Fiche de révision : Organisation et diversité du génome eucaryote

Plan du Cours

  1. Définition du génome et types eucaryotes
  2. Tailles des génomes et organisation générale
  3. Types de séquences génomiques
  4. Organisation des génomes eucaryotes par répétitions
  5. Séquences hautement répétées centromères
  6. Séquences hautement répétées télomères et télomérase
  7. Éléments transposables et inhibition de la transposition
  8. Classification des transposons et rétrotransposons
  9. Cycles réplicatifs des rétrotransposons
  10. Gènes d’histones et gènes ARNr ARNt
  11. Gènes codant protéines et ARN non codants
  12. Pseudogènes et origine des copies non fonctionnelles

1. Définition du génome et types eucaryotes

Notions clés & Définitions

  • Génome : Le génome est l’ensemble des chromosomes d’une cellule ou d’une espèce qui porte l’information génétique.
  • Génome nucléaire eucaryote : Le génome eucaryote correspond à l’ensemble des chromosomes nucléaires d’une cellule ou d’une espèce.
  • Génome mitochondrial : Le génome mitochondrial est l’information génétique portée par les mitochondries, distincte du génome nucléaire.
  • Génome plastidial : Le génome plastidial est l’information génétique portée par les plastes, distincte du génome nucléaire.

Points essentiels

  • Chez les eucaryotes, le génome inclut les chromosomes nucléaires, et peut aussi inclure des génomes mitochondriaux et plastidiaux.
  • Les génomes des virus et bactéries sont décrits comme compacts, avec une organisation plus compacte que celle des eucaryotes.
  • Chez C. elegans et la drosophile, la proportion de gènes est relativement plus élevée que chez les vertébrés.
  • Chez les génomes supérieurs, une grande majorité des séquences ne code pas des protéines (≈90% non codant).
  • Les tailles de génomes eucaryotes vont d’environ 10^7 à 10^10–10^11 selon l’espèce (exemples : C. elegans, drosophile, vertébrés, plantes).

Astuce mémo

Nucléaire + mitochondries + plastes = 3 étages du génome eucaryote.

2. Tailles des génomes et organisation générale

Notions clés & Définitions

  • Génomes de petits organismes : Ensemble des génomes de virus et bactéries, généralement de taille réduite et à organisation compacte.
  • Génomes supérieurs : Ensemble des génomes d’organismes plus complexes, caractérisés par une forte proportion de séquences non codantes pour des protéines.
  • Séquences codant pour des protéines : Catégorie de segments d’ADN qui portent l’information nécessaire à la synthèse de protéines.
  • Séquences codant pour des ARN : Catégorie de segments d’ADN qui produisent des ARN fonctionnels sans passer par une protéine intermédiaire.
  • ADN satellite : Type de séquences répétées en tandem, présentes en très grand nombre de copies dans certains génomes eucaryotes.

Points essentiels

  • Chez l’Homme, la taille du génome est d’environ 3×10^9 paires de bases (3 109).
  • Chez les plantes, la taille du génome est indiquée autour de 10^10 à 10^11 paires de bases.
  • Les petits génomes (virus, bactéries) sont décrits comme compacts, tandis que C. elegans et Drosophile/vertébrés ont des gènes avec des copies supplémentaires.
  • Les génomes supérieurs comportent environ 90% de séquences non codantes pour des protéines.
  • Les génomes sont classés en séquences codant pour des protéines, codant pour des ARN, et non codantes pour des protéines.

Astuce mémo

Petits = compacts ; grands = beaucoup de non-codant (≈90%).

3. Types de séquences génomiques

Notions clés & Définitions

  • ARN ribosomique : ARN ribosomique : ARN très abondant qui participe à la production des ribosomes à partir du génome.
  • ARN de transfert : ARN de transfert : ARN transporteur qui amène les acides aminés nécessaires à la synthèse des protéines.
  • Histones : Histones : protéines structurales qui participent à l’organisation de l’ADN dans le noyau sous forme de chromatine.
  • Éléments transposables : Éléments transposables : séquences capables de se déplacer dans le génome, modifiant la composition des régions répétées.
  • Séquences LINE : Séquences LINE : longues répétitions (~6000 pb) dont les rétrotransposons sont autonomes et codent leurs propres enzymes.

Points essentiels

  • Les séquences fonctionnelles incluent des gènes codant pour ARNr, ARNt et des histones.
  • L’ARNr représente environ 80% des ARN, ce qui reflète une forte production de ribosomes.
  • Les éléments transposables se classent en transposons et rétrotransposons, dont LINE et SINE font partie.
  • LINE correspond à une longue répétition d’environ 6000 pb, avec un rétrotransposon autonome qui se déplace seul et crée ses enzymes.
  • SINE correspond à une répétition courte d’environ 300 pb, dont le rétrotransposon dépend des enzymes produites par LINE.
  • Chez les eucaryotes, les séquences moyennement répétitives occupent environ 25–40% du génome et existent en plusieurs dizaines à milliers de copies.

Astuce mémo

ARNr = ~80% des ARN (ribosomes), LINE = long et autonome (~6000 pb), SINE = court et dépendant (~300 pb).

4. Organisation des génomes eucaryotes par répétitions

Notions clés & Définitions

  • ADN satellite : ADN satellite : séquences répétées en tandem, non codantes, présentes dans le génome eucaryote.
  • Minisatellites : Minisatellites : séquences répétées en tandem dont la longueur unitaire est d’environ 10 à 100 paires de bases.
  • Microsatellites : Microsatellites : séquences répétées en tandem dont la longueur unitaire est d’environ 1 à 4 paires de bases.
  • Pseudogènes : Pseudogènes : séquences ressemblant à des gènes, issues de duplications ou de rétrotranspositions, devenues non fonctionnelles.
  • Répétitions de triplets CAG : Répétitions de triplets CAG : expansions de la répétition CAG associées à des maladies neurodégénératives comme la maladie de Huntington.

Points essentiels

  • Les gènes codant pour des protéines (sauf histones) produisent des enzymes, récepteurs, etc., tandis que les gènes non codants produisent des ARN fonctionnels (sauf ARNr répétées et ARNt).
  • Les pseudogènes proviennent de duplications ou de rétrotranspositions et deviennent non fonctionnels à cause de mutations.
  • Les ADN satellites sont des séquences hautement répétées en tandem non codantes, notamment associées aux centromères.
  • Minisatellites : répétitions en tandem de 10–100 bp ; microsatellites : répétitions en tandem de 1–4 bp.
  • Maladie de Huntington : le statut pathologique dépend du nombre de répétitions CAG, avec des seuils distincts pour normal, intermédiaire, pénétrance réduite et pénétrance complète.
  • Maladie de Huntington : normal 10–26 repeats, prémutation 27–41, malade 36–121, avec symptômes moteurs, cognitifs et psychiatriques.

Astuce mémo

ADN satellite = Centromère + Tandem + Non codant ; Huntington = CAG qui s’allonge (plus de repeats = plus de risque).

5. Séquences hautement répétées centromères

Notions clés & Définitions

  • Séquences hautement répétées centromères : Séquences d’ADN très répétées situées au niveau du centromère, dont la composition varie fortement selon l’espèce.
  • ADN satellite α : ADN satellite centromérique humain constitué de monomères répétés, dont la séquence est riche en A et T.
  • Monomère de 171 bp : Unité répétée de 171 paires de bases qui compose l’ADN satellite α chez l’Homme.
  • HOR Higher Order Repeat : Motif de niveau supérieur formé par l’organisation de monomères en répétitions, très conservé au centromère.
  • CENP-A : Protéine de variante d’histone qui se lie au centromère et participe à l’organisation de la chromatine centromérique.

Points essentiels

  • Risque de maladie : une pénétrance complète est associée à plus de 40 répétitions.
  • Les séquences centromériques sont très variables selon l’espèce, avec des exemples cités chez Saccharomyces cerevisiae, Schizosaccharomyces pombe, Drosophila melanogaster, Mus musculus et Homo sapiens.
  • Chez l’Homme, la séquence principale est l’ADN satellite α, organisé en monomères de 171 bp riches en A et T (~63%).
  • Les monomères sont arrangés en motifs répétés formant des HOR, en tandem et ininterrompus sur 100 kb à 4 Mb.
  • La liaison de CENP-A et de CENP-B (stabilité via l’ADN satellite α) contribue à une hétérochromatine constitutive et à l’assemblage du kinétochore.
  • Les HOR humaines sont très conservées avec une identité de 99.8%.

Astuce mémo

ADN centromère humain = α (171 bp) → HOR en tandem (100 kb–4 Mb) ; CENP-A/CENP-B stabilisent et recrutent le kinétochore.

