Fiche de révision : Gestion de la sécurité médicamenteuse

Plan du Cours

  1. Textes de référence de l’exercice infirmier
  2. Réglementation du médicament et statuts
  3. Management de la qualité en établissement de santé
  4. Management de la qualité en ESSMS et EHPAD
  5. Management de la qualité au domicile du patient
  6. Processus de prise en charge médicamenteuse et enjeux
  7. Acteurs du processus et responsabilités
  8. Prescription médicamenteuse et règles de validité
  9. Dispensation pharmaceutique et validation
  10. Gestion des stocks en unités de soins
  11. Administration infirmière et sécurisation de l’exécution
  12. Bons réflexes et méthode REMED

1. Textes de référence de l’exercice infirmier

Notions clés & Définitions

  • Code de la santé publique : Ensemble des règles juridiques qui encadrent l’exercice des professionnels de santé et la prise en charge des patients.
  • Articles R. 4311-1 à D. 4311-15-1 : Articles du CSP qui décrivent le cadre de l’exercice infirmier et les compétences associées.
  • Autorisation de mise sur le marché : Statut réglementaire qui autorise la commercialisation d’un médicament après évaluation des conditions d’utilisation.
  • PUI : Pharmacie à usage intérieur qui organise, au sein de l’établissement, le circuit des médicaments et leur gestion.
  • Management de la qualité de la prise en charge médicamenteus : Démarche réglementée visant à structurer l’organisation et la sécurisation de la prise en charge des médicaments à l’hôpital et en HAD.

Points essentiels

  • L’exercice infirmier est encadré par des règles issues du CSP, de codes de déontologie et de règles professionnelles.
  • Le cadre de l’exercice infirmier est décrit dans les articles R. 4311-1 à D. 4311-15-1 du CSP.
  • Le médicament est soumis à des statuts réglementaires comme l’autorisation de mise sur le marché et des autorisations spécifiques (accès précoce, accès compassionnel).
  • Certains médicaments relèvent de statuts particuliers (réserve hospitalière, prescription initiale hospitalière, médicaments d’exception, stupéfiants).
  • La liste des substances vénéneuses et des psychotropes fait partie des éléments réglementaires liés au médicament.
  • À l’hôpital et en HAD, la prise en charge médicamenteuse s’appuie sur un circuit organisé autour d’une PUI (pharmacies à usage intérieur).

Astuce mémo

CSP = Cadre de l’Infirmier ; PUI = Pharmacie du Circuit ; AMM = Autorisation du Médicament.

2. Réglementation du médicament et statuts

Notions clés & Définitions

  • Pharmacies à usage intérieur : Dispositif hospitalier permettant d’assurer la gestion et la délivrance des médicaments pour les besoins des patients pris en charge dans l’établissement.
  • Certification HAS : Procédure d’évaluation des établissements de santé par la Haute Autorité de Santé visant à vérifier la conformité à un référentiel de certification.
  • Manuel de certification : Document de référence utilisé lors de la visite d’experts visiteurs pour apprécier la conformité d’un établissement aux exigences de la HAS.
  • Établissements et services sociaux et médico-sociaux : Structures relevant du secteur social et médico-social, dont des EHPAD, où la prise en charge médicamenteuse s’organise selon des modalités spécifiques.
  • Circuit de ville : Organisation de la prise en charge médicamenteuse au domicile du patient, coordonnée entre professionnels de santé de terrain et, si besoin, acteurs médico-sociaux.

Points essentiels

  • Les établissements de santé doivent s’engager dans une démarche de certification, encadrée par un cadre réglementaire et portée par la HAS.
  • La certification HAS s’impose à l’ensemble des établissements de santé et vise l’amélioration de la qualité et la sécurité des soins.
  • La visite d’experts visiteurs identifie les points conformes et les écarts par rapport au manuel de certification.
  • La prise en charge médicamenteuse est évaluée comme un point particulièrement important, avec une pratique exigible prioritaire (V4_2025).
  • En ESSMS (notamment EHPAD), l’organisation du circuit médicamenteux repose sur une convention et peut passer soit par une PUI, soit par un pharmacien d’officine.
  • L’évaluation en ESSMS suit une logique d’évaluation en continu avec un volet interne et un volet externe, conformément à la loi n°2002-2 du 2 janvier 2002.

