QCM : Prévention spécialisée et politiques sociales — 19 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle orientation l’ordonnance du 2 février 1945 relative à l’enfance délinquante a-t-elle privilégiée ?

Une prise en charge éducative centrée sur l’individu
Un placement institutionnel appliqué aux jeunes concernés
Une réponse pénale fondée sur la sanction
Une intervention sociale réservée aux familles

Une prise en charge éducative centrée sur l’individu

Explication

L’ordonnance de 1945 reconnaît la nécessité d’approches éducatives spécifiques et privilégie l’accompagnement de l’individu. Elle se distingue ainsi d’une réponse principalement pénale et sanctionnatrice.

2. Quel phénomène, particulièrement médiatisé à partir de 1959, a contribué au développement de nouvelles réponses sociales et éducatives ?

Les équipes éducatives intervenant en institution
Les groupes de jeunes appelés « blousons noirs »
Les mouvements de jeunesse issus du milieu scolaire
Les premiers clubs municipaux de prévention

Les groupes de jeunes appelés « blousons noirs »

Explication

Les « blousons noirs » désignent des groupes de jeunes associés à la culture rock, aux bandes de rue et parfois à la délinquance. Ce phénomène a favorisé la recherche de réponses sociales et éducatives nouvelles, mais ne désigne pas une institution.

3. Qui a créé, par un arrêté du 14 mai 1963, le Comité national des clubs et équipes de prévention contre l’inadaptation sociale de la jeunesse ?

Le président d’un Conseil général
Le ministre chargé de la Justice
Georges Pompidou, Premier ministre
Louis Pichat, président du comité

Georges Pompidou, Premier ministre

Explication

L’arrêté du 14 mai 1963 a été pris par le Premier ministre Georges Pompidou et a créé ce comité. Le nom de Comité Pichat vient ensuite de son président, Louis Pichat, et non de l’auteur de l’arrêté.

4. Que formalise l’arrêté interministériel du 4 juillet 1972 dans le domaine de la prévention spécialisée ?

La création du Comité national de prévention de la jeunesse
La reconnaissance de l’ordonnance éducative de 1945
Une méthodologie d’approche fondée sur le travail de rue
Le transfert départemental de l’aide sociale à l’enfance

Une méthodologie d’approche fondée sur le travail de rue

Explication

L’arrêté interministériel de 1972 formalise une méthodologie d’approche des populations reposant sur le travail de rue. La création du Comité Pichat relève de l’arrêté de 1963, et non de celui de 1972.

5. Quelle conséquence les lois de décentralisation du 6 janvier 1986 ont-elles eue pour la prévention spécialisée ?

Elles ont supprimé son rattachement à la protection de l’enfance
Elles ont confié cette compétence aux départements
Elles ont transféré cette compétence aux établissements scolaires
Elles ont placé cette compétence auprès des communes

Elles ont confié cette compétence aux départements

Explication

Les lois de 1986 ont transféré aux Conseils généraux la compétence de l’aide sociale, dans laquelle s’inscrit la prévention spécialisée. Celle-ci est ainsi entrée dans le champ de compétence des départements.

6. Comment peut-on définir la prévention spécialisée dans son rapport aux jeunes accompagnés ?

Une prévention éducative de terrain favorisant le lien social et l’insertion
Une prise en charge institutionnelle centrée sur la surveillance des jeunes
Une action scolaire visant à prévenir les difficultés d’apprentissage
Une intervention judiciaire destinée à sanctionner les conduites marginales

Une prévention éducative de terrain favorisant le lien social et l’insertion

Explication

La prévention spécialisée est une action éducative de terrain inscrite dans la protection de l’enfance, destinée notamment aux jeunes exposés à la marginalisation. Elle cherche à rompre l’isolement, restaurer le lien social et soutenir l’insertion, plutôt qu’à organiser une prise en charge principalement institutionnelle.

7. Dans quel cadre la prévention spécialisée mène-t-elle principalement son action éducative ?

Dans des services administratifs chargés du suivi familial
Dans les milieux de vie des jeunes, comme la rue ou le quartier
Dans des établissements fermés spécialisés pour adolescents
Dans des structures scolaires dédiées à l’accompagnement pédagogique

Dans les milieux de vie des jeunes, comme la rue ou le quartier

Explication

La prévention spécialisée intervient dans les milieux de vie des jeunes, notamment la rue et le quartier. Cette présence de terrain la distingue d’une action éducative menée principalement en institution.

