QCM : Contrôle social, normes et déviance (24 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Selon l’interactionnisme symbolique, pourquoi deux individus peuvent-ils donner des significations différentes à une même situation ?

Parce que leurs comportements résultent principalement de leurs ressources économiques
Parce que les institutions déterminent directement le sens de chaque événement
Parce que leur position sociale impose mécaniquement la même interprétation
Parce qu’ils interprètent la situation différemment au cours de leurs interactions

Parce qu’ils interprètent la situation différemment au cours de leurs interactions

Explication

L’interactionnisme symbolique place au centre la manière dont les individus interprètent les situations et leur donnent un sens dans les interactions. Une conception mécanique par catégories sociales néglige ce travail d’interprétation.

2. Quelle est la fonction générale du contrôle social ?

Produire des règles identiques pour toutes les sociétés humaines
Déterminer la moralité intrinsèque de chaque comportement individuel
Assurer la cohésion sociale et le respect des règles établies
Remplacer les interactions quotidiennes par des institutions spécialisées

Assurer la cohésion sociale et le respect des règles établies

Explication

Le contrôle social regroupe les dispositifs destinés à maintenir la cohésion sociale et à favoriser le respect des règles établies. Il ne consiste pas à créer des normes identiques partout ni à juger la moralité intrinsèque des comportements.

3. Comment Robert Merton explique-t-il la déviance dans une société où les objectifs valorisés et les moyens légitimes sont inégalement répartis ?

Par la réaction des institutions qui qualifient certains individus de déviants
Par une tension entre les objectifs valorisés et l’accès inégal aux moyens légitimes
Par la pauvreté matérielle qui détermine directement les conduites illégales
Par l’apprentissage familial de comportements considérés comme transgressifs

Par une tension entre les objectifs valorisés et l’accès inégal aux moyens légitimes

Explication

Merton relie la déviance à la tension entre des objectifs sociaux valorisés et des moyens légitimes auxquels l’accès est inégal. L’explication ne se réduit donc pas à la pauvreté, car cette théorie concerne la structure sociale et ses inégalités.

4. Comment Cesare Lombroso explique-t-il la criminalité de certains individus ?

Par un calcul des bénéfices et des risques liés à chaque infraction
Par une socialisation familiale marquée par des sanctions incohérentes
Par l’appartenance à une sous-culture organisée autour de normes délinquantes
Par une prédisposition biologique faisant d’eux une sous-espèce humaine

Par une prédisposition biologique faisant d’eux une sous-espèce humaine

Explication

Lombroso attribue la criminalité à des caractéristiques biologiques qui prédisposeraient certains individus au crime. L’explication par le calcul des coûts et des bénéfices relève plutôt de la théorie du calcul rationnel.

5. Dans quelle situation la désorganisation sociale peut-elle favoriser la déviance ?

Lorsque les membres d’un groupe adoptent une hiérarchie et des codes propres
Lorsque des populations aux normes différentes coexistent dans une ville en transformation
Lorsque chaque personne compare précisément les bénéfices et les risques d’une infraction
Lorsque des individus présentent des caractéristiques physiques associées au crime

Lorsque des populations aux normes différentes coexistent dans une ville en transformation

Explication

La désorganisation sociale peut apparaître lorsque des populations ayant des règles différentes coexistent dans un contexte urbain en rapide transformation, ce qui favorise les conflits de normes. L’existence d’une hiérarchie et de codes propres décrit plutôt une sous-culture délinquante.

6. Quelle distinction oppose l’approche interactionniste à l’approche substantiviste de la déviance ?

L’interactionnisme la rapporte aux normes juridiques, tandis que le substantivisme la situe dans les conflits entre groupes.
L’interactionnisme la rapporte à la gravité de l’acte, tandis que le substantivisme la situe dans la réaction sociale.
L’interactionnisme la rapporte à une qualification sociale, tandis que le substantivisme la situe dans l’acte lui-même.
L’interactionnisme la rapporte aux sanctions prévues, tandis que le substantivisme la situe dans les intentions de l’auteur.

L’interactionnisme la rapporte à une qualification sociale, tandis que le substantivisme la situe dans l’acte lui-même.

Explication

L’approche interactionniste définit la déviance par une qualification sociale, alors que l’approche substantiviste considère certains actes comme déviants en eux-mêmes. La confusion fréquente consiste à attribuer à l’interactionnisme une définition fondée sur la gravité intrinsèque de l’acte, ce qui relève plutôt du substantivisme.

