Fiche de révision : Mesures des influences électriques et drainage

Plan du Cours

  1. Évaluation de la protection cathodique
  2. Mesures de potentiel et de courant
  3. Résistivité du sol
  4. Contrôle des raccords isolants
  5. Équipements PC et fourreaux métalliques
  6. Gestion des fourreaux isolants
  7. Évaluation des courants alternatifs
  8. Contrôle des dispositifs d’écoulement
  9. Analyse des courants vagabonds continus
  10. Influences électriques entre ouvrages
  11. Polarisation et dépolarisation de 100 mV
  12. Mesures des drainages et liaisons polarisées
  13. Analyse des courbes de drainage
  14. Monitoring de la corrosion sous tension AC
  15. Protection cathodique des ensembles complexes
  16. Interprétation des alarmes de télémesure
  17. Contrôle de la chaîne de télémesure
  18. Détermination du seuil Eon

1. Évaluation de la protection cathodique

★ À maîtriser

📌 L’évaluation générale (EG) vérifie que la protection cathodique est appliquée sur tout l’ensemble électrique réseau ou autonome (EER/EEA), tandis que l’évaluation complète et détaillée (ECD) vérifie son efficacité et la maîtrise des influences électriques.

  • Pour un EER/EEA télémesuré, l’ECD est réalisée tous les 4 ans, contre tous les 3 ans pour un EER/EEA non télémesuré, selon la PRO-0411.

  • Lors d’une campagne d’EG, les prises de potentiel sélectionnées sont contrôlées une fois par an, avec au minimum une mesure de EON et de Ucana~.

Compléments

📌 Tout dysfonctionnement ou toute anomalie PC sur un équipement doit faire l’objet d’une déclaration dans la GMAO (SAP), accompagnée d’un plan d’actions.

  • Pour les EER/EEA télémesurés, les valeurs transmises journalièrement sont enregistrées une fois par mois et vérifiées mensuellement par le technicien PC au regard des seuils d’alerte et du Eon seuil.

Astuce mémo

EG vérifie la présence de PC ; ECD en évalue l’efficacité.

2. Mesures de potentiel et de courant

★ À maîtriser

  • 🔄 La mesure de EON et Ucana~ se déroule ainsi :

    1. Placer l’électrode de référence au sol près de l’ouvrage.
    2. Relier l’électrode à la borne négative et la canalisation à la borne positive.
    3. En alternatif, relever Ucana~ puis sa fréquence.
    4. En continu, relever EON.
  • 🔄 La mesure sur témoin métallique se déroule ainsi :

    1. Planter un témoin propre sans oxyde.
    2. Attendre au moins 15 minutes et relever son potentiel naturel En.
    3. Laisser le témoin se polariser au niveau de l’ouvrage.
    4. Relever ou enregistrer EON, EOFF, Ucana ac, la fréquence si possible, Itm dc et Itm ac.
  • La valeur attendue de EON en position continue ne doit pas être plus électropositive que −1200 mV, et la valeur normale indiquée est environ −2000 mV.

  • Le critère retenu pour évaluer l’efficacité de la PC par EOFF, hors chute ohmique, est −900 mV, avec une incertitude de mesure de ±50 mV. - NF EN ISO 15589-1

  • Pour mesurer un courant avec un shunt, la relation utilisée est Imesureˊ=Ishunt×UmesureˊUshuntI_{mesuré}=\frac{I_{shunt}\times U_{mesuré}}{U_{shunt}}.

Compléments

  • Si EON est instable sous influence électrique DC, il faut enregistrer sa valeur pendant 5 à 10 minutes en mode min/max.

  • Si Ucana~ est supérieure à 3 V à 50 Hz, il faut également effectuer un enregistrement.

  • Pour déterminer le sens du courant, le signe positif indique que l’équipement principal protège l’équipement secondaire, tandis que le signe négatif indique que l’équipement secondaire protège l’équipement principal.

  • Avec un shunt de 10 A/100 mV et une tension mesurée de 57,20 mV, le courant calculé est 5,72 A.

3. Résistivité du sol

Notions clés & Définitions

  • Résistivité du sol : Une estimation de la corrosivité du sol ou du milieu environnant la canalisation.

