★ À maîtriser
📌 Le sexe désigne l’anatomie reproductive génétiquement déterminée, fixée à la naissance et associée aux catégories mâle et femelle, tandis que le genre désigne les symboles, comportements, rôles et statuts appris culturellement et associés aux hommes et aux femmes.
Compléments
Le psychiatre Robert Stoller est présenté comme le premier à avoir théorisé la distinction entre sexe et genre.
Margaret Mead a contribué, à partir de terrains ethnographiques en Océanie et de son étude Adolescence à Samoa (1928), à montrer que les identités de genre sont culturellement construites.
Sexe anatomique, genre appris
★ À maîtriser
📌 Chez Judith Butler, le genre est performatif : il n’existe pas en soi, mais est produit par les actions, sans être déterminé par la biologie. - Troubles dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité
Compléments
📌 Selon Butler, des institutions sociales établissent des normes de genre favorisant une partition binaire prétendument fondée sur le sexe biologique, et ces normes ont aussi une incidence sur les normes sexuelles et l’hétéronormativité. - JUDITH BUTLER, Troubles dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité
Comme une parade, le geste rend le genre lisible aux autres
★ À maîtriser
📌 Les humains mangent partout, mais le contenu des plats et les manières ritualisées de prendre les repas varient selon les cultures.
Compléments
📌 Les récits préhistoriques attribuant la chasse aux hommes et le maintien du foyer aux femmes sont remis en cause comme héritiers de préjugés occidentaux des XVIIIe au XXe siècles, et des sources accréditent d’autres répartitions des tâches.
L’accès aux ressources alimentaires et la transformation du gibier ou des plantes en nourriture sont présentés comme des dimensions centrales de l’évolution humaine.
Les pratiques corporelles du repas varient, notamment selon que l’on mange assis par terre ou sur une chaise, avec les doigts ou avec des outils.
La socialisation organise les rôles, puis naturalise leur répartition
★ À maîtriser
Le sport expose publiquement les corps et les mouvements, qui peuvent respecter ou remettre en cause les normes de genre.
Les sports modernes reposent largement sur une distinction entre les sexes conçue biologiquement, dans le contexte du développement de la biologie au XIXe siècle.
Compléments
L’impérialisme sportif occidental a contribué à universaliser la partition sexuelle des pratiques sportives.
Aux Jeux olympiques, plusieurs sports comportent des épreuves mixtes, mais l’équitation est présentée comme le seul sport où hommes et femmes s’affrontent.
Le sport expose les corps, mais ses catégories reposent sur une partition binaire
★ À maîtriser
📌 Le cours présente les accusations de fraude au genre comme davantage un mythe qu’une réalité historique, souvent mobilisé politiquement contre des adversaires, notamment soviétiques ou du bloc de l’Est.
Les tests sexuels se développent pendant la guerre froide, lorsque les Jeux olympiques deviennent un enjeu diplomatique et que se répand la crainte que des hommes concourent en se faisant passer pour des femmes.
Le test chromosomique reposait sur trois hypothèses :
Le sexe comporte au moins six marqueurs biologiques :
À partir des années 2000, le CIO et l’IAAF abandonnèrent les tests de sexe et se concentrèrent sur l’hyperandrogénie et le taux de testostérone, avec une possibilité de concourir liée à la reconnaissance comme femme dans son pays et à un taux inférieur au seuil masculin.
Le cours conclut qu’aucune technique scientifique ne permet d’affirmer le genre d’un athlète et que la succession des tests n’a jamais permis de distinguer le sexe de manière concluante.
Le test chromosomique, utilisé de 1966 à 1991, consistait en un prélèvement buccal destiné à détecter le corpuscule de Barr, dont la présence indique au moins deux chromosomes X.
Compléments
📌 La surveillance médicale du sexe est présentée comme un instrument idéologique qui reconduit des normes de genre dominantes et peut servir la domination, notamment par la suspicion envers les athlètes des pays de l’Est puis des pays du Sud.
📌 Les règles liées à l’hyperandrogénie exigeaient des athlètes ayant un taux de testostérone jugé anormal qu’elles prennent une médication pour pouvoir concourir, ce que beaucoup refusaient.
Dora Ratjen, assigné·e de sexe féminin à la naissance et élevé·e comme une fille, fut quatrième aux Jeux olympiques de 1936, établit un record du monde en 1938, puis fut arrêté·e pour fraude en 1939 avant d’être acquitté·e et de décider de vivre comme un homme.
Les sœurs Press prirent leur retraite sportive lorsque les tests furent instaurés ; Tamara fut soupçonnée d’être intersexe, et des adversaires affirmèrent que sa sœur avait été associée à ce soupçon sans raison.
Ewa Kłobukowska remporta l’or du relais 4 × 100 m et le bronze du 100 m aux Jeux olympiques de Tokyo en 1964, puis échoua à un test chromosomique en 1967, fut empêchée de concourir et se vit retirer ses médailles.
Jusqu’en 1972, les athlètes féminines célébrées par la presse pratiquaient surtout le tennis ou le patinage artistique, associés aux représentations dominantes de la féminité ; Billie Jean King et Peggy Fleming en sont citées comme exemples.
En 1985, la coureuse de haies María José Martínez Patiño échoua à un test et fut diagnostiquée avec un syndrome d’insensibilité complète aux androgènes, malgré des chromosomes XY, des testicules internes et une anatomie externe féminine ; l’IAAF la réintégra ensuite, estimant qu’elle ne tirait pas d’avantage de sa condition.
Anatomie, chromosomes, puis hormones : les critères de contrôle changent
★ À maîtriser
📌 Les femmes furent initialement exclues du système sportif international émergent, tandis que le sport était conçu comme une formation masculine.
📌 Le sport rend possibles certaines formes de contact physique entre hommes qui sont par ailleurs prohibées en société, ce qui interroge le caractère socialement situé des gestes et des proximités corporelles acceptables.
Au XIXe siècle, les sports modernes exportés d’Europe et d’Amérique du Nord visaient notamment à former les hommes des classes moyennes et supérieures au service du capitalisme, du colonialisme et du militarisme.
Selon Eric Dunning, le sport constitue un fief de la virilité où les hommes peuvent exprimer une violence physique ritualisée et encadrée, devenue moins tolérée dans la société, tandis que les femmes en sont écartées.
Compléments
Le sport associait l’idéal du corps en bonne santé à des idéaux grecs réinterprétés et au nationalisme émergent, tandis que le christianisme musculaire lui apportait un soutien religieux.
Pierre de Coubertin s’opposait à la participation des femmes aux Jeux olympiques et affirmait en 1935 que le seul véritable héros olympique était l’adulte mâle individuel.
L’hétéronormativité est souvent associée à l’homophobie, définie comme des craintes et des préjugés à l’encontre de l’homosexualité.
L’homophobie sportive est reliée à l’émergence du sport dans des institutions unisexes, comme les universités, les clubs de sport et la YMCA, et aux craintes que les pratiques homosexuelles se répandent entre hommes.
Alan Dundes (1978) a proposé une lecture psychanalytique du football américain selon laquelle le contact physique entre hommes pourrait assouvir un désir inconscient de contact avec des individus du même sexe. - Into the end zone of a touchdown
Justin Fashanu, grand espoir du football anglais dans les années 1980, fit son coming out dans un tabloïd en 1990, fut rejeté par des clubs et vit sa carrière fortement ralentie.
Arène autorisée à la violence masculine, mais longtemps fermée aux femmes
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1. Quelle distinction fondamentale oppose le sexe au genre ?
2. Dans une société où l’éducation oriente les filles et les garçons vers des rôles sociaux différents et asymétriques, quel mécanisme contribue à la domination masculine ?
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Que désigne le sexe dans la distinction entre sexe et genre ?
L’anatomie reproductive génétiquement déterminée, associée aux catégories mâle et femelle.
Que désigne la ritualisation du genre ?
Les codes et normes organisant l’accomplissement social du genre.
Comment Judith Butler explique-t-elle la production du genre dans *Troubles dans le genre. Le féminisme et la subversion de l’identité* ?
Le genre est produit par les actions, sans être déterminé par la biologie.
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