8. Quel ensemble correspond aux finalités de la prévention spécialisée ?

Rompre l’isolement, restaurer le lien social et favoriser l’insertion
Organiser le placement, assurer la surveillance et limiter les déplacements
Repérer les infractions, renforcer le contrôle et appliquer des sanctions
Prévenir les difficultés scolaires, orienter les familles et évaluer les résultats

Rompre l’isolement, restaurer le lien social et favoriser l’insertion

Explication

La prévention spécialisée vise à rompre l’isolement, restaurer le lien social, prévenir la désaffiliation et favoriser l’insertion sociale et professionnelle. Elle ne se réduit donc pas à la prévention de la délinquance ni à une fonction de contrôle.

9. Quel est le public habituel de la prévention spécialisée et jusqu’à quel âge une intervention peut-elle être prolongée ?

Les jeunes de 16 à 21 ans, avec une intervention possible jusqu’à 24 ans
Les jeunes de 11 à 21 ans, avec une intervention possible jusqu’à 25 ans
Les jeunes de 11 à 25 ans, sans distinction entre public habituel et prolongation
Les jeunes de 12 à 18 ans, avec une intervention possible jusqu’à 21 ans

Les jeunes de 11 à 21 ans, avec une intervention possible jusqu’à 25 ans

Explication

La prévention spécialisée s’adresse habituellement aux jeunes de 11 à 21 ans, mais elle peut prolonger son intervention jusqu’à 25 ans. Confondre la tranche d’âge habituelle avec la limite maximale efface cette distinction importante.

10. Quelle part du financement de la prévention spécialisée est assurée par le département ?

65 %
98 %
80 %
75 %

98 %

Explication

Le département finance la prévention spécialisée à hauteur de 98 %, ce qui constitue l’essentiel de son financement. Les autres pourcentages ne correspondent pas à la répartition indiquée.

11. Quel principe garantit qu’un éducateur peut intervenir auprès d’un jeune sans qu’une autorité lui ait imposé une intervention visant personnellement ce jeune ?

L’absence de mandat nominatif
Le respect de l’anonymat
Le partenariat interinstitutionnel
La non-institutionnalisation des actions

L’absence de mandat nominatif

Explication

L’absence de mandat nominatif permet à l’éducateur d’intervenir sans désignation personnelle du jeune par une autorité. Le respect de l’anonymat concerne plutôt la possibilité pour le jeune de ne pas révéler son identité.

12. Dans une démarche d’« aller vers », que signifie la libre adhésion du jeune ?

Il doit accepter les propositions après avoir été identifié par une institution
Il participe aux actions après une orientation obligatoire par un professionnel
Il adhère aux propositions dès lors qu’un membre de sa famille les approuve
Il choisit librement d’accepter ou de refuser les propositions éducatives

Il choisit librement d’accepter ou de refuser les propositions éducatives

Explication

La libre adhésion signifie que le jeune reste libre d’accepter ou de refuser les propositions éducatives, même lorsqu’il manifeste de la défiance envers les institutions. Une orientation obligatoire contredirait ce principe de choix personnel.

13. Quelle conséquence concrète découle du respect de l’anonymat en prévention spécialisée ?

Le jeune est anonymisé après transmission de son nom aux partenaires
Le jeune est identifié par un mandat afin d’assurer le suivi institutionnel
Le jeune doit communiquer son identité avant toute relation éducative
Le jeune peut rester anonyme et n’est pas obligé de donner son nom

Le jeune peut rester anonyme et n’est pas obligé de donner son nom

Explication

Le respect de l’anonymat permet au jeune de ne pas donner son nom et de rester anonyme, en lien avec l’absence de mandat et la libre adhésion. Exiger son identité au début de la relation irait à l’encontre de ce principe.

14. Comment la non-institutionnalisation des actions se manifeste-t-elle dans la pratique éducative ?

Les personnes sont accueillies dans un établissement avant toute intervention éducative
Les actions sont organisées dans un lieu institutionnel choisi par les professionnels
Les jeunes sont orientés vers une structure avant la rencontre avec l’éducateur
Les éducateurs interviennent directement dans le milieu de vie des personnes

Les éducateurs interviennent directement dans le milieu de vie des personnes

Explication

La non-institutionnalisation consiste à aller directement dans le milieu de vie des personnes plutôt qu’à les faire venir dans une institution. L’accueil préalable dans une structure correspond donc à une logique différente.

15. Quels sont les trois modes d’action de la prévention spécialisée ?

La médiation familiale, l’hébergement d’urgence et l’accompagnement scolaire
Le développement social local, le travail de rue et l’accompagnement éducatif individualisé
L’animation culturelle, la protection judiciaire et la formation des éducateurs
Le travail institutionnel, la prévention sanitaire et l’orientation professionnelle

Le développement social local, le travail de rue et l’accompagnement éducatif individualisé

Explication

Les trois modes d’action sont le développement social local, le travail de rue et l’accompagnement éducatif individualisé. Les autres ensembles associent des interventions ou des dispositifs qui ne constituent pas cette classification.

16. Quelle situation correspond au travail de rue en prévention spécialisée ?

Une présence quotidienne dans les espaces publics et les structures de proximité, sans projet préétabli
Une série d’entretiens individuels centrés sur la situation scolaire d’un jeune identifié
Une action collective planifiée autour d’un séjour sportif pour plusieurs familles
Une permanence administrative organisée dans un établissement avec rendez-vous obligatoires

Une présence quotidienne dans les espaces publics et les structures de proximité, sans projet préétabli

Explication

Le travail de rue repose sur une immersion quotidienne dans les espaces publics et les structures de proximité afin d’aller vers les jeunes et les acteurs locaux. Les entretiens individuels relèvent plutôt de l’accompagnement éducatif individualisé.

17. Quel exemple relève de l’accompagnement éducatif individualisé ?

Organiser une sortie culturelle destinée à plusieurs jeunes et habitants du quartier
Assurer une présence quotidienne dans les espaces publics sans projet préétabli
Mettre en place une animation de proximité pour l’ensemble d’un territoire
Aider un jeune de 17 ans confronté à des difficultés scolaires, familiales et administratives

Aider un jeune de 17 ans confronté à des difficultés scolaires, familiales et administratives

Explication

L’accompagnement éducatif individualisé porte sur la situation particulière d’un jeune de 11 à 21 ans et peut concerner plusieurs domaines de difficulté. Les sorties et animations collectives relèvent plutôt du développement social local, tandis que la présence dans l’espace public caractérise le travail de rue.

18. Quelle posture favorise l’instauration progressive d’une relation de confiance entre l’éducateur spécialisé et le jeune ?

Une posture experte, ferme et évaluative
Une posture disponible, humble et patiente
Une posture directive, distante et rapide
Une posture spontanée, insistante et démonstrative

Une posture disponible, humble et patiente

Explication

La disponibilité, l’humilité et la patience permettent à l’éducateur d’attendre que le jeune lui accorde sa confiance. Une relation éducative imposée immédiatement risque au contraire de fragiliser cette confiance.

19. Quelle association présente correctement deux dilemmes éthiques rencontrés dans la pratique éducative ?

Le signalement face à la confidentialité, et l’urgence face au choix du jeune
La confidentialité face à l’écoute, et la médiation face à l’autonomie du jeune
La confiance face à la prévention, et le choix du jeune face à l’accompagnement social
Le signalement face à la coopération, et l’urgence face à la disponibilité éducative

Le signalement face à la confidentialité, et l’urgence face au choix du jeune

Explication

Les dilemmes identifiés mettent en tension le signalement et la confidentialité, ainsi que l’intervention d’urgence et le respect du choix du jeune. Les autres associations remplacent ces tensions par des notions qui ne constituent pas les oppositions éthiques décrites.

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Quelle période marque la prise en charge des jeunes délinquants par des militants ?

De 1943 à 1947.

Que reconnaît l’ordonnance du 2 février 1945 concernant l’enfance délinquante ?

La nécessité d’approches éducatives spécifiques alternatives aux institutions fermées.

Quelle approche privilégie l’ordonnance du 2 février 1945 pour l’enfance délinquante ?

Une prise en charge centrée sur l’individu plutôt que sur la sanction.

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