Fiche de révision : Introduction à la psychologie sociale

Plan du Cours

  1. Syndrome de Stockholm et influence sociale
  2. Objet de la psychologie sociale
  3. Autrui porteur de signification et facilitation sociale
  4. Attente en groupe et réduction de l’anxiété
  5. Attitudes : définition, fonctions et utilité
  6. Propriétés des attitudes : direction, intensité, centralité
  7. Changement d’attitude par dissonance et menace
  8. Techniques de persuasion : low-ball et pied dans la porte
  9. Low-ball et leurre : accord puis coût révélé
  10. Normes sociales : définition, fonctions et désindividuation
  11. Dépendance normative et dépendance informationnelle
  12. Pensée de groupe : cohésion, dangers et prévention

1. Syndrome de Stockholm et influence sociale

Notions clés & Définitions

  • Syndrome de Stockholm : Le syndrome de Stockholm est un attachement réciproque qui peut naître entre ravisseurs et otages placés ensemble dans des conditions extrêmes.
  • Attachement réciproque : L’attachement réciproque désigne un lien affectif qui se construit dans les deux sens entre personnes en situation de menace et de dépendance.
  • Influence sociale : L’influence sociale correspond aux changements d’attitudes ou de comportements produits par la présence et les actions d’autrui.
  • Condition contrôle : La condition contrôle décrit une situation où le contexte limite les interactions et oriente le comportement sans interaction physique nécessaire.
  • Condition amorçage : La condition amorçage décrit une situation où le contexte prépare psychologiquement les réponses, sans exiger d’interaction physique directe.

Points essentiels

  • Le syndrome de Stockholm est attribué à la tension extrême ressentie par ravisseurs et otages, tous deux en danger de mort.
  • Le nom vient d’une prise d’otages dans une banque de Stockholm où les otages n’ont pas voulu témoigner contre leur agresseur.
  • Le syndrome est étudié en psychologie sociale car il peut contribuer à la survie des otages via des changements relationnels et cognitifs.
  • Les impressions sur autrui peuvent évoluer, ce qui favorise des relations intergroupes et renforce l’idée d’une influence sociale.
  • Les autorités responsables du dénouement faciliteraient l’apparition du syndrome, tandis que des ravisseurs professionnels chercheraient à l’éviter en empêchant les interactions.
  • La question centrale est comment une attitude de départ négative peut être modifiée jusqu’à un certain attachement sous l’effet du contexte social.

Astuce mémo

Danger commun → lien réciproque : menace partagée + interactions favorisées = attachement (Stockholm).

2. Objet de la psychologie sociale

Notions clés & Définitions

  • Facilitation sociale : La facilitation sociale désigne l’augmentation de certains comportements quand une personne agit en présence d’autrui.
  • Réponses dominantes : Les réponses dominantes sont les réactions les plus spontanées et fréquentes qu’une personne produit dans une situation donnée.
  • Nécessité vitale d’autrui : La nécessité vitale d’autrui est l’idée que le développement et le bien-être dépendent fortement des relations sociales.
  • Impuissance acquise : L’impuissance acquise est un état appris où l’individu cesse d’agir car il perçoit que ses actions ne changent rien.
  • Comparaison sociale : La comparaison sociale est le processus par lequel les individus évaluent leurs opinions, aptitudes ou émotions en se comparant aux autres.

Points essentiels

  • La présence d’autrui peut modifier la performance et surtout rendre plus probables des réponses dominantes, parfois inadaptées socialement.
  • L’étude de Bordon et Taylor (1973) montre que des participants irrités deviennent plus agressifs quand ils sont en situation d’audience que lorsqu’ils sont seuls.
  • L’étude de Baron (1971) trouve l’inverse : l’irritation conduit à moins d’agressivité en audience quand l’audience est un professeur d’université et son assistant.
  • Bordon fait varier le sens de l’observateur : un observateur portant un insigne agressif augmente fortement les chocs électriques, alors qu’un observateur passif ne diffère pas de la condition sans observateur.
  • La facilitation sociale dépend donc à la fois de la tâche à accomplir et du sens attribué à autrui (ce que l’observateur “incite” à faire).
  • Wallon défend l’idée que l’individu est génétiquement social, et que les bébés réagissent différemment aux stimulations sociales plutôt qu’aux stimulations non sociales.

Astuce mémo

Autrui = miroir de nos réactions : il amplifie les réponses dominantes, et selon son “sens” il peut les rendre plus ou moins adaptées.

3. Autrui porteur de signification et facilitation sociale

Notions clés & Définitions

  • Exclusion sociale : L’exclusion sociale est une mise à l’écart qui déclenche des réactions affectives et cognitives, avec une expérience subjective proche de la douleur.
  • Cyber-ball : Cyber-ball est un jeu expérimental où les participants croient jouer avec d’autres personnes alors qu’ils interagissent avec un programme.
  • Préjugé : Le préjugé est une attitude négative prédisposant à traiter défavorablement un groupe ou ses membres, fondée sur une généralisation rigide et erronée.
  • Discrimination : La discrimination est un comportement défavorable envers un exogroupe, distinct de l’attitude car elle relève de la sphère agissante.
  • Stéréotype : Le stéréotype est une croyance partagée sur les caractéristiques d’un groupe, utilisée comme raccourci pour interpréter les personnes.

Points essentiels

  • Dans Cyber-ball, l’exclusion explicite (coups envoyés puis arrêt) augmente le sentiment d’être ignoré et la détresse par rapport à l’inclusion.
  • Dans Cyber-ball, l’exclusion active des régions corticales associées à la douleur physique, suggérant une “blessure” sociale comparable.
  • Le préjugé renvoie à l’attitude (niveau affectif/prédisposition) tandis que la discrimination renvoie au comportement envers l’exogroupe.
  • Préjugé et discrimination sont étroitement liés, mais des comportements racistes peuvent apparaître sous contrainte sociale même chez des personnes non racistes.
  • Les stéréotypes ne sont pas uniquement négatifs : ils peuvent aussi être positifs, et rester compatibles avec un fonctionnement “normal” selon le contenu.
  • La catégorisation sert à simplifier l’information, maintenir des apprentissages, guider l’action et donner de la cohérence quand l’environnement fournit trop peu d’indices.

Astuce mémo

Exclusion = douleur : “social hurt” active le même circuit que la douleur physique.

4. Attente en groupe et réduction de l’anxiété

Notions clés & Définitions

  • Attente en groupe : Notion désignant l’influence des attentes partagées par un groupe sur la façon dont les individus interprètent une situation et ajustent leurs réponses.
  • Réduction de l’anxiété : Mécanisme psychologique où la diminution de l’inquiétude provient du contexte social, des normes perçues et de la sécurité ressentie.
  • Normes subjectives : Composante normative de l’intention qui reflète ce que l’individu pense que les autres attendent de lui et sa motivation à s’y conformer.
  • Intention comportementale : Étape mentale qui relie l’attitude et le comportement en indiquant la probabilité que la personne agisse dans une situation donnée.
  • Contrôle comportemental perçu : Degré de facilité ou de difficulté que l’individu attribue à la réalisation d’un comportement, basé sur les facteurs qu’il juge facilitateurs ou obstacles.

Points essentiels

  • La relation attitude→comportement est souvent chaotique si l’on mesure des attitudes générales plutôt que des attitudes et comportements spécifiques.
  • Selon Fishbein et Ajzen, la prédiction s’améliore quand attitudes et comportements sont mesurés avec le même niveau de spécificité (action, temps, contexte, cible).
  • Dans la théorie de l’action raisonnée, l’attitude influence le comportement via l’intention, elle-même déterminée par l’attitude et les normes subjectives.
  • Dans la théorie du comportement planifié, l’intention dépend aussi du contrôle comportemental perçu, qui tient compte des conditions réelles perçues pour agir.
  • Schifter et Ajzen (1985) montrent que attitude, norme et contrôle perçu prédisent l’intention, et que l’intention prédit ensuite la perte de poids observée.
  • Les attitudes peuvent être plus efficaces quand elles sont rendues saillantes au bon moment, par exemple en demandant aux personnes d’organiser leurs idées avant une tâche.

Astuce mémo

Attitude → Intention → Action, et l’Intention dépend de Normes + Contrôle perçu (AIC).

5. Attitudes : définition, fonctions et utilité

Notions clés & Définitions

  • Attitude : L’attitude est une évaluation relativement stable d’un objet, d’une idée ou d’une personne, qui oriente la façon de penser, ressentir et agir.
  • Réception : La réception est le degré auquel le message est compris et traité, ce qui conditionne la capacité à être influencé par la communication.
  • Acceptation : L’acceptation est l’adhésion à la position défendue dans le message, qui produit un changement d’attitude.
  • Traitement central : Le traitement central est une analyse approfondie des arguments du message, fondée sur la qualité des raisons présentées.
  • Traitement périphérique : Le traitement périphérique est une influence basée sur des indices de surface plutôt que sur l’examen détaillé des arguments.

Points essentiels

  • McGuire : la persuasion passe par la réception puis l’acceptation, et ces étapes peuvent produire un changement d’attitude.
  • Réception et intelligence : l’intelligence augmente la réception (meilleure compréhension du message persuasif).
  • Acceptation et intelligence : l’intelligence peut diminuer l’acceptation (plus de scepticisme et plus de contestation).
  • Approche cognitive de Greenwald : le changement dépend de l’activité intellectuelle du récepteur qui examine les arguments puis accepte ou rejette.
  • Modèle de probabilité d’élaboration (Petty & Cacioppo) : si motivation et capacité sont élevées, l’analyse est centrale; sinon, l’influence s’appuie sur des indices périphériques.
  • Expérience Petty & Cacioppo : plus d’arguments de bonne qualité convainquent davantage, tandis que plus d’arguments de mauvaise qualité renforcent l’opposition.

Astuce mémo

Réception = comprendre; Acceptation = croire; Central = arguments; Périphérique = indices.

6. Propriétés des attitudes : direction, intensité, centralité

Notions clés & Définitions

  • Direction de l’attitude : L’attitude se décrit par son sens, c’est-à-dire l’accord ou le désaccord envers un objet ou une position.
  • Intensité de l’attitude : L’attitude se décrit par sa force, c’est-à-dire le degré d’adhésion ou de rejet ressenti par la personne.
  • Centralité de l’attitude : L’attitude est dite centrale quand elle est liée à des valeurs ou à l’identité, ce qui la rend plus difficile à modifier.
  • Humeur de la cible : L’humeur de la personne qui reçoit le message influence la façon dont elle traite la communication et peut biaiser ses réponses.
  • Indices périphériques : Les indices périphériques sont des éléments du message qui servent de repères superficiels quand le traitement approfondi est faible.

Points essentiels

  • L’humeur peut être un facteur externe au message ou intégrée au message, et dans les deux cas elle peut orienter le changement d’attitude.
  • Schwarz et Clore (1988) soutiennent que les gens s’appuient souvent sur leur humeur du moment pour juger un contenu, même si la cause de l’humeur est sans lien avec le message.
  • Sinclair et al. montrent que des personnes contactées par beau temps expriment davantage leur accord avec une enquête, quels que soient les arguments présentés.
  • Mackie et Worth proposent que l’humeur positive favorise un traitement superficiel, donc une plus grande reliance sur des indices périphériques (ex. longueur, caractère scientifique) plutôt que sur la qualité des preuves
  • Les communications de peur peuvent produire des effets contre-productifs : elles peuvent déclencher l’évitement ou conduire à minimiser/ignorer le danger si la réalité devient trop pénible.
  • Janis et Feshbach trouvent que des messages très effrayants provoquent davantage d’émotion négative mais ne produisent pas le plus grand changement d’attitude, avec moins de remarques positives et plus de commentaires de

Astuce mémo

Humeur → Traitement : bonne humeur = superficiel = indices périphériques ; peur = émotion forte mais pas forcément changement (risque d’évitement).

7. Changement d’attitude par dissonance et menace

Notions clés & Définitions

  • Dissonance cognitive : La dissonance cognitive est une tension psychologique qui apparaît quand nos attitudes et nos comportements ne sont pas cohérents.
  • Menace : La menace est un facteur qui rend une information ou une situation psychologiquement coûteuse, ce qui peut déclencher du rejet ou une défense.
  • Théorie de l’auto-perception : La théorie de l’auto-perception explique que nos attitudes se déduisent de l’observation de nos propres comportements.
  • Théorie de l’attribution : La théorie de l’attribution décrit comment on interprète les causes de ses actes et de ceux des autres pour en tirer des conclusions sur ses attitudes.
  • Low-ball : Le low-ball est une technique qui obtient un accord en cachant d’abord le vrai coût, puis en révélant les inconvénients après l’engagement.

