📋 Plan du Cours
- Définition du génome et types eucaryotes
- Tailles des génomes et organisation générale
- Types de séquences génomiques
- Organisation des génomes eucaryotes par répétitions
- Séquences hautement répétées centromères
- Séquences hautement répétées télomères et télomérase
- Éléments transposables et inhibition de la transposition
- Classification des transposons et rétrotransposons
- Cycles réplicatifs des rétrotransposons
- Gènes d’histones et gènes ARNr ARNt
- Gènes codant protéines et ARN non codants
- Pseudogènes et origine des copies non fonctionnelles
📖 1. Définition du génome et types eucaryotes
🔑 Notions clés & Définitions
- Génome : Le génome est l’ensemble des chromosomes d’une cellule ou d’une espèce qui porte l’information génétique.
- Génome nucléaire eucaryote : Le génome eucaryote correspond à l’ensemble des chromosomes nucléaires d’une cellule ou d’une espèce.
- Génome mitochondrial : Le génome mitochondrial est l’information génétique portée par les mitochondries, distincte du génome nucléaire.
- Génome plastidial : Le génome plastidial est l’information génétique portée par les plastes, distincte du génome nucléaire.
📝 Points essentiels
- Chez les eucaryotes, le génome inclut les chromosomes nucléaires, et peut aussi inclure des génomes mitochondriaux et plastidiaux.
- Les génomes des virus et bactéries sont décrits comme compacts, avec une organisation plus compacte que celle des eucaryotes.
- Chez C. elegans et la drosophile, la proportion de gènes est relativement plus élevée que chez les vertébrés.
- Chez les génomes supérieurs, une grande majorité des séquences ne code pas des protéines (≈90% non codant).
- Les tailles de génomes eucaryotes vont d’environ 10^7 à 10^10–10^11 selon l’espèce (exemples : C. elegans, drosophile, vertébrés, plantes).
💡 Astuce mémo
Nucléaire + mitochondries + plastes = 3 étages du génome eucaryote.
📖 2. Tailles des génomes et organisation générale
🔑 Notions clés & Définitions
- Génomes de petits organismes : Ensemble des génomes de virus et bactéries, généralement de taille réduite et à organisation compacte.
- Génomes supérieurs : Ensemble des génomes d’organismes plus complexes, caractérisés par une forte proportion de séquences non codantes pour des protéines.
- Séquences codant pour des protéines : Catégorie de segments d’ADN qui portent l’information nécessaire à la synthèse de protéines.
- Séquences codant pour des ARN : Catégorie de segments d’ADN qui produisent des ARN fonctionnels sans passer par une protéine intermédiaire.
- ADN satellite : Type de séquences répétées en tandem, présentes en très grand nombre de copies dans certains génomes eucaryotes.
📝 Points essentiels
- Chez l’Homme, la taille du génome est d’environ 3×10^9 paires de bases (3 109).
- Chez les plantes, la taille du génome est indiquée autour de 10^10 à 10^11 paires de bases.
- Les petits génomes (virus, bactéries) sont décrits comme compacts, tandis que C. elegans et Drosophile/vertébrés ont des gènes avec des copies supplémentaires.
- Les génomes supérieurs comportent environ 90% de séquences non codantes pour des protéines.
- Les génomes sont classés en séquences codant pour des protéines, codant pour des ARN, et non codantes pour des protéines.
💡 Astuce mémo
Petits = compacts ; grands = beaucoup de non-codant (≈90%).
📖 3. Types de séquences génomiques
🔑 Notions clés & Définitions
- ARN ribosomique : ARN ribosomique : ARN très abondant qui participe à la production des ribosomes à partir du génome.
- ARN de transfert : ARN de transfert : ARN transporteur qui amène les acides aminés nécessaires à la synthèse des protéines.
- Histones : Histones : protéines structurales qui participent à l’organisation de l’ADN dans le noyau sous forme de chromatine.
- Éléments transposables : Éléments transposables : séquences capables de se déplacer dans le génome, modifiant la composition des régions répétées.
- Séquences LINE : Séquences LINE : longues répétitions (~6000 pb) dont les rétrotransposons sont autonomes et codent leurs propres enzymes.
📝 Points essentiels
- Les séquences fonctionnelles incluent des gènes codant pour ARNr, ARNt et des histones.
- L’ARNr représente environ 80% des ARN, ce qui reflète une forte production de ribosomes.
