Fiche de révision : Croissance pondérale des bovins

Plan du Cours

  1. Facteurs généraux de croissance
  2. Mesure du potentiel de croissance
  3. Âge et développement tissulaire
  4. Types génétiques et précocité
  5. Sexe, hormones et castration
  6. Alimentation et oligoéléments
  7. Santé et conditions d’élevage
  8. Efficacité alimentaire et économie
  9. Qualité organoleptique de la viande

1. Facteurs généraux de croissance

★ À maîtriser

  • Les six facteurs de variation de la croissance sont:
    • l’âge
    • le type génétique ou la race
    • le sexe et la castration
    • l’alimentation
    • la santé
    • la conduite d’élevage

📌 Les races tardives, comme la Charolaise, ont une croissance plus longue et un potentiel musculaire élevé, tandis que les races précoces, comme l’Angus et la Salers, finissent plus vite et déposent du gras plus tôt.

📌 Pour viser un vêlage à 24 mois, le poids à la mise à la reproduction doit atteindre environ 60 à 65 % du poids adulte, soit 380 à 400 kg en Charolaise, 350 kg en Limousine et 320 kg en Salers.

Compléments

  • Chez les taurillons charolais, le gain moyen quotidien peut atteindre 1,4 kg par jour chez certains animaux, tandis que d’autres dépassent à peine 1 kg par jour malgré une ration identique. — Michel Lenoir

Astuce mémo

Âge, race, sexe, alimentation, santé, conduite : ARSASC

2. Mesure du potentiel de croissance

★ À maîtriser

📐 Formule — Le gain moyen quotidien se calcule par GMQ=poids finalpoids initialdureˊeGMQ = \frac{poids\ final - poids\ initial}{durée}.

  • Chez le mâle pesé à 44 kg à la naissance, 180 kg à 120 jours et 265 kg à 210 jours, le GMQ est de 1,13 kg/j entre 0 et 120 jours, de 0,94 kg/j entre 120 et 210 jours et de 1,05 kg/j entre 0 et 210 jours.

  • Chez la femelle pesée à 41 kg à la naissance, 168 kg à 120 jours et 245 kg à 210 jours, le GMQ est de 1,06 kg/j entre 0 et 120 jours, de 0,86 kg/j entre 120 et 210 jours et de 0,97 kg/j entre 0 et 210 jours.

Compléments

  • La période de 0 à 120 jours correspond à l’allaitement, puis la croissance ralentit entre 120 et 210 jours après le sevrage.

Astuce mémo

Avant sevrage : croissance élevée ; après sevrage : ralentissement

3. Âge et développement tissulaire

Notions clés & Définitions

  • Allométrie : Méthode qui étudie la croissance d’un tissu ou d’un organe par rapport au poids total de l’animal.

★ À maîtriser

📌 En allométrie, une valeur b supérieure à 1 indique une croissance plus rapide que le poids total, une valeur b égale à 1 une croissance proportionnelle et une valeur b inférieure à 1 une croissance plus lente que le poids total.

  • Chez des taurillons Holstein, la proportion du squelette passe de 18 % à 11 %, celle des muscles de 45 % à 40 % et celle des dépôts adipeux de 5 % à 26 % lorsque le poids augmente.

Compléments

  • Pour 1 kg de GMQ, le gain à 40 kg contient environ 450 g de muscle, 200 g d’os et 30 g de gras, tandis qu’à 600 kg il contient environ 350 g de muscle, 100 g d’os et 520 g de gras.

Astuce mémo

Puberté hormonale → muscle prioritaire ; après puberté → gras prioritaire

4. Types génétiques et précocité

★ À maîtriser

  • Les trois profils génétiques sont:
    • précoces : Angus, Salers, Hereford et Aubrac
    • intermédiaires : Parthenaise, Montbéliarde et croisés viande × lait
    • tardifs : Charolaise, Limousine et Blonde d’Aquitaine

📌 Les races précoces valorisent mieux les fourrages mais s’engraissent rapidement, tandis que les races tardives nécessitent une alimentation plus riche pour exprimer leur potentiel musculaire.

  • L’hétérosis des animaux croisés pour la croissance journalière est de l’ordre de 5 à 8 %, ce qui correspond à une croissance de 105 à 108 lorsque la moyenne des races parentales est fixée à 100.

Compléments

  • L’héritabilité des caractères liés à la croissance pondérale est comprise entre 0,30 et 0,40, ce qui rend la sélection après indexation assez efficace.

Astuce mémo

Précoce = gras tôt ; tardif = muscle longtemps

5. Sexe, hormones et castration

★ À maîtriser

  • Les androgènes stimulent la croissance musculaire en augmentant l’expression des gènes des protéines contractiles, en inhibant le catabolisme musculaire et en stimulant l’appétit.

📌 Les femelles ont un GMQ inférieur à celui des mâles du même type génétique, mais elles sont plus précoces et leur gain de masse corporelle est plus riche en lipides.

📌 À âge égal, les mâles entiers ont la croissance, le poids de carcasse, les muscles, les protéines et la couleur de viande les plus élevés, tandis que les génisses ont davantage de gras, de lipides, de valeur calorifique du gain et de tendreté, les mâles castrés étant intermédiaires.

Compléments

  • La valeur calorifique est de 4 kcal/g pour les glucides et les protéines, contre 9 kcal/g pour les lipides.

Astuce mémo

Mâle entier = muscle ; femelle = gras et précocité

6. Alimentation et oligoéléments

★ À maîtriser

📌 Les besoins énergétiques et azotés dépendent du sexe et de l’âge, avec des besoins énergétiques plus élevés chez les femelles et des besoins maximaux autour de la puberté.

📌 Pour les oligoéléments, la zone 1 répond à une hausse du niveau alimentaire par une augmentation du GMQ, la zone 2 ne produit plus d’effet supplémentaire et la zone 3 provoque une baisse de croissance pouvant aller jusqu’à la mort.

  • Les apports recommandés pour 100 kg de poids vif et par jour sont de 25 à 40 mg de zinc, 8 à 12 mg de cuivre, 0,08 à 0,10 mg de sélénium et 0,2 à 0,4 mg d’iode.

Compléments

  • Le zinc intervient dans la synthèse protéique, la croissance cellulaire, l’immunité et la qualité du poil, tandis qu’une carence entraîne notamment une baisse du GMQ et des retards de croissance.

  • Une carence en cuivre, sélénium, iode, cobalt, manganèse, fer ou chrome peut provoquer respectivement des troubles de croissance, d’immunité, de reproduction, de métabolisme énergétique, de locomotion ou d’oxygénation.

Astuce mémo

Carence → couverture → excès : croissance faible, optimale, puis toxique

7. Santé et conditions d’élevage

Points essentiels

  • Chez les jeunes, les pathologies respiratoires et parasitaires telles que la BVD, les strongles, les coccidies et les douves peuvent fortement freiner la croissance.

📌 L’élevage en plein air augmente les besoins énergétiques d’entretien en raison des températures variables et de l’activité physique supérieure à celle observée en bâtiment.

Astuce mémo

Maladie ou plein air sans ration adaptée → besoins accrus → croissance réduite

8. Efficacité alimentaire et économie

Points essentiels

  • L’indice de consommation augmente de 4,5 à 5,3 puis 5,9 UFV par kilogramme de croît lorsque le poids vif passe des tranches 300–400 kg à 400–500 kg puis 500–600 kg.

  • L’indice d’efficacité diminue de 0,22 à 0,19 puis 0,17 kg de croît par UFV lorsque le poids vif augmente de 300–400 kg à 500–600 kg.

📌 Le coût du croît augmente avec le poids, car l’efficacité alimentaire diminue et les besoins énergétiques augmentent, ce qui réduit la marge lorsque l’abattage est retardé.

Astuce mémo

Poids croissant → efficacité décroissante → coût du croît croissant

9. Qualité organoleptique de la viande

Notions clés & Définitions

  • Tendreté : Facilité avec laquelle la viande se mâche et elle est liée à la finesse des fibres et à la teneur en collagène.
  • Jutosité : Sensation d’humidité lors de la mastication et elle augmente avec le gras intramusculaire, aussi appelé graisse de marbrage.
  • Couleur : Teinte du muscle liée à la myoglobine ; la viande est plus rouge chez les mâles entiers et plus claire chez les animaux gras ou jeunes.
  • Saveur : Ensemble des arômes liés à la cuisson et aux acides gras, et elle varie avec l’alimentation et le degré d’engraissement.

Tableaux de synthèse

Profils génétiques des bovins

TypeCroissance et finitionComposition et utilisation
PrécoceCroissance rapide, abattage jeuneGras précoce, fourrages, élevage extensif ou mixte
IntermédiaireCroissance équilibréeBon rapport muscle/gras, conduite souple
TardifCroissance longue, finition tardiveMusculature prolongée, système intensif

Comparaison selon le sexe

CaractéristiqueMâle entierMâle castré / génisse
Croissance et carcassePlus élevéesIntermédiaires chez le castré, plus faibles chez la génisse
Muscles et protéinesPlus élevésIntermédiaires chez le castré, plus faibles chez la génisse
Gras et lipidesPlus faiblesIntermédiaires chez le castré, plus élevés chez la génisse
TendretéPlus faibleIntermédiaire chez le castré, plus élevée chez la génisse

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Croissance pondérale des bovins avec 26 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quels sont les six facteurs généraux qui font varier la croissance d’un animal d’élevage ?

2. Quelle comparaison décrit correctement les races bovines précoces et tardives concernant leur croissance et leurs dépôts corporels ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Quels sont les six facteurs de variation de la croissance ?

L’âge, le type génétique ou la race, le sexe et la castration, l’alimentation, la santé et la conduite d’élevage.

Quel gain moyen quotidien atteint certains taurillons charolais ?

1,4 kg par jour.

Quelle différence de croissance existe entre races tardives et précoces ?

Les races tardives ont une croissance plus longue et un potentiel musculaire élevé, les précoces finissent plus vite et déposent du gras plus tôt.

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