Points essentiels

  • Les fortes consommatrices rejettent davantage l’information, mais si elles ont pu s’affirmer elles acceptent le contenu et modifient positivement leur comportement.
  • Selon Bem, on infère ses attitudes à partir de ses comportements observables plutôt que de chercher une attitude interne préalable.
  • Exemple d’auto-perception : si une personne ne peut pas avoir menti pour une petite somme, elle conclut qu’elle n’a pas menti et qu’elle a réellement apprécié la tâche.
  • Exemple d’auto-perception : si quelqu’un n’a pas de raison objective de ne pas jouer avec un jouet mais ne le fait pas, il en déduit qu’il ne l’aimait pas vraiment.
  • La technique du low-ball consiste à obtenir un accord sur un comportement dont le coût réel n’est divulgué qu’après la décision.
  • Le low-ball peut être limité par la loi contre la publicité mensongère et par la morale qui proscrit la tromperie.

Astuce mémo

Auto-perception : je me juge par mes actes (pas par mes intentions).

8. Techniques de persuasion : low-ball et pied dans la porte

Notions clés & Définitions

  • Norme sociale : Une norme sociale est une règle implicite partagée par un groupe qui guide ce qui est jugé acceptable ou attendu.
  • Implication consensuelle : L’implication consensuelle est l’idée qu’un engagement collectif ou perçu comme partagé modifie les comportements individuels.
  • Cercles de qualité : Les cercles de qualité sont des groupes où les travailleurs participent à des décisions liées à la production pour améliorer résultats et satisfaction.
  • Désindividuation : La désindividuation est un état où l’anonymat et la situation de foule réduisent la conscience de soi et l’esprit critique.
  • Norme de réciprocité : La norme de réciprocité est l’attente quasi-universelle de rendre un comportement reçu, comme un cadeau contre un cadeau.

Points essentiels

  • Changer une norme de groupe peut changer les comportements du groupe, car les individus s’alignent sur ce qui devient “normal” collectivement.
  • Dans l’étude sur les ménagères, le groupe de discussion (verbaliser les résistances et normes) produit beaucoup plus de cuisine d’abats que l’explication individuelle par un nutritionniste.
  • Résultat chiffré : 30% cuisinent les abats dans la condition groupe de discussion contre 3% après l’intervention du nutritionniste.
  • L’implication consensuelle via discussion de groupe favorise des décisions collectives, avec des résultats rapportés comme similaires pour mères et nourrisson.
  • Dans l’entreprise (Coch et French), la participation des ouvrières aux nouvelles procédures (raisons + rôle d’apprentissage/innovation) augmente productivité et satisfaction, mais n’est pas adoptée partout.
  • Les cercles de qualité reposent sur l’idée de laisser les travailleurs prendre plusieurs décisions, ce qui renforce l’adhésion et améliore les performances selon le cours.

Astuce mémo

Norme→comportement : “si le groupe change, l’habitude suit” (discussion = nouvelle norme).

9. Low-ball et leurre : accord puis coût révélé

Notions clés & Définitions

  • Low-ball : Le low-ball est une technique d’influence où l’on obtient d’abord un accord favorable, puis on révèle un coût plus élevé pour faire persister la décision.
  • Leurre : Le leurre est une information initiale trompeuse ou incomplète qui oriente l’accord avant que les conséquences réelles ne soient connues.
  • Coût révélé : Le coût révélé correspond au moment où les véritables contraintes ou charges apparaissent, après l’engagement initial.
  • Phénomène de pied dans la porte : Le phénomène de pied dans la porte décrit la difficulté à revenir sur un comportement après un premier engagement, car le changement devient coûteux psychologiquement.

Points essentiels

  • Le conformisme dépend de la possibilité de considérer une réalité unique : il est faible quand la réalité est subjective (ex. école, politique) et plus fort quand elle semble unique.
  • La dépendance normative correspond au besoin d’approbation sociale, et la dépendance informationnelle au recours aux autres pour mieux juger la réalité.
  • En condition privée (réponse secrète), le conformisme diminue car le regard social est moins menaçant, alors qu’en public il augmente.
  • Dans l’expérience d’Insko et coll., la publicité des réponses et la fiabilité de la mesure modulent le conformisme : avec machine, plus de conformisme en public qu’en privé, et sans machine, le conformisme public devient
  • La polarisation de groupe et le glissement vers le risque s’expliquent par des dépendances normative et informationnelle : la norme du groupe pousse à se rallier et la discussion ajoute des arguments.
  • Le low-ball et le pied dans la porte reposent sur une logique d’engagement : une fois commencé, on modifie difficilement son comportement, ce qui rend le retour en arrière moins probable.

Astuce mémo

Accord d’abord, coût après : Pied dans la porte = retour en arrière coûteux.

10. Normes sociales : définition, fonctions et désindividuation

Notions clés & Définitions

  • Désindividuation : La désindividuation est un état où l’individu se sent moins responsable et moins identifiable, ce qui augmente la probabilité de comportements non inhibés.
  • Polarisation de groupe : La polarisation de groupe est l’accentuation des positions après discussion, les arguments produits renforçant davantage la tendance initiale.
  • Dépendance informationnelle : La dépendance informationnelle est l’influence qui vient du contenu des arguments, quand on traite le message pour en évaluer la pertinence.
  • Dépendance normative : La dépendance normative est l’influence liée au désir d’être accepté et conforme aux attentes du groupe, surtout quand le jugement est public.
  • Théorie du référent informationnel : La théorie du référent informationnel affirme que l’influence dépend du groupe de référence jugé digne de confiance, ce qui favorise la polarisation surtout avec des membres de l’endogroupe.

Points essentiels

  • Dans les dilemmes de Vinokur et Burnstein, les dilemmes risqués produisent davantage d’arguments risqués, tandis que les dilemmes neutres génèrent autant d’arguments risqués que prudents.
  • La polarisation augmente quand de nouveaux arguments sont ajoutés, mais elle n’apparaît pas quand les arguments sont partagés et déjà connus.
  • Dans l’étude d’Ebbesen et Bowers, plus le nombre d’arguments pro-risque augmente (de 1 à 9 sur 10), plus la réponse tend vers le risque, avec une prise de risque globalement plus forte que la prudence.
  • Quand les arguments sont mitigés, la discussion conduit plutôt à un compromis, alors que des arguments orientés dans un sens renforcent la polarisation vers la position initiale.
  • Les deux dépendances (normative et informationnelle) coexistent : on est influencé par le groupe pour rester intégré, mais aussi par la pertinence et la quantité d’arguments.
  • La théorie du référent informationnel (Turner) prédit une polarisation quand les sources sont des membres de notre groupe, car on s’y réfère pour asseoir la validité de nos idées.

Astuce mémo

Polarisation = Plus d’arguments → plus de risque (ou plus de prudence) ; Public → norme, Privé → info.

11. Dépendance normative et dépendance informationnelle

Notions clés & Définitions

  • Dépendance normative : La dépendance normative désigne le fait que les préjugés et la discrimination suivent des normes sociales de groupe, même quand la situation change.
  • Dépendance informationnelle : La dépendance informationnelle désigne le fait que les préjugés et la discrimination varient selon les informations disponibles sur l’autre groupe (contact, connaissance, contexte).
  • Théorie du bouc émissaire : La théorie du bouc émissaire explique que l’agressivité issue d’une frustration se déplace vers une cible jugée acceptable plutôt que vers l’agent frustrant.
  • Hypothèse de contact : L’hypothèse de contact affirme que des interactions entre groupes peuvent réduire les préjugés et la discrimination, surtout si certaines conditions sont réunies.
  • Biais pro-endogroupe : Le biais pro-endogroupe est une tendance à favoriser son endogroupe par rapport à l’exogroupe, ce qui peut produire des comparaisons positives sans viser directement l’exogroupe.

Points essentiels

  • La structure « eux/nous » est liée à une éducation rigide et à l’impossibilité d’exprimer certaines pulsions, ce qui favorise la projection d’hostilité sur des exogroupes jugés indésirables.
  • La théorie du bouc émissaire relie agressivité et frustration : quand un objectif échoue, la tension augmente et l’agression peut la réduire par effet cathartique.
  • La tension peut être atténuée soit en agressant l’agent frustrant, soit en déplaçant l’agression vers une autre cible choisie selon la différence avec l’endogroupe.
  • Les crises sociales et les récessions économiques augmentent les situations de frustration, ce qui accroît ensuite préjugés et discrimination.
  • Minard montre que la discrimination peut disparaître en contexte contraint (mine) puis réapparaître à l’extérieur : la personnalité ne change pas, c’est l’influence situationnelle qui module les comportements.
  • La perspective intergroupe (Lewin) insiste sur l’idée que le groupe a une structure propre, avec des fins et des relations, et que les interactions entre membres expliquent le comportement collectif.

Astuce mémo

Normes = « ce que le groupe autorise » ; Infos = « ce que la situation fait voir » ; Frustration → tension → cible (bouc émissaire).

12. Pensée de groupe : cohésion, dangers et prévention

Notions clés & Définitions

  • Responsabilité individuelle : Notion selon laquelle chaque personne peut agir pour réduire les effets d’une stigmatisation, ce qui influence aussi la façon dont on rejette les personnes perçues comme contrôlant leur stigmate.
  • Stigmatisation : Processus social qui associe un groupe à une image dévalorisée et produit des effets sur le bien-être, les réactions des personnes concernées et leurs performances cognitives.
  • Estime de soi : Évaluation personnelle et globale de sa valeur, liée à la santé mentale et aux choix de comportements, et construite socialement via les interactions.
  • Stratégies de défense de soi : Ensemble de réponses utilisées par les personnes confrontées à une menace liée à leur appartenance à un groupe stigmatisé, pour préserver l’équilibre psychologique.
  • Menace du stéréotype : Phénomène où la peur de confirmer un stéréotype négatif perturbe les performances et certains comportements dans des contextes jugés menaçants.

Points essentiels

  • Plus on pense que les personnes contrôlent leur stigmate, plus on a tendance à les rejeter, ce qui renforce la stigmatisation.
  • La stigmatisation peut altérer le bien-être, déclencher des réactions comportementales chez les personnes stigmatisées et perturber des processus cognitifs et intellectuels.
  • Chez des enfants noirs américains, le choix de poupées blanches malgré leur propre groupe suggère une internalisation de l’image dévalorisée.
  • Les écarts de santé et de bien-être entre groupes stigmatisés et non stigmatisés sont documentés par des indicateurs objectifs (mortalité, dépression, maladies, estime de soi).
  • Le bien-être peut décliner avec la transition emploi→chômage et s’améliorer en cas de retour au travail sans retrouver le niveau initial.
  • L’estime de soi est un construit social : elle se forme au fil des rencontres et interactions avec autrui (Cooley, Mead).

Astuce mémo

Contrôle perçu → rejet accru ; Stigmate → santé & cognition touchées ; Estime de soi = miroir social ; Défense = préserver l’équilibre ; Menace du stéréotype = peur de confirmer.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1864Terme de psychologie sociale retrouvé avec Carlo Cattaneo
1898Terme de psychologie sociale retrouvé avec Gabriel Tarde
1902Terme de psychologie sociale retrouvé avec Paolo Orano
1908Terme de psychologie sociale retrouvé avec Ross et Mac Dougall
1894Expérience de Binet & Henry (suggestibilité)

Tableaux de synthèse

Attitudes : réception vs acceptation

ÉtapeCe que c’estConséquence
RéceptionMessage compris et traitéCondition nécessaire au changement d’attitude
Acceptation (adhésion)Adhésion à la position défendueProduit le changement d’attitude via l’accord aux arguments
Traitement centralAnalyse approfondie des argumentsChangement plus durable et résistant
Traitement périphériqueIndices de surfaceChangement plus fragile, dépend des indices

Facilitation sociale : conditions et effets

Présence d’autruiTâcheEffet attendu
Audience / co-actionTâche simpleFacilitation (meilleure performance)
Audience / co-actionTâche complexeDétérioration (plus d’erreurs / moins bon)
Audience / co-actionRéponse dominante correcteFacilitation sociale
Audience / co-actionRéponse dominante incorrecteDétérioration sociale

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre préjugé (attitude, niveau affectif/prédisposition) et discrimination (comportement envers l’exogroupe).
  2. Croire que la facilitation sociale est toujours bénéfique : elle dépend de la tâche et de la correction de la réponse dominante.
  3. Mélanger dépendance normative et dépendance informationnelle : la première vise l’approbation, la seconde la pertinence des arguments.
  4. Penser que la polarisation de groupe signifie “plus modéré” : le cours montre souvent une extrémisation vers le risque ou la prudence selon la tendance initiale.
  5. Oublier que la menace du stéréotype n’est pas “le stéréotype en soi” mais la peur de le confirmer dans un contexte menaçant.
  6. Croire que la dissonance se réduit uniquement en changeant l’attitude : le cours insiste aussi sur l’ajout de cognitions consonantes et la diminution de l’importance.
  7. Confondre low-ball et pied dans la porte : low-ball = accord puis coût révélé ; pied dans la porte = petit engagement puis demande plus coûteuse.

Checklist Examen

  1. Définir le syndrome de Stockholm comme attachement réciproque ravisseurs/otages, lié à la tension extrême et à la survie, et distinguer condition contrôle vs condition amorçage.
  2. Expliquer l’objet de la psychologie sociale : variables/processus, méthode scientifique (cadre théorique, procédures standardisées, généralisation, mesures objectives) et distinguer recherche descriptive/corrélationnelle
  3. Citer les expériences fondatrices de la facilitation sociale (Triplett, Meumann, Bergum & Lehr) et préciser la différence audience vs co-action.
  4. Présenter le modèle de Zajonc (activation physiologique, réponses dominantes/subordonnées) et conclure : facilitation si réponse dominante correcte, détérioration si incorrecte.
  5. Expliquer l’hypothèse évaluative (Cottrell/Henchy & Glass) et le rôle du sens de l’autrui (Bordon & Taylor vs Baron, insigne pacifique/agressif).
  6. Décrire la nécessité vitale d’autrui : Wallon (social génétiquement), exemples (Sagi & Hoffman, Spitz, Seligman, Bowlby, Harlow & Suori) et l’idée d’impuissance acquise.
  7. Relier anxiété, grégarité et comparaison sociale : Schachter (affiliation pour réduire anxiété), Festinger (comparaison en incertitude), et l’idée que la grégarité ne diminue pas forcément l’anxiété.
  8. Expliquer l’exclusion sociale (Cyber-ball) : augmentation de la détresse et activation de circuits comparables à la douleur physique (cortex antérieur cingulate).
  9. Définir préjugé, discrimination et stéréotype, puis décrire la catégorisation (fonctions, accentuation des contrastes, homogénéité) et le modèle du continuum (motivation/attention).
  10. Expliquer la formation d’impressions : traits centraux (Asch), primauté, modèles d’intégration (addition/moyenne/pondération) et rôle de l’information catégorielle vs individualisante.
  11. Décrire la persuasion : étapes réception puis acceptation (McGuire), traitement central vs périphérique (Petty & Cacioppo), et modèle de probabilité d’élaboration (motivation/capacité).
  12. Expliquer le changement d’attitude par dissonance et menace : dissonance cognitive, conditions d’émergence (conséquences, responsabilité, excitation attribuée), et distinguer dissonance vs auto-perception (Bem) et low/“p
  13. Maîtriser les techniques d’influence : low-ball (accord puis coût révélé), pied dans la porte (engagement progressif), porte-au-nez (refus initial extrême), et leurs mécanismes (auto-perception/engagement/contraste).
  14. Définir normes sociales et fonctions, puis expliquer désindividuation et rôle des normes en foule (Festinger, Zimbardo, Reicher) et l’importance de l’activation explicite de la norme (Cialdini).

Teste tes connaissances

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1. Quel mécanisme décrit le syndrome de Stockholm ?

2. Pourquoi ce syndrome est-il étudié en psychologie sociale ?

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Syndrome de Stockholm — définition ?

Attachement réciproque ravisseurs-otages, sous tension extrême.

Objet de la psychologie sociale ?

Étudier les variables, processus, influence et comportements en groupe.

Autrui porteur de signification — rôle ?

Influence la perception et facilite la réponse sociale.

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