QCM : Introduction à la sociologie (42 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi certains comportements qui paraissent instinctifs ne peuvent-ils pas être considérés comme innés ?

Ils apparaissent uniquement en présence d’une autorité policière.
Ils résultent nécessairement d’une réaction biologique présente dès la naissance.
Ils peuvent avoir été appris au cours de la socialisation.
Ils sont produits par une décision consciente prise à l’âge adulte.

Ils peuvent avoir été appris au cours de la socialisation.

Explication

La socialisation transmet des façons d’agir qui peuvent sembler naturelles alors qu’elles ont été apprises. Une explication biologique ne rend pas compte de ces comportements acquis.

2. Que désigne la conscience collective chez Émile Durkheim ?

Les habitudes propres à un groupe restreint, sans valeurs communes plus larges.
Les opinions personnelles que chaque individu forme indépendamment des autres.
Les croyances, les normes et les sentiments partagés au sein d’une société.
Les règles écrites imposées par les institutions politiques d’un pays.

Les croyances, les normes et les sentiments partagés au sein d’une société.

Explication

Durkheim désigne par conscience collective l’ensemble des croyances, normes et sentiments communs à une société. Les règles politiques écrites n’en constituent qu’une forme possible de régulation, et non sa définition.

3. Dans une société sans intervention policière, qu’est-ce qui peut encore inciter les individus à respecter les normes communes ?

Le regard des autres et la pression sociale associés aux règles partagées.
L’accord explicite de tous les individus avant chaque comportement.
La recherche d’un avantage matériel calculé pour chaque interaction.
La crainte d’une sanction judiciaire appliquée par les forces de l’ordre.

Le regard des autres et la pression sociale associés aux règles partagées.

Explication

Les normes communes s’imposent aussi par le regard des autres et la pression sociale, ce qui contribue à rendre la société possible. La sanction policière n’est pas nécessaire à cette forme d’influence.

4. Une sociologue explique une action par la manière dont l’individu interprète personnellement la situation ; quelle approche adopte-t-elle ?

L’approche subjective, centrée sur l’interprétation de l’individu.
L’approche par l’acteur, centrée sur le calcul des coûts et des avantages.
L’approche objective, centrée sur les règles extérieures intériorisées.
L’approche systémique, centrée sur les contraintes préalables de la société.

L’approche subjective, centrée sur l’interprétation de l’individu.

Explication

L’approche subjective explique l’action à partir de l’interprétation personnelle de l’individu. L’approche objective met plutôt l’accent sur les règles sociales extérieures que les individus ont intériorisées.

5. Quelle régularité Émile Durkheim relève-t-il dans Le Suicide, publié en 1897 ?

Les taux sont plus élevés chez les femmes et à la campagne, quels que soient les groupes.
Les taux augmentent dans les mêmes proportions pour tous les groupes au fil du temps.
Les taux sont comparables entre les groupes, mais varient selon les individus étudiés.
Les taux varient selon les groupes et sont plus élevés chez les hommes et en ville.

Les taux varient selon les groupes et sont plus élevés chez les hommes et en ville.

Explication

Durkheim étudie les régularités statistiques selon les groupes et le temps, notamment des taux plus élevés chez les hommes que chez les femmes et en ville qu’à la campagne. L’idée de taux comparables entre groupes contredit précisément ces variations.

6. Une chercheuse compare les taux de suicide de plusieurs groupes sociaux ; quelle question correspond à une explication sociologique ?

Quel trouble individuel a précédé le passage à l’acte d’une personne ?
Pourquoi une personne précise a-t-elle décidé de passer à l’acte ?
Quel événement personnel a déclenché le geste d’un individu particulier ?
Pourquoi le taux de suicide varie-t-il d’un groupe social à l’autre ?

Pourquoi le taux de suicide varie-t-il d’un groupe social à l’autre ?

Explication

L’explication sociologique cherche à comprendre les variations de taux entre groupes. Les questions portant sur les motifs ou les événements personnels d’un individu relèvent de l’explication psychologique.

7. Une personne vit isolée, avec des liens sociaux relâchés qui l’aident moins à traverser les crises ; à quel type de suicide cette situation correspond-elle chez Durkheim ?