★ À maîtriser

📐 Formule - La méthode de Wenner à quatre piquets donne la résistivité selon ρ=2πRa\rho=2\pi R a, où R est la résistance lue en ohms et a l’espacement des piquets en mètres.

  • Pour la méthode Shepard, la résistivité en Ω.m se calcule en divisant par 10 la résistance lue en Ω.

Compléments

  • 🔄 La méthode Wenner se déroule ainsi :
    1. Planter quatre piquets alignés, espacés de a et éloignés des structures métalliques enterrées.
    2. Raccorder le telluromètre en mode quatre pôles.
    3. Lancer la mesure.
    4. Confirmer la mesure avec les piquets disposés perpendiculairement et au même espacement.

📌 Avec la méthode Shepard, les deux électrodes d’extrémité doivent être enfouies dans au moins 8 cm de sol et en contact intime avec celui-ci, tandis que les parties métalliques supérieures ne doivent pas toucher le sol.

4. Contrôle des raccords isolants

Notions clés & Définitions

  • Valeur d’isolement : Une mesure réalisée pour vérifier la qualité de pose du revêtement d’une canalisation.

★ À maîtriser

📌 Pour contrôler un raccord isolant par mesure de potentiel, une variation Delta EON inférieure à 200 mV indique un raccord efficace, tandis qu’une variation supérieure à 200 mV requiert d’autres tests.

  • La valeur d’isolement est contrôlée à la réception des canalisations neuves dans les situations suivantes :
    • Tous les 5 à 10 km sur un tronçon en ligne.
    • Avant raccordement pour un forage dirigé.
    • Après enfilage et avant raccordement pour un passage en fourreau.
    • Après chaque remblai de tronçon de raccordement ou de poste.
    • Après pose en souille et avant raccordement.

Compléments

  • 🔄 La mesure de valeur d’isolement se prépare et se réalise ainsi :
    1. Mettre la PC hors service suffisamment à l’avance.
    2. Placer le déversoir auxiliaire à plus de 10 m de l’ouvrage.
    3. Vérifier l’absence de mise à la terre le long du tracé.
    4. Injecter brièvement des courants par paliers et revenir à débit nul.

📌 Lors d’une injection de courant d’un seul côté d’un raccord isolant, un potentiel plus électronégatif côté A avec un potentiel B constant indique un raccord efficace ; si les deux potentiels deviennent plus électronégatifs et égaux ou voisins, le raccord est passant ou shunté.

📌 Lors d’une détection de signal alternatif injecté d’un côté du raccord isolant, la réception du signal de l’autre côté indique un raccord défectueux, à confirmer par une autre technique.

  • Pour la détection de signal alternatif sur un raccord isolant, le générateur est réglé sur la plus basse fréquence possible, typiquement 320 ou 640 Hz, ou une valeur inférieure, mais jamais un multiple de 50 Hz.

5. Équipements PC et fourreaux métalliques

★ À maîtriser

  • 🔄 La mesure au telluromètre se déroule ainsi :

    1. Couper le redresseur et déconnecter le câble déversoir.
    2. Placer le piquet H loin des structures enterrées et du déversoir.
    3. Placer le piquet S entre H et le déversoir.
    4. Mesurer, puis déplacer S de ±10 % pour vérifier la stabilité.
    5. Reconnecter le déversoir et remettre le redresseur en service.
  • En cas de suspicion de contact entre canalisation et fourreau pouvant entraîner des travaux lourds, les résultats des mesures complémentaires sont consignés dans le procès-verbal dédié et la fiche est archivée dans ONE.

Compléments

📌 Pour caractériser un contact entre une canalisation et un fourreau métallique, un potentiel du fourreau supérieur à −800 mV à courant établi correspond à l’absence de contact selon le critère présenté.

📌 Un contact sans contact se distingue d’un contact résistant ou franc par les mesures comparées de potentiel ON, potentiel OFF et courant continu sur témoins métalliques raccordés à la canalisation et au fourreau.

  • Le procès-verbal de mesures complémentaires identifie notamment le fourreau et la canalisation par leurs identifiants PP PimSlider EPC-EQ, l’équipe PC, la date d’intervention et les coordonnées WGS 84.

