concernés.

  • Le Plan national de santé publique – Priorité prévention 2018-2022 prévoit de renforcer les CPS par l’éducation pour la santé, de prévenir les conduites addictives et les risques routiers, d’agir sur les déterminants individuels, sociaux et environnementaux de la santé mentale, et de développer l’éducation pour la santé dès le plus jeune âge.

  • Les programmes cités sont :

    • Strengthening families program
    • Good Behavior Game
    • Unplugged
  • En 2021, la Haute Autorité de santé publie deux recommandations de bonnes pratiques professionnelles qui font référence aux CPS : l’une sur l’évaluation globale des enfants en danger ou en risque de danger et l’autre sur la préparation de la sortie des dispositifs de protection de l’enfance.

Compléments

  • En 2013, un numéro spécial de la revue Santé publique présente des interventions de prévention et de promotion de la santé des jeunes, validées ou prometteuses, dans des domaines comme les addictions, les IST et les grossesses non prévues.

  • Les référentiels théoriques et pratiques sur les CPS des parents et des enfants, élaborés à partir de 2010 avec des professionnels et des universitaires, ne peuvent finalement pas aboutir malgré leur avancement fin 2015.

  • Les modalités testées et évaluées sont :

    • l’accompagnement d’équipes
    • la formation continue et initiale
    • la formation en présentiel et à distance
    • les co-interventions
  • La stratégie nationale prévoit une première étape de déploiement des CPS sur 2022-2027, inscrite dans une perspective à long terme et générationnelle.

  • La feuille de route en santé mentale et psychiatrie, présentée le 28 juin 2018, prévoit de renforcer les CPS et d’élaborer une stratégie de déploiement avec des référentiels et des guides de formation et de déploiement.

  • Le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 prévoit de déployer dans chaque région académique des programmes validés de développement des CPS pour améliorer le climat scolaire et prévenir les comportements à risque, dont les conduites addictives.

  • La Stratégie nationale de santé sexuelle 2017-2030 vise à éduquer les jeunes à la sexualité, à la santé sexuelle et aux relations, en développant leurs CPS au-delà de la transmission de connaissances biologiques.

  • Le Programme national de lutte contre le tabac 2018-2022 prévoit de promouvoir les programmes validés de renforcement des CPS et de soutien par les pairs afin de protéger les enfants et d’éviter l’entrée dans le tabagisme.

7. École promotrice de santé

★ À maîtriser

  • Le parcours éducatif de santé, mis en place en 2016, est consolidé par la démarche École promotrice de santé impulsée en 2020.

  • La démarche articule : les projets de prévention, le socle commun de connaissances, de compétences et de culture, les programmes d’enseignement

  • Le socle commun relie les compétences psychosociales à la communication, à la coopération, à la citoyenneté, à la santé, à la pensée critique et à la maîtrise de soi.

  • La Dgesip vise le développement des CPS chez tous les étudiants et leur enseignement dans les Inspé ; la formation des futurs enseignants les prépare aussi à leur rôle d’acteurs de santé.

📌 La loi du 27 janvier 2017 relative à l’égalité et à la citoyenneté prévoit que les établissements d’enseignement supérieur promeuvent l’engagement étudiant, valident les acquis de cet engagement dans la formation et aménagent les études pour permettre de le concilier avec elles.

  • La loi du 14 mars 2016 a introduit l’article L.223-3-2 dans le CASF, qui prévoit qu’à la fin de l’accueil d’un enfant par l’ASE, le président du conseil départemental s’assure qu’un accompagnement permet son retour et son suivi en famille dans les meilleures conditions.

  • Depuis 2013, la DPJJ déploie une démarche globale de promotion de la santé fondée sur les cinq axes de la charte d’Ottawa, qui vise notamment les CPS et la participation active des jeunes pris en charge.

Compléments

  • L’article L. 541-1 du Code de l’éducation inscrit les actions de promotion de la santé auprès des élèves parmi les missions de l’Éducation nationale.

  • La démarche mobilise ou associe : la communauté éducative, les élèves, les parents, les collectivités territoriales, les partenaires institutionnels et associatifs

  • Pour être efficace, l’École promotrice de santé s’inscrit dans la durée, s’adapte au contexte local, agit de manière concertée sur plusieurs aspects et associe tous les acteurs.

  • La formation des adultes de l’École aux CPS est importante parce qu’ils sont des référents pour les élèves et peuvent ainsi contribuer au développement de leurs CPS.

  • Les CPS peuvent être travaillées :

    • dans toutes les disciplines
    • dans les éducations transversales
    • dans la vie de l’école ou de l’établissement
    • lors de séances spécifiques
    • dans les cours habituels
  • Les compétences psychosociales citées sont :

    • résoudre les problèmes
    • prendre des décisions
    • avoir une pensée créatrice
    • avoir une pensée critique
  • L’élève doit comprendre les enjeux et le fonctionnement général des médias afin d’acquérir une distance critique et une autonomie suffisantes dans leur usage.

