★ À maîtriser
En 1946, l’OMS définit la santé comme un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en l’absence de maladies ou d’infirmité. - Organisation Mondiale pour la Santé (OMS)
En 1943, dans Le Normal et le Pathologique, Georges Canguilhem affirme qu’en matière de normes biologiques, il faut toujours se référer à l’individu.
Compléments
En 1936, le chirurgien R. Leriche définit la santé comme « la vie dans le silence des organes », une approche centrée sur la santé physique.
En 1801, Xavier Bichat distingue l’état de santé, objet de la physiologie, de l’état de maladie, objet de la pathologie.
En 1878, Claude Bernard estime que les limites entre santé et maladie, comme entre état normal et état anormal, sont difficiles à établir et que ces termes sont arbitraires.
Leriche — silence des organes ; OMS — bien-être physique, mental et social
★ À maîtriser
L’approche contemporaine tient compte des facteurs socio-environnementaux : une maladie peut avoir plusieurs causes et une même cause peut engendrer différentes maladies.
L’exposition à un facteur de risque n’implique pas nécessairement de développer la maladie : on peut avoir un cancer du poumon sans fumer et fumer sans avoir de cancer du poumon.
Compléments
Claude Bernard considère au XIXe siècle qu’une maladie a une cause réelle constante, déterminée et unique, conception appelée déterminisme biologique.
L’épidémiologie clinique utilise le raisonnement probabiliste et des analyses statistiques pour évaluer si un facteur augmente ou diminue le risque de maladie.
Les maladies infectieuses comme la peste et le choléra ont longtemps provoqué des épidémies rapides pouvant toucher une grande partie de la population.
La tuberculose est présentée comme une maladie infectieuse de longue durée qui transforme le mode de vie, notamment par le recours aux sanatoriums, tout en laissant un espoir de guérison.
Dans le cas du SIDA, une personne séropositive n’est pas nécessairement malade, mais elle est à risque de le devenir et les conséquences sociales contribuent à penser la maladie dans la durée.
Facteurs socio-environnementaux multiples → risques de maladie variables
★ À maîtriser
En France, l’espérance de vie à la naissance était d’environ 35 ans en 1800, 45 ans en 1900 et 80 ans en 2000.
En France, en 2019, l’espérance de vie à la naissance était de 85,6 ans pour les femmes et leur espérance de vie à 20 ans était de 66,1 années supplémentaires, soit un âge moyen projeté de 86,1 ans. - INSEE
Entre 1750 et 1800, l’amélioration de l’espérance de vie en France est principalement liée à l’amélioration des conditions de vie.
Entre 1800 et 1920, le recul des maladies infectieuses grâce à l’hygiène contribue à l’augmentation de l’espérance de vie en France.
Les progrès thérapeutiques comprennent l’arrivée de : l’insuline, utilisée contre le diabète, la pénicilline, premier antibiotique, la cortisone, premier corticoïde utilisé dans de nombreuses maladies
En un siècle, l’espérance de vie est passée de 50 ans à plus de 80 ans grâce aux progrès médicaux.
Compléments
En France, l’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 25 ans au milieu du XVIIIe siècle à plus de 80 ans au début du XXIe siècle.
L’espérance de vie est une prédiction calculée à partir des données de mortalité observées pour chaque tranche d’âge pendant l’année considérée.
Les guerres et les épidémies, dont le coronavirus, influencent le calcul de l’espérance de vie ; le cours indique que celle des personnes nées en 2020 a diminué d’un an à cause du COVID, bien que la majorité des décès concernait des personnes âgées.
En 1846, la préconisation du lavage des mains contribue à la baisse de la mortalité infantile et à l’allongement de l’espérance de vie, davantage que la vaccination.
📌 L’asepsie empêche l’introduction et le développement des germes, notamment par la stérilisation et la désinfection du matériel, tandis que l’antisepsie détruit les germes sur les tissus vivants, notamment par la désinfection de la peau et des plaies.
Les mesures d’hygiène sont présentées comme ayant permis de gagner près de 15 ans d’espérance de vie.
Les progrès techniques en cardiologie comprennent le pacemaker, la transplantation cardiaque, puis le premier cœur artificiel dans les années 1980.
Les outils diagnostiques cités sont :
Conditions de vie → hygiène → traitements médicaux
★ À maîtriser
La carte présentée associe les pays les plus verts à une espérance de vie plus élevée, les pays jaunes à une espérance de vie de 65 à 75 ans et les pays rouges d’Afrique à une espérance de vie inférieure à 55 ans.
Les besoins essentiels, notamment l’accès à l’eau et à l’alimentation, influencent l’espérance de vie sans dépendre de la médecine.
L’espérance de vie tend à augmenter avec le revenu moyen d’un pays, avec une hausse particulièrement marquée pour de petites augmentations de revenu dans la partie gauche de la courbe, notamment en Afrique.
Au-delà d’un certain niveau, la hausse du PIB ne s’accompagne plus d’une hausse de l’espérance de vie, et certains pays au PIB très élevé ont une espérance de vie inférieure à celle de pays dont le PIB est un peu plus faible.
Compléments
La France présente une espérance de vie supérieure à 75 ans sur la carte présentée.
La lutte contre les inégalités de revenus peut améliorer l’espérance de vie jusqu’à un certain point.
Une partie de l’amélioration de l’espérance de vie provient du développement du pays plutôt que de la médecine.
Hausse du revenu → hausse de l’espérance de vie, puis plafonnement
★ À maîtriser
La baisse des cancers du poumon chez les hommes est liée notamment au recul de leur consommation de tabac, tandis que celle-ci augmente chez les femmes.
En France en 2015, chez les adultes de plus de 30 ans, la consommation de tabac était attribuable à environ 70 000 nouveaux cas annuels de cancer, principalement par tabagisme actif et dans une faible part par tabagisme passif.
Compléments
La mortalité infantile est un indicateur du développement d’un pays.
La diminution des cancers du poumon est attribuée en partie à des mesures politiques, comme l’augmentation du prix du tabac et l’interdiction de fumer dans les lieux publics, ainsi qu’à l’accompagnement médical au sevrage.
En France, près de 30 000 cas de cancer chaque année sont imputables à l’alcool.
L’alimentation, l’obésité et certains agents infectieux contribuent également au nombre de cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement, et certains agents infectieux concernés disposent d’un vaccin, comme l’hépatite B et le papillomavirus.
Les professionnels de santé contribuent à la prévention en aidant la population à éviter l’apparition de certaines maladies, au-delà de leur rôle de traitement.
★ À maîtriser
Le risque d’incidence du cancer du poumon est augmenté chez les personnes les plus défavorisées, notamment en lien avec l’exposition au tabac ou à l’amiante au domicile ou dans l’activité professionnelle.
L’incidence du cancer de la prostate est augmentée chez les hommes les plus aisés, notamment parce que le dosage du PSA peut détecter des cancers avant l’apparition de symptômes.
Le dépistage par PSA peut créer une sur-incidence du cancer de la prostate en révélant des cancers qui ne seraient peut-être jamais découverts durant la vie des personnes.
Compléments
Certains cancers de la prostate détectés par dépistage sont évolutifs et ont un impact sur la vie des sujets, mais d’autres ne le sont pas.
Le dépistage du cancer du côlon entraîne peu de sur-incidence, contrairement à celui du cancer de la prostate.
La crainte du diagnostic, le manque de confiance envers sa capacité à affronter la maladie ou envers les soins médicaux peuvent retarder la consultation.
L’accès à la consultation peut être limité par : l’absence de médecin traitant, la difficulté à trouver un médecin qui accepte de nouveaux patients, le manque de véhicule, la nécessité de faire garder les enfants
Les inégalités cumulées au fil de la prise en charge conduisent à une survie moins bonne chez les personnes les plus défavorisées.
Les médecins doivent être attentifs aux inégalités sociales de santé et aux pertes de chances injustes.
Obstacles à chaque étape → survie diminuée
★ À maîtriser
📌 En France, chacun cotise à la couverture collective des risques liés à la maladie en fonction de ses moyens et en bénéficie en fonction de ses besoins.
Compléments
La Constitution de l’OMS affirme que la possession du meilleur état de santé qu’une personne est capable d’atteindre constitue l’un de ses droits fondamentaux.
Le Préambule de la Constitution française de 1946 prévoit que la Nation garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieillards travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs.
En 2000, l’OMS estimait que le système de santé français était le meilleur au monde, mais la France présentait une mortalité évitable élevée et accordait un faible poids à la prévention.
Les cancers faisant l’objet d’un dépistage organisé sont :
La réalisation régulière d’un frottis du col de l’utérus entre 25 et 65 ans permet de détecter des lésions précancéreuses et des cancers localisés encore curables avant qu’ils ne deviennent symptomatiques.
L’évolution de l’incidence et de la mortalité du cancer du col de l’utérus est en grande partie expliquée par l’amélioration des conditions d’hygiène pour les femmes les plus âgées, puis par le développement des frottis depuis les années 1960 et l’amélioration de la prise en charge thérapeutique.
Plus de 95 % des cancers du col de l’utérus sont liés à une infection par le virus HPV, qui est également responsable d’autres affections cancéreuses ou non.
Le vaccin contre le HPV, initialement recommandé chez les jeunes filles et désormais étendu aux jeunes garçons, constitue une prévention primaire susceptible de réduire les cas de cancer de l’utérus et le fardeau de la maladie.
Primaire : éviter ; secondaire : détecter ; tertiaire : limiter les conséquences
★ À maîtriser
📌 Les soins curatifs visent à traiter la maladie, tandis que les soins palliatifs visent à soulager la douleur, apaiser la souffrance psychique, sauvegarder la dignité de la personne malade et soutenir son entourage.
📌 Les établissements de santé comprennent les établissements hospitaliers et les établissements médico-sociaux.
Les principaux types d’établissements hospitaliers sont : les établissements de court séjour MCO (médecine, chirurgie, obstétrique), l’hospitalisation à domicile (HAD), les soins de suite et de réadaptation (SSR), les unités de soins de longue durée (USLD)
Les EHPAD, également appelés maisons de retraite, accueillent des personnes de plus de 60 ans ayant besoin de soins et d’aide quotidienne pour les activités de la vie courante.
Le court séjour représente la moitié des lits hospitaliers, les SSR un quart, et la psychiatrie hospitalière compte relativement peu de lits.
Après une forte croissance du nombre de lits sous le financement au prix de journée, la tarification à l’activité a entraîné une réduction importante des lits, des séjours plus courts et un transfert vers l’activité ambulatoire.
Compléments
Les soins palliatifs sont particulièrement importants en phase terminale et en fin de vie, mais ne se limitent pas à cette période de la maladie.
Les soins palliatifs peuvent être réalisés à l’hôpital ou au domicile des patients.
Les établissements de court séjour MCO sont destinés aux soins aigus.
Les SSR sont des soins de moyen séjour qui font suite à une décompensation de pathologie aiguë ou à un accident.
Les USLD accueillent des personnes âgées qui ne peuvent plus rester à domicile et nécessitent des soins médicaux constants dans un cadre hospitalier.
La France compte environ plus de 3 000 établissements hospitaliers, plus de 400 000 lits d’hospitalisation complète et plus de 70 000 places d’hospitalisation partielle.
Les lits de court séjour comprennent des lits de médecine, de chirurgie et de soins critiques, dont les lits de réanimation.
L’hospitalisation expose notamment aux infections nosocomiales, acquises au cours du séjour, et à des risques de dépendance chez les personnes âgées.
Le nombre de lits hospitaliers fait débat en France, débat renforcé par l’épidémie de coronavirus, et le Ségur de la santé a prévu une révision des capacités d’hospitalisation.
La tarification à l’activité réduit les lits et favorise l’ambulatoire.
★ À maîtriser
Le cloisonnement entre la ville et l’hôpital ainsi qu’entre les systèmes sanitaire et médico-social peut nuire à la prise en charge, particulièrement pour les pathologies chroniques et les situations où les besoins sociaux et sanitaires sont liés.
Le médecin traitant coordonne la prise en charge en contrôlant l’accès aux spécialistes et en centralisant les éléments relatifs au patient.
Les réseaux de santé coordonnent des professionnels, en réseaux ville-hôpital ou pluriprofessionnels, afin de décloisonner les soins, fluidifier le parcours et améliorer la prise en charge ; ils peuvent être spécialisés par pathologie ou par public.
Compléments
📌 Le dispositif du médecin traitant n’est pas obligatoire, mais le patient qui n’y souscrit pas bénéficie d’une prise en charge financière moindre par l’assurance maladie.
★ À maîtriser
La régulation du système de santé cherche à faire converger l’offre, le besoin et la demande, à lutter contre les inégalités sociales et territoriales de santé et à respecter les contraintes budgétaires collectives.
Le financement du système de santé repose essentiellement sur les cotisations sociales payées par les salariés et les employeurs, ces dernières étant appelées charges sociales pour les employeurs.
📌 Pour maintenir l’équilibre financier du système, les dépenses doivent être équilibrées par les recettes ; si les dépenses augmentent, les recettes doivent augmenter en regard.
Jusqu’au début du XXe siècle, le modèle biomédical définit la santé par l’absence de maladie et la normalité des capacités physiques et physiologiques.
Les facteurs intrinsèques sont liés à l’individu, tandis que les facteurs extrinsèques sont liés à son environnement.
Les maladies monogéniques à transmission mendélienne dépendent d’un seul gène et concernent quelques maladies rares, tandis que la plupart des maladies à déterminisme génétique sont polygéniques.
Dans une transmission dominante, la présence d’un seul allèle suffit à l’expression de la maladie, tandis qu’une transmission récessive nécessite deux allèles anormaux.
Dans une maladie polygénique, la survenue dépend de plusieurs gènes et un même gène peut être impliqué dans plusieurs maladies.
Compléments
Lorsque les dépenses dépassent les recettes, le système connaît un déficit qui peut entraîner un endettement cumulatif reporté sur les générations futures.
Le financement doit permettre un système de santé efficace, performant et équitable, offrant une qualité de prise en charge comparable aux publics tout en maintenant des dépenses soutenables pour l’économie du pays.
En 1937, Leriche définit la santé comme « le silence des organes ».
Les déterminants de la santé comprennent : le patrimoine génétique, l’âge, le sexe, le comportement, le système de santé, les environnements physique, social et économique
Le syndrome de Marfan et la chorée de Huntington sont des exemples de maladies à transmission dominante.
Du biomédical au psychosomatique, puis au socio-écologique : corps, esprit, environnement.
★ À maîtriser
L’étude de migrants japonais installés en Californie et de leurs enfants montre que leurs incidences de cancers évoluent vers les taux californiens, ce qui indique que les facteurs environnementaux prennent le pas sur les facteurs génétiques.