  • Le procès-verbal recueille les mesures ON et OFF sur la canalisation et le fourreau, les courants continu et alternatif sur témoin métallique, ainsi que les paramètres de résistivité apparente et de résistance du sol.

6. Gestion des fourreaux isolants

★ À maîtriser

  • Pour un fourreau isolant de longueur inférieure ou égale à 10 m, aucune action particulière n’est prévue.

  • Pour un fourreau isolant de longueur supérieure à 10 m et inférieure ou égale à 20 m, une étude de risque est à prévoir au cas par cas.

  • Pour un fourreau isolant de longueur supérieure à 20 m, le traitement est défini selon les données collectées, avec éventuellement un sondage sur site et une étude spécifique de suppression ou de dispositions compensatoires.

  • Les fourreaux isolants ne sont plus installés à Natran, conformément à SG-C-181.

Compléments

📌 Lorsque le retrait d’un fourreau isolant est prévu, l’analyse de risque fixe un délai de réalisation de 2 ou 5 ans.

  • L’étude de risque considère notamment l’inspectabilité par piston instrumenté, les enjeux de la canalisation, son environnement et les influences électriques ou pollutions éventuelles.

  • Les dispositions compensatoires citées comprennent une protection cathodique par ruban de magnésium et, pour un fourreau en acier revêtu extérieurement, la connexion d’une plaque métallique non revêtue ou la suppression du revêtement aux extrémités.

Astuce mémo

≤ 10 m : pas d’action ; 10 à 20 m : étude ; > 20 m : traitement selon les données.

7. Évaluation des courants alternatifs

★ À maîtriser

  • Pour évaluer le risque AC, on polarise un témoin métallique circulaire de 1 cm², on enregistre sur une longue durée Uac, EON, EOFF, Iac et Idc, puis on calcule Jac moyen et Jdc moyen.

  • Le risque de corrosion par courants alternatifs est classé selon les densités moyennes Jac et Jdc, leur rapport et la tension moyenne Uac, conformément à la norme NF EN ISO 18086.

  • La classe R3 correspond à l’absence de risque ou à un risque faible lorsque Jac moyen est inférieur à 30 A/m², ou lorsque Jac moyen est compris entre 30 et 100 A/m², Jdc moyen est inférieur à 1 A/m² et Jac/Jdc est inférieur à 1.

  • La classe R2 correspond à un risque modéré lorsque Jac moyen est compris entre 30 et 100 A/m², Jdc moyen est supérieur à 1 A/m² et Jac/Jdc est inférieur à 5.

  • La classe R1 correspond à un risque élevé lorsque Jac moyen est compris entre 30 et 100 A/m² et Jac/Jdc est supérieur à 5, ou lorsque Jac moyen dépasse 100 A/m².

Compléments

📌 Une valeur moyenne Ucana supérieure à 3 V conduit à l’étape 2 et au classement de l’équipement comme AC dans l’application, tandis qu’une valeur inférieure ou égale à 3 V indique l’absence de risque dans ce dépistage.

📌 En régime normal de fonctionnement, Uac ne doit jamais dépasser 60 V selon la norme NF EN 50443.

  • La norme NF EN ISO 18086 indique que les rapports Jac/Jdc de 3 à 5 signalent un risque faible et que des rapports inférieurs à 3 peuvent être appliqués pour réduire le risque au minimum.

📐 Formule - Pour un témoin métallique de 1 cm², le courant Iac exprimé en mA multiplié par 10 donne Jac en A/m² : Jac=10 IacJ_{ac}=10\,I_{ac}.

  • Une influence AC de fréquence 100 Hz issue d’un redresseur de protection cathodique est considérée comme non menaçante.

8. Contrôle des dispositifs d’écoulement

★ À maîtriser

  • Le contrôle d’un dispositif d’écoulement mesure les courants du condensateur, compare Ucana AC lorsque le dispositif est déclenché puis enclenché, et vérifie la résistance de terre de la mise à la terre enterrée.

📌 Un procès-verbal de renouvellement est à établir si la résistance mesurée est inférieure à 100 % de la résistance initiale lorsque celle-ci est inférieure à 1 Ω, ou inférieure à 50 % lorsqu’elle est supérieure ou égale à 1 Ω.

Compléments

  • Le contrôle d’un parafoudre amovible au multimètre consiste à isoler le circuit et retirer le parafoudre, régler le multimètre sur la résistance, puis mesurer entre ses bornes; une résistance proche de zéro indique qu’il est hors service.

  • La vérification est requise : à la réception d’un dispositif d’écoulement ou d’une mise à la terre enterrée, lors des ECD, lors de mesures complémentaires après identification d’un vieillissement ou d’une dégradation de la mise à la terre

  • Pour le diagnostic d’un dispositif d’écoulement, un courant continu élevé oriente vers un filtre ou un dispositif d’écoulement défectueux, tandis qu’un courant alternatif nul oriente vers une connexion défectueuse.

  • Un parafoudre laisse le circuit ouvert en fonctionnement normal, limite les surtensions transitoires et écoule les courants de foudre à la terre; en cas de défaut, il ferme le circuit.

9. Analyse des courants vagabonds continus

★ À maîtriser

  • Pour analyser les courants vagabonds continus, on polarise un témoin métallique de 5 cm² sur PE ou de 25 cm² sur brai, puis on enregistre EON, EOFF et Idc; la durée est de 10 minutes sur les points peu influencés et de 24 heures sur les points les plus influencés ou présentant un creux de potentiel.

📌 Lors d’une campagne de mesures, si EON canalisation maximal moins EON canalisation moyen dépasse 100 mV, le point est considéré comme affecté par des courants vagabonds continus.

📌 Si EOFF maximal dépasse le critère Ep et qu’au moins une plage ne respecte pas le critère après analyse des courants Itm, une anomalie PC est créée selon PRO-0411 et le type d’influence observé.

Compléments

  • Pour les enregistrements de longue durée, LOANA interprète neuf plages à partir du courant Itm pendant l’heure la plus défavorable.

📌 Si EOFF maximal dépasse Ep mais que toutes les plages respectent le critère, les influences DC sont acceptables et le niveau de protection cathodique est jugé satisfaisant.

  • Le critère Ep est défini dans PRO-0411 et vaut en base −900 mV, EMT comprise.

Astuce mémo

Sorties de courant sur le témoin → risque de corrosion.

10. Influences électriques entre ouvrages

★ À maîtriser

  • Pour localiser la source d’influences DC entre ouvrages, on enregistre simultanément EON, EOFF et le courant du témoin métallique sur chaque ouvrage, avec un témoin et une électrode Cu/CuSO4 saturée placés près de chacun.

📌 Les exploitants des ouvrages tiers doivent être contactés avant intervention, et il ne faut jamais s’approcher des voies ferrées pour placer une électrode ou effectuer une mesure.

  • La présence de courants vagabonds continus dans le sol ne suffit pas à établir une influence électrique; il faut rechercher les zones anodiques où le courant sort des structures métalliques.

Compléments

  • Des variations opposées du courant ITM entre deux ouvrages indiquent la présence d’influences électriques selon PRO-0411.

  • Une influence anodique de l’ouvrage A sur B peut placer B en risque de corrosion, notamment lorsque des sorties de courant sont observées ou que les critères de protection cathodique ne sont pas respectés.

  • Une influence cathodique de l’ouvrage A sur B correspond à une influence protectrice exercée sur B.

Astuce mémo

Influence anodique : sorties de courant ; influence cathodique : pas de sorties établies.

11. Polarisation et dépolarisation de 100 mV

★ À maîtriser

  • Pour la dépolarisation, on enregistre le potentiel OFF d’un témoin polarisé au niveau de l’ouvrage après l’avoir déconnecté, puis on vérifie que l’écart entre E3 et E2 atteint au moins 100 mV.

  • Pour la polarisation, on mesure le potentiel de corrosion Ecor ou En d’un témoin non raccordé après au moins 1 heure, on le connecte ensuite à l’ouvrage pour le polariser, puis on mesure EOFF; l’écart entre E2 et E1 doit atteindre au moins 100 mV.

📌 La méthode alternative de polarisation ou de dépolarisation de 100 mV s’applique aux témoins métalliques lorsque les critères de protection cathodique de PRO-0411 ne peuvent être atteints avec un témoin amovible ou enterré de 1, 5 ou 25 cm² polarisé au niveau de l’ouvrage évalué.

Compléments

  • La méthode alternative de 100 mV est utilisable sur un EER, un EEA ou un EEC, mais elle s’applique uniquement aux témoins métalliques.

  • L’appareil de mesure utilisé pour la méthode alternative doit pouvoir échantillonner au minimum à 100 ms.

  • La méthode alternative de 100 mV ne garantit pas un taux de corrosion inférieur à 0,01 mm/an, mais son respect peut permettre de réduire la criticité d’une anomalie PC jusqu’à sa résolution complète.

Astuce mémo

Dépolarisation : EON → coupure → EOFF initial → suivi du potentiel.

12. Mesures des drainages et liaisons polarisées

★ À maîtriser

  • Pour évaluer l’évolution électrique autour d’un drainage ouvert, enregistrer pendant 24 h depuis le boîtier de mesures Eon cana et, selon le montage, Erail ou dErail-Ecana, ou Etiers ou Etiers-Ecana.

  • Pour vérifier pendant 24 h l’efficacité du drainage et de la protection cathodique sur drainage fermé, enregistrer Eon cana, Idrain et le potentiel rail ou tiers, ainsi que Eon cana+tm, Eoff cana+tm, Ucana AC, Itm et F.

  • Quand l’ouverture du sectionneur empêche les mesures depuis le boîtier, mesurer Eon cana et le potentiel rail ou tiers en se connectant aux câbles en amont du sectionneur, sans shunter la borne canalisation avec la borne rail.

  • L’efficacité du drainage et celle de la protection cathodique doivent être mesurées simultanément si la configuration le permet, avec deux électrodes distinctes espacées d’environ 10 m pour chaque opération.

  • Pour une liaison polarisée, les mesures dépendent du côté où NaTran est raccordé : si NaTran est raccordé à la canalisation, remplacer « rail » par « tiers » et Erail par Etiers ; si NaTran est raccordé au tiers, remplacer les schémas « rail » par « cana », « cana » par « tiers », Erail par Eon cana et Eon cana par Etiers.

Compléments

  • Les voies isolées d’un enregistreur sont nécessaires pour enregistrer dErail-Ecana ou Etiers-Ecana en même temps qu’Idrain.

  • Lorsque plusieurs drainages ouverts ou fermés s’influencent entre eux, il convient de les instrumenter simultanément.

  • Pour obtenir une pente représentative d’une courbe X-Y, placer si possible l’électrode là où l’écart entre Eon minimal et Eon maximal est le plus important, sans témoin à proximité.

  • L’enregistrement des mesures sur drainage fermé se fait à raison d’une mesure par seconde.

  • Pour une liaison polarisée du second cas, la courbe X-Y représente Eon cana en fonction de Ecana - Etiers.

13. Analyse des courbes de drainage

★ À maîtriser

  • Sur drainage fermé, tracer après 24 h les courbes Eon cana = f(dErail-Ecana) et Idrain = f(dErail-Ecana), puis analyser la pente d’influence a, l’ordonnée à l’origine b et le coefficient de détermination R².
  • Sur drainage ouvert, tracer après 24 h Eon cana en fonction de dErail-Ecana, puis analyser la courbe, sa droite de tendance, a, b et R² et la comparer au dernier contrôle pour repérer les anomalies.

📌 Sur drainage fermé, la diode doit être passante, avec un courant non nul, lorsque dErail-Ecana est inférieur à −700 mV et bloquante au-delà ; avec un système bas seuil, le seuil peut être inférieur, typiquement −300 mV voire −200 mV.

📌 Un bridage optimisé correspond à une pente légèrement positive, avec 0 < a < 0,1, et réduit les potentiels très électronégatifs de la conduite lorsque le drainage est passant.

  • Sur drainage ouvert, −0,3 < a < −0,1 indique une influence modérée, −1 < a < −0,3 une influence forte et −0,1 < a < 0 une influence faible ; l’influence nulle correspond à a = 0.

Compléments

📌 La courbe X-Y d’un drainage ouvert aide à décider s’il est utile de fermer le drainage, à détecter plusieurs sources d’influence et à repérer un dysfonctionnement du côté de la source influençante.

  • Le coefficient R² est compris entre 0 et 1 ; proche de 1, il indique une régression linéaire bien adaptée aux données, tandis que proche de 0, il indique une quasi-absence de données corrélées.

  • La courbe X-Y distingue quatre zones :

    • drainage impossible et protection cathodique apparemment assurée
    • drainage possible et protection cathodique apparemment assurée
    • drainage possible et protection cathodique probablement inefficace
    • drainage impossible et protection cathodique probablement inefficace

Astuce mémo

Diode passante sous le seuil : courant drainé ; diode bloquante au-delà : courant nul.

14. Monitoring de la corrosion sous tension AC

★ À maîtriser

  • Le monitoring AC sur témoin TM1-R comprend la vérification de l’électrode permanente, la pose et les mesures initiales des témoins, leur raccordement et leur suivi télémesuré, puis la dépose du témoin d’expertise et son analyse métallurgique.
  • La vitesse de corrosion localisée est calculée à partir de la moyenne des pertes d’épaisseur des trois zones d’attaque les plus importantes, tandis que la vitesse de corrosion généralisée est calculée à partir de la perte de masse ; l’évaluation retient la plus grande des deux vitesses.

  • Le DAD ou la diode bas seuil est câblé en parallèle avec la diode de puissance ; s’il est claqué en position fermée, le drainage conduit dans les deux sens.

  • Lors du contrôle à la pince ampèremétrique, le courant dans le DAD ou la diode doit être nul, jusqu’à 10 mA continu accepté, lorsque le potentiel du rail dépasse celui de la canalisation, et significatif, de quelques ampères, lorsque le potentiel du rail est inférieur à celui de la canalisation.

  • Les témoins métalliques doivent être déraccordés de la canalisation pendant leur manipulation pour éviter le risque d’électrisation ; toute manipulation avec témoin raccordé exige les précautions habituelles contre les risques électriques.

  • Pendant toute la période du monitoring, le circuit électrique témoin-canalisation doit rester fermé ; les jours cumulés d’ouverture ne doivent pas dépasser 15 jours.

  • Après 12 mois d’exposition, si VA ≤ 75 μm/an, une seconde expertise après 24 mois mesure VB : la situation est acceptable si VB ≤ 50 μm/an et doit être traitée si VB > 50 μm/an ; si VA > 75 μm/an, le traitement des influences est poursuivi.

  • Un dispositif d’amorçage de drainage (DAD) ou une diode bas seuil permet de drainer des courants vagabonds continus avec une différence de potentiel rail-canalisation faible : amorçage dès 200 mV pour environ 100 mA, contre un seuil d’environ 600 mV pour une diode traditionnelle.

Compléments

📌 Pour tester la tension d’une diode DAD débranchée, drainage ouvert, utiliser un multimètre en mode test diode : la borne positive côté anode doit donner un seuil supérieur à 0 V et inférieur à 0,1 V, tandis que la borne positive côté cathode doit afficher « Overload ».

  • Les témoins TM1-R sont posés à environ 20 cm sous la rehausse, face métallique vers le ciel, puis recouverts de 5 cm de sol d’origine sans caillou et d’une couverture totale d’environ 35 à 40 cm ; si le sol est sec, les 5 cm de recouvrement sont humidifiés avec 1 l d’eau déminéralisée.

Astuce mémo

Poser, mesurer, surveiller, déposer, expertiser.

15. Protection cathodique des ensembles complexes

★ À maîtriser

  • Pour un EEC, le critère EON est ≤ −850 mV/Cu/CuSO4 saturée à moins de 0,5 m d’une grande cathode, et ≤ −1 250 mV/Cu/CuSO4 saturée à plus de 0,5 m si la résistivité du sol est inférieure à 100 Ω·m.

  • Sur témoin métallique, les critères alternatifs d’efficacité de la protection cathodique sont JTM > 20 mA/m² et En − EON > 300 mV.

  • Sur la structure à contrôler, le critère alternatif d’efficacité de la protection cathodique est En − EON > 300 mV.

Compléments

📌 Le témoin métallique ou l’électrode de mesure doit être placé à un emplacement critique où un courant anodique est susceptible de quitter le témoin ou la structure, par exemple près d’une cathode étrangère, d’une hétérogénéité du sol ou d’un effet d’écran.

📌 Un EOFF inférieur à environ −1 200 mV/Cu/CuSO4 saturée sur une conduite peut signaler un risque de décollement cathodique du revêtement et justifier une action corrective après analyse.

Astuce mémo

Grande cathode proche : seuil EON de −850 mV ; éloignée : seuil de −1 250 mV sous condition de résistivité.

16. Interprétation des alarmes de télémesure

Notions clés & Définitions

  • NAL : Nombre de dépassements de seuil sur 24 h
  • TFL : Temps de dépassement de seuil, exprimé en secondes sur 24 h

★ À maîtriser

  • Sur une prise de potentiel avec TM et Delta Fourreau, un Eon moyen inférieur à −5000 mV signale un risque de protection très cathodique, tandis qu’un Eon compris entre −1000 mV et −351 mV signale un manque de protection cathodique.

  • Sur une prise de potentiel sans TM avec soutirage, un Eon moyen compris entre −1200 mV et −351 mV signale un risque d’arrêt du soutirage, et un Eon supérieur à −350 mV signale un manque de protection cathodique ou un problème sur le Next.

  • Sur un drainage, un courant drainé minimal inférieur à −1,5 A signale un risque de drainage défaillant, notamment à cause d’un DAD ou d’une diode passante.

  • Pour un drainage direct, un courant drainé maximal supérieur à 150 A signale un risque de drainage défaillant ou de défaillance de la voie 2 du Next ; pour un drainage résistant, le seuil correspondant est supérieur à 50 A.

  • Les alarmes de télémesure comprennent les alarmes PC pour dépassement d’un seuil prédéfini et les MRI signalant des défauts matériels.

  • Une anomalie affichée en rouge impose une déclaration d’anomalie PC et une action corrective selon les délais de la PRO-0411, tandis qu’une alarme en noir doit être analysée pour déterminer si une intervention est nécessaire.

  • Une MRI est transmise si Eon moyen est supérieur à −351 mV ou si le Next n’a pas transmis de données depuis plus de 8 jours.

Compléments

  • Les alarmes reçues quotidiennement sont traitées chaque semaine afin de déclencher, si nécessaire, des interventions de dépannage.

  • Sur les prises de potentiel avec TM, une tension Ucana moyenne supérieure à 15 V conduit à réaliser un enregistrement longue durée sur la prise de potentiel pour diagnostiquer les influences AC à partir de Eon, Eoff, ITM DC et ITM AC.

  • Sur un soutirage, Us moyen inférieur à 1,5 V ou supérieur à 70 V peut signaler un arrêt du soutirage ou une défaillance de la voie 4 du Next, à confirmer en croisant avec les autres données.

  • Sur un soutirage, une tension Us nulle télésurveillée pendant au moins 43200 s signale un risque d’arrêt du soutirage, et un courant Is télésurveillé pendant au moins 43200 s peut signaler un arrêt du soutirage ou une défaillance de la voie 2 du Next.

  • Un courant de condensateur moyen supérieur à 30 A signale un courant AC écoulé trop important, tandis qu’une durée télésurveillée supérieure à 43200 s peut signaler un risque de claquage du filtre passant.

  • Pour un shunt Next de 150 mV/70 mA, le seuil utilisé est −0,7 mA et les valeurs doivent être adaptées pour un autre shunt de format 150 mV/X mA.

17. Contrôle de la chaîne de télémesure

Notions clés & Définitions

  • Électrode de référence terrain : Électrode qui joue le rôle d’électrode étalon et se branche à la borne négative COM du multimètre lors du contrôle d’une électrode de mesure.

★ À maîtriser

  • Le contrôle d’une électrode permanente consiste à retirer les cavaliers pour isoler le TM de la canalisation, mesurer le delta avec une électrode de mesure étalon placée près de l’électrode permanente, puis remplacer l’électrode permanente si l’écart dépasse ±100 mV et mesurer le delta de la nouvelle électrode.

  • Le contrôle de la chaîne de télémesure compare simultanément, en fonctionnement normal et sur site, les valeurs affichées par l’application de télémesure avec les mesures d’appareils de mesure réalisées au même instant.

📌 Les potentiels DC et les tensions Ucana AC se contrôlent avec un voltmètre placé en parallèle du récepteur ; les intensités se contrôlent avec un ampèremètre en série si la configuration le permet, sinon avec un voltmètre branché aux bornes du shunt externe.

  • Les EMT du contrôle de télémesure sont de 10 % pour les tensions et de 15 % pour les courants par rapport à la valeur lue au multimètre ; si cette valeur est inférieure au TALON, l’EMT est calculée sur le TALON.

Compléments

  • Pour contrôler Eon cana et Ucana AC, placer l’électrode permanente et l’électrode de mesure proches l’une de l’autre et en contact avec le sol, déconnecter la canalisation de la télémesure et du témoin éventuel, effectuer simultanément les mesures avec les deux multimètres, puis comparer les résultats aux EMT et remplacer l’électrode permanente si les EMT ne sont pas respectées.

  • Le multimètre utilisé pour contrôler une électrode doit être réglé en mV DC et le poreux de l’électrode doit être propre, sans terre ni saleté.

  • La fiche de vie d’une électrode de mesure consigne la date du contrôle, l’opérateur, l’identification de l’électrode de référence et du multimètre, ainsi que le delta mesuré en millivolts avec son signe et, le cas échéant, les mesures après entretien.

  • Les contrôles de télémesure sont réalisés lors de la mise en service d’un nouvel équipement de protection cathodique ou pendant les campagnes d’Évaluation Complète et Détaillée.

  • En présence d’influences électriques dynamiques sur la canalisation, la comparaison utilise des valeurs moyennes enregistrées pendant 2 à 10 min.

18. Détermination du seuil Eon

★ À maîtriser

  • Pour déterminer Eon seuil, noter la date de fin de la mesure ECD, relever dans l’application les valeurs moyennes quotidiennes de Eon des trois jours suivants, calculer leur moyenne, puis enregistrer Eoff moyen, le critère Ep et la date de mesure avant de calculer le seuil.

📌 La valeur Eon seuil est propre à chaque prise de potentiel télémesurée et reste valable jusqu’à sa prochaine détermination lors d’une nouvelle ECD ou d’une mesure corrective ayant un impact sur le niveau de protection cathodique.

📐 Formule - La moyenne quotidienne télémesurée de Eon sur trois jours après la mesure sur site est Eon3J=EonJ+1+EonJ+2+EonJ+33Eon_{3J} = \frac{Eon_{J+1} + Eon_{J+2} + Eon_{J+3}}{3}.

📐 Formule - Le seuil Eon d’une prise de potentiel télémesurée se calcule par Eonseuil=Eon3J−Eoffmoyen ECD+EpEon_{seuil} = Eon_{3J} - Eoff_{moyen\ ECD} + Ep, où Eon3J est la moyenne télémesurée sur trois jours, Eoff moyen ECD est la valeur moyenne de Eoff enregistrée lors de l’ECD et Ep est le critère de protection cathodique appliqué.

Compléments

📌 Une nouvelle détermination de Eon seuil est requise après une campagne ECD, une mesure corrective ayant un impact sur le niveau de protection cathodique de la portion d’intégrité ou la pose d’un nouvel équipement télémesuré sur une prise de potentiel, mais pas lors du simple remplacement de l’unité de télémesure.

  • L’évaluation générale de l’efficacité de la protection cathodique par analyse des données de télémesure sur les prises de potentiel est réalisée chaque mois.

Tableaux de synthèse

Seuils de pente sur drainage ouvert

Niveau d’influencePente a
Modérée−0,3 < a < −0,1
Forte−1 < a < −0,3
Faible−0,1 < a < 0
Nullea = 0

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Teste tes connaissances sur Mesures des influences électriques et drainage avec 51 questions à choix multiples et corrections détaillées.

1. Lors d’une réception de canalisation, que vérifie la mesure de la valeur d’isolement ?

2. Une canalisation neuve est installée dans un fourreau. À quel moment faut-il mesurer sa valeur d’isolement ?

Faire le QCM →

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Que vérifie l’évaluation générale de la protection cathodique sur un EER ou EEA ?

Son application sur tout l’ensemble électrique.

Que vérifie l’évaluation complète et détaillée de la protection cathodique ?

Son efficacité et la maîtrise des influences électriques.

Quelle procédure fixe la périodicité de l’ECD des EER et EEA ?

La PRO-0411.

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