Astuce mémo

Certification = Visite + Manuel : conformité ou écarts, et la médication est un “prioritaire V4”.

3. Management de la qualité en établissement de santé

Notions clés & Définitions

  • Circuit de ville : Organisation des soins au domicile reliant professionnels de terrain (médecins, pharmaciens, infirmiers libéraux) et, si besoin, acteurs médico-sociaux.
  • SSIAD : Service de soins infirmiers à domicile intervenant au domicile du patient dans le cadre du circuit de soins.
  • ESA : Équipe spécialisée Alzheimer intervenant au domicile pour soutenir la prise en charge des patients concernés.
  • SPASAD : Service polyvalent d’aide et de soins à domicile combinant des prestations d’aide et de soins au domicile.
  • SAMSAH : Service d’accompagnement médico-social pour adultes handicapés intervenant au domicile pour l’accompagnement et les soins.

Points essentiels

  • Le circuit de prise en charge médicamenteuse au domicile implique plusieurs acteurs et lieux, ce qui rend le processus complexe.
  • Les aspects cliniques varient selon les pathologies, thérapeutiques, terrains et le niveau d’urgence ou de gravité.
  • Les étapes du processus se répartissent entre prescription, dispensation, administration et suivi avec réévaluation du traitement.
  • Le processus doit s’appuyer sur un support logistique performant : achat, approvisionnement, stockage central, délivrance, transport, stockage en unité, élimination.
  • Le management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse concerne tous les professionnels impliqués, y compris services cliniques, information médicale, pharmacie et services administratifs.
  • Des professionnels ressources portent la diffusion de la culture qualité, notamment coordonnateur des risques associés aux soins, responsable du système qualité de la prise en charge médicamenteuse et direction de laqual

Astuce mémo

Domicile = Ville + Médico-social : SSIAD/ESA/SPASAD/SAMSAH ; Médicament = Prescrire→Délivrer→Administrer→Suivre, avec logistique en arrière-plan.

4. Management de la qualité en ESSMS et EHPAD

Notions clés & Définitions

  • Culture de la qualité : La culture de la qualité désigne l’ensemble des valeurs et pratiques partagées qui orientent les professionnels vers l’amélioration continue des prises en charge.
  • Coordonnateur des risques associés aux soins : Le coordonnateur des risques associés aux soins est un professionnel ressource chargé d’organiser la maîtrise des risques liés aux soins dans l’établissement.
  • Responsable du système de qualité de la prise en charge méd : Le responsable du système de qualité de la prise en charge médicamenteuse pilote le fonctionnement du système qualité pour sécuriser le circuit du médicament.
  • Direction de la qualité : La direction de la qualité est l’instance de pilotage qui organise la démarche qualité et sa diffusion au sein de l’ESSMS ou de l’EHPAD.
  • Acteurs du processus de prise en charge médicamenteuse : Les acteurs du processus de prise en charge médicamenteuse regroupent les professionnels qui prescrivent, préparent, délivrent et administrent les traitements, ainsi que le patient.

Points essentiels

  • Dans chaque établissement, des professionnels ressources assurent le management et la diffusion de la culture de la qualité.
  • Le coordonnateur des risques associés aux soins fait partie des acteurs identifiés pour structurer la maîtrise des risques.
  • Le responsable du système de qualité de la prise en charge médicamenteuse et la direction de la qualité participent au pilotage de la démarche qualité.
  • Le processus de prise en charge médicamenteuse mobilise prescripteur, pharmacien, préparateur, infirmier(ère), aide-soignant(e) et patient.
  • Le prescripteur prend la décision thérapeutique, prescrit selon réglementation et référentiels, rédige l’ordonnance et enregistre la prescription dans le dossier.
  • Le prescripteur évalue efficacité et tolérance, réévalue bénéfices/risques et réévalue la balance bénéfices/risques au regard de l’état du patient.

Astuce mémo

Qualité = Risques + Médicament + Pilotage : coordonnateur, système médicamenteux, direction.

5. Management de la qualité au domicile du patient

Notions clés & Définitions

  • Surveillance du patient : La surveillance du patient est l’observation continue de son état afin de détecter précocement tout écart ou risque lié à la prise en charge.
  • Incidents médicamenteux : Les incidents médicamenteux sont des événements indésirables liés aux médicaments, pouvant résulter d’une erreur, d’un oubli ou d’une mauvaise administration.
  • Erreurs médicamenteuses : Les erreurs médicamenteuses regroupent les fautes de prescription, de dispensation ou d’administration qui peuvent compromettre la sécurité du patient.
  • Prescription médicamenteuse : La prescription médicamenteuse est un acte médical qui formalise le traitement à partir de l’anamnèse, de l’examen clinique et d’un diagnostic.
  • Prescription à haut risque : La prescription à haut risque désigne des situations où les médicaments exigent une vigilance renforcée en raison d’une fragilité particulière du patient ou du contexte.

Points essentiels

  • La prescription médicamenteuse relève des médecins et ne peut pas être déléguée, sauf cas particulier d’un interne en médecine agissant par délégation du responsable de service.
  • Certains professionnels ont des capacités de prescription restreintes, notamment sages-femmes et chirurgiens-dentistes, et les IDE avec une capacité adaptée à leurs missions.
  • La prescription est un acte médical fondamental issu de l’anamnèse, de l’examen clinique et du diagnostic, puis elle se concrétise par l’information du patient et la rédaction de l’ordonnance.
  • La prescription peut être faite à l’entrée, pendant le séjour ou à la sortie, et elle fait partie intégrante du dossier médical du patient.
  • La prescription orale est interdite sauf urgence impérieuse avec attente imminente du médecin.
  • Les prescriptions peuvent être anticipées via un protocole daté et signé, ce qui encadre la continuité du traitement.

Astuce mémo

Prescription = Anamnèse + Examen + Diagnostic → Ordonnance (et pas d’oral sauf urgence).

6. Processus de prise en charge médicamenteuse et enjeux

Notions clés & Définitions

  • Prescription hospitalière : Acte médical réalisé pendant le séjour qui tient compte du traitement pré-hospitalier et du livret thérapeutique de l’établissement.
  • Dénomination commune : Mode de prescription utilisant le nom générique du médicament plutôt que la marque commerciale.
  • Livret thérapeutique : Référentiel de l’établissement listant les spécialités de référence autorisées pour la prescription en interne.
  • Dispensation : Acte pharmaceutique réalisé par un pharmacien inscrit à l’ordre, incluant analyse, préparation, délivrance et conseils.
  • Validation pharmaceutique : Contrôle pharmaceutique devant être garanti pour les médicaments à risque avant la délivrance.

Points essentiels

  • La prescription doit intégrer le traitement pré-hospitalier et respecter le livret thérapeutique de l’établissement.
  • La prescription se fait en dénomination commune ou selon le nom de référencement de l’établissement (ex. cefotaxime plutôt que Claforan®).
  • La prescription orale est à éviter sauf urgence impérieuse avec action immédiate et médecin joignable rapidement, puis confirmation écrite dès que possible.
  • La dispensation relève de pharmaciens inscrits à l’ordre, avec délégation possible à internes en pharmacie ou préparateurs pour certaines tâches.
  • L’analyse pharmaceutique couvre les aspects réglementaires et pharmacothérapeutiques, et une validation pharmaceutique doit être garantie pour les médicaments à risque (arrêté du 6 avril 2011).
  • Toute modification de la prescription nécessite une modification de l’ordonnance par un médecin, même si des interventions pharmaceutiques sont proposées.

Astuce mémo

Prescription = Dénomination commune (pas la marque) ; Dispensation = Pharmacie (analyse→préparation→délivrance→conseils).

7. Acteurs du processus et responsabilités

Notions clés & Définitions

  • Substitution générique : La substitution générique est le remplacement d’un médicament prescrit par un générique, sous conditions de groupe générique et de non-opposition du prescripteur.
  • Groupe générique : Un groupe générique est l’ensemble d’une spécialité de référence et des spécialités identifiées comme génériques par l’ANSM.
  • Conciliation médicamenteuse : La conciliation médicamenteuse est un recueil d’informations sur toutes les ordonnances et l’automédication afin d’établir un bilan médicamenteux.
  • Bilan partagé de médication : Le bilan partagé de médication est une démarche de prévention des risques iatrogéniques et d’optimisation de la prise chez certains patients âgés et/ou en affection de longue durée.
  • Co-responsabilité des stocks : La co-responsabilité des stocks désigne le partage des responsabilités de gestion du stock des unités de soins entre pharmacien, médecin et personnel soignant.

Points essentiels

  • Le pharmacien peut substituer un générique si le produit est dans le même groupe générique que le princeps et si le médecin n’a pas indiqué « non substituable » avec motif médical.
  • La mention « non substituable » doit figurer sur l’ordonnance accompagnée d’un motif médical pour empêcher la substitution.
  • Exemple de substitution : Mopral® remplacé par oméprazole correspond à la même molécule du même groupe générique.
  • Exemple d’alternative : Mopral® remplacé par Eupantol® implique une molécule différente et nécessite une validation du prescripteur.
  • La conciliation médicamenteuse inclut l’étude de toutes les ordonnances et de l’automédication, puis peut mener à un échange médico-pharmaceutique et à un ajustement du traitement.
  • Le patient doit être informé en cas de changement de traitement après conciliation médicamenteuse ou ajustement décidé.

Astuce mémo

Substitution = même groupe (ANSM) ; Conciliation = ordonnances + automédication ; Stocks = Pharma + Médecin + Soignants.

8. Prescription médicamenteuse et règles de validité

Notions clés & Définitions

  • FEFO First End First Out : Méthode de gestion des stocks où les unités dont la péremption est la plus proche sont utilisées en premier.
  • IDE : Infirmier diplômé d’État, professionnel responsable de l’administration des médicaments dans le cadre légal du CSP.
  • Prescription médicale : Acte écrit (manuscrit ou informatique) du médecin qui autorise l’administration infirmière des médicaments.
  • ORIGINAL de la prescription : Version authentique de la prescription manuscrite ou informatisée à consulter avant toute administration.

Points essentiels

  • La gestion des médicaments en dotation suit la logique FEFO : les unités à péremption la plus proche sont utilisées en premier.
  • L’administration des médicaments relève de la responsabilité de l’IDE (article R. 4311-5 du CSP) et se fait sur prescription médicale.
  • L’IDE aide à la prise des médicaments non injectables, vérifie la prise, surveille les effets et éduque le patient.
  • Une collaboration peut être mise en place avec étudiants en soins infirmiers et certains professionnels (article R. 4311-4 du CSP) sous la responsabilité de l’infirmier.
  • Dans ce cadre, l’aide-soignant s’assure de la prise, assure la traçabilité, surveille les effets indésirables et remonte les informations.
  • L’administration est l’étape ultime du processus de prise en charge médicamenteuse et elle est la plus à risque d’erreurs, tout en pouvant aussi en générer.

Astuce mémo

FEFO = « fin de vie d’abord » : on utilise d’abord ce qui expire le plus vite.

9. Dispensation pharmaceutique et validation

Notions clés & Définitions

  • Prescription médicale : Acte écrit ou oral du médecin qui autorise la dispensation et l’administration des médicaments selon des informations précises.
  • Protocole écrit validé : Document médical daté et signé qui peut servir de référence à la prescription pour organiser la thérapeutique.
  • Prescription incomplète : Prescription manquant d’éléments nécessaires à l’exécution, ou comportant un doute rendant l’administration non sécurisée.
  • Prescription orale : Instruction donnée verbalement par le médecin, acceptée seulement dans des conditions particulières, notamment l’urgence.

Points essentiels

  • La prescription doit être lisible, horodatée, signée et contenir toutes les mentions obligatoires, avec des mentions complémentaires si nécessaire (dose, durée de perfusion, conditions d’administration).
  • La prescription peut renvoyer à un protocole écrit, validé, daté et signé par un médecin.
  • À l’hôpital, tous les médicaments pris par le patient, y compris le traitement habituel hors période d’hospitalisation, doivent être repris dans la prescription.
  • En cas de doute, de prescription incomplète ou de difficultés d’exécution, l’IDE demande un complément d’information et une confirmation ou une modification au prescripteur.
  • L’IDE refuse d’exécuter une prescription dans trois cas : traitement ne répondant pas aux besoins du patient (avis écrit au dossier), soin hors de sa compétence, ou prescription orale hors urgence.
  • En urgence, une prescription orale doit être sécurisée par répétition de l’information comprise et par enregistrement en temps réel via une transmission ciblée dans le dossier de soins.

Astuce mémo

Prescription = Écrit + Horodaté + Signé ; en urgence : Répéter + Enregistrer en temps réel.

10. Gestion des stocks en unités de soins

Notions clés & Définitions

  • Règle des 5 B : Méthode de sécurisation de l’administration médicamenteuse structurée en cinq contrôles successifs.
  • Bon patient : Contrôle d’identité du patient avant chaque administration, en croisant plusieurs moyens d’identification.
  • Bon médicament : Vérification attentive de l’étiquette et de l’aspect du médicament à chaque étape avant administration.
  • Bon dose : Contrôle de la dose prescrite et des calculs (dilution, débit, volume) avant préparation et administration.
  • Patients à risque : Catégorie de patients nécessitant une vigilance accrue car ils présentent un risque plus élevé d’intolérance ou de surdosage.

Points essentiels

  • Vérifier l’identité du patient à chaque administration si l’état le permet, en croisant nom-prénom + date de naissance, ou nom-prénom + NIP, ou bracelet d’identification.
  • Lire l’étiquette à trois moments : au prélèvement dans le stock, pendant la préparation, puis juste avant l’administration en chambre.
  • Contrôler nom et dosage, forme galénique, qualité apparente, aspect/intégrité de l’emballage, conditions de conservation, limpidité si solution, date de péremption, voie prévue, soluté de reconstitution/dilution, et ne ô

Astuce mémo

5 B = Patient → Médicament → Dose → Voie → Moment.

11. Administration infirmière et sécurisation de l’exécution

Notions clés & Définitions

  • Patients à risque : Patients à risque : personnes dont les caractéristiques augmentent la probabilité d’intolérance ou de surdosage liées à des mécanismes pharmacocinétiques et/ou pharmacodynamiques.
  • Médicaments à risque : Médicaments à risque : spécialités nécessitant une sécurisation renforcée de la prescription jusqu’au suivi thérapeutique pour éviter des erreurs graves.
  • Marge thérapeutique étroite : Marge thérapeutique étroite : situation où de petites variations de dose peuvent entraîner des effets indésirables ou une inefficacité.
  • Never Events : Never Events : événements médicamenteux graves évitables qui ne devraient jamais survenir en établissement de santé.
  • Arrêté du 6 avril 2011 : Arrêté du 6 avril 2011 : texte imposant des exigences de sécurisation pour les médicaments dits « à risque » à chaque étape du circuit.

Points essentiels

  • Les patients les plus exposés aux événements indésirables médicamenteux incluent notamment insuffisants rénaux, insuffisants hépatiques, enfants, nouveaux-nés, personnes âgées, femmes enceintes ou allaitantes.
  • Les médicaments à risque exigent une sécurisation de la prescription, de la dispensation, de la détention, du stockage, de l’administration et d’un suivi thérapeutique approprié.
  • Les médicaments à risque sont souvent ceux à marge thérapeutique étroite, car les erreurs y ont des conséquences plus importantes pour le patient.
  • Exemples de médicaments à risque : anticoagulants, antiarythmiques, agonistes adrénergiques IV, digitaliques IV, insuline, anticancéreux, solutions d’électrolytes concentrées.
  • Les médicaments expérimentaux définis à l’article L. 5121-1-1 du code de la santé publique entrent dans la catégorie des médicaments à risque.
  • La liste des Never Events est disponible sur le site de l’ANSM (https://ansm.sante.fr/documents/reference/never-events) et doit être consultée dans le cadre du cours.

Astuce mémo

Risque = RÉNAL/HÉPATIQUE + ÂGE + ENFANT/NOUVEAU-NÉ + GROSSESSE/ALLAITEMENT ; Never Events = « jamais » (évitable)

12. Bons réflexes et méthode REMED

Notions clés & Définitions

  • Erreur médicamenteuse : Une erreur médicamenteuse est une erreur non intentionnelle survenant pendant le processus de soins et impliquant un médicament ou produit de santé, lors de la prescription, dispensation ou administration.
  • REMED : La REMED est un moment d’analyse collective et rétrospective d’une ou plusieurs erreurs médicamenteuses pour améliorer la sécurité de la prise en charge.
  • EIG : Un EIG est un événement indésirable grave pouvant survenir au cours des soins, dont une partie est liée aux médicaments.
  • Causes liées au produit : Les causes liées au produit regroupent les problèmes de conditionnement ou d’étiquetage qui peuvent favoriser une erreur.
  • Causes liées aux pratiques ou à l’organisation : Les causes liées aux pratiques ou à l’organisation concernent les erreurs lors de la prescription, de la dispensation ou de l’administration, souvent favorisées par le fonctionnement du processus.

Points essentiels

  • Bonne voie et bon moment : vérifier que le médicament est administré par la voie prévue et au bon moment avant l’acte.
  • En cas de besoin, consulter la notice d’utilisation du médicament pour lever un doute sur les modalités.
  • Vérifier ou faire vérifier les calculs complexes avant préparation ou administration.
  • Étiqueter les médicaments préparés et conserver le blister jusqu’à l’administration.
  • Respecter le principe « Je prépare, J’administre » pour limiter les confusions entre préparations.
  • Associer le patient : lui demander de décliner son identité, annoncer le médicament à prendre/administrer et l’informer avant l’acte.

Astuce mémo

Voie-Moment-Calcul-Étiquette-Blister-Je prépare→J’administre-Patient-Trace-Doute→Collègue/Pharmacien/Médecin-Déclarer.

Repères chronologiques

DateÉvénement
14 février 2012Circulaire DGOS/PF2/2012/72 relative au management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse dans les établissements de santé
6 avril 2011Arrêté relatif au management de la qualité de la prise en charge médicamenteuse et aux médicaments dans les établissements de santé
18 juin 2019Recommandation citée : HAS. Le risque médicamenteux au domicile
déc. 2020Évaluation de la prise en charge médicamenteuse selon le référentiel de certification (HAS)
Mai 2013Outils de sécurisation et d’auto-évaluation de l’administration des médicaments (HAS)
juin 2017ANESM : Sécurisation de la prise en charge médicamenteuse en EHPAD (fiche repère)
2 janvier 2002Loi n°2002-2 rénovant l’action sociale et médico-sociale (évaluation en continu, volet interne/externe)
septembre 2021Publication annoncée : décret précisant référentiel, méthodes d’évaluation et format du rapport d’évaluation (ESSMS)

Tableaux de synthèse

Acteurs du processus et responsabilités (rôle central)

ActeurRôle cléResponsabilité
PrescripteurDécision thérapeutique, rédaction de l’ordonnance, enregistrement dans le dossier, information du patient, évaluation/ réévaluationActe médical de prescription (non déléguable sauf interne)
PharmacienAnalyse/validation, préparation éventuelle, délivrance, conseils, interventions pharmaceutiques, conciliation/bilan partagéDispensation (pharmaciens inscrits à l’ordre)
Infirmier(ère)Vérifie l’ORIGINAL, contrôle concordance, prépare au plus près, administre, surveille, trace, éduqueAdministration (IDE, article R. 4311-5 CSP)
Aide-soignant(e)Aide à la prise sous responsabilité IDE, traçabilité, surveillance des effets indésirables, remontée d’informationsCollaboration sous cadre CSP (R. 4311-4)

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre prescription et dispensation : la prescription est médicale (non déléguée sauf interne), la dispensation est pharmaceutique (pharmaciens inscrits à l’ordre).
  2. Accepter une prescription orale hors urgence : elle est interdite sauf situation d’urgence impérieuse, puis confirmation écrite dès que possible.
  3. Travailler à partir d’une retranscription : l’administration doit se faire en travaillant sur l’ORIGINAL de la prescription, toute retranscription étant proscrite.
  4. Mélanger les étapes : « Je prépare, J’administre » et l’étiquetage/tracabilité des doses préparées sont indispensables pour éviter les confusions.
  5. Oublier la règle des 5 B : sécuriser l’administration exige Bon patient, Bon médicament, Bon dose, Bonne voie, Bon moment, pas seulement l’identité.
  6. Croire que toute modification de prescription peut être faite sans médecin : toute modification nécessite une modification de l’ordonnance par un médecin.
  7. Confondre substitution générique et alternative : substitution = même groupe générique + pas de « non substituable » motivé ; alternative = molécule différente validée par le prescripteur.

Checklist Examen

  1. Identifier les textes de référence du cadre de l’exercice infirmier (CSP R. 4311-1 à D. 4311-15-1) et les textes de sécurisation du médicament (AMM, statuts particuliers, substances vénéneuses/psychotropes).
  2. Expliquer l’organisation de la qualité : certification HAS (visite/expert visiteurs + manuel), pratique exigible prioritaire pour la prise en charge médicamenteuse (V4_2025).
  3. Distinguer les circuits selon le lieu : hôpital/HAD avec PUI, ESSMS/EHPAD avec convention (PUI ou pharmacien d’officine), domicile/circuit de ville avec SSIAD/ESA/SPASAD/SAMSAH.
  4. Décrire le schéma général du circuit : prescription → dispensation (analyse/préparation/conseil) → administration → suivi et réévaluation, appuyés par la logistique (achat/stockage/délivrance/transport/élimination).
  5. Citer les acteurs du processus et leurs responsabilités : prescripteur, pharmacien, préparateur, infirmier(ère), aide-soignant(e), patient (information/consentement/surveillance/éducation).
  6. Maîtriser les règles de la prescription : acte médical issu anamnèse/examen/diagnostic, moments (entrée/séjour/sortie), interdiction de la prescription orale sauf urgence, et possibilité de protocole anticipé daté/signé.
  7. Savoir ce que recouvre la dispensation : analyse pharmaceutique, préparation éventuelle (PDA), délivrance (globale à l’unité ou individuelle), conseils, interventions pharmaceutiques, et obligation de modification d’ord.
  8. Connaître la gestion des stocks en unités : co-responsabilité (pharmacien/médecin/soignants), FEFO, identification jusqu’à l’acte, proscrire fractions entamées et sécuriser/étiqueter (lot, péremption, ouverture multidos)
  9. Rappeler que l’administration relève de l’IDE (article R. 4311-5 CSP) sur prescription datée et signée, en s’appuyant sur l’ORIGINAL, et en cas de doute demander complément/confirmation au prescripteur.
  10. Appliquer la règle des 5 B lors de l’administration : identité du patient, lecture de l’étiquette aux 3 temps, contrôle de la dose/calculs, vérification de la voie, vérification du bon moment selon prescription et contr.
  11. Identifier patients à risque, médicaments à risque et Never Events : exemples de patients (insuffisance rénale/hépatique, enfants/nouveaux-nés, personnes âgées, grossesse/allaitement), exemples de médicaments à risque, s
  12. Savoir définir l’erreur médicamenteuse et la REMED : erreur non intentionnelle survenant lors de prescription/dispensation/administration, analyse collective rétrospective non culpabilisante, domaines de causes/barrières

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Gestion de la sécurité médicamenteuse avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quel texte encadre juridiquement l’exercice des professionnels de santé et la prise en charge des patients ?

2. Quels articles du Code de la santé publique décrivent le cadre de l’exercice infirmier et les compétences associées ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Gestion de la sécurité médicamenteuse avec 24 flashcards interactives.

Code de la santé publique — rôle ?

Encadre l’exercice des professionnels de santé.

Articles R. 4311-1 à D. 4311-15-1 — contenu ?

Définissent le cadre et les compétences de l’infirmier.

Autorisation de mise sur le marché — statut ?

Autorise la commercialisation après évaluation.

Voir les flashcards →

Cours similaires

Crée tes propres fiches de révision

Importe ton cours et l'IA génère fiches, QCM et flashcards en 30 secondes.

Générateur de fiches