- Les éléments transposables se classent en transposons et rétrotransposons, dont LINE et SINE font partie.
- LINE correspond à une longue répétition d’environ 6000 pb, avec un rétrotransposon autonome qui se déplace seul et crée ses enzymes.
- SINE correspond à une répétition courte d’environ 300 pb, dont le rétrotransposon dépend des enzymes produites par LINE.
- Chez les eucaryotes, les séquences moyennement répétitives occupent environ 25–40% du génome et existent en plusieurs dizaines à milliers de copies.
💡 Astuce mémo
ARNr = ~80% des ARN (ribosomes), LINE = long et autonome (~6000 pb), SINE = court et dépendant (~300 pb).
📖 4. Organisation des génomes eucaryotes par répétitions
🔑 Notions clés & Définitions
- ADN satellite : ADN satellite : séquences répétées en tandem, non codantes, présentes dans le génome eucaryote.
- Minisatellites : Minisatellites : séquences répétées en tandem dont la longueur unitaire est d’environ 10 à 100 paires de bases.
- Microsatellites : Microsatellites : séquences répétées en tandem dont la longueur unitaire est d’environ 1 à 4 paires de bases.
- Pseudogènes : Pseudogènes : séquences ressemblant à des gènes, issues de duplications ou de rétrotranspositions, devenues non fonctionnelles.
- Répétitions de triplets CAG : Répétitions de triplets CAG : expansions de la répétition CAG associées à des maladies neurodégénératives comme la maladie de Huntington.
📝 Points essentiels
- Les gènes codant pour des protéines (sauf histones) produisent des enzymes, récepteurs, etc., tandis que les gènes non codants produisent des ARN fonctionnels (sauf ARNr répétées et ARNt).
- Les pseudogènes proviennent de duplications ou de rétrotranspositions et deviennent non fonctionnels à cause de mutations.
- Les ADN satellites sont des séquences hautement répétées en tandem non codantes, notamment associées aux centromères.
- Minisatellites : répétitions en tandem de 10–100 bp ; microsatellites : répétitions en tandem de 1–4 bp.
- Maladie de Huntington : le statut pathologique dépend du nombre de répétitions CAG, avec des seuils distincts pour normal, intermédiaire, pénétrance réduite et pénétrance complète.
- Maladie de Huntington : normal 10–26 repeats, prémutation 27–41, malade 36–121, avec symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques.
💡 Astuce mémo
ADN satellite = Centromère + Tandem + Non codant ; Huntington = CAG qui s’allonge (plus de repeats = plus de risque).
📖 5. Séquences hautement répétées centromères
🔑 Notions clés & Définitions
- Séquences hautement répétées centromères : Séquences d’ADN très répétées situées au niveau du centromère, dont la composition varie fortement selon l’espèce.
- ADN satellite α : ADN satellite centromérique humain constitué de monomères répétés, dont la séquence est riche en A et T.
- Monomère de 171 bp : Unité répétée de 171 paires de bases qui compose l’ADN satellite α chez l’Homme.
- HOR Higher Order Repeat : Motif de niveau supérieur formé par l’organisation de monomères en répétitions, très conservé au centromère.
- CENP-A : Protéine de variante d’histone qui se lie au centromère et participe à l’organisation de la chromatine centromérique.
📝 Points essentiels
- Risque de maladie : une pénétrance complète est associée à plus de 40 répétitions.
- Les séquences centromériques sont très variables selon l’espèce, avec des exemples cités chez Saccharomyces cerevisiae, Schizosaccharomyces pombe, Drosophila melanogaster, Mus musculus et Homo sapiens.
- Chez l’Homme, la séquence principale est l’ADN satellite α, organisé en monomères de 171 bp riches en A et T (~63%).
- Les monomères sont arrangés en motifs répétés formant des HOR, en tandem et ininterrompus sur 100 kb à 4 Mb.
- La liaison de CENP-A et de CENP-B (stabilité via l’ADN satellite α) contribue à une hétérochromatine constitutive et à l’assemblage du kinétochore.
- Les HOR humaines sont très conservées avec une identité de 99.8%.
💡 Astuce mémo
ADN centromère humain = α (171 bp) → HOR en tandem (100 kb–4 Mb) ; CENP-A/CENP-B stabilisent et recrutent le kinétochore.
📖 6. Séquences hautement répétées télomères et télomérase
🔑 Notions clés & Définitions
- Séquences répétées télomères : Séquences nucléotidiques très répétées situées aux extrémités des chromosomes, dont la longueur varie avec les divisions cellulaires.
