Déprivation relative (Stouffer, 1949) : Se sentir privé d’un objet ou d’un bien désiré en comparaison avec d’autres personnes. Elle résulte d’une perception d’injustice ou d’inégalité dans la distribution des ressources ou des conditions de vie par rapport à un standard attendu ou mérité.
Standard de vie mérité (Gurr, 1970) : La perception qu’un individu ou un groupe a de ce qu’il devrait recevoir ou atteindre en termes de conditions matérielles ou sociales, en fonction de ses efforts, de ses droits ou de ses attentes. La déprivation relative survient lorsque ce standard est perçu comme non atteint.
Comparaison sociale : Processus par lequel un individu évalue sa situation, ses ressources ou ses conditions en se comparant à d’autres. La déprivation relative émerge lorsque cette comparaison révèle un écart défavorable par rapport à autrui ou à ses attentes.
Agression : Comportement ou attitude hostile qui peut découler d’un sentiment de déprivation relative. La différence entre le standard de vie que l’on possède et celui que l’on estime mériter peut engendrer des réactions agressives.
La déprivation relative, selon Stouffer, est une perception subjective d’injustice ou d’inégalité, qui peut entraîner des comportements agressifs et alimenter le mécontentement social, en particulier lorsqu’elle est comparée à un standard de vie mérité.
Apprentissage social
Guimond (1982) : processus par lequel les individus acquièrent des comportements, attitudes ou normes à travers l'observation, l'imitation ou l'interaction avec leur environnement social, notamment durant la socialisation infantile.
Préjugés
Attitudes ou opinions négatives, souvent stéréotypées, à l’encontre d’un groupe ou d’un individu, qui peuvent se manifester par des comportements discriminatoires ou des biais cognitifs.
Socialisation infantile
Processus par lequel un enfant apprend et intériorise les normes, valeurs, comportements et attitudes de sa société ou de son groupe d’appartenance, influençant ainsi ses perceptions et ses préjugés.
Corrélation négative instruction-préjugés
Guimond (1982) : relation inverse observée entre le niveau d’instruction et l’expression de préjugés, signifiant que plus le niveau d’instruction est élevé, moins l’individu manifeste de préjugés. Cependant, cette relation peut être biaisée par l’effet de l’instruction elle-même, pouvant introduire un biais de distorsion sociale (cf. critique).
Personnalité autoritaire
Adorno (1950) : concept désignant un type de personnalité caractérisé par une soumission à l’autorité, une rigidité mentale, et une tendance à adopter des attitudes hostiles envers les groupes perçus comme déviants ou inférieurs.
Système de croyance
Rokeach (1948) : ensemble structuré de convictions, d’idées et de dogmes qui orientent la perception et le comportement d’un individu, souvent rigide et dogmatique, pouvant favoriser la discrimination.
Frustration-agression
Dollard et al. (1939) : modèle expliquant que la frustration, c’est-à-dire la perception d’un obstacle à la réalisation d’un but, peut conduire à une agressivité qui peut se manifester par des comportements discriminatoires ou hostiles.
Déprivation relative (Stouffer, 1959)
Se sentir privé d’un objet ou d’un standard de vie désiré en comparaison avec d’autres, ce qui peut engendrer de la frustration et de l’agression, et expliquer la discrimination par un lien direct avec le mécontentement social.
Les approches psycho-dynamiques mettent en avant que la discrimination résulte de processus psychologiques liés à la personnalité, aux croyances rigides et à la frustration, notamment celle issue de la déprivation relative.
Théorie des conflits réels (Sherif et al., 1961) : Perspective qui explique que les rapports intergroupes sont déterminés par des intérêts des groupes en présence, pouvant être compétitifs ou coopératifs, et que la discrimination résulte de conditions de combat pour la vie ou d’objectifs incompatibles ou antagonistes.
Conflit d’intérêt : Situation où les objectifs ou ressources d’un groupe entrent en opposition avec ceux d’un autre groupe, rendant leur réalisation mutuellement exclusive ou incompatible, ce qui génère des comportements hostiles ou discriminatoires.
Perception défavorable : Attitude ou jugement négatif développé par un groupe à l’égard d’un autre, souvent alimenté par la compétition, la déshumanisation ou la dévalorisation de l’exogroupe, et renforçant la hostilité intergroupe.
Buts incompatibles : Situation où les objectifs ou aspirations de deux groupes ne peuvent être atteints simultanément ou sont perçus comme tels, ce qui favorise la méfiance, la compétition et la discrimination entre ces groupes.
La théorie des conflits réels montre que la discrimination intergroupe émerge principalement de conflits d’intérêt et de buts incompatibles, mais peut être atténuée par la coopération sur des objectifs communs.
Conflit intergroupe : Situation où deux ou plusieurs groupes ont des intérêts ou objectifs incompatibles, ce qui entraîne des tensions, des comportements hostiles et une perception négative mutuelle (Sherif et al., 1961).
