Fiche de révision : Critique de la latéralité et équilibre en psychomotricité

Plan du Cours

  1. Latéralité et latéralisation : définitions
  2. Latéralité croisée, contrariée et discordante
  3. Ambidextrie, ambilatéralité et surcoût du conflit
  4. Espace vécu et espace représenté en psychomotricité
  5. Transfert de plan et décentration au tableau
  6. Équilibre statique et équilibre dynamique
  7. Piliers sensoriels de l'équilibre
  8. Coordination motrice : bilans et épreuves
  9. Tonus : types, définitions et épreuves NP-MOT
  10. Manifestations d'immaturité tonique et syncinésies
  11. Somatognosie et schéma corporel en bilan
  12. Milieu de la succession : ordre, durée, rythme

1. Latéralité et latéralisation : définitions

Notions clés & Définitions

  • Latéralité : La latéralité est une asymétrie fonctionnelle du corps, liée à la dominance d’un hémisphère cérébral sur l’autre.
  • Latéralisation : La latéralisation est un processus dynamique de maturation qui spécialise progressivement les hémisphères, de la naissance à environ 6-7 ans.
  • Dominance hémisphérique : La dominance hémisphérique décrit le fait que chaque hémisphère commande principalement le côté controlatéral du corps.
  • Latéralité neurologique : La latéralité neurologique correspond à la préférence issue du fonctionnement inné (tonique et neurologique), indépendante des apprentissages.
  • Latéralité usuelle : La latéralité usuelle correspond à la préférence acquise dans les usages sociaux et l’environnement, qui peut diverger de la base neurologique.

Points essentiels

  • La latéralité traduit une asymétrie fonctionnelle et s’explique par la commande controlatérale des hémisphères (gauche→droite, droite→gauche).
  • La latéralisation (Rigal) s’étend de la naissance à 6-7 ans et correspond à la spécialisation progressive de chaque hémisphère.
  • À 15 semaines in utero, une succion préférentielle du pouce droit est un fort prédicteur de la latéralité adulte.
  • De 0 à 6 mois, l’enfant présente une symétrie bimanuelle et des réflexes archaïques comme le RTAC (réflexe tonique asymétrique du cou).
  • De 6 à 24 mois, l’exploration bilatérale (ramper, 4 pattes) soutient la maturation du corps calleux.
  • Vers 2-4 ans, la préférence émerge et l’enfant construit son « espace du torse » (Bullinger).

Astuce mémo

Latéralité = asymétrie (dominance) ; Latéralisation = maturation (0→6-7 ans).

2. Latéralité croisée, contrariée et discordante

Notions clés & Définitions

  • Latéralité croisée : La latéralité croisée correspond à l’usage préférentiel de côtés différents selon les fonctions (ex. main d’un côté, pied de l’autre).
  • Latéralité contrariée : La latéralité contrariée désigne une préférence manuelle ou fonctionnelle modifiée par l’entourage ou l’apprentissage, au lieu de se développer spontanément.
  • Latéralité discordante : La latéralité discordante décrit un décalage entre les préférences latérales attendues et celles observées, avec une organisation latérale non harmonisée.
  • Expressivité bi-directionnelle : L’expressivité bi-directionnelle est la capacité à échanger des expressions via le corps, en alternant imitation et guidage dans la relation.
  • Dialogue tonico-émotionnel : Le dialogue tonico-émotionnel est l’ajustement mutuel des postures et du tonus en lien avec les émotions, qui soutient la communication.

Points essentiels

  • Le jeu du miroir sert à réactiver l’accordage tonico-postural et le dialogue tonico-émotionnel en synchronisant les actions du visage et des bras.
  • Le passage « miroir puis inversion » permet d’observer si l’enfant peut passer d’une expressivité subie à une expressivité volontaire en changeant de rôle.
  • Le « détective des émotions » sollicite la fonction symbolique en demandant d’exprimer une émotion sans parole uniquement par le corps et le visage.
  • La pâte à modeler est utilisée comme médiation de contenance après la décharge émotionnelle, via une activité de transformation et de pression calme.
  • La séparation finale vise à relier l’expression corporelle à l’expression orale et à installer un rituel de transition vers le quotidien.

