QCM : Politiques linguistiques et francophonie — 20 questions

Questions et réponses du QCM

1. Qu’est-ce qu’une politique linguistique ?

Une intervention volontaire visant à maintenir ou à changer une situation sociolangagière
Une description scientifique des différences entre plusieurs variétés linguistiques
Une transmission familiale de pratiques langagières entre générations
Une évolution spontanée des pratiques langagières dans les interactions quotidiennes

Une intervention volontaire visant à maintenir ou à changer une situation sociolangagière

Explication

Une politique linguistique désigne une intervention volontaire sur les langues et les situations sociolangagières afin de les maintenir ou de les transformer. L’évolution spontanée des pratiques relève plutôt du changement linguistique observé dans les usages sociaux.

2. Quelle distinction caractérise le changement linguistique in vivo et le changement in vitro ?

L’in vivo transforme les pratiques sociales, tandis que l’in vitro résulte d’une politique linguistique concertée
L’in vivo concerne les institutions, tandis que l’in vitro provient des échanges familiaux
L’in vivo impose une norme, tandis que l’in vitro résulte d’innovations spontanées
L’in vivo agit sur le statut, tandis que l’in vitro agit sur la prononciation

L’in vivo transforme les pratiques sociales, tandis que l’in vitro résulte d’une politique linguistique concertée

Explication

Le changement in vivo apparaît dans les pratiques sociales et les interactions des usagers, alors que le changement in vitro découle d’une politique linguistique concertée, explicite ou implicite. L’imposition d’une norme et les innovations spontanées correspondent donc à la logique inverse.

3. Une réforme crée de nouveaux termes et modifie l’alphabet d’une langue, tandis qu’une autre lui accorde une place dans les administrations : quelles dimensions concernent-elles ?

La première relève du corpus et la seconde relève du statut
La première relève du statut et la seconde relève du corpus
Les deux relèvent du corpus, car elles concernent les usages
Les deux relèvent du statut, car elles modifient la politique linguistique

La première relève du corpus et la seconde relève du statut

Explication

Les actions sur le corpus modifient la forme et les usages, comme l’alphabet ou les termes, tandis que les actions sur le statut modifient la position sociale et institutionnelle. Accorder une place administrative à une langue concerne donc son statut.

4. Pour rendre une langue utilisable dans les domaines contemporains, quelle suite d’actions correspond à une adaptation du corpus ?

Lui attribuer un statut officiel, réduire ses usages, puis la retirer de l’école
Décrire ses locuteurs, mesurer sa fréquence, puis comparer ses dialectes
Créer des termes, l’adapter aux domaines spécialisés, puis la standardiser
La transmettre dans les familles, favoriser les échanges, puis observer ses variations

Créer des termes, l’adapter aux domaines spécialisés, puis la standardiser

Explication

L’adaptation du corpus peut comprendre des emprunts, des calques et des néologismes, puis l’aptitude aux usages juridiques, administratifs et scolaires, avant la standardisation. L’attribution d’un statut officiel concerne la position institutionnelle plutôt que la forme de la langue.

5. Que signifie standardiser une langue ?

Choisir une norme de référence parmi plusieurs formes possibles
Décrire toutes les variantes sans retenir de forme privilégiée
Remplacer les usages populaires par une langue étrangère reconnue
Accorder à une langue une place officielle dans les institutions

Choisir une norme de référence parmi plusieurs formes possibles

Explication

La standardisation consiste à sélectionner une norme de référence pour des éléments comme l’alphabet, le vocabulaire, la morphologie ou la syntaxe. Elle ne se confond pas avec l’octroi d’un statut officiel, qui concerne la position sociale de la langue.

6. Quel effet peut produire l’octroi d’un statut officiel à une langue ?

Il transforme sa grammaire et son vocabulaire afin de la rendre conforme à une norme
Il limite son emploi à la transmission familiale et aux manifestations patrimoniales
Il facilite son accès aux administrations, à l’écrit et à l’enseignement supérieur sans garantir son usage majoritaire
Il impose son usage majoritaire dans la population et supprime les autres langues institutionnelles

Il facilite son accès aux administrations, à l’écrit et à l’enseignement supérieur sans garantir son usage majoritaire

Explication

Un statut officiel ouvre l’accès aux administrations, à l’écrit et à l’enseignement supérieur, mais il ne garantit pas que la langue soit majoritairement utilisée. La modification de la grammaire et du vocabulaire relève plutôt d’actions sur le corpus.

7. Deux collectivités adoptent des orientations linguistiques différentes pour l’école et les services publics : quelle relation leurs projets peuvent-ils entretenir ?