Expérience de la caverne aux voleurs : Étude menée par Sherif et al. (1961) avec 24 garçons de 11 à 12 ans répartis en deux groupes, visant à observer la formation, la compétition et la réduction du conflit intergroupe à travers différentes phases expérimentales.
Tensions et compétition : Phénomènes résultant de la confrontation d’intérêts divergents entre groupes, pouvant mener à des comportements hostiles, insultes, agressions, et à la perception de menace (Sherif et al., 1961).
Solidarité intra-groupe : Renforcement de la cohésion, de l’identification et de la solidarité au sein d’un groupe, surtout en contexte de conflit intergroupe, pour faire face à la menace ou à la compétition extérieure (Sherif et al., 1961).
Le conflit intergroupe, selon Sherif, naît de la compétition pour des ressources ou objectifs incompatibles, mais peut être atténué par la coopération sur des buts communs, notamment via des activités nécessitant l’effort conjoint des groupes.
La caverne aux voleurs (Sherif et al., 1961) : expérience expérimentale menée avec 24 garçons de 11 à 12 ans, répartis en deux groupes (les Rattlers et les Eagles), pour étudier les relations intergroupes à travers trois phases : formation, conflit, et réduction des tensions. Elle remet en cause les connaissances sur la nature des relations intergroupes en montrant comment la compétition et la coopération influencent la cohésion et l’hostilité.
Phases de formation des groupes : étapes où les groupes se structurent, développent des normes sociales, des rôles, et une identité endogroupe forte, par des activités interdépendantes et des buts communs, menant à une cohésion et solidarité accrues.
Normes sociales : règles implicites ou explicites qui se développent au sein d’un groupe, valorisées par ses membres, et qui régissent les comportements, comme la résistance chez les Rattlers ou la culture de groupe chez les Eagles. Elles sont apprises collectivement et indépendantes de la vérité.
Identification à l’endogroupe : processus par lequel un individu s’associe et se solidarise avec son groupe, renforçant le sentiment d’appartenance, la cohésion, et la distinction avec l’exogroupe, comme observé dans la stabilisation des rôles et la création d’un nom de groupe.
L’expérience de la caverne aux voleurs démontre que la compétition engendre hostilité intergroupe, mais que la coopération sur des objectifs communs peut réduire ces tensions et favoriser la solidarité, en modifiant la perception mutuelle.
Formation des groupes : Processus par lequel des individus se regroupent en un ensemble cohérent, souvent à travers des activités interdépendantes, partageant buts communs, structurant leurs rôles et développant une identité collective (exemples : phases de formation des groupes des Rattlers et des Eagles).
Interdépendance : Situation où les membres d’un groupe ou de groupes différents doivent coopérer ou agir conjointement pour atteindre leurs objectifs, favorisant la cohésion et la formation d’une norme sociale commune (exemple : activités nécessitant coordination mutuelle).
Normes et rôles : Règles sociales partagées et attentes assignées à chaque membre du groupe, qui régulent les comportements et renforcent la cohésion. La norme peut devenir une règle valorisée et apprise collectivement, tandis que le rôle définit la position ou la fonction spécifique de chaque individu dans le groupe (ex : leader, moniteur).
Décision de groupe : Processus par lequel un groupe confronte et synthétise les points de vue individuels pour parvenir à une décision commune. Elle dépend de la structure du groupe (formelle ou informelle, hiérarchisée ou non), des relations d’amitié, de solidarité, et peut conduire à des effets de normalisation ou de polarisation.
La formation des groupes repose sur l’interdépendance, la structuration des rôles et la mise en place de normes sociales, qui favorisent la cohésion, l’identité collective et la prise de décision commune, tout en pouvant générer des effets de normalisation ou de polarisation selon le contexte.
Décision de groupe : Processus par lequel un groupe confronte et synthétise les points de vue individuels pour aboutir à une décision collective. La décision peut être influencée par la structure, les relations interpersonnelles, et le degré d’implication des membres (voir aussi "normalisation" et "effet de groupe").
Polarisation : Tendance des opinions ou décisions d’un groupe à devenir plus extrêmes ou plus homogènes après une discussion ou une délibération collective. La polarisation résulte de l’interaction et de la normalisation des comportements au sein du groupe (voir aussi "normalisation" et "effet de groupe").
Normalisation : Mécanisme par lequel les membres d’un groupe adoptent des comportements, attitudes ou opinions conformes aux normes sociales du groupe, souvent pour maintenir la cohésion et l’harmonie. La normalisation peut renforcer la polarisation en consolidant des positions extrêmes ou homogènes.
Effet de groupe : Influence que les interactions et la dynamique collective exercent sur les comportements, décisions ou opinions des membres. Cet effet peut conduire à une homogénéisation, une intensification ou une modification des positions initiales, notamment par la normalisation ou la polarisation.
La décision de groupe est souvent le résultat d’un processus interactif où la normalisation et l’effet de groupe favorisent la polarisation, conduisant à des choix plus extrêmes ou homogènes que ceux des individus isolés.
Conflit intergroupe : Situation où deux ou plusieurs groupes ont des intérêts ou objectifs incompatibles, menant à des comportements hostiles, de déshumanisation ou d’agressivité, souvent renforcés par la perception d’une menace ou d’un intérêt en compétition (voir théorie des conflits réels).
Compétition intergroupe : Situation où des groupes rivalisent pour des ressources ou des objectifs limités, ce qui peut générer des tensions, des insultes, des agressions, et renforcer la perception de menace ou de différence (voir expérience de Sherif).
Insultes et agressions : Comportements négatifs, verbaux ou physiques, manifestant une hostilité entre groupes, souvent en réponse à la compétition ou au conflit perçu, visant à dévaloriser ou à affirmer la supériorité de l’endogroupe.
Perception de menace : Sentiment que l’autre groupe représente un danger pour les intérêts, la sécurité ou l’identité de l’endogroupe, pouvant intensifier la compétition, la discrimination et la violence.
Choix préférentiels : Tendance à favoriser son propre groupe dans la répartition des ressources ou dans la prise de décision, ce qui peut alimenter la discrimination, renforcer la cohésion intra-groupe et accentuer la distance avec l’exogroupe.
Réduction des tensions par coopération : Processus visant à diminuer les conflits intergroupes en encourageant la collaboration entre groupes, notamment par la réalisation d’objectifs communs nécessitant une action concertée (Sherif et al., 1961). Elle repose sur l’introduction de buts supra-ordonnés, qui dépassent les intérêts individuels ou groupaux, afin d’atténuer l’hostilité et favoriser la camaraderie.
Buts supra-ordonnés : Objectifs communs à plusieurs groupes, qui ne peuvent être atteints que par une coopération mutuelle. Leur mise en place permet de réduire la perception de menace ou de compétition, en orientant les efforts vers une réalisation collective (Sherif et al., 1961).
Activités communes : Actions ou tâches partagées par plusieurs groupes, conçues pour renforcer la coopération et l’interdépendance. Ces activités, même agréables, ne suffisent pas toujours à réduire les tensions si elles ne s’accompagnent pas de buts supra-ordonnés (Sherif et al., 1961).
Atténuation du conflit : Diminution de l’hostilité, des comportements négatifs, et des stéréotypes entre groupes, par la mise en place de conditions favorisant la coopération et la réalisation d’objectifs communs (Sherif et al., 1961).
La coopération basée sur des buts supra-ordonnés est une stratégie efficace pour atténuer les conflits intergroupes, en orientant les efforts vers des objectifs communs nécessitant l’action concertée des groupes.
Les critiques soulignent que la configuration expérimentale, la nécessité de la compétition et l’efficacité de la coopération sont souvent surestimées dans l’approche intergroupe, qui doit être complétée par d’autres perspectives pour mieux comprendre la discrimination et la résolution des conflits.
| Thème | Notions clés | Approche ou théorie | Auteur | Objectifs principaux |
|---|---|---|---|---|
| Déprivation relative | Sentiment d'injustice perçu par comparaison sociale | Déprivation subjective, lien avec agressivité | Stouffer (1949) | Expliquer le mécontentement social et la violence |
| Apprentissage social | Acquisition de comportements via observation et imitation | Socialisation infantile, stéréotypes, préjugés | Guimond (1982) | Comprendre la formation des préjugés et leur lien avec l'instruction |
| Approches psycho-dynamiques | Discrimination liée à la personnalité, croyances, frustration | Personnalité autoritaire, déprivation, frustration-agression | Adorno (1950), Rokeach (1948), Dollard et al. (1939) | Expliquer la discrimination par des processus psychologiques profonds |
| Théorie des conflits réels | Conflit d’intérêts, compétition, objectifs incompatibles | Conflit intergroupe, déshumanisation, coopération | Sherif (1961) | Montrer comment la compétition mène à la discrimination |
| Conflit intergroupe Sherif | Hostilité liée à la compétition pour ressources | Conflit, déshumanisation, buts incompatibles | Sherif | Illustrer la formation de conflits intergroupes et leur résolution par coopération |
Teste tes connaissances sur Les dynamiques intergroupes et conflits avec 11 questions à choix multiples et corrections détaillées.
1. En quelle année Samuel Stouffer a-t-il publié sa théorie sur la déprivation relative ?
2. Selon la théorie des conflits réels de Sherif, quel est l’effet de la mise en place de buts supra-ordonnés sur la relation entre groupes en conflit ?
Mémorisez les concepts clés de Les dynamiques intergroupes et conflits avec 22 flashcards interactives.
Déprivation relative — définition ?
Sentiment d’injustice perçu par comparaison sociale.
Standard de vie mérité — rôle ?
Perception de ce qu’on devrait recevoir ou atteindre.
Comparaison sociale — mécanisme ?
Évaluation de sa situation par rapport à autrui.
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