Fiche de révision : Développement social et parentalité

Plan du Cours

  1. Développement social et compétences psychosociales
  2. Facteurs internes et externes du développement
  3. Domaines du développement affectif, cognitif et social
  4. Environnement et notion de niche développementale
  5. Approche bio-psycho-sociale du développement
  6. Parentalité : devenir parent et parentalisation
  7. Parentalité psychique et exercice de parentalité
  8. Parentification : renversement générationnel et rôles
  9. Maltraitances intrafamiliales et définitions OMS
  10. Violence éducative ordinaire et cadre légal 2019
  11. Styles éducatifs parentaux et typologies
  12. Secrets de famille : fonctions et effets transgénérationnels

1. Développement social et compétences psychosociales

Notions clés & Définitions

  • Développement social : Le développement social désigne la façon dont une personne construit ses relations, son intégration et son adaptation au cours de la vie.
  • Compétences psychosociales : Les compétences psychosociales regroupent les capacités qui aident une personne à gérer ses émotions, ses relations et les situations de vie.
  • Niche écologique : La niche écologique correspond à l’ensemble des contextes qui façonnent le développement d’une personne, au-delà du seul environnement immédiat.
  • Système familial : Le système familial est une unité fonctionnelle qui possède sa dynamique propre, au-delà de la simple addition des membres.
  • Modèle écologique de Bronfenbrenner : Le modèle écologique explique le développement par l’interaction dynamique entre un sujet et plusieurs systèmes environnementaux interconnectés.

Points essentiels

  • Le développement social se questionne à travers les modes relationnels, l’intégration sociale, les compétences psychosociales et l’adaptation aux événements de vie.
  • Les facteurs influençant le développement peuvent être internes (endogènes) ou externes (exogènes).
  • Les facteurs externes incluent notamment les caractéristiques de la famille et les liens affectifs, ainsi que les environnements social et culturel.
  • La psychologie du développement inclut trois grands domaines : affectif, cognitif et social.
  • L’environnement en psychologie du développement regroupe des facteurs physiques, sociaux, relationnels et affectifs qui caractérisent le milieu de vie.
  • La morale est un système de règles sur les actions et relations interpersonnelles que l’enfant construit à partir de sa pratique sociale avec son entourage.

Astuce mémo

Social = Relations + Intégration + Psychosocial + Adaptation (RIPA).

2. Facteurs internes et externes du développement

Notions clés & Définitions

  • Développement psychomoteur : Le développement psychomoteur désigne l’évolution des capacités motrices et des coordinations liées à l’activité du corps et à l’action.
  • Développement affectif : Le développement affectif correspond à la construction progressive des émotions, du vécu relationnel et de la sécurité affective.
  • Développement cognitif : Le développement cognitif regroupe l’évolution des processus de pensée, de l’attention, des connaissances et des comportements guidés par ces processus.
  • Approche bio-psycho-sociale : L’approche bio-psycho-sociale considère que les phénomènes humains résultent d’interactions entre dimensions biologiques, psychologiques et sociales.
  • Parentalisation : La parentalisation est le processus par lequel des adultes deviennent progressivement parents à travers les échanges, les soins et la co-construction relationnelle.

Points essentiels

  • Le développement de l’être humain est complexe et peut être envisagé sous plusieurs angles (psychomoteur, affectif, cognitif, etc.).
  • L’approche bio-psycho-sociale suppose une prise en compte globale du sujet via des dimensions bio, psycho, sociales et culturelles.
  • Le modèle bio-psycho-social (Engel, 1977) postule un continuum entre santé et maladie, influencé par des facteurs bio, psy et sociaux.
  • Les facteurs bio-psycho-sociaux agissent en interaction permanente et sont inter-reliés plutôt que séparés.
  • En perspective systémique, le fonctionnement d’un individu ne se comprend qu’en relation avec l’ensemble des éléments bio-psycho-sociaux qui y contribuent.
  • Le potentiel humain dépend de caractéristiques bio (physio), mais les actions sont aussi modulées par des aspects psychologiques (désirs, motivations, inhibitions) et par l’environnement social et culturel.

Astuce mémo

BPS = Bio + Psy + Social, en interaction (pas en cause unique).