- Télomérase : Enzyme qui allonge les télomères en ajoutant de nouvelles répétitions à l’extrémité des chromosomes.
- Shelterin : Complexe de protéines qui se fixe sur l’ADN télomérique et protège les extrémités chromosomiques.
- T-loop : Boucle formée par le repliement de l’extrémité 3’ simple brin du télomère, qui cache l’extrémité fragile.
- Vieillissement cellulaire : Processus lié à la diminution progressive de la longueur des télomères quand l’équilibre élongation/dégradation se rompt.
📝 Points essentiels
- À chaque division, la réplication entraîne une dégradation des télomères, ce qui réduit leur longueur si l’addition n’équilibre pas la perte.
- La télomérase ajoute des répétitions de type GGGTTA aux télomères, ce qui compense partiellement la dégradation.
- Le brin 3’ du télomère est plus long, riche en guanine et non apparié, ce qui correspond à une extrémité fragile.
- La coiffe shelterin se forme par liaison de plusieurs protéines spécifiques en nombre, assurant une protection de l’extrémité télomérique.
- Le repliement de l’extrémité 3’ simple brin génère une boucle T-loop d’environ 15000 paires de bases, qui cache surtout l’extrémité 3’ et protège aussi la 5’.
- Longueur télomérique variable selon le télomère, le chromosome et le type cellulaire, avec en général une diminution quand le nombre de divisions augmente, associée au vieillissement cellulaire.
💡 Astuce mémo
Télomères = « capuchon + boucle » : télomérase rallonge (GGGTTA), shelterin protège, T-loop cache l’extrémité 3’.
📖 7. Éléments transposables et inhibition de la transposition
🔑 Notions clés & Définitions
- Télomérase : Enzyme qui maintient la longueur des télomères et permet de préserver un potentiel de division cellulaire élevé.
- Sénescence réplicative : État de blocage des divisions cellulaires déclenché quand les télomères deviennent trop courts après des cycles de réplication.
- Apoptose : Mort cellulaire programmée activée après l’arrêt de la division, participant à la protection contre la prolifération incontrôlée.
- Éléments transposables : Segments d’ADN capables de changer de position dans le génome, incluant transposons, rétrotransposons et séquences SINE/LINE.
- Barbara McClintock : Généticienne associée à la découverte d’éléments mobiles dans le maïs, fondant l’idée de gènes capables de changer de place.
📝 Points essentiels
- La réactivation de la télomérase peut restaurer un potentiel de division élevé, ce qui favorise une prolifération potentiellement illimitée.
- Avec l’âge, l’activité télomérase diminue dans les cellules différenciées, entraînant un raccourcissement des télomères jusqu’à un seuil critique.
- Quand les télomères deviennent trop courts, les divisions cellulaires s’arrêtent et la cellule entre en sénescence réplicative.
- La sénescence réplicative peut déclencher une apoptose, ce qui contribue à la protection contre le cancer.
- Des mutations du gène codant l’ARN télomérase peuvent provoquer une dyskératose congénitale avec raccourcissement précoce des télomères et atteintes pulmonaires, hépatiques, cutanées et médullaires.
- Les éléments transposables incluent transposons, rétrotransposons, SINE et LINE, et sont présents chez les procaryotes comme chez les eucaryotes.
💡 Astuce mémo
Télomères courts → frein (sénescence) → sortie (apoptose) ; TE = ADN qui se déplace (SINE/LINE, transposons, rétrotransposons).
📖 8. Classification des transposons et rétrotransposons
🔑 Notions clés & Définitions
- Barbara McClintock : Généticienne à l’origine de l’idée que des gènes peuvent changer de position dans le génome, notamment observé chez le maïs.
- Séquences SINE : Famille de séquences moyennement répétées capables de se mobiliser dans le génome, présentes chez procaryotes et eucaryotes.
- Séquences LINE : Famille de séquences moyennement répétées mobilisables, largement distribuées dans les espèces et très abondantes chez l’humain.
- Éléments transposables : Éléments mobiles du génome capables de changer de position, regroupant transposons et rétrotransposons.
- Rétrotransposon : Élément transposable qui passe par une étape ARN intermédiaire avant insertion dans un nouvel emplacement du génome.
📝 Points essentiels
- Les transposons et rétrotransposons sont des éléments transposables capables de modifier la position de séquences dans le génome.
- Les séquences SINE et LINE sont des séquences moyennement répétées présentes chez procaryotes et eucaryotes, et elles représentent une part importante du génome humain.
- Au départ, ces éléments ont été vus comme des parasites moléculaires sans fonction, avec une capacité d’autoreproduction.
- Même si l’insertion peut théoriquement provoquer cassures chromosomiques ou instabilités, des mécanismes d’inhibition limitent la translocation (ex. méthylation, hétérochromatisation, ARN interférents).
- Les transpositions sont associées à des risques de pathologies (altérations du développement, troubles neurologiques, vieillissement cellulaire, cancers).
- Sur le plan évolutif, la transposition favorise des duplications, induit des recombinaisons et modifie l’architecture des génomes, jouant un rôle de moteur de l’évolution génomique.
💡 Astuce mémo
McClintock : « maïs qui bouge » → TE (transposons) et rétroTE (via ARN) ; SINE/LINE = répétées, nombreuses, contrôlées (méthylation/ARNi).
📖 9. Cycles réplicatifs des rétrotransposons
🔑 Notions clés & Définitions
- Rétrotransposons : Éléments génétiques mobiles qui passent par un intermédiaire ARN avant de réintégrer une copie d’ADN dans le génome.
- Rétrotransposons à LTR : Rétrotransposons portant des Long Terminal Repeats, avec une organisation proche de celle des rétrovirus.
- Rétrotransposons sans LTR : Rétrotransposons dépourvus de LTR, dont les séquences typiques chez les mammifères sont LINE et SINE.
- LINE : Séquences nucléaires intercalées longues, classées parmi les rétrotransposons sans LTR chez la plupart des mammifères.
- SINE : Séquences nucléaires intercalées courtes, classées parmi les rétrotransposons sans LTR chez la plupart des mammifères.
📝 Points essentiels
- Les rétrotransposons utilisent une transcription inverse pour transformer un ARN intermédiaire en ADN avant insertion dans un site accepteur.
- Le cycle réplicatif implique une réplication de l’ADN et une nouvelle insertion au niveau d’un site accepteur, ce qui augmente le nombre de copies.
- Deux grandes familles existent : ceux à LTR (ex-viraux) et ceux sans LTR (non viraux), avec des séquences répétées caractéristiques.
- Les rétrotransposons à LTR sont associés à des exemples comme Ty (levure) et Copia (drosophile).
- Les rétrotransposons sans LTR sont associés chez les mammifères à LINE et SINE, avec des séquences répétées et un ADN codant pour des protéines (LINE).
- Les LTR correspondent à des répétitions directes de 5 à 10 pb et encadrent des gènes de type gag, pol et env (selon l’organisation).
💡 Astuce mémo
LTR = “Long Terminal Repeats” (proche rétrovirus) ; sans LTR = “LINE/SINE” (mammifères).
📖 10. Gènes d’histones et gènes ARNr ARNt
🔑 Notions clés & Définitions
- Rétrotransposons à LTR : Éléments génétiques qui se répliquent via un intermédiaire ARN puis ADN, avec des séquences LTR à leurs extrémités.
- LINE : Famille de rétrotransposons sans LTR, constituée de longs éléments disséminés dans le génome.
- SINE : Famille de rétrotransposons sans LTR, constituée de courts éléments disséminés dans le génome.
- Gènes des histones : Gènes répétitifs organisés en clusters en tandem, transcrits en unités séparées et sans introns chez l’Homme.
- Séquences ALU : Sous-classe humaine de SINE, apparentée à l’ARN 7SL et souvent tronquée côté 5’.
📝 Points essentiels
- Cycle rétrovirus : entrée cellulaire, fixation, endocytose, décapsidation, transcription inverse, intégration, transcription, puis bourgeonnement et libération.
- LINE : L1 mesure ~6–7 kb et comporte ORF1 (~1 kb, protéine liant l’ARN) et ORF2 (~4 kb, transcriptase inverse).
- LINE : présence d’une région riche en codons stop et de répétitions directes de 5–10 pb, avec une région riche en A/T.
- SINE : longueur ~300 pb et quantité ~500 000 chez l’Homme, soit ~5% du génome.
- SINE : spécificité d’espèce avec 50–60% d’égalité entre mammifères, et forte variabilité intra-espèce avec ~80% d’égalité.
- Séquence ALU : longueur ~300–10 pb, souvent non entière (coupée côté 5’), et similaire à l’ARN 7SL impliqué dans la reconnaissance du peptide néoformé pendant la traduction.
💡 Astuce mémo
LTR = « Long Terminal Repeat » (extrémités répétées) ; LINE = « Long » (6–7 kb) ; SINE = « Short » (≈300 pb) ; Histones = « tandem tête-queue en clusters ».
📖 11. Gènes codant protéines et ARN non codants
🔑 Notions clés & Définitions
- Clusters d’histones : Clusters d’histones : ensembles de gènes d’histones regroupés sur quelques chromosomes, transcrits sans introns et sans queue poly-A chez l’Homme.
- ARNr : ARNr : ARN ribosomique produit à partir de gènes organisés en répétitions, transcrit par la RNA polymérase I puis maturé en 18S, 5.8S et 28S.
- ADNr : ADNr : ADN contenant les gènes d’ARNr, organisé en répétitions avec promoteur et régions séparant la transcription des trois futurs ARNr.
- NTS : NTS : région non transcrite du locus ADNr, qui porte promoteur et séquences de régulation pour organiser la séparation des transcriptions.
- ETS : ETS : région externe transcrite du locus ADNr, jouant un rôle fonctionnel équivalent à une extrémité régulatrice de type 5’ UTR.
📝 Points essentiels
- Chez l’Homme, les gènes d’histones sont regroupés en 20 clusters sur 5 paires de chromosomes, avec transcription continue sans introns.
- Les transcrits d’histones ne possèdent pas de queue poly-A et chaque gène est transcrit individuellement en une unité séparée.
- En phase S, la transcription des gènes d’histones est fortement augmentée en parallèle de la réplication d’ADN et la dégradation des ARNm histoniques diminue.
- Fin de phase S, la transcription s’arrête brutalement, la dégradation des ARNm histoniques survient en quelques minutes, puis le niveau revient à un basal.
- Pour les gènes d’histones, le turnover maintient une quantité constante tout au long de la vie cellulaire.
- Les gènes d’ARNr et d’ARNt sont organisés en séquences moyennement répétées avec des répétitions en tandem tête-queue et une organisation similaire mais des structures différentes entre types d’ARN non codants.
💡 Astuce mémo
Phase S = Histones en mode construction : transcription ↑ et dégradation ↓, puis arrêt net et dégradation rapide à la fin.
📖 12. Pseudogènes et origine des copies non fonctionnelles
🔑 Notions clés & Définitions
- Pseudogènes : Séquences uniques issues de copies d’un gène existant, souvent non fonctionnelles et pouvant être incapables d’être correctement exprimées.
- ORF avec codon stop : Cadre de lecture ouvert contenant un codon stop, ce qui empêche en général la production d’une protéine complète.
- Poly-A en 3’ : Queue polyadénylée située en extrémité 3’ d’un transcrit, pouvant être présente sur certains pseudogènes.
- Transcription inverse de l’ARNm : Mécanisme où un ARNm est rétrotranscrit en ADN, puis intégré au génome pour former une copie.
- Duplication imparfaite : Copie d’un gène existant réalisée avec des erreurs, pouvant produire une séquence non fonctionnelle.
📝 Points essentiels
- Les pseudogènes peuvent ne pas être transcrits, donc ne pas produire de transcrits détectables.
- Les pseudogènes peuvent être transcrits mais ne pas être traduits, empêchant la synthèse protéique.
- Les pseudogènes n’ont généralement pas d’introns, ce qui reflète leur origine en copie non fonctionnelle.
- La présence d’un codon stop dans l’ORF favorise l’arrêt prématuré de la traduction.
- Certains pseudogènes peuvent porter une queue poly-A en 3’.
- Origines possibles : duplication imparfaite, transcription inverse de l’ARNm puis intégration, ou crossing-over inégal avec élément répété.
💡 Astuce mémo
Pseudogène = copie “cassée” : Stop dans l’ORF + souvent pas d’introns, et l’expression s’arrête (pas de transcription ou pas de traduction).
