QCM : État et légitimité politique (21 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit l’État comme entreprise politique institutionnelle ?

Son autorité repose sur la confiance inspirée par des règles dont le langage juridique est essentiel.
Son administration répartit les responsabilités entre des fonctions civiles, militaires et de censure.
Sa direction administrative revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime dans l’application des règlements.
Son gouvernement obtient l’obéissance en s’appuyant sur les liens de lignage et les croyances religieuses.

Sa direction administrative revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime dans l’application des règlements.

Explication

La définition institutionnelle de l’État met en avant une direction administrative qui revendique avec succès le monopole de la contrainte physique légitime. Les liens de lignage ou la religion caractérisent plutôt une forme de légitimité traditionnelle.

2. Comment l’autorité symbolique contribue-t-elle à l’existence d’un groupement de domination ?

Elle transforme les règlements en ordres appliqués par la police sans recours à l’obéissance.
Elle fonde la domination sur la transmission héréditaire des charges administratives.
Elle répartit le pouvoir entre des fonctions civiles, militaires et de censure.
Elle incite les individus à obéir parce que le groupement a construit sa légitimité.

Elle incite les individus à obéir parce que le groupement a construit sa légitimité.

Explication

Un groupement de domination construit sa légitimité, et son autorité symbolique pousse les individus à lui obéir. La transmission héréditaire des charges relève d’une logique distincte et ne définit pas cette fonction de l’autorité symbolique.

3. Dans un État, quelle distinction faut-il faire entre contrainte et obéissance ?

La contrainte s’exerce par la loi et la police, tandis que l’obéissance repose aussi sur l’acceptation d’une autorité jugée justifiée.
La contrainte repose sur l’acceptation de l’autorité, tandis que l’obéissance est produite par la loi et la police.
La contrainte s’exerce par les liens de lignage, tandis que l’obéissance dépend de la sélection des fonctionnaires par concours.
La contrainte relève du langage juridique, tandis que l’obéissance est assurée par une administration centralisée.

La contrainte s’exerce par la loi et la police, tandis que l’obéissance repose aussi sur l’acceptation d’une autorité jugée justifiée.

Explication

La contrainte étatique passe par la loi et la police, alors que l’obéissance s’appuie également sur l’acceptation d’une autorité perçue comme justifiée. La deuxième réponse inverse précisément les rôles de la contrainte et de l’acceptation.

4. Quels sont les trois idéaux-types de domination distingués par Weber ?

La domination patriarcale, la domination patrimoniale et la domination bureaucratique.
La domination héréditaire, la domination élective et la domination centralisée.
La domination traditionnelle, la domination rationnelle-légale et la domination charismatique.
La domination religieuse, la domination juridique et la domination administrative.

La domination traditionnelle, la domination rationnelle-légale et la domination charismatique.

Explication

Weber distingue les formes traditionnelle, rationnelle-légale et charismatique comme idéaux-types de domination. Les formes patriarcale et patrimoniale sont des modalités de la domination traditionnelle, et non les trois idéaux-types.

5. Sur quoi repose la légitimité de la domination traditionnelle dans une monarchie ?

Sur la sélection des détenteurs de charges par des examens difficiles.
Sur l’adhésion à la personnalité exceptionnelle d’un dirigeant.
Sur la confiance accordée à la rationalité de règles juridiques impersonnelles.
Sur des liens de lignage ou de religion antérieurs à la construction de l’État.

Sur des liens de lignage ou de religion antérieurs à la construction de l’État.

Explication

La domination traditionnelle tire son autorité de liens de lignage ou de religion qui précèdent la construction de l’État. La confiance dans des règles impersonnelles correspond plutôt à la domination rationnelle-légale.

6. Quelle distinction sépare les formes patriarcale et patrimoniale de domination traditionnelle ?

La forme patriarcale s’appuie sur le chef de famille ou de clan, tandis que la forme patrimoniale s’organise dans une administration.
La forme patriarcale s’organise dans une administration, tandis que la forme patrimoniale s’appuie sur le chef de famille ou de clan.
La forme patriarcale s’appuie sur des règles juridiques impersonnelles, tandis que la forme patrimoniale dépend de concours.
La forme patriarcale repose sur une autorité charismatique, tandis que la forme patrimoniale s’appuie sur la religion.

La forme patriarcale s’appuie sur le chef de famille ou de clan, tandis que la forme patrimoniale s’organise dans une administration.