Les incidences des cancers chez les migrants japonais installés en Californie et leurs descendants évoluent vers les taux californiens, ce qui montre la prédominance des facteurs environnementaux sur les facteurs génétiques.
La maladie peut survenir lorsque des gènes sont inadaptés à l’environnement ordinaire, lorsque l’exposition à des facteurs environnementaux dépasse les capacités adaptatives du patrimoine génétique, ou lorsque l’exposition à un environnement donné se combine à une prédisposition génétique.
Certaines modifications du patrimoine génétique qui surviennent au cours de la vie sont réversibles et peuvent être transmises à la génération suivante.
Compléments
L’incidence du cancer colorectal varie fortement selon les pays, avec les incidences les plus élevées en Amérique du Nord et en Europe.
Les taux de cancer de l’estomac sont plus élevés au Japon, tandis que les taux de cancers colorectaux sont plus élevés en Californie.
Selon certains auteurs, les facteurs génétiques interviennent pour environ 10 % dans l’apparition des maladies.
Des éléments non codants du matériel génétique dépendent de facteurs environnementaux physiques, chimiques ou psychiques, auxquels ils peuvent ainsi garder une trace.
Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes dans tous les pays d’Europe, avec près de deux ans d’écart d’espérance de vie à la naissance.
Les différences d’espérance de vie entre les sexes s’expliquent surtout par des différences de comportement, notamment les expositions professionnelles, les accidents de la route, l’alcool, le tabac et l’alimentation, davantage associés aux hommes.
Le changement d’environnement des migrants entraîne une évolution des incidences vers celles de la population d’accueil.
★ À maîtriser
L’environnement subi est responsable de plus de 13 millions de décès par an dans le monde.
En France, l’impact de la pollution de l’air sur la survenue des cancers est inférieur à 1 %, tandis que les facteurs comportementaux constituent des déterminants plus importants.
Le tabac est la cause la plus importante de maladie et de décès évitables, avec 3,5 millions de décès par an dans le monde.
Compléments
Plus de 2 milliards de personnes, soit 30 % de la population mondiale, n’ont pas accès à des services domestiques d’alimentation en eau potable, et 4,5 milliards ne bénéficient pas d’un service d’assainissement.
Les effets sanitaires majeurs attendus comprennent : les maladies et décès liés aux températures, les maladies et décès liés aux incidents violents, les maladies et décès liés à la pollution de l’air, les maladies d’origine hydrique et alimentaire, les maladies transmises par des vecteurs, les maladies mentales, les maladies transmises lors des flux migratoires
Les principaux facteurs comportementaux associés à la survenue des cancers sont :
En France, un décès sur neuf est attribuable au tabac, soit un sur cinq chez les hommes et un sur trente-cinq chez les femmes.
La durée de consommation du tabac est un facteur plus important que la dose quotidienne, mais l’arrêt reste bénéfique quelle que soit son ancienneté.
Les hommes sont deux fois plus nombreux que les femmes à consommer de l’alcool plusieurs fois par semaine (21,7 % contre 11,8 %) et trois fois plus nombreux à en consommer régulièrement (20,3 % contre 7,3 %).
La période de 15 à 25 ans est la plus propice à l’émergence de dépendances.
Dans le modèle de Dahlgren-Whitehead, le système de santé et le système de soins constituent le déterminant le plus distal de la santé.
Selon l’OMS, la possession du meilleur état de santé qu’un être humain est capable d’atteindre constitue l’un de ses droits fondamentaux.
Santé : promouvoir ou entretenir ; soins : intervenir en prévention, en traitement ou en palliatif
★ À maîtriser
📌 Le système de soins français est très hospitalo-centré, contrairement au système allemand où la place des médecins de ville est très importante.
📌 La liberté d’installation des professionnels de santé contribue aux inégalités sociales et territoriales d’accès aux soins.
Compléments
📌 Le système de santé français est davantage organisé autour des soins que ceux des pays du sud de l’Europe ou des pays scandinaves.
Les professionnels de santé exercent des missions de santé publique, notamment la prévention, le dépistage et les soins requis par les Agences Régionales de Santé en situation d’urgence sanitaire.
Les professionnels de santé disposent d’une liberté de prescription et le patient choisit son médecin.
En France, les déserts médicaux sont directement corrélés à la densité de médecins.
📌 Le dépistage est indiqué pour les maladies pour lesquelles un avantage à une prise en charge plus précoce est établi ; il n’est pas une fin en soi.
Primaire avant la maladie, secondaire au dépistage, tertiaire après le diagnostic.
★ À maîtriser
Le financement du système de soins s’appuie sur l’appréciation de :
En France, la consommation de boissons alcoolisées est responsable de plus d’un quart des cancers chez l’homme.
L’influence de l’environnement socio-économique sur la mortalité par cancer s’explique en partie par des comportements socialement déterminés.
Compléments
📌 Les besoins, les demandes et l’offre sont appréciés différemment selon les pays d’Europe et du monde.
📌 La part des pathologies dues à l’alcool diffère entre les hommes et les femmes.
L’excès d’alcool peut être responsable de pathologies cardiovasculaires.
L’influence de l’environnement socio-économique sur la mortalité par cancer s’explique en partie par les expositions professionnelles.
L’influence de l’environnement socio-économique sur la mortalité par cancer s’explique en partie par l’accessibilité au dépistage.
📌 L’influence socio-économique sur la mortalité par cancer n’est pas indépendante du gradient social du risque de cancer ni du gradient social de survie chez les hommes atteints de cancer.
L’insalubrité de l’eau est le déterminant de santé de l’environnement subi le plus important dans le monde.
Le pourcentage de la population mondiale ayant accès à des sources d’eau de boisson saines n’a pas diminué au cours des 20 dernières années.
Les taux mondiaux de dénutrition n’ont pas augmenté au cours des 20 dernières années.
L’environnement subi n’est pas responsable de la plus grande partie de l’augmentation des cas de cancer en France au cours des 20 dernières années.
★ À maîtriser
Le tabac est la cause la plus importante de maladies et de décès évitables.
En psychiatrie et en gériatrie, certains soins peuvent être réalisés malgré le refus de soins ou l’absence de consentement de la personne.
📌 En psychiatrie, lorsque la pathologie coupe le contact avec le réel et entraîne une grande violence, certains soins peuvent être décidés sans consentement, parfois sous contrainte.
📌 La décision de contraindre aux soins met en tension le respect de l’autonomie et la bienfaisance envers les personnes vulnérables, avec le risque de basculer de la bienfaisance à la malfaisance.
📌 L’autonomie doit être respectée dans un cadre défini par des règles, et ses limites doivent être décidées collectivement.
Compléments
📌 Dans le monde, le tabac n’est pas la première cause de cancers.
Le tabac a un lien causal avec les cancers suivants :
En France, le tabac est responsable de plus d’un tiers des cancers chez la femme.
La perte d’autonomie peut être totale ou partielle.
En psychiatrie et en gériatrie, certaines hospitalisations peuvent être réalisées à la demande d’un tiers ou sous contrainte.
La réflexion sur les limites de la contrainte et de la décence du soin nécessite de construire une éthique de la décision.
La réduction embryonnaire réduit le risque de prématurité sévère, mais aucun argument médical fort suffisamment significatif, fœtal ou maternel, ne tranche le débat sur le nombre d’embryons à conserver.
L’équipe médicale est libre d’accéder ou non à la demande de réduction embryonnaire du couple, et les équipes qui la pratiquent doivent assumer la part subjective de ce choix, liée aux convictions morales, à la position éthique et à l’histoire de vie de chacun.
Autonomie du patient ↔ bienfaisance envers les plus faibles
★ À maîtriser
📌 Le dépistage organisé invite à respecter les critères nationaux, tandis que les mammographies réalisées hors critères peuvent être trop précoces ou trop fréquentes.
📌 Le code de Nuremberg exige que les recherches sur l’être humain soient soumises à des contrôles préalables et que le consentement volontaire du participant soit obtenu après une information exacte sur l’expérience, ses méthodes, ses moyens, ses dangers et ses risques.
Compléments
Les mammographies hors critères pèsent sur le budget de l’assurance maladie et peuvent nuire à la santé par la sur-irradiation.
Le débat sur le caractère obligatoire du dépistage oppose l’objectif de santé publique au respect du refus individuel d’un geste sur son corps.
Les questions éthiques de santé publique, notamment celles portant sur le dépistage et le remboursement des pratiques hors critères, nécessitent un débat collectif.
Le code de Nuremberg garantit au participant la liberté d’interrompre l’expérience s’il estime avoir atteint son seuil de résistance mentale ou physique.
Même lorsqu’un participant souhaite arrêter une recherche en cours, sa protection doit se poursuivre jusqu’à la fin de la recherche.
★ À maîtriser
L’étude de Tuskegee, menée dans le sud des États-Unis de 1932 à 1972, a suivi plus de 400 hommes atteints de syphilis latente à des fins d’observation plutôt que de traitement.
L’étude de Tuskegee a privé de traitement des hommes atteints de syphilis latente, y compris après la découverte des antibiotiques dans les années 1940.
Le rapport Belmont énonce trois principes fondamentaux de la recherche sur des êtres humains :
Compléments
L’étude de Tuskegee illustre la porosité entre recherche et soin et le fait que l’abandon de la réflexion éthique touche d’abord les populations vulnérables.
Les participants à l’étude de Tuskegee étaient des Afro-Américains économiquement défavorisés du sud des États-Unis.
Les principes du rapport Belmont sont également applicables à la démarche de soin.
★ À maîtriser
Pour Hans Jonas, la capacité de l’Homme à se détruire et à se transformer lui impose de nouvelles obligations envers les générations futures et la prise en compte du très long terme.
Selon Hans Jonas et Emmanuel Levinas, la fragilité d’autrui fonde la moralité et le devoir de protéger les plus fragiles.
Compléments
📌 Il est interdit d’exposer un groupe à un risque au seul bénéfice d’un autre groupe ou d’utiliser des groupes vulnérables, comme les mineurs, les démunis ou les prisonniers, pour le bénéfice exclusif de groupes privilégiés.
L’éthique de la responsabilité demande de reconnaître son ignorance, de critiquer les erreurs et d’évaluer les risques afin d’améliorer les pratiques et la société.
La vulnérabilité peut survenir à tout moment de la vie et fait partie de l’existence humaine.
La capacité de détruire impose d’anticiper les risques pour les générations futures.
★ À maîtriser
📌 Dans l’approche hétéronomique, des éléments extérieurs à l’individu, comme la nature ou Dieu, définissent le bien et la norme, tandis que l’approche autonomique situe en l’Homme la capacité de fabriquer ses propres lois.
L’approche autonomique est déontologique, antinaturaliste et place les choix de la personne, notamment le choix éclairé, au centre des décisions.
La dimension ontique de persona rappelle qu’une personne est à la fois un être singulier et un représentant du collectif.
Selon Cicéron, la personne possède une dimension relationnelle, une dimension sociale et une dimension juridique, car elle est porteuse de droits et de revendications.
Chez Kant, l’autonomie constitue l’attribut essentiel de la personne morale, fonde sa dignité et la rend capable de se donner sa propre loi et d’en faire son devoir.
📌 Paul Ricoeur distingue la mêmeté, qui désigne les caractères d’une substance que le temps laisse perdurer, et l’ipséité, qui désigne l’évolution et la variabilité de la personne.
Compléments
L’approche hétéronomique associe la nature à une orientation conséquentialiste et Dieu à une démarche téléologique dirigée vers le bien.
L’approche autonomique est associée à l’universalité de la pensée chez Descartes, à l’échappée aux lois divines et naturelles chez Kant, au contrat social chez Rousseau et à la Raison dans l’histoire chez Hegel.
L’approche autonomique remet en cause le fait naturel et accepte que la médecine transgresse des règles historiques, notamment en matière de reproduction et de fin de vie.
Dans le vocabulaire grec, : anthropos désigne l’Homme en général, soma désigne l’individu animé et parfois doté d’une individualité juridique, prosôpon désigne le visage humain ou l’autre comme entité consciente, libre et digne de respect
Chez Descartes, le sujet pensant découvre son existence au terme du doute méthodique et exerce son libre arbitre dans l’action.
Pour Paul Ricoeur, la personne se comprend dans la continuité d’une vie qui se déroule de la naissance à la mort.
La mêmeté perdure dans le temps ; l’ipséité évolue.
★ À maîtriser
📌 Max Weber distingue l’éthique de conviction, qui exprime une maxime personnelle ou collective, de l’éthique de responsabilité, qui exige d’analyser et de critiquer une règle ou une décision lorsqu’elle ne convient pas à tous.
📌 L’éthique de la discussion demande de prendre en compte les intérêts des personnes susceptibles d’être affectées par la situation, notamment le malade ou sa famille.
📌 La discussion éthique est intersubjective et ne se réduit pas au cheminement intérieur, monologique, d’un individu ou d’un courant de pensée.
Compléments
📌 Dans la relation de soin, il faut se rapprocher de la conviction du patient plutôt que de celle du soignant.
Van Rensselaer Potter, cancérologue, a fondé le terme « bioéthique », où « bio » désigne la science des systèmes vivants et « éthique » la conscience morale.
Pour Van Rensselaer Potter, le mouvement bioéthique vise à établir un lien réflexif entre science et norme collective afin d’aider à la prise de décision.
Les acteurs doivent accepter que la discussion se déroule publiquement, dans la transparence et avec une communication accessible à tous.
L’éthique de la discussion implique d’accepter que la décision, ou la moins mauvaise décision, résulte de la discussion publique.
Lorsque les acteurs ne peuvent s’entendre sur les valeurs morales, ils peuvent s’accorder sur les règles de la discussion.
La négociation éthique suppose la bonne volonté, le respect du pluralisme, de l’autonomie et de la liberté d’autrui, ainsi que la reconnaissance de chaque individu comme agent moral.
La discussion peut s’ouvrir à un tiers extérieur non impliqué dans le service, comme un expert ou un témoin d’autres valeurs, par exemple un représentant d’un culte.
La conviction exprime une maxime ; la responsabilité en examine les conséquences pour autrui.
★ À maîtriser
Le principisme repose sur quatre principes :
Les quatre principes visent à exprimer les valeurs du bien et du juste et à fournir une base consensuelle pour éclairer les discussions sur les situations cliniques.
📌 Le principisme n’est pas un dogme ni une approche subordonnée à l’application automatique des principes : c’est une démarche guidée par leur discussion et ils servent de références aux professionnels.
Compléments
Le livre Principles of Biomedical Ethics de T. Beauchamp et J. Childress, publié en 1979, est devenu la base de départ du principisme.
Tom Beauchamp et James Childress, membres de l’Institut Kennedy, ont proposé l’éthique par principe.
Les principes du principisme renvoient à la philosophie politique, notamment au libéralisme, et à la tradition hippocratique.
