Fiche de révision : Introduction aux Méthodes et Validités en Mémoire

Plan du Cours

  1. Validité écologique et validité interne
  2. Interférence rétroactive et mémorisation
  3. Effet des informations verbales sur le souvenir
  4. Problèmes d’encodage et de sondage mnésique
  5. Notions temporelles de l’amnésie
  6. Causes lésionnelles et syndromes amnésiques
  7. Amnésies transitoires et facteurs déclenchants
  8. Mémoire normale et fonctions de l’oubli
  9. Expérience de Peterson et Peterson sur l’oubli
  10. Méthode des lieux et mnémotechniques
  11. Méthode des pinces-à-linges
  12. Méthode des mots-clés et méthodes verbales

1. Validité écologique et validité interne

Notions clés & Définitions

  • Validité interne : La validité interne mesure si les effets observés peuvent être attribués de façon crédible à la variable étudiée plutôt qu’à d’autres causes.
  • Validité écologique : La validité écologique indique dans quelle mesure les résultats d’une étude restent pertinents pour des situations réelles et quotidiennes.
  • Contrôle expérimental : Le contrôle expérimental regroupe les procédures qui limitent les influences parasites afin d’augmenter la validité interne.
  • Généralisabilité : La généralisabilité désigne la capacité des résultats à s’appliquer à d’autres personnes, contextes ou conditions que ceux de l’étude.

Points essentiels

  • La validité interne augmente quand les variables parasites sont contrôlées et que l’attribution causale est défendable.
  • La validité écologique augmente quand les tâches, mesures et contextes ressemblent à ceux rencontrés dans la vie réelle.
  • Un design très contrôlé peut produire une forte validité interne mais une validité écologique plus faible.
  • À l’inverse, des contextes très réalistes peuvent réduire le contrôle et donc diminuer la validité interne.
  • La généralisabilité dépend à la fois de la validité interne (effet réel) et de la validité écologique (effet transposable).
  • On peut comparer les deux validités comme deux axes : causalité interne vs pertinence externe pour le monde réel.

Astuce mémo

Interne = “cause” (contrôle) ; Écologique = “terrain” (réalité).

2. Interférence rétroactive et mémorisation

Notions clés & Définitions

  • Interférence rétroactive : L’interférence rétroactive est la difficulté à récupérer un souvenir ancien causée par l’apprentissage d’informations plus récentes.
  • Mémorisation : La mémorisation est l’ensemble des opérations qui permettent d’enregistrer, conserver et retrouver une information.
  • Encodage : L’encodage est la transformation de l’information en une forme utilisable par le système de mémoire.
  • Stockage : Le stockage est le maintien de l’information dans le système pour une utilisation ultérieure.
  • Récupération : La récupération est l’extraction d’une information depuis la zone de stockage pour la rendre disponible au traitement.

Points essentiels

  • La mémoire fonctionne comme un système qui reçoit, stocke, organise, modifie et récupère des informations.
  • La mémorisation se décrit en trois phases successives : encodage, stockage, récupération.
  • Si l’information n’est pas encodée correctement, elle est perdue avant d’atteindre la mémoire à long terme.
  • La récupération correspond à l’extraction depuis le stockage pour permettre le traitement en mémoire à courte terme.
  • Le modèle d’Atkinson et Schiffrin distingue mémoire sensorielle, mémoire à courte terme et mémoire à long terme.
  • L’interférence rétroactive explique pourquoi des apprentissages récents peuvent perturber l’accès aux souvenirs plus anciens.

Astuce mémo

Rétro = “après coup” : ce que tu apprends après gêne ce que tu veux retrouver avant.

