QCM : La question sociale et le salariat (21 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Comment la pauvreté peut-elle être comprise au-delà du seul manque de ressources ?

Comme une situation d’exclusion juridique qui entraîne automatiquement la perte de toute aide
Comme une caractéristique individuelle qui dépend principalement des choix de consommation
Comme un niveau de revenu mesuré indépendamment des représentations sociales et des droits
Comme une position sociale définie par la société, qui peut ouvrir des droits et produire de la stigmatisation

Comme une position sociale définie par la société, qui peut ouvrir des droits et produire de la stigmatisation

Explication

La pauvreté désigne à la fois un manque de ressources et une position sociale construite par la société, susceptible d’ouvrir des droits ou d’entraîner une stigmatisation. La réduire à un niveau de revenu écarte cette dimension de position sociale.

2. Quelle situation relève de la question sociale ?

Les besoins matériels des ménages et les décisions individuelles prises pour gérer leurs dépenses
Les conflits entre groupes politiques et les règles élaborées pour répartir les fonctions institutionnelles
Les écarts de revenus entre individus et les stratégies privées utilisées pour accroître leur patrimoine
Les difficultés d’intégration d’une partie de la population et les réponses collectives visant à préserver la cohésion sociale

Les difficultés d’intégration d’une partie de la population et les réponses collectives visant à préserver la cohésion sociale

Explication

La question sociale concerne les difficultés d’intégration d’une partie de la population et les réponses collectives destinées à préserver la cohésion sociale. Les écarts de revenus peuvent y être liés, mais ne définissent pas à eux seuls la question sociale.

3. Quel enjeu Robert Castel analyse-t-il dans Les métamorphoses de la question sociale, publié en 1995 ?

Les transformations du salariat et des protections, ainsi que la persistance des personnes sans place stable dans le travail et les sociabilités
La formation des administrations locales et l’évolution des règles électorales dans les sociétés démocratiques
La disparition des inégalités de statut et l’accès généralisé à des emplois stables après l’industrialisation
La progression des revenus agricoles et le recul des échanges commerciaux dans les sociétés industrielles

Les transformations du salariat et des protections, ainsi que la persistance des personnes sans place stable dans le travail et les sociabilités

Explication

Castel étudie les transformations historiques du salariat et des protections, ainsi que la persistance de personnes dépourvues de place stable dans le travail et les réseaux de sociabilité. L’idée d’une disparition des inégalités de statut ne correspond pas à cet enjeu.

4. Sur quoi repose principalement l’intégration dans les sociétés traditionnelles ?

Sur les administrations spécialisées, les critères techniques et les institutions d’assistance territorialisées
Sur les contrats de travail individuels, la mobilité professionnelle et les protections salariales nationales
Sur la famille, le voisinage, la communauté locale et les relations de dépendance féodales
Sur les associations volontaires, les services publics centralisés et les droits sociaux universels

Sur la famille, le voisinage, la communauté locale et les relations de dépendance féodales

Explication

Dans les sociétés traditionnelles, l’intégration repose surtout sur les liens de proximité et les relations de dépendance féodales. Les institutions spécialisées et les critères techniques caractérisent plutôt le social-assistanciel.

5. Une aide sociale est confiée à des acteurs spécialisés, attribuée selon des critères techniques et organisée dans des structures institutionnelles territorialisées. Quelle caractéristique décrit cette organisation ?

La solidarité de proximité, qui s’appuie sur les liens familiaux et les obligations entre membres d’un groupe
La protection salariale, qui rattache l’accès aux droits à l’exercice d’un emploi stable
Le social-assistanciel, qui spécialise les acteurs et organise l’accès à l’aide ainsi que la sélection des bénéficiaires
L’intégration traditionnelle, qui repose sur les relations de dépendance et les communautés locales

Le social-assistanciel, qui spécialise les acteurs et organise l’accès à l’aide ainsi que la sélection des bénéficiaires

Explication

La spécialisation des acteurs, la technicisation des critères, l’institutionnalisation, la territorialisation et la sélection des bénéficiaires caractérisent le social-assistanciel. La solidarité de proximité s’appuie plutôt sur les relations au sein d’un groupe.

6. Pourquoi les personnes jugées incapables de travailler sont-elles plus facilement considérées comme légitimes à recevoir une aide que les personnes valides sans emploi ?

Leur absence d’emploi est considérée comme temporaire, tandis que celle des personnes valides est interprétée comme une incapacité durable
Leur situation leur donne automatiquement accès à des droits, tandis que les personnes valides sans emploi relèvent de l’assurance salariale
Leur appartenance à une communauté locale garantit leur soutien, tandis que les personnes valides sans emploi en sont généralement exclues
Leur incapacité est perçue comme justifiant l’aide, tandis que les personnes valides sans emploi peuvent être soupçonnées de paresse ou de refus des règles sociales

Leur incapacité est perçue comme justifiant l’aide, tandis que les personnes valides sans emploi peuvent être soupçonnées de paresse ou de refus des règles sociales

Explication

L’incapacité de travailler rend plus légitime, aux yeux des autorités, la demande d’aide, alors que les personnes valides sans emploi sont souvent soupçonnées de paresse ou de refus des règles sociales. L’accès automatique à des droits ne constitue pas la distinction décrite.

7. Quel objectif caractérise le grand enfermement dans les Hôpitaux généraux et les dépôts de mendicité ?

Contrôler la mendicité et l’errance en imposant le travail, la discipline et l’ordre
Distinguer les personnes incapables de travailler de celles qui sont sans emploi par choix
Garantir un revenu aux travailleurs pauvres et stabiliser leur accès à l’emploi
Renforcer les liens de voisinage et soutenir l’entraide au sein des communautés locales

Contrôler la mendicité et l’errance en imposant le travail, la discipline et l’ordre

Explication

Le grand enfermement vise à contrôler la mendicité et l’errance au moyen du travail imposé, de la discipline et de l’ordre. La garantie d’un revenu relève d’une logique de protection, et non de cet objectif de contrôle.

8. Que produit la répression de la pauvreté lorsqu’elle la traite comme un problème d’ordre public ?

Elle réduit la pauvreté en intégrant les personnes concernées dans des réseaux de sociabilité stables
Elle transforme les causes sociales de la pauvreté et supprime les situations d’instabilité
Elle établit un accès durable au travail en remplaçant les mesures de discipline par des protections
Elle contrôle la visibilité des personnes pauvres sans faire disparaître la pauvreté elle-même

Elle contrôle la visibilité des personnes pauvres sans faire disparaître la pauvreté elle-même

Explication

La répression traite la pauvreté comme une question d’ordre public et contrôle les personnes pauvres sans faire disparaître le phénomène. Transformer les causes sociales s’attaque à l’origine du problème, ce que la répression ne réalise pas à elle seule.

9. Quelle description rend compte du décalage entre la figure stigmatisée du vagabond et les personnes qu’elle peut désigner ?

Le vagabond est présenté comme dangereux et sans attaches, mais peut être un travailleur pauvre confronté à l’instabilité de l’emploi
Le vagabond est décrit comme un membre dépendant de sa communauté, mais peut être une personne sans difficultés matérielles
Le vagabond est présenté comme un bénéficiaire d’assistance stable, mais peut être une personne durablement intégrée au salariat
Le vagabond est défini par son refus du travail, mais peut être une personne protégée par un emploi agricole régulier

Le vagabond est présenté comme dangereux et sans attaches, mais peut être un travailleur pauvre confronté à l’instabilité de l’emploi

Explication

La figure du vagabond désigne une catégorie stigmatisée, associée à l’absence de métier et d’attaches, mais elle peut recouvrir des travailleurs pauvres et des personnes confrontées à l’instabilité de l’emploi. La réduire à un refus du travail confond cette représentation avec la réalité diverse des situations concernées.

10. Quelle place le salariat occupe-t-il sous l’Ancien Régime ?

Une position socialement inférieure et souvent instable, peu protégée collectivement
Une position intermédiaire et durable, garantie par des droits sociaux généralisés
Une position indépendante et valorisée, protégée par les institutions professionnelles
Une position dominante et stable, soutenue par des protections collectives étendues

Une position socialement inférieure et souvent instable, peu protégée collectivement

Explication

Sous l’Ancien Régime, les salariés occupent une position inférieure et souvent instable, avec peu de protections collectives comparables à celles qui se développeront plus tard. Une position stable et largement protégée caractérise davantage la société salariale ultérieure.