  • Le socle commun associe le comportement responsable envers l’environnement et la santé à la reconnaissance des responsabilités individuelles et collectives.

  • La laïcité garantit la liberté de conscience et permet de vivre ensemble pacifiquement.

Astuce mémo

Adultes formés aux CPS → élèves mieux accompagnés

8. Programmes CPS et données d’enquête

★ À maîtriser

  • L’enquête de Santé publique France conduite entre 2017 et 2019 a recueilli des données auprès de 16 ARS sur 18 sollicitées et de 18 rectorats sur 30 sollicités ; son corpus scolaire comprenait 94 programmes, sans prétendre à l’exhaustivité.

📌 Les trois critères retenus pour qualifier un programme de prometteur étaient au moins six sessions, un travail sur les compétences émotionnelles et sociales, et le recours à des méthodes expérientielles comme les jeux de rôle.

  • Parmi les 94 programmes scolaires recensés, 21, soit 22 %, réunissaient les trois critères de programme prometteur, tandis que 48 % n’y satisfaisaient pas et que l’information était inconnue pour au moins un critère dans 30 % des cas.

  • L’étude Unirés de 2021 a analysé 904 maquettes de formation provenant de 28 Inspé sur 32 ; les termes « compétences sociales », « compétences émotionnelles » ou « compétences psychosociales » apparaissaient dans six maquettes.

  • Les leviers cités sont : le soutien institutionnel (13 répondants), l’intégration dans les maquettes de formation et la formation des formateurs (8), la mise à disposition de publications et travaux de recherche (3), les partenariats et le travail en équipe avec la communauté éducative (3), les demandes de formation des étudiants et enseignants stagiaires (2)

  • Dans les maquettes MEEF étudiées, la promotion de la santé et ses thèmes sont rarement formalisés ; « santé », « bien-être » et « éducation à la santé » apparaissent dans certains parcours spécialisés de master 2 et quelques éléments du tronc commun de master 1, tandis que les CPS sont quasi absentes des plaquettes.

Compléments

  • Les discussions de groupe figuraient dans 67 % des programmes scolaires recensés, les jeux de rôle dans 48 % et les créations artistiques dans 34 %.

  • Dans les programmes scolaires recensés, les compétences émotionnelles étaient travaillées dans 80 % des cas, les compétences cognitives dans 74 % et les compétences sociales dans 73 %.

  • Parmi les 49 formateurs ayant répondu aux questions sur les CPS dans l’étude Unirés, 10 déclaraient les avoir abordées dans leurs interventions.

  • Les freins cités à l’intégration des CPS étaient : le manque de temps au regard du programme et du volume horaire de formation, les représentations négatives sur les CPS et le manque de connaissances, le caractère jugé non prioritaire de ces enseignements, le manque de formation des formateurs sur ces concepts et approches, l’absence de volonté politique

  • En janvier 2020, le vademecum du ministère de l’Éducation nationale sur les écoles promotrices de santé a présenté le développement des CPS comme un axe prioritaire.

  • L’enquête Unirés identifie comme obstacles à l’intégration des CPS le manque de temps, leur faible priorité face à la préparation disciplinaire au concours, le manque de connaissances, de formation et d’outils adaptés, ainsi que le besoin d’un soutien institutionnel fort.

  • En France, l’Inpes puis Santé publique France ont soutenu depuis plus de dix ans la traduction, l’adaptation et le déploiement de programmes CPS, avec le relais des Ireps, dont certaines ont créé leurs propres programmes.

📌 Les programmes CPS se sont davantage déployés en milieu scolaire qu’en dehors de l’école, ce qui fait ressortir le besoin de développer des actions complémentaires hors milieu scolaire.

  • Les évaluations des interventions CPS restent peu fréquentes, notamment en raison de différences culturelles et institutionnelles dans le rapport à l’évaluation, du manque d’outils mesurant l’ensemble des CPS et de l’absence de ligne budgétaire spécifique dans les projets.

9. Prévention des risques par les CPS

★ À maîtriser

  • La méta-analyse de Thomas et collègues rapporte une réduction moyenne de 12 % de l’entrée dans le tabagisme après des programmes CPS, à partir de 134 études contrôlées randomisées menées auprès de plus de 400 000 jeunes.

  • La méta-analyse de Foxcroft et Tsertsvadze portant sur 53 études expérimentales rapporte que des programmes génériques de prévention psychosociale et développementale, notamment Life Skills Training, Unplugged et Good Behavior Game, peuvent réduire l’ivresse et la consommation excessive d’alcool.

  • En 1991, Botvin a observé, six ans après le programme suivi en 1984, une réduction de 66 % de l’usage du tabac, de l’alcool et de la marijuana par rapport au groupe témoin chez les élèves ayant suivi au moins 60 % du programme.

  • Unplugged vise les collégiens de 12 à 14 ans par 12 séances animées par l’enseignant, en développant les CPS et en corrigeant les normes sociales relatives aux drogues ; son évaluation française rapporte un effet protecteur sur l’expérimentation et la consommation récente de cigarettes et de cannabis, ainsi que sur les conduites d’ivresse.

  • Une revue systématique de 53 programmes rapporte une baisse des comportements violents de 15 % tous âges confondus et de 29 % chez les enfants d’écoles secondaires. - Hahn et collègues

  • La synthèse de Kirby et collègues de 2007, portant sur 83 évaluations, indique que deux tiers des programmes ont amélioré au moins un comportement de prise de risque sexuel ; l’usage du préservatif a augmenté dans 26 études, sans effet dans 28, et aucune étude n’a observé de baisse.

Compléments

📌 Pour prévenir l’entrée dans le tabagisme, les programmes fondés sur les compétences sociales, seuls ou associés à une approche d’influence sociale, se sont révélés plus efficaces que d’autres programmes.

  • Le programme Life Skills Training enseigne notamment à résister à la pression sociale, à gérer l’anxiété, à communiquer et construire des relations, à affirmer ses choix et à prendre des décisions, avec peu d’informations sur les produits hormis leurs effets à court terme et les prévalences réelles de consommation.

  • 🔄 La prise de décision suit trois étapes :

    1. clarifier la décision à prendre
    2. considérer les alternatives possibles et leurs conséquences
    3. choisir la meilleure alternative
  • Les programmes efficaces : s’appuient sur les théories de l’apprentissage social, transmettent des informations précises sur les risques et les moyens de protection, abordent les influences sociales ou médiatiques, font pratiquer la communication et la négociation

  • La revue de Mason-Jones et collègues portant sur huit études n’a pas mis en évidence d’impact mesurable des programmes d’éducation sexuelle sur les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses, notamment en raison du manque de puissance statistique pour mesurer ces événements rares. - Mason-Jones et ses collègues

10. Effets scolaires et efficacité des CPS

★ À maîtriser

  • La méta-analyse de Durlak et al. (2011), fondée sur 213 études et 270 034 élèves, associe les programmes socio-émotionnels scolaires à une amélioration de l’estime de soi, des relations avec les pairs et les enseignants et des résultats scolaires, ainsi qu’à une baisse du stress, de l’anxiété, de la dépression, des violences et du harcèlement.

📌 Les effets des programmes CPS ne sont pas systématiques et peuvent dépendre de leur conception, de leur mise en œuvre et de leur évaluation.

  • La formation des intervenants est cruciale pour l’implantation des programmes CPS en milieu scolaire.

📌 L’adaptation d’un programme CPS au contexte peut réduire sa fidélité au programme d’origine sans nécessairement diminuer son efficacité, si l’intervenant est suffisamment formé aux mécanismes de développement des CPS.

  • Les programmes CPS évalués sont plus efficaces dans leur pays d’origine, notamment parce que l’adaptation culturelle favorise l’adhésion des intervenants et l’acceptabilité par les participants.

Compléments

  • Dans la méta-analyse de Durlak et al. (2011), les programmes les plus efficaces sont interactifs, utilisent des jeux de rôle et proposent des activités structurées orientées vers des objectifs précis.

  • Une méta-analyse de 82 études portant sur 97 406 participants constate que les effets positifs des programmes d’apprentissage socio-émotionnel restent observables de six mois à quatre ans après l’intervention.

  • Le programme de prévention du tabagisme du centre Hutchinson, malgré 65 leçons, un suivi de quinze ans et moins de 7 % de perdus de vue, n’a pas réduit le tabagisme par rapport aux zones témoins.

  • Sur 906 études contrôlées recensées dans 67 revues de littérature jusqu’en 2013, 41 % des interventions étaient jugées prêtes à être disséminées, 15 % ne devaient pas être reproduites en raison de leur caractère potentiellement iatrogène et 44 % devaient rester réservées à la recherche. - Amato et collègues

  • L’implantation d’un programme CPS dans un autre pays peut réduire son efficacité en raison d’une formation plus courte des intervenants, d’une préparation moindre des terrains et de l’absence de supervision des professionnels.

  • La méta-analyse de Taylor et al. (2017) indique que l’importance des effets mesurés après le programme prédit leur maintien dans la durée.

  • Les programmes CPS scolaires peuvent produire des effets positifs et durables sur le bien-être et la santé mentale, le climat scolaire et les résultats scolaires, avec des effets modérés à élevés.

📌 Les programmes CPS proviennent de champs variés, dont la réussite scolaire, la prévention des addictions, la santé mentale, la santé sexuelle et la prévention de la violence, tandis que Catalano et Hawkins proposent de les réunir dans un champ de développement positif des jeunes incluant la prévention des risques.

  • Le développement d’un champ unifié de promotion du développement positif des jeunes se heurte à l’absence de critères et d’instruments d’évaluation consensuels.

Astuce mémo

Adaptation culturelle → adhésion et acceptabilité → efficacité

11. Efficience des programmes CPS

★ À maîtriser

  • Le programme de prévention scolaire Safer Choices, consacré au VIH, aux autres infections sexuellement transmissibles et aux grossesses chez les élèves du secondaire, rapporte un retour sur investissement de 2,65 dollars par dollar investi, selon Wang et collègues.

  • Le programme Life Skills Training de Botvin, destiné à prévenir la toxicomanie et la violence chez les élèves du secondaire, rapporte un retour sur investissement de 13,49 dollars par dollar investi.

  • Une étude de la London School of Economics menée en 2011 estime qu’un programme scolaire de type PATHS, coûtant 132 livres sterling par enfant et par an, rapporte 10 032 livres sterling par enfant sur dix ans.

📌 Des programmes CPS bien conçus, bien mis en œuvre et bien évalués ou suivis peuvent soutenir le développement personnel et social des jeunes et présenter un rapport coût-bénéfice intéressant pour la santé publique, mais leur efficacité doit être vérifiée programme par programme.

Compléments

  • Le programme Clés pour l’adolescence, consacré au développement des CPS et à la prévention des comportements à risque chez les enfants, rapporte un retour sur investissement de 63,32 dollars par dollar investi.

  • Le programme Good Behavior Game, destiné à apaiser le climat scolaire et à favoriser les comportements prosociaux, rapporte un retour de 62,80 dollars par dollar investi.

  • Dans un essai contrôlé non randomisé portant sur 182 enfants suivis de 1980 à 2011, une intervention en école primaire auprès des première et deuxième générations était associée à des bénéfices pour la troisième génération, non bénéficiaire de l’intervention, concernant le comportement en classe, les performances scolaires et le risque d’addiction à l’alcool, au tabac et au cannabis. - JAMA Pediatrics

12. Facteurs communs des interventions CPS

Notions clés & Définitions

  • Programmes CPS probants : Cycles structurés d’ateliers psychoéducatifs en groupe qui développent les compétences sociales, cognitives et émotionnelles par des activités interactives et expérientielles, avec un apport de connaissances fondées sur les données probantes.
  • Qualité de l’implantation : Fidélité au contenu et au format, qualité de réalisation par les intervenants, ainsi qu’adhésion et réceptivité des participants.

★ À maîtriser

📌 Au sens restrictif, une intervention CPS probante est une intervention dont l’efficacité a été démontrée par des recherches évaluatives expérimentales, tandis qu’une intervention fondée sur les données probantes mobilise aussi l’expertise des professionnels et l’expérience des bénéficiaires.

📌 Pour être qualifiée de probante au sens restrictif, une intervention doit être formalisée et réplicable, avoir une efficacité démontrée par un protocole rigoureux, porter sur une dimension ou un déterminant clé de santé et avoir été répliquée dans au moins une autre recherche évaluative.

  • Elle intègre trois sources de connaissances :

    • les connaissances scientifiques pertinentes
    • les connaissances expérientielles des professionnels
    • les connaissances expérientielles du public bénéficiaire
  • La pratique CPS SAFE associe une intervention séquencée, active, focalisée sur les compétences clés et explicite quant aux compétences enseignées.

  • Une implantation de qualité exige une formation des intervenants, un accompagnement durant toute l’intervention, des formateurs et superviseurs qualifiés, ainsi qu’une équipe CPS représentant les parties prenantes pour porter le projet et les CPS dans le milieu.

  • Six facteurs complémentaires sont associés à l’efficacité :

    • des contenus fondés sur les connaissances scientifiques actuelles
    • des ateliers intensifs qui s’inscrivent dans la durée
    • des supports formels pour structurer les ateliers
    • une pédagogie positive et expérientielle
    • des pratiques CPS informelles au quotidien
    • un environnement éducatif soutenant

Compléments

📌 Une intervention fondée sur les données probantes peut soit transférer un programme CPS déjà évalué aux modalités prédéfinies, soit mobiliser des connaissances scientifiques et expérientielles pour construire une nouvelle intervention qui devra être évaluée.

  • Pour produire des effets à court terme sur des dimensions spécifiques comme les symptômes anxieux, les programmes CPS nécessitent au minimum 8 à 10 séances, avec des séances de renforcement quelques semaines après.

  • Pour obtenir des effets durables et plus vastes, les interventions CPS doivent dépasser 10 à 20 heures par an et s’étaler sur plusieurs années.

  • Les pratiques CPS informelles répétées à l’école, à la maison et dans la communauté complètent les ateliers formels et contribuent au développement des CPS des enfants et des jeunes.

  • Un environnement éducatif soutenant associe les parties prenantes, mobilise parents et professionnels et favorise un climat scolaire positif, coopératif et chaleureux, cohérent avec les CPS.

Astuce mémo

SAFE : Séquencée, Active, Focalisée, Explicite

13. Modélisation et évaluation théorique

Notions clés & Définitions

  • Évaluation : Contandriopolos et al., 2001 - L’évaluation consiste à porter un jugement de valeur sur une intervention en produisant des informations scientifiquement valides et socialement légitimes afin que les acteurs concernés puissent prendre position et traduire leur jugement en actions.
  • Modélisation : Représentation schématique et dynamique d’une intervention CPS qui décrit ses composantes et les liens entre elles à partir des connaissances scientifiques et expérientielles disponibles.
  • Évaluation théorique : L’évaluation théorique analyse la pertinence et le bien-fondé de la modélisation d’une intervention à partir des connaissances scientifiques, théoriques, expérientielles et contextuelles disponibles, sans recueillir de nouvelles données.
  • Intervention : Selon Champagne et collaborateurs, une intervention est un ensemble d’activités organisées dans un contexte et à un moment spécifiques pour produire des biens ou des services afin de modifier une situation problématique.

★ À maîtriser

📌 L’évaluation normative compare des observations à des normes, tandis que la recherche évaluative s’appuie sur une démarche scientifique.

📌 Les évaluations de recherche produisent des connaissances fiables sur les liens entre les dimensions de l’intervention, tandis que les évaluations de terrain servent principalement à suivre et améliorer l’action.

  • En phase de conception, l’évaluation porte notamment sur la modélisation théorique ; en phase de développement, elle comprend des études pilotes et des évaluations de processus ou d’efficacité ; en phase de déploiement, elle comprend des évaluations de processus, de mise en œuvre, de résultat et d’efficacité.

  • La modélisation d’une intervention CPS intègre le modèle causal, le modèle opérationnel et le modèle logique théorique, qui analyse le cheminement entre les modèles causal et opérationnel et les effets attendus. - Champagne, 147

  • Une intervention CPS comprend un environnement, une situation problématique affectant une population et causée par des déterminants, ainsi qu’un processus d’activités mobilisant des ressources et des acteurs pour fournir des biens ou services aux bénéficiaires.

📌 L’objectif général de santé porte sur le problème de santé à prévenir ou l’état de santé visé, l’objectif spécifique sur les déterminants à modifier et l’objectif opérationnel sur les biens et services à produire.

Compléments

  • Les évaluations de terrain peuvent poursuivre un objectif stratégique de planification, formatif de transformation ou sommatif de décision sur la suite de l’action.

Astuce mémo

Modèle causal → modèle opérationnel → effets attendus.

14. Suivi des résultats et indicateurs

Notions clés & Définitions

  • Étude pilote : Une étude pilote estime, avant le déploiement général, l’adéquation du contenu et de la forme de l’intervention et de ses supports aux besoins, perceptions et contextes des intervenants et bénéficiaires.
  • Essai contrôlé randomisé : L’essai contrôlé randomisé compare un groupe bénéficiant de l’intervention à un groupe contrôle qui ne la reçoit pas, après répartition aléatoire des individus entre les groupes.

★ À maîtriser

📌 L’évaluation quantitative de mise en œuvre quantifie les biens et services proposés et utilisés puis compare le réalisé au planifié pour mesurer l’atteinte des objectifs opérationnels.

  • L’évaluation qualitative de mise en œuvre, réalisée après l’intervention, décrit les perceptions, l’adhésion, la satisfaction, les freins et les leviers des parties prenantes afin de dégager des pistes d’amélioration.

  • L’évaluation de résultat par suivi d’indicateurs mesure l’évolution des déterminants visés afin de vérifier l’atteinte des objectifs spécifiques de santé.

  • Un objectif spécifique mesurable précise :

    • un verbe d’action
    • une population définie
    • un facteur à changer
    • une valeur à obtenir
    • une date d’échéance
  • Le suivi d’indicateurs nécessite au minimum trois temps de mesure : avant, pendant et après l’intervention CPS.

📌 Le suivi d’indicateurs peut constater une évolution des déterminants, mais ne démontre pas que cette évolution est causée par l’intervention CPS.

  • Une comparaison avant-après ou entre lieux avec et sans intervention, sans mesures répétées ni groupe contrôle, ne permet pas d’attribuer clairement les différences observées à l’intervention.

  • Quand la randomisation des grappes est impossible, une recherche quasi expérimentale compare avant et après l’intervention un groupe intervention et un groupe contrôle aux caractéristiques aussi semblables que possible, mesurés aux mêmes moments.

Compléments

  • Les études pilotes utilisent le plus souvent des méthodes qualitatives, notamment des groupes de discussion et des entretiens individuels, et peuvent aussi évaluer des éléments quantitatifs.

📌 Un indicateur fidèle fournit des résultats stables lorsque les conditions de mesure restent inchangées, tandis qu’un indicateur valide mesure effectivement l’objet qu’il est censé observer.

  • La randomisation répartit aléatoirement les facteurs connus ou inconnus susceptibles d’influencer l’effet de l’intervention entre les groupes de l’étude.