Astuce mémo

Miroir → Rôle → Corps → Contenir → Parler : le corps sert de pont pour passer du réflexe au volontaire.

3. Ambidextrie, ambilatéralité et surcoût du conflit

Notions clés & Définitions

  • Ambidextrie : L’ambidextrie correspond à la capacité d’utiliser de façon comparable les deux côtés du corps pour une même tâche motrice.
  • Ambilatéralité : L’ambilatéralité désigne une organisation motrice où les deux côtés ne sont pas équivalents, avec une difficulté à transférer ou coordonner de manière stable d’un côté à l’autre.
  • Surcoût du conflit : Le surcoût du conflit est l’augmentation de l’effort et des ajustements nécessaires quand le cerveau doit gérer une opposition entre programmes moteurs concurrents.
  • Dissociation segmentaire : La dissociation segmentaire est la capacité à organiser indépendamment des parties du corps pour permettre des coordinations plus efficaces et moins parasitées.
  • Ajustements posturaux anticipateurs : Les ajustements posturaux anticipateurs sont des corrections toniques préparatoires qui stabilisent le corps avant l’action, afin d’éviter la perte d’équilibre.

Points essentiels

  • Les troubles neuromoteurs et neurodégénératifs s’accompagnent d’une diminution des ajustements posturaux anticipateurs, ce qui fragilise la stabilité et peut réduire la confiance (peur du vide).
  • Les lésions cérébelleuses peuvent entraîner une marche ébrieuse avec un élargissement compensatoire du polygone de sustentation, signe d’une stratégie d’équilibre de compensation.
  • En psychomotricité, la posture est un acte communicant et un ancrage relationnel, donc l’équilibre conditionne la qualité de la posture stable et du mouvement volontaire.
  • Quand l’enfant doit gérer des contraintes motrices concurrentes, le conflit peut augmenter le coût d’exécution et favoriser des compensations visibles (tensions parasites, stratégies de stabilisation).
  • La dissociation segmentaire soutient les coordinations : si elle est moins efficiente, l’enfant peut mobiliser davantage de segments non nécessaires pour réussir le geste.
  • La peur du déséquilibre peut entraîner des répercussions psychocorporelles, ce qui modifie la manière d’investir le mouvement et l’environnement.

Astuce mémo

Conflit = coût : plus le cerveau hésite entre deux programmes, plus l’enfant “paye” en effort et en compensations (posture moins anticipée, équilibre moins sûr).

4. Espace vécu et espace représenté en psychomotricité

Notions clés & Définitions

  • Espace vécu : L’espace vécu correspond à l’expérience corporelle immédiate de l’environnement, construite par l’action et les sensations en temps réel.
  • Espace représenté : L’espace représenté est la construction mentale de l’espace, permettant d’anticiper, de planifier et de se repérer sans agir directement.
  • Coordination dynamique générale : La coordination dynamique générale regroupe l’organisation du mouvement global du corps pour réaliser des actions efficaces et adaptées.
  • Ajustement postural : L’ajustement postural désigne les corrections du tonus et de la posture pour stabiliser le corps face à un déplacement du centre de gravité.
  • Syncinésies de diffusion : Les syncinésies de diffusion sont des mouvements involontaires qui apparaissent en réponse à une action, signe d’un contrôle moteur encore coûteux.

Points essentiels

  • L’épreuve du saut à cloche-pied du M-ABC 2 est utilisée car elle se situe au sommet des coordinations dynamiques générales et exige une rupture de symétrie contrôlée.
  • L’observation clinique porte sur la qualité du saut (souplesse vs lourdeur), l’usage des bras pour l’équilibre et la comparaison droite/gauche.
  • Un saut avec compensations marquées (bras excessifs, syncinésies de diffusion) suggère une coordination pas encore automatisée et un contrôle plus coûteux.
  • L’ajustement postural est évalué face à un déplacement majeur et aérien du centre de gravité, ce qui met en évidence la stabilité et la régulation tonique.
  • La difficulté à enchaîner des actions (rythme, sauts homologues) traduit une fragilité de planification et de régulation tonique pendant la tâche.
  • Le fil conducteur ludique et des repères clairs (couleurs) soutiennent l’engagement et facilitent l’adaptation gestuelle au fil des répétitions.

Astuce mémo

Vécu = je fais et je sens ; Représenté = je pense et j’anticipe ; Compensations + syncinésies = contrôle encore “cher” (pas automatisé).

5. Transfert de plan et décentration au tableau

Notions clés & Définitions

  • Coordination sensorimotrice : La coordination sensorimotrice est l’organisation des actions qui se construit dès le stade sensorimoteur, portée par la maturation neurologique et l’inhibition des réflexes.
  • Tendance bilatérale : La tendance bilatérale correspond à une organisation où les deux côtés du corps s’emploient de façon couplée, avec une diminution progressive de certains réflexes.
  • Tendance unilatérale : La tendance unilatérale décrit une organisation où un côté du corps s’autonomise davantage, notamment quand la station assise s’installe.
  • Manipulations complémentaires : Les manipulations complémentaires sont des actions où une main stabilise pendant que l’autre explore, marquant une dissociation fonctionnelle précoce.
  • Contraintes d’intégration : Les contraintes d’intégration sont les trois exigences qui freinent ou orientent l’évolution des coordinations : symétrie, asymétrie manuelle et synchronie.

Points essentiels

  • Entre 0 et 2 ans, les coordinations se mettent en place progressivement sous l’effet de la maturation neurologique et de l’inhibition des réflexes.
  • De 0 à 2 mois, mains et vision fonctionnent séparément, ce qui limite le guidage visuel du geste.
  • Vers 3-4 mois, la diminution du RTAC favorise une posture symétrique et l’usage des mains « en miroir ».
  • Vers 5-6 mois, l’acquisition de la station assise s’accompagne d’une inhibition de la diffusion motrice, réduisant les approches à deux mains.
  • Vers 12 mois, apparaissent les premières manipulations complémentaires : une main stabilise et l’autre explore.
  • Entre 3 et 5 ans, la coordination se spécifie et s’affine (dessin, découpage, outils scolaires).

Astuce mémo

0-2 mois Vision ≠ Mains ; 3-4 mois Miroir (RTAC ↓) ; 5-6 mois Assis = Diffusion ↓ ; 12 mois Complémentaire (stabilise/explore) ; 3-5 ans Affinage ; 6-8 ans Écriture automatisée.

6. Équilibre statique et équilibre dynamique

Notions clés & Définitions

  • Équilibre statique : L’équilibre statique correspond au maintien d’une posture immobile en contrôlant les ajustements tonico-posturaux sans déplacement.
  • Équilibre dynamique : L’équilibre dynamique correspond au maintien de la stabilité pendant le mouvement, avec des ajustements posturaux continus.
  • Tonus de soutien : Le tonus de soutien est le niveau d’activation musculaire qui stabilise l’axe corporel et les appuis pour empêcher la chute.
  • Tonus d’action : Le tonus d’action est le niveau d’activation musculaire mobilisé pour initier et moduler le geste pendant l’activité.

Points essentiels

  • L’équilibre dépend de la capacité à ajuster en temps réel le tonus de soutien et le tonus d’action selon la tâche (immobile vs en mouvement).
  • Le passage par l’occlusion visuelle transfère le contrôle postural de la vision vers les afférences internes (proprioception et vestibulaire) pour stabiliser l’axe corporel.
  • Varier les appuis (mou, dur, rugueux) oblige le système nerveux à réajuster instantanément le tonus des membres inférieurs, ce qui enrichit le schéma corporel via le ressenti plantaire.
  • En statique, l’enjeu principal est l’inhibition des perturbations pour maintenir la posture; en dynamique, l’enjeu est la continuité des ajustements pendant le déplacement.
  • Dans une logique d’intégration sensorielle, l’équilibre sert de “test fonctionnel” : si les retours internes sont mal exploités, la stabilité se dégrade et le coût d’adaptation augmente.

Astuce mémo

Statique = “tenir”; Dynamique = “ajuster en bougeant” (Soutien = base, Action = mouvement).

7. Piliers sensoriels de l'équilibre

Notions clés & Définitions

  • Moi-Peau : Le Moi-Peau désigne l’enveloppe psychique construite à partir des sensations corporelles, qui soutient le sentiment de sécurité et d’apaisement.
  • Comodalités sensorielles : Les comodalités sensorielles sont des coordinations fines entre plusieurs modalités (vision, toucher, audition) qui organisent la perception et l’action.
  • Coordination vision-toucher-audition : La coordination vision-toucher-audition correspond à l’intégration simultanée de ces entrées sensorielles pour ajuster le comportement et les gestes.
  • Seuils de réactivité : Les seuils de réactivité sont les niveaux qui déterminent quand l’enfant se mobilise ou se protège face aux stimulations de l’environnement.
  • Repères proprioceptifs : Les repères proprioceptifs sont des informations internes issues du corps qui servent de référence pour s’ajuster et réguler l’activité.

Points essentiels

  • L’axe thérapeutique vise d’abord à consolider l’habituation sensorielle avant d’affiner l’intégration des comodalités sensorielles.
  • L’objectif à long terme est d’alléger le coût cognitif lié au dysfonctionnement sensoriel.
  • L’ajustement des seuils de réactivité aide l’enfant à mieux réguler son comportement en situation.
  • L’investissement des repères proprioceptifs favorise une réduction de l’anxiété environnementale.
  • L’intégration sensorielle progressive contribue à une fluidification des praxies au quotidien.
  • Les transpositions quotidiennes consistent à associer de plus en plus finement plusieurs modalités sensorielles pour soutenir l’organisation du geste.

Astuce mémo

Habituation d’abord, puis intégration multi-sensorielle : seuils ↓ anxiété ↓ praxies plus fluides.

8. Coordination motrice : bilans et épreuves

Notions clés & Définitions

  • Figure de Rey : Épreuve visuo-constructive utilisée pour analyser la perception visuo-spatiale, l’organisation de l’attention et, dans un second temps, la mémoire de travail.
  • Stambak : Test basé sur des reproductions de structures rythmiques permettant d’observer l’attention auditive et la mémoire immédiate (sensorielle) au sein d’une même passation.
  • Attention soutenue : Capacité à maintenir son engagement sur une tâche sur la durée, malgré les distractions et les changements de consigne.
  • Mémoire de travail : Système qui maintient et manipule temporairement l’information nécessaire à l’exécution d’une tâche, avec un coût qui augmente quand la charge cognitive grimpe.
  • Épreuves sur feuille : Modalité d’évaluation où l’enfant porte son attention sur la tâche graphique, utile pour observer l’investissement attentionnel mais souvent plus coûteuse en temps et effort.

Points essentiels

  • La Figure de Rey sert à évaluer la visuo-construction, la perception visuo-spatiale et l’attention, puis peut être mobilisée pour explorer la mémoire de travail.
  • Le Stambak permet, dans un même test, d’observer l’attention auditive et la mémoire immédiate (sensorielle).
  • Les épreuves rythmiques du Stambak peuvent être préférées à des tâches écrites longues car elles offrent un support plus « vivant » et observable pour le jury.
  • En situation de tâche sur feuille, l’observation clinique porte sur la manière dont l’enfant dirige son attention vers l’épreuve pendant la passation.
  • La mémoire de travail est particulièrement mise à l’épreuve quand la charge cognitive augmente ou quand la tâche associe mouvement corporel et traitement de l’information.

Astuce mémo

Rey = Vision + Attention + Travail ; Stambak = Rythme = Audition + Mémoire sensorielle.

9. Tonus : types, définitions et épreuves NP-MOT

Notions clés & Définitions

  • Tonus : Le tonus est le niveau de contraction de base qui prépare le corps à agir et à s’ajuster en fonction des situations.
  • Ajustement tonico-postural : L’ajustement tonico-postural correspond aux réglages du tonus et de la posture qui permettent de stabiliser le mouvement et d’atteindre l’objectif.
  • Hypertonie d’appel : L’hypertonie d’appel est une augmentation du tonus juste avant ou pendant l’action, qui peut perturber la régulation du mouvement.
  • Fonction pare-excitation : La fonction pare-excitation désigne la capacité du système à filtrer et amortir les stimulations pour éviter une surcharge tonico-émotionnelle.
  • Affordances : Les affordances sont les possibilités d’action offertes par un objet, qui guident l’enfant vers des manières d’agir adaptées.

Points essentiels

  • Le tonus se repère cliniquement dans l’action libre et volontaire, pas seulement au repos, car il peut se désorganiser ou se stabiliser selon la situation.
  • L’observation de la réception de balle au M-ABC 2 sert à analyser l’ajustement postural et la régulation tonique, par exemple l’absence d’hypertonie d’appel.
  • Le choix du matériel (tailles/poids) force une adaptation tonique discriminée, car le système nerveux doit recalibrer l’effort pour intégrer l’objet au schéma corporel.
  • Le cadre spatial matérialisé par un cerceau aide à contenir l’enfant face à une consigne verbale trop abstraite, ce qui soutient la régulation tonique.
  • Le retour au calme après l’effort vise une baisse du tonus via des stimulations cutanées et proprioceptives (balle à picots ou tennis) et un travail de relâchement respiratoire.
  • En NP-MOT, la qualité du mouvement (syncinésies, paratonies, coordinations globales) permet de vérifier si le tonus observé au repos se retrouve ou se désorganise dans l’action.

Astuce mémo

Tonus = Préparer → Ajuster → Stabiliser (et l’objet “ré-accorde” l’effort).

10. Manifestations d'immaturité tonique et syncinésies

Notions clés & Définitions

  • Immaturité tonique : L’immaturité tonique correspond à un tonus instable ou trop peu modulé, qui perturbe l’ajustement postural et la qualité du geste.
  • Syncinésies : Les syncinésies sont des mouvements involontaires associés à un mouvement volontaire, traduisant une difficulté de dissociation motrice.
  • Ajustement tonique : L’ajustement tonique est la capacité à moduler le tonus en fonction de la tâche et du contexte, pour rendre le mouvement plus efficace et plus fluide.
  • Dissociation motrice : La dissociation motrice est la capacité à mobiliser une partie du corps sans entraîner automatiquement d’autres segments.
  • Plasticité psychomotrice : La plasticité psychomotrice désigne la capacité à modifier ses stratégies motrices quand une action ne fonctionne pas, plutôt que de rester figé.

Points essentiels

  • Les syncinésies se repèrent quand l’enfant “entraîne” d’autres segments lors d’un geste ciblé, ce qui gêne la précision et l’économie du mouvement.
  • Une immaturité tonique se manifeste souvent par une difficulté à stabiliser le corps et à adapter le tonus au fil de la séance, avec des gestes moins ajustés.
  • En séance, l’observation porte sur les processus (souplesse, essais-erreurs, adaptation) plutôt que sur le résultat final du mouvement.
  • Quand l’enfant peut réajuster son tonus et changer de stratégie après un échec, cela signe une meilleure plasticité et une progression de l’organisation motrice.
  • Si l’enfant reste figé ou répète le même schéma malgré les variations proposées, l’immaturité tonique et/ou les syncinésies peuvent être un indicateur de rigidité motrice.

Astuce mémo

Tonus instable = geste “parasité” ; syncinésies = mouvement volontaire qui entraîne le reste (pas de dissociation).

11. Somatognosie et schéma corporel en bilan

Notions clés & Définitions

  • Somatognosie : La somatognosie désigne la capacité à percevoir et reconnaître son propre corps, ses parties et leurs positions.
  • Schéma corporel : Le schéma corporel correspond à la représentation interne du corps qui guide le mouvement, l’imitation et l’organisation de l’action.
  • Dessin du bonhomme : Le dessin du bonhomme est une épreuve graphique qui renseigne sur l’image du corps et sur la façon dont l’enfant organise et enrichit sa représentation.
  • EMG : L’EMG est une évaluation de la motricité gnosopraxique utilisée pour apprécier l’intégrité du schéma corporel et les capacités d’imitation/planification.
  • Bergès-Lézine : Le test de Bergès-Lézine est une évaluation de l’imitation et de la symbolisation motrice, utile pour repérer des ressources ou difficultés liées au schéma corporel.