Ils deviennent automatiquement des politiques supra-étatiques dès qu’ils divergent
Ils peuvent se compléter ou entrer en contradiction selon leurs objectifs
Ils doivent produire une norme identique pour rester des projets linguistiques
Ils concernent des domaines séparés et ne peuvent pas interagir entre eux

Ils peuvent se compléter ou entrer en contradiction selon leurs objectifs

Explication

Les projets linguistiques portés par différents acteurs peuvent se renforcer mutuellement ou entrer en contradiction. La divergence entre leurs orientations ne change pas automatiquement leur niveau institutionnel.

8. Pourquoi les politiques linguistiques sont-elles liées à des projets de société ?

Parce que les langues sont choisies indépendamment des institutions et des groupes
Parce que les politiques linguistiques concernent principalement la communication privée
Parce que les enjeux sociolangagiers peuvent servir des orientations politiques plus larges
Parce qu’elles portent sur la grammaire sans rapport avec l’organisation sociale

Parce que les enjeux sociolangagiers peuvent servir des orientations politiques plus larges

Explication

Les politiques linguistiques s’articulent à des projets de société plus larges, et les enjeux sociolangagiers peuvent être mobilisés à des fins politiques. Elles ne se limitent donc pas à des questions internes de grammaire.

9. Quelles idéologies linguistiques sont fréquemment distinguées ?

La standardisation linguistique, la modernisation lexicale et la planification scolaire
Le bilinguisme scolaire, la diglossie institutionnelle et la revitalisation linguistique
Le régionalisme linguistique, le centralisme linguistique et le protectionnisme linguistique
Le nationalisme linguistique, le pluralisme linguistique et le libéralisme linguistique

Le nationalisme linguistique, le pluralisme linguistique et le libéralisme linguistique

Explication

Les trois idéologies linguistiques fréquemment distinguées sont le nationalisme linguistique, le pluralisme linguistique et le libéralisme linguistique. Les autres ensembles proposés regroupent des dispositifs, des situations ou des actions linguistiques plutôt que les trois idéologies indiquées.

10. Quelle orientation correspond au choix politique de ne pas intervenir dans les pratiques linguistiques et de laisser les évolutions se produire spontanément ?

Le principe de territorialité fondé sur des zones linguistiques
Le libéralisme linguistique fondé sur le laisser-faire
Le pluralisme linguistique fondé sur la protection des minorités
Le nationalisme linguistique fondé sur une langue commune

Le libéralisme linguistique fondé sur le laisser-faire

Explication

Le libéralisme linguistique désigne l’absence d’intervention politique assumée, autrement dit le laisser-faire. Le nationalisme linguistique implique au contraire une action de promotion d’une langue nationale.

11. Dans une société où les minorités linguistiques sont peu soutenues et où la réglementation est faible, quel effet le laisser-faire tend-il à produire ?

Il répartit les langues selon des territoires administratifs distincts
Il garantit une représentation équilibrée des langues minoritaires
Il transforme les langues régionales en langues officielles
Il renforce la langue dominante par la loi du plus fort

Il renforce la langue dominante par la loi du plus fort

Explication

Lorsque le pluralisme est peu réglementé et les minorités peu soutenues, le laisser-faire favorise la langue dominante. Il ne garantit donc pas un équilibre entre les groupes linguistiques.

12. Quel principe linguistique associe une ou plusieurs langues à des parties déterminées d’un territoire ?

Le principe d’assimilation nationale
Le principe de personnalité
Le principe de neutralité linguistique
Le principe de territorialité

Le principe de territorialité

Explication

Le principe de territorialité rattache des langues à des espaces géographiques déterminés, comme dans certaines régions de Suisse ou du Québec. Le principe de personnalité reconnaît plutôt des droits linguistiques sur l’ensemble du territoire.

13. Dans quel cas le principe de personnalité est-il appliqué ?

Lorsqu’une langue est reconnue sur l’ensemble du territoire pour l’administration et l’école
Lorsqu’une langue minoritaire est écartée des institutions pour préserver l’unité
Lorsqu’une langue unique est imposée comme symbole de l’identité nationale
Lorsqu’une langue est réservée à une région précise pour les services publics

Lorsqu’une langue est reconnue sur l’ensemble du territoire pour l’administration et l’école

Explication

Le principe de personnalité reconnaît des langues sur l’ensemble du territoire, où elles peuvent être utilisées dans l’administration et l’école. Cette logique se distingue de la territorialité, qui rattache les langues à des zones géographiques.

14. Que recouvre principalement la glottopolitique ?

La comparaison historique des langues indépendamment de leurs usages sociaux
La description grammaticale des langues sans intervention des institutions sociales
Les actions politiques de la société sur les faits de langage, à l’échelle micro ou macro
La promotion d’une langue nationale dans les seuls actes administratifs

Les actions politiques de la société sur les faits de langage, à l’échelle micro ou macro

Explication

La glottopolitique englobe les faits de langage dans lesquels l’action sociale prend une forme politique, des interventions locales à celles de l’État. Elle ne se limite donc ni à la grammaire ni aux seuls actes administratifs.

15. Quelle démarche caractérise une glottopolitique éclairée selon Louis Guespin et Jean-Baptiste Marcellesi ?

Préserver les pratiques existantes sans débat sur les objectifs collectifs
Connaître les pratiques, négocier les objectifs, puis choisir l’intervention adaptée
Confier les décisions linguistiques à l’État sans consultation sociale
Imposer une norme commune avant d’observer les usages des locuteurs

Connaître les pratiques, négocier les objectifs, puis choisir l’intervention adaptée

Explication

Une glottopolitique éclairée commence par l’étude des pratiques, poursuit par une définition négociée des objectifs et conduit au choix entre maintien, transformation ou optimisation. L’imposition préalable d’une norme contredit cette démarche fondée sur l’information et la négociation.

16. Quelle distinction entre le libéralisme linguistique et la glottopolitique éclairée est correcte selon Guespin et Marcellesi ?

Le premier soutient la politique d’un groupe ascendant, tandis que la seconde impose une langue nationale
Le premier protège les langues régionales, tandis que la seconde réserve les décisions aux institutions centrales
Le premier organise le débat démocratique, tandis que la seconde refuse l’intervention de l’État
Le premier repose sur la non-intervention, tandis que la seconde privilégie l’information et le débat démocratique

Le premier repose sur la non-intervention, tandis que la seconde privilégie l’information et le débat démocratique

Explication

Le libéralisme linguistique correspond à la non-intervention de l’État, alors que la glottopolitique éclairée s’appuie sur l’information, la sensibilisation et le débat démocratique. La politique d’un groupe social en ascension relève plutôt du dirigisme linguistique.

17. Quelle mesure linguistique est associée à l’Ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 ?

L’imposition du français dans les actes juridiques et administratifs
La reconnaissance des langues régionales comme patrimoine national
L’instauration d’une école gratuite, obligatoire, laïque et francophone
La constitutionnalisation du français comme langue de la République

L’imposition du français dans les actes juridiques et administratifs

Explication

En 1539, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts impose le français dans les actes juridiques et administratifs. L’école francophone relève des lois de Jules Ferry, tandis que les reconnaissances constitutionnelles sont postérieures.

18. Que prévoit la loi du 2 thermidor an II, adoptée en 1794, à propos de la langue des actes publics ?

Elle impose le français et présente les « patois » comme des obstacles à l’unité civique
Elle reconnaît les langues régionales comme une composante du patrimoine national
Elle autorise l’immersion scolaire dans les langues régionales sous contrôle public
Elle fait du français la langue de la République dans le texte constitutionnel

Elle impose le français et présente les « patois » comme des obstacles à l’unité civique

Explication

La loi de 1794 impose le français dans les actes publics et associe les « patois » à des obstacles à l’unité civique. La reconnaissance constitutionnelle du français comme langue de la République date de 1992.

19. Quelle politique linguistique est mise en place par les lois de Jules Ferry de 1881–1882 ?

Une administration bilingue reconnaissant les langues régionales dans toutes les institutions
Une protection constitutionnelle des langues régionales comme patrimoine de la France
Une école gratuite, obligatoire, laïque et francophone où les langues régionales sont souvent réprimées
Une promotion de l’immersion régionale malgré une limitation de sa portée juridique

Une école gratuite, obligatoire, laïque et francophone où les langues régionales sont souvent réprimées

Explication

Les lois de Jules Ferry instaurent une école gratuite, obligatoire, laïque et francophone, dans laquelle les langues régionales sont souvent réprimées. La reconnaissance patrimoniale et la question de l’immersion apparaissent dans des mesures beaucoup plus tardives.

20. Que reconnaît explicitement l’article 2 de la Constitution française en 1992 ?

Les langues régionales comme patrimoine de la France
Le français comme langue imposée dans les actes publics
L’immersion régionale comme principe de l’enseignement public
Le français comme langue de la République

Le français comme langue de la République

Explication

En 1992, l’article 2 de la Constitution affirme explicitement que le français est la langue de la République. La reconnaissance des langues régionales comme patrimoine intervient avec l’article 75-1 en 2008.

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Qu'est-ce qu'une politique linguistique ?

Une intervention volontaire sur les langues et situations sociolangagières.

Quelle différence Calvet (2002) fait-il entre changement linguistique in vivo et in vitro ?

In vivo est un changement naturel dans les pratiques sociales, in vitro est imposé par une politique linguistique.

Quels types de contacts linguistiques gèrent les politiques linguistiques ?

Les contacts de langues et les plurilinguismes.

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