Au suicide altruiste, lié à une intégration sociale très forte.
Au suicide égoïste, lié à une intégration sociale insuffisante.
Au suicide anomique, lié à l’effacement des normes de régulation.
À une explication psychologique, centrée sur un individu précis.

Au suicide égoïste, lié à une intégration sociale insuffisante.

Explication

Le suicide égoïste est associé à une intégration sociale insuffisante et à l’isolement, qui protègent moins l’individu des crises. Le suicide altruiste correspond au contraire à une intégration et à une contrainte sociales très fortes.

8. Après une période de bouleversements, les normes traditionnelles deviennent floues et les désirs ne sont plus encadrés ; quel concept décrit cet état ?

La socialisation, caractérisée par l’apprentissage des normes et des comportements.
L’anomie, caractérisée par un dérèglement des normes et de leur pouvoir régulateur.
Le suicide égoïste, caractérisé par un manque d’intégration et l’isolement social.
Le suicide altruiste, caractérisé par une contrainte forte exercée au nom du groupe.

L’anomie, caractérisée par un dérèglement des normes et de leur pouvoir régulateur.

Explication

L’anomie désigne un état de dérèglement dans lequel les normes s’effacent ou deviennent floues et régulent moins les désirs. Le manque d’intégration décrit le suicide égoïste, mais ne suffit pas à définir cet état normatif.

9. Quelle distinction oppose l’approche systémique à l’approche par l’acteur ?

La première voit la société comme le produit des actions individuelles ; la seconde comme une contrainte préalable.
La première explique l’action par un calcul individuel ; la seconde par l’intériorisation des règles sociales.
La première voit la société comme une contrainte préalable ; la seconde comme le produit des actions individuelles.
La première décrit la reproduction des inégalités ; la seconde explique l’action par les institutions politiques.

La première voit la société comme une contrainte préalable ; la seconde comme le produit des actions individuelles.

Explication

L’approche systémique considère que la société préexiste aux individus et les contraint, tandis que l’approche par l’acteur la voit comme le résultat de leurs actions, choix et conflits. L’option qui inverse ces deux perspectives confond leurs principes.

10. Comment le structuralisme et le marxisme interprètent-ils le rôle de la socialisation ?

Comme un espace où les acteurs cherchent du pouvoir dans des zones d’incertitude.
Comme un mécanisme qui reproduit les dominations et les inégalités, notamment entre classes sociales.
Comme un calcul individuel des coûts et avantages visant à maximiser l’intérêt de l’acteur.
Comme un processus qui efface les rapports de classe et rend les positions sociales équivalentes.

Comme un mécanisme qui reproduit les dominations et les inégalités, notamment entre classes sociales.

Explication

Le structuralisme et le marxisme présentent la socialisation comme un mécanisme de reproduction des dominations et des inégalités, notamment à travers les classes sociales et l’habitus. Le calcul des coûts et des avantages correspond plutôt à l’approche du choix rationnel.

11. Un individu compare les coûts et les avantages de plusieurs actions pour favoriser son intérêt ; quelle approche explique ainsi son choix ?

Le choix rationnel, qui interprète l’action comme un calcul des coûts et des avantages.
Le fonctionnalisme, qui interprète l’action comme une contribution à l’harmonie du système.
La sociologie de l’action, qui interprète l’action comme une lutte pour transformer l’ordre social.
Le structuralisme, qui interprète l’action comme une reproduction des dominations sociales.

Le choix rationnel, qui interprète l’action comme un calcul des coûts et des avantages.

Explication

Le choix rationnel explique l’action individuelle par un calcul des coûts et des avantages visant à maximiser l’intérêt de l’acteur. La lutte pour transformer l’ordre social relève d’une autre analyse de l’action, et non de ce calcul.

12. Des choix individuels raisonnables conduisent à des embouteillages que personne ne souhaitait ; comment qualifier ce résultat collectif ?

Un effet pervers, produit négatif et non voulu de l’agrégation de choix rationnels.
Un choix irrationnel, puisque chaque conducteur cherche un avantage individuel.
Une reproduction des dominations, produite par les rapports entre classes sociales.
Une contrainte systémique, imposée par les normes intériorisées de la circulation.