3. Effet des informations verbales sur le souvenir

Notions clés & Définitions

  • Mémoire immédiate : La mémoire immédiate désigne la capacité de maintien et de traitement très bref d’informations avant leur oubli ou leur transfert.
  • Miller 7±2 : Le principe de Miller décrit une limite typique du nombre d’éléments qu’on peut traiter en mémoire immédiate après une seule mémorisation.
  • Chunking : Le chunking est un regroupement d’éléments en unités plus grandes pour réduire le nombre d’items à retenir en mémoire immédiate.
  • Chunks : Les chunks sont des unités cognitives construites par regroupement d’éléments, permettant de mémoriser plus efficacement que des items isolés.
  • Tâches de rappel : Les tâches de rappel évaluent la récupération d’un matériel appris, soit sans aide, soit avec un indice.

Points essentiels

  • Miller observe une limite autour de 7 éléments, avec une marge de ±2, après une seule mémorisation.
  • Les matériaux utilisés dans les travaux incluent des chiffres, des lettres, des pseudo-mots et des mots monosyllabiques.
  • Le chunking permet de contourner la limite de 7 éléments en transformant une suite d’items en plusieurs unités de regroupement.
  • Exemple de regroupement : 1-9-7-4-1-4-9-2 peut être transformé en deux unités cognitives de regroupement (1974 et 1492).
  • Le chunking joue aussi un rôle central dans l’expertise, illustré par Chase & Simon (1973) chez des joueurs d’échecs.
  • Taxonomie mnésique : rappel immédiat, rappel différé et rappel indicé, puis reconnaissance avec une phase d’apprentissage et une phase de décision parmi des éléments anciens et nouveaux.

Astuce mémo

7±2 = 7 “cases” à remplir, et le chunking sert à regrouper pour remplir moins de cases.

4. Problèmes d’encodage et de sondage mnésique

Notions clés & Définitions

  • p-value : La p-value est la probabilité que l’écart observé soit dû au hasard plutôt qu’à l’effet réellement manipulé.
  • MCT : La MCT (mémoire à court terme) désigne le maintien temporaire d’informations avant leur rappel.
  • Technique de Brown-Peterson : La technique de Brown-Peterson mesure la durée de la MCT en imposant une tâche de comptage pendant un délai avant le rappel.
  • Codage verbal : Le codage verbal correspond à l’encodage des informations en s’appuyant sur leurs caractéristiques phonologiques et/ou visuelles liées au langage.
  • Codage visuel : Le codage visuel correspond à l’encodage des informations en s’appuyant sur leurs caractéristiques visuelles plutôt que sur leur son.

Points essentiels

  • Le mélange des positions des tasses illustre un nombre de configurations possibles, ici 70, donc une chance de 1/70 = 1,4% de trouver la bonne réponse par devinette.
  • En sciences humaines, un résultat est considéré non dû au hasard s’il a entre 0 et 5% de chances de se produire.
  • Si la p-value est entre p<.001 et p=.05, le résultat est dit significatif, donc l’écart est peu compatible avec le hasard.
  • Si la p-value est entre p>.05 et p<.10, le résultat est tendanciel, car on ne peut ni exclure le hasard ni exclure l’effet manipulé.
  • Si la p-value est supérieure à p=.10, le résultat n’est pas significatif, donc l’écart peut être dû au hasard plutôt qu’à l’effet manipulé.
  • Pour estimer la durée de la MCT avec Brown-Peterson, on présente un trio de consonnes (ex. BXJ), on fait compter à rebours par pas de 3 pendant un délai, puis on demande le rappel du trio.

Astuce mémo

p-value : « petite p = peu de hasard » → significatif ; « grande p = hasard plausible » → pas significatif.

5. Notions temporelles de l’amnésie

Notions clés & Définitions

  • Tâche de rotation mentale : Tâche cognitive où l’on juge mentalement l’orientation d’un objet, permettant d’observer des effets de temps de traitement.
  • Mémoire à court terme : Système mnésique temporaire qui maintient l’information sur une durée brève avant qu’elle ne soit perdue ou perturbée.
  • Théorie du déclin de la trace mnésique : Explication selon laquelle la trace en mémoire à court terme s’affaiblit avec le passage du temps.
  • Théorie de l’interférence : Explication selon laquelle la perte en mémoire résulte de la compétition entre informations, plutôt que du seul temps.
  • Technique de Brown-Peterson : Procédure expérimentale qui mesure la durée de maintien en mémoire à court terme via un comptage à rebours entre présentation et rappel.

