★ À maîtriser
Une dissertation doit répondre à une problématique claire par un plan cohérent, sans transformer le sujet ni réciter des connaissances qui ne répondent pas à la question.
La problématique doit être une question courte, formulée clairement et contenant le mot-clé central du sujet ainsi que des termes définis auparavant.
Dans une réponse de GEPC, chaque paragraphe développe une seule idée, l’explique avec un ou deux exemples et la relie à la question posée.
La préparation universitaire repose sur un travail régulier, l’apprentissage du cours, son enrichissement par l’actualité et l’histoire politique, ainsi que la lecture de manuels et d’un lexique de science politique.
Les travaux dirigés servent à s’entraîner aux exercices et aux techniques du partiel ; le cours magistral fournit les connaissances à mobiliser.
L’introduction d’une dissertation comprend une accroche reliée au sujet, la définition sélective de ses termes, l’exposé de ses enjeux et de son contexte, une problématique interrogative, puis l’annonce justifiée du plan.
Compléments
📌 Une transition est un paragraphe qui explique le lien logique entre deux parties, plutôt qu’une simple annonce de la partie suivante.
📌 Dans une dissertation, le développement comporte traditionnellement deux parties et deux sous-parties, mais le plan doit s’adapter au sujet ; le cours déconseille une conclusion si la réponse a déjà été apportée.
Le cours magistral hiérarchise les notions et établit des liens, tandis que les manuels complètent ses lacunes et fournissent une base factuelle pour les cours et les travaux dirigés.
Le partiel de dissertation dure 3 heures et sa gestion du temps doit être préparée par un entraînement en conditions d’examen.
L’épreuve de GEPC dure 1 h 30, comporte quatre questions et prévoit environ 22 minutes par question.
★ À maîtriser
📌 Le politique désigne la dimension de la vie collective liée à son organisation, à la régulation des conflits et à la production de décisions communes.
Les acteurs de la politique comprennent :
Politics désigne la compétition et les conflits autour de la conquête, de l’exercice et de l’influence du pouvoir politique.
Polity désigne les institutions, les règles et les structures qui organisent le pouvoir et encadrent la compétition politique.
Policies désigne les programmes et interventions des pouvoirs publics destinés à traiter des problèmes ou à atteindre des objectifs collectifs.
La dimension politique d’un phénomène varie selon le temps, l’espace et les sociétés ; les frontières du politique ne sont donc pas universelles ni définitivement fixées.
Compléments
Polity encadre politics, politics influence la production de policies, et les policies peuvent en retour transformer les rapports de pouvoir et les institutions.
La politisation construit socialement un problème en amenant des acteurs à définir une situation, désigner des responsables, faire reconnaître le problème et réclamer une intervention publique.
L’analyse d’une politique publique peut distinguer les étapes suivantes :
Politics est le jeu, polity son cadre, policies ses actions publiques.
★ À maîtriser
Chez Max Weber, l’individualisme méthodologique est lié à la sociologie compréhensive, qui cherche à comprendre le sens que les acteurs donnent à leurs actions.
Une recherche en sociologie politique : construit un objet, formule une problématique et des hypothèses, recueille des données avec une méthode, confronte les hypothèses aux observations, produit une explication ou une compréhension scientifique
Compléments
📌 Un paradigme constitue un cadre général d’analyse, une théorie explique plus précisément un phénomène et une méthode désigne les procédures de recueil et d’analyse des données.
Holisme : partir de la société ; individualisme méthodologique : partir des actions individuelles.
★ À maîtriser
Les phénomènes politiques peuvent combiner des facteurs :
Le holisme met en évidence les déterminations sociales, mais risque de minimiser la capacité d’action et la diversité des comportements individuels ; une position sociale ne détermine pas mécaniquement un comportement.
L’individualisme méthodologique risque de sous-estimer :
Les individus et les structures sociales sont interdépendants : les structures influencent les individus, qui contribuent par leurs pratiques et interactions à reproduire ou transformer ces structures.
Pierre Bourdieu articule les structures sociales et les pratiques individuelles au moyen des concepts d’habitus, de champ et de capitaux économique, culturel, social et symbolique.
Compléments
Structures et actions s’influencent mutuellement : les pratiques reproduisent ou transforment les structures.
★ À maîtriser
📌 Le numérique permet de traiter des volumes de données beaucoup plus importants, mais une grande quantité de données ne constitue pas automatiquement une bonne explication sociologique.
📌 Pour Merton, les propositions sociologiques doivent être assez générales pour servir dans plusieurs situations, mais assez précises pour être testées empiriquement.
Les entretiens permettent d’étudier les représentations, les expériences, les perceptions et les motivations des acteurs, donnant accès au sens subjectif de leurs actions.
Les méthodes quantitatives mesurent les relations entre variables et recherchent notamment des régularités statistiques au sein d’une population.
Pierre Clastres montre dans La Société contre l’État (1974) et « La question du pouvoir dans les sociétés primitives » (1976) que le pouvoir politique peut exister hors de l’État, notamment dans des sociétés amérindiennes d’Amérique du Sud.
Dans les sociétés étudiées par Clastres, le chef est un porte-parole et participe à la régulation collective, mais ne dispose pas d’une autorité coercitive séparée et supérieure à la société.
🔄 L’analyse sociologique exige de :
Compléments
Les enquêtes de terrain permettent d’observer directement les pratiques sociales et de comprendre les phénomènes dans leur contexte concret.
Les outils mobilisés en sociologie politique comprennent :
La sociologie américaine a accordé une place importante : à l’enquête empirique, aux méthodes quantitatives, aux sondages, aux statistiques, aux études de comportement, aux recherches à moyenne portée, à l’articulation entre théorie et enquête empirique
Robert K. Merton (1910-2003) est une figure majeure de la sociologie américaine.
Robert K. Merton critique les théories trop générales qui prétendent expliquer l’ensemble du fonctionnement de la société à partir d’un système théorique unique.
Les théories de moyenne portée rapprochent la théorie de la recherche empirique. - Merton
Une théorie de moyenne portée fait le pont entre hypothèses empiriques limitées et théorie générale
★ À maîtriser
L’évolution du pouvoir politique combine des ruptures et des continuités : ses formes de représentation et de légitimation changent, tandis que certaines caractéristiques du pouvoir politique demeurent.
Un désaccord avec un gouvernant ou ses décisions n’équivaut pas à contester la légitimité que son élection lui confère.
Le pouvoir politique est conditionnel et temporaire : il doit être conquis, conservé et peut prendre fin, notamment à l’échéance d’un mandat, contrairement au pouvoir parental lié à la filiation.
Pour Machiavel, le gouvernant doit adapter son comportement aux circonstances et aux exigences de conservation du pouvoir et de l’État ; cette idée est plus précise que la formule « la fin justifie les moyens ». - Le Prince
Machiavel juge qu’il est plus sûr d’être craint qu’aimé lorsque les deux ne peuvent être obtenus simultanément, mais que le gouvernant doit éviter d’être haï. - Le Prince
Harold Lasswell et Abraham Kaplan écrivent dans Power and Society (1950) que la science politique empirique étudie la formation et le partage du pouvoir.
Michel Foucault soutient que les relations de pouvoir s’enracinent dans le réseau social et que les institutions doivent être analysées à partir de ces relations, et non l’inverse. - « Le sujet et le pouvoir »
Dans les systèmes représentatifs contemporains, l’élection fonde la légitimité du pouvoir politique et contribue à légitimer les décisions des élus.
Selon Wolin (1960), il y a pouvoir dès lors que la nature de l’ordre social est en jeu, et le pouvoir politique contribue à garantir cet ordre.
Le pouvoir politique s’exerce sur l’ensemble de la société et concerne la collectivité politique dans son ensemble.
Le pouvoir politique concerne les sphères publique et privée, notamment parce que les lois encadrent les comportements individuels et collectifs.
Dans la conception de Max Weber, le pouvoir politique détient le monopole de la violence légitime, désigné en vocabulaire juridique comme la contrainte légale.
Dans Le Prince, écrit en 1513 et publié à titre posthume en 1532, Nicolas Machiavel analyse de manière pragmatique les modalités de prise et d’exercice du pouvoir plutôt que de classer les gouvernements selon leur valeur morale.
Machiavel estime que le gouvernant doit paraître doux, sincère, humain, honorable et religieux, car les gouvernés jugent largement selon ce qu’ils voient. - Le Prince
Compléments
La contestation de la légitimité politique peut se manifester par : les violences contre les élus, la non-participation électorale, la contestation de la légitimité des personnes élues, le refus de les reconnaître comme représentants de tous les citoyens
Des modalités envisagées pour associer davantage les citoyens à la décision politique sont :
★ À maîtriser
📌 La démocratie représentative rapproche le contrat social et le mandat, car les citoyens délèguent une partie de leur capacité de décision à des représentants sans perdre toute capacité politique.
📌 Les ressources du pouvoir, comme l’information ou l’argent, peuvent parfois être objectivées et quantifiées, mais cette mesure ne quantifie pas le pouvoir lui-même, notamment dans ses dimensions institutionnelle et relationnelle.
Dans Le Léviathan, publié en 1651, Thomas Hobbes présente positivement le pouvoir politique parce qu’il doit protéger les individus et maintenir l’ordre social.
Dans la conception transactionnelle de Parsons, le pouvoir peut circuler, s’échanger et se répartir entre gouvernants ou entre gouvernants et gouvernés. - Talcott Parsons
Compléments
Talcott Parsons, sociologue américain du XXe siècle, conçoit le pouvoir comme une somme divisible et comparable à une quantité de monnaie.
Une conception purement quantitative du pouvoir néglige sa dimension symbolique et la complexité des relations politiques.
Hobbes protège par le souverain ; Parsons fait circuler le pouvoir entre acteurs.
★ À maîtriser
📌 L’école élitiste définit le pouvoir par la position sociale et sa concentration dans une élite restreinte, tandis que l’école pluraliste le considère comme diffus, divisé et variable entre plusieurs acteurs.
Dans Who Governs? Democracy and Power in an American City (1961), Robert Dahl étudie qui gouverne réellement New Haven et conclut que le maire détient davantage de pouvoir parce qu’il est présent auprès des différentes élites et exerce une influence sur plusieurs domaines.
Marx et Engels définissent le pouvoir politique comme « le pouvoir organisé d'une classe en vue de l'oppression d'une autre classe » dans le Manifeste du parti communiste (1848), l’État étant l’instrument de la classe dominante.
Selon Foucault, le pouvoir ne fait pas que réprimer : il produit des savoirs, des normes et des individus.
Compléments
📌 La dimension structuraliste est critiquée parce qu’elle est jugée trop politisée et parce qu’elle propose une vision figée du pouvoir, contrairement à l’approche pluraliste de Dahl.
Les références classiques de l’école élitiste sont C. Wright Mills, The Power Elite (1956), et Floyd Hunter, Community Power Structure (1953).
Dans La noblesse d'État (1989), Pierre Bourdieu relie le pouvoir à la domination et explique que les élites de l’État transmettent leurs avantages d’une génération à l’autre grâce au capital culturel et symbolique.
Les groupes sociaux distinguent trois types de comportements :
Michel Foucault étudie la folie dans Histoire de la folie à l'âge classique (1961), puis la norme et la discipline dans Surveiller et punir (1975) et Histoire de la sexualité I (1976).
La position élitiste concentre le pouvoir ; la perspective pluraliste le disperse.
★ À maîtriser
📌 L’élection désigne un représentant et légitime sa désignation, mais son rôle procédural ne consiste pas à mesurer la validité du scrutin selon le taux de participation.
La démocratie représentative est essentiellement procédurale : elle organise le choix des gouvernants ainsi que la séparation et la répartition des pouvoirs entre institutions.
Max Weber distingue trois types de domination légitime :
Compléments
📌 Une multiplication excessive des lois ou une loi jugée de mauvaise qualité peut diminuer leur acceptabilité et fragiliser la domination légale-rationnelle.
S. M. Lipset, dans Political Man. The Social Bases of Politics (1960), définit la légitimité d’un système politique par sa capacité à « engendrer et à maintenir la croyance que les institutions politiques actuelles sont les plus appropriées pour la société ».
L’ordre légal-rationnel comprend notamment :
En Italie, les citoyens peuvent supprimer une loi par référendum selon les procédures prévues.
Tradition, loi, charisme : trois fondements possibles de l’obéissance.
★ À maîtriser
La transformation contemporaine du pouvoir ne signifie pas nécessairement que l’État est devenu faible, mais qu’il est transformé et soumis à de nouvelles contraintes.
La décentralisation transfère des compétences à des personnes morales de droit public, notamment aux collectivités territoriales, tandis que la déconcentration maintient les compétences au sein de l’État malgré sa présence locale.
À Notre-Dame-des-Landes, les opposants ont contesté à la fois la décision de l’État et la capacité du référendum à produire une légitimité suffisante, tandis que les partisans du projet invoquaient la victoire du « oui ».
En Catalogne, les indépendantistes ont utilisé un référendum considéré comme inconstitutionnel par les autorités espagnoles pour contester l’État, alors que celui-ci estimait que le vote ne pouvait légalement permettre la sécession.
Le renforcement historique de la légitimité s’est accompagné du passage :
Depuis environ 20 à 30 ans, la crise de la représentation, la défiance et l’abstention contribuent à la remise en cause de la légitimité politique.
Le pouvoir politique est de plus en plus atomisé entre :
À Notre-Dame-des-Landes, l’État souhaitait construire un aéroport, mais les opposants ont résisté pendant plusieurs années en occupant le territoire, en bloquant une route départementale et en créant une zone à défendre (ZAD).
L’État a finalement abandonné le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, après que la domination légale-rationnelle et la légitimité démocratique n’ont pas permis d’imposer durablement sa décision.
Compléments
En 2020, 79 % des personnes interrogées avaient une opinion négative des institutions et des acteurs politiques, selon un sondage OpinionWay sur les institutions.
Le référendum de 2005 constitue un tournant : le « non » l’a emporté alors que le pouvoir politique souhaitait le « oui », ce qui a pu limiter sa capacité à obtenir une adhésion populaire.
La construction de l’État de droit limite l’État par la Constitution, la reconnaissance des droits et libertés individuels et la création d’institutions qui sanctionnent ses abus.
La décentralisation peut produire un « millefeuille territorial » où l’enchevêtrement des compétences rend l’action publique et l’identification du responsable moins lisibles.
Depuis les années 1980, l’État a créé des institutions de contrôle telles que le contrôleur des lieux de privation de liberté et la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique.
À Notre-Dame-des-Landes, certains opposants ont vécu près de huit ans dans la forêt, parfois dans des installations construites dans les arbres, pour éviter l’expulsion par les CRS.
Lors du référendum organisé sur le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le « oui » l’a emporté avec environ 55 % des voix.
Décentralisation → compétences dispersées et responsabilité publique moins lisible.
★ À maîtriser
Le rapprochement du pouvoir politique avec les citoyens correspond à une transformation de ses canaux et de ses formes, et non simplement à un abaissement du pouvoir.
Une règle juridiquement valable n’est pas nécessairement efficace si les citoyens ne l’acceptent pas, comme l’illustre la déclaration de Sophie Wilmès en faveur d’une règle plus souple à laquelle les citoyens adhèrent.
La coercition physique seule ne suffit pas à assurer durablement le pouvoir politique, qui doit également être légitimé pour être accepté.
La moralisation peut renforcer la légitimité du pouvoir tout en le fragilisant, car elle crée des attentes fondées sur des normes morales fluctuantes.
La logique moral-rationnelle ajoute des attentes de comportement et de justification à la domination légale-rationnelle, sans remplacer son fondement institutionnel.
Dans De l’Esprit des lois (1748), Montesquieu écrit : « Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir. »
Compléments
Les gouvernements cherchent à répondre aux attentes citoyennes par : les débats, la démocratie participative et délibérative, de nouveaux outils de consultation, de nouvelles formes de communication et de représentation, de nouveaux canaux médiatiques
Les études d’impact des lois, introduites notamment par la révision constitutionnelle de 2008, visent à contribuer à la légitimité et à l’amélioration de la qualité des lois.
Pendant la pandémie de COVID-19, 25 à 40 % des personnes pouvaient vouloir sortir malgré certaines restrictions, révélant une contestation potentiellement structurelle des mesures limitant les libertés individuelles.
Les médias deviennent des acteurs politiques à part entière, notamment lorsque les responsables utilisent les influenceurs, les réseaux sociaux ou YouTube pour communiquer directement avec les citoyens.
L’affaire de François de Rugy, alors président de l’Assemblée nationale, autour de ses dépenses et de repas comprenant du homard a suscité une réaction publique, bien que les comportements critiqués ne soient pas nécessairement illégaux.
La responsabilisation juridique peut concerner :
Pour obtenir le soutien des indépendantistes à la formation d’une coalition, Pedro Sánchez a accepté leur demande d’amnistie des personnes condamnées dans le cadre de la crise indépendantiste.
Le 11 octobre 2013 ont été adoptées une loi organique et une loi relatives à la transparence de la vie publique.
Légal ne signifie pas toujours moralement acceptable
★ À maîtriser
La représentation politique établit un lien entre le pouvoir et le système politique par la procédure électorale, en organisant la relation entre représentants et représentés.
La représentation-miroir désigne l’attente que les représentants ressemblent aux représentés ou donnent l’impression de leur ressembler, tandis que la conception initiale leur confiait plutôt la mission d’agir pour les représentés et dans leur intérêt.
Dans la démocratie représentative, les représentants élus disposent d’une marge de manœuvre à l’égard de leurs électeurs, ce qui exclut le mandat impératif.
Selon Hanna Pitkin, la représentation est construite autour de la relation entre représentants et représentés, relation également au cœur des critiques contemporaines de la représentation.
Compléments
Le Serment du Jeu de paume de Jacques-Louis David permet de penser ensemble la représentation politique et la séparation des pouvoirs, notamment parce que le pouvoir législatif est élu.
La représentation politique existe dès l’Antiquité, notamment à Athènes et à Rome, où l’exercice du pouvoir ne pouvait pas toujours réunir directement l’ensemble des citoyens.
Au Moyen Âge, les guildes illustrent une représentation spécialisée selon les classes sociales et les intérêts économiques.
Au Moyen Âge, l’Église a contribué au développement des modalités de désignation des représentants et des premières pratiques d’élections représentatives.
Les révolutions libérales ont inscrit dans les constitutions la séparation et la répartition des pouvoirs, mettant en œuvre des idées de représentation qui leur étaient antérieures.
Le développement du Parlement renforce la représentation politique, tandis que la représentation contribue en retour à renforcer le Parlement.
Église médiévale → constitutionnalisme → Parlement élu
★ À maîtriser
La démocratisation élargit le nombre de représentés auxquels les représentants doivent rendre des comptes, au-delà des seules élites qui disposaient auparavant du droit de vote.
La démocratisation renforce la représentation tout en pouvant en transformer profondément la nature, notamment lorsque les représentants doivent représenter une population différente des anciennes élites électrices.
Dans la relation de représentation, les représentés délèguent leur souveraineté au représentant, qui doit agir selon leur intérêt, tandis qu’ils peuvent aussi attendre qu’il leur ressemble et agisse comme ils l’auraient fait.
Hanna Pitkin distingue le « standing for », où le représentant ressemble aux représentés, de l’« acting for », où il agit en leur faveur. - The Concept of Representation, 1967
La représentation descriptive est liée à la ressemblance entre représentants et représentés, tandis que la représentation substantive est liée à l’action menée dans l’intérêt des représentés.
Le mandat impératif lie juridiquement le représentant aux instructions ou volontés des représentés, tandis que le mandat représentatif lui laisse une liberté dans l’exercice de sa fonction.
Dans un gouvernement représentatif, l’autonomie du représentant est nécessaire pour qu’il puisse exercer la capacité d’action qui lui a été déléguée ; il n’est pas un simple exécutant mécanique de la volonté des représentés.
En droit constitutionnel français, l’article 27 de la Constitution dispose que « Tout mandat impératif est nul » et que le vote des membres du Parlement est personnel.
Compléments
📌 La représentativité, entendue comme la ressemblance des représentants aux représentés, est un enjeu de la représentation politique parmi d’autres et ne suffit pas à la définir entièrement.
Au XIXe et au XXe siècles, la représentation politique peut désigner la représentation du fait politique, par exemple la représentation d’un événement comme l’affaire Dreyfus.
L’étude de la représentation politique porte notamment sur : l’organisation du pouvoir et le mandat, l’influence des modes de scrutin, la représentativité, la mise en scène théâtrale, la crise du lien entre représentants et représentés
Nadia Urbinati soutient qu’il n’existe pas, depuis l’apparition des démocraties contemporaines, d’alternative viable et équivalente à l’élection pour désigner les représentants. - Representative Democracy: Principles and Genealogy
Dans le mandat représentatif, l’élection donne à l’élu la légitimité nécessaire pour exercer au nom de la collectivité représentée une fonction politique autonome.
Standing for : ressembler ; acting for : agir pour.
★ À maîtriser
📌 Pour Bourdieu, la représentation est une construction symbolique qui peut instituer une relation de domination au bénéfice des représentants et au détriment des représentés. - Pierre Bourdieu, « La délégation et le fétichisme politique », 2001
Bourdieu formule que les représentants contribuent à élaborer les groupes qu’ils représentent, plutôt que les groupes se dotent simplement de représentants. - Pierre Bourdieu, « La délégation et le fétichisme politique », 2001
Chez Bourdieu, les représentants participent à la construction du groupe qu’ils présentent ensuite comme leur groupe de représentés.
Dans l’analyse de Bourdieu, l’élection participe à la création des représentés : les représentants désignent et font exister symboliquement un groupe, qui les institue en retour comme ses représentants. - Pierre Bourdieu, « La délégation et le fétichisme politique », 2001
Par l’élection et le travail symbolique du représentant, une relation est construite entre une personne et un groupe composé de représentés multiples, différents et absents de la scène politique.
Compléments
📌 Pour Bourdieu, l’opinion publique produite notamment par les sondages est un artefact : l’agrégation d’opinions individuelles construit une réalité présentée comme homogène. - Pierre Bourdieu
Pour Bourdieu, la représentation est une construction symbolique, mais son analyse déconstruit les mécanismes qui la rendent possible plutôt qu’elle ne théorise la crise de la représentation au sens strict.
Après son élection, un président de la République peut être présenté comme représentant de la collectivité politique dans son ensemble, sans être sociologiquement le représentant de chaque Français pris individuellement. - Pierre Bourdieu, « La délégation et le fétichisme politique », 2001
L’élection fait exister le représentant → le groupe représenté se constitue symboliquement.
★ À maîtriser
Le mandat impératif oblige le représentant à respecter les instructions et la volonté des représentés, tandis que le mandat représentatif repose sur l’autonomie du représentant.
La responsabilité juridique dépend des conditions prévues par le droit, tandis que la responsabilité politique s’exerce devant les représentés et l’opinion publique.
La responsiveness désigne la capacité des représentants à répondre aux attentes des représentés, tandis que l’accountability désigne le fait d’être redevable devant eux et de leur rendre des comptes.
L’article 27 de la Constitution française de 1958 dispose que « Tout mandat impératif est nul », consacrant juridiquement la logique du mandat représentatif.
Dans Du contrat social (1762), Rousseau critique la représentation parce que le peuple, présent lors du vote, n’intervient presque plus dans les décisions après l’élection.
L’élu conserve une autonomie juridique pendant son mandat, mais sa liberté politique est limitée par ses électeurs, son parti, son groupe parlementaire, les institutions, les médias et l’opinion publique.
