QCM : Questions socio-sanitaires contemporaines — 21 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi la santé est-elle considérée comme un fait social et politique ?

Parce que les phénomènes sanitaires dépendent principalement des progrès techniques de la médecine
Parce que les phénomènes sanitaires résultent surtout des caractéristiques biologiques individuelles
Parce que les phénomènes sanitaires sont liés aux rapports sociaux et aux rapports de pouvoir
Parce que les phénomènes sanitaires sont déterminés par les décisions personnelles des patients

Parce que les phénomènes sanitaires sont liés aux rapports sociaux et aux rapports de pouvoir

Explication

La santé est un fait social et politique parce que les rapports sociaux et les rapports de pouvoir contribuent à façonner les phénomènes sanitaires. L’explication par les seuls progrès techniques néglige les déterminants sociaux et politiques de la santé.

2. Quelle distinction décrit correctement la sociologie de la médecine et la sociologie de la santé ?

La première étudie l’institution médicale, tandis que la seconde analyse plus largement les phénomènes sanitaires et sociaux
La première analyse les phénomènes sanitaires, tandis que la seconde étudie exclusivement les pratiques de laboratoire
La première porte sur les rapports de pouvoir, tandis que la seconde décrit principalement les maladies infectieuses
La première étudie les comportements individuels, tandis que la seconde se limite aux hôpitaux et aux médecins

La première étudie l’institution médicale, tandis que la seconde analyse plus largement les phénomènes sanitaires et sociaux

Explication

La sociologie de la médecine se concentre sur l’institution médicale, alors que la sociologie de la santé adopte une perspective plus large sur les phénomènes sanitaires et sociaux. Les autres formulations inversent ou réduisent abusivement leurs objets d’étude.

3. Dans la médecine clinique fondée par Hippocrate, quelle explication est donnée à la maladie ?

Elle résulte d’une adaptation insuffisante de l’organisme à son milieu
Elle résulte d’une lésion organique repérée lors d’une autopsie
Elle résulte d’une rupture de l’équilibre entre les quatre humeurs
Elle résulte d’un processus dynamique observé en laboratoire

Elle résulte d’une rupture de l’équilibre entre les quatre humeurs

Explication

La médecine clinique hippocratique explique la maladie par un déséquilibre entre les quatre humeurs. La recherche d’une lésion organique appartient à la médecine anatomo-clinique, tandis que les deux autres propositions renvoient à d’autres cadres d’analyse.

4. Quel élément caractérise principalement la médecine anatomo-clinique ?

La recherche de lésions organiques à partir des autopsies et de signes internes
L’interprétation des maladies par l’équilibre entre le sang et les autres humeurs
L’analyse de l’adaptation de l’organisme aux fluctuations de son milieu
L’étude expérimentale des processus du vivant dans des laboratoires

La recherche de lésions organiques à partir des autopsies et de signes internes

Explication

La médecine anatomo-clinique associe les autopsies et le stéthoscope à la recherche de lésions organiques et de signes internes. L’équilibre des humeurs relève de la médecine clinique, tandis que les deux autres approches correspondent à la médecine expérimentale ou à la pensée de Canguilhem.

5. Quelle démarche correspond à la médecine expérimentale portée par Claude Bernard au XIXe siècle ?

Identifier des lésions internes grâce aux autopsies et au stéthoscope
Étudier expérimentalement les processus dynamiques du vivant, notamment en laboratoire
Interpréter la maladie comme une rupture de l’équilibre entre quatre humeurs
Définir la santé par l’adaptation de l’organisme aux variations du milieu

Étudier expérimentalement les processus dynamiques du vivant, notamment en laboratoire

Explication

La médecine expérimentale étudie les processus dynamiques du vivant au moyen d’expériences de laboratoire, notamment sur des animaux. La recherche de lésions appartient à la médecine anatomo-clinique, tandis que les autres propositions renvoient à la médecine clinique ou à Canguilhem.

6. Selon Georges Canguilhem, pourquoi la santé ne se réduit-elle pas à la conformité à des normes de laboratoire ?

Parce qu’un organisme sain doit maintenir l’équilibre des quatre humeurs
Parce qu’un organisme sain peut s’adapter aux fluctuations de son milieu
Parce qu’un organisme sain se définit par l’absence de toute lésion organique
Parce qu’un organisme sain doit présenter des résultats expérimentaux identiques

Parce qu’un organisme sain peut s’adapter aux fluctuations de son milieu

Explication

Pour Canguilhem, la santé implique la capacité de l’organisme à s’adapter aux variations de son milieu, et ne se limite donc pas à une norme fixe. L’équilibre humoral et l’absence de lésion relèvent d’autres modèles médicaux, tandis que l’identité des résultats expérimentaux est une conception trop rigide.

7. Quel est l’objet principal de la médecine sociale ?

Repérer les lésions organiques au moyen d’examens cliniques spécialisés
Analyser les mécanismes biologiques d’une maladie dans un modèle expérimental
Décrire les symptômes et le traitement d’un malade pris individuellement
Étudier les effets de l’environnement et des conditions de vie sur la santé des populations

Étudier les effets de l’environnement et des conditions de vie sur la santé des populations

Explication

La médecine sociale étudie l’influence de l’environnement et des conditions de vie sur la santé des populations. L’étude d’un malade individuel relève principalement de la clinique, tandis que les deux autres propositions concernent l’examen organique ou l’expérimentation biologique.

8. Que montre René Villermé en 1830 à propos de la mortalité infantile ?

Elle varie principalement selon l’âge moyen des médecins des quartiers
Elle reste comparable entre les quartiers malgré leurs différences sociales
Elle varie selon le niveau de richesse des quartiers de Paris
Elle dépend surtout du nombre d’autopsies réalisées dans chaque quartier

Elle varie selon le niveau de richesse des quartiers de Paris

Explication

Villermé met en évidence une variation de la mortalité infantile selon la richesse des quartiers parisiens. Cette observation relie un indicateur de santé à une condition sociale, et non à l’organisation médicale ou aux pratiques d’autopsie.

9. Quelle question relève principalement de l’épidémiologie plutôt que de la clinique ?

Quel traitement convient-il de prescrire à une personne présentant un symptôme précis ?
Comment la fréquence d’une maladie évolue-t-elle dans une population et quels facteurs de risque lui sont associés ?
Comment un organisme particulier réagit-il à une intervention expérimentale ?
Quelle lésion interne explique-t-elle les signes observés chez un patient ?

Comment la fréquence d’une maladie évolue-t-elle dans une population et quels facteurs de risque lui sont associés ?

Explication

L’épidémiologie étudie la fréquence et l’évolution des maladies dans les populations afin d’identifier des facteurs de risque. Les autres questions se concentrent sur un malade, une lésion individuelle ou une réaction expérimentale.

10. Quelle distinction entre prévention et démarche curative est correcte ?

La prévention intervient après le diagnostic, tandis que le curatif cherche à éviter toute apparition du problème
La prévention concerne les traitements médicaux, tandis que le curatif concerne les conditions de vie
La prévention mesure la fréquence des maladies, tandis que le curatif identifie leurs facteurs de risque
La prévention agit avant la survenue ou l’aggravation d’un problème, tandis que le curatif concerne ce qui peut être soigné

La prévention agit avant la survenue ou l’aggravation d’un problème, tandis que le curatif concerne ce qui peut être soigné

Explication

La prévention vise à protéger avant l’apparition ou l’aggravation d’un problème, alors que le curatif concerne ce qui peut être soigné. La mesure de la fréquence et l’identification des facteurs de risque relèvent plutôt de l’épidémiologie.

11. Que commencent à faire des sociologues aux États-Unis dans les établissements médicaux au cours des années 1950 ?

Ils observent les institutions et les relations sociales
Ils mesurent les effets biologiques des traitements prescrits
Ils organisent les campagnes nationales de prévention sanitaire
Ils remplacent les médecins dans les services hospitaliers

Ils observent les institutions et les relations sociales

Explication

Dans les années 1950, des sociologues américains investissent les établissements médicaux pour observer les institutions et les relations sociales. Leur activité ne consiste pas à exercer la médecine ni à se substituer aux professionnels de santé.

12. Quelle distinction Robert Strauss établit-il entre les deux orientations de la sociologie de la santé ?

La sociologie de la médecine soutient la pratique médicale, tandis que la sociologie dans la médecine étudie l’institution médicale
La sociologie de la médecine étudie l’institution médicale, tandis que la sociologie dans la médecine soutient la pratique médicale
La sociologie de la médecine concerne les patients, tandis que la sociologie dans la médecine concerne les politiques publiques
La sociologie de la médecine analyse les maladies, tandis que la sociologie dans la médecine étudie les comportements alimentaires

La sociologie de la médecine étudie l’institution médicale, tandis que la sociologie dans la médecine soutient la pratique médicale

Explication

Robert Strauss distingue l’étude sociologique de l’institution médicale de l’usage pratique de la sociologie au service de la médecine. La confusion fréquente consiste à inverser ces deux fonctions.

13. À quelle période la sociologie de la santé se professionnalise-t-elle en France ?

Dans les années 1980, après une institutionnalisation tardive
Dans les années 1950, avec l’essor des hôpitaux universitaires
Dans les années 1960, avant le développement de la critique médicale
Dans les années 1990, après la généralisation des politiques sanitaires

Dans les années 1980, après une institutionnalisation tardive

Explication

En France, la professionnalisation intervient dans les années 1980, à la suite d’une institutionnalisation tardive et d’un tournant critique engagé dans les années 1960-1970. Les autres périodes ne correspondent pas à cette chronologie.

14. Comment définir la médicalisation d’un problème social ?

Comme son interprétation sous l’autorité de la médecine
Comme sa transformation en expérience positive de bien-être
Comme son étude par les relations sociales dans les hôpitaux
Comme son intégration aux habitudes alimentaires quotidiennes

Comme son interