QCM : Sociologie des médias — 25 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi un média est-il considéré comme un phénomène social complet ?

Parce qu’il transmet des contenus au moyen d’un support matériel
Parce qu’il correspond aux pratiques de communication des publics
Parce qu’il dépend principalement des innovations technologiques
Parce qu’il articule technique, pouvoir, culture et société

Parce qu’il articule technique, pouvoir, culture et société

Explication

Un média combine des dimensions techniques, politiques, culturelles et sociales, ce qui dépasse la simple existence d’un support ou d’un contenu. Le réduire à un support matériel conduirait à une conception limitée, par exemple à la télévision ou au smartphone.

2. Quelle distinction décrit correctement la production et la réception dans l’analyse sociologique d’un média ?

La production concerne la fabrication des contenus, tandis que la réception concerne ce que les publics en font
La production concerne l’interprétation des messages, tandis que la réception concerne le financement des contenus
La production concerne les usages des publics, tandis que la réception désigne le travail des concepteurs
La production concerne les effets sociaux, tandis que la réception désigne les dispositifs techniques utilisés

La production concerne la fabrication des contenus, tandis que la réception concerne ce que les publics en font

Explication

La production renvoie aux acteurs qui fabriquent les contenus, alors que la réception porte sur les interprétations et les usages des publics. Les effets sociaux et les dispositifs techniques constituent d’autres dimensions de l’analyse, mais ne définissent pas cette distinction.

3. Quelle association entre approche sociologique et objet d’analyse est correcte ?

Rieffel privilégie les effets techniques, tandis que les Cultural Studies décrivent les institutions médiatiques
McLuhan privilégie la technique, tandis que les Cultural Studies étudient l’interprétation des publics
L’École de Francfort analyse les usages, tandis que McLuhan étudie la réappropriation des messages
McLuhan étudie la réception, tandis que Rieffel privilégie la critique de l’industrie culturelle

McLuhan privilégie la technique, tandis que les Cultural Studies étudient l’interprétation des publics

Explication

L’approche de McLuhan met l’accent sur la technique et ses effets, tandis que les Cultural Studies s’intéressent à l’interprétation et à la réappropriation des messages par les publics. Les autres associations confondent les objets propres aux différentes approches.

4. Quelle thèse caractérise la conception des médias chez McLuhan ?

Les médias reproduisent les rapports idéologiques propres aux industries capitalistes
Le contenu détermine les effets sociaux, quel que soit le support utilisé
Le médium peut transformer la société indépendamment du contenu diffusé
Le public réinterprète les messages selon son profil social et ses expériences

Le médium peut transformer la société indépendamment du contenu diffusé

Explication

Pour McLuhan, le média constitue une extension du corps et sa forme technique peut transformer la société indépendamment du contenu. La réinterprétation par le public relève plutôt des Cultural Studies, tandis que la reproduction idéologique caractérise l’approche critique de l’École de Francfort.

5. Comment les Cultural Studies conçoivent-elles le rôle du public face aux messages médiatiques ?

Le public reçoit les messages sans intervenir dans leur signification sociale
Le public est principalement déterminé par les caractéristiques techniques du média
Le public peut interpréter et réapproprier les messages selon son profil social
Le public reproduit les significations imposées par les industries culturelles

Le public peut interpréter et réapproprier les messages selon son profil social

Explication

Les Cultural Studies considèrent les publics comme actifs, capables d’interpréter et de réapproprier les messages selon leur position sociale. L’idée d’une réception passive correspond à la confusion que cette approche cherche précisément à dépasser.

6. Quelles dimensions le modèle ME.D.I.A.TS de Lafon mobilise-t-il pour étudier les médias ?

La technologie, l’audience, la publicité, l’information et les sondages
Les contenus, les effets, la réception, la production et les supports matériels
L’économie, les discours, l’institution, les acteurs et les techniques en société
Le pouvoir, la culture, la société, le public et la circulation des messages

L’économie, les discours, l’institution, les acteurs et les techniques en société

Explication

Le modèle ME.D.I.A.TS de Lafon associe le modèle économique, les discours, l’institution, les acteurs et les techniques en société. Il propose donc une analyse multidimensionnelle plutôt qu’une étude centrée sur la technologie.

7. Une étude d’un réseau social examine son modèle économique, ses discours, son institution, ses acteurs et ses techniques en société : de quel cadre relève cette démarche ?

De l’approche des usages et de la réception des Cultural Studies
Du modèle global ME.D.I.A.TS de Lafon
De l’approche critique de l’École de Francfort
De l’approche techniciste et déterministe de McLuhan

Du modèle global ME.D.I.A.TS de Lafon

Explication

L’examen conjoint de l’économie, des discours, de l’institution, des acteurs et des techniques correspond au modèle global ME.D.I.A.TS proposé par Lafon. Les autres cadres mettent l’accent sur la technique, l’idéologie ou l’activité interprétative des publics, sans reprendre cet ensemble de dimensions.

8. Quelle conception de la société le fonctionnalisme propose-t-il ?

Un espace de conflits dépourvu de rôles institutionnels
Une structure où les individus reçoivent des messages identiques
Un ensemble de groupes dont les médias façonnent les opinions
Un système dont chaque élément remplit une fonction

Un système dont chaque élément remplit une fonction

Explication

Le fonctionnalisme analyse la société comme un système composé d’éléments qui remplissent chacun une fonction. L’idée d’éléments dépourvus de rôle social contredit précisément cette approche.

9. Quelle fonction des médias consiste à socialiser les individus par la transmission de valeurs et de normes ?

La surveillance de l’environnement
La transmission culturelle
Le divertissement médiatique
La mise en relation interprétative

La transmission culturelle

Explication

La transmission culturelle contribue à la socialisation en transmettant des valeurs, des normes et des références communes. La surveillance de l’environnement sert plutôt à informer sur les événements.

10. Dans le modèle de la seringue hypodermique, comment les médias influencent-ils le public ?

Ils injectent directement des idées à un public passif
Ils répondent aux besoins choisis par une audience active
Ils hiérarchisent les sujets sans orienter les opinions
Ils transmettent des messages par des leaders d’opinion

Ils injectent directement des idées à un public passif

Explication

La seringue hypodermique représente une influence directe des médias sur un individu considéré comme passif, selon le schéma média → individu → effet. La médiation par des leaders d’opinion correspond plutôt au Two-step flow.

11. Quelle question de Lasswell permet d’identifier le public auquel un message est destiné ?

« Says what? »
« With what effect? »
« In which channel? »
« To whom? »

« To whom? »

Explication

« To whom? » porte sur le destinataire ou le public de la communication. « With what effect? » concerne plutôt les conséquences produites par le message.

12. Quel trajet de l’information caractérise le Two-step flow ?

Des leaders d’opinion vers les médias, puis vers les journalistes
Des individus vers les médias, puis vers les institutions
Des médias vers les leaders d’opinion, puis vers les individus
Des médias directement vers chaque individu sans intermédiaire

Des médias vers les leaders d’opinion, puis vers les individus

Explication

Le Two-step flow décrit une influence médiatique relayée par des leaders d’opinion avant d’atteindre les individus. Une transmission directe sans intermédiaire relève plutôt du modèle de la seringue hypodermique.

13. Pourquoi le modèle du Two-step flow peut-il être considéré comme trop rigide ?

Parce que les influences peuvent aussi circuler directement ou à plusieurs niveaux
Parce que les médias produisent des effets identiques sur tous les individus
Parce que les leaders d’opinion reçoivent leurs informations sans influence médiatique
Parce que les réseaux familiaux et amicaux ne participent pas aux échanges

Parce que les influences peuvent aussi circuler directement ou à plusieurs niveaux

Explication

Le Two-step flow souligne le rôle des réseaux sociaux primaires, mais les circulations d’influence peuvent également être directes ou comporter plusieurs niveaux. Affirmer que le modèle exclut ces possibilités le rendrait plus rigide que la théorie ne le suppose.

14. Pourquoi la théorie des usages et gratifications considère-t-elle l’audience comme active ?

Parce que les leaders d’opinion filtrent tous les messages reçus
Parce que les individus choisissent leurs médias selon leurs besoins
Parce que les médias injectent des comportements dans un public passif
Parce que les médias imposent les sujets jugés importants

Parce que les individus choisissent leurs médias selon leurs besoins

Explication

Cette théorie considère que les individus sélectionnent et utilisent les médias en fonction de leurs besoins et de leurs attentes. L’injection de comportements dans un public passif appartient plutôt au modèle des effets directs.

15. Quelle gratification concerne principalement l’identité personnelle et la confiance en soi ?

L’évasion
L’intégration sociale
Les besoins cognitifs
L’intégration personnelle

L’intégration personnelle

Explication

L’intégration personnelle renvoie notamment à l’identité et à la confiance en soi. L’intégration sociale concerne plutôt les relations et les liens avec les autres.

16. Que désigne l’agenda-setting dans l’étude des effets médiatiques ?

Le choix des médias selon les besoins personnels de l’audience
La détermination directe des opinions adoptées par chaque individu
L’influence des médias sur l’importance accordée aux sujets
La circulation des messages par des leaders d’opinion intermédiaires

L’influence des médias sur l’importance accordée aux sujets

Explication

L’agenda-setting désigne l’influence des médias sur la hiérarchie des sujets que le public considère comme importants. Cette théorie ne détermine pas nécessairement les opinions précises que les individus doivent adopter.

17. Quel processus désigne la démarche par laquelle des acteurs cherchent à faire entrer un sujet dans l’agenda médiatique, puis politique ?

Le framing
La hiérarchisation éditoriale
L’agenda-building
L’agenda-setting

L’agenda-building

Explication

L’agenda-building désigne la construction progressive d’un agenda médiatique et politique par différents acteurs. L’agenda-setting concerne plutôt l’importance accordée aux sujets déjà présents dans l’agenda.

18. Une campagne médiatique sélectionne certains aspects d’un événement, désigne des responsables et met en avant des solutions possibles : quel mécanisme mobilise-t-elle ?

La segmentation des publics
La viralité numérique
L’agenda-building
Le framing

Le framing

Explication

Le framing consiste à sélectionner et rendre saillants certains aspects de la réalité afin d’orienter la définition du problème et ses solutions. L’agenda-building vise plutôt à faire inscrire un sujet dans les agendas médiatique et politique.

19. Pourquoi le journalisme est-il présenté comme un quatrième pouvoir ?

Parce qu’il défend les intérêts des autorités contre les critiques publiques
Parce qu’il exerce directement le pouvoir politique, économique et judiciaire
Parce qu’il surveille les pouvoirs politique, économique et judiciaire
Parce qu’il remplace les institutions dans leurs fonctions de décision

Parce qu’il surveille les pouvoirs politique, économique et judiciaire

Explication

Le journalisme est qualifié de quatrième pouvoir parce qu’il constitue un contre-pouvoir chargé de surveiller les pouvoirs institués. Il ne se confond donc pas avec les pouvoirs qu’il observe et met en question.

20. Quelle pratique correspond le mieux au rôle de watchdog dans le journalisme ?

Éviter les sujets controversés pour préserver les relations institutionnelles
Promouvoir les intérêts commerciaux des médias auprès des autorités
Relayer les déclarations officielles sans examen approfondi
Enquêter sur les dérives des pouvoirs dans l’intérêt public

Enquêter sur les dérives des pouvoirs dans l’intérêt public

Explication

Le watchdog surveille les pouvoirs, enquête sur leurs dérives et agit dans l’intérêt public, ce qui contribue au fonctionnement démocratique. Relayer des déclarations sans vérification ne correspond pas à cette fonction de contrôle.

21. Quel auteur analyse, en 2000, les mythes professionnels des journalistes qui construisent une image d’indépendance, de neutralité et d’objectivité ?

Max Weber
Jacques Le Bohec
Pierre Bourdieu
Antonio Gramsci

Jacques Le Bohec

Explication

Jacques Le Bohec analyse en 2000 les mythes professionnels qui présentent le journalisme comme indépendant, neutre et objectif. Pierre Bourdieu est ici associé à l’analyse de la violence symbolique, tandis qu’Antonio Gramsci travaille sur l’hégémonie culturelle.

22. Quelle situation illustre le mieux la violence symbolique selon Pierre Bourdieu ?

Une autorité annonce ouvertement une sanction pour obtenir un comportement précis
Un groupe organise une campagne pour inscrire un thème dans l’agenda politique
Un journaliste vérifie plusieurs témoignages avant de publier une information
Des catégories de pensée sont acceptées comme neutres alors qu’elles imposent une vision du monde

Des catégories de pensée sont acceptées comme neutres alors qu’elles imposent une vision du monde

Explication

La violence symbolique impose des mots, des catégories et des cadrages perçus comme naturels, neutres ou légitimes. Une sanction annoncée ouvertement relève plutôt d’une domination explicite et reconnue comme telle.

23. Que signifie l’hégémonie culturelle chez Antonio Gramsci ?

La sélection de certains aspects d’un événement pour orienter son interprétation
La surveillance des pouvoirs publics par des journalistes d’enquête
La diffusion de contenus viraux au sein de communautés numériques fermées
L’imposition des valeurs et de la vision du monde d’une classe dominante

L’imposition des valeurs et de la vision du monde d’une classe dominante

Explication

Pour Antonio Gramsci, l’hégémonie culturelle est le processus par lequel une classe dominante fait accepter ses valeurs, ses croyances et sa vision du monde dans l’ensemble de la société. La sélection des aspects d’un événement relève plutôt du framing.

24. Que désigne la fabrique du consentement dans l’analyse des médias de masse ?

La production d’un consensus favorable à certains intérêts des élites politiques et économiques
La hiérarchisation des sujets jugés importants dans l’espace médiatique
La sélection de contenus destinée à refléter la diversité des opinions publiques
La diffusion d’informations permettant aux citoyens de contrôler les institutions

La production d’un consensus favorable à certains intérêts des élites politiques et économiques

Explication

La fabrique du consentement décrit la manière dont les médias de masse peuvent contribuer à produire un consensus favorable à certains intérêts des élites politiques et économiques. La hiérarchisation des sujets importants relève plutôt de l’agenda-setting, qui constitue la confusion la plus fréquente ici.

25. Lequel des ensembles suivants regroupe les cinq filtres de la fabrique du consentement ?

La propriété, l’audience, les réseaux sociaux, le flak et la diversité culturelle
La propriété, la publicité, les sources institutionnelles, le flak et l’idéologie dominante
Les sources institutionnelles, la censure, l’audience, la publicité et le pluralisme
La publicité, les sondages, les sources institutionnelles, la concurrence et l’objectivité

La propriété, la publicité, les sources institutionnelles, le flak et l’idéologie dominante

Explication

Les cinq filtres sont la propriété, la publicité, les sources institutionnelles, le flak ou pression, et l’idéologie dominante. Le flak ne correspond pas au contrôle économique des médias : cette fonction renvoie au filtre de la propriété.

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Qu'est-ce qu'un média en tant que phénomène social ?

Un média est un phénomène social complet impliquant technique, pouvoir, culture et société.

Un média se réduit-il à un support technique ou à un contenu ?

Non, un média ne se réduit ni à un support technique ni à un contenu.

Sur combien de dimensions porte l’analyse sociologique d’un média ?

L’analyse sociologique d’un média porte sur cinq dimensions.

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