Compléments
📌 La distinction classique associe le mandat impératif à la souveraineté populaire et le mandat représentatif à la souveraineté nationale.
Condorcet défend l’autonomie du représentant dans son Discours sur la députation : l’élu agit selon ce qu’il croit conforme aux intérêts du peuple, sans devoir reproduire ses opinions.
La France ne connaît pas de procédure générale permettant aux représentés de révoquer leurs représentants pendant leur mandat, contrairement aux États-Unis et au Royaume-Uni.
En septembre 2021, la procédure de recall visant le gouverneur californien Gavin Newsom exigeait des signatures représentant au moins 12 % des voix exprimées lors de l’élection précédente.
Lors du recall de Gavin Newsom en septembre 2021, 63,92 % des électeurs ont voté contre sa révocation et son mandat a été maintenu.
Depuis 1960, les procédures de recall visant des gouverneurs américains ont presque toujours échoué, à l’exception notable de 2003, où Arnold Schwarzenegger a été élu après la révocation de Gray Davis, gouverneur de Californie.
Juridiquement autonome, politiquement contraint.
★ À maîtriser
📌 Le standing for et l’acting for peuvent être complémentaires : un représentant peut ressembler aux représentés tout en agissant en leur nom.
📌 La représentation formelle concerne notamment le mandat et l’accountability, tandis que la représentation substantive concerne la présence politique des représentés et l’action en leur faveur.
Bernard Manin analyse empiriquement le gouvernement représentatif et ses transformations historiques dans Principes du gouvernement représentatif (1995).
Bernard Manin distingue quatre caractéristiques du gouvernement représentatif :
Bernard Manin distingue trois étapes historiques du gouvernement représentatif :
Compléments
📌 L’élection conserve une dimension aristocratique parce qu’elle sélectionne certains individus pour exercer le pouvoir et que les élus ne ressemblent pas nécessairement sociologiquement à la population. - Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, 1995
Le développement des sondages transforme l’indépendance des gouvernants en les incitant davantage à tenir compte des évolutions de l’opinion publique. - Bernard Manin, Principes du gouvernement représentatif, 1995
Dans la conception classique de l’élection, les électeurs choisissent une personne en laquelle ils ont confiance, tandis que le choix contemporain peut davantage se fonder sur le rejet des autres candidats.
La théâtralisation politique repose principalement sur :
Barack Obama s’exprimant devant les membres de la Chambre des représentants illustre une mise en scène où le représentant occupe une position centrale et dominante face à une assemblée qui l’écoute.
Lors d’un meeting de campagne en 2015, Justin Trudeau met en avant sa famille et ses enfants afin de se présenter comme un individu ordinaire partageant des expériences avec les citoyens.
La mise en scène de Manuel Valls avec des citoyens placés derrière lui rend visible la diversité de ses soutiens et soulève la question de leur représentativité.
En Espagne, en 2015, Podemos illustre une mise en scène où le représentant apparaît au milieu du peuple, sans costume formel ni cravate, plutôt qu’en position de surplomb.
Parlementarisme → démocratie des partis → démocratie du public.
★ À maîtriser
Pour Hanna Pitkin, les représentés demeurent essentiels : le représentant ne peut être réduit à une personnalité qui se met en scène.
L’exposition des caractéristiques personnelles des représentants tend à réduire la frontière entre la scène politique publique et les coulisses de leur vie privée.
Lorsque les coulisses deviennent elles-mêmes une scène publique, la représentation tend à devenir permanente et la distinction entre rôle politique et vie ordinaire s’affaiblit.
La personnalisation déplace la représentation de l’action au nom des représentés vers l’incarnation du groupe par la personne du représentant.
Compléments
À partir de 1994, Silvio Berlusconi en Italie est associé à la peopolisation de la politique, qui fait de la vie privée des responsables un élément de leur image publique.
L’exposition de la vie privée peut conduire les citoyens à constater un écart entre le comportement personnel des représentants et l’image publique qu’ils donnent d’eux-mêmes.
La dimension théâtrale de la vie politique est : omniprésente, inhérente à la représentation, publique, structurée par la frontière entre vie publique et vie privée, influencée par l’intérêt des représentés pour la vie privée des représentants
La conception classique du choix électoral suppose que l’électeur compare les programmes et choisit celui qui correspond le mieux à sa situation et à ses intérêts.
Depuis plusieurs décennies, les stratégies de campagne cherchent à susciter des émotions positives ou négatives et ne se limitent pas à présenter les programmes.
La personnalisation des campagnes met en avant le candidat, son apparence, sa force, sa virilité, sa capacité à susciter des émotions et parfois sa vie familiale, au détriment possible du parti et des représentés.
Les émotions négatives, comme la peur, peuvent être plus faciles à mobiliser que des émotions positives comme la sécurité ou l’empathie.
La peopolisation rapproche les responsables politiques des célébrités et peut reléguer au second plan leur carrière politique, leurs compétences et leur rapport aux institutions.
En 2016, la campagne républicaine contre Hillary Clinton la présente comme calculatrice et manipulatrice, notamment au moyen d’images et de couleurs sombres comme le noir et le rouge.
Donald Trump, devenu président des États-Unis en 2016, illustre l’accès au pouvoir d’une personnalité sans carrière politique institutionnelle classique.
Emmanuel Macron lance son mouvement politique en 2016 avant de devenir président en 2017.
Les coulisses exposées deviennent scène publique → la représentation se personnalise
★ À maîtriser
Dans une conception procédurale de la démocratie, l’élection régulière légitime traditionnellement le représentant, mais elle ne suffit plus nécessairement à établir sa représentativité.
Les critiques de la représentation existent depuis l’apparition de la représentation politique moderne et accompagnent le gouvernement représentatif plutôt que de caractériser uniquement l’époque contemporaine.
Compléments
Les phénomènes interprétés comme des symptômes d’une crise de la représentation sont : les sondages révélant une défiance envers les élus et les institutions, l’abstention, le vote en faveur de candidats populistes
En 1957, Georges Burdeau évoque un « malaise dont souffrent aujourd’hui les institutions représentatives ».
Bernard Manin analyse les transformations du gouvernement représentatif comme un processus mêlant continuités et ruptures, et non comme un effondrement séparant nettement un avant et un après.
La représentation politique moderne constitue l’un des fondements de la démocratie, de sorte qu’une crise de la représentation est susceptible d’être interprétée comme une crise de la démocratie.
Élection régulière ≠ représentativité suffisante
| Dimension | Holisme | Individualisme |
|---|---|---|
| Point de départ | Société, groupes et structures | Individus et actions |
| Question centrale | Comment les structures influencent-elles les conduites ? | Comment les actions produisent-elles des phénomènes collectifs ? |
| Risque | Minimiser la capacité d’action individuelle | Sous-estimer les contraintes sociales |
| Dimension | Fondement | Conception |
|---|---|---|
| Rationaliste | Relation entre acteurs | Volontés poursuivies malgré les résistances |
| Structuraliste | Position dans la structure sociale | Domination liée aux positions sociales |
| Discursive | Discours et relations sociales | Normes et autogouvernement des individus |
Teste tes connaissances sur Conceptions et limites du pouvoir politique avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. Quelle fonction distingue les travaux dirigés du cours magistral dans la préparation au partiel ?
2. Après avoir défini les termes du sujet et présenté ses enjeux, quelle étape doit précéder l’annonce du plan dans l’introduction d’une dissertation ?
Mémorisez les concepts clés de Conceptions et limites du pouvoir politique avec 10 flashcards interactives.
Sur quoi repose la préparation universitaire en science politique ?
Sur un travail régulier, l’apprentissage du cours, son enrichissement et la lecture de manuels et d’un lexique.
Qu’organise le politique dans la vie collective ?
L’organisation collective, la régulation des conflits et la production de décisions communes.
Quelle compétition définit la politique ?
La conquête, l’exercice, la conservation ou l’influence du pouvoir.
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