3. Domaines du développement affectif, cognitif et social

Notions clés & Définitions

  • Parentalité : Parentalité : ensemble des réaménagements psychiques, affectifs et sociaux qui permettent à des adultes de devenir parents, puis d’exercer cette fonction.
  • Processus de parentalisation : Processus de parentalisation : dynamique réciproque où l’enfant et les parents se transforment mutuellement dans les échanges relationnels, les soins et la communication.
  • Parenthood : Parenthood : terme anglo-saxon désignant le fait de devenir parent, centré sur les aspects psycho-affectifs.
  • Parenting : Parenting : terme anglo-saxon désignant l’exercice de la parentalité, centré sur la manière d’être parent et sur les pratiques.
  • Attachement : Attachement : système relationnel qui conduit l’enfant à construire une sécurité interne à partir des réponses de ses donneurs de soins.

Points essentiels

  • La parentalité démarre avant la naissance, dès la grossesse, avec l’attente de l’enfant et des remaniements psychiques.
  • Après la naissance, les parents (biologiques ou non) se parentalisent via les interactions, les soins et la communication avec l’enfant.
  • La parentalité comprend deux dimensions : un process psychique de devenir parent et un exercice de parentalité orienté vers les besoins de l’enfant.
  • En attachement, l’enfant interagit avec ses donneurs de soins selon les réponses reçues, ce qui façonne un modèle de sécurité interne.
  • Les styles d’attachement varient selon les expériences relationnelles et les émotions suscitées par les échanges avec la figure d’attachement.
  • En cas de maltraitance ou de réponses indisponibles/incohérentes, l’enfant peut réduire ses signaux, se retirer, ou présenter une agitation masquant l’anxiété.

Astuce mémo

Parentalité = « avant + échanges + réciprocité » ; Attachement = « réponses des soins → sécurité interne ».

4. Environnement et notion de niche développementale

Notions clés & Définitions

  • Niche développementale : Cadre environnemental qui façonne le développement de l’enfant par les interactions, attentes et conditions de vie qui l’entourent.
  • Parentalité : Processus complexe de devenir parent, mêlant dimensions conscientes et inconscientes, et dépendant de facteurs multiples.
  • Dysparentalité : Terme décrivant des perturbations des relations parents-enfant pouvant aller d’un manque à un excès, avec effets possibles sur le développement.
  • Parentification : Processus familial de renversement générationnel où l’enfant prend des responsabilités plus importantes que ne le voudrait son âge ou sa maturation.
  • Dysparentalité et troubles du développement : Idée selon laquelle la dysparentalité peut contribuer à des troubles psychiques et/ou comportementaux chez l’enfant.

Points essentiels

  • La dysparentalité peut relever d’un défaut ou d’un excès dans les relations parents-enfant, par exemple carence affective ou hyperprotection.
  • Les perturbations peuvent être transitoires ou pérennes, et leur gravité varie selon qu’il s’agit de perturbation, défaillance ou relations pathogènes.
  • Des contextes familiaux dysfonctionnels peuvent favoriser la dysparentalité, comme maltraitance physique, abus sexuel, maltraitance psychologique, carences de soins, violence conjugale et incohérence éducative.
  • La dysparentalité peut contribuer à des difficultés chez l’enfant, notamment empathie, régulation émotionnelle, socialisation, estime de soi, conduites autodestructrices et agressivité.
  • La dysparentalité peut aussi témoigner d’une souffrance des parents, et pas seulement d’un problème côté enfant.
  • La parentification se situe au carrefour des approches attachementistes et psychanalytiques, avec un renversement des rôles générationnels au sein de la famille.

Astuce mémo

Dysparentalité = Défaillance ou Excès dans le lien; Parentification = Enfant prend le rôle d’adulte (trop tôt).

5. Approche bio-psycho-sociale du développement

Notions clés & Définitions

  • Parentification : La parentification est un renversement des rôles où un enfant prend des responsabilités parentales ou émotionnelles envers un adulte ou la famille.
  • Parentification légitime (adaptative) : La parentification légitime est une prise de responsabilité transitoire, reconnue et réciproque, qui reste compatible avec la dépendance de l’enfant.
  • Parentification illégitime : La parentification illégitime est une responsabilité chronique, non choisie et non reconnue, qui s’inscrit dans une relation de non-réciprocité et devient pathogène.
  • Enfant parental : L’enfant parental est un enfant à qui les parents délèguent officiellement des responsabilités sur la fratrie, avec un cadre délimité et parfois maturatif.
  • Scripte familial : Le scripte familial est un scénario relationnel implicite qui organise les rôles, les attentes et les réponses au stress au sein d’une famille.

Points essentiels

  • La parentification peut concerner l’enfant et aussi l’adulte, par exemple dans un couple où un partenaire devient parent pour l’autre.
  • La parentification est décrite comme une distorsion subjective des relations, souvent quand l’un des deux partenaires fait porter à l’enfant une fonction parentale.
  • La parentification devient particulièrement pathogène quand elle s’inscrit dans la non-réciprocité, la non-reconnaissance et la chronicité, en créant un déséquilibre durable.
  • Deux formes sont distinguées : la parentification légitime (transitoire, responsabilité temporaire, reconnaissance explicite, réciprocité affective) et la parentification illégitime (chronique, imposée, non reconnue, ins
  • La parentification illégitime s’accompagne d’un contexte de dette relationnelle et de sentiments comme injustice, colère et culpabilité.
  • Les rôles possibles chez l’enfant parentifié incluent soignant, bouc émissaire, enfant trop sage (sans demande apparente) et enfant médiateur, parfois cumulés.

Astuce mémo

Parentification = « enfant-parent » : si c’est transitoire et reconnu → adaptatif ; si c’est chronique et imposé → pathogène.

6. Parentalité : devenir parent et parentalisation

Notions clés & Définitions

  • Parentalité : La parentalité désigne l’ensemble des rôles et pratiques qui accompagnent l’enfant au quotidien, du soin à l’éducation, et qui se construisent avec le temps.
  • Parentalisation : La parentalisation correspond au fait de faire porter à l’enfant des responsabilités ou des charges émotionnelles qui relèvent normalement des adultes.
  • Maltraitance : La maltraitance est une atteinte au développement, aux droits ou aux besoins fondamentaux d’une personne vulnérable, liée à une relation de confiance, de dépendance ou de soin.
  • Violence intrafamiliale : La violence intrafamiliale regroupe les violences commises au sein de la famille envers l’enfant, le/la conjoint(e) et/ou d’autres membres de la famille.
  • Syndrome de Münchhausen par procuration : Le syndrome de Münchhausen par procuration est un comportement parental qui provoque ou simule une maladie chez l’enfant pour obtenir examens et traitements.

Points essentiels

  • La loi du 7 février 2022 définit la maltraitance comme une atteinte au développement, aux droits, aux besoins fondamentaux ou à la santé d’une personne vulnérable, via un geste, une parole, une action ou un défaut d’agir
  • Les maltraitances peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non, et leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle
  • Les violences incluent tout comportement visant à forcer une personne à agir contre son gré, à la dominer ou à l’isoler, et tout comportement créant un risque pour la santé, la survie, le développement ou la dignité
  • Les parents sont attendus sur trois axes : besoins physiques et soins, besoins psychoaffectifs (sécurité, attention, soutien) et besoins éducatifs
  • La violence intrafamiliale peut prendre plusieurs formes : physique, psychologique, sexuelle, exploitation (financière ou autre), négligence lourde, et syndrome de Münchhausen par procuration
  • Le syndrome de Münchhausen par procuration se caractérise par une mise en scène d’attention parentale tout en provoquant ou simulant la maladie de l’enfant pour obtenir des soins médicaux

Astuce mémo

Parentalité = Soins + Sécurité + Éducation ; Maltraitance = Atteinte via geste/parole/inaction envers une personne vulnérable.

7. Parentalité psychique et exercice de parentalité

Notions clés & Définitions

  • Maltraitance active : La maltraitance active correspond à un mauvais traitement par action non accidentelle qui provoque un dommage ou une maladie chez l’enfant.
  • Maltraitance par omission : La maltraitance par omission correspond à un mauvais traitement par défaut de soins ou de réponses aux besoins de l’enfant, mettant en péril son développement.
  • Négligence parentale : La négligence parentale est un mauvais traitement caractérisé par un manque de soins sur les plans santé, hygiène, alimentation, surveillance, éducation ou besoins affectifs.
  • Maltraitance psychique : La maltraitance psychique regroupe des conduites hostiles et destructrices qui atteignent l’estime de soi et la sécurité affective de l’enfant.
  • APSAC : L’APSAC est une société savante américaine qui propose des critères pour repérer la maltraitance émotionnelle chez l’enfant.

Points essentiels

  • En France, les décès d’enfants liés à des maltraitances sont estimés à 300–600 par an, dont certaines « morts inexpliquées du nourrisson ».
  • Les hospitalisations pour maltraitance concernent majoritairement des enfants de moins de 3 ans (80%) et une part importante de moins de 1 an (40%).
  • La maltraitance physique vise une action non accidentelle causant un dommage ou une maladie, tandis que l’abus sexuel implique un acte ou une stimulation sexuelle par un adulte ayant pouvoir/autorité.
  • La maltraitance psychique inclut notamment l’hostilité verbale chronique, les menaces d’abandon, et des actes empêchant les interactions sociales (enfermement, confinement).
  • La négligence grave vise l’absence ou l’insuffisance de réponses aux signaux et aux besoins de proximité, pouvant mener à indifférence, rejet affectif ou dénigrement.
  • Les effets des maltraitances psychiques et des négligences incluent humiliations et disqualifications, avec baisse de l’estime de soi et du sentiment de sécurité, ainsi que des troubles de l’attachement en cas de carence

Astuce mémo

Actif = je fais du mal ; Omission = je ne fais pas le nécessaire ; Psy = je détruis la sécurité affective ; Négligence = je coupe les soins et le lien.

8. Parentification : renversement générationnel et rôles

Notions clés & Définitions

  • Parentification : Processus où un enfant prend des responsabilités émotionnelles ou pratiques normalement dues aux adultes, ce qui renverse les rôles générationnels.
  • Violences éducatives ordinaires : Ensemble de violences présentées comme « éducatives » (corporelles ou psychiques) qui visent à contraindre l’enfant par la peur, l’humiliation ou la force.
  • Sévices éducatifs : Formes de maltraitance présentées comme éducation, qui deviennent préjudiciables quand elles installent un climat durable de stress et d’insécurité.
  • Cycle de violence : Mécanisme de transmission intergénérationnelle où l’enfant apprend la violence comme mode relationnel et peut la reproduire ensuite.
  • Stress chronique : Réponse d’alarme répétée ou prolongée qui dépasse l’adaptation et peut devenir pathogène, notamment en contexte de menace continue.

Points essentiels

  • La loi française du 2 juillet 2019 interdit l’exercice de l’autorité parentale sans violences psychologiques ou physiques, y compris les violences corporelles.
  • La loi de 2019 vise aussi les traitements cruels, dégradants ou humiliants, mais elle n’est pas accompagnée de sanctions spécifiques dédiées.
  • En droit pénal, des violences commises sur mineur de moins de 15 ans entraînant une incapacité de travail ou de travail personnel ≤ 8 jours peuvent relever de l’article 222-13, avec jusqu’à 3 ans de prison et 45 000€ d’«
  • Les violences « éducatives » incluent des actes physiques (tirer les cheveux/oreilles, pincer, secouer, mordre, taper, fessée) et des violences psychiques (menaces, humiliations, isolement, chantage).
  • Les résistances à l’interdiction s’expliquent notamment par la légitimation socio-culturelle des contraintes parentales, la tolérance sociale envers certaines violences corporelles et la méconnaissance des effets psychot
  • La reproduction intergénérationnelle s’appuie sur l’imitation et la fidélité envers les parents, et sur le déni des souffrances subies et infligées pour éviter la culpabilité et préserver le sens « pour son bien ».

Astuce mémo

Parentification = « l’enfant adulte » ; VEO = « Éducation par la peur » ; Cycle = « Frapper apprend à frapper ».

9. Maltraitances intrafamiliales et définitions OMS

Notions clés & Définitions

  • Trauma (DSM) : En psychiatrie, le trauma correspond à un ensemble de symptômes qui surviennent après l’exposition à un événement potentiellement traumatique.
  • Reviviscence : La reviviscence est une manifestation du trauma où le sujet revit le contenu traumatique de façon répétée.
  • Évitement : L’évitement est un symptôme du trauma où le sujet cherche à éviter les situations ou pensées qui rappellent l’événement initial.
  • Maltraitance éducative : La maltraitance éducative désigne des pratiques éducatives nocives envers l’enfant, qui peuvent être intentionnelles ou non.
  • Éducation bienveillante : L’éducation bienveillante (ou bientraitante) est une approche éducative qui protège le développement de l’enfant tout en maintenant des règles adaptées.

Points essentiels

  • Le tableau de stress post-traumatique (DSM) inclut notamment reviviscence, évitement, manifestations neurovégétatives et détresse clinique sévère.
  • La reviviscence se manifeste par des souvenirs répétitifs et des cauchemars liés au trauma.
  • L’évitement concerne les situations qui évoquent le trauma initial.
  • Les manifestations neurovégétatives comprennent notamment des troubles du sommeil, de la concentration et des sursauts.
  • La détresse clinique sévère est particulièrement marquée quand le sujet est exposé à des situations ressemblant aux événements traumatiques.
  • En situation de maltraitance, des mécanismes défensifs ou protecteurs peuvent être utilisés face à la maltraitance physique ou psychique, chez l’enfant, l’adolescent et l’adulte.

Astuce mémo

DSM = RÉE : Reviviscence, Évitement, (neurovégétatif) + détresse sévère quand ça rappelle le trauma.

Notions clés & Définitions

  • Violence éducative ordinaire : Notion désignant des pratiques éducatives quotidiennes qui peuvent être vécues comme violentes par l’enfant, même lorsqu’elles sont présentées comme « éducatives ».
  • Cadre légal 2019 : Ensemble des règles juridiques en vigueur en 2019 qui encadrent la question des violences envers les enfants dans le contexte éducatif.
  • Styles éducatifs parentaux : Catégories décrivant des façons typiques d’éduquer, combinant discipline, chaleur affective et contrôle des comportements.
  • Style démocratique structurant : Style parental caractérisé par une discipline exigeante associée à une forte chaleur affective et à un raisonnement qui guide l’enfant.
  • Style désengagé ou négligent : Style parental où la discipline et l’implication sont faibles, avec une faible sensibilité aux besoins affectifs et sociaux de l’enfant.

Points essentiels

  • Les styles parentaux se répartissent en tendances issues de modèles comme Baumrind, avec des appellations proches selon les auteurs (autoritaire, démocratique, permissif, désengagé).
  • Le style autoritaire combine exigences élevées et discipline coercitive avec faible affection et communication, ce qui crée une distance parents-enfant.
  • Le style démocratique (structurant) associe discipline élevée et affection, et utilise interrogation/raisonnement pour guider les choix de l’enfant.
  • Le style permissif se caractérise par beaucoup d’affection et de soutien, mais peu de discipline et peu d’exigences, avec un contrôle faible.
  • Le style désengagé (ou négligent) ajouté par Maccoby et Martin distingue des permissifs selon affection ou désengagement, et se traduit par indifférence et absence de soutien adéquat.
  • Les styles parentaux sont liés au développement : autoritaire favorise souvent la réussite scolaire mais peut réduire l’estime de soi et augmenter l’inhibition ou la rébellion selon l’âge.

Astuce mémo

Autoritaire = Autorité + Distance ; Démocratique = Discipline + Dialogue ; Permissif = Affection + Liberté ; Désengagé = Indifférence + Lâcher-prise.

11. Styles éducatifs parentaux et typologies

Notions clés & Définitions

  • Parentalité soutenante : Approche éducative contemporaine qui combine soutien émotionnel et encouragement à l’autonomie, proche d’un style structurant.
  • Éducation structurante : Style éducatif centré sur un cadre clair et un soutien, qui vise l’autonomisation de l’enfant plutôt que la simple obéissance.
  • Dissonance culturelle : Notion décrivant l’écart entre les pratiques et valeurs transmises par la famille et celles attendues par l’école.
  • Capital culturel familial : Ensemble de ressources culturelles transmises par la famille, qui peut entrer en décalage avec la culture scolaire.
  • Auto-élimination scolaire : Mécanisme par lequel certains élèves, surtout les plus démunis, se retirent du système scolaire (ou de certaines filières) avant ou pendant le parcours.

Points essentiels

  • Les pratiques éducatives varient selon le genre de l’enfant, son âge et le rang dans la fratrie, et peuvent aussi dépendre du parent concerné.
  • Les effets des styles éducatifs sont modulés par des contextes socio-culturels et peuvent changer au fil du temps.
  • Les garçons reçoivent plus souvent des pratiques permissives, tandis que les garçons sont plus exposés aux punitions corporelles et aux réprimandes.
  • Les filles sont plus souvent associées à des pratiques de raisonnement et de persuasion.
  • L’éducation soutenante est associée à une image de soi positive, une meilleure estime de soi, de meilleures capacités d’adaptation sociale et de meilleurs résultats scolaires.
  • La réussite scolaire et le décrochage résultent d’une combinaison de facteurs : diplôme des parents, adéquation ou non des pratiques familiales avec l’école, ambitions scolaires, confiance envers l’école, climat scolaire

Astuce mémo

Genre→punir/permise : garçons plus permissifs et plus punitions corporelles; filles plus persuasion; Soutenante = cadre + émotions + autonomie.

12. Secrets de famille : fonctions et effets transgénérationnels

Notions clés & Définitions

  • Secret de famille : Le secret de famille est une information intime ou douloureuse tenue cachée au sein du système familial, avec des effets possibles sur ceux qui savent et ceux qui ignorent.
  • Transmission intergénérationnelle : La transmission intergénérationnelle désigne la transmission de dysfonctionnements familiaux d’une génération à la suivante, quand les générations sont en contact.
  • Transmission transgénérationnelle : La transmission transgénérationnelle correspond à la transmission de difficultés psychiques sans que les descendants aient connu directement les ancêtres concernés.
  • Courant systémique : Le courant systémique étudie les secrets et leurs effets en considérant la famille comme un système où les perturbations circulent entre membres et générations.
  • Secret de filiation : Le secret de filiation concerne l’origine ou le statut familial (qui est le parent, l’adoption, la naissance), souvent vécu comme une atteinte identitaire.

Points essentiels

  • Certains secrets sont chargés d’émotions négatives comme la peur, la honte et la culpabilité, ce qui peut devenir un fardeau mobilisant beaucoup d’énergie pour maintenir le secret.
  • Les secrets peuvent entraver l’intégrité et la liberté des membres de famille, y compris de la personne qui n’est pas l’auteur du secret.
  • Bowen (1984) et Boszormenyi-Nagy (1963) sont parmi les premiers à analyser des dysfonctionnements familiaux transmis sur plusieurs générations.
  • Le secret peut être exploré comme source de perturbations familiales, pouvant conduire à une pathologie ou en faciliter l’installation.
  • Le secret peut aussi protéger : il peut agir comme bouclier contre une souffrance plus grande, même si cette protection est difficile à distinguer de la dimension pathogène.
  • Le secret peut produire des effets chez les témoins : ceux qui apprennent le secret d’un autre peuvent être aliénés, par exemple dans un cas où un frère sait un secret concernant sa sœur.

Astuce mémo

Savoir/Ne pas savoir : le secret pèse sur ceux qui gardent et sur ceux qui ignorent.

Repères chronologiques

DateÉvénement
17-2005Bronfenbrenner : modèle écologique du développement
1977Modèle bio-psycho-social (Engel) : continuum santé-maladie et interactions bio-psy-social
7 février 2022Loi : définition de la maltraitance (atteinte au développement/droits/besoins/santé d’une personne vulnérable via geste/parole/action/défaut d’agir)

Tableaux de synthèse

Styles éducatifs parentaux (tendances principales)

StyleDiscipline/contrôleChaleur/communication
AutoritaireNiveau élevé de discipline et exigences ; contrôle coercitifFaible affection et communication ; distance parents-enfant
Démocratique (structurant)Niveau élevé de discipline et exigences ; raisonnement/ interrogation pour guiderNiveau élevé d’affection, soutien et communication ; donne autonomie
PermissifNiveau faible discipline et exigences ; peu de demandes/contrôleNiveau élevé d’affection et soutien ; laisse l’enfant faire ce qu’il veut
Désengagé (négligent)Faible discipline et implication ; indifférenceRelations marquées par insensibilité/rejet et absence de soutien adéquat

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre développement social (relations, intégration, compétences psychosociales, adaptation) et développement affectif/cognitif : ce sont des dimensions distinctes.
  2. Croire que l’approche bio-psycho-sociale cherche une cause unique : le cours insiste sur l’interaction permanente et la perspective systémique (pas causalité linéaire).
  3. Mélanger parentalité et parentalisation : la parentalité = devenir/exercer des rôles de parent ; la parentalisation = faire porter à l’enfant des charges/responsabilités d’adultes.
  4. Confondre parentification légitime et illégitime : l’une est transitoire, reconnue et réciproque ; l’autre est chronique, imposée, non reconnue et pathogène.
  5. Assimiler maltraitance active et maltraitance par omission : actif = action non accidentelle ; omission = défaut de soins/réponses mettant en péril le développement.
  6. Penser que « violences éducatives ordinaires » = toujours intentionnelles ou forcément physiques : le cours inclut aussi violences psychiques (menaces, humiliations, isolement, chantage) et peut être involontaire.
  7. Croire que secret de famille = forcément nocif : le cours distingue des effets variables (protecteur vs pathogène) selon acteurs, contexte et cycle de vie.

Checklist Examen

  1. Définir le développement social à partir des modes relationnels, de l’intégration sociale, des compétences psychosociales et de l’adaptation aux événements de vie.
  2. Classer les facteurs influençant le développement en internes (endogènes) et externes (exogènes), puis citer les exemples d’exogènes (caractéristiques de famille/liens affectifs, environnements social et culturel).
  3. Expliquer ce que recouvre l’environnement en psychologie du développement (facteurs physiques, sociaux, relationnels, affectifs) et relier-le à la notion de niche écologique.
  4. Décrire la morale comme système de règles sur les actions et relations interpersonnelles construit à partir de la pratique sociale de l’enfant.
  5. Présenter le modèle écologique de Bronfenbrenner : interaction sujet-systèmes, niveaux (micro/méso/exo/macro) et chronosystème (influences liées au temps).
  6. Définir l’approche bio-psycho-sociale (Engel) : continuum santé-maladie, trois domaines (bio/psy/social) et principe d’inter-relation (pas causalité unique).
  7. Définir parentalité et parentalisation, puis distinguer les deux dimensions de la parentalité (process psychique devenir parent vs exercice répondant aux besoins de l’enfant).
  8. Expliquer l’attachement : sécurité interne construite à partir des réponses des donneurs de soins, et décrire les effets possibles de réponses indisponibles/incohérentes (retrait, agitation masquant l’anxiété).
  9. Définir dysparentalité et donner les deux directions (défaut/excès) avec exemples de contextes dysfonctionnels et effets possibles chez l’enfant (empathie, régulation émotionnelle, estime de soi, agressivité, etc.).
  10. Définir parentification et distinguer parentification légitime (adaptative) vs illégitime (pathogène), en précisant le rôle de la reconnaissance/réciprocité et la chronicité.
  11. Distinguer maltraitance active vs maltraitance par omission, puis relier négligence parentale et maltraitance psychique à leurs effets (sécurité affective, estime de soi, troubles de l’attachement).
  12. Connaître le cadre légal du cours sur la maltraitance (loi du 7 février 2022) et les formes de violences intrafamiliales (physique, psychologique, sexuelle, exploitation, négligence lourde, Münchhausen par procuration).
  13. Identifier les critères DSM du stress post-traumatique cités (reviviscence, évitement, manifestations neurovégétatives, détresse clinique sévère) et rappeler l’idée de mécanismes défensifs/protecteurs en contexte de mal‑
  14. Expliquer la violence éducative ordinaire (VEO) et la loi du 2 juillet 2019 : autorité parentale sans violences psychologiques ou physiques, avec exemples de VEO physiques et psychiques et l’idée de sévéices éducatifs (p

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Développement social et parentalité avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Dans cette perspective, qu’est-ce que la dysparentalité?

2. Quel style parental se caractérise par une faible discipline, une faible implication et une indifférence aux besoins de l’enfant?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Développement social et parentalité avec 24 flashcards interactives.

Développement social — définition ?

Construction des relations, intégration et adaptation.

Compétences psychosociales — rôle ?

Gérer émotions, relations et situations de vie.

Niche écologique — notion ?

Contextes façonnant le développement au-delà de l’environnement immédiat.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches