Fiche de révision : Gestion des contextes en EPS

Plan du Cours

  1. Gestion des contextes en EPS
  2. Gestion du contexte social
  3. Gestion du contexte physique
  4. Gestion du contexte culturel
  5. Autorité et règles en EPS
  6. Engagement et conflits en EPS
  7. Exploitation de l'espace et du temps
  8. Utilisation des objets pédagogiques
  9. Adaptation du guidage pédagogique
  10. Styles d’enseignement en EPS
  11. Interdisciplinarité en EPS
  12. Co-intervention et collaboration

1. Gestion des contextes en EPS

Notions clés & Définitions

  • Urgence et incertitude dans l'enseignement en EPS
    Perrenoud (1996) : l'enseignement en EPS est source d'urgence et d'incertitude, nécessitant une capacité d'adaptation rapide face à des situations imprévisibles et complexes, notamment en gestion des comportements et des interactions sociales.

  • Spécificité des contextes en EPS
    La particularité de l'EPS réside dans la diversité des contextes : sociaux, physiques et culturels, qui influencent la dynamique de la classe et la gestion des activités, notamment par la présence d'interactions sociales fortes et d'émotions liées à la performance ou au risque.

  • Interactions sociales spécifiques aux APSA
    En EPS, notamment dans les APSA collectives, les interactions sont marquées par la présence de partenaires ou adversaires, avec une forte charge émotionnelle liée à la compétition, à la coopération ou à l'affrontement, ce qui différencie cette discipline des autres.

  • Gestion des émotions liées à la performance et au risque
    La gestion des émotions (stress, peur, excitation) est essentielle en EPS, surtout dans des situations de compétition ou de risque, où l'enseignant doit accompagner les élèves pour réguler ces émotions et favoriser un climat propice à l'apprentissage.

  • Spécificité des contextes en EPS
    La gestion doit prendre en compte la diversité des espaces (stades, gymnases, piscines) et des cultures d'élèves, nécessitant une adaptation constante pour assurer la sécurité, la motivation et l'engagement dans des environnements variés.

Points essentiels

  • La gestion des contextes en EPS doit faire face à l'urgence et à l'incertitude, comme le souligne Perrenoud (1996), qui insiste sur la nécessité d'agir dans l'imprévu et de décider rapidement.
  • La spécificité des contextes en EPS réside dans leur diversité : sociaux (interaction avec partenaires ou adversaires), physiques (espaces variés) et culturels (vécu des élèves).
  • Les interactions sociales en APSA sont souvent intenses, émotionnelles, et nécessitent une gestion fine pour maintenir la dynamique de groupe et la sécurité.
  • La gestion des émotions est un enjeu majeur, notamment pour accompagner la régulation des élèves face à la performance ou au risque, afin de préserver leur engagement et leur sécurité.
  • La capacité à s’adapter aux différents contextes, en tenant compte des émotions et des interactions, constitue une compétence clé pour l’enseignant en EPS.

À retenir

L’enseignement en EPS se caractérise par une gestion complexe des contextes, où l’urgence, l’incertitude, et la diversité des situations exigent une adaptation constante pour garantir la sécurité, la motivation et le développement des compétences sociales et émotionnelles des élèves.

2. Gestion du contexte social

Notions clés & Définitions

  • Autorité en EPS (Delaunay, 2008) : Capacité de l’enseignant à influencer durablement l’activité des élèves, en équilibrant fermeté et humanité, tout en acceptant l’élève tel qu’il est pour le transformer vers les attentes éducatives.
  • Types d’autorité (Terré, 2018) : Deux formes principales : autorité-imposition-soumission, basée sur la reconnaissance du pouvoir de l’enseignant, et autorité-dialogue-construction, favorisant la négociation et la co-construction des règles et des comportements.
  • Pouvoirs de l’enseignant et des élèves (Flavier, Méard et Respaud, 2008) : L’enseignant tire son pouvoir de la reconnaissance qu’il a des pouvoirs des élèves, qui peuvent intégrer ou co-construire les règles, influençant ainsi la dynamique en classe.
  • Stratégies de gestion collective et individuelle (Vors, 2011 ; Girard et Vors, 2018) : Approches pour maintenir l’ordre et l’engagement : gestion simultanée, différée ou complémentaire, en utilisant des gestes professionnels, des seuils de tolérance, ou en favorisant la responsabilisation des élèves.
  • Engagement fluctuant des élèves (Allen, 1986 ; Saury et al., 2013) : La participation des élèves varie selon leur micro-identité et micro-monde, influencée par les routines, l’interaction sociale, et la capacité de l’enseignant à improviser et à faire fluctuer leur engagement.
  • Gestion des conflits en EPS (Flavier, 2001 ; Flavier et Méard, 2002) : Processus de reconnaissance des situations conflictuelles, intervention adaptée, et utilisation de routines ou improvisations pour rétablir l’ordre, en évitant la personnalisation et en dosant la sanction.

Points essentiels

  • L’autorité en EPS doit équilibrer tolérance et fermeté, en étant ferme tout en restant humain, comme le souligne Ubaldi (2006), qui insiste sur la posture d’un « homme debout » capable de résister dans le conflit tout en croyant en la transformation de l’élève.
  • La distinction entre autorité-imposition-soumission et autorité-dialogue-construction (Terré, 2018) permet d’adapter la posture de l’enseignant selon le contexte et la dynamique de la classe.
  • La reconnaissance des pouvoirs des élèves (Flavier, Méard et Respaud, 2008) favorise une gestion participative et co-construite, renforçant l’engagement et la responsabilisation.
  • La gestion collective et individuelle doit être flexible : l’enseignant peut gérer simultanément, différer ou faire évoluer ces stratégies (Vors, 2011). La hiérarchisation des transgressions et la capacité à hiérarchiser les seuils de tolérance sont cruciales pour maintenir l’ordre (Girard et Vors, 2018).
  • La fluctuation de l’engagement des élèves, liée à leur micro-identité, nécessite une capacité d’improvisation et de routines pour maintenir leur motivation et leur participation (Saury et al., 2013).
  • La gestion des conflits repose sur une intervention adaptée, la mise en place de routines, et l’utilisation d’un continuum entre négociation et autorité, pour éviter la personnalisation et favoriser une résolution constructive (Flavier, 2001 ; Flavier et Méard, 2002).

À retenir

L’autorité en EPS doit s’appuyer sur un équilibre entre fermeté et dialogue, en valorisant la reconnaissance des pouvoirs des élèves et en adaptant les stratégies de gestion pour maintenir l’engagement et gérer efficacement les conflits.

3. Gestion du contexte physique

Notions clés & Définitions

  • Diversité des espaces physiques en EPS : Ensemble des lieux variés (stades, gymnases, piscines, plateaux scolaires) adaptés aux différentes APSA, permettant une pratique spécifique et adaptée à chaque activité (Durand, 2000).
  • Exploitation du contexte physique en cours d'action : Capacité de l'enseignant à mobiliser et à ajuster l'espace, le matériel et la configuration spatiale durant la séance pour favoriser l'apprentissage et la sécurité (Durand, 2001).
  • Utilisation de l'espace et du temps en EPS : Organisation et gestion des ressources spatiales et temporelles pour optimiser la progression pédagogique, en tenant compte des contraintes et des spécificités de chaque APSA (voir partie 8).
  • Gestion des objets pédagogiques spécifiques à EPS : Manipulation et mise en œuvre d'artefacts matériels (ex : élastiques, plots, tapis) qui structurent l'activité, facilitent la compréhension et augmentent le pouvoir d’action de l’enseignant et des élèves (Norman, 1993 ; Durand, 2001).
  • Artefacts cognitifs en EPS : Objets matériels ou symboliques qui servent de supports à la cognition et à la régulation de l’activité (ex : repères, lignes, équipements), permettant d’amplifier les capacités cognitives et motrices (Adé, Sève et Ria, 2006).

Points essentiels

  • La diversité des espaces physiques en EPS doit être exploitée pour répondre aux exigences spécifiques de chaque APSA, en tenant compte de leur configuration (stades, piscines, gymnases, plateaux).
  • L’enseignant doit ajuster en temps réel l’utilisation de l’espace et du matériel pour favoriser la sécurité, la progression pédagogique et l’engagement des élèves (Durand, 2001).
  • La gestion des objets pédagogiques, tels que les artefacts matériels (plots, élastiques, tapis), constitue un levier pour structurer l’activité, rendre les objectifs explicites et augmenter la capacité d’action (Norman, 1993 ; Durand, 2001).
  • La capacité à détacher et à manipuler l’espace et le temps permet de moduler la difficulté, de gérer les transitions et d’adapter la séance aux imprévus ou aux besoins spécifiques des élèves (voir partie 8).
  • La mise en place d’artefacts cognitifs facilite la compréhension, la mémorisation et la régulation des actions motrices, contribuant à l’apprentissage moteur et cognitif (Adé, Sève et Ria, 2006).

À retenir

L’enseignant doit exploiter la diversité des espaces et objets en EPS en ajustant leur utilisation en temps réel, afin de structurer l’activité, sécuriser la pratique et favoriser l’apprentissage.

4. Gestion du contexte culturel

Notions clés & Définitions

  • Influence du vécu culturel des élèves sur la pratique des APSA : La manière dont les expériences, valeurs et traditions culturelles des élèves façonnent leur engagement, leur compréhension et leur comportement lors des activités physiques et sportives (APSA). Ce vécu influence la motivation et la perception des activités (voir partie 3).
  • Adaptation pédagogique à la culture des élèves : La capacité de l’enseignant à ajuster ses méthodes, ses activités et ses interactions en fonction des références culturelles, des habitudes et des attentes propres aux élèves, afin de favoriser leur participation et leur apprentissage (voir partie 3).
  • Contexte culturel des interactions scolaires et sportives : L’ensemble des normes, valeurs, représentations et pratiques culturelles qui structurent les échanges entre élèves et enseignants dans le cadre scolaire et sportif, influençant la légitimité des comportements et la gestion des interactions (voir partie 3).
  • Improvisation pédagogique liée au contexte culturel : La capacité de l’enseignant à ajuster spontanément ses stratégies et ses activités en réponse aux comportements, aux attentes ou aux références culturelles des élèves, souvent en situation imprévue, pour maintenir l’engagement et l’efficience de l’enseignement (voir partie 3).

Points essentiels

  • Le vécu culturel des élèves façonne leur rapport à l’activité physique, notamment en influençant leur motivation, leur perception de la légitimité des règles et leur manière d’interagir (voir partie 3).
  • L’enseignant doit repérer et comprendre ces référents culturels pour adapter ses pratiques pédagogiques, ce qui nécessite une capacité d’écoute, d’observation et d’improvisation (voir partie 3).
  • La gestion du contexte culturel implique une reconnaissance des différences culturelles, notamment dans des classes hétérogènes, et une adaptation pour éviter l’exclusion ou la démotivation (voir partie 3).
  • L’improvisation pédagogique devient un outil clé pour répondre aux imprévus liés à la diversité culturelle, permettant de maintenir l’engagement et la cohésion du groupe (voir partie 3).
  • La prise en compte du contexte culturel favorise une pédagogie inclusive, respectueuse des identités et des référents de chaque élève, tout en valorisant la diversité (voir partie 3).

À retenir

L’adaptation pédagogique au vécu culturel des élèves et l’improvisation en situation sont essentielles pour favoriser leur engagement, leur compréhension et leur réussite dans les APSA, en tenant compte de la diversité culturelle présente en classe.

5. Autorité et règles en EPS

Notions clés & Définitions

  • Règles institutionnelles : règles formelles et explicites qui régissent le fonctionnement de l’EP, telles que le retard, la tenue ou l’assiduité, visant à structurer l’organisation générale selon Meard et Bertone (1996).
  • Typologie des règles en EPS : classification des règles selon leur fonction et leur nature, comprenant notamment les règles de groupe, de jeu, de sécurité et d’apprentissage, constituant un système dynamique où la contamination entre règles peut favoriser leur progression ou leur déviation (Meard et Bertone, 1996).
  • Niveaux d’intégration des règles : degrés d’appropriation et de sens donné par les élèves aux règles, allant de l’anomie (transgressions involontaires) à l’autonomie (co-construction et initiatives personnelles), en passant par l’hétéronomie (résistances ou déviances) et l’autorégulation (internalisation sans présence de l’adulte) (Delaunay, 2008).
  • Système dynamique et contamination entre règles : interaction et influence réciproque entre différentes règles, où la progression ou la transgression d’une règle peut entraîner des effets sur les autres, illustrant la fluidité et la complexité du système de régulation en EPS (Meard et Bertone, 1996).
  • Niveau d’attribution de sens aux règles : perception et interprétation que les élèves ont des règles, qui conditionnent leur comportement, leur engagement et leur résistance, influençant leur capacité à s’autoréguler ou à transgresser (Delaunay, 2008).

Points essentiels

  • La typologie des règles en EPS distingue plusieurs catégories : institutionnelles (organisation), de groupe (cohésion), de jeux (fair-play), de sécurité (prévention des risques) et d’apprentissage (résistance ou refus d’apprendre). Ces règles forment un système global et interactif, où la contamination permet une progression ou une dégradation des comportements (Meard et Bertone, 1996).
  • Les niveaux d’intégration des règles chez les élèves varient selon leur perception :
    • Anomiques : transgressions involontaires dues à la méconnaissance.
    • Autonomes d’opposition : transgressions volontaires pour défier ou s’opposer.
    • Hétéronomes : résistances ou déviances en présence de l’adulte, souvent par incompréhension.
    • Autorégulées : actions conformes aux règles, internalisées sans intervention extérieure.
    • Autonomes : création ou co-construction active de règles par les élèves, impliquant une appropriation profonde.
  • La progression dans l’intégration des règles influence l’engagement, la régulation des comportements et la dynamique du groupe, tout en étant soumise à la contamination entre différentes règles, ce qui rend le système complexe et évolutif (Delaunay, 2008).
  • La gestion des règles doit prendre en compte leur système dynamique, en adaptant la posture de l’enseignant face aux seuils de tolérance, aux transgressions et à la capacité d’autorégulation des élèves (Meard et Bertone, 1996).

À retenir

Les règles en EPS constituent un système dynamique où leur typologie, leur niveau d’intégration par les élèves et leur contamination mutuelle façonnent la régulation des comportements, l’engagement et la cohésion du groupe.

6. Engagement et conflits en EPS

Notions clés & Définitions

  • Engagement des élèves dans la classe (Allen, 1986) : volonté active des élèves à participer aux activités, en évitant l’ennui et les ennuis, pour favoriser leur implication et leur apprentissage.
  • Micro-identité / Micro-monde (Varela, 1989) : pluralité de préoccupations, d’engagements et de couplages entre l’identité de l’élève et son environnement, influençant ses interactions sociales et son comportement en classe (Saury, Adé, Gal-Petitfaux, Huet, Sève et Trohel, 2013).
  • Routines et improvisation pour gérer l'engagement (Petten et Visioli, 2017) : stratégies répétées ou adaptatives que l’enseignant mobilise pour maintenir ou rétablir l’implication des élèves face à des situations imprévues ou difficiles, en s’adaptant à la culture et aux comportements des élèves.
  • Conflits en EPS (Flavier, 2001; Flavier et Méard, 2002) : désaccords ou affrontements qui émergent dans un contexte d’interactions sociales intenses, souvent liés à des comportements déviants, des transgressions ou des tensions liées à la discipline, nécessitant une gestion adaptée par l’enseignant.
  • Alternance jeu-travail (Girard et Vors, 2018) : passage dynamique entre phases de jeu et phases de travail, permettant aux élèves de se décoller temporairement de la tâche pour mieux y revenir, favorisant l’engagement et la régulation des comportements.

Points essentiels

  • L’engagement des élèves vise à éviter l’ennui et les ennuis (Allen, 1986), en mobilisant différentes orientations qui peuvent fluctuer selon la situation et la perception de l’élève (Rossard et Saury, 2009).
  • La notion de micro-identité (Varela, 1989) souligne la diversité des préoccupations et des modes d’engagement, influençant directement la dynamique des interactions sociales en classe (Saury et al., 2013).
  • La gestion de l’engagement passe par l’instauration de routines et d’improvisations, permettant à l’enseignant de s’adapter aux comportements imprévisibles des élèves et à leur culture spécifique (Petten et Visioli, 2017).
  • La gestion des conflits en EPS nécessite une compréhension des processus d’émergence, souvent liés à des transgressions ou à des tensions, et une capacité à intervenir pour désamorcer ou réguler ces situations (Flavier, 2001; Flavier et Méard, 2002).
  • L’alternance jeu-travail, en permettant aux élèves de faire des décrochages temporaires contrôlés, favorise leur engagement durable et leur régulation comportementale (Girard et Vors, 2018).

À retenir

L’engagement des élèves en EPS est un processus dynamique, influencé par leur micro-identité et leur environnement social, que l’enseignant doit gérer par des routines, improvisations et stratégies d’alternance pour prévenir et réguler les conflits.

7. Exploitation de l'espace et du temps

Notions clés & Définitions

  • Gestion du temps dans les séances d'EPS : Organisation et utilisation efficace du temps disponible pour optimiser l'apprentissage et la progression (voir partie 2).
  • Détachement et adaptation à l'espace et au temps du cours : Capacité de l'enseignant à se libérer de la contrainte immédiate de l'espace et du temps pour ajuster ses actions pédagogiques en fonction des situations (voir partie 2).
  • Exploitation de l'espace spatio-temporel en EPS : Utilisation stratégique de l'espace et du temps pour structurer l'activité, favoriser l'engagement et la sécurité, tout en facilitant l'apprentissage (voir partie 2).
  • Objets du cours d’EPS comme artefacts cognitifs : Ressources matérielles ou symboliques qui structurent l’activité pédagogique, amplifient les capacités cognitives et facilitent la mise en œuvre des intentions éducatives (Adé, Sève et Ria, 2006 ; Norman, 1993).
  • Se détacher de l’espace et du temps du cours d’EPS : Capacité à prendre du recul par rapport à la situation immédiate pour analyser, ajuster ou planifier l’action pédagogique en fonction des objectifs (voir partie 2).

Points essentiels

  • La gestion efficace du temps permet de structurer la séance pour maximiser l’apprentissage tout en respectant le rythme des élèves (voir partie 2).
  • L’exploitation de l’espace doit être stratégique, en utilisant notamment des artefacts (objets pédagogiques) pour structurer l’activité, guider les élèves et sécuriser la pratique (Durand, 2001 ; Norman, 1993).
  • Le détachement de l’espace et du temps immédiats est une compétence clé pour l’enseignant, lui permettant d’ajuster ses interventions, de prévoir les transitions et de gérer l’imprévu (voir partie 2).
  • La mise en place d’artefacts, tels que des lignes, des zones ou des objets, facilite la structuration de l’activité et l’atteinte des objectifs pédagogiques (Durand, 2001).
  • La capacité à se détacher de l’immédiateté du cours permet d’adopter une posture réflexive, essentielle pour ajuster la progression et gérer l’espace et le temps en situation d’action.

À retenir

L’enseignant doit exploiter l’espace et le temps de manière stratégique, en utilisant des artefacts et en se détachant de l’immédiateté pour structurer l’activité, favoriser l’engagement et assurer la sécurité.

8. Utilisation des objets pédagogiques

Notions clés & Définitions

  • Objets pédagogiques : Artefacts matériels ou immatériels utilisés en EPS pour structurer, orienter ou amplifier l’activité pédagogique. Selon Adé, Sève et Ria (2006), ils structurent l’activité des enseignants stagiaires, en étant des ressources pour l’action.
  • Ressources pour l’action : Ressources matérielles ou cognitives mobilisées par l’enseignant ou l’élève pour atteindre des objectifs éducatifs, en lien avec les objets pédagogiques (Norman, 1993 : "Affordances").
  • Artefacts cognitifs : Objets ou dispositifs qui facilitent la réflexion, la compréhension ou la réalisation d’une tâche en EPS, comme un élastique ou un tremplin, qui amplifient les capacités cognitives selon Durand (2000).
  • Structuration des activités : Processus par lequel les objets pédagogiques organisent, encadrent ou orientent la pratique, en permettant de concrétiser les intentions éducatives (Durand, 2001).
  • Adaptation des matériels : Modification ou sélection des objets en fonction des APSA (Activités Physiques, Sportives et Artistiques) et des caractéristiques des élèves, pour optimiser leur engagement et leur apprentissage (Moréno et Sanchez, 2004).
  • Affordances : Possibilités d’action offertes par un objet ou un environnement, qui influencent la conduite de l’enseignant ou de l’élève dans la situation d’apprentissage (Norman, 1993).

Points essentiels

  • Les objets pédagogiques en EPS jouent un rôle central dans la structuration des activités, en permettant aux enseignants de concrétiser leurs intentions éducatives et aux élèves de mieux comprendre et réaliser les tâches (Durand, 2001).
  • Leur utilisation repose sur leur capacité à amplifier les capacités cognitives et motrices, en tant qu’artefacts cognitifs ou matériels, facilitant la mise en œuvre de stratégies pédagogiques adaptées (Adé, Sève et Ria, 2006).
  • La sélection et l’adaptation des matériels doivent tenir compte des APSA spécifiques et du vécu des élèves, afin de maximiser leur engagement et leur progression (Moréno et Sanchez, 2004).
  • La notion d’affordance permet de comprendre comment un objet peut inciter à certaines actions ou comportements, en fonction de ses caractéristiques et du contexte d’utilisation (Norman, 1993).
  • La capacité à détacher et à utiliser efficacement les objets pédagogiques contribue à la gestion de l’activité en EPS, en permettant de guider, sécuriser ou motiver les élèves dans leur pratique (Durand, 2000).

À retenir

Les objets pédagogiques en EPS sont des ressources matérielles ou cognitives qui structurent et facilitent l’action pédagogique, en étant adaptés aux APSA et aux élèves pour optimiser l’engagement et l’apprentissage.

9. Adaptation du guidage pédagogique

Notions clés & Définitions

  • Adaptation du guidage pédagogique : Ajustement continu des stratégies d’accompagnement et de soutien en fonction des interactions sociales, des comportements et du contexte pour favoriser l’apprentissage (voir notions de gestion différenciée).
  • Stratégies pour gérer l’engagement et les comportements : Techniques employées par l’enseignant pour maintenir ou restaurer la participation active des élèves, en utilisant notamment des gestes professionnels réajustés et des routines adaptées (Pillot et Visioli, 2017).
  • Réajustement continu des gestes professionnels : Processus dynamique où l’enseignant modifie ses actions et interventions en temps réel, en réponse aux comportements et à l’état de la classe, pour optimiser la gestion et l’apprentissage (Vors, 2011).
  • Gestion différenciée individuelle et collective : Approche pédagogique qui consiste à adapter l’intervention en tenant compte des besoins spécifiques de chaque élève tout en maintenant une cohésion collective, en utilisant par exemple des stratégies de gestion simultanée ou différée (Girard et Vors, 2018).
  • Interaction sociale en contexte d’enseignement : Relations et échanges entre l’enseignant et les élèves, ou entre élèves, qui influencent la dynamique de la classe et nécessitent une adaptation du guidage pour répondre aux attentes et comportements variés (Trohel, 2013).

Points essentiels

  • L’adaptation du guidage pédagogique repose sur la capacité de l’enseignant à ajuster ses stratégies en temps réel, en fonction des interactions sociales et des comportements des élèves, pour maintenir leur engagement et favoriser l’apprentissage (Pillot et Visioli, 2017).
  • La gestion différenciée permet de répondre aux besoins individuels tout en assurant la cohésion du groupe, en utilisant des stratégies telles que la gestion simultanée ou différée (Girard et Vors, 2018).
  • Le réajustement continu des gestes professionnels implique une observation attentive et une capacité à improviser ou à moduler ses interventions pour faire face aux imprévus ou aux comportements déviants (Vors, 2011).
  • La stratégie de gestion de l’engagement inclut la mise en place de routines, la négociation, la sanction adaptée, et l’utilisation de gestes professionnels pour motiver ou recadrer les élèves (Pillot et Visioli, 2017).
  • La capacité à improviser en situation imprévue, tout en respectant les règles et en maintenant l’autorité, est essentielle pour une adaptation efficace du guidage pédagogique (Trohel, 2013).

À retenir

L’adaptation du guidage pédagogique consiste à ajuster en permanence ses stratégies d’accompagnement en fonction des interactions sociales et des comportements, afin d’optimiser l’engagement et l’apprentissage des élèves.

10. Styles d’enseignement en EPS

Notions clés & Définitions

  • Styles d’enseignement en EPS : différentes manières dont un enseignant organise et conduit ses interactions avec les élèves, influençant leur engagement et leur apprentissage. (concept général, implicit dans le contenu source)
  • Postures pédagogiques face à l’autorité : attitudes adoptées par l’enseignant pour gérer son pouvoir et ses relations avec les élèves, oscillant entre fermeté et tolérance. Ubaldi (2006) définit l’enseignant comme un « homme debout » : ferme et humain, résistant dans les situations conflictuelles tout en croyant en la transformation de l’élève.
  • Dialogue et négociation avec les élèves : processus d’échange permettant à l’enseignant de construire une relation de coopération, de justifier ses décisions et d’adapter son enseignement en fonction des réactions des élèves. Flavier, Méard et Respaud (2008) insistent sur l’importance d’imposer, justifier, négocier dans la gestion des comportements.
  • Gestion des seuils de tolérance : capacité de l’enseignant à hiérarchiser et à tolérer certaines transgressions ou comportements déviants en fonction de leur impact sur le groupe, en identifiant des seuils limites. Girard et Vors (2018) évoquent l’acceptation de petites transgressions pour motiver ou maintenir l’engagement, tout en conservant un cadre.

Points essentiels

  • Les styles d’enseignement en EPS se traduisent par des postures variées face à l’autorité, oscillant entre fermeté et dialogue, selon Ubaldi (2006), qui valorise une posture « ferme et humaine ».
  • La posture de l’enseignant doit permettre de maintenir l’autorité tout en favorisant la coopération et la négociation, en utilisant des stratégies telles que l’imposition, la justification ou la négociation (Flavier, Méard et Respaud, 2008).
  • La capacité à gérer les seuils de tolérance est essentielle pour hiérarchiser les transgressions et ajuster la fermeté, notamment en acceptant de petites transgressions pour motiver (Girard et Vors, 2018).
  • La relation à l’autorité n’est pas figée : elle doit s’adapter aux contextes, aux comportements des élèves et aux enjeux pédagogiques, en combinant fermeté, écoute et négociation.
  • La posture pédagogique influence directement la dynamique de classe, la motivation et l’engagement des élèves, ainsi que la gestion des conflits et des transgressions.

À retenir

Les styles d’enseignement en EPS se caractérisent par une posture équilibrée entre fermeté et dialogue, permettant à l’enseignant de maintenir son autorité tout en négociant avec les élèves pour favoriser leur engagement et leur transformation.

11. Interdisciplinarité en EPS

Notions clés & Définitions

  • Interdisciplinarité : Approche pédagogique qui consiste à faire dialoguer et relier plusieurs disciplines pour enrichir l'apprentissage, en favorisant une compréhension globale et contextualisée.
  • Lien entre EPS et autres disciplines : Relation spécifique où l’EPS s’appuie sur des concepts, méthodes ou connaissances d’autres disciplines, comme la physique, pour approfondir la compréhension des APSA (Activités Physiques, Sportives et Artistiques).
  • Approche intégrée des apprentissages : Méthode qui vise à coordonner les contenus et compétences de différentes disciplines pour construire des savoirs cohérents et transférables, en dépassant la simple juxtaposition de savoirs.
  • Physique (exemple dans l’EPS) : Discipline qui fournit des principes tels que la force, la vitesse ou la trajectoire, permettant d’analyser et d’optimiser la performance en APSA, en particulier dans le cadre d’une démarche interdisciplinaire.
  • Conception pédagogique intégrée : Processus de planification et de mise en œuvre d’activités d’apprentissage qui mobilisent plusieurs disciplines pour favoriser la compréhension, la transférabilité et la motivation des élèves.

Points essentiels

  • L’interdisciplinarité en EPS permet de relier les savoirs disciplinaires pour une meilleure compréhension des phénomènes liés à la mouvement, à la performance ou à la régulation des activités physiques (voir notamment la relation avec la physique).
  • La relation entre EPS et autres disciplines, comme la physique, enrichit la réflexion sur la technique, la performance et la sécurité, en intégrant des notions telles que la force, la vitesse ou la trajectoire (exemple : analyse du saut en longueur avec la physique).
  • L’approche intégrée favorise la construction de compétences transférables, en permettant aux élèves de faire des liens entre leur vécu moteur et des connaissances théoriques, ce qui contribue à une pédagogie plus cohérente et motivante.
  • La conception pédagogique intégrée nécessite une planification précise pour articuler efficacement les contenus disciplinaires, en évitant la simple juxtaposition. Elle s’appuie sur une démarche réflexive et contextualisée.
  • La mise en œuvre de cette interdisciplinarité doit respecter la spécificité de l’EPS, notamment en tenant compte des enjeux émotionnels, sociaux et corporels propres à la discipline (voir la gestion des interactions sociales, la gestion du contexte physique).

À retenir

L’interdisciplinarité en EPS, notamment par le lien avec la physique et l’approche intégrée des apprentissages, permet d’enrichir la compréhension des phénomènes moteurs tout en favorisant une pédagogie cohérente, motivante et transférable.

12. Co-intervention et collaboration

Notions clés & Définitions

  • Co-intervention : Intervention conjointe de plusieurs enseignants ou professionnels pour assurer la continuité, la complémentarité ou la cohérence pédagogique dans une situation donnée, favorisant ainsi une gestion collective efficace (voir aussi partage des responsabilités pédagogiques).
  • Collaboration entre enseignants : Processus d’échange, de coordination et de travail en équipe entre enseignants pour élaborer, mettre en œuvre et ajuster conjointement les actions pédagogiques, notamment dans la gestion des classes difficiles (voir aussi gestion collective des classes difficiles).
  • Gestion collective des classes difficiles : Approche où plusieurs acteurs éducatifs partagent la responsabilité de maintenir un climat de classe favorable, en utilisant des stratégies coordonnées pour gérer les comportements problématiques et favoriser l’engagement des élèves (voir aussi partage des responsabilités pédagogiques).
  • Partage des responsabilités pédagogiques : Répartition claire et concertée des tâches, rôles et actions entre enseignants ou intervenants, permettant une cohérence dans l’accompagnement des élèves et une gestion fluide des situations complexes (voir aussi co-intervention).
  • Partenariat éducatif : Relation de coopération entre différents acteurs éducatifs (enseignants, personnels, partenaires) visant à renforcer l’efficacité pédagogique et à répondre aux besoins spécifiques des élèves, notamment en contexte de classes difficiles (voir aussi collaboration entre enseignants).
  • Synergie pédagogique : Effet positif généré par la coordination et l’harmonisation des interventions entre plusieurs acteurs, permettant d’optimiser l’impact éducatif et de faciliter la gestion collective des situations complexes (voir aussi gestion collective des classes difficiles).

Points essentiels

  • La co-intervention et la collaboration entre enseignants sont essentielles pour gérer efficacement les classes difficiles, en permettant une intervention plus cohérente, adaptée et soutenue (voir aussi gestion collective des classes difficiles).
  • Selon Terré (2018), la capacité de l’enseignant à tirer son pouvoir des pouvoirs reconnus aux élèves s’inscrit dans une dynamique de collaboration, où la reconnaissance mutuelle facilite la co-intervention.
  • La collaboration favorise la mise en place d’un partage des responsabilités pédagogiques, qui permet de répartir les tâches en fonction des compétences et des situations, renforçant ainsi la cohérence de l’action éducative.
  • La gestion collective des classes difficiles repose sur une coordination active, où plusieurs intervenants partagent la responsabilité de maintenir un climat propice à l’apprentissage et à l’engagement (voir aussi gestion collective des classes difficiles).
  • La synergie pédagogique, issue d’une collaboration efficace, contribue à réduire la résistance des élèves et à instaurer un climat de confiance, facilitant la régulation des comportements problématiques (voir aussi partage des responsabilités pédagogiques).
  • La mise en œuvre de la co-intervention nécessite une communication claire, une définition précise des rôles et une adaptation continue aux situations rencontrées (voir aussi partage des responsabilités pédagogiques).

À retenir

La co-intervention et la collaboration entre enseignants sont des leviers clés pour une gestion collective efficace des classes difficiles, permettant d’assurer une cohérence pédagogique et de partager les responsabilités pour mieux répondre aux besoins des élèves.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1996Publication de Perrenoud sur l'urgence et l'incertitude en EPS
2006Ubaldi insiste sur la posture de l'enseignant face aux conflits en EPS
2008Flavier, Méard et Respaud développent la notion de pouvoir en EPS
2011Vors propose des stratégies de gestion collective et individuelle
2013Saury et al. étudient la fluctuation de l'engagement des élèves
2018Terré distingue les types d'autorité en EPS

Tableaux de Synthèse

ThèmeNotions clésAuteur(s)Concepts principaux
Gestion des contextes en EPSDiversité des contextes (social, physique, culturel), gestion des émotions, adaptationPerrenoud (1996)Urgence, incertitude, adaptation constante
Gestion du contexte socialAutorité (Delaunay, 2008), types d’autorité (Terré, 2018), gestion des conflitsDelaunay (2008), Terré (2018), Flavier (2001)Autorité-dialogue vs autorité-imposition, reconnaissance des pouvoirs
Gestion du contexte physiqueDiversité des espaces, exploitation en temps réel, objets pédagogiquesDurand (2000, 2001), Norman (1993)Utilisation optimale de l’espace, artefacts matériels et cognitifs

Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre autorité-imposition (Terré, 2018) avec autorité-dialogue, sans adapter selon le contexte.
  2. Sous-estimer l’importance de la gestion des émotions dans la dynamique de groupe.
  3. Confondre gestion de l’espace physique et gestion des objets pédagogiques.
  4. Croire que la gestion des conflits se limite à la sanction, alors qu’elle inclut aussi la négociation.
  5. Omettre l’importance de l’adaptation en temps réel lors de l’exploitation de l’espace.
  6. Confondre la reconnaissance des pouvoirs des élèves avec une gestion autoritaire.
  7. Négliger la diversité des espaces physiques selon les APSA.

Checklist Examen

  • Connaître la définition de Perrenoud (1996) sur l'urgence et l'incertitude en EPS.
  • Identifier les différents types d’autorité en EPS selon Terré (2018).
  • Expliquer la distinction entre autorité-imposition et autorité-dialogue.
  • Maîtriser la notion de reconnaissance des pouvoirs des élèves selon Flavier, Méard et Respaud (2008).
  • Décrire les stratégies de gestion collective et individuelle proposées par Vors (2011).
  • Comprendre la fluctuation de l’engagement des élèves selon Saury et al. (2013).
  • Connaître les principes d’exploitation du contexte physique en EPS selon Durand (2000, 2001).
  • Identifier les objets pédagogiques spécifiques à l’EPS et leur rôle dans l’apprentissage.
  • Savoir ajuster en temps réel l’utilisation de l’espace et du matériel durant une séance.
  • Connaître les différents espaces physiques en EPS (stades, gymnases, piscines, plateaux).
  • Comprendre l’importance de l’adaptation du guidage pédagogique en fonction du contexte.
  • Maîtriser la gestion des conflits en EPS selon Flavier (2001) et Méard (2002).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Gestion des contextes en EPS avec 12 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Qu'est-ce que la gestion des contextes en EPS ?

2. Quel auteur a souligné en 1996 que l'enseignement en EPS est une source d'urgence et d'incertitude, nécessitant une capacité d'adaptation rapide ?

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Mémorisez les concepts clés de Gestion des contextes en EPS avec 24 flashcards interactives.

Gestion des contextes en EPS

Adaptation face à l'urgence, diversité et émotions

Contexte social en EPS

Autorité, reconnaissance et gestion des conflits

Contexte physique en EPS

Exploitation stratégique des espaces et objets pédagogiques

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