Points essentiels

  • Le bilan cherche à repérer comment l’enfant représente son corps, s’y repère dans l’espace et mobilise ces représentations pour agir et créer.
  • Le dessin du bonhomme sert d’indicateur de l’image corporelle et des modifications du schéma corporel, tout en donnant aussi des informations sur l’imagination et l’expression.
  • Pendant le dessin, l’observation porte sur la posture, la prise du crayon et d’éventuelles syncinésies, car elles reflètent l’engagement corporel et la régulation tonico-émotionnelle.
  • Après le dessin, des questions sur les parties dessinées, les actions représentées et l’identité des personnages aident à explorer imagination, adaptation aux consignes et créativité.
  • Le test de Bergès-Lézine ou l’EMG est justifié car l’imitation soutient la symbolisation et l’acte créateur, donc éclaire les ressources corporelles disponibles pour jouer et inventer.
  • Évaluer les praxies au bilan aide à distinguer des blocages créatifs liés à un défaut de planification (plutôt TDC) de blocages d’ordre psycho-affectif (plutôt inhibition).

Astuce mémo

Somatognosie = je me sens; schéma corporel = je me représente; dessin du bonhomme = je montre; Bergès/EMG = j’imite pour agir.

12. Milieu de la succession : ordre, durée, rythme

Notions clés & Définitions

  • Milieu de la succession : Le milieu de la succession est un cadre temporel homogène qui permet de repérer l’ordre des événements, la durée qui s’écoule et la répétition rythmique.
  • Ordre : L’ordre est la composante temporelle qui organise les relations avant/après entre les événements.
  • Durée : La durée correspond à la quantité de temps qui s’écoule entre deux moments, perçue comme des intervalles plus ou moins longs.
  • Rythme : Le rythme est une structure périodique qui rend la succession prévisible par la régularité des alternances.
  • Temps objectif et temps subjectif : Le temps objectif est mesurable et universel, tandis que le temps subjectif dépend du ressenti et de l’affect du sujet.

Points essentiels

  • Le milieu de la succession sert à situer les événements (ordre), à estimer le temps qui passe (durée) et à percevoir la répétition (rythme).
  • Le temps organise le corps en donnant un repère aux sensations, perceptions et gestes, puis organise la vie psychique en aidant à se situer et à agir avec les autres.
  • La structuration temporelle repose sur l’ordre, la durée et la succession, avec aussi des notions associées comme intervalle, vitesse, périodicité et irréversibilité.
  • Le développement de la temporalité suit une progression jusqu’à 12 ans : temps vécu (0-2 ans), temps perçu (2-7 ans) puis temps représenté (dès 7 ans).
  • Le temps vécu est porté par les rythmes biologiques et relationnels (veille/sommeil, présence/absence), qui sécurisent et différencient progressivement l’enfant.
  • Le temps perçu s’appuie sur l’action : l’enfant repère début/fin d’un geste et commence à s’orienter par rapport à ce qui vient avant/après.

Astuce mémo

Ordre = Avant/Après ; Durée = Long/Court ; Rythme = Répétition régulière (objectif = mesuré, subjectif = ressenti).

Repères chronologiques

DateÉvénement
15ème semaineSuccion préférentielle du pouce droit in utero (fort prédicteur de la latéralité adulte).
0 - 6 moisSymétrie bimanuelle et réflexes archaïques (RTAC).
6-7 ansFin de la latéralisation (maturation/specialisation) et fixation/stabilisation définitive avec apprentissage de l’écriture.
2-4 ansÉmergence de la préférence et construction de l’« espace du torse » (Bullinger).
4 - 7 ansFixation et stabilisation définitive de la latéralité (maturation + écriture).
7-8 moisStation assise stable et dynamique (repère d’ontogenèse de l’équilibre).
11-12 moisStation debout sans appui avec élargissement du polygone de sustentation (repère d’équilibre).
3 ansÉquilibre unipodal amorcé (quelques secondes).
4-5 ansÉquilibre dynamique complexe (saut à cloche-pied, pointe des pieds).
12 ansFin de la progression de la structuration temporelle (temps représenté stabilisé).

Tableaux de synthèse

Latéralité : types et mécanisme

TypeConflit/écartConséquence clinique attendue
HomogèneFormule identique partout (ex: D-D-D-D).Système fluide, organisation cohérente.
CroiséeDominance opposée entre effecteurs (souvent main/œil).Peut entraîner des difficultés oculo-manuelles (ex: sauts de lignes en lecture).
Contrariée/DiscordanteConflit entre inné (neurologique/tonique) et acquis (usuel/social).Surcoût tonico-cognitif, fatigabilité attentionnelle, syncinésies, impacts graphomoteurs/équilibre/repérage spatial.