📌 Lorsque des groupes déjà constitués, comme des classes, reçoivent l’intervention, la randomisation porte sur les groupes et constitue un essai randomisé par grappes ou par clusters.

  • Les évaluations d’efficacité sont de préférence réalisées par un organisme distinct de celui qui conduit l’intervention CPS.

  • Avant une évaluation d’efficacité, il faut décrire précisément l’intervention, analyser ses fondements théoriques et vérifier la faisabilité et l’acceptabilité de ses supports et activités.

Astuce mémo

Avant, pendant, après : trois temps minimum pour suivre l’évolution.

15. Évaluations de processus

Notions clés & Définitions

  • Évaluation de processus : UK Medical Research Council - Étude qui vise à comprendre le fonctionnement d’une intervention en examinant sa mise en œuvre, ses mécanismes d’impact et ses facteurs contextuels.
  • Protocole d’évaluation : Document de référence qui décrit et structure les composantes techniques et organisationnelles de l’évaluation afin d’en garantir la qualité, le bon déroulement et la possibilité de reproduire l’étude.

★ À maîtriser

📌 L’évaluation d’efficacité étudie les effets de l’intervention CPS, tandis que l’évaluation de processus examine l’intervention elle-même.

  • L’évaluation de processus peut étudier quatre dimensions de la mise en œuvre : la fidélité, la dose délivrée, les adaptations au contexte et l’atteinte de la cible.

  • Le contexte comprend tout ce qui est externe à l’intervention et peut faciliter ou faire obstacle à sa mise en œuvre, à ses mécanismes ou à ses effets.

📌 Selon le guide du UK Medical Research Council, une évaluation d’efficacité devrait toujours être associée à une évaluation de processus afin d’examiner notamment l’activation des mécanismes, la fidélité, la dose reçue et l’atteinte de la population cible.

📌 Toute évaluation doit être élaborée et planifiée avant l’intervention CPS afin d’en permettre la bonne réalisation et d’assurer la fiabilité des données produites.

  • Le protocole définit les acteurs et les objectifs de l’évaluation, le type d’évaluation, la population visée par la généralisation des résultats, l’échantillon et ses caractéristiques, les indicateurs, la nature des données, les temps, lieux et méthodes de recueil, les analyses, les aspects éthiques et légaux pertinents et les livrables.

  • Les indicateurs d’évaluation se répartissent en trois catégories :

    • Les indicateurs d’efficacité finaux portant sur le problème ou l’état de santé visé
    • Les indicateurs d’efficacité intermédiaires portant sur les facteurs de risque et de protection associés
    • Les indicateurs de processus portant sur les dimensions de l’intervention et le contexte d’implantation

Compléments

  • Les mesures répétées du déterminant visé, réalisées plusieurs fois avant, pendant et après l’intervention CPS, permettent d’étudier le lien entre l’évolution de l’indicateur et l’intervention au moyen d’analyses statistiques complexes.

  • Les mécanismes intermédiaires décrits dans le modèle théorique expliquent comment les activités de l’intervention produisent les effets attendus et aident à comprendre comment ces effets pourraient être reproduits par des interventions similaires.

  • Caria et collaborateurs montrent que, 15 mois après la fin du programme Unplugged, ses effets bénéfiques sur la prévention de la consommation d’alcool sont plus importants chez les collégiens de contexte socio-économique faible que chez ceux de contextes moyen ou élevé.

  • Si des effets bénéfiques sont observés sans activation des mécanismes d’impact attendus, le modèle théorique de l’intervention n’est pas validé et est probablement à revoir.

  • Le protocole d’évaluation comporte une description succincte et objective de l’intervention évaluée ainsi qu’une description de toutes les composantes de l’étude évaluative.

  • L’ajustement et la mise en place du protocole comprennent la négociation avec les acteurs, la planification du recueil, sa surveillance continue et la mise en œuvre rapide de mesures correctives en cas d’incident.

  • L’analyse des données et la communication des résultats constituent les dernières étapes de l’évaluation, après lesquelles une première restitution est organisée avec les responsables de l’intervention, puis les résultats sont présentés aux comités de pilotage et aux autres parties prenantes.

16. Programmes CPS évalués

★ À maîtriser

  • Unplugged est un programme scolaire de prévention des addictions destiné aux adolescents de 12 à 14 ans, composé de 12 séances et fondé sur l’influence sociale globale et le développement des compétences psychosociales.

  • Unplugged traite principalement de trois substances :

    • Le tabac
    • L’alcool
    • Le cannabis
  • Le Good Behavior Game est un programme de prévention universelle destiné aux classes élémentaires du CP au CM2, qui propose aux enseignants une stratégie de gestion des comportements visant à apaiser le climat scolaire.

  • Le Good Behavior Game repose sur quatre éléments :

    • Les règles de la classe
    • L’appartenance à une équipe
    • L’observation active du comportement
    • Le renforcement positif
  • Le Prodas, programme de développement affectif et social, a été développé aux États-Unis en 1972 par Uvaldo Palomares, Harold Bessell et Geraldine Ball, puis traduit en français en 1987 sans adaptation.

  • Le Prodas aide les enfants et les adolescents à se comprendre et à se respecter eux-mêmes, puis à comprendre et respecter les autres, notamment grâce à des groupes de parole sur la reconnaissance des émotions et le partage de vécus.

  • Dans un cercle de parole Prodas, l’animateur présente le thème et le fait reformuler, peut partager une expérience personnelle, puis laisse chaque enfant s’exprimer s’il le souhaite avant un temps d’intégration cognitive et un retour sur l’atelier.

📌 Les règles des cercles de parole sont verbalisées à chaque séance afin que les enfants les intègrent et puissent appliquer les principes d’une communication efficace dans leur vie quotidienne.

  • La posture de l’animateur repose principalement sur :
    • l’écoute active
    • l’empathie
    • la reformulation
    • la clarification
    • les questions ouvertes
    • une attitude positive et chaleureuse

Compléments

  • Une évaluation internationale d’Unplugged portant sur 7 000 élèves de 143 écoles a observé une efficacité à court et à long terme, jusqu’à 15 mois après l’intervention.

  • Dans l’évaluation internationale d’Unplugged, trois mois après l’intervention, la probabilité de fumer quotidiennement et de consommer beaucoup d’alcool, défini par au moins trois épisodes d’ivresse au cours des 30 derniers jours, a diminué de 30 %, et celle de consommer du cannabis au moins une fois au cours des 30 derniers jours a diminué de 23 % par rapport au groupe sans intervention.

  • Dans l’évaluation française d’Unplugged menée dans la région d’Orléans, la réduction du risque d’entrée dans les consommations trois mois après l’intervention était de 45 % pour le tabac, de 70 % pour le cannabis et de 79 % pour les épisodes d’ivresse alcoolique, par rapport au groupe contrôle.

  • Lecrique recommande de mesurer la fidélité de mise en œuvre d’Unplugged, notamment le nombre de séances délivrées et le nombre de classes ayant suivi les 12 séances complètes.

📌 Au Good Behavior Game, les équipes gagnent si elles ont enfreint les règles moins de cinq fois, et toutes les équipes peuvent gagner.

  • Le Good Behavior Game a montré des effets à long terme sur des conduites à risque et la santé mentale, avec une étude rapportant des effets jusqu’à l’âge adulte, 14 ans après le programme.

  • Le Good Behavior Game est associé à un retour sur investissement de 62.80 USD62.80\ \text{USD} économisés pour 1 USD1\ \text{USD} investi.

Astuce mémo

Cercle de parole → intégration cognitive → retour sur l’atelier

17. Programmes de prévention et d’accompagnement

★ À maîtriser

  • Mission Papillagou s’adresse aux jeunes de 10 à 15 ans et vise à prévenir les conduites et consommations à risques par le développement des compétences psychosociales.

  • Le programme Strong propose 6 à 9 ateliers de classe pour développer les compétences psychosociales, la résilience, la construction identitaire et l’estime de soi des collégiens, dans une approche mobilisant aussi l’établissement, les parents et l’environnement social.

  • Le Programme de soutien aux familles et à la parentalité (PSFP) 6-11 ans associe développement des compétences psychosociales des enfants, renforcement des compétences parentales et amélioration des relations familiales.

  • Le projet Sentinelles et Référents, développé en Auvergne-Rhône-Alpes en 2013, forme des élèves et des adultes à repérer le harcèlement et à agir, notamment par l’écoute active, l’empathie et la résolution de problèmes.

  • La Garantie Jeunes s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans sans emploi ni formation et en situation de grande précarité sociale, en proposant un accompagnement global vers l’emploi ou la formation et une garantie de revenu.

Compléments

  • Mission Papillagou comprend trois séances de trois heures consacrées respectivement aux comportements à risques, à la coopération, puis à la confiance et à l’affirmation de soi.

  • L’évaluation de Mission Papillagou a montré une progression significative du bien-être et de l’estime de soi, notamment physique, ainsi que des déclarations moins fréquentes de troubles du sommeil, de sentiments dépressifs, d’impuissance, de rumeurs et d’insultes chez les élèves bénéficiaires par rapport au groupe contrôle. - Moulier et al., 2019

  • Dans l’évaluation de Mission Papillagou, 57 % des élèves du groupe expérimental ne souhaitaient plus expérimenter la cigarette électronique après le programme, contre 12 % du groupe contrôle. - Moulier et al., 2019

  • L’évaluation de Strong menée dans cinq pays auprès de 3 016 élèves a rapporté moins de harcèlement et d’anxiété scolaire ainsi qu’une hausse des comportements de résolution de problèmes, sans modification de la perception générale du climat scolaire.

  • Le PSFP 6-11 ans comprend 14 ateliers hebdomadaires de deux heures : les parents et les enfants travaillent séparément pendant la première heure, puis se retrouvent pour une séance en famille pendant la deuxième heure.

  • L’évaluation française du PSFP menée entre 2017 et 2019 a rapporté des effets à un mois sur les troubles du comportement, l’hyperactivité et le bien-être des enfants, ainsi que sur l’engagement parental et la santé mentale des parents ; les effets sur les troubles du comportement et le bien-être de l’enfant se maintenaient à six mois. - Santé publique France

  • Le programme « En santé à l’école » a proposé six modalités d’accompagnement des enseignants du premier degré pour développer les compétences psychosociales des élèves, notamment ceux du cycle 3.

  • Dans le projet Sentinelles et Référents, le fait d’être sentinelle peut réduire les conduites agressives des élèves en maintenant la cohérence entre leurs attitudes et leurs comportements.

  • Pour la première cohorte de la Garantie Jeunes, 16 mois après l’entrée dans le dispositif, le taux d’emploi total était supérieur de 7,1 points de pourcentage et le taux d’emploi durable de 6,4 points, tandis que les résultats de la deuxième cohorte ne confirmaient pas ces effets significatifs. - Jérôme Gautié, Rapport d’évaluation rédigé par le conseil scientifique chargé de l’évaluation, 2018

18. Score de l’échelle pour enfants

★ À maîtriser

  • Dans l’échelle destinée aux adolescents, le score de compétence sociale est la moyenne des items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19 et 21.

  • Dans l’échelle destinée aux adolescents, le score de compétence émotionnelle est la moyenne des items 4, 8, 12, 16 et 20.

  • Dans l’échelle destinée aux adolescents, le score de compétence cognitive est la moyenne des items 2, 6, 10, 14 et 18.

  • Le score de résolution des conflits correspond à la moyenne des items 1, 8, 16 et 23.

  • Le score de savoir demander de l’aide correspond à la moyenne des items 6, 13, 21 et 28.

  • Le score d’aide aux autres correspond à la moyenne des items 3, 11, 18 et 26.

  • Le score de régulation émotionnelle correspond à la moyenne des items 5, 10, 15, 20, 25 et 30.

  • Le score de capacité à atteindre ses buts correspond à la moyenne des items 2, 9, 17, 22 et 24.

  • L’échelle destinée aux adolescents, utilisée par Santé publique France dans l’enquête EnCLASS (2018), propose cinq réponses : toujours, souvent, parfois, presque jamais et jamais.

  • L’échelle pour adolescents présente des items de compétences cognitives, émotionnelles et sociales.

  • L’échelle de mesure des CPS pour adolescents n’a pas encore été validée par des études métrologiques.

Compléments

  • L’échelle de mesure des compétences psychosociales pour adolescents présentée dans la zone comprend 21 items évalués selon une fréquence allant de 1 (jamais) à 5 (toujours). - R. Shankland, D. Tessier et al., in prep.

  • L’échelle de compétences psychosociales à l’école présentée dans la zone s’adresse aux enfants de 9 à 13 ans et vise à mesurer les compétences mobilisées dans le cadre scolaire. - D. Tessier, J. Masson, C. Simar, J. Pironom, in prep.

📌 Le score de stratégies d’apprentissage correspond à la moyenne des items 4, 12 et 26.

📌 Le score de persévérance, également désignée comme absence de persévérance, correspond à la moyenne des items 7, 14, 19 et 29.

  • La validité de construit est rapportée par χ² (179) = 3792, p<.01, CFI = 0.95, TLI = 0.95 et RMSEA = 0.03.

Tableaux de synthèse

Évaluation selon la phase d’intervention

PhaseÉvaluations principales
ConceptionModélisation et évaluation théorique
DéveloppementÉtudes pilotes, processus et efficacité expérimentale
DéploiementProcessus, mise en œuvre, résultats et efficacité

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Compétences psychosociales et histoire avec 70 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel objectif le renforcement des aptitudes indispensables à la vie poursuit-il dans la Charte d’Ottawa de 1986 ?

2. Quelle place occupe le renforcement des compétences psychosociales parmi les axes de la promotion de la santé ?

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Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Compétences psychosociales et histoire avec 95 flashcards interactives.

Dans la Charte d’Ottawa de 1986, que présente l’OMS comme moyen de favoriser la santé globale et le bien-être ?

Le renforcement des aptitudes indispensables à la vie.

Quels sont les cinq axes stratégiques de la promotion de la santé ?

Le renforcement des aptitudes individuelles, les politiques favorables à la santé, les environnements favorables, l’action communautaire et la réorientation des services de santé.

Quels effets le renforcement des compétences psychosociales peut-il produire en interaction avec des milieux soutenants ?

Il peut développer les capacités de choix, l’autonomisation et le pouvoir d’agir, et contribuer à la santé et au bien-être.

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