7. Que désigne la théorie du calcul rationnel appliquée à la déviance ?

Un choix fondé sur la comparaison entre bénéfices attendus et risques encourus
Une réaction produite par les conflits entre normes de groupes sociaux différents
Une pratique apprise au sein d’une culture possédant ses propres codes
Une conduite déterminée par des traits biologiques hérités dès la naissance

Un choix fondé sur la comparaison entre bénéfices attendus et risques encourus

Explication

Cette théorie présente la déviance comme un choix évaluant les avantages attendus et les risques possibles, notamment les sanctions. L’idée d’une détermination par des traits biologiques correspond plutôt à l’approche de Lombroso.

8. Quel objet caractérise principalement la première école de Chicago ?

L’étude empirique de l’urbanisation, de l’immigration, de la ville et de la déviance
L’analyse des normes propres aux groupes délinquants de la société dominante
L’identification de traits biologiques distinguant les criminels des autres individus
L’évaluation des gains et des risques précédant chaque comportement déviant

L’étude empirique de l’urbanisation, de l’immigration, de la ville et de la déviance

Explication

La première école de Chicago étudie concrètement les transformations urbaines, l’immigration, l’organisation de la ville et la déviance. Elle privilégie donc les milieux urbains plutôt qu’une explication fondée sur les seules caractéristiques individuelles.

9. Pourquoi le relativisme interactionniste est-il critiqué lorsqu’il est appliqué à un acte comme l’assassinat ?

Parce qu’il explique la déviance par la personnalité de l’auteur, même lorsque la société condamne l’acte.
Parce qu’il attribue la déviance aux sanctions pénales, même lorsque les interactions entre groupes sont absentes.
Parce qu’il considère la déviance comme une propriété biologique, même lorsque les normes sociales évoluent.
Parce qu’il semble faire dépendre la déviance de la qualification sociale, même pour un acte jugé intrinsèquement déviant.

Parce qu’il semble faire dépendre la déviance de la qualification sociale, même pour un acte jugé intrinsèquement déviant.

Explication

La critique soutient que le relativisme interactionniste paraît réduire la déviance au regard de celui qui qualifie l’acte, y compris dans le cas de l’assassinat. L’interactionnisme ne fonde pas cette analyse sur la personnalité de l’auteur, mais sur le processus de qualification sociale.

10. Sur quoi Lombroso s’appuie-t-il pour rechercher une prédisposition criminelle ?

Sur des caractéristiques biologiques et anthropométriques, notamment celles des crânes
Sur la comparaison entre les gains espérés et les sanctions judiciaires possibles
Sur les normes collectives et les codes transmis dans les quartiers urbains
Sur les récits de vie et les relations sociales entretenues par les délinquants

Sur des caractéristiques biologiques et anthropométriques, notamment celles des crânes

Explication

Lombroso étudie les caractéristiques biologiques et anthropométriques des criminels, notamment leurs crânes, afin d’identifier une éventuelle prédisposition. L’analyse des normes de quartier appartient davantage aux approches sociologiques de la déviance.

11. Pourquoi la théorie du calcul rationnel fournit-elle une explication partielle de la déviance ?

Parce que les infractions apparaissent lorsque plusieurs cultures urbaines possèdent des normes concurrentes
Parce que les individus n’ont pas toujours toutes les informations et peuvent agir sans calculer les risques
Parce que les groupes délinquants transmettent des valeurs opposées à celles de la société dominante
Parce que les individus sont guidés par des caractéristiques biologiques qui déterminent leur conduite

Parce que les individus n’ont pas toujours toutes les informations et peuvent agir sans calculer les risques

Explication

Le modèle est partiel, car les acteurs disposent parfois d’informations incomplètes et ne calculent pas nécessairement les risques avant d’agir. L’explication par la coexistence de normes concurrentes renvoie plutôt à la désorganisation sociale.

12. Que sont les entrepreneurs de morale ?

Des individus qui transgressent les normes pour obtenir une reconnaissance sociale
Des autorités qui organisent les sanctions judiciaires contre les comportements déviants
Des groupes qui cherchent à faire reconnaître leurs valeurs comme règles collectives
Des institutions chargées d’appliquer les règles déjà établies par le droit

Des groupes qui cherchent à faire reconnaître leurs valeurs comme règles collectives

Explication

Les entrepreneurs de morale se mobilisent pour que leurs valeurs soient reconnues comme des règles applicables à l’ensemble de la société. Ils peuvent défendre une restriction ou une extension des libertés, contrairement à une institution qui applique principalement les règles existantes.

13. Comment définir la déviance en sociologie ?

Un écart aux normes sociales faisant l’objet de sanctions ou de réprobations
Une attitude personnelle qui refuse toute forme de socialisation
Une infraction pénale reconnue par les autorités judiciaires compétentes
Une conduite intrinsèquement immorale condamnée par toutes les sociétés

Un écart aux normes sociales faisant l’objet de sanctions ou de réprobations

Explication

La déviance désigne des comportements qui s’écartent des normes sociales et sont sanctionnés juridiquement ou socialement. Elle ne signifie pas qu’un comportement est moralement mauvais par nature, car son caractère déviant dépend de la norme concernée et de sa réaction sociale.

14. Quelle distinction Edwin Lemert établit-il entre déviance primaire et déviance secondaire ?

La déviance primaire concerne les institutions, tandis que la déviance secondaire concerne les normes familiales
La déviance primaire est apprise progressivement, tandis que la déviance secondaire correspond à une motivation présente dès le départ
La déviance primaire est la transgression, tandis que la déviance secondaire apparaît lorsqu’elle est prise en charge par une instance spécialisée
La déviance primaire est la qualification sociale, tandis que la déviance secondaire désigne toute transgression initiale

La déviance primaire est la transgression, tandis que la déviance secondaire apparaît lorsqu’elle est prise en charge par une instance spécialisée

Explication

Pour Lemert, la déviance primaire correspond à la transgression d’une norme, alors que la déviance secondaire intervient lorsque cette transgression est constatée et prise en charge par une instance spécialisée. La qualification institutionnelle caractérise donc la seconde étape, et non la première.

15. Comment se construit progressivement la carrière déviante du fumeur de marijuana décrite par Becker ?

Par l’apprentissage des techniques, de l’effet, de l’appréciation du produit et de l’approvisionnement
Par l’adhésion préalable à un groupe social qui transmet directement une identité déviante
Par une motivation déviante entièrement formée avant toute expérience de consommation
Par l’intervention d’une instance spécialisée qui transforme immédiatement la transgression en carrière

Par l’apprentissage des techniques, de l’effet, de l’appréciation du produit et de l’approvisionnement

Explication

La carrière déviante se construit par plusieurs apprentissages successifs, notamment les techniques, la perception de l’effet, l’appréciation du produit et l’approvisionnement. Elle n’est donc pas expliquée par une motivation entièrement présente dès le départ.

16. Dans une société capitaliste, lequel des exemples suivants distingue correctement un objectif valorisé d’un moyen légitime ?

Travailler est un objectif, tandis que gagner de l’argent est un moyen légitime
Voler est un objectif, tandis qu’obtenir un statut est un moyen légitime
Obtenir un statut est un moyen, tandis que travailler est un objectif social
Gagner de l’argent est un objectif, tandis que travailler est un moyen légitime

Gagner de l’argent est un objectif, tandis que travailler est un moyen légitime

Explication

Gagner de l’argent et obtenir un statut social peuvent constituer des objectifs valorisés, alors que travailler représente un moyen légitime de les atteindre. Confondre l’objectif avec le moyen inverse cette distinction centrale.

17. Qu’est-ce qu’un ordre négocié dans la perspective interactionniste associée à A. Strauss ?

Un ordre social fixé par des règles institutionnelles qui restent identiques dans le temps
Un ordre social produit par la seule hiérarchie entre les groupes sociaux
Un ordre social résultant principalement de sanctions appliquées après une transgression
Un ordre social construit dans les interactions par des négociations entre les individus

Un ordre social construit dans les interactions par des négociations entre les individus

Explication

L’ordre négocié se forme dans les interactions et résulte de négociations entre les individus. Il ne correspond donc pas à un ordre immuable fixé indépendamment des échanges sociaux.

18. Qu’est-ce qu’une sous-culture délinquante ?

Une théorie reliant la déviance aux caractéristiques physiques des personnes criminelles
Une population urbaine dont les règles communes se sont affaiblies sans organisation collective
Une décision individuelle fondée sur l’estimation des bénéfices et des risques encourus
Une culture de groupe dotée de normes, de codes, d’une hiérarchie et de valeurs propres

Une culture de groupe dotée de normes, de codes, d’une hiérarchie et de valeurs propres

Explication

Une sous-culture délinquante possède des normes, des codes de conduite, une hiérarchie et des valeurs qui peuvent s’opposer à celles de la société dominante. Un groupe simplement désorganisé ne dispose pas nécessairement d’un tel ensemble cohérent de règles propres.