6. Séquences hautement répétées télomères et télomérase

Notions clés & Définitions

  • Séquences répétées télomères : Séquences nucléotidiques très répétées situées aux extrémités des chromosomes, dont la longueur varie avec les divisions cellulaires.
  • Télomérase : Enzyme qui allonge les télomères en ajoutant de nouvelles répétitions à l’extrémité des chromosomes.
  • Shelterin : Complexe de protéines qui se fixe sur l’ADN télomérique et protège les extrémités chromosomiques.
  • T-loop : Boucle formée par le repliement de l’extrémité 3’ simple brin du télomère, qui cache l’extrémité fragile.
  • Vieillissement cellulaire : Processus lié à la diminution progressive de la longueur des télomères quand l’équilibre élongation/dégradation se rompt.

Points essentiels

  • À chaque division, la réplication entraîne une dégradation des télomères, ce qui réduit leur longueur si l’addition n’équilibre pas la perte.
  • La télomérase ajoute des répétitions de type GGGTTA aux télomères, ce qui compense partiellement la dégradation.
  • Le brin 3’ du télomère est plus long, riche en guanine et non apparié, ce qui correspond à une extrémité fragile.
  • La coiffe shelterin se forme par liaison de plusieurs protéines spécifiques en nombre, assurant une protection de l’extrémité télomérique.
  • Le repliement de l’extrémité 3’ simple brin génère une boucle T-loop d’environ 15000 paires de bases, qui cache surtout l’extrémité 3’ et protège aussi la 5’.
  • Longueur télomérique variable selon le télomère, le chromosome et le type cellulaire, avec en général une diminution quand le nombre de divisions augmente, associée au vieillissement cellulaire.

Astuce mémo

Télomères = « capuchon + boucle » : télomérase rallonge (GGGTTA), shelterin protège, T-loop cache l’extrémité 3’.

7. Éléments transposables et inhibition de la transposition

Notions clés & Définitions

  • Télomérase : Enzyme qui maintient la longueur des télomères et permet de préserver un potentiel de division cellulaire élevé.
  • Sénescence réplicative : État de blocage des divisions cellulaires déclenché quand les télomères deviennent trop courts après des cycles de réplication.
  • Apoptose : Mort cellulaire programmée activée après l’arrêt de la division, participant à la protection contre la prolifération incontrôlée.
  • Éléments transposables : Segments d’ADN capables de changer de position dans le génome, incluant transposons, rétrotransposons et séquences SINE/LINE.
  • Barbara McClintock : Généticienne associée à la découverte d’éléments mobiles dans le maïs, fondant l’idée de gènes capables de changer de place.

Points essentiels

  • La réactivation de la télomérase peut restaurer un potentiel de division élevé, ce qui favorise une prolifération potentiellement illimitée.
  • Avec l’âge, l’activité télomérase diminue dans les cellules différenciées, entraînant un raccourcissement des télomères jusqu’à un seuil critique.
  • Quand les télomères deviennent trop courts, les divisions cellulaires s’arrêtent et la cellule entre en sénescence réplicative.
  • La sénescence réplicative peut déclencher une apoptose, ce qui contribue à la protection contre le cancer.
  • Des mutations du gène codant l’ARN télomérase peuvent provoquer une dyskératose congénitale avec raccourcissement précoce des télomères et atteintes pulmonaires, hépatiques, cutanées et médullaires.
  • Les éléments transposables incluent transposons, rétrotransposons, SINE et LINE, et sont présents chez les procaryotes comme chez les eucaryotes.

Astuce mémo

Télomères courts → frein (sénescence) → sortie (apoptose) ; TE = ADN qui se déplace (SINE/LINE, transposons, rétrotransposons).

8. Classification des transposons et rétrotransposons

Notions clés & Définitions

  • Barbara McClintock : Généticienne à l’origine de l’idée que des gènes peuvent changer de position dans le génome, notamment observé chez le maïs.
  • Séquences SINE : Famille de séquences moyennement répétées capables de se mobiliser dans le génome, présentes chez procaryotes et eucaryotes.
  • Séquences LINE : Famille de séquences moyennement répétées mobilisables, largement distribuées dans les espèces et très abondantes chez l’humain.
  • Éléments transposables : Éléments mobiles du génome capables de changer de position, regroupant transposons et rétrotransposons.
  • Rétrotransposon : Élément transposable qui passe par une étape ARN intermédiaire avant insertion dans un nouvel emplacement du génome.

Points essentiels

  • Les transposons et rétrotransposons sont des éléments transposables capables de modifier la position de séquences dans le génome.
  • Les séquences SINE et LINE sont des séquences moyennement répétées présentes chez procaryotes et eucaryotes, et elles représentent une part importante du génome humain.
  • Au départ, ces éléments ont été vus comme des parasites moléculaires sans fonction, avec une capacité d’autoreproduction.
  • Même si l’insertion peut théoriquement provoquer cassures chromosomiques ou instabilités, des mécanismes d’inhibition limitent la translocation (ex. méthylation, hétérochromatisation, ARN interférents).
  • Les transpositions sont associées à des risques de pathologies (altérations du développement, troubles neurologiques, vieillissement cellulaire, cancers).
  • Sur le plan évolutif, la transposition favorise des duplications, induit des recombinaisons et modifie l’architecture des génomes, jouant un rôle de moteur de l’évolution génomique.

Astuce mémo

McClintock : « maïs qui bouge » → TE (transposons) et rétroTE (via ARN) ; SINE/LINE = répétées, nombreuses, contrôlées (méthylation/ARNi).

9. Cycles réplicatifs des rétrotransposons

Notions clés & Définitions

  • Rétrotransposons : Éléments génétiques mobiles qui passent par un intermédiaire ARN avant de réintégrer une copie d’ADN dans le génome.
  • Rétrotransposons à LTR : Rétrotransposons portant des Long Terminal Repeats, avec une organisation proche de celle des rétrovirus.
  • Rétrotransposons sans LTR : Rétrotransposons dépourvus de LTR, dont les séquences typiques chez les mammifères sont LINE et SINE.
  • LINE : Séquences nucléaires intercalées longues, classées parmi les rétrotransposons sans LTR chez la plupart des mammifères.
  • SINE : Séquences nucléaires intercalées courtes, classées parmi les rétrotransposons sans LTR chez la plupart des mammifères.

Points essentiels

  • Les rétrotransposons utilisent une transcription inverse pour transformer un ARN intermédiaire en ADN avant insertion dans un site accepteur.
  • Le cycle réplicatif implique une réplication de l’ADN et une nouvelle insertion au niveau d’un site accepteur, ce qui augmente le nombre de copies.
  • Deux grandes familles existent : ceux à LTR (ex-viraux) et ceux sans LTR (non viraux), avec des séquences répétées caractéristiques.
  • Les rétrotransposons à LTR sont associés à des exemples comme Ty (levure) et Copia (drosophile).
  • Les rétrotransposons sans LTR sont associés chez les mammifères à LINE et SINE, avec des séquences répétées et un ADN codant pour des protéines (LINE).
  • Les LTR correspondent à des répétitions directes de 5 à 10 pb et encadrent des gènes de type gag, pol et env (selon l’organisation).

Astuce mémo

LTR = “Long Terminal Repeats” (proche rétrovirus) ; sans LTR = “LINE/SINE” (mammifères).

10. Gènes d’histones et gènes ARNr ARNt

Notions clés & Définitions

  • Rétrotransposons à LTR : Éléments génétiques qui se répliquent via un intermédiaire ARN puis ADN, avec des séquences LTR à leurs extrémités.
  • LINE : Famille de rétrotransposons sans LTR, constituée de longs éléments disséminés dans le génome.
  • SINE : Famille de rétrotransposons sans LTR, constituée de courts éléments disséminés dans le génome.
  • Gènes des histones : Gènes répétitifs organisés en clusters en tandem, transcrits en unités séparées et sans introns chez l’Homme.
  • Séquences ALU : Sous-classe humaine de SINE, apparentée à l’ARN 7SL et souvent tronquée côté 5’.

Points essentiels

  • Cycle rétrovirus : entrée cellulaire, fixation, endocytose, décapsidation, transcription inverse, intégration, transcription, puis bourgeonnement et libération.
  • LINE : L1 mesure ~6–7 kb et comporte ORF1 (~1 kb, protéine liant l’ARN) et ORF2 (~4 kb, transcriptase inverse).
  • LINE : présence d’une région riche en codons stop et de répétitions directes de 5–10 pb, avec une région riche en A/T.
  • SINE : longueur ~300 pb et quantité ~500 000 chez l’Homme, soit ~5% du génome.
  • SINE : spécificité d’espèce avec 50–60% d’égalité entre mammifères, et forte variabilité intra-espèce avec ~80% d’égalité.
  • Séquence ALU : longueur ~300–10 pb, souvent non entière (coupée côté 5’), et similaire à l’ARN 7SL impliqué dans la reconnaissance du peptide néoformé pendant la traduction.

Astuce mémo

LTR = « Long Terminal Repeat » (extrémités répétées) ; LINE = « Long » (6–7 kb) ; SINE = « Short » (≈300 pb) ; Histones = « tandem tête-queue en clusters ».

11. Gènes codant protéines et ARN non codants

Notions clés & Définitions

  • Clusters d’histones : Clusters d’histones : ensembles de gènes d’histones regroupés sur quelques chromosomes, transcrits sans introns et sans queue poly-A chez l’Homme.
  • ARNr : ARNr : ARN ribosomique produit à partir de gènes organisés en répétitions, transcrit par la RNA polymérase I puis maturé en 18S, 5.8S et 28S.
  • ADNr : ADNr : ADN contenant les gènes d’ARNr, organisé en répétitions avec promoteur et régions séparant la transcription des trois futurs ARNr.
  • NTS : NTS : région non transcrite du locus ADNr, qui porte promoteur et séquences de régulation pour organiser la séparation des transcriptions.
  • ETS : ETS : région externe transcrite du locus ADNr, jouant un rôle fonctionnel équivalent à une extrémité régulatrice de type 5’ UTR.

Points essentiels

  • Chez l’Homme, les gènes d’histones sont regroupés en 20 clusters sur 5 paires de chromosomes, avec transcription continue sans introns.
  • Les transcrits d’histones ne possèdent pas de queue poly-A et chaque gène est transcrit individuellement en une unité séparée.
  • En phase S, la transcription des gènes d’histones est fortement augmentée en parallèle de la réplication d’ADN et la dégradation des ARNm histoniques diminue.
  • Fin de phase S, la transcription s’arrête brutalement, la dégradation des ARNm histoniques survient en quelques minutes, puis le niveau revient à un basal.
  • Pour les gènes d’histones, le turnover maintient une quantité constante tout au long de la vie cellulaire.
  • Les gènes d’ARNr et d’ARNt sont organisés en séquences moyennement répétées avec des répétitions en tandem tête-queue et une organisation similaire mais des structures différentes entre types d’ARN non codants.

Astuce mémo

Phase S = Histones en mode construction : transcription ↑ et dégradation ↓, puis arrêt net et dégradation rapide à la fin.

12. Pseudogènes et origine des copies non fonctionnelles

Notions clés & Définitions

  • Pseudogènes : Séquences uniques issues de copies d’un gène existant, souvent non fonctionnelles et pouvant être incapables d’être correctement exprimées.
  • ORF avec codon stop : Cadre de lecture ouvert contenant un codon stop, ce qui empêche en général la production d’une protéine complète.
  • Poly-A en 3’ : Queue polyadénylée située en extrémité 3’ d’un transcrit, pouvant être présente sur certains pseudogènes.
  • Transcription inverse de l’ARNm : Mécanisme où un ARNm est rétrotranscrit en ADN, puis intégré au génome pour former une copie.
  • Duplication imparfaite : Copie d’un gène existant réalisée avec des erreurs, pouvant produire une séquence non fonctionnelle.

Points essentiels

  • Les pseudogènes peuvent ne pas être transcrits, donc ne pas produire de transcrits détectables.
  • Les pseudogènes peuvent être transcrits mais ne pas être traduits, empêchant la synthèse protéique.
  • Les pseudogènes n’ont généralement pas d’introns, ce qui reflète leur origine en copie non fonctionnelle.
  • La présence d’un codon stop dans l’ORF favorise l’arrêt prématuré de la traduction.
  • Certains pseudogènes peuvent porter une queue poly-A en 3’.
  • Origines possibles : duplication imparfaite, transcription inverse de l’ARNm puis intégration, ou crossing-over inégal avec élément répété.

Astuce mémo

Pseudogène = copie “cassée” : Stop dans l’ORF + souvent pas d’introns, et l’expression s’arrête (pas de transcription ou pas de traduction).

Tableaux de synthèse

Répartition des séquences et répétitions (procaryotes vs eucaryotes)

Type de séquenceProcaryotesEucaryotes
Single copy99,7 %
Highly repetitive10–15 % (totalement non codant)
Middle repetitive25–40 % (plusieurs dizaines à milliers de copies)
Single copy (unique/faiblement répété)25–50 %
Non codant (part)90–95 % non codant pour des protéines (génomes supérieurs)

LINE vs SINE (rétrotransposons sans LTR)

ÉlémentLongueurDépendance
LINE~6000 pb (L1 ~6–7 kb)RT autonome (crée ses propres enzymes)
SINE~300 pbRT dépendant (dépend des enzymes de LINE)
ALU (sous-classe SINE humaine)~300–10 pb (souvent tronquée côté 5’)reconnaissance via similarité à l’ARN 7SL

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre génome nucléaire eucaryote (chromosomes nucléaires) avec génome mitochondrial/plastidial (ADN porté par mitochondries/plastes).
  2. Inverser l’idée LINE vs SINE : LINE est autonome et ~6000 pb, SINE est court (~300 pb) et dépend des enzymes de LINE.
  3. Croire que les télomères sont “protégés” sans structure : oublier la coiffe shelterin et surtout la T-loop (~15000 bp) qui cache l’extrémité 3’.
  4. Mélanger les répétitions : ADN satellite (tandem non codant, centromères) vs minisatellites (10–100 bp) vs microsatellites (1–4 bp).
  5. Se tromper sur Huntington : le statut pathologique dépend du nombre de répétitions CAG, et la pénétrance complète est associée à >40 répétitions (et non à un seuil unique “simple”).
  6. Penser que les gènes d’histones ont une queue poly-A : chez l’Homme, ils n’en ont pas et leur transcription est couplée à la phase S puis s’arrête brutalement.
  7. Croire que les pseudogènes sont forcément transcrits et traduits : ils peuvent ne pas être transcrits ou ne pas être traduits, et sont souvent non fonctionnels (stop dans l’ORF, pas d’introns).

Checklist Examen

  1. Définir le génome et distinguer génome nucléaire eucaryote, génome mitochondrial et génome plastidial.
  2. Savoir donner l’ordre de grandeur des tailles de génomes eucaryotes (virus/bactéries compacts vs C. elegans/Drosophile/vertébrés, et Homme ~3×10^9 pb).
  3. Classer les séquences génomiques en codant protéines, codant ARN, et non-codantes, et relier “génomes supérieurs” à ~90% non codant pour des protéines.
  4. Décrire les séquences moyennement répétitives (25–40%) et citer les gènes répétés fonctionnels : ARNr (~80% des ARN), ARNt, histones.
  5. Expliquer les éléments transposables : transposons/rétrotransposons et la différence LINE vs SINE (longueur et dépendance à la RT).
  6. Décrire les séquences hautement répétées : ADN satellite (centromères), minisatellites (10–100 bp), microsatellites (1–4 bp).
  7. Relier la maladie de Huntington aux expansions CAG : normal 10–26, prémutation 27–41, malade 36–121, et symptômes (moteurs, cognitifs, psychiatriques).
  8. Pour le centromère humain, rappeler ADN satellite α (monomère 171 bp, riche A/T ~63%), organisation en HOR (100 kb–4 Mb) et rôle de CENP-A/CENP-B dans la stabilité et le kinétochore.
  9. Pour les télomères, rappeler répétitions GGGTTA, rôle de la télomérase, brin 3’ riche en guanine (extrémité fragile), shelterin et T-loop (~15000 bp).
  10. Expliquer le lien télomères–vieillissement–cancer : raccourcissement à chaque réplication, sénescence réplicative, apoptose, et réactivation télomérase dans les cellules cancéreuses.
  11. Décrire les cycles des rétrotransposons : rétrotranscription (ARN intermédiaire) puis insertion, et distinguer rétrotransposons à LTR (Ty, Copia) vs sans LTR (LINE/SINE).
  12. Décrire les gènes d’histones et ARNr/ARNt : clusters en tandem, pas d’introns, pas de poly-A pour histones, phase S (transcription ↑, dégradation ↓ puis arrêt brutal), et organisation ADNr (NTS/ETS/ITS).
  13. Définir pseudogènes et leurs origines (duplication imparfaite, transcription inverse puis intégration, crossing-over inégal), et rappeler les caractéristiques : souvent pas d’introns, stop dans l’ORF, possible poly-A 3’.
  14. Connaître l’organisation du génome mitochondrial humain : circulaire, ~16569 bp, quasi tout codant (protéines + ARN non codants ARNt/ARNr).

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1. Quelle définition correspond le mieux au génome chez les eucaryotes ?

2. Quel type de génome est distinct du génome nucléaire eucaryote et est porté par les mitochondries ?

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Génome — définition ?

Ensemble des chromosomes portant l’information génétique.

Génome nucléaire eucaryote — composition ?

Chromosomes nucléaires et parfois organelles (mitochondries, plastes).

Génome mitochondrial — localisation ?

Dans les mitochondries, distinct du génome nucléaire.

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