Un effet pervers, produit négatif et non voulu de l’agrégation de choix rationnels.

Explication

Un effet pervers est un résultat collectif négatif et non voulu produit par l’agrégation de choix individuels rationnels, comme les embouteillages. Un choix individuel peut être rationnel même lorsque ses conséquences collectives sont défavorables.

13. Comment l’interactionnisme symbolique explique-t-il la formation des identités dans les relations sociales ?

Les identités sont déterminées par la position économique des individus.
Les identités se forment indépendamment des échanges avec autrui.
Les identités découlent de statuts sociaux qui les fixent entièrement.
Les identités se révèlent et se négocient au fil des interactions.

Les identités se révèlent et se négocient au fil des interactions.

Explication

L’interactionnisme symbolique considère que les identités se révèlent et se négocient dans les interactions, plutôt que d’être entièrement définies par les statuts. L’idée que les statuts les fixent complètement correspond à la conception opposée.

14. Dans l’analyse de Howard Becker, comment se caractérise le monde professionnel des médecins ?

Il se divise entre médecins salariés et médecins sans pratique spécialisée.
Il forme un groupe unifié autour de normes et d’une vision communes.
Il se structure principalement selon les niveaux de rémunération des médecins.
Il se divise en groupes aux normes et aux visions différentes.

Il se divise en groupes aux normes et aux visions différentes.

Explication

Becker décrit un monde professionnel segmenté, où des groupes comme les psychiatres neuroscientifiques et les psychanalystes ont des normes et des visions différentes. Le présenter comme un groupe unifié efface précisément cette segmentation.

15. Dans la perspective de Goffman, pourquoi une personne cherche-t-elle à sauver la face lors d’une interaction ?

Pour convaincre les autres d’adopter les normes de son milieu professionnel.
Pour empêcher que les rôles sociaux évoluent au fil des échanges.
Pour faire reconnaître officiellement le statut qu’elle occupe dans le groupe.
Pour préserver son image en dissimulant sa fragilité et en évitant le ridicule.

Pour préserver son image en dissimulant sa fragilité et en évitant le ridicule.

Explication

Sauver la face consiste, chez Goffman, à préserver son image en cachant sa fragilité et en évitant le ridicule. Faire reconnaître officiellement un statut ne correspond pas à ce mécanisme de gestion de l’interaction.

16. Pourquoi, selon Tocqueville, les écarts sociaux peuvent-ils être particulièrement difficiles à supporter dans une société démocratique ?

Parce que l’idéal d’égalité rend les inégalités qui persistent plus sensibles.
Parce que l’idéal d’égalité fait disparaître les écarts de condition.
Parce que les inégalités deviennent moins visibles quand l’égalité est valorisée.
Parce que les positions sociales cessent d’être comparées entre les individus.

Parce que l’idéal d’égalité rend les inégalités qui persistent plus sensibles.

Explication

Pour Tocqueville, l’égalité démocratique ne supprime pas les inégalités et peut rendre les écarts restants plus difficiles à supporter. L’idéal démocratique ne signifie donc pas que les différences de condition disparaissent.

17. Quelle évolution décrit le « yo-yo » des inégalités depuis le début du XXe siècle ?

Elles sont fortes avant 1914, remontent jusqu’en 1970, puis diminuent depuis les années 1980.
Elles restent stables avant 1914, augmentent jusqu’en 1970, puis diminuent depuis les années 1980.
Elles diminuent avant 1914, remontent jusqu’en 1970, puis baissent depuis les années 1980.
Elles sont fortes avant 1914, diminuent jusqu’en 1970, puis remontent depuis les années 1980.

Elles sont fortes avant 1914, diminuent jusqu’en 1970, puis remontent depuis les années 1980.

Explication

L’évolution présentée suit une baisse des inégalités entre 1914 et 1970 après un niveau élevé avant 1914, puis une remontée depuis les années 1980. L’idée d’une baisse depuis les années 1980 inverse la dernière phase de cette évolution.