Points essentiels

  • Dans la tâche de rotation mentale, une rotation importante entraîne un temps de réponse plus élevé qu’une rotation peu importante, suggérant un traitement mental dépendant de la durée.
  • Dans la tâche de rotation mentale en miroir, le pattern de performance sert d’indice sur la nature du codage utilisé en mémoire à court terme.
  • La corrélation entre temps d’étude et résultats peut devenir causalité quand la logique et des contrôles de variables confondantes soutiennent la relation.
  • Dans l’exemple de Kosslyn et al. (1978), la causalité est défendue car on met plus de temps pour parcourir mentalement une distance plus longue, et l’effet reste robuste malgré la vitesse individuelle de marche.
  • La technique de Brown-Peterson montre une baisse du rappel correct avec l’augmentation du délai de comptage à rebours (95% à 0 s, puis 60% à 3 s, 40% à 6 s, 20% à 9 s, 10% à 12 s).
  • Le déclin de la trace mnésique attribue l’effacement à l’écoulement du temps, tandis que l’interférence attribue l’effacement à la perturbation par d’autres informations pendant le délai.

Astuce mémo

Rotation mentale : plus c’est long, plus c’est lent (le temps de réponse suit la “distance” mentale).

6. Causes lésionnelles et syndromes amnésiques

Notions clés & Définitions

  • Amnésie rétrograde : L’amnésie rétrograde correspond à une perte de souvenirs formés avant la lésion, avec un gradient temporel vers le passé plus lointain.
  • Amnésie antérograde : L’amnésie antérograde correspond à une difficulté à former de nouveaux souvenirs après la lésion.
  • Amnésie rétro-antérograde : L’amnésie rétro-antérograde combine une atteinte des souvenirs antérieurs et une atteinte de la formation de nouveaux souvenirs.
  • Syndrome de Korsakoff : Le syndrome de Korsakoff est un tableau amnésique lié à des lésions diencéphaliques, typiquement associé à une atteinte marquée de la mémoire.
  • Cas H.M. : Le cas H.M. renvoie à un patient dont les lésions bi-hippocampiques ont produit une amnésie rétro-antérograde, surtout centrée sur la mémoire.

Points essentiels

  • Dans la phase de résultats de Shepard (1967), l’interférence rétroactive n’affecte pas les performances quand elle n’est pas significative, mais les fait baisser quand elle est significative.
  • La validité écologique pose la question du transfert des résultats de laboratoire vers le monde extérieur, tandis que la validité interne concerne les variables confondues.
  • Exemple de variable confondue (Shepard, 1967) : le temps d’identification dépend de la fréquence des mots, ce qui peut masquer l’effet expérimental si on compare des items de fréquences différentes.
  • Loftus et Palmer (1974) montrent qu’un habillage verbal modifie l’estimation de vitesse : « smashed » ≈ 65 km/h, « colided » ≈ 62, « bumped » ≈ 61, « hit » ≈ 55, « contacted » ≈ 51.
  • Loftus et Palmer (1974) expliquent l’effet par une interférence rétroactive : une information nouvelle peut modifier le souvenir stocké en MLT.
  • Loftus (1993) illustre la modification de souvenirs via des diapositives + narration avec un élément erroné (ex. « Cédez le passage »), puis une tâche de reconnaissance.

Astuce mémo

Rétro = avant, Antéro = après, Rétro-antéro = les deux (avant + après).

7. Amnésies transitoires et facteurs déclenchants

Notions clés & Définitions

  • Mémoire à court terme : La mémoire à court terme stocke provisoirement une petite quantité d’informations perçues, pendant une vingtaine de secondes sans répétition.
  • Mémoire de travail : La mémoire de travail est un système à capacité réduite qui, sur une brève période, stocke et manipule l’information pour réaliser des tâches mentales.
  • Interférence proactive : L’interférence proactive correspond au fait que du matériel déjà appris perturbe le rappel d’un nouveau matériel.
  • Interférence rétroactive : L’interférence rétroactive désigne la perturbation du rappel causée par du matériel présenté après l’apprentissage.
  • Hypothèse du déclin de la trace mnésique : L’hypothèse du déclin de la trace mnésique explique la baisse du rappel par la disparition progressive de la trace avec le temps.

Points essentiels

  • La mémoire à court terme dure environ une vingtaine de secondes sans répétition et est très sensible aux interruptions et interférences.
  • La capacité typique de la mémoire à court terme est d’environ 7 ±2 bits, avec une unité signifiante d’information.
  • Le recodage en mémoire à court terme réorganise l’information (lettres, mots) et peut la regrouper en chunks.
  • La mémoire à court terme peut maintenir l’information via une répétition silencieuse et relier le traitement aux connaissances de la mémoire à long terme.
  • La mémoire de travail est modélisée par Baddeley & Hitch (1974) avec boucle phonologique, calepin visuo-spatial et centre exécutif.
  • Waugh et Norman (1965) utilisent une technique pour dissocier le temps et l’interférence rétroactive via deux conditions de mémorisation rapide (16 s) et lente (4 s) avec une tâche interférente identique.

Astuce mémo

Déclin = le temps efface; Interférence rétroactive = le “nouveau” gêne le rappel; Proactive = l’ancien gêne le nouveau.

8. Mémoire normale et fonctions de l’oubli

Notions clés & Définitions

  • Mémoire de travail : Système à capacité limitée qui, sur une courte durée, stocke et manipule l’information pour réaliser des activités mentales comme le calcul mental ou la prise de notes.
  • Boucle phonologique : Sous-système de la mémoire de travail spécialisé dans le stockage provisoire d’informations verbales et leur maintien par répétition.
  • Calepin visuo-spatial : Sous-système de la mémoire de travail dédié aux tâches visuelles et spatiales, en conservant temporairement l’information correspondante.
  • Centre exécutif : Composant de la mémoire de travail chargé de sélectionner, coordonner et contrôler les opérations de traitement de l’information.
  • Mémoire à court terme : Mémoire de capacité et de durée limitées utilisée pour conserver temporairement l’information avant qu’elle ne soit perdue ou transférée vers d’autres formes de mémoire.

Points essentiels

  • La mémoire de travail est très sensible aux interruptions et aux interférences, ce qui réduit la quantité d’information maintenue.
  • Le modèle de Baddeley & Hitch (1974) distingue boucle phonologique, calepin visuo-spatial et centre exécutif.
  • La mémoire de travail fonctionne comme un espace mental de travail, avec une taille et une durée variables selon les individus.
  • Le contenu de la mémoire de travail est peu abondant et généralement voué à l’oubli.
  • Les performances de mémoire de travail progressent fortement de 5 ans à l’adolescence puis atteignent un palier.
  • Chez les enfants avec faible mémoire de travail, les performances scolaires sont ralenties et la compréhension des énoncés devient difficile quand les consignes sont complexes.

Astuce mémo

Boucle phonologique = sons, Calepin visuo-spatial = images/lieux, Centre exécutif = chef d’orchestre.

9. Expérience de Peterson et Peterson sur l’oubli

Notions clés & Définitions

  • Oubli par non-sélection : Mécanisme d’oubli lorsque l’information n’est pas maintenue par l’attention et n’entre pas dans le traitement utile en mémoire à courte terme.
  • Oubli par non-codage en MLT : Mécanisme d’oubli lorsque l’information n’est pas encodée en mémoire à long terme, ce qui empêche sa conservation durable.
  • Mémoire à courte terme : Système de mémoire temporaire qui maintient l’information pour la traiter avant qu’elle soit soit perdue, soit transférée en mémoire à long terme.
  • Mémoire à long terme : Système de mémoire durable qui stocke des informations encodées et permet leur récupération ultérieure.
  • Patient HM : Cas clinique de référence où une épilepsie sévère a conduit à une ablation temporale incluant l’hippocampe, avec atteinte de l’apprentissage de nouvelles informations.

Points essentiels

  • Le modèle d’Atkinson & Shiffrin distingue mémoire sensorielle, mémoire à courte terme et mémoire à long terme, avec une sélection attentionnelle entre elles.
  • L’information est perdue si elle n’est pas sélectionnée, ce qui explique l’oubli avant même un encodage durable.
  • L’information est perdue si elle n’est pas encodée en mémoire à long terme, même si elle a pu être brièvement maintenue.
  • Le cas HM montre une impossibilité d’apprendre de nouvelles informations après ablation temporale incluant l’hippocampe, malgré une intelligence et un vocabulaire préservés.
  • Chez HM, la mémoire à courte terme n’est pas altérée : les performances de rappel restent bonnes, ce qui soutient la dissociation MCT/MLT.
  • La tâche de la Tour de Hanoi inter-sessions illustre l’incapacité d’apprentissage entre sessions chez HM, alors que des performances immédiates peuvent rester correctes.

Astuce mémo

MCT = “maintenir”, MLT = “mémoriser pour plus tard” : si ça n’est pas sélectionné ou encodé en MLT, ça disparaît.

10. Méthode des lieux et mnémotechniques

Notions clés & Définitions

  • Mémoire sémantique : La mémoire sémantique stocke des connaissances sur le monde indépendamment du moment où elles ont été apprises.
  • Mémoire noétique : La mémoire noétique regroupe des connaissances et des contenus mentaux accessibles sans lien direct avec un épisode personnel daté.
  • Mémoire épisodique : La mémoire épisodique conserve des souvenirs d’événements personnels, avec une forte conscience de soi.
  • Mémoire autonoétique : La mémoire autonoétique correspond à l’accès conscient à ses propres souvenirs, impliquant une expérience subjective du “je”.
  • Méthode des lieux : La méthode des lieux associe chaque élément à retenir à un emplacement mental précis pour faciliter le rappel.

Points essentiels

  • La mémoire sémantique est décrite comme indépendante du moment d’acquisition, contrairement à la mémoire épisodique centrée sur des événements personnels.
  • La mémoire épisodique (aujourd’hui) est associée à une forte conscience de soi lors du rappel.
  • Le modèle paralléliste de Squire distingue des composantes noétiques, anoétiques et autonéotiques dans l’organisation de la mémoire.
  • Le modèle hiérarchique de Tulving (1985) articule notamment mémoire épisodique, mémoire sémantique et mémoire procédurale.
  • La méthode des lieux (ou loci) consiste à placer mentalement les items à retenir dans des emplacements d’un parcours connu.
  • Exemple de parcours : Simonide de Céos à Banquet de Scopas, puis une liste d’emplacements (pain, route, nourriture, garage, tomates, etc.) servant de “crochets” spatiaux pour rappeler les mots.

Astuce mémo

Lieux = “trajet” : chaque mot = une étape fixe, donc le rappel suit l’itinéraire.

11. Méthode des pinces-à-linges

Notions clés & Définitions

  • Intervalle de décomptage : L’intervalle de décomptage est la durée tt pendant laquelle le sujet attend avant le rappel, mesurée ici en secondes.
  • Déclin passif de la trace : Le déclin passif de la trace est l’idée que la trace mnésique s’affaiblit avec le temps même sans traitement actif.
  • Interférence rétroactive : L’interférence rétroactive est l’effet d’un nouvel élément sur la récupération d’un contenu présenté juste avant.
  • Interférence proactive : L’interférence proactive est l’effet d’un ancien contenu sur la récupération d’un contenu présenté plus récemment.
  • Catégories sémantiques : Les catégories sémantiques sont des regroupements de mots par sens (ex. professions, vêtements) utilisés pour organiser le rappel.

Points essentiels

  • Quand l’intervalle augmente, le pourcentage de rappel correctement rappelé diminue (hypothèse opérationnelle confirmée).
  • À 3 s, le rappel correct est très élevé (≈84–85%), alors qu’à 18 s il chute fortement (≈8%).
  • Interprétation 1 : le déclin passif de la trace peut s’expliquer par l’interférence rétroactive et proactive.
  • Interférence rétroactive : l’arrivée de nouveau matériel pendant l’intervalle nuit au rappel du passé (décomptage).
  • Interférence proactive : des éléments anciens perturbent le rappel du présent (anciens triplets de lettres).
  • Interprétation 2 : si le sujet traite activement la trace, le rappel peut mieux résister au temps (stratégies : répétitions, éléments personnels, images mentales, attention aux catégories).

Astuce mémo

Intervalle ↑ → rappel ↓ ; trace s’efface (déclin passif) + nouveaux/anciens contenus brouillent (rétroactive/proactive).

12. Méthode des mots-clés et méthodes verbales

Notions clés & Définitions

  • Plan à 2 VI : Plan expérimental où deux variables indépendantes VI1VI_1 et VI2VI_2 sont manipulées pour former des groupes expérimentaux.
  • Emboitement : Type de relation entre deux VI où les modalités de VI1VI_1 sont combinées avec celles de VI2VI_2 pour former des groupes distincts.
  • Croisement : Type de relation entre deux VI où les modalités de VI1VI_1 et VI2VI_2 se combinent de façon à produire une structure de type relation ternaires.
  • Structure mixte : Structure combinant une partie en emboitement et une partie en croisement entre VI1VI_1 et VI2VI_2.
  • Profondeur de traitement : Variable de type T2T_2 qui décrit le niveau de traitement au moment de l’encodage, plus ou moins lié à la signification du mot.

Points essentiels

  • Plans à 2 VI : on obtient 3 structures possibles, emboitement, croisement ou mixte, au lieu de 2 relations binaires.
  • Pour trouver le bon plan, on part des relations binaires possibles : SVI1S-VI_1, SVI2S-VI_2 et VI1VI2VI_1-VI_2.
  • Emboitement s’écrit S<VI1VI2>S<VI_1 * VI_2>, croisement s’écrit SVI1VI2S*VI_1 * VI_2, mixte s’écrit S<VI1>VI2S <VI_1> * VI_2.
  • Exemple croisé : VI1VI_1 Mots (concrets/abstraits) et VI2VI_2 Rappel (immédiat/différé) donnent SM2R2S*M_2*R_2 donc M2R2M_2*R_2.
  • Exemple emboîtement : VI1VI_1 Age (8/12 ans) et VI2VI_2 Genre (garçon/filles) donnent S<A2G2>S<A_2*G_2> donc 4 groupes.
  • Structure mixte : VI1VI_1 Mots (concrets/abstraits) et VI2VI_2 Age (8/12 ans) donnent S<A2>M2S<A_2>*M_2 (combinaison partielle).

Astuce mémo

Binaire d’abord, puis ternaires : SVI1S-VI_1, SVI2S-VI_2, VI1VI2VI_1-VI_2 → ensuite choisis emboitement/croisement/mixte.

Repères chronologiques

DateÉvénement
1960Expériences de Sperling sur la mémoire sensorielle (iconique) avec présentation brève de séries de lettres
1956Miller : chiffre magique 7±2 (capacité de la mémoire immédiate)
1968Modèle d’Atkinson & Shiffrin : mémoire sensorielle, mémoire à courte terme et mémoire à long terme

Tableaux de synthèse

Seuils de décision via p-value

Intervalle de p-valueConclusionInterprétation
p<.001 à p=.05SignificatifL’écart observé est peu compatible avec le hasard
p>.05 à p<.10TendancielOn ne peut ni exclure le hasard ni exclure l’effet manipulé
p>.10Non significatifL’écart peut être dû au hasard plutôt qu’à l’effet manipulé

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre validité interne et validité écologique : la première vise l’attribution causale (contrôle des variables), la seconde la pertinence pour le monde réel.
  2. Croire que corrélation implique causalité : dans le cours, la causalité n’est défendue que si la logique et le contrôle des variables confondantes sont établis.
  3. Mélanger interférence proactive et rétroactive : proactive = ancien gêne le présent, rétroactive = nouveau gêne le passé.
  4. Penser que le temps seul explique l’oubli en Brown-Peterson : le cours oppose déclin de la trace mnésique et explications par interférence (rétroactive/proactive).
  5. Inverser MCT et MLT dans le cas HM : HM montre une MCT non altérée (rappel immédiat correct) mais une difficulté à former de nouveaux souvenirs en MLT.
  6. Se tromper sur le codage en MCT : Conrad (1964) relie les confusions à un codage verbal vs visuel, alors que Shepard & Metzler (1971) utilisent la rotation mentale pour inférer le codage visuel.
  7. Oublier que le chunking contourne 7±2 : la limite porte sur le nombre d’éléments traités, mais le regroupement en chunks réduit le nombre d’unités à retenir.

Checklist Examen

  1. Définir validité interne, validité écologique et généralisabilité, puis expliquer comment elles s’opposent en termes de contrôle vs réalisme.
  2. Décrire les trois phases de la mémorisation (encodage, stockage, récupération) et relier l’interférence rétroactive à la difficulté de récupérer un souvenir ancien.
  3. Rappeler le chiffre magique 7±2 et expliquer comment le chunking permet de dépasser la limite en transformant une suite d’items en unités de regroupement.
  4. Connaître les tâches de rappel (immédiat, différé, indicé) et de reconnaissance (apprentissage puis décision parmi anciens et nouveaux).
  5. Interpréter une p-value : distinguer significatif, tendanciel et non significatif à partir des seuils p<.001–p=.05, p>.05–p<.10, puis p>.10.
  6. Expliquer la technique de Brown-Peterson pour estimer la durée de la MCT et donner l’idée générale des résultats (baisse du rappel correct quand l’intervalle augmente).
  7. Distinguer codage verbal et codage visuel en MCT à partir des tâches du cours (Conrad 1964 vs Shepard & Metzler 1971) et relier à la nature des confusions/performances.
  8. Expliquer la tâche de rotation mentale et relier temps de réponse et nature du codage en MCT (rotation importante plus lente ; rotation en miroir comme indice).
  9. Décrire les amnésies rétrograde, antérograde et rétro-antérograde, puis situer Korsakoff et le cas HM (lésions bi-hippocampiques, amnésie rétro-antérograde).
  10. Expliquer les amnésies transitoires et les facteurs déclenchants (mémoire à court terme ~ vingtaine de secondes ; sensibilité aux interruptions/interférences ; interférences proactive et rétroactive).
  11. Présenter la mémoire de travail (Baddeley & Hitch 1974) : boucle phonologique, calepin visuo-spatial, centre exécutif, et rappeler ses effets développementaux et scolaires.
  12. Décrire les méthodes mnémotechniques vues : méthode des lieux (loci) et pinces-à-linges (rime puis association épingle-mot), ainsi que l’idée générale des mots-clés et des méthodes verbales (profondeur du traitement).

Teste tes connaissances

Teste tes connaissances sur Introduction aux Méthodes et Validités en Mémoire avec 24 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Quelle différence décrit le mieux la validité interne par rapport à la validité écologique ?

2. Quel effet est attendu lorsqu’une étude est très contrôlée mais peu proche de situations de la vie quotidienne ?

Faire le QCM →

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les concepts clés de Introduction aux Méthodes et Validités en Mémoire avec 24 flashcards interactives.

Validité interne — définition ?

Contrôle des variables pour effets causaux crédibles.

Validité écologique — définition ?

Pertinence des résultats pour la vie réelle.

Contrôle expérimental — rôle ?

Limiter influences parasites, augmenter validité interne.

Voir les flashcards →

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