Un professionnel peut engager un soin qui contrevient au principe d’autonomie lorsque celle-ci est perdue chez le patient, tout en estimant respecter la bienfaisance, les valeurs de la médecine ou les normes médicales.
ABNJ : autonomie, bienfaisance, non-malfaisance, justice.
★ À maîtriser
📌 Le consensus est un accord général auquel tous les membres adhèrent, tandis que le compromis permet de décider sans obtenir l’accord de tous.
Compléments
📌 La délibération doit être honnête, équitable, fondée sur une bonne connaissance factuelle et encadrée par des règles systématiques.
📌 La délibération doit éviter la domination d’un membre sur le groupe et les phénomènes de pensée groupale, tout en respectant les dissensions.
Le consensus est présenté comme le meilleur résultat d’une éthique de la discussion lorsque tous ses principes fondamentaux ont été respectés.
La décision peut être confiée à :
📌 Le compromis doit protéger les personnes qui n’y adhèrent pas, éviter la violence ou le rejet et, dans l’idéal, ne pas susciter de sentiment de victoire ou d’échec.
Consensus : accord de tous ; compromis : désaccords protégés, action possible.
★ À maîtriser
La peste noire a fait 26 millions de morts en Europe au XIVe siècle.
Les sociétés ont théorisé la notion de contagion dès le XVIe siècle.
Face aux épidémies, les mesures historiques de protection étaient répressives et comprenaient l’isolement des malades, des quartiers ou des villages.
La recherche d’un bouc émissaire attribue l’origine du mal à un responsable désigné, donne une explication à la crise et peut provoquer des violences physiques ou symboliques.
Compléments
Les dispositifs légaux cités sont : le Comité de protection des personnes pour la recherche biomédicale, le Centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal pour les décisions d’interruption de grossesse, la collégialité pour les décisions de limitation des soins en fin de vie selon la loi Léonetti
Le Comité consultatif national d’éthique et les groupes d’éthique d’agences comme l’ABM et l’Inca émettent des avis consultatifs nationaux qui nourrissent le débat et la décision publique.
Les comités d’éthique hospitaliers et le Comité d’éthique de l’Inserm relèvent d’une volonté institutionnelle et émettent des avis consultatifs qui nourrissent la vie de l’institution.
Les comités d’éthique de sociétés savantes, comme la SFC ou la SRLF, et ceux d’associations de patients relèvent d’une volonté citoyenne et participent au débat collectif.
Toutes les sociétés ont été confrontées à la maladie à un moment ou à un autre.
Pendant très longtemps, les épidémies ont été considérées comme le mal absolu.
La peste noire a persisté pendant plusieurs siècles et était encore présente en France au milieu du XXe siècle.
Parmi les autres maladies ayant donné lieu à des épidémies figurent :
La grippe espagnole a été largement évoquée après la Première Guerre mondiale.
Pendant la crise de la Covid, les Chinois puis les soignants ont été suspectés d’être à l’origine de la propagation du virus.
Sans explication rationnelle, la peur des épidémies favorise la recherche d’un bouc émissaire.
★ À maîtriser
📌 Au XIXe siècle, la tuberculose est représentée comme une maladie romantique associée aux gens aisés, alors que son épidémiologie en fait surtout un mal de la misère touchant les plus pauvres.
📌 La tuberculose évolue sur des mois ou des années et exige d’apprendre à vivre avec la maladie, contrairement aux épidémies aiguës qui menacent rapidement la collectivité.
Au milieu du XXe siècle, vers 1950, la découverte des antibiotiques raréfie davantage les maladies infectieuses et favorise la prédominance des maladies chroniques et dégénératives non transmissibles, comme le diabète, l’hypertension et les cardiopathies.
Les différences de réaction sociale et internationale aux maladies montrent que leur traitement dépend du contexte social et historique.
Talcott Parsons a fait reconnaître la dimension sociale de la maladie au-delà de sa dimension physiologique, dans des travaux menés aux États-Unis à partir des années 1950.
Pour Parsons, la médecine est une profession caractérisée par une formation abstraite et spécialisée, le service à la population et une forte autonomie professionnelle. - Talcott Parsons
Pour Parsons, la médecine contribue à préserver la stabilité sociale, car la santé de la population est nécessaire au bon fonctionnement de la société. - Talcott Parsons
Pour Parsons, le malade doit souhaiter guérir, rechercher une aide compétente, suivre les recommandations et se faire soigner; il n’est pas responsable de son état, a droit à l’assistance et peut être exempté de ses rôles habituels s’il est reconnu malade par un médecin. - Talcott Parsons
Compléments
Au XVIIIe siècle, les progrès sanitaires contribuent à la raréfaction des épidémies et des décès, tandis que la mortalité infantile baisse et que les conditions de vie s’améliorent.
Les sanatoriums sont créés pour accueillir les personnes atteintes de tuberculose et les aider à reprendre des forces pour combattre la maladie.
Les maladies chroniques peuvent présenter des symptômes invisibles, durer plusieurs dizaines d’années ou toute la vie, et imposer des examens et consultations réguliers.
Le SIDA, apparu dans les années 1980, a bouleversé les certitudes suscitées par les antibiotiques en se propageant sans thérapeutique efficace pendant plusieurs années.
📌 Dans la sociologie fonctionnaliste de Parsons, la maladie est une déviance potentielle par rapport à la norme de bonne santé et menace l’ordre social si elle empêche durablement les rôles sociaux. - Talcott Parsons
Épidémie aiguë qui menace la collectivité, contre maladie durable qui recentre l’attention sur l’individu.
★ À maîtriser
📌 Dans le modèle de Parsons, la relation médecin-malade est asymétrique, car le malade est considéré comme passif et ignorant face au savoir spécialisé du médecin, mais consensuelle parce que les deux visent la guérison. - Talcott Parsons
Les critiques du modèle de Parsons lui reprochent son raisonnement spéculatif, l’absence d’observation systématique, son manque de prise en compte de l’hétérogénéité des comportements et son adaptation limitée aux maladies aiguës. - Talcott Parsons
Eliot Freidson décrit en 1970 la relation médecin-malade comme un conflit possible entre la culture professionnelle du médecin et la culture profane du patient, les deux parties n’ayant pas nécessairement les mêmes intérêts ni les mêmes critères de confiance.
À l’hôpital, la ligne administrative et profane suit une logique bureaucratique et rationalisatrice, tandis que la ligne professionnelle et médicale suit une logique charismatique, scientifique et technique.
À l’hôpital, les médecins incarnent surtout le savoir et la technique, tandis que les infirmières sont davantage associées au travail de soin et au « care ».
Le travail médical est moralement hiérarchisé : les activités techniques, comme la chirurgie, sont davantage valorisées que le travail relationnel et quotidien des aides-soignantes.
Compléments
Dans les maladies chroniques, l’objectif partagé ne peut pas être la guérison et devient plutôt la manière de vivre avec la maladie.
Les classes populaires prêtent moins attention à leurs symptômes et adoptent plus difficilement le rôle de malade, ce qui fait varier le recours aux soins selon les classes sociales.
En 1986, T. Mizhari montre que de jeunes médecins américains distinguent des malades idéaux, propres, polis, coopératifs et de classe socioprofessionnelle élevée, et des malades méprisés, souvent issus de minorités ethniques ou de catégories socioprofessionnelles basses.
En 2006, S. Fainzang montre que l’information délivrée par le soignant varie selon l’appartenance sociale et peut s’accompagner de mensonges ou d’omissions entre médecin et malade.
Les trois modèles de relation thérapeutique sont :
Talcott Parsons attribue à l’hôpital psychiatrique une fonction de gardiennage, de protection et de socialisation qui contribue au maintien de l’ordre social au-delà des objectifs thérapeutiques. - T. Parsons
Erving Goffman étudie les rapports du reclus avec l’institution totale, qui peuvent prendre la forme de la collaboration ou de la rébellion. - Asiles, 1968
À l’hôpital, la volonté médicale de tout faire pour sauver un patient peut entrer en conflit avec la volonté administrative de limiter les coûts.
À l’hôpital, la logique technique médicale peut s’opposer à la logique rationalisatrice administrative.
★ À maîtriser
📌 Dans la relation médecin-malade, le médecin vise le contrôle de la maladie tandis que le patient vise celui des symptômes, et ces objectifs peuvent entrer en conflit lorsque les traitements provoquent des effets indésirables importants.
Pour une maladie aiguë, les médecins sont les acteurs centraux et l’hôpital le centre de soins, tandis que pour une maladie chronique, les malades et leurs proches sont centraux et le domicile devient le centre de soins. - A. Strauss
L’expérience d’une maladie chronique affecte la vie sociale entière, et le regard médical ne suffit pas à la comprendre.
📌 La sociologie du corps n’étudie pas le corps comme entité isolée, mais les acteurs qui mobilisent le corps et révèlent, par lui, leurs rapports à eux-mêmes et aux autres.
Dans La civilisation des mœurs (1939), Norbert Elias montre que les normes corporelles et les « bonnes manières » évoluent historiquement vers un refoulement des comportements pulsionnels et une hausse de la pudeur et de l’autocontrôle.
Les normes esthétiques et les pratiques d’entretien du corps varient selon les sociétés, les époques et les milieux sociaux.
Compléments
La spécialisation hospitalière produit une hiérarchie entre disciplines, services et pratiques, ainsi que des segments différenciés au sein même des spécialités médicales. - A. Strauss
L’annonce d’une maladie chronique constitue une « rupture biographique » selon M. Bury et peut entraîner une « perte de soi » selon K. Charmaz (1983).
Kübler-Ross décrit les étapes suivantes de l’acceptation de la maladie :
Brooks et Matson décrivent les étapes suivantes de l’ajustement psychosocial :
La normalisation d’une maladie chronique vise à aider le malade à vivre le plus normalement possible, mais peut conduire à critiquer les patients qui ne suivent pas le schéma attendu d’acceptation.
Les phases possibles d’une trajectoire de maladie sont : (A. Strauss) : le diagnostic (prédiagnostic, annonce, postdiagnostic), la phase aiguë, la phase stable, la phase instable, la rémission, la détérioration, la mort
La sociologie du corps s’est constituée comme branche de recherche spécifique dans les années 80.
Maladie aiguë : médecin et hôpital ; maladie chronique : malade, proches et domicile.
★ À maîtriser
Pour Luc Boltanski, analyser une culture somatique consiste à relier les comportements corporels des membres d’un groupe à leurs conditions objectives d’existence. - Les usages sociaux du corps, 1971
Selon Luc Boltanski, les différences de consommation médicale entre classes sociales sont davantage liées aux inégalités de perception des sensations morbides qu’aux revenus.
Les apprentissages intériorisés au cours de la socialisation composent des manières de faire, de dire et de percevoir le monde, généralement de façon inconsciente.
Compléments
L’aptitude à verbaliser des sensations corporelles varie selon les milieux sociaux et contribue à déterminer si elles sont interprétées comme des symptômes conduisant à consulter. - L. Boltanski
La relation médecin-malade est d’autant plus asymétrique que le malade occupe une position basse dans la hiérarchie sociale ; la distance sociale et linguistique réduit aussi l’effet du discours médical sur ses représentations. - L. Boltanski
Le code des bonnes manières corporelles concerne notamment : (Boltanski) :
📌 Les personnes contraintes d’utiliser intensément leur corps tendent à moins l’écouter, tandis que les professions intellectuelles valorisent davantage la forme physique, la beauté, la minceur et les aliments sains et légers. - Boltanski
Dans Le sens pratique (1980, p. 90), P. Bourdieu explique que les conditions d’existence d’une classe, notamment les formes de division du travail entre les sexes, les objets, les modes de consommation et les rapports aux parents, produisent les structures de l’habitus.
Dans La distinction (1979, p. 210), P. Bourdieu présente le corps comme une objectivation du goût de classe, visible notamment dans ses dimensions, ses formes, son entretien, l’alimentation et les usages du corps au travail et dans les loisirs.
Dans la haute bourgeoisie, l’élégance décrite par Pinçon et Pinçon Charlot (1998) repose notamment sur des manières corporelles maîtrisées, comme marcher avec légèreté et assurance ou porter la tête avec hauteur et décontraction, donnant l’impression d’un talent inné.
Corps-force dans les métiers physiques ; forme et minceur davantage valorisées dans les professions intellectuelles.
★ À maîtriser
📌 Dans le modèle populaire de l’allaitement, celui-ci est une affaire de famille fondée sur les conseils transmis entre générations, tandis que dans le modèle savant des classes supérieures, il est une affaire médicale où le pédiatre prescrit le régime alimentaire.
Compléments
Le goût pour les nouveautés des savoirs médicaux augmente avec la position sociale.
S. Gojard analyse l’allaitement comme une norme sociale et souligne que ses pratiques et leurs justifications varient selon la socialisation de classe, familiale et culturelle. - L’allaitement, une norme sociale, 2003
★ À maîtriser
À l’hôpital, la nudité, la position horizontale, la perte d’autonomie, le partage possible de la chambre et les soins parfois réalisés devant des tiers menacent la pudeur et l’intimité du patient.
L’alimentation perturbée et la prise en charge uniformisée contribuent à faire de l’hospitalisation une situation régressive, mais l’environnement hospitalier peut aussi préserver et rassurer le malade.
📌 Chez les Arapesh, garçons et filles sont éduqués pour devenir doux et serviables, tandis que chez les Mundugumor l’éducation favorise l’agressivité et la rivalité chez les deux sexes.
La personnalité individuelle se construit par le modèle culturel d’une société, qui détermine l’éducation de l’enfant, plutôt que par le seul sexe biologique.
Les sous-cultures peuvent être associées aux origines nationales, aux classes sociales, aux groupes d’âge ou aux situations professionnelles, sans être inférieures aux cultures dominantes.
Les manières de penser et d’agir ne sont pas naturelles, mais relèvent d’une construction sociale et culturelle.
Compléments
Pour la plupart des personnes hospitalisées, l’hôpital constitue une terre étrangère dont elles ne connaissent ni la langue ni les usages.
À l’hôpital, la temporalité suit les événements du corps, tels que les crises, les fièvres, les opérations et les traitements, et le corps peut se retrouver sans artifices, désocialisé ou laissé à l’abandon.
Margaret Mead étudie comment l’individu reçoit sa culture et comment cette transmission contribue à former sa personnalité.
📌 Chez les Chambuli, les hommes sont décrits comme doux et soucieux de leur apparence, tandis que les femmes sont considérées comme entreprenantes et dynamiques.
Margaret Mead affirme en 1935 que de nombreux traits dits masculins ou féminins sont déterminés par le sexe aussi superficiellement que les vêtements, les manières et la coiffure assignés à chaque sexe par une époque. - M. Mead
Des cultures au sein d’une même société peuvent entretenir des rapports de force et des jeux d’influence, notamment par des contre-cultures comme les mouvements hippie ou punk et le rap.