19. Que montre l’exemple du port du pantalon par les femmes à Paris ?

Une règle formelle est toujours respectée lorsqu’elle demeure dans le droit
Une pratique sociale devient illégale dès qu’une ancienne loi la mentionne
Une interdiction juridique disparaît automatiquement dès qu’elle n’est plus appliquée
Une norme juridique peut subsister sans correspondre aux pratiques sociales

Une norme juridique peut subsister sans correspondre aux pratiques sociales

Explication

L’ancienne interdiction juridique du pantalon féminin à Paris illustre le décalage entre une norme formelle encore présente et des pratiques sociales qui ne la suivent plus. Une loi peut donc rester juridiquement en vigueur tout en étant largement dépourvue d’effectivité sociale.

20. Qu’est-ce qu’une norme sociale ?

Une règle juridique appliquée par les tribunaux compétents
Une opinion personnelle qui reste indépendante de la socialisation
Un comportement individuel dépourvu de toute attente collective
Un principe de conduite intériorisé et régulé par des sanctions

Un principe de conduite intériorisé et régulé par des sanctions

Explication

Une norme sociale guide les conduites d’un groupe ou d’une société, est intériorisée par socialisation et peut être régulée par des sanctions formelles ou informelles. Une règle juridique constitue seulement un type particulier de norme, alors que les normes sociales englobent aussi des règles non écrites.

21. Pourquoi un même comportement peut-il être normal dans une société et déviant dans une autre ?

Parce que les sanctions juridiques sont appliquées de manière uniforme selon les pays
Parce que les comportements possèdent une signification identique dans tous les contextes
Parce que les normes varient selon les sociétés, les cultures et les périodes
Parce que les normes sociales résultent principalement de caractéristiques biologiques communes

Parce que les normes varient selon les sociétés, les cultures et les périodes

Explication

Les normes sociales varient selon les sociétés, les cultures, les espaces géographiques et les périodes historiques. L’idée d’une signification identique dans tous les contextes contredit précisément cette construction sociale et historique des normes.

22. Que met en évidence la théorie de l’étiquetage formulée par Howard Becker dans Outsiders en 1963 ?

Un acte est déviant par sa nature, indépendamment des réactions et des interactions sociales
Un individu devient déviant lorsque sa pauvreté l’empêche d’atteindre les objectifs valorisés
Un individu devient déviant lorsque la société le désigne comme tel par une qualification sociale
Un comportement devient déviant lorsque son auteur apprend les techniques nécessaires à sa pratique

Un individu devient déviant lorsque la société le désigne comme tel par une qualification sociale

Explication

Becker affirme que la déviance dépend d’une désignation sociale produite à la suite d’une interaction et d’une qualification. L’idée qu’un acte serait déviant par nature ignore le rôle de la réaction sociale.

23. Quels acteurs participent au contrôle social ?

Les institutions spécialisées, les entrepreneurs de morale et l’entourage social
Les familles, les administrations et les partis politiques exclusivement
Les tribunaux judiciaires, les médias nationaux et les organisations économiques
Les entrepreneurs de morale et les institutions sans intervention des proches

Les institutions spécialisées, les entrepreneurs de morale et l’entourage social

Explication

Le contrôle social est assuré par des institutions spécialisées, des entrepreneurs de morale et les interactions quotidiennes de l’entourage. Les proches exercent notamment des rappels à l’ordre et des réprobations informelles, tandis que les institutions peuvent mobiliser des sanctions formelles.

24. Quelle distinction caractérise les normes formelles et les normes informelles ?

Les normes formelles reposent sur les coutumes, les normes informelles sur les tribunaux
Les normes formelles concernent les groupes, les normes informelles concernent les individus
Les normes formelles sont intériorisées, les normes informelles sont toujours imposées
Les normes formelles relèvent du droit, les normes informelles de la réprobation sociale

Les normes formelles relèvent du droit, les normes informelles de la réprobation sociale

Explication

Les normes formelles sont inscrites dans le droit et peuvent entraîner des sanctions officielles, tandis que les normes informelles ne sont pas écrites dans la loi et suscitent surtout une réprobation sociale. Les coutumes et les sanctions des tribunaux correspondent donc à des catégories inversées dans la réponse proposée.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 48 flashcards sur Contrôle social, normes et déviance.

Qu'est-ce qu'une norme sociale selon Alpe et al., 2007 ?

Un principe de conduite propre à un groupe ou société, intériorisé et régulé par sanctions.

Quelle est la différence entre normes formelles et informelles ?

Les formelles relèvent du droit avec sanctions officielles, les informelles sont non écrites et sanctionnées socialement.

Que désigne la déviance selon Riutort, 1996 ?

L'ensemble des comportements qui s'écartent des normes sociales et subissent sanctions ou réprobations.

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