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre latéralité (asymétrie fonctionnelle/dominance) et latéralisation (processus dynamique de maturation 0→6-7 ans).
  2. Croire que la latéralité contrariée/discordante est un simple « choix » : c’est un conflit inné vs acquis avec surcoût tonico-cognitif.
  3. Oublier que la commande hémisphérique est controlatérale (gauche→droite, droite→gauche) et inverser les repères.
  4. Assimiler ambidextrie et ambilatéralité : l’ambidextrie est comparable et performante, l’ambilatéralité est une indécision/instabilité de transfert.
  5. Interpréter syncinésies/paratonies comme uniquement pathologiques : elles sont normales dans le développement (syncinésies vers 6-8 ans, paratonies selon contexte/âge).
  6. Confondre espace vécu et espace représenté : le vécu est immédiat par action/sensations, le représenté est mental (anticiper/planifier sans agir).
  7. Dire que l’équilibre dépend seulement de la vision : en statique/dynamique, l’occlusion visuelle transfère le contrôle vers proprioception/vestibulaire.

Checklist Examen

  1. Définir latéralité vs latéralisation (Rigal) et rappeler la commande controlatérale des hémisphères.
  2. Citer l’ontogenèse simplifiée de la latéralisation (15ème semaine in utero, 0-6 mois RTAC, 6-24 mois exploration bilatérale, 2-4 ans préférence/espace du torse, 4-7 ans fixation).
  3. Expliquer les cadres théoriques à citer : Orton (dominance/éviter images miroirs), Bullinger (franchir la ligne médiane), Zazzo & Ajuriaguerra (neurologique innée vs usuelle acquise).
  4. Décrire l’intérêt clinique de l’examen : recherche de discordance via cohérence de la formule (Œil-Main-Pied-Tonus) et notion de surcoût tonico-cognitif.
  5. Distinguer latéralité croisée, contrariée/discordante et homogène, avec une conséquence clinique attendue (graphomotricité, orientation spatiale, coordinations, équilibre).
  6. Expliquer ambidextrie vs ambilatéralité et relier le conflit à la fatigue cognitive/graphique, lenteur de traitement et défaut de fixation après 7 ans.
  7. Présenter les bilans/épreuves de latéralité possibles (neurologique/usuelle/fonctionnelle) et justifier le choix NP-MOT pour cartographier la formule et dépister conflit neuro-fonctionnel.
  8. Réciter la logique de séance d’intégration de la latéralité (ligne médiane Bullinger, dissociation ceintures/axe, Padovan pour réorganisation, et rituel de fin).
  9. Définir espace vécu vs espace représenté et donner l’exemple d’épreuve (saut à cloche-pied M-ABC 2) et ce que l’on observe (souplesse/lourdeur, bras, syncinésies).
  10. Expliquer transfert de plan et décentration au tableau : isomorphisme sol/tableau (3D→2D), mémoire spatiale et verbalisation/métacognition.
  11. Définir équilibre statique vs dynamique, tonus de soutien vs tonus d’action, et décrire l’effet de l’occlusion visuelle sur le contrôle postural.
  12. Lister les piliers sensoriels de l’équilibre (Moi-Peau, comodalités, vision-toucher-audition, seuils de réactivité, repères proprioceptifs) et l’ordre thérapeutique (habituation puis intégration).
  13. Justifier au bilan les épreuves de coordination/attention (Figure de Rey, Stambak) et ce que chaque test explore (visuo-construction/attention/mémoire de travail vs audition/ mémoire immédiate).
  14. Définir tonus (fond/soutien/attitude/action), hypertonie d’appel, fonction pare-excitation, et relier NP-MOT au repérage tonus de fond vs tonus d’action dans l’action.

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Critique de la latéralité et équilibre en psychomotricité avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle définition correspond à l’ambidextrie ?

2. Comment se manifestent le plus souvent les syncinésies ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Critique de la latéralité et équilibre en psychomotricité avec 24 flashcards interactives.

Latéralité — définition ?

Asymétrie fonctionnelle du corps avec dominance d’un hémisphère.

Latéralisation — rôle ?

Processus de maturation de la spécialisation hémisphérique.

Dominance hémisphérique — localisation ?

Un hémisphère commande principalement le côté controlatéral.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches