QCM : Introduction à la criminologie en France — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel constat institutionnel caractérise la criminologie en France ?

Elle est réservée aux écoles de police
Elle n’est enseignée qu’en faculté de médecine
Elle est reconnue comme discipline autonome au CNRS et au CNU
Elle n’apparaît pas comme discipline autonome dans les listes institutionnelles

Elle n’apparaît pas comme discipline autonome dans les listes institutionnelles

Explication

En France, la criminologie n’est pas consacrée comme discipline autonome dans les listes institutionnelles. Le cours la présente donc comme une matière sans case propre au CNRS et au CNU.

2. Que renvoie l’expression « criminis logos » dans l’histoire du mot criminologie ?

À une étude des seuls profils psychologiques
À une théorie des peines proportionnées
À un discours sur le crime et ses moyens de prévention
À une réforme du code pénal

À un discours sur le crime et ses moyens de prévention

Explication

Le terme renvoie à l’idée d’un discours scientifique sur le crime, ses causes et sa prévention. Les autres propositions déplacent le sens vers le droit pénal ou la psychologie, ce qui est trop restrictif.

3. Quel obstacle structurel freine le plus la constitution d’une criminologie autonome en France ?

L’interdiction de publier sur le crime
Le refus de toute recherche sur les prisons
Le manque d’interdisciplinarité dans l’université et les grandes écoles
L’absence totale de données sur la délinquance

Le manque d’interdisciplinarité dans l’université et les grandes écoles

Explication

Le cours insiste sur le fait que la criminologie est transversale et suppose des approches multiples, alors que l’organisation universitaire française reste peu interdisciplinaire. C’est un frein majeur à son autonomie.

4. Quelle opposition a longtemps structuré les débats en criminologie ?

Police judiciaire et police administrative
Responsabilité pénale et irresponsabilité civile
Peine de mort et réclusion criminelle
Individu criminel et délit comme objet d’étude

Individu criminel et délit comme objet d’étude

Explication

Le cours souligne la tension entre une criminologie centrée sur l’individu et une criminologie centrée sur le délit. Cette opposition a durablement organisé la discipline.

5. Quel épisode a cristallisé la querelle politique autour de la criminologie en France ?

La mise en place de la section 75 Criminologie
L’abolition de la responsabilité pénale
La réforme de la procédure d’appel
La création de la police scientifique

La mise en place de la section 75 Criminologie

Explication

La controverse majeure évoquée est celle de la section 75 Criminologie, portée par Alain Bauer et contestée par une partie du monde universitaire. Elle a fini par être supprimée après 2012.

6. Quelle idée résume la position de Rousseau sur la légitimité du pouvoir ?

Le juge incarne la vérité politique
La force crée le droit
La propriété fonde la souveraineté
La volonté générale fonde la légitimité

La volonté générale fonde la légitimité

Explication

Chez Rousseau, le pouvoir est légitime lorsqu’il exprime l’intérêt commun à travers la volonté générale. Le cours oppose clairement cette logique à celle de la force.

7. Comment la criminologie est-elle définie dans sa finalité scientifique ?

Comme la seule étude des prisons
Comme l’étude scientifique du phénomène criminel
Comme la technique de police de proximité
Comme l’étude des procédures judiciaires

Comme l’étude scientifique du phénomène criminel

Explication

La criminologie est présentée comme l’étude scientifique du phénomène criminel, de ses causes, de ses manifestations et de ses moyens de prévention. Elle ne se réduit ni au procès ni à l’administration carcérale.

8. Quel élément appartient explicitement aux finalités de la criminologie ?

La fixation des tarifs des amendes
La défense des intérêts des victimes uniquement
La rédaction des codes civils
La prévention des phénomènes criminels

La prévention des phénomènes criminels

Explication

Le cours inclut la prévention parmi les finalités centrales de la criminologie. Celle-ci ne vise pas seulement la description du crime, mais aussi les moyens d’en limiter l’apparition.

9. Chez Kant, pourquoi la peine juridique est-elle légitime ?

Parce que l’auteur s’est lui-même placé dans cette situation en violant la loi
Parce qu’elle répare la société par la compensation
Parce qu’elle corrige moralement le condamné
Parce qu’elle protège d’abord l’ordre public

Parce que l’auteur s’est lui-même placé dans cette situation en violant la loi

Explication

Pour Kant, la peine est justifiée par la transgression de la loi : l’auteur s’est mis lui-même dans la situation de devoir subir la sanction. La logique est rétributive, non utilitaire.

10. Quelle différence le cours établit-il entre peine juridique et peine naturelle ?

La peine juridique relève de la loi, la peine naturelle du vice lui-même
La peine juridique est civile, la peine naturelle est religieuse
La peine juridique est collective, la peine naturelle est privée
La peine juridique est spontanée, la peine naturelle est décidée par l’État

La peine juridique relève de la loi, la peine naturelle du vice lui-même

Explication

La peine juridique est infligée par l’État au nom de la loi, tandis que la peine naturelle est une punition spontanée liée au vice lui-même. Cette distinction est centrale dans la réflexion de Kant.

11. Quel courant justifie la peine par son utilité sociale, notamment la prévention ?

L’utilitarisme pénal
Le positivisme médical
Le rétributivisme
Le contractualisme rousseauiste

L’utilitarisme pénal

Explication

L’utilitarisme pénal ne retient la peine que pour ses effets utiles sur la société, surtout la prévention. À l’inverse, le rétributivisme justifie la peine par le mérite de la loi transgressée.

12. Quelle idée caractérise l’école rétributive du droit de punir ?

Punir seulement pour éviter la récidive
Punir pour le seul fait d’avoir commis le crime
Punir pour restaurer l’ordre économique
Punir en fonction de l’utilité sociale immédiate

Punir pour le seul fait d’avoir commis le crime

Explication

Dans l’école rétributive, la peine se justifie par le crime lui-même et non par un bénéfice social futur. Le cours associe cette logique à Kant.

13. Que désigne la « dégénérescence » chez Morel ?

Une déviation morbide assimilée à une hérédité pathologique
Une amélioration progressive des instincts
Une simple erreur de jugement
Une conséquence exclusive de la pauvreté

Une déviation morbide assimilée à une hérédité pathologique

Explication

Morel voit la folie comme une déviation morbide pouvant être héréditaire et pathologique. Le cours insiste sur cette logique de dégénérescence.

14. Quelle forme de monomanie trouble la volonté et empêche de maîtriser des actions violentes ?

La monomanie affective
La monomanie instinctive
La monomanie sociale
La monomanie intellectuelle

La monomanie instinctive

Explication

La monomanie instinctive concerne le trouble de la volonté et la difficulté à contrôler les actions instinctives violentes. Les autres types relèvent plutôt de l’idée fausse ou du sentiment déformé.

15. Quelle affirmation correspond au positivisme italien en criminologie ?

Le libre arbitre suffit à expliquer la délinquance
Le crime est un fait observable étudié scientifiquement
Le crime doit être expliqué par des spéculations morales
La peine repose sur la seule tradition juridique

Le crime est un fait observable étudié scientifiquement

Explication

Le positivisme traite le crime comme un fait social observable et explicable par une méthode scientifique. Il s’oppose ainsi aux explications purement abstraites ou morales.

16. Quel trait caractérise la criminologie clinique associée au positivisme ?

Elle réduit le crime à une décision rationnelle
Elle refuse toute intervention médicale
Elle se limite à l’étude des récidivistes
Elle voit le crime comme une pathologie sociale

Elle voit le crime comme une pathologie sociale

Explication

La criminologie clinique relie la délinquance à des pathologies sociales et à un examen médico-biologique de l’individu. Le cours la présente comme une mise en avant de l’expertise médicale.

17. Quelle est la thèse centrale de l’approche physiognomonique de Hooton et Sheldon ?

Les types corporels permettent d’orienter l’analyse des criminels
La peine doit remplacer l’expertise médicale
La criminalité est toujours le produit d’une imitation sociale
La délinquance dépend uniquement du milieu scolaire

Les types corporels permettent d’orienter l’analyse des criminels

Explication

L’approche physiognomonique classe les individus à partir de traits corporels pour appréhender la délinquance. Le cours mentionne notamment les endomorphes, mésomorphes et ectomorphes.

18. Quel groupe est présenté comme le plus souvent associé à une délinquance plus importante dans cette théorie ?

Les mésomorphes
Les ectomorphes
Les asthéniques
Les endomorphes

Les mésomorphes

Explication

Le cours indique que la théorie physiognomonique attribue surtout la délinquance aux mésomorphes. Les ectomorphes sont au contraire associés à une faible délinquance.

19. Comment la médecine criminologique explique-t-elle la délinquance ?

Par l’absence de sanction pénale
Par un dysfonctionnement biologique nécessitant un traitement technique
Par le seul effet des médias
Par un simple défaut d’éducation morale

Par un dysfonctionnement biologique nécessitant un traitement technique

Explication

La médecine criminologique relie la délinquance à un dysfonctionnement biologique et justifie un traitement technique pour réduire l’anomalie. Elle médicalise ainsi le phénomène criminel.

20. Quel type de mesure est associé aux théories eugéniques de la délinquance ?

La stérilisation
La probation sans contrôle
La médiation pénale
L’amnistie automatique

La stérilisation

Explication

Le cours associe les théories eugéniques à des pratiques comme la lobotomie et la stérilisation. Il s’agit d’une logique de correction biologique du criminel.

21. Quelle idée résume la criminologie dynamique ?

La suppression de toute explication sociale
L’analyse du processus qui conduit à l’acte
La réduction du crime à la biologie
L’étude des causes fixes de la délinquance

L’analyse du processus qui conduit à l’acte

Explication

La criminologie dynamique remplace l’explication par des causes uniques par l’analyse du processus menant à l’acte délinquant. Elle s’intéresse donc au déroulement du passage à l’acte.

22. Quelle thèse Becker défend-il à propos de la déviance ?

Elle est une propriété intrinsèque de l’acte
Elle dépend seulement de l’hérédité
Elle résulte de la qualification et des sanctions d’autrui
Elle disparaît avec le contrôle social

Elle résulte de la qualification et des sanctions d’autrui

Explication

Becker soutient que la déviance n’est pas dans l’acte lui-même mais dans la manière dont autrui le qualifie et le sanctionne. C’est une approche constructiviste et interactionniste.

23. Quel principe est au cœur de la défense sociale ?

La peine doit être appliquée sans tenir compte du danger
La société neutralise certains individus en raison de leur état dangereux
La peine doit être identique pour tous
La sanction vise uniquement la réparation civile

La société neutralise certains individus en raison de leur état dangereux

Explication

La défense sociale justifie l’intervention pénale par la dangerosité de l’auteur et la réaction de la société. Elle privilégie la neutralisation des individus jugés dangereux.

24. Quel trait distingue la défense sociale nouvelle selon le cours ?

La suppression du rôle du juge
Une politique criminelle humaniste fondée sur l’individualisation
Le refus de toute individualisation
Le retour exclusif à la vengeance sociale

Une politique criminelle humaniste fondée sur l’individualisation

Explication

La défense sociale nouvelle se présente comme une politique criminelle humaniste centrée sur l’individualisation et la réinsertion. Elle s’oppose au dogmatisme légaliste et restaure le rôle du juge.

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Mémorisez les réponses avec 23 flashcards sur Introduction à la criminologie en France.

Criminologie non reconnue en France

Pas de discipline autonome dans les institutions françaises.

Obstacles à la criminologie en France

Manque d’interdisciplinarité et résistances institutionnelles.

Querelle politique criminologie

Débats sur la définition et la légitimité de la discipline.

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