Fiche de révision : Dispersion et écotoxicologie des polluants

Plan du Cours

  1. Origines historiques de l’écotoxicologie
  2. Définitions et origines des polluants
  3. Enjeux et dépollution biologique
  4. Catégories de polluants
  5. Propriétés et circulation des polluants
  6. Propriétés et devenir des polluants
  7. Dispersion et transport atmosphériques
  8. Transferts vers les sols et les eaux
  9. Bioaccumulation et transferts trophiques
  10. Toxicité et classes de polluants
  11. Protocoles et bioessais écotoxicologiques
  12. Bioessais et évaluation des risques
  13. Monitoring et indicateurs biologiques
  14. Effets des polluants sur les populations
  15. Effets à l’échelle des écosystèmes
  16. Pollutions atmosphériques et effets
  17. Forêts et smog photochimique
  18. Pollutions des milieux aquatiques

Repères chronologiques

  1. 1939le chimiste suisse Paul Müller découvre les propriétés insecticides du DDT, largement utilisé après la guerre.
  2. 1952Un épisode de smog classique, le Great Smog, a touché Londres.
  3. 1953des oiseaux et des chats meurent dans la région de Minamata.
  4. 1962Rachel Carson publie Silent Spring, qui alerte sur les effets du DDT sur les oiseaux, notamment les espèces de proie situées au sommet des chaînes alimentaires.
  5. 1965un second foyer de la maladie de Minamata apparaît dans le bassin de la rivière Agano, dans la préfecture de Niigata.
  6. 1968l’origine méthylmercurielle de la maladie de Minamata est officiellement reconnue.
  7. 1968la cause cadmium de la maladie d’Itai-Itai est officiellement reconnue.
  8. 1972les États-Unis interdisent le DDT pour la plupart de ses usages.
  9. 1972Après l’interdiction du DDT aux États-Unis, les populations d’oiseaux se sont progressivement rétablies.
  10. 1974Mario Molina et Sherwood Rowland démontrent que les CFC peuvent détruire l’ozone stratosphérique.

1. Origines historiques de l’écotoxicologie

★ À maîtriser

  • La maladie de Minamata est une intoxication au méthylmercure provenant de poissons et de coquillages contaminés par les rejets de l’usine chimique Chisso dans la baie de Minamata.

  • Le méthylmercure franchit la barrière hémato-encéphalique et le placenta ; une exposition fœtale peut causer de graves atteintes cérébrales même si la mère présente peu ou pas de symptômes.

  • La maladie d’Itai-Itai est une intoxication chronique au cadmium lié aux rejets miniers et au raffinage du zinc dans le bassin de la rivière Jinzu ; l’eau d’irrigation, le riz et l’eau de boisson y ont été contaminés.

  • Dans la maladie d’Itai-Itai, le cadmium s’accumule dans les reins, provoque une atteinte rénale puis une ostéomalacie, responsable de douleurs intenses.

  • Le DDT est stable et lipophile, ce qui le rend fortement bioaccumulable.

Compléments

  • La Convention de Stockholm de 2001 vise l’élimination des polluants organiques persistants, mais autorise sous conditions strictes un usage sanitaire du DDT contre les moustiques vecteurs du paludisme.

2. Définitions et origines des polluants

Notions clés & Définitions

  • Écotoxicologie : François Ramade, 2007 - la science qui étudie les polluants toxiques dans les écosystèmes et dans toute la biosphère
  • Polluant : un agent biologique, physique ou chimique susceptible, dans certaines conditions, d’avoir des effets négatifs sur tout ou partie d’un écosystème ou de l’environnement

★ À maîtriser

📌 La toxicologie classique s’intéresse surtout aux effets d’une substance sur un organisme individuel, tandis que l’écotoxicologie étudie aussi les populations, les communautés, les écosystèmes et la biosphère.

  • La toxicité d’une substance dépend de la dose, de la durée d’exposition et du milieu ; une molécule naturelle indispensable, comme le cortisol, peut contaminer les milieux lorsqu’elle y est rejetée en excès.

📌 Les polluants chimiques hydrosolubles circulent avec l’eau, tandis que les polluants lipophiles s’accumulent dans les tissus gras des organismes et dans les sédiments.

📌 Les polluants ont une origine naturelle ou anthropique ; une origine naturelle ne garantit pas l’innocuité, comme l’illustre l’arsenic des roches et des volcans.

Compléments

  • La hiérarchie de complexité biologique progresse ainsi : (Ramade) :

    • la molécule
    • la cellule
    • l’organisme
    • la population
    • la communauté
    • l’écosystème
    • la biosphère
  • D’après Behra (2013), environ 5 milliards de tonnes de produits chimiques sont synthétisées chaque année dans le monde, dont 1 milliard en Europe.

  • Après leur libération, les polluants se dispersent dans l’environnement et s’accumulent sur des substrats tels que les sols, les sédiments et les êtres vivants.

  • Les polluants peuvent atteindre tous les compartiments de l’écosystème : l’air, l’eau, le sol et les êtres vivants.

  • Les sources naturelles citées comprennent : les gaz des volcans, les minéraux présents dans les sols et les eaux, les hydrocarbures issus des incendies

  • Les sources anthropiques citées comprennent : la production d’énergie nucléaire, pétrolière, gazière ou charbonnière, les activités agricoles, dont les engrais et les pesticides, les activités industrielles, les décharges dans les sols et les cours d’eau

Astuce mémo

Naturel ne signifie pas inoffensif : arsenic des roches et polluants issus des activités humaines.

3. Enjeux et dépollution biologique

Notions clés & Définitions

  • Bioremédiation : utilise des organismes vivants ou leurs enzymes pour dégrader ou immobiliser des polluants

★ À maîtriser

  • L’écotoxicologie rétrospective évalue a posteriori les effets, la persistance et les transferts d’une pollution déjà survenue, tandis que l’écotoxicologie prédictive anticipe a priori les effets potentiels de nouvelles substances avant leur mise sur le marché.

  • Un traitement est in situ lorsqu’il s’effectue directement dans le milieu pollué, et ex situ lorsque le milieu est d’abord extrait ou déplacé.

  • La biostimulation stimule les organismes déjà présents dans le sol pollué, par exemple par un apport de nutriments ou d’oxygène, tandis que la bioaugmentation y incorpore des organismes capables de dégrader le polluant.

  • La phytoextraction fait absorber le polluant par les racines puis le stocker dans les parties aériennes récoltées, tandis que la rhizofiltration utilise les racines pour extraire les contaminants d’une eau.

  • Les plantes utilisées en phytoremédiation doivent être récoltées avant leur mort pour éviter le retour des polluants au sol, puis enfouies ou incinérées de façon contrôlée, jamais brûlées à ciel ouvert.

Compléments

  • Le support rapporte environ 30 000 décès anticipés par an liés à la pollution atmosphérique urbaine.

  • Le support rapporte un doublement de la prévalence des maladies allergiques respiratoires en vingt ans.

  • Le support indique une dégradation continue de la qualité de l’eau dans le milieu naturel.

  • Le support rapporte que 14 % des couples qui consultent pour des difficultés à concevoir pourraient être concernés par des expositions à des substances toxiques pour la reproduction.

  • Le support estime que 7 à 20 % des cancers sont imputables à des facteurs environnementaux.

  • Le support rapporte que près d’un million de travailleurs sont exposés à des substances cancérogènes.

  • Selon les notes de cours, l’approche écotoxicologique a priori est aujourd’hui la plus courante.

  • La recherche en écotoxicologie étudie la contamination, le comportement et les effets des polluants ainsi que leurs conséquences écologiques à grande échelle spatiale et temporelle, des paysages à la biosphère.

  • Les démarches écotoxicologiques visent à prévenir les dommages irréparables, notamment par des normes de protection de l’environnement.

📌 Face à une pollution existante, la remédiation peut fermer les sites pollués ou les restaurer, notamment à l’aide d’outils biologiques visant à résoudre la pollution ou à rétablir, voire maximiser, un service écosystémique.

Astuce mémo

Rétrospective = diagnostic après pollution ; prédictive = pronostic avant mise sur le marché.

4. Catégories de polluants

Notions clés & Définitions

  • Eutrophisation : un déséquilibre causé par un apport excessif de nutriments, principalement de phosphore et d’azote, provenant notamment des engrais, des effluents d’élevage, des lessives et des rejets domestiques
  • Ozone stratosphérique : situé dans la basse stratosphère, absorbe une grande partie des rayonnements ultraviolets nocifs pour le vivant

★ À maîtriser

  • Les métaux considérés comme les plus nocifs sont :

    • l’arsenic
    • le cadmium
    • le mercure
    • le plomb
  • L’eutrophisation déclenche une prolifération d’algues ou de cyanobactéries, dont la décomposition bactérienne consomme l’oxygène dissous et entraîne une hypoxie puis une anoxie, la mortalité des poissons et des invertébrés, et un effondrement de la biodiversité.

  • Les familles et composés organiques cités sont : les polluants organiques persistants (POP), dont le DDT, les polychlorobiphényles (PCB), les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les dioxines et furanes, les chlorofluorocarbones (CFC), les phtalates

  • 🔄 La destruction de l’ozone par les CFC suit ces étapes :

    1. les CFC stables atteignent la stratosphère
    2. les ultraviolets les photodissocient
    3. du chlore actif est libéré
    4. le chlore actif détruit les molécules d’ozone

📌 L’ozone troposphérique est un polluant secondaire formé près du sol à partir d’oxydes d’azote et de composés organiques volatils, contrairement à l’ozone stratosphérique protecteur.

Compléments

  • Dans les milieux aquatiques, les composés métalliques sont principalement présents sous forme d’éléments traces, à des concentrations de l’ordre du nanogramme ou du microgramme par litre.

  • Les composés non métalliques cités comprennent :

    • les nitrates
    • les phosphates
    • les cyanures
    • les fluorures
    • l’amiante
  • Dans les sédiments privés d’oxygène, le phosphore est relargué et entretient la prolifération biologique.

  • En eau douce, le phosphore est généralement le facteur limitant de la croissance des algues, tandis que dans les eaux marines côtières l’azote limite souvent la production en été. - Planet-Vie ENS ; INRAE

  • Les polluants organiques sont des composés carbonés contenant au minimum du carbone et de l’hydrogène et présentant une toxicité importante pour les êtres vivants.

  • Les notes de cours demandent de retenir en priorité les POP et les HAP parmi les familles de polluants à chaînes carbonées.

  • Les HAP se forment surtout lors de combustions incomplètes liées aux moteurs, au chauffage, aux incendies ou à l’industrie, et sont également présents dans le pétrole brut.

  • Les CFC sont notamment utilisés comme gaz réfrigérants, propulseurs d’aérosols et composants de mousses.

Astuce mémo

Excès de nutriments → prolifération biologique → manque d’oxygène.

5. Propriétés et circulation des polluants

Notions clés & Définitions

  • Pression de vapeur saturante : la pression à laquelle les phases liquide et gazeuse d’une substance sont en équilibre à une température donnée
  • Temps de demi-vie : le temps nécessaire à l’élimination de 50 % d’un polluant
  • Coefficient de partage octanol-eau : mesure la répartition d’un composé entre l’octanol, qui imite les graisses, et l’eau
  • Rémanence : l’aptitude d’un polluant à demeurer dans un milieu pendant des mois, voire des années dans l’eau souterraine

★ À maîtriser

  • Les composés très solubles dans l’eau sont généralement facilement lixiviables vers les eaux souterraines.

  • Plus la pression de vapeur saturante d’une substance est élevée, plus le liquide s’évapore rapidement.

📌 Une forte pression de vapeur favorise la volatilisation vers l’air, tandis qu’une forte solubilité favorise la lixiviation vers l’eau.

📌 L’adsorption est la fixation d’une substance à la surface d’une particule, vivante ou non, tandis que l’absorption est son passage à l’intérieur d’un organisme vivant.

📐 Formule - Le coefficient de partage octanol-eau vérifie Kow=CoCwK_{ow} = \frac{C_o}{C_w}, où CoC_o est la concentration du soluté dans l’octanol et CwC_w sa concentration dans l’eau.

  • L’atmosphère transporte les polluants sur de grandes distances et les redistribue vers les sols et les eaux, d’où ils passent dans les êtres vivants.

Compléments

  • La solubilité dans l’eau est exprimée en mg/L à 20 °C.

  • Un produit phytosanitaire trop soluble risque de descendre vers les nappes et de contaminer l’eau consommée, et ces produits peuvent aussi être dispersibles grâce à des adjuvants sans être toujours solubles.

  • Dans les nappes, le temps de demi-vie du toluène est de 0,5 à 1 jour, tandis que celui de l’anthracène est de 100 jours à 2,5 ans.

  • L’adsorption dépend notamment de la charge électrique du polluant et peut se produire sur l’argile ou la matière organique du sol.

  • Plus Kow augmente, plus une molécule est lipophile et plus son adsorption et sa bioaccumulation augmentent ; au-dessus de 100, un composé est très adsorbé.

  • Le coefficient Kow est le plus souvent exprimé par son logarithme, log Kow.

Astuce mémo

Forte pression de vapeur : air ; forte solubilité : eau.

6. Propriétés et devenir des polluants

Notions clés & Définitions

  • Coefficient Kow : Coefficient de partage qui mesure la tendance d’un composé à se répartir entre une phase organique, représentée par l’octanol, et l’eau.

★ À maîtriser

📌 La Convention de Stockholm retient comme critère de bioaccumulation un facteur de bioconcentration supérieur à 5 000 ou, à défaut de données, un log Kow supérieur à 5 (Annexe D).

Compléments

  • Dans les nappes, le DT50 du toluène est de 0,5 à 1 jour et celui de l’anthracène de 100 jours à 2,5 ans.

  • Lorsque Kow augmente, la molécule est plus lipophile et son adsorption ainsi que sa bioaccumulation augmentent.

  • D’après les notes, un composé ayant un Kow supérieur à 100 est très adsorbé.

  • Le Kow est un indicateur de dépistage qui ne rend pas compte des transports actifs ni des molécules ionisées et ne constitue pas une mesure définitive (Integr. Environ. Assess. Manag., 2023).

  • Le Kow est généralement exprimé par son logarithme, le log Kow.

Astuce mémo

Forte pression de vapeur : air ; forte solubilité : eau

7. Dispersion et transport atmosphériques

Notions clés & Définitions

  • Temps de séjour : Durée pendant laquelle une particule demeure dans l’atmosphère, dépendant de l’efficacité des mécanismes physico-chimiques d’élimination.

★ À maîtriser

  • Après son émission, un polluant peut être transporté par l’atmosphère sur de grandes distances, puis redistribué vers les sols, les eaux et les êtres vivants.

  • Un composé peut passer dans l’air sous forme de fines particules s’il est solide, d’aérosols s’il est liquide, par évaporation si sa tension de vapeur est suffisante, ou directement s’il est gazeux.

  • Un air stagnant favorise l’accumulation des polluants et la formation de smog.

📌 En France, l’arrêté du 4 mai 2017 interdit l’utilisation de produits phytopharmaceutiques lorsque le vent dépasse le degré 3 de l’échelle de Beaufort, soit environ 19 km/h, ou lorsque les précipitations dépassent 8 mm par heure.

📌 Un composé réactif est transformé plus vite et persiste moins longtemps sous sa forme d’origine qu’un composé stable, qui peut voyager loin.

  • Les courants troposphériques et stratosphériques homogénéisent et dispersent les polluants, ce qui rend leur connaissance essentielle à l’étude de la pollution de la biosphère.

  • La distance parcourue dépend de :

    • l’intensité de l’émission
    • l’altitude d’injection
    • la taille des particules
    • la stabilité chimique de la substance
  • Dans la troposphère, NO2 et SO2 sont transformés en quelques jours en nitrates et sulfates, associés aux acides nitrique et sulfurique, qui retombent avec les pluies (CITEPA).

  • Le temps de séjour indiqué est d’environ 30 jours pour les aérosols de la troposphère moyenne vers 6 000 m, de 2 mois à la tropopause, de 1 an dans la basse stratosphère à 15–18 km et de 2 à 3 ans dans la stratosphère à 30 km.

Compléments

  • Les pratiques de traitement des cultures et les rejets industriels doivent tenir compte des conditions météorologiques et de la stabilité de l’atmosphère.

  • La volatilité des polluants et les mouvements météorologiques sont deux facteurs déterminants de leur dispersion atmosphérique.

  • 🔄 Le devenir atmosphérique peut suivre cette séquence :

    1. Le polluant stable ne se dépose pas près de sa source.
    2. Il suit les mouvements verticaux et monte dans l’atmosphère.
    3. Il est stocké dans les nuages et l’eau de pluie.
    4. Il retombe sous forme de retombées acides qui érodent les paysages.
  • Plus une molécule reste longtemps dans l’atmosphère, plus son potentiel polluant est important.

  • Les mouvements horizontaux troposphériques comprennent : les jet-streams à la tropopause, le mistral dans la basse troposphère en France, la tramontane dans la basse troposphère en France, les cyclones des latitudes tropicales

  • Les jet-streams à la tropopause ont une vitesse de 35 à 100 m·s-1.

Astuce mémo

Air stagnant → accumulation des polluants et formation de smog

8. Transferts vers les sols et les eaux

★ À maîtriser

  • Les polluants atmosphériques retournent aux sols et aux eaux par dépôts humides, notamment les pluies, brouillards et neige, et par dépôts secs.

  • Dans le sol, un produit phytosanitaire peut : rester adsorbé dans les premiers centimètres du sol, se dégrader par des processus biologiques, chimiques ou photochimiques, être absorbé par les plantes, ruisseler vers les eaux de surface, descendre en profondeur vers la nappe s’il est soluble

  • Dans l’eau, une molécule polluante se répartit entre une fraction dissoute et une fraction en suspension, et peut subir des mouvements verticaux et horizontaux.

  • Les particules en suspension peuvent adsorber le polluant, sédimenter et être transportées vers les fonds, où les sédiments forment un stock susceptible de le relarguer à très long terme.

Compléments

  • Les dépôts humides transportent des aérosols et des gaz dissous.

  • Les échanges de polluants entre l’atmosphère, les sols et les eaux se font dans les deux sens, car les polluants peuvent remonter dans l’air par volatilisation ou remise en suspension.

  • Un produit phytosanitaire volatil qui ne se dégrade pas peut se retrouver dans l’atmosphère.

  • Dans le milieu aquatique, une molécule polluante peut être dégradée ou complexée avec d’autres molécules.

Astuce mémo

Dépôts humides par les précipitations ; dépôts secs sans précipitations

9. Bioaccumulation et transferts trophiques

Notions clés & Définitions

  • Biodisponibilité : Fraction de la quantité totale d’un polluant présente dans le biotope qui est effectivement absorbable par un organisme.
  • Bioaccumulation : Processus d’absorption par lequel les êtres vivants accumulent des polluants dans leur organisme.
  • Bioconcentration : Cas particulier de bioaccumulation où la concentration du polluant dans l’organisme dépasse celle du milieu, qui peut être l’eau, le sol ou l’air.
  • Bioamplification : Augmentation de la concentration de polluants persistants, peu ou pas biodégradables, à chaque maillon de la chaîne trophique.
  • Organotropisme : Affinité d’un polluant pour certains organes.

★ À maîtriser

  • Les êtres vivants se répartissent en producteurs (végétaux), consommateurs (animaux) et décomposeurs (champignons et bactéries).

📐 Formule - Le facteur de bioconcentration vérifie BCF=[polluant]organisme[polluant]biotopeBCF=\frac{[polluant]_{organisme}}{[polluant]_{biotope}}.

📌 Le facteur de bioaccumulation (BAF) prend en compte toutes les voies d’exposition, y compris l’alimentation, tandis que le facteur de bioconcentration (BCF) ne prend en compte que l’absorption à partir du milieu.

  • La concentration maximale admissible du DDT est de 0,14 mg·kg-1, tandis que la concentration mesurée dans le lait maternel est de 19,8 mg·kg-1.

Compléments

  • Les polluants peuvent être transférés dans les êtres vivants, y être métabolisés ou y être stockés.

📌 Un polluant fortement adsorbé sur les argiles est peu biodisponible, tandis qu’un polluant dissous est beaucoup plus biodisponible.

  • Un organisme qui accumule un polluant est dit bioaccumulateur, mais certains organismes dégradent ou éliminent le polluant et ne l’accumulent donc pas systématiquement.

  • Un exemple de bioamplification du DDT dans un agroécosystème suit la chaîne sol enherbé → bovins → lait et/ou viande → femme → lait maternel.

  • La concentration de DDT dans le lait maternel est environ 140 fois supérieure à la concentration maximale admissible.

  • Un autre exemple de transfert du DDT suit la chaîne sol → détritus végétaux → vers de terre → merles migrateurs.

  • 🔄 Le DDT progresse dans la chaîne marine :

    1. du producteur
    2. vers les consommateurs primaires
    3. puis vers les consommateurs secondaires
    4. jusqu’aux oiseaux de mer comme les goélands

Astuce mémo

Sol → organismes du sol → oiseaux ou consommateurs supérieurs

10. Toxicité et classes de polluants

Notions clés & Définitions

  • Toxicité subaiguë : La toxicité subaiguë correspond à une concentration inférieure à celle de la toxicité aiguë, avec une proportion significative de la population qui survit.
  • Toxicité à long terme : Résulte d’une exposition permanente ou répétée, éventuellement à faibles doses.
  • PBT : Substances persistantes, bioaccumulatives et toxiques.

★ À maîtriser

📌 La toxicité aiguë provoque la mort ou de graves troubles physiologiques dans un délai court et peut suivre une ou plusieurs expositions.

  • Les grandes classes de polluants sont : les métaux ou éléments traces métalliques (ETM), les éléments radioactifs, les composés organiques

  • Les polluants organiques persistants (POP) sont associés à la Convention de Stockholm de 2001.

  • Les POP se caractérisent par :

    • la toxicité
    • la persistance dans l’environnement
    • la bioaccumulation
    • le transport à longue distance
  • La liste initiale des POP compte douze substances réparties entre neuf pesticides, deux produits chimiques industriels et des sous-produits non intentionnels.

Compléments

  • Les exemples cités sont :

    • les microplastiques
    • le plomb
    • l’alcool
    • l’amiante
  • Le chiffre inscrit dans le triangle d’une bouteille en plastique est un code d’identification de la résine, et non un nombre de remplissages ; les codes cités sont 1 pour le PET, 2 pour le PEHD et 3 pour le PVC (ASTM).

  • Les composés organiques cités comprennent :

    • les HAP
    • les PCB
    • les dioxines et furanes
    • les pesticides
    • les plastifiants
    • les médicaments
  • Ces classes sont considérées comme polluantes parce que leurs substances sont souvent peu ou pas biodégradables et que leur usage est limité à des degrés variables selon les pays.

  • Les neuf pesticides sont : (Convention de Stockholm) :

    • l’aldrine
    • le chlordane
    • le DDT
    • la dieldrine
    • l’endrine
    • l’heptachlore
    • l’hexachlorobenzène
    • le mirex
    • le toxaphène
  • Les produits chimiques industriels mentionnés sont l’hexachlorobenzène et les PCB.

  • Les sous-produits non intentionnels mentionnés sont :

    • les dioxines
    • les furanes
    • les PCB
    • l’hexachlorobenzène
  • Les substances PBT sont classifiées par le règlement européen REACH, dont le nom développé est Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals.

11. Protocoles et bioessais écotoxicologiques

Notions clés & Définitions

  • Bioessai : Tests de toxicité effectués sur des organismes vivants pour évaluer les effets des polluants.
  • CL50 : Concentration du polluant dans le milieu qui tue 50 % des organismes testés dans les conditions de l’essai.
  • DL50 : Dose administrée qui tue 50 % des organismes, notamment lorsque le polluant est apporté par l’alimentation ou injecté.
  • TL50 : Temps au bout duquel 50 % de la population est morte.

★ À maîtriser

  • Les outils d’évaluation sont :
    • les bioessais
    • le monitoring
    • les bioindicateurs
    • les biomarqueurs

📌 Le cours associe l’approche rétrospective, a posteriori et diagnostique, aux études de laboratoire in vitro, et l’approche prédictive, a priori et pronostique, aux études dans la nature in situ.

📌 Un protocole doit respecter la représentativité, c’est-à-dire refléter les conditions du milieu réel, et la reproductibilité, c’est-à-dire permettre à un autre laboratoire de retrouver le même résultat.

Compléments

📌 Le diaporama range les bioessais dans le diagnostic a posteriori et le monitoring, les biomarqueurs et les bioindicateurs dans le pronostic a priori.

  • Les études a posteriori sont souvent conduites en laboratoire sur différents organismes et compartiments, notamment pour documenter la durée de persistance des polluants.

  • Les études a priori utilisent des tests de toxicité sensibles, étudient la transmission du polluant et comportent des tests au champ.

  • Dans l’évaluation réglementaire des pesticides, la démarche prédictive par paliers commence par des bioessais de laboratoire sur quelques espèces standard, puis passe, si un risque est suspecté, à des mésocosmes ou à des études de terrain (FAO ; EFSA).

  • Les bioessais servent aussi à prévoir les risques et pas uniquement à établir un diagnostic rétrospectif.

  • Les bioessais se répartissent en trois grandes catégories.

  • Les tests létaux normalisés s’appuient sur des normes AFNOR, souvent transposées de normes ISO, ainsi que sur des lignes directrices de l’OCDE.

  • Dans les tests de toxicité aiguë, les paramètres létaux sont généralement évalués après 24 ou 48 heures d’exposition.

  • Certains essais normalisés durent plus de 48 heures : le test aigu sur poisson dure 96 heures (OCDE 203), tandis que celui sur daphnie dure 48 heures (OCDE 202).

12. Bioessais et évaluation des risques

Notions clés & Définitions

  • Bioessai : Test de toxicité effectué sur des organismes vivants pour évaluer les effets des polluants.

★ À maîtriser

  • Les bioessais comprennent trois catégories :

    • tests létaux
    • tests sublétaux
    • tests des effets mutagènes, cancérogènes et tératogènes
  • Les tests sublétaux étudient notamment :

    • la croissance des algues unicellulaires
    • l’inhibition de l’activité biologique
    • l’inhibition de la photosynthèse
    • la perturbation de la reproduction

📌 Dans l’évaluation européenne des produits phytosanitaires aquatiques, la concentration acceptable est calculée en divisant la CL50 ou la CE50 aiguë du poisson ou de la daphnie par 100. - FAO ; EFSA

Compléments

  • Les tests létaux sont normalisés selon des normes AFNOR, souvent transposées des normes ISO, et des lignes directrices de l’OCDE.

  • Les organismes testés comprennent notamment :

    • des daphnies
    • des poissons comme la truite arc-en-ciel
    • des vers de terre
    • des plantes monocotylédones
    • des plantes dicotylédones
  • Dans les tests de toxicité aiguë, la CL50, la DL50 ou le TL50 sont généralement évalués après 24 ou 48 heures d’exposition.

  • Le test aigu sur poisson selon l’OCDE 203 dure 96 heures, tandis que le test aigu sur daphnie selon l’OCDE 202 dure 48 heures.

  • Les tests sublétaux évaluent des troubles physiologiques à des concentrations plus faibles que celles qui tuent les organismes.

  • L’essai normalisé de croissance des algues suit leur croissance pendant 72 heures selon l’OCDE 201.

📌 Les tests mutagènes, cancérogènes et tératogènes évaluent respectivement les effets sur le matériel génétique, l’apparition de cancers et le développement embryonnaire, notamment les malformations.

📌 Pour les effets chroniques évalués par la NOEC et pour les algues, le facteur de sécurité est de 10. - FAO ; EFSA

  • Les tests mutagènes, cancérogènes et tératogènes sont souvent réalisés sur le rat et participent à la protection de la santé publique.

Astuce mémo

Létal, sublétal, génétique : du décès aux effets différés

13. Monitoring et indicateurs biologiques

Notions clés & Définitions

  • Biomarqueur : Lagadic et al., 1997 - Changement structural ou fonctionnel caractérisant la réaction d’un organisme exposé à un polluant, mesuré à l’échelle infra-individuelle, par exemple moléculaire, enzymatique, cellulaire ou organique.
  • Bioindicateur : Organisme, espèce ou communauté dont la présence, l’absence ou l’état renseigne sur la qualité du milieu.
  • Bioaccumulateur : Organisme qui concentre le polluant dans ses tissus.

★ À maîtriser

📌 Le monitoring chimique mesure la contamination des biotopes, tandis que le biomonitoring évalue chez des espèces choisies la quantité, la distribution et les effets des polluants.

  • 🔄 L’inhibition de l’ALAD par le plomb entraîne : une diminution de la synthèse de l’hème, une diminution de l’hémoglobine fonctionnelle et une anémie, l’accumulation d’acide δ-aminolévulinique dans le plasma et les urines

  • Un bon bioindicateur peut accumuler le polluant sans que sa reproduction soit affectée, est sédentaire, abondant et largement distribué, longévif, assez grand pour être échantillonné et facile à échantillonner.

Compléments

  • Le monitoring chimique vérifie que les polluants ne sont pas rejetés au-delà d’un seuil critique de concentration.

  • Le pronostic écotoxicologique évalue les effets sur les peuplements, voire sur des biocénoses entières.

  • Un biomarqueur indique si l’organisme rejette le polluant ou le bioaccumule et renseigne sur la pression polluante exercée sur le milieu.

  • Les biomarqueurs sont classés en biomarqueurs d’exposition, d’effet et de sensibilité. - Sakai

  • Le DDT provoque un amincissement de la coquille des œufs de goélands et d’autres oiseaux, ce qui constitue un biomarqueur structural.

  • L’hème intervient dans la synthèse de l’hémoglobine et constitue le noyau qui fixe le fer.

  • Le plomb inhibe aussi la coproporphyrinogène oxydase et la ferrochélatase, mais l’ALAD est l’enzyme la plus sensible et constitue un biomarqueur classique d’effet. - Sakai ; Cent Eur J Public Health, 2007

  • Un bioindicateur est observé au niveau de l’organisme entier ou de la population et, selon les notes, réagit à un spectre large de molécules.

📌 Un bioindicateur négatif régresse ou disparaît sous l’effet de la pollution, tandis qu’un bioindicateur positif est une espèce opportuniste qui occupe la place laissée vacante.

  • Les mousses aquatiques, qui ont un fort potentiel de bioaccumulation, servent à mettre en évidence la pollution des eaux fluviales par le zinc. - Ramade

Astuce mémo

Biomarqueur : organisme ; bioindicateur : population ou milieu

14. Effets des polluants sur les populations

Notions clés & Définitions

  • Population : Plus petite unité fonctionnelle d’un écosystème et premier niveau où un polluant a des conséquences proprement écologiques, au-delà des effets individuels.
  • Mortalité embryonnaire : Mort d’embryons dans l’œuf ou in utero ; les stades précoces du développement sont généralement plus sensibles que les adultes.

★ À maîtriser

  • Les cinq axes d’étude sont :

    • la mortalité
    • la mortalité embryonnaire
    • la reproduction
    • la croissance
    • l’adaptation aux polluants
  • La répétition de traitements avec une même substance sélectionne les individus résistants, qui survivent et se reproduisent, rendant progressivement la population résistante et pouvant entraîner la repousse après traitement.

  • Le DDT se transforme dans l’environnement en DDE, un métabolite aussi persistant que le DDT, qui s’accumule dans les œufs des oiseaux de proie et des oiseaux marins et amincit leurs coquilles.

Compléments

  • Une forte concentration de polluant peut tuer des individus de façon plus ou moins sélective selon l’espèce, et cet effet est mesuré par les tests létaux.

  • Les protocoles de toxicité incluent des essais sur des stades embryonnaires de poissons en raison de leur sensibilité précoce.

  • Dans les formes fœtales de la maladie de Minamata, le méthylmercure maternel atteint le cerveau en formation.

  • La reproduction est souvent atteinte avant la mortalité dans les populations exposées aux polluants.

  • Dans les lacs acidifiés, la croissance et la reproduction des truites de lac ralentissent dès un pH de 6,5.

  • Les micro-organismes et les insectes développent le plus vite des résistances, car les organismes complexes ont des générations plus longues et des populations plus petites.

  • Les populations concernées comprennent notamment :

    • le pygargue à tête blanche
    • le balbuzard pêcheur
    • le faucon pèlerin
    • le pélican brun
  • Le lien entre le DDE et l’amincissement des coquilles est d’abord apparu comme une corrélation, puis des expériences de laboratoire ont montré que le DDE pouvait en être la cause. - EPA

  • Le DDT a une activité œstrogénique et le DDE bloque la fixation des androgènes sur leur récepteur ; dans la glande coquillère, un taux élevé de DDE perturbe le métabolisme du calcium et de certaines prostaglandines, réduisant le dépôt de carbonate de calcium. - Barresi, Developmental Biology

  • Les mécanismes complets de l’amincissement des coquilles par le DDE ne sont pas tous établis avec certitude, et la sensibilité varie selon les espèces : les rapaces sont très sensibles, contrairement à la poule et à la caille qui le sont beaucoup moins.

Astuce mémo

Mortalité, embryons, reproduction, croissance, adaptation

15. Effets à l’échelle des écosystèmes

★ À maîtriser

  • Une population dépend notamment : (Ramade, 2007) :

    • de ses proies
    • de ses prédateurs
    • de ses concurrents
    • de son milieu physique
  • La concentration et la durée d’action conditionnent l’action écotoxicologique ; les effets augmentent avec la concentration et leur échelle dépend du temps d’action.

Compléments

  • L’action d’un polluant peut toucher successivement les populations les plus sensibles, puis la structure et le fonctionnement de l’écosystème, puis l’écosystème tout entier. - Ramade, 2007

  • L’impact des polluants est évalué au moyen d’une chaîne graduelle d’études, et le processus s’arrête si un effet inacceptable apparaît à une étape.

  • La chaîne d’évaluation, longue et lourde, explique que la mise en place d’un produit phytosanitaire prenne du temps et que son retrait du marché soit difficile.

Astuce mémo

Concentration et durée → effets écologiques croissants

16. Pollutions atmosphériques et effets

Notions clés & Définitions

  • Ozone troposphérique : Polluant secondaire qui n’est pas émis directement et se forme dans l’atmosphère à partir de polluants primaires.

★ À maîtriser

  • Les émissions de SO2 et de NOx provenant principalement des usines, des centrales thermiques, des fonderies et des véhicules se transforment en acides sulfurique et nitrique, puis retombent avec les précipitations ou sous forme sèche, parfois loin de leur source selon les vents.

  • Les pluies acides érodent les matériaux et les paysages, acidifient les sols et les eaux, perturbent le pH et lessivent le calcium, le magnésium et le potassium des sols.

  • Dans les cours d’eau des Vosges, les seuils associés à la quasi-disparition des truites sont un pH de 5,5 et une teneur en aluminium dissous de 175 µg·L-1. - Probst, 1990

  • 🔄 L’acidité et l’aluminium affectent les poissons ainsi : l’acidité libère l’aluminium des sols, l’aluminium passe en solution puis précipite sur les branchies, les poissons toussent, hyperventilent et produisent un excès de mucus, l’équilibre ionique et osmotique ainsi que la respiration sont perturbés, avec un risque mortel

📌 Le smog classique est dominé par le dioxyde de soufre et les particules de combustion, tandis que le smog photochimique se forme dans les agglomérations ensoleillées sous l’action de polluants et du rayonnement solaire.

  • Sous l’effet du rayonnement ultraviolet solaire, les NOx, les COV et le monoxyde de carbone réagissent pour former de l’ozone troposphérique et d’autres oxydants comme les peroxyacétylnitrates (PAN).

Compléments

  • Les pluies acides et le smog photochimique sont deux exemples de pollution atmosphérique présentés dans le cours. - Faurie, Écologie : approche scientifique et pratique

  • Quand le pH des lacs acidifiés atteint environ 6,5, Mougeotia et les rotifères tolérants à l’acidité augmentent, tandis que la croissance et la reproduction des truites de lac ralentissent. - Ramade, 2007

  • Vers pH 5,5, les diatomées et les chlorophycées se raréfient fortement, les daphnies se raréfient, les espèces planctoniques disparaissent, les truites arc-en-ciel s’éteignent et la truite de Brook se raréfie. - Ramade, 2007

  • Vers pH 5, des champignons aquatiques prolifèrent chez les décomposeurs, la biomasse du phytoplancton et la productivité du zooplancton diminuent, et la truite de Brook disparaît. - Ramade, 2007

  • Vers pH 4,5, le métabolisme des bactéries aérobies ralentit, les diatomées disparaissent et les percidés disparaissent également. - Ramade, 2007

  • Vers pH 3,5, l’activité bactérienne ralentit davantage et les poissons ont totalement disparu. - Ramade, 2007

  • La cascade touche successivement :

    • les décomposeurs
    • le phytoplancton
    • le zooplancton
    • les poissons
  • Dans l’équivalence utilisée pour l’eau, 1 partie par milliard correspond à 1 µg·L-1 ; le seuil de 175 µg·L-1 d’aluminium est donc exprimé comme une concentration massique par volume.

  • Les pluies acides peuvent ralentir la croissance des arbres et accroître leur sensibilité aux pathogènes.

17. Forêts et smog photochimique

Points essentiels

  • Le dépérissement des forêts réduit leur stockage du carbone et crée un lien indirect avec le changement climatique, sans que les pluies acides produisent elles-mêmes du CO₂. - Larousse ; Ramade, 2007

  • Le smog photochimique apparaît lorsque l’ensoleillement est important, que la température est élevée, autour de 30 °C, et que le vent est faible.

  • En 2015, un épisode de smog photochimique à Paris a été utilisé comme illustration. - Airparif

Astuce mémo

Smog classique : SO₂ et particules ; smog photochimique : soleil et oxydants

18. Pollutions des milieux aquatiques

Notions clés & Définitions

  • Lixiviation : Entraînement en profondeur de substances présentes dans le sol par l’eau, selon notamment leur solubilité.

Points essentiels

  • Les exemples de polluants aquatiques sont (Girondot) :
    • les matières organiques des rejets d’égouts
    • le pétrole brut
    • l’arsenic

📌 Le pétrole brut, apolaire et hydrophobe, ne se mélange pas à l’eau et forme une nappe de surface qui se disperse très lentement.

  • Lors d’une marée noire, une partie des HAP s’évapore, une partie est dégradée par la lumière et les micro-organismes, une partie forme des gouttelettes dans la colonne d’eau et les résidus goudronneux contaminent les sédiments.

  • Dans des enceintes expérimentales in situ contaminées par 1 g·m⁻² de pétrole brut, la photosynthèse de la communauté phytoplanctonique diminue notamment parce que la nappe réduit la lumière pénétrant dans l’eau.

  • Dans des enceintes contenant 50 µg·L⁻¹ de pétrole brut, la disparition du zooplancton de grande taille et des jeunes saumons qui le consomment raccourcit les chaînes trophiques. - Ramade, 2007

  • 🔄 Dans le sens du courant, les zones se succèdent ainsi :

    1. zone de dégradation
    2. zone de décomposition
    3. zone de restauration ou récupération
    4. zone caractéristique des eaux pures
  • Près du rejet, les bactéries aérobies dégradent la matière organique et consomment l’oxygène dissous ; plus loin, la minéralisation de la matière organique, l’oxydation de l’ammonium en nitrites puis en nitrates, les échanges avec l’air et la photosynthèse permettent à l’oxygène de remonter et aux communautés d’eaux propres de se réinstaller.

📌 L’autoépuration est efficace seulement si la charge polluante reste inférieure aux capacités du milieu ; un excès de nutriments conduit à l’eutrophisation.

  • Les formes inorganiques toxiques de l’arsenic sont l’arsénate As(V) et l’arsénite As(III), et l’élément est hyperpersistant parce qu’il ne se dégrade pas.

  • L’arséniate, analogue du phosphate, s’y substitue dans les réactions de glycolyse et découple la phosphorylation, tandis que l’arsénite se lie aux groupements thiol des protéines et inhibe notamment la pyruvate déshydrogénase, bloquant ainsi la production d’ATP.

  • La concentration maximale admissible et valeur guide de l’OMS pour l’arsenic dans l’eau potable est de 10 µg·L⁻¹.

  • L’exposition chronique à l’arsenic peut provoquer un épaississement et une pigmentation de la peau, puis des cancers de la peau, du poumon, de la vessie et du rein.

  • Le nitrate NO₃⁻ est très soluble et, comme les sols sont majoritairement chargés négativement, il y est peu retenu et facilement lixivié.

  • Le nitrate lixivié peut : contaminer les nappes phréatiques et l’eau de boisson, provoquer une méthémoglobinémie du nourrisson, ou syndrome du bébé bleu, polluer les eaux de surface et contribuer à l’eutrophisation

  • La directive nitrates 91/676/CEE encadre les pollutions agricoles par les nitrates et fixe une limite de 50 mg·L⁻¹ pour l’eau potable.

Astuce mémo

Dégradation → décomposition → restauration → eaux pures

Tableaux de synthèse

Devenirs selon les propriétés chimiques

PropriétéTendanceTransfert
Forte pression de vapeurVolatilisationVers l’air
Forte solubilité dans l’eauLixiviationVers les eaux souterraines
Kow élevéLipophilie et adsorption accruesVers les phases organiques et les tissus gras

Indicateurs létaux des bioessais

IndicateurMesureCritère
CL50Concentration dans le milieuTue 50 % des organismes
DL50Dose administréeTue 50 % des organismes
TL50TempsDélai jusqu’à la mort de 50 % de la population

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Dispersion et écotoxicologie des polluants avec 64 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Concernant la maladie de Minamata :

2. À propos du méthylmercure lors d’une exposition fœtale :

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

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Quelle substance cause la maladie de Minamata, et par quelle source alimentaire est-elle transmise ?

Le méthylmercure, transmis par des poissons et des coquillages contaminés.

Quel danger le méthylmercure présente-t-il pour le fœtus ?

Il peut causer de graves atteintes cérébrales, même si la mère présente peu ou pas de symptômes.

Quel métal cause la maladie d’Itai-Itai ?

Le cadmium.

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