Fiche de révision : Psychopathologie et normalité développementale

Plan du Cours

  1. Psychopathologie et normalité en développement
  2. Types de normalité statistique sociale fonctionnelle
  3. Normalité selon modèles théoriques cliniques développementaux
  4. Troubles symptômes maladie syndrome et trouble mental
  5. Troubles précoces du nourrisson alimentation sommeil
  6. Syndrome du bébé secoué et traumatisme crânien non accidentel
  7. Dépistage précoce et signes d’alerte TSA
  8. Impact des écrans sur développement et interactions précoces
  9. Troubles du langage parole fluence mutisme
  10. Troubles anxieux anxiété peur et modèles explicatifs
  11. Trouble oppositionnel avec provocation et troubles des conduites
  12. Psycho trauma cerveau développement et prise en charge EMDR

1. Psychopathologie et normalité en développement

Notions clés & Définitions

  • Psychopathologie : Branche de la psychologie qui compare les processus mentaux normaux et pathologiques pour comprendre la vie psychique et guider l’intervention.
  • Normalité statistique : Normalité définie par la position d’un individu par rapport à une moyenne, avec des écarts considérés comme déviants.
  • Normalité idéale ou sociale : Normalité définie par des normes partagées par une société ou une époque, donc variable selon le contexte culturel.
  • Normalité fonctionnelle : Normalité définie comme l’état le plus adapté à un individu compte tenu de ses caractéristiques psychologiques et de ses normes personnelles.
  • Trouble mental (OMS) : Trouble mental correspondant à une altération majeure de la régulation des émotions, du comportement ou des fonctions cognitives, avec détresse ou déficiences fonctionnelles.

Points essentiels

  • La normalité est associée à la santé, au développement harmonieux et à l’absence de souffrance, mais la façon de se sentir en bonne santé varie selon les personnes.
  • La normalité statistique s’appuie sur la moyenne, et des individus déviants peuvent être considérés comme pathologiques (ex. test d’intelligence avec QI moyen à 100).
  • La normalité fonctionnelle dépend de l’adéquation entre l’état de l’individu et ses caractéristiques propres, donc elle n’est pas identique pour tous.
  • En psychologie clinique, un état est dit normal quand il correspond aux caractéristiques de la personne, ce qui renforce l’idée d’une normalité fonctionnelle.
  • En psychanalyse, la pathologie correspond à une perte d’équilibre et à un manque de souplesse des mécanismes de défense, quand ils sont utilisés de façon inadaptée et répétée.

Astuce mémo

Statistique = moyenne, Sociale = époque, Fonctionnelle = personne (MSF).

2. Types de normalité statistique sociale fonctionnelle

Notions clés & Définitions

  • Décompensation psychique : La décompensation psychique est un déséquilibre qui apparaît quand l’adaptation aux contraintes de l’environnement devient impossible.
  • Aménagements limites : Les aménagements limites désignent des modalités de fonctionnement qui se situent à la frontière entre adaptation et débordement psychique.
  • Structures névrotiques : Les structures névrotiques correspondent à des organisations psychiques présentes chez « tout le monde » dans le modèle évoqué.
  • Psychoses réactionnelles : Les psychoses réactionnelles regroupent des situations où le sujet peut produire des récits faux mais y adhérer réellement.
  • Plasticité des symptômes : La plasticité des symptômes désigne la capacité des manifestations psychiques de l’enfant à se modifier ou se stabiliser avec le temps.

Points essentiels

  • La décompensation survient seulement si le sujet rencontre une situation qui dépasse ses capacités de traitement liées à ses modalités de défense.
  • Le symptôme observé ne suffit pas à déterminer la structure psychique du sujet.
  • Le modèle structural est jugé peu opérant en psychopathologie de l’enfant à cause de la mouvance psychique et de la plasticité des symptômes.
  • Chez l’enfant, des caractéristiques peuvent se stabiliser au fil du développement malgré une évolution initiale variable.
  • La normalité fonctionnelle dépend de l’adaptation aux contraintes plutôt que de l’absence de symptômes.

Astuce mémo

Capacité de traitement d’abord → si la situation dépasse → décompense (symptôme ≠ structure).

3. Normalité selon modèles théoriques cliniques développementaux

Notions clés & Définitions

  • Sommeil paradoxal : État du sommeil caractérisé par une activité cérébrale intense, une baisse du tonus musculaire et des mouvements oculaires, associé à la production de rêves.
  • Sommeil lent : État du sommeil dominé par une activité cérébrale plus régulière et un tonus musculaire plus élevé, alternant avec le sommeil paradoxal au fil de cycles.
  • Insomnie : Trouble du sommeil qui perturbe l’endormissement ou le maintien du sommeil et peut retentir sur la dynamique relationnelle familiale.
  • Syndrome du bébé secoué : Traumatisme crânien non accidentel du nourrisson lié à des secouements violents, parfois avec choc, entraînant des lésions intracrâniennes, oculaires et/ou neurologiques.
  • Hospitalisme : Trouble de l’attachement observé chez des enfants élevés en pouponnière, lié non à l’absence de soins matériels mais à l’absence de relation et de holding.

Points essentiels

  • Le sommeil comporte deux états, sommeil paradoxal et sommeil lent, qui s’enchaînent en cycles.
  • Les rêves et cauchemars surviennent pendant le sommeil paradoxal.
  • La différenciation des états repose notamment sur l’EEG, le tonus musculaire et les mouvements oculaires.
  • Après environ 1 an, des réveils peuvent être liés à des cauchemars ou à des terreurs nocturnes.
  • L’insomnie peut impacter les relations et le système intrafamilial, avec des divergences sur les conduites à tenir et le soutien apporté.
  • Le syndrome du bébé secoué correspond à un traumatisme crânien non accidentel par secouement, parfois associé à un impact, chez le nourrisson.

Astuce mémo

Paradoxal = Rêves (P comme Paroles/Paradis des rêves), Lent = Corps (tonus plus stable).

4. Troubles symptômes maladie syndrome et trouble mental

Notions clés & Définitions

  • Attachement désorganisé : Trouble de l’attachement où l’enfant a une incapacité à se fixer sur une personne privilégiée et montre une réponse sociale peu adaptée.
  • Trouble de désinhibition du contact social : Trouble caractérisé par une sociabilité indiscriminée et un attachement désinhibé, avec faible sélectivité des figures d’attachement.
  • Trouble du spectre de l’autisme : Trouble du neurodéveloppement défini par des déficits persistants de communication sociale et par des comportements restreints et répétitifs.
  • Dépistage précoce du TSA : Démarche de repérage des signes d’alerte du TSA chez l’enfant afin d’orienter plus tôt l’évaluation et l’accompagnement.
  • Usage excessif des écrans : Exposition importante aux écrans chez le jeune enfant pouvant perturber l’attention, l’humeur, le sommeil et les interactions précoces.

Points essentiels

  • L’incapacité à s’attacher à une personne privilégiée s’accompagne de difficultés persistantes à initier et répondre aux manifestations sociales de façon appropriée.
  • En situation de détresse, l’enfant recherche rarement le réconfort, avec une diminution de la réactivité sociale et émotionnelle et des affects positifs restreints.
  • Le trouble peut inclure des épisodes inexpliqués d’irritabilité, de tristesse ou de peur même lors d’interactions non menaçantes avec les adultes soignants.
  • Le TDCS se manifeste par une sociabilité désordonnée et un manque de sélectivité, avec peu de réticences à approcher des adultes peu familiers.
  • Le TDCS se distingue d’une simple impulsivité (ex. TDA/H) car il correspond à un comportement socialement désinhibé, verbalement et physiquement excessivement familier.
  • Les prémices du TSA peuvent alerter sans être figées, par exemple absence de réaction à la séparation et aux retrouvailles, absence de jeux de regard et absence de sourire, avec insomnie sans pleurs.

Astuce mémo

Attachement = « peu de refuge » ; TDCS = « trop de familiarité » ; TSA = « 2 axes : social + répétitif » ; écrans = « attention/sommeil/relations perturbés ».

5. Troubles précoces du nourrisson alimentation sommeil

Notions clés & Définitions

  • Trouble mental : Trouble mental : catégorie psychiatrique décrite par le DSM, centrée sur la dimension symptomatique.
  • Trouble psychique : Trouble psychique : terme clinique utilisé en France pour évoquer la souffrance psychique, au-delà de la seule catégorisation.
  • Handicap (Loi 2005) : Handicap : notion légale définie par la limitation d’activité ou la restriction de participation due à une altération durable, dans un environnement donné.
  • Trouble réactionnel de l’attachement : Trouble réactionnel de l’attachement : trouble d’attachement insécure (avant 5 ans) avec évitement et absence de recherche de réconfort.
  • Trouble de l’attachement désinhibé : Trouble de l’attachement désinhibé : trouble d’attachement insécure avec recherche de contact intense et peu de discernement.

Points essentiels

  • Diagnostic à plusieurs niveaux : symptomatique, dimensionnel (structure psychique), développemental (immaturité émotionnelle et frustration), puis environnemental (place du symptôme dans le fonctionnement familial).
  • Terme maladie vs trouble : en psychiatrie, l’usage de « disorder » (DSM) favorise « trouble » plutôt que « maladie mentale ».
  • Trouble mental (DSM/CIM) : altération majeure de la cognition, de la régulation émotionnelle ou du comportement, avec détresse et/ou déficiences fonctionnelles.
  • Handicap (Loi 2005) : la limitation ou restriction dépend du contexte, car elle est liée à l’interaction entre altération et environnement.
  • Ne pas confondre retrait relationnel et insécurité d’attachement : un retrait peut avoir d’autres explications (niveau de vie, contexte, premiers contacts) et ne doit pas être automatiquement stigmatisé.
  • TRA (avant 5 ans) : l’enfant évite le contact et ne recherche pas le réconfort, contrairement à une recherche active de soutien.

Astuce mémo

TRA = « Retrait » (évite) ; Désinhibé = « Désordre des contacts » (cherche sans filtre).

6. Syndrome du bébé secoué et traumatisme crânien non accidentel

Notions clés & Définitions

  • Syndrome du bébé secoué : Syndrome pédiatrique correspondant à des lésions crâniennes liées à des secouements violents, relevant d’un traumatisme non accidentel.
  • Traumatisme crânien non accidentel : Atteinte crânienne chez l’enfant dont la cause n’est pas accidentelle et qui doit faire rechercher une origine intentionnelle ou non conforme au récit.
  • Trouble du développement intellectuel : Trouble caractérisé par des déficits significatifs du fonctionnement intellectuel et du comportement adaptatif.
  • Trouble du spectre de l’autisme : Trouble neurodéveloppemental défini par des difficultés persistantes de communication sociale et d’interactions sociales, associées à des comportements/intérêts restreints et répétitifs.
  • TDAH : Trouble neurodéveloppemental associant des difficultés d’attention et, selon les cas, de l’hyperactivité et de l’impulsivité.

Points essentiels

  • Le trouble du développement intellectuel est repéré par des tests comme Binet-Simon (âge mental) et des échelles de Wechsler (âge de référence par rapport à un groupe d’âge).
  • Les échelles de Wechsler utilisées incluent WPPSI, WISC (jusqu’à 16 ans) et WAIS, selon la tranche d’âge.
  • Dans le DSM-5, le trouble du développement intellectuel repose sur des déficits significatifs du fonctionnement intellectuel et du comportement adaptatif (communication, autonomie, compétences sociales).
  • La sévérité du trouble du développement intellectuel est évaluée en fonction du niveau d’aide nécessaire.
  • Pour le TSA, le DSM-4 décrit une triade autistique (interactions sociales, communication, comportements/intérêts restreints et répétitifs) tandis que le DSM-5 retient une diade (communication sociale et interactions / +)
  • Le diagnostic de TSA s’appuie aussi sur un questionnaire remis aux parents en plus des critères symptomatiques.

Astuce mémo

TSA DSM-4 = TRIade (social + com + répétitif) ; TSA DSM-5 = DIade (social/communication + répétitif).

7. Dépistage précoce et signes d’alerte TSA

Notions clés & Définitions

  • Trouble anxieux de séparation : Trouble anxieux caractérisé par une anxiété excessive liée à la séparation des figures d’attachement et à la peur que quelque chose de grave arrive.
  • Trouble anxieux généralisé : Trouble anxieux caractérisé par une anxiété présente dans de nombreuses situations, avec des symptômes physiques et cognitifs.
  • Phobie spécifique : Trouble anxieux caractérisé par l’évitement d’une situation ou d’un objet redouté et une anxiété immédiate en sa présence.
  • Trouble panique : Trouble anxieux marqué par des crises d’angoisse aiguës avec des symptômes corporels intenses et une peur de perdre le contrôle.
  • TOC troubles obsessionnels compulsifs : Trouble caractérisé par des obsessions intrusives et persistantes et, le plus souvent, des compulsions visant à réduire l’anxiété.

Points essentiels

  • Un trouble n’entraîne pas forcément un handicap : un dépistage vise surtout la souffrance et les retentissements, pas uniquement l’étiquette diagnostique.
  • Dans le trouble anxieux de séparation, l’enfant peut craindre de perdre les figures d’attachement, refuser de quitter la maison ou dormir seul, avec cauchemars.
  • Dans le trouble anxieux généralisé, on retrouve souvent des symptômes physiques (tension musculaire, troubles du sommeil, maux de ventre) et cognitifs (difficulté de concentration, irritabilité).
  • La phobie spécifique se manifeste par un évitement et une anxiété immédiate ; chez les jeunes enfants, ces peurs sont souvent transitoires et modérément invalidantes.
  • Le trouble panique correspond à une crise d’angoisse aiguë avec palpitations, transpiration, tremblements, sensation d’étouffement, douleur/gêne thoracique, nausées, vertige, peur de mourir ou de perdre le contrôle.
  • Dans le TOC, les obsessions sont des pensées/images/impulsions intrusives difficiles à contrôler ou à raisonner, et les compulsions sont des actions ou actes mentaux répétitifs pour diminuer l’anxiété.

Astuce mémo

Séparation = dormir seul et peur de perdre; Panique = palpitations + peur de perdre le contrôle; TOC = pensées intrusives puis gestes pour calmer.

8. Impact des écrans sur développement et interactions précoces

Notions clés & Définitions

  • Traumatisme de type 1 : Traumatisme : événement unique et inattendu qui constitue la source objective du choc psychique.
  • Traumatisme de type 2 : Traumatisme : exposition répétée ou prolongée à des violences ou abus, qui s’inscrit dans la durée.
  • Psycho trauma : Psycho trauma : impact psychologique et émotionnel d’un événement, considéré comme l’expérience traumatisante vécue par la personne.
  • Résilience : Résilience : capacité dynamique à surmonter un trauma et à se reconstruire après l’événement.
  • Trouble de stress post traumatique : Trouble de stress post traumatique : diagnostic qui peut découler d’un psycho trauma, mais pas de façon systématique chez l’enfant.

Points essentiels

  • Traumatisme désigne l’événement lui-même, tandis que le psycho trauma renvoie aux conséquences psychiques et émotionnelles.
  • Lenore Terr distingue un type 1 (événement unique et inattendu) et un type 2 (exposition répétée ou prolongée).
  • Un psycho trauma n’entraîne pas automatiquement un TSPT chez l’enfant.
  • Pour un TSPT chez l’enfant, l’enfant a été confronté à la mort ou à une menace de mort, à une blessure grave ou à des violences sexuelles, directement ou indirectement.
  • Les reviviscences (flash-back, cauchemars, conduites de répétition) sont vécues comme réelles et s’accompagnent d’angoisse ou de détresse intense.
  • Le TSPT chez l’enfant peut inclure évitement, symptômes dissociatifs, et dysfonctionnement du système nerveux autonome (sommeil, irritabilité, hypervigilance, sursauts).

Astuce mémo

Type 1 = Un choc inattendu ; Type 2 = Deux (ou plus) : répétition/prolongation.

9. Troubles du langage parole fluence mutisme

Notions clés & Définitions

  • Impuissance apprise : Notion psychologique décrivant un état où la personne se sent incapable d’agir, ce qui peut être réactivé quand une situation rappelle le traumatisme initial.
  • Personnalité en faux self : Organisation psychique où l’adaptation sociale masque un retrait interne, pouvant conduire à une immobilisation et à une difficulté à exprimer ses besoins.
  • Psycho-trauma : Expérience vécue qui continue d’avoir un impact négatif au présent, même si l’événement est passé.
  • EMDR : Thérapie psychothérapeutique intégrative visant le retraitement de mémoires dysfonctionnelles liées à des expériences traumatiques.
  • Revémiscence : Phénomène de revivre l’événement traumatique dans l’expérience actuelle, distinct du simple fait de s’en souvenir.

Points essentiels

  • L’impuissance apprise s’accompagne souvent de passivité, immobilisation et retrait face à un environnement perçu comme non maîtrisable.
  • Chez certains enfants/adolescents, l’apparence peut être socialement adaptée et performante, avec ajustement pour ne pas contrarier les proches (faux self).
  • Les difficultés relationnelles peuvent aller d’une réserve/méfiance à une recherche intense d’attention, parfois avec une sexualisation excessive.
  • À l’âge adulte, des troubles psychopathologiques peuvent apparaître, notamment troubles de l’humeur, troubles anxieux et troubles du comportement.
  • L’accompagnement doit s’appuyer sur le stade de développement, le lien d’attachement, la famille, et le niveau de vulnérabilité/maturité de l’enfant.
  • Un cadre sécurisant et un environnement structuré et adapté favorisent des relations stables et une régulation émotionnelle plus efficace chez l’enfant.

Astuce mémo

Impuissance apprise = « je ne peux pas agir » ; Faux self = « je m’adapte pour survivre socialement ».

10. Troubles anxieux anxiété peur et modèles explicatifs

Notions clés & Définitions

  • Attachement insécure : L’attachement insécure désigne un mode relationnel où la sécurité n’est pas garantie, ce qui peut favoriser des difficultés émotionnelles et relationnelles à l’adolescence.
  • Style désorganisé : Le style désorganisé est une forme d’attachement décrite comme un ajout au modèle initial, associée à des réponses relationnelles plus instables.
  • Mécanismes de défense : Les mécanismes de défense sont des opérations psychiques inconscientes qui diminuent une tension interne liée à des pulsions, affects ou représentations jugés inacceptables.
  • Conduites à risques : Les conduites à risques sont des comportements complexes où l’adolescent s’expose à un danger potentiel pour la santé physique, psychique ou sociale, souvent pour rechercher des sensations ou soulager des émotions.
  • Porte-symptôme : Le porte-symptôme est le jeune qui, par son comportement, permet à la famille de maintenir son fonctionnement et d’éviter une crise collective.

Points essentiels

  • Les types d’attachement sont décrits par Bowlby et Ainsworth, puis complétés par Main et Solomon avec le style désorganisé.
  • Jeammet formule une tension centrale de l’adolescence : s’autonomiser tout en conservant des besoins de sécurité, ce qui peut déplacer partiellement les figures d’attachement vers les pairs.
  • Un attachement insécure n’entraîne pas forcément un trouble à l’adolescence, mais les troubles affectifs et certaines conduites sont souvent associés à ce type d’attachement.
  • Les mécanismes de défense ne sont pas pathologiques à tous les âges s’ils restent ponctuels et au moins partiellement conscientisés, mais deviennent problématiques s’ils sont trop fréquents et rigides.
  • Exemples de mécanismes : clivage sans nuance, passage à l’acte (violences, scarifications), régression (ex. sucer son pouce), identification (être avec les harceleurs), projection (attribuer aux autres ses propres éprouv
  • Les conduites à risques se définissent comme volontaires et souvent répétées, avec exposition à un danger, recherche de sensations/soulagement/affirmation de soi, et mesure incomplète des conséquences (Goslin).

Astuce mémo

Attachement insécure → tensions → défenses ou conduites à risques (ou dépendance) : « sécurité manquante, sortie par le comportement ».

11. Trouble oppositionnel avec provocation et troubles des conduites

Notions clés & Définitions

  • Rage adolescente : La rage adolescente est un débordement émotionnel intense qui se manifeste sans médiation symbolique ni mise en mots.
  • Orage émotionnel : L’orage émotionnel désigne une montée affective débordante, vécue comme incontrôlable, qui court-circuite la verbalisation.
  • Vulnérabilité narcissique : La vulnérabilité narcissique correspond à une fragilité de l’estime de soi liée au regard et aux retours des autres.
  • Moi Peau : Le Moi Peau est une théorie où le corps joue le rôle de contenant psychique délimitant dedans et dehors et maintenant l’unité du sujet.
  • Intime / Extime : L’intime est la part protégée de l’expérience personnelle, tandis que l’extime est ce que l’on rend public pour se construire dans le regard d’autrui.

Points essentiels

  • La rage est souvent déclenchée par un sentiment d’injustice, d’abandon ou d’humiliation.
  • La rage peut être dirigée contre soi ou contre les autres.
  • La rage apparaît quand l’adolescent ne parvient pas à symboliser ou verbaliser une souffrance interne trop intense, qui déborde l’autorégulation et se traduit en acte.
  • Les conduites à risques (violence, scarifications, conduites sexuelles désorganisées, consommation massive) sont motivées par une tension interne non régulée, fréquemment vécue comme rejet, trahison ou injustice.
  • La rage sert de tentative de régulation émotionnelle et de revendication d’existence face à un monde perçu comme injuste ou vide de sens.
  • Les conduites à risques liées au corps visent à maîtriser un corps vécu comme étranger ou incontrôlable et à créer une limite psychique visible par une marque corporelle.

Astuce mémo

Souffrance sans mots → débordement en acte (rage) ; corps en “peau” → limite visible (scarification/tatouage).

12. Psycho trauma cerveau développement et prise en charge EMDR

Notions clés & Définitions

  • Extimité : Notion d’extimité : ce que l’on choisit de rendre public de son intimité pour se construire dans le regard des autres.
  • Cyberharcèlement : Forme de violence en ligne : harceler une personne via des messages, menaces ou humiliations diffusées sur les réseaux.
  • Traumatisme de type 1 : Catégorie de traumatisme : événement unique et ponctuel (accident, agression) à l’origine d’une blessure psychique.
  • Traumatisme de type 2 : Catégorie de traumatisme : exposition répétée ou chronique (abus, négligences) qui entretient la blessure psychique.
  • Résilience : Concept de résilience : capacité à surmonter un traumatisme et à se reconstruire après l’évènement, via un processus dynamique.

Points essentiels

  • Chez les adolescents, l’extimité sert à obtenir une reconnaissance et à construire une identité en miroir des pairs.
  • La publication d’images et confidences peut relever d’une construction narcissique, mais expose à des risques comme cyberharcèlement et diffusion d’images intimes.
  • Le danger peut aussi venir de l’adolescent lui-même via provocation, exhibition ou autodévalorisations en ligne, ce qui fragilise l’estime de soi.
  • Les réseaux sociaux créent une identité affective permanente sans filtres (temps, cadre, distance) et renforcent une comparaison continue via likes, vues et commentaires.
  • Le trauma dépend de la perception et de l’intégration dans l’histoire personnelle, et pas seulement de l’évènement objectif.
  • Après un trauma, le système d’alerte peut être déréglé, entraînant hypersensibilité au danger ou mauvaise analyse des menaces.

Astuce mémo

Extimité = Intime exposé → Identité en miroir → Likes = valeur mesurée.

Repères chronologiques

DateÉvénement
2019CIM 11 (OMS) : classification internationale des maladies mentales
2022DSM-5-TR (APA) : classification internationale des troubles mentaux
2021HAS (2021) : repérage et prise en charge des psycho-traumatismes

Tableaux de synthèse

Trouble / maladie / syndrome (différenciations)

TermeDéfinitionCe que ça implique
SymptômeSigne décrit par le sujet ou observé par le clinicienSert de base à l’observation et au diagnostic médical selon classification
SyndromeEnsemble de symptômes caractérisques renvoyant à un trouble / une maladieRegroupe des symptômes pour orienter vers un diagnostic
TroubleTerme DSM : dimension symptomatique (mental disorder)Catégorie centrée sur l’altération clinique (cognition/émotions/comportement) avec détresse et/ou déficiences fonctionnelles
MaladieTerme historiquement utilisé (approche médicale traditionnelle)Évolution vers “trouble” dans DSM (origine pas toujours connue)

DSM-4 vs DSM-5 pour le TSA (critères)

VersionOrganisation des critèresAxes
DSM-4Triade autistiqueInteractions sociales + communication + comportements/intérêts restreints et répétitifs
DSM-5Diade autistiqueCommunication sociale et interactions sociales + comportements/intérêts restreints et répétitifs

Pièges & confusions fréquents

  1. Confondre normalité statistique et normalité fonctionnelle : un écart à la moyenne ne suffit pas à conclure à une pathologie, car l’adaptation à la personne compte.
  2. Croire que le symptôme suffit à déterminer la structure psychique : le cours insiste que le symptôme observé ne donne pas directement la structure (plasticité chez l’enfant).
  3. Mélanger traumatisme et psycho trauma : le traumatisme est l’événement objectif, le psycho trauma renvoie aux conséquences psychiques et émotionnelles subjectives.
  4. Assimiler systématiquement retrait relationnel et attachement insécure : le cours met en garde contre la stigmatisation (contexte, niveau de vie, premiers contacts).
  5. Confondre anxiété et peur : la peur est une réponse à une menace immédiate et précise, l’anxiété est une anticipation d’un événement négatif réel ou imaginaire.
  6. Penser que mécanismes de défense = pathologiques : ils ne deviennent problématiques que s’ils sont trop récurrents, rigides et peu conscientisés.
  7. Oublier que “trouble” n’implique pas forcément “handicap” : le handicap dépend du contexte (Loi 2005), alors que le trouble décrit une altération clinique.

Checklist Examen

  1. Définir psychopathologie et expliquer pourquoi elle compare processus normaux/pathologiques pour construire des hypothèses d’intervention adaptées.
  2. Citer et distinguer les 3 types de normalité (statistique, idéale/sociale, fonctionnelle) et donner l’idée centrale de chacune.
  3. Expliquer comment la normalité est pensée différemment selon les modèles : psychologie clinique (normalité fonctionnelle), psychanalyse (perte d’équilibre/souplesse des défenses), développement (moment + contexte + durée
  4. Différencier symptôme, syndrome, trouble et maladie, et préciser la définition du trouble mental (OMS/DSM) donnée au cours.
  5. Présenter l’approche médicale vs psychanalytique du symptôme : ce que signifie “traitement symptomatique” et ce que signifie “symptôme comme compromis/formation de compromis”.
  6. Expliquer l’intérêt des approches catégorielle/dimensionnelle et le rôle des classifications (DSM-5, CIM 11) : diagnostic, langage commun, valeur relative/provisoire.
  7. Décrire les troubles précoces du nourrisson abordés : pleurs (modalité), colique du 3e mois, troubles alimentaires (TAP, mérycisme, anorexie précoce), spasme du sanglot, et troubles du sommeil (paradoxal/lent, insomnie).
  8. Expliquer les troubles de l’attachement vus : hospitalisme (Spitz, absence de holding), dépression anaclitique (Bowlby), dépression précoce, et les deux formes DSM-5 (TRA vs TDCS) avec leurs signes.
  9. Décrire les prémices du TSA et les critères DSM-5 (diade) vs DSM-4 (triade), ainsi que l’idée “pas de diagnostic chez les bébés” et l’importance du dépistage précoce.
  10. Expliquer l’impact des écrans sur le développement : signes (attention/humeur/sommeil/relations), risques psychoaffectifs (langage, attention, agentivité, empathie) et la logique de responsabilité (Tisseron).
  11. Définir et distinguer trauma (événement) et psycho trauma (impact), rappeler les types 1/type 2 (Lenore Terr), et décrire les symptômes du TSPT chez l’enfant (reviviscences, évitement, dissociation, dysfonctionnement SN,

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1. Qu’est-ce que la psychopathologie étudie principalement ?

2. Quelle définition correspond le mieux à la normalité fonctionnelle ?

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Psychopathologie en développement — rôle ?

Comparer processus normaux et pathologiques pour guider l’intervention.

Normalité statistique — définition ?

Basée sur la moyenne et les écarts.

Normalité sociale — définition ?

Normes partagées par une société ou époque.

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