Explication

La forme patriarcale est fondée sur l’autorité du chef de famille ou de clan, alors que la forme patrimoniale s’organise dans une administration. La deuxième réponse intervertit ces deux caractéristiques.

7. Dans une domination rationnelle-légale, qu’est-ce qui fonde la légitimité de l’autorité ?

L’attachement à la personne d’un souverain et à ses qualités exceptionnelles.
La fidélité à des liens de lignage ou de religion établis avant la construction de l’État.
L’obéissance à un chef de famille ou de clan reconnu par la tradition.
La confiance inspirée par la rationalité des règles, dont le langage juridique est essentiel.

La confiance inspirée par la rationalité des règles, dont le langage juridique est essentiel.

Explication

La domination rationnelle-légale tire sa légitimité de la confiance dans la rationalité des règles, avec un rôle essentiel du langage juridique. Les liens de lignage ou de religion constituent plutôt un fondement de la domination traditionnelle.

8. Quel ensemble de caractéristiques correspond à une bureaucratie rationnelle-légale ?

Des fonctionnaires élus localement, autonomes dans leurs fonctions et régis par des règlements propres à chaque service.
Des fonctionnaires recrutés par concours, placés dans une hiérarchie centralisée et régis par une réglementation unifiée et contraignante.
Des fonctionnaires choisis pour leur charisme, organisés sans hiérarchie et soumis aux décisions personnelles du chef.
Des fonctionnaires désignés par lignage, répartis en clans et guidés par des usages transmis entre générations.

Des fonctionnaires recrutés par concours, placés dans une hiérarchie centralisée et régis par une réglementation unifiée et contraignante.

Explication

Cette bureaucratie combine la sélection par concours, une organisation hiérarchique et centralisée, ainsi qu’une réglementation unifiée et contraignante. Une désignation fondée sur le lignage décrit une logique traditionnelle, et non les modalités administratives de cette bureaucratie.

9. Dans quelles circonstances apparaît une domination charismatique ?

Lorsqu’un groupe de fonctionnaires est choisi pour gouverner en vertu de compétences administratives spécialisées.
Lorsqu’un dirigeant obtient l’autorité grâce à l’application rationnelle de règles juridiques établies par les institutions.
Lorsqu’une famille transmet durablement son autorité politique à ses descendants selon une coutume reconnue.
Lorsqu’une forte personnalité est tenue pour l’incarnation naturelle du chef en raison de qualités prodigieuses, dans une situation historique exceptionnelle.

Lorsqu’une forte personnalité est tenue pour l’incarnation naturelle du chef en raison de qualités prodigieuses, dans une situation historique exceptionnelle.

Explication

La domination charismatique repose sur des qualités prodigieuses attribuées à une forte personnalité, dans un contexte historique exceptionnel. L’application de règles rationnelles caractérise plutôt la domination rationnelle-légale.

10. Que doit devenir une domination charismatique pour pouvoir durer ?

Elle doit se transformer en domination élective par le renouvellement régulier des dirigeants, ou en domination militaire par la conquête territoriale.
Elle doit se transformer en domination religieuse par l’adoption d’un culte commun, ou en domination économique par le contrôle des échanges.
Elle doit se transformer en domination traditionnelle par la bureaucratisation, ou en domination rationnelle-légale par la transmission héréditaire.
Elle doit se transformer en domination traditionnelle par l’hérédité, ou en domination rationnelle-légale par l’institutionnalisation et la bureaucratisation.

Elle doit se transformer en domination traditionnelle par l’hérédité, ou en domination rationnelle-légale par l’institutionnalisation et la bureaucratisation.

Explication

Parce qu’elle est temporaire, la domination charismatique doit se stabiliser par l’hérédité ou par l’institutionnalisation bureaucratique. L’option qui attribue la bureaucratisation à la domination traditionnelle et l’hérédité à la domination rationnelle-légale inverse ces mécanismes.

11. Quelle représentation de l’État Thomas Hobbes propose-t-il dans le Léviathan publié en 1651 ?

Un édifice fortifié surmonté d’une couronne, dont les portes sont gardées par des soldats et des magistrats.
Un colosse couronné portant une épée et une crosse, dont le corps est composé des visages de ses sujets.
Une figure ailée tenant une balance et un livre, entourée de citoyens rassemblés devant une assemblée.
Un souverain assis sur un trône, entouré de conseillers et soutenu par les emblèmes des provinces du royaume.

Un colosse couronné portant une épée et une crosse, dont le corps est composé des visages de ses sujets.

Explication

Hobbes figure l’État en colosse couronné, muni d’une épée et d’une crosse, dont le corps rassemble les visages des sujets. L’image d’un souverain sur un trône ne correspond pas à cette composition emblématique.

12. Quel effet politique la mise en scène de l’arrivée d’Emmanuel Macron au Louvre en 2017 cherchait-elle à produire ?

Elle mettait en scène la solitude du pouvoir, tandis qu’il traversait l’esplanade au son de l’Ode à la joie avant son discours.
Elle célébrait la continuité dynastique, tandis qu’il rejoignait une cérémonie familiale accompagnée d’un hymne national.
Elle commémorait la victoire militaire, tandis qu’il rejoignait une tribune au son d’une marche interprétée par des soldats.
Elle soulignait la collégialité du gouvernement, tandis qu’il marchait entouré de ministres jusqu’à une assemblée publique.

Elle mettait en scène la solitude du pouvoir, tandis qu’il traversait l’esplanade au son de l’Ode à la joie avant son discours.

Explication

La traversée de l’esplanade du Louvre au son de Beethoven, jusqu’à la scène du discours, mettait en scène la solitude du pouvoir. Une marche entourée de ministres aurait plutôt souligné la collégialité, ce qui n’était pas l’effet décrit.

13. Qu’est-ce que le vigilantisme, ou auto-justice ?

Le recours d’individus ou de groupes à la violence pour faire appliquer une loi ou un code moral hors de toute procédure judiciaire légale.
La contestation pacifique d’une règle morale par des individus qui réclament une réforme auprès des autorités publiques.
La délégation officielle à des groupes locaux du pouvoir de faire respecter les décisions rendues par les institutions judiciaires.
L’application d’une sanction par les tribunaux après une enquête menée selon les procédures judiciaires prévues par la loi.

Le recours d’individus ou de groupes à la violence pour faire appliquer une loi ou un code moral hors de toute procédure judiciaire légale.

Explication

Le vigilantisme désigne l’application violente d’une loi ou d’un code moral par des individus ou des groupes en dehors des procédures judiciaires légales. Une sanction prononcée par un tribunal relève au contraire de l’application institutionnelle de la loi.

14. Pourquoi la concurrence exercée par certains groupes armés peut-elle rendre ambiguë la remise en cause du monopole étatique de la violence ?

Parce que ces groupes renoncent à la violence dès qu’ils obtiennent une reconnaissance politique.
Parce que certains groupes sont hostiles à l’État, tandis que d’autres agissent avec sa complicité.
Parce que ces groupes poursuivent tous des objectifs identiques, mais disposent de moyens d’action différents.
Parce que l’État délègue toujours officiellement à ces groupes l’ensemble de ses fonctions judiciaires.

Parce que certains groupes sont hostiles à l’État, tandis que d’autres agissent avec sa complicité.

Explication

Les groupes concurrents peuvent combattre l’État ou, à l’inverse, agir avec sa complicité, ce qui rend leur rapport au monopole étatique ambigu. L’idée qu’ils reçoivent tous une délégation officielle ne rendrait pas compte de ceux qui lui sont hostiles.

15. Quel phénomène désigne l’intensification planétaire des échanges de biens, de services, de capitaux, de personnes et d’informations ?

La libéralisation, qui réduit les règles encadrant les marchés nationaux
La décentralisation, qui transfère des compétences aux collectivités locales
La régionalisation, qui concentre les échanges dans des espaces voisins
La mondialisation, qui accroît les échanges à l’échelle planétaire

La mondialisation, qui accroît les échanges à l’échelle planétaire

Explication

La mondialisation correspond à l’intensification des échanges de plusieurs types à l’échelle planétaire. La régionalisation concerne plutôt la concentration des échanges dans des ensembles géographiques voisins.

16. Pourquoi la mondialisation fragilise-t-elle les États ?

Elle les met en difficulté face aux multinationales et aux trafics internationaux
Elle les conduit à remplacer les administrations par des entreprises étrangères
Elle leur fait perdre la responsabilité de contrôler les activités économiques nationales
Elle réduit leurs échanges de biens et de capitaux avec les pays voisins

Elle les met en difficulté face aux multinationales et aux trafics internationaux

Explication

Les États sont fragilisés par le poids des grandes multinationales et par les difficultés à combattre les trafics illégaux et la criminalité financière internationale. La mondialisation intensifie les échanges plutôt qu’elle ne réduit les échanges avec les pays voisins.

17. Comment les migrations liées à des facteurs économiques, politiques ou environnementaux influencent-elles le contrôle des frontières ?

Elles mettent en question la souveraineté et encouragent le rétablissement matériel du contrôle frontalier
Elles renforcent la souveraineté et diminuent l’intérêt porté aux dispositifs frontaliers
Elles favorisent la disparition des frontières en supprimant les causes des déplacements
Elles déplacent le contrôle des frontières vers les seules organisations internationales

Elles mettent en question la souveraineté et encouragent le rétablissement matériel du contrôle frontalier

Explication

Ces migrations remettent en question la souveraineté nationale et s’accompagnent d’une volonté de réaffirmer matériellement le contrôle des frontières. Elles ne font donc pas disparaître les frontières, contrairement à une interprétation possible de l’intensification des mobilités.

18. Quelle transformation de l’État contemporain Michael Mann met-il en avant ?

La concentration du pouvoir disciplinaire, qui remplace les relations familiales par des institutions
L’accroissement du pouvoir infrastructure, qui permet de structurer divers rapports sociaux
Le recul du pouvoir infrastructure, qui laisse les marchés du travail sans régulation
L’expansion du pouvoir souverain, qui repose sur l’interdiction des échanges sociaux

L’accroissement du pouvoir infrastructure, qui permet de structurer divers rapports sociaux

Explication

Michael Mann souligne l’accroissement du pouvoir infrastructure de l’État, qui régule les conduites en structurant notamment les marchés du travail et les relations familiales. Le pouvoir souverain n’est pas la transformation qu’il met ici en avant.

19. Une administration cherche à orienter les comportements en encourageant certaines pratiques et en optimisant leur mise en œuvre plutôt qu’en les interdisant : de quel mode d’exercice du pouvoir s’agit-il ?

Du pouvoir souverain, qui organise l’action par le droit et la contrainte
De la gouvernementalité, qui rationalise l’action par l’incitation et l’optimisation
Du pouvoir infrastructure, qui structure les marchés et les rapports sociaux
Du pouvoir disciplinaire, qui classe les personnes au sein d’institutions

De la gouvernementalité, qui rationalise l’action par l’incitation et l’optimisation

Explication

La gouvernementalité rationalise et technicise le pouvoir en recourant à l’incitation, à l’encouragement et à l’optimisation. Le pouvoir souverain s’appuie plutôt sur le droit et la contrainte.

20. Quelle association distingue correctement les trois formes de pouvoir caractérisées par Michel Foucault ?

Le pouvoir souverain incite, le disciplinaire s’appuie sur le droit et la gouvernementalité classe en institution
Le pouvoir souverain classe en institution, le disciplinaire incite et la gouvernementalité s’appuie sur le droit
Le pouvoir souverain s’appuie sur le droit, le disciplinaire incite et la gouvernementalité classe en institution
Le pouvoir souverain s’appuie sur le droit, le disciplinaire classe en institution et la gouvernementalité incite

Le pouvoir souverain s’appuie sur le droit, le disciplinaire classe en institution et la gouvernementalité incite

Explication

Foucault distingue le pouvoir souverain, fondé sur le droit et la contrainte, le pouvoir disciplinaire, qui contrôle et classe dans les institutions, et la gouvernementalité, qui agit par incitation et optimisation. L’association qui attribue le classement institutionnel à la gouvernementalité confond ces deux dernières formes.

21. Selon James Scott, quels moyens rendent la société plus lisible pour l’État ?

La délégation aux entreprises, la déréglementation et la circulation des capitaux
La négociation locale, la diversité des usages et la réduction des données administratives
La surveillance institutionnelle, la punition juridique et l’encouragement des conduites
La planification, la standardisation et les dispositifs de classification et de comptage

La planification, la standardisation et les dispositifs de classification et de comptage

Explication

Pour James Scott, la lisibilité étatique repose sur la planification, la standardisation et des outils de classification et de comptage, comme le recensement ou le cadastre. La surveillance et la punition décrivent plutôt des modalités de contrôle que ces procédés de mise en lisibilité.

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Comment Max Weber définit-il l’État ?

Une entreprise politique institutionnelle revendiquant avec succès le monopole de la contrainte physique légitime.

Qu’est-ce qu’un groupement de domination selon la définition de l’État ?

Un groupement ayant construit sa légitimité, dont l’autorité symbolique pousse les individus à obéir.

Par quels moyens la contrainte étatique s’exerce-t-elle ?

Par la loi et la police.

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