18. Quel mécanisme contribue, selon Piketty, à la reproduction des élites par le patrimoine ?

Une baisse du rendement du capital favorise la transmission des seuls revenus du travail.
Une hausse des revenus du travail rend les inégalités de patrimoine moins importantes.
Une croissance supérieure au rendement du capital réduit les écarts entre détenteurs de patrimoine.
Un rendement du capital supérieur à la croissance favorise l’enrichissement des détenteurs de patrimoine.

Un rendement du capital supérieur à la croissance favorise l’enrichissement des détenteurs de patrimoine.

Explication

Quand le rendement du capital dépasse la croissance, les détenteurs de patrimoine peuvent s’enrichir, ce qui favorise la reproduction des élites ; les inégalités patrimoniales sont aussi plus fortes que celles des revenus du travail. Un rendement inférieur à la croissance ne décrit pas le mécanisme indiqué.

19. Une réforme augmente fortement les effectifs scolarisés, mais les écarts de réussite selon l’origine sociale persistent. Comment qualifier ce changement ?

Il relève de la massification, sans garantir une démocratisation des réussites.
Il relève d’une réduction des inégalités, puisque les effectifs accueillis augmentent.
Il relève d’une sélection renforcée, puisque les écarts de réussite persistent.
Il relève d’une démocratisation accomplie, puisque davantage d’élèves sont scolarisés.

Il relève de la massification, sans garantir une démocratisation des réussites.

Explication

La massification désigne l’augmentation du nombre d’élèves accueillis, tandis que la démocratisation suppose aussi une réduction des inégalités de réussite liées à l’origine sociale. L’augmentation des effectifs ne suffit donc pas à conclure que les réussites sont devenues plus égales.

20. Pour mesurer la mobilité intergénérationnelle d’une personne, quelles positions sociales faut-il comparer ?

Sa position sociale au début et à la fin de sa carrière professionnelle.
La position sociale de ses parents et sa propre position sociale à l’âge adulte.
La position sociale de ses enfants et celle de ses petits-enfants.
La position sociale de ses collègues et celle de ses supérieurs hiérarchiques.

La position sociale de ses parents et sa propre position sociale à l’âge adulte.

Explication

La mobilité intergénérationnelle compare la position sociale d’origine des parents à celle atteinte par leurs enfants. Comparer les positions successives d’une même personne correspond à la mobilité intragénérationnelle.

21. Une sociologue suit les changements de position sociale d’une personne entre le début et la fin de sa carrière. Quel type de mobilité étudie-t-elle ?

Le recrutement social, car il repère l’origine des personnes dans une position donnée.
La destinée sociale, car elle mesure les résultats selon l’origine des parents.
La mobilité intergénérationnelle, car elle compare des positions entre générations.
La mobilité intragénérationnelle, car elle suit un même individu au cours de sa trajectoire.

La mobilité intragénérationnelle, car elle suit un même individu au cours de sa trajectoire.

Explication

La mobilité intragénérationnelle porte sur les positions sociales occupées par un même individu au cours de sa trajectoire professionnelle. Comparer les positions des parents et des enfants relèverait plutôt de la mobilité intergénérationnelle.

22. Une évolution des emplois crée davantage de postes qualifiés, tandis que la prolongation de la scolarisation facilite l’accès à ces postes. Comment distinguer les deux formes de mobilité ?

La mobilité liée aux nouveaux emplois est non structurelle ; celle liée à la scolarisation est structurelle.
Les deux formes sont structurelles, car elles conduisent à occuper des emplois qualifiés.
Les deux formes sont non structurelles, car elles résultent de transformations éducatives.
La mobilité liée aux nouveaux emplois est structurelle ; celle liée à la scolarisation est non structurelle.

La mobilité liée aux nouveaux emplois est structurelle ; celle liée à la scolarisation est non structurelle.

Explication

La mobilité structurelle découle des transformations de la structure des emplois, alors que la mobilité non structurelle relève d’autres mécanismes, notamment de la prolongation de la scolarisation. Attribuer à la scolarisation le caractère structurel confond ce mécanisme avec l’évolution de la structure des emplois.

23. Quel changement caractérise la modernité dans l’organisation de la vie sociale ?

Les sphères sociales conservent une organisation indifférenciée malgré l’affaiblissement des traditions.
Les sphères sociales se réunissent autour d’une autorité traditionnelle qui règle leurs activités.
Les sphères sociales se différencient et suivent leurs propres lois, rompant avec l’ordre traditionnel.
Les sphères sociales sont subordonnées à l’économie, qui fixe leurs règles et leurs objectifs.

Les sphères sociales se différencient et suivent leurs propres lois, rompant avec l’ordre traditionnel.

Explication

La modernité se caractérise par la rupture avec l’ordre traditionnel et par la différenciation de sphères comme la science, le droit, l’économie et la politique. L’idée que l’économie règle toutes les autres sphères ne correspond pas à leur autonomie relative.

24. Comment définir la rationalisation chez Weber ?

Comme l’extension de la rationalité à l’ensemble des domaines de la vie sociale.
Comme le remplacement de la vie sociale par des croyances religieuses partagées.
Comme la préservation des coutumes face aux transformations de la société.
Comme la séparation de l’économie et de la politique en sphères autonomes.

Comme l’extension de la rationalité à l’ensemble des domaines de la vie sociale.

Explication

Pour Weber, la rationalisation désigne le processus par lequel la rationalité s’étend à tous les domaines de la vie sociale. La différenciation de l’économie et de la politique est un trait de la modernité, mais ne définit pas ce processus.

25. Quel processus Weber désigne-t-il par le « désenchantement du monde » ?

La multiplication des traditions qui soustraient les activités sociales au calcul.
Le retour des croyances magiques, qui renforce les liens personnels entre les individus.
Le recul du magique au profit d’une maîtrise rationnelle et de relations plus impersonnelles.
La disparition du droit et de la gestion, remplacés par des relations spontanées.

Le recul du magique au profit d’une maîtrise rationnelle et de relations plus impersonnelles.

Explication

Le désenchantement correspond au recul du magique et de l’irrationnel au profit de moyens rationnels comme la comptabilité, le droit et la gestion, avec une dépersonnalisation des relations. Le retour des croyances magiques va dans le sens opposé.

26. Une personne agit par attachement à une tradition familiale plutôt que par calcul, émotion ou conviction de valeur. À quel type d’action de Weber cela correspond-il ?

À une action rationnelle en finalité, organisée selon un calcul des moyens.
À une action rationnelle en valeur, guidée par une conviction tenue pour valable.
À une action affective, orientée par un état émotionnel immédiat.
À une action traditionnelle, orientée par une habitude héritée.

À une action traditionnelle, orientée par une habitude héritée.

Explication

Une conduite motivée par une habitude héritée relève de l’action traditionnelle dans la typologie de Weber. Une action rationnelle en valeur, proche comme distracteur, est guidée par une conviction plutôt que par la tradition.

27. Dans le modèle idéal de Tönnies, quelle distinction oppose la communauté à la société ?

La communauté repose sur une association volontaire, tandis que la société se forme par des liens familiaux hérités.
La communauté repose sur des liens forts et durables, tandis que la société s’appuie sur des relations impersonnelles et contractuelles.
La communauté repose sur des contrats intéressés, tandis que la société s’appuie sur des liens chaleureux et durables.
La communauté rassemble des individus différenciés par le travail, tandis que la société les unit par un « nous » commun.

La communauté repose sur des liens forts et durables, tandis que la société s’appuie sur des relations impersonnelles et contractuelles.

Explication

Tönnies oppose les liens forts, durables et chaleureux de la communauté aux relations impersonnelles, contractuelles et intéressées de la société. L’option qui attribue les contrats à la communauté inverse précisément cette distinction.

28. Dans une société où la division du travail rend les individus différents mais interdépendants, quel type de solidarité décrit Durkheim ?

La solidarité contractuelle, fondée sur des associations volontaires entre individus.
La solidarité organique, fondée sur l’interdépendance d’individus différenciés.
La solidarité communautaire, fondée sur des liens chaleureux et durables.
La solidarité mécanique, fondée sur la similitude et un « nous » commun.

La solidarité organique, fondée sur l’interdépendance d’individus différenciés.

Explication

La solidarité organique unit des individus différenciés par la division du travail grâce à leur interdépendance. La solidarité mécanique, distracteur plausible, repose plutôt sur des individus peu différenciés et un « nous » commun.

29. Quel effet Simmel associe-t-il à l’anonymat de la vie urbaine ?

Il libère l’individu du regard social et transforme les relations urbaines en liens plus chaleureux.
Il réduit les relations impersonnelles en renforçant l’interdépendance créée par la division du travail.
Il réduit le contrôle exercé par le regard social, mais s’accompagne de liens plus faibles et impersonnels.
Il renforce le contrôle social de proximité, tout en consolidant des liens personnels et durables.

Il réduit le contrôle exercé par le regard social, mais s’accompagne de liens plus faibles et impersonnels.

Explication

Pour Simmel, l’anonymat urbain libère l’individu du regard et du contrôle social, mais va de pair avec des liens plus faibles et impersonnels. L’idée de liens personnels et durables ne décrit donc pas cette conséquence de l’anonymat.

30. Comment la famille, l’école et le travail contribuent-ils à la socialisation des individus ?

Ils les libèrent des appartenances sociales en réduisant les attentes collectives.
Ils leur transmettent des ressources économiques sans intervenir dans l’apprentissage des normes.
Ils répartissent les individus selon leurs aptitudes sans leur transmettre de règles sociales.
Ils leur apprennent les règles du jeu social et les amènent à les intérioriser.

Ils leur apprennent les règles du jeu social et les amènent à les intérioriser.

Explication

La famille, l’école et le travail socialisent les individus en leur apprenant les règles du jeu social et en leur faisant intérioriser ces règles. Leur rôle ne se limite donc pas à répartir des ressources ou des aptitudes.

31. À partir des années 1980, quelle interprétation des difficultés individuelles est favorisée par l’affaiblissement des institutions ?

Une lecture qui explique les parcours par l’intériorisation des règles de la vie familiale.
Une lecture qui attribue davantage la réussite ou l’échec au mérite et aux efforts personnels.
Une lecture qui explique davantage la réussite ou l’échec par la position dans les structures sociales.
Une lecture qui rapporte les difficultés aux liens impersonnels caractéristiques des grandes villes.

Une lecture qui attribue davantage la réussite ou l’échec au mérite et aux efforts personnels.

Explication

L’affaiblissement des institutions favorise une interprétation individualisée qui rapporte la réussite ou l’échec au mérite et aux efforts personnels. La lecture structurelle, qui explique les difficultés par la position sociale, constitue le contraste avec cette tendance.

32. Quelle définition Éric Neveu donne-t-il d’un mouvement social ?

Un rassemblement spontané provoqué par une émotion commune, sans revendication ni adversaire clairement défini.
Un agir collectif intentionnel et revendicatif, fondé sur une cause, un adversaire et une arène de conflictualité.
Une réaction individuelle à une injustice perçue, qui ne suppose ni action commune ni cause partagée.
Une organisation durable qui cherche à intégrer ses membres aux institutions sans entrer en conflit avec elles.

Un agir collectif intentionnel et revendicatif, fondé sur une cause, un adversaire et une arène de conflictualité.

Explication

Pour Éric Neveu, le mouvement social est un agir ensemble intentionnel organisé autour d’une revendication et d’un conflit. Le rassemblement spontané décrit plutôt le mouvement de foule, qui ne repose pas sur cette intention revendicative.

33. Un groupe formule des demandes précises, s’organise pour les défendre et désigne un adversaire. Quelle distinction cela illustre-t-il entre mouvement social et mouvement de foule ?

Le mouvement social est intentionnel et organisé, tandis que le mouvement de foule est spontané et incontrôlable.
Le mouvement social rassemble des individus sans objectif commun, tandis que le mouvement de foule prépare une action organisée.
Le mouvement social est spontané et irrationnel, tandis que le mouvement de foule est organisé autour de demandes.
Le mouvement social vise l’intégration institutionnelle, tandis que le mouvement de foule défend une cause revendicative.

Le mouvement social est intentionnel et organisé, tandis que le mouvement de foule est spontané et incontrôlable.

Explication

Des demandes formulées et une organisation caractérisent le mouvement social, contrairement au mouvement de foule décrit comme spontané, irrationnel et incontrôlable. L’idée que le mouvement de foule serait organisé autour de revendications inverse cette distinction.

34. Que désigne la frustration relative comme facteur de mobilisation ?

Un désaccord entre les participants sur les avantages qu’ils obtiendront après la mobilisation.
Une opposition entre les objectifs d’un mouvement et les ressources matérielles de ses organisateurs.
Une baisse mesurable du niveau de vie qui provoque mécaniquement une participation aux manifestations.
Un écart jugé inacceptable entre ce qu’une personne possède et ce qu’elle estime être en droit d’attendre.

Un écart jugé inacceptable entre ce qu’une personne possède et ce qu’elle estime être en droit d’attendre.

Explication

La frustration relative repose sur l’écart perçu entre la situation réelle et les attentes jugées légitimes, notamment lorsque les institutions ne semblent plus entendre les individus. Une baisse du niveau de vie à elle seule ne définit pas cette frustration, car les attentes comptent également.

35. Pourquoi, selon Mancur Olson, peut-il être rationnel pour un individu de ne pas participer à une mobilisation ?

Il peut laisser les autres supporter les coûts de l’action tout en espérant bénéficier de ses résultats collectifs.
Il peut participer sans frais dès lors que les revendications sont soutenues par une majorité d’individus.
Il peut empêcher les autres de profiter des résultats collectifs en restant à l’écart de l’action.
Il peut éviter les coûts en contribuant autrement, ce qui garantit que le mouvement atteindra ses objectifs.

Il peut laisser les autres supporter les coûts de l’action tout en espérant bénéficier de ses résultats collectifs.

Explication

Olson souligne qu’un individu peut choisir de s’abstenir afin de ne pas supporter les coûts de la mobilisation, tout en pouvant profiter de ses résultats. L’adhésion d’une majorité ne supprime pas les coûts liés à la participation.

36. Une salariée ne fait pas grève, mais bénéficie d’une amélioration obtenue par la mobilisation de ses collègues. Comment désigne-t-on sa position ?

Comme celle d’une participante indirecte, qui assume les coûts de la grève sans rejoindre le mouvement.
Comme celle d’une opposante au mouvement, qui ne peut bénéficier des résultats obtenus par les grévistes.
Comme celle d’une passagère clandestine, qui profite d’un avantage collectif sans en supporter les coûts.
Comme celle d’une organisatrice, qui mobilise les collègues tout en évitant les risques liés à l’action.

Comme celle d’une passagère clandestine, qui profite d’un avantage collectif sans en supporter les coûts.

Explication

La passagère clandestine bénéficie d’un résultat collectif sans prendre en charge les coûts de la mobilisation, tels que la perte de salaire ou le risque de licenciement. Une participante indirecte qui assume les coûts ne correspond donc pas à cette notion.

37. Quel est l’objet central du courant de la mobilisation des ressources ?

Analyser les conditions de réussite ou d’échec des mouvements, qui doivent s’organiser, élaborer des stratégies et mobiliser des ressources.
Expliquer le déclenchement des mouvements par l’écart entre les attentes individuelles et la situation vécue.
Décrire les revendications des mouvements en les reliant principalement aux émotions de leurs participants.
Étudier les effets des manifestations sur les institutions, sans s’intéresser à l’organisation des groupes mobilisés.

Analyser les conditions de réussite ou d’échec des mouvements, qui doivent s’organiser, élaborer des stratégies et mobiliser des ressources.

Explication

La mobilisation des ressources étudie la réussite ou l’échec des mouvements conçus comme des entreprises de protestation qui s’organisent, élaborent des stratégies et mobilisent des ressources. L’écart entre attentes et situation relève plutôt de l’explication par la frustration relative.

38. Quels deux critères Oberschall croise-t-il pour analyser les conditions de mobilisation des groupes ?

Les ressources financières du groupe et le nombre de ses adversaires.
Le niveau de frustration du groupe et l’intensité de ses revendications.
La taille du groupe et la durée de ses actions de protestation.
Le degré d’organisation du groupe et son degré d’intégration à la société.

Le degré d’organisation du groupe et son degré d’intégration à la société.

Explication

Oberschall analyse la mobilisation en croisant le degré d’organisation avec le degré d’intégration à la société. La frustration et l’intensité des revendications ne constituent pas les deux critères de cette analyse.

39. Selon la thèse contre-intuitive d’Oberschall, quels groupes se mobilisent plus facilement ?

Les groupes fortement intégrés et institutionnalisés, car leur accès aux institutions leur permet de manifester sans risque.
Les groupes faiblement organisés mais fortement intégrés, car leur proximité des institutions réduit les coûts de l’action.
Les groupes faiblement intégrés et segmentés, car les groupes institutionnalisés peuvent craindre de perdre leur place dans le jeu institutionnel.
Les groupes institutionnalisés et segmentés, car leur place dans le jeu institutionnel les incite à contester davantage.

Les groupes faiblement intégrés et segmentés, car les groupes institutionnalisés peuvent craindre de perdre leur place dans le jeu institutionnel.

Explication

Oberschall soutient que les groupes faiblement intégrés et segmentés se mobilisent plus facilement, tandis que les groupes institutionnalisés peuvent préserver leur place dans le jeu institutionnel en évitant la manifestation. L’accès institutionnel ne signifie donc pas que les groupes fortement intégrés manifestent plus facilement.

40. Pour Alain Touraine, quel rôle les mouvements sociaux jouent-ils dans la société ?

Ils réduisent les conflits en rapprochant les intérêts économiques opposés.
Ils assurent l’application des décisions prises par les institutions politiques.
Ils expriment des luttes qui orientent les modèles culturels de la société.
Ils rétablissent un équilibre perturbé entre les groupes sociaux.

Ils expriment des luttes qui orientent les modèles culturels de la société.

Explication

Pour Touraine, les mouvements sociaux expriment des luttes permanentes qui déterminent la direction des modèles culturels. Les réduire à une réparation de déséquilibre méconnaît leur rôle dans l’orientation de la société.

41. Comment Alain Touraine définit-il l’historicité ?

Comme l’action de la société sur elle-même à travers des conflits sur ses orientations.
Comme la transmission des traditions qui assurent la continuité d’une société.
Comme la succession des conflits économiques entre groupes aux intérêts opposés.
Comme l’évolution des institutions sous l’effet des innovations techniques.

Comme l’action de la société sur elle-même à travers des conflits sur ses orientations.

Explication

L’historicité désigne l’action par laquelle une société agit sur elle-même au moyen de conflits concernant ses orientations. La transmission des traditions décrit plutôt une continuité culturelle et ne correspond pas à cette définition.

42. Quelle comparaison décrit correctement les enjeux des mouvements ouvriers industriels et des mouvements post-industriels ?

Les premiers portent sur les biens symboliques, tandis que les seconds se concentrent sur la maîtrise du travail.
Les premiers défendent l’identité individuelle, tandis que les seconds revendiquent le contrôle de la production industrielle.
Les premiers contestent la technocratie, tandis que les seconds cherchent surtout à définir l’organisation du travail.
Les premiers portent sur la maîtrise du travail, tandis que les seconds concernent davantage l’identité et les biens symboliques.

Les premiers portent sur la maîtrise du travail, tandis que les seconds concernent davantage l’identité et les biens symboliques.

Explication

Le mouvement ouvrier industriel porte sur la maîtrise et la définition du travail, tandis que les mouvements post-industriels se tournent davantage vers l’identité et les biens symboliques. La contestation de la technocratie est associée aux mouvements post-industriels, et non au mouvement ouvrier industriel dans cette distinction.

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Quelle origine ont de nombreux comportements apparemment naturels ou instinctifs ?

Ils sont appris par la socialisation.

Selon Émile Durkheim, que désigne la conscience collective ?

L’ensemble des croyances, des normes et des sentiments communs à une société.

Que rend possible la conscience collective ?

L’existence d’une société.

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