11. Pourquoi la liberté contractuelle du salarié est-elle inégale dans la relation de travail libérale ?

Parce que les deux parties disposent de ressources économiques comparables, mais de droits contractuels différents
Parce que le salarié fixe les conditions de travail, tandis que l’employeur dépend de la rémunération reçue
Parce qu’il doit vendre sa force de travail pour vivre, tandis que l’employeur possède les moyens de production
Parce que l’employeur doit accepter un emploi pour vivre, tandis que le salarié possède les moyens de production

Parce qu’il doit vendre sa force de travail pour vivre, tandis que l’employeur possède les moyens de production

Explication

Le salarié dépend de la vente de sa force de travail pour vivre, alors que l’employeur détient les moyens de production, ce qui rend leur liberté contractuelle inégale. L’idée que les deux parties disposent de ressources comparables ne correspond pas à cette asymétrie.

12. Dans la modernité libérale, quelle évolution concerne la conception du travail et de l’assistance ?

Le travail est considéré comme une activité secondaire, et l’assistance dépend principalement de l’appartenance locale
Le travail est reconnu comme un droit collectif, et l’assistance est accordée sans considération de la capacité à travailler
Le travail devient une obligation privée sans valeur économique, et l’assistance est étendue aux personnes jugées capables de travailler
Le travail devient une source de richesse et un devoir social, et l’assistance est limitée pour les personnes jugées capables de travailler

Le travail devient une source de richesse et un devoir social, et l’assistance est limitée pour les personnes jugées capables de travailler

Explication

Dans la modernité libérale, le travail est progressivement valorisé comme source de richesse et devoir social, tandis que l’assistance est restreinte pour les personnes considérées aptes à travailler. L’assistance fondée principalement sur l’appartenance locale ne décrit pas cette évolution.

13. Quel rôle le salariat acquiert-il progressivement avec l’industrialisation ?

Il devient un support d’intégration associant rémunération, droits, stabilité et identité sociale
Il devient un statut d’assistance dissocié de la rémunération et de l’identité sociale
Il devient une activité de subsistance sans droits, stabilité ni reconnaissance sociale
Il devient un mode de production qui réduit l’accès aux protections et aux liens sociaux

Il devient un support d’intégration associant rémunération, droits, stabilité et identité sociale

Explication

Avec l’industrialisation, le salariat donne progressivement accès à une rémunération, à des droits, à davantage de stabilité et à une identité sociale. Le réduire à une activité sans droits ni reconnaissance contredit son rôle d’intégration.

14. Sur quel principe l’assurance sociale fonde-t-elle la protection des travailleurs ?

Sur la charité et l’appartenance locale comme bases de l’aide
Sur des droits collectifs associés au travail et à la cotisation
Sur la décision individuelle de l’employeur et la durée de service
Sur l’assistance ponctuelle et l’évaluation des besoins par la communauté

Sur des droits collectifs associés au travail et à la cotisation

Explication

L’assurance sociale rattache la protection à des droits collectifs liés au travail et aux cotisations. Une aide reposant sur la charité ou l’appartenance locale relève plutôt d’une logique distincte de l’assurance sociale.

15. Quel phénomène remet en cause la stabilité de la société salariale à partir des années 1970 ?

La montée du chômage et des emplois précaires
La progression des protections et la généralisation des carrières continues
La baisse du chômage et la diffusion des emplois stables
L’extension des emplois garantis et le recul de la précarité

La montée du chômage et des emplois précaires

Explication

À partir des années 1970, l’augmentation du chômage et des emplois précaires fragilise la stabilité de la société salariale. La diffusion des emplois stables décrirait plutôt une consolidation de cette stabilité.

16. Quels phénomènes composent la nouvelle question sociale ?

La déstabilisation des stables, l’installation dans la précarité et le déficit de places reconnues
La déstabilisation des stables, le retour à l’emploi durable et la réduction des situations précaires
L’installation dans la précarité, l’extension des droits acquis et la disparition des places non reconnues
La stabilisation des emplois, l’accès généralisé à la sécurité et la multiplication des places reconnues

La déstabilisation des stables, l’installation dans la précarité et le déficit de places reconnues

Explication

La nouvelle question sociale réunit la fragilisation de personnes auparavant stables, l’installation dans la précarité et le manque de places socialement reconnues. Le retour généralisé à l’emploi durable ne fait pas partie de ces phénomènes.

17. Quelle distinction oppose les politiques d’intégration aux politiques d’insertion ?

L’intégration organise l’accès aux dispositifs existants, tandis que l’insertion renforce la cohésion de toute la société
L’intégration et l’insertion visent les mêmes publics, mais interviennent à des étapes différentes de leur parcours
L’intégration cible des publics particuliers, tandis que l’insertion vise la cohésion de toute la société
L’intégration vise la cohésion de toute la société, tandis que l’insertion cible des publics particuliers pour les rapprocher des dispositifs existants

L’intégration vise la cohésion de toute la société, tandis que l’insertion cible des publics particuliers pour les rapprocher des dispositifs existants

Explication

Les politiques d’intégration concernent la cohésion de l’ensemble de la société, tandis que les politiques d’insertion s’adressent à des publics particuliers et cherchent à les rapprocher des dispositifs existants. Inverser les publics visés confond les deux notions.

18. Quel critère Robert Castel croise-t-il pour distinguer quatre zones de la vie sociale ?

Le niveau de revenu et l’accès aux services publics
La situation familiale et le recours aux dispositifs d’aide
La place dans le travail et la solidité des relations sociales
Le niveau de formation et la mobilité résidentielle

La place dans le travail et la solidité des relations sociales

Explication

Castel distingue les zones d’intégration, de vulnérabilité, d’assistance et de désaffiliation en croisant la place occupée dans le travail avec la solidité des relations sociales. Le revenu et l’accès aux services peuvent compter dans les situations sociales, mais ne constituent pas les deux critères de ce modèle.

19. Comment faut-il comprendre la désaffiliation dans l’analyse de Castel ?

Comme une période de chômage compensée par des liens sociaux particulièrement solides
Comme une catégorie définitive réservée aux personnes sans emploi et sans entourage
Comme une rupture ponctuelle des relations sociales sans lien avec la situation professionnelle
Comme un processus d’éloignement durable de l’emploi et d’affaiblissement des relations sociales

Comme un processus d’éloignement durable de l’emploi et d’affaiblissement des relations sociales

Explication

La désaffiliation désigne un processus combinant l’éloignement durable de l’emploi et l’affaiblissement des supports relationnels. La traiter comme une catégorie définitive méconnaît le caractère évolutif de ce processus.

20. Quand l’individualisme relève-t-il de l’autonomie plutôt que de l’individualisme négatif ?

Lorsque la personne se détache des protections sociales pour décider de son parcours
Lorsque la personne est privée de travail, de droits et de liens collectifs
Lorsque la personne assume seule les obligations fixées par un contrat d’aide
Lorsque la personne dispose de ressources et de protections qui soutiennent son autonomie

Lorsque la personne dispose de ressources et de protections qui soutiennent son autonomie

Explication

L’autonomie peut s’exprimer lorsque l’individu dispose de ressources et de protections, tandis que l’individualisme négatif apparaît dans le manque de travail, de droits et de liens collectifs. L’absence de ces appuis ne renforce donc pas l’autonomie protégée.

21. Quel risque la contractualisation de l’aide peut-elle entraîner dans l’évaluation d’une personne accompagnée ?

Faire porter la responsabilité sur la personne et juger si elle mérite l’aide
Remplacer l’évaluation individuelle par une attribution automatique de droits
Déplacer l’analyse vers les obstacles économiques et sociaux qu’elle rencontre
Garantir l’accès à l’aide indépendamment des engagements pris dans le contrat

Faire porter la responsabilité sur la personne et juger si elle mérite l’aide

Explication

La contractualisation peut individualiser la responsabilité et conduire à distinguer les personnes jugées méritantes des autres, comme dans l’ancienne opposition entre « bon » et « mauvais » pauvre. L’analyse des contraintes économiques et sociales, à l’inverse, porte l’attention sur les obstacles structurels.

Révisez avec les flashcards

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Quels sont les deux aspects de la pauvreté ?

Un manque de ressources et une position sociale définie par la société.

Que peut produire la position sociale de pauvreté ?

Des droits et de la stigmatisation.

Que désigne la question sociale ?

Les problèmes d’intégration d’une partie de la population et les réponses collectives visant à préserver la cohésion sociale.

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