📊 Tableaux de synthèse
Répartition des séquences et répétitions (procaryotes vs eucaryotes)
| Type de séquence | Procaryotes | Eucaryotes |
|---|
| Single copy | 99,7 % | — |
| Highly repetitive | — | 10–15 % (totalement non codant) |
| Middle repetitive | — | 25–40 % (plusieurs dizaines à milliers de copies) |
| Single copy (unique/faiblement répété) | — | 25–50 % |
| Non codant (part) | — | 90–95 % non codant pour des protéines (génomes supérieurs) |
LINE vs SINE (rétrotransposons sans LTR)
| Élément | Longueur | Dépendance |
|---|
| LINE | ~6000 pb (L1 ~6–7 kb) | RT autonome (crée ses propres enzymes) |
| SINE | ~300 pb | RT dépendant (dépend des enzymes de LINE) |
| ALU (sous-classe SINE humaine) | ~300–10 pb (souvent tronquée côté 5’) | reconnaissance via similarité à l’ARN 7SL |
⚠️ Pièges & confusions fréquents
- Confondre génome nucléaire eucaryote (chromosomes nucléaires) avec génome mitochondrial/plastidial (ADN porté par mitochondries/plastes).
- Inverser l’idée LINE vs SINE : LINE est autonome et ~6000 pb, SINE est court (~300 pb) et dépend des enzymes de LINE.
- Croire que les télomères sont “protégés” sans structure : oublier la coiffe shelterin et surtout la T-loop (~15000 bp) qui cache l’extrémité 3’.
- Mélanger les répétitions : ADN satellite (tandem non codant, centromères) vs minisatellites (10–100 bp) vs microsatellites (1–4 bp).
- Se tromper sur Huntington : le statut pathologique dépend du nombre de répétitions CAG, et la pénétrance complète est associée à >40 répétitions (et non à un seuil unique “simple”).
- Penser que les gènes d’histones ont une queue poly-A : chez l’Homme, ils n’en ont pas et leur transcription est couplée à la phase S puis s’arrête brutalement.
- Croire que les pseudogènes sont forcément transcrits et traduits : ils peuvent ne pas être transcrits ou ne pas être traduits, et sont souvent non fonctionnels (stop dans l’ORF, pas d’introns).
✅ Checklist Examen
- Définir le génome et distinguer génome nucléaire eucaryote, génome mitochondrial et génome plastidial.
- Savoir donner l’ordre de grandeur des tailles de génomes eucaryotes (virus/bactéries compacts vs C. elegans/Drosophile/vertébrés, et Homme ~3×10^9 pb).
- Classer les séquences génomiques en codant protéines, codant ARN, et non-codantes, et relier “génomes supérieurs” à ~90% non codant pour des protéines.
- Décrire les séquences moyennement répétitives (25–40%) et citer les gènes répétés fonctionnels : ARNr (~80% des ARN), ARNt, histones.
- Expliquer les éléments transposables : transposons/rétrotransposons et la différence LINE vs SINE (longueur et dépendance à la RT).
- Décrire les séquences hautement répétées : ADN satellite (centromères), minisatellites (10–100 bp), microsatellites (1–4 bp).
- Relier la maladie de Huntington aux expansions CAG : normal 10–26, prémutation 27–41, malade 36–121, et symptômes (moteurs, cognitifs, psychiatriques).
- Pour le centromère humain, rappeler ADN satellite α (monomère 171 bp, riche A/T ~63%), organisation en HOR (100 kb–4 Mb) et rôle de CENP-A/CENP-B dans la stabilité et le kinétochore.
- Pour les télomères, rappeler répétitions GGGTTA, rôle de la télomérase, brin 3’ riche en guanine (extrémité fragile), shelterin et T-loop (~15000 bp).
- Expliquer le lien télomères–vieillissement–cancer : raccourcissement à chaque réplication, sénescence réplicative, apoptose, et réactivation télomérase dans les cellules cancéreuses.
- Décrire les cycles des rétrotransposons : rétrotranscription (ARN intermédiaire) puis insertion, et distinguer rétrotransposons à LTR (Ty, Copia) vs sans LTR (LINE/SINE).
- Décrire les gènes d’histones et ARNr/ARNt : clusters en tandem, pas d’introns, pas de poly-A pour histones, phase S (transcription ↑, dégradation ↓ puis arrêt brutal), et organisation ADNr (NTS/ETS/ITS).
- Définir pseudogènes et leurs origines (duplication imparfaite, transcription inverse puis intégration, crossing-over inégal), et rappeler les caractéristiques : souvent pas d’introns, stop dans l’ORF, possible poly-A 3’.
- Connaître l’organisation du génome mitochondrial humain : circulaire, ~16569 bp, quasi tout codant (protéines + ARN non codants ARNt/ARNr).
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