Le corps hospitalisé perd son autonomie, tandis que l’environnement institutionnel peut le rassurer.
★ À maîtriser
📌 L’acculturation transforme potentiellement les deux groupes en contact, tandis que l’assimilation suppose la disparition totale de la culture de l’un des groupes et l’adoption de celle de l’autre.
Compléments
En 1880, l’anthropologue J.W. Powell crée le terme « acculturation » pour décrire la transformation des modes de vie et de pensée des immigrants au contact de la société américaine.
Les effets de l’acculturation varient selon : la taille relative des groupes, la nature amicale ou hostile des contacts, le rapport de force, notamment en situation de colonisation
Chez les Gahaku-Kama de Nouvelle-Guinée, le football appris des missionnaires est joué jusqu’à l’équilibre des victoires et des défaites, plutôt que pour désigner un camp vainqueur. - Claude Lévi-Strauss
L’assimilation, phase ultime et rarement atteinte de l’acculturation, implique la disparition totale de la culture d’un groupe et l’adoption de celle de l’autre.
La personnalité des individus est profondément modelée par la culture et la société, sans être complètement déterminée par elles.
Acculturation = échanges et transformations ; assimilation = disparition d’une culture.
★ À maîtriser
📌 La socialisation manifeste correspond à des apprentissages conscients et méthodiques imposés à l’enfant, tandis que la socialisation latente transmet involontairement des façons de faire et de penser.
Selon Durkheim, l’éducation impose d’abord à l’enfant des manières de voir, de sentir et d’agir, puis cette contrainte engendre des habitudes et des tendances internes qui la rendent progressivement imperceptible. - Émile Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, 1894
Les vêtements et les jouets des enfants véhiculent des rôles sociaux genrés dès le plus jeune âge, par exemple à travers l’association du rose aux filles et du bleu aux garçons.
📌 Dans les jouets de docteur, le matériel destiné aux filles est associé au métier d’infirmière, tandis que celui destiné aux garçons est associé au métier de médecin.
En 1951, E. C. Hughes a montré que le couple médecin-infirmière cristallisait la division sexuée du travail hospitalier, associant le médecin homme au savoir technique et l’infirmière femme aux soins et au relationnel. - E.C Hughes
La socialisation secondaire comprend :
Hughes et Davis décrivent six étapes de la socialisation médicale : l’innocence initiale, la reconnaissance de l’incongruité, le déclic, la simulation de rôle, l’intériorisation provisoire et l’intériorisation stable. - Hughes ou Davis
Compléments
La socialisation primaire se déroule notamment dans la famille et à l’école, auprès d’agents socialisateurs avec lesquels l’enfant entretient des relations affectives importantes, comme ses parents et les professionnels de la petite enfance.
La socialisation latente passe notamment par :
Pour Durkheim, l’éducation a pour objet de former l’être social sous la pression du milieu social, dont les parents et les maîtres sont les représentants et les intermédiaires. - Émile Durkheim, Les règles de la méthode sociologique, 1894
La hiérarchie médicale valorise davantage les spécialités les plus techniques que celles laissant plus de place à la relation de soin, comme la neurologie par rapport à la gériatrie.
La socialisation est un processus continu qui ne se termine jamais et se poursuit tout au long de la vie.
Innocence → incongruité → déclic → simulation → intériorisation provisoire → stable
★ À maîtriser
📌 L’individu désigne le résultat objectif des processus de socialisation vécus et subis, tandis que l’identité correspond à une construction subjective élaborée par la personne à partir de ses expériences et de ses références culturelles.
Compléments
Les différentes identités d’une personne, notamment professionnelle, familiale et politique, peuvent former chacune un tout cohérent sans être cohérentes entre elles.
Des couples peuvent se représenter comme égalitaires tout en conservant une répartition domestique inégale, les femmes continuant à assurer l’essentiel de l’entretien du linge et les hommes à leur déléguer cette tâche. - KAUFMANN, J-C., La trame conjugale. Analyse du couple par son linge, 2002 [1992]
Individu objectif, façonné par les socialisations ; identité subjective, construite par la personne
★ À maîtriser
📌 Selon Eliot Freidson, la relation médecin-malade met en présence la culture profane du malade et la culture professionnelle du médecin.
Szasz et Hollander proposent trois modèles de relation thérapeutique différenciés selon le degré de participation du malade.
La socialisation primaire a un impact décisif sur les expériences ultérieures de socialisation.
Le processus de socialisation se poursuit à l’âge adulte et ne s’arrête pas lorsqu’un individu a des enfants.
Selon Robert Merton, la socialisation aux professions de santé comprend la transmission de savoirs et de savoir-faire dans le cadre de l’institution scolaire ainsi que des apprentissages implicites au contact des enseignants, des médecins, des patients et des autres étudiants.
Compléments
Pour Eliot Freidson, la relation médecin-malade dépend des configurations de l’interaction et de la distance entre culture professionnelle et culture profane.
Anselm Strauss développe une perspective centrée sur la personne malade et sa vie quotidienne.
📌 On distingue la socialisation primaire, la socialisation secondaire, la socialisation professionnelle et la socialisation continue tout au long de la vie.
Primaire → secondaire → professionnelle → continue
★ À maîtriser
📌 La culture s’acquiert par apprentissage et ne se transmet pas par l’hérédité biologique.
Franz Boas montre que les différences culturelles ne sont pas liées aux différences raciales et que les cultures présentent des modèles variés.
Les travaux de Margaret Mead montrent que les rôles et traits de personnalité associés aux sexes varient selon les cultures et l’éducation.
Compléments
📌 L’observation des différences culturelles remet en cause l’idée que les traits qualifiés de masculins ou féminins seraient déterminés uniquement par la biologie.
Traits biologiques ≠ traits façonnés par la culture
★ À maîtriser
Talcott Parsons propose la première analyse sociologique de la profession médicale et montre que la maladie ne doit pas être appréhendée uniquement en termes organiques.
Selon Talcott Parsons, la maladie constitue une déviance par rapport aux normes biologiques de santé ainsi qu’aux normes et attentes de la société.
Selon Talcott Parsons, le diagnostic médical reconnaît le malade comme tel et l’exempte temporairement de ses responsabilités, de ses obligations habituelles et de ses rôles sociaux.
Le Corpus Hippocraticum associe une compétence fondée sur la connaissance et un souci éthique du rapport aux malades.
Les règles de la profession médicale sont : la connaissance et la transmission du savoir, la délivrance de soins sur des bases scientifiques, l’égalité de prise en charge des patients, le respect du patient, notamment par le secret médical
Compléments
Dans le modèle de Talcott Parsons, le malade a des droits mais aussi des obligations, et le médecin met sa compétence technique au service du patient lorsque celui-ci respecte ces obligations.
Selon Talcott Parsons, les médecins jouent un rôle dans la préservation de la stabilité sociale.
Diagnostic → reconnaissance du malade → exemption temporaire des rôles sociaux
★ À maîtriser
Selon Hippocrate, l’égalité de prise en charge repose sur la possibilité pour toute personne de trouver soulagement à ses maux et sur la responsabilité collective de maintenir les individus en santé.
Le secret protège l’intimité et la liberté en séparant le privé du public, mais la connaissance d’un secret peut aussi conférer du pouvoir sur autrui.
📌 Des informations peuvent être divulguées à d’autres professionnels de santé si le patient en a été prévenu et a consenti à cette divulgation, et si ces professionnels participent à la démarche de soins.
Le secret médical protège la confiance entre le malade et le soignant : le malade peut ainsi exposer ses symptômes, et le médecin disposer des informations nécessaires aux soins.
La prise en compte de l’autonomie du patient, principalement depuis le XVIIIe siècle, vise à replacer l’autonomie du sujet au centre de la relation de soin.
L’autonomie forge la personnalité morale du sujet, fonde sa dignité et lui permet de se donner sa propre loi.
📌 Une autonomie fragilisée n’est pas une absence d’autonomie et appelle une adaptation à la situation et au patient.
Compléments
L’accès universel aux soins relève d’une vision civilisationnelle qui vise le soulagement des maux de toute personne.
La santé collective repose notamment sur :
Pour Gaston Bachelard, le secret et les lieux où il est conservé structurent l’homme et la société en permettant l’intimité.
En 1761, la formule « Aegrorum arcana, visa, audita, intellecta eliminet nemo » figurait sur les thèses de médecine à Paris et à Montpellier et appelait à ne divulguer aucun secret des malades, ni ce qui avait été vu, entendu ou compris.
L’autonomie s’inscrit dans une tradition politique et philosophique où le sujet prend conscience de son existence par le doute méthodique et exerce son libre arbitre dans l’action.
📌 Le soignant doit se mettre à la place du patient pour éviter une relation inadaptée ou froide et prendre la mesure des conséquences graves des décisions médicales sur sa vie.
Le Pr Jean HAMBURGER affirme que toute décision grave doit être celle de deux hommes, chacun se mettant à la place de l’autre.
Dans Le discours de la méthode (1637), Descartes définit le sujet par la pensée (cogito) et affirme la souveraineté de l’esprit sur le corps.
Le secret protège l’intime, mais peut aussi donner du pouvoir à son détenteur.
★ À maîtriser
📌 Le consentement éclairé, fondé sur une explication pédagogique, est recherché lors des soins, des actions de prévention et avant un protocole de recherche médicale.
📌 En urgence vitale, une intervention peut être réalisée sans consentement au nom de la bienfaisance, puis le consentement est recherché pour la poursuite des soins lorsque le patient a récupéré assez d’autonomie.
Dans les années 1950, le paternalisme médical présente le médecin comme un père de famille qui choisit pour un patient considéré comme incapable de comprendre et de décider.
Les débats sur la décision partagée se développent notamment avec l’accès à la contraception dans les années 1970, puis avec les années SIDA dans les années 1980.
Compléments
📌 Le consentement n’a de sens que si le patient comprend ce à quoi il consent et peut ainsi devenir acteur du soin, par exemple lors d’une injection d’insuline à une personne diabétique.
L. Portes qualifie de mythique le consentement éclairé du malade, estimant que le patient ne peut réellement consentir à ce qui lui est affirmé ou proposé.
René Leriche décrit comme une « cadavérisation » du sujet la démarche qui s’occupe du corps en écartant l’esprit.
Le paradigme bio-physio-pathologique, apparu dans les années 1950, s’intéresse à l’objet corporel et à son intimité biologique, au risque de laisser le sujet exclu.
Les modèles de décision partagée ont été mis au point par Szasz et Hollander.
La démocratie sanitaire, d’abord sociologique avant d’être juridique, précède la loi de 2002 relative aux droits des patients et s’appuie sur des mouvements associatifs de patients, de citoyens et de professionnels de santé.
Selon Jürgen Habermas, une maxime doit être soumise aux autres et discutée pour examiner sa prétention à l’universalité.
Paternalisme → corps objet → patient partenaire → codécision
★ À maîtriser
Une pathologie psychiatrique, le grand âge ou une autonomie altérée ne signifient pas à eux seuls une perte d’autonomie.
La perte d’autonomie ne justifie pas de renoncer au dialogue ou à l’information du patient.
Le consentement d’une personne vulnérable peut être entendu comme un assentiment qui lui permet de continuer à participer aux soins, et il doit rester libre et sans contrepartie.
La décision médicale doit articuler et pondérer la bienfaisance et l’autonomie selon chaque personne, plutôt que les opposer.
Les quatre principes fondamentaux sont (Tom Beauchamp et James Childress) :
Compléments
📌 Face à la vulnérabilité, l’information doit être adaptée aux besoins de la personne et servir à construire du sens avec elle plutôt que de devenir un simple paravent formel.
Emmanuel Levinas, Hans Jonas et Paul Ricoeur soulignent que la bienfaisance fonde le devoir moral de protéger les personnes fragiles, tout en appelant à prévenir une bienfaisance qui nierait leur volonté. - Emmanuel Levinas, Hans Jonas, puis Paul Ricoeur
Le principe de justice renvoie à l’égalité d’accès aux soins.
La bienfaisance vise à améliorer la prise en charge des personnes les plus fragiles et inaptes, tandis que la non-malfaisance rappelle le principe « d’abord ne pas nuire ».
Le principe d’autonomie comprend le respect : des profils individuels, de la vie privée, du droit à l’information, du consentement du patient ou de son représentant
Le principe de responsabilité inclut : le bien public, les nouvelles règles liées aux défis biotechnologiques, le contrôle intelligent et médicalisé des dépenses de soins, le respect des règles collectives
Autonomie altérée ≠ autonomie perdue
★ À maîtriser
Rebecca Dresser défend le respect des choix actuels et des préférences que la personne exprime ou ressent, même lorsqu’elle est dite incompétente.
Ronald Dworkin défend une approche fondée sur les préférences antérieures de la personne, formées lorsqu’elle était encore capable, que l’on peut éclairer par ses directives anticipées, témoignages, souvenirs et récits de vie.
Agnieszka Jaworska estime que l’autonomie ne suppose pas de concevoir son existence dans sa totalité à tout moment et qu’une personne peut faire des choix à un moment donné.
Compléments
📌 Dans la relation avec un patient dont l’autonomie est altérée, les informations peuvent être étalées dans le temps afin de trouver une juste proportion et un moment propice.
📌 Dans la relation de soin, il faut rester attentif à l’influence des représentations sociales et des préjugés, notamment concernant la sexualité des personnes âgées.
Préférences présentes, préférences antérieures ou choix fluctuants
| Type | Prise en charge | Public concerné |
|---|---|---|
| MCO | Soins aigus | Patients nécessitant un court séjour |
| HAD | Soins hospitaliers à domicile | Patients soignés à domicile sous responsabilité hospitalière |
| SSR | Moyen séjour après décompensation aiguë ou accident | Patients nécessitant des soins de suite et de réadaptation |
| USLD | Soins médicaux constants en cadre hospitalier | Personnes âgées ne pouvant plus rester à domicile |
| Notion | Fonction | Portée |
|---|---|---|
| Système de santé | Promouvoir ou entretenir la santé | Ensemble des activités |
| Système de soins | Fournir des interventions préventives, curatives et palliatives | Répondre aux besoins de santé spécifiques |
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1. Quelle définition de la santé l’OMS a-t-elle formulée en 1946 ?
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Comment l’OMS définit-elle la santé en 1946 ?
Un état de complet bien-être physique, mental et social, et pas seulement l’absence de maladie ou d’infirmité.
Quelle caractéristique l’approche contemporaine reconnaît-elle aux causes d’une maladie ?
Une maladie peut avoir plusieurs causes.
L’exposition à un facteur de risque garantit-elle le développement de la maladie ?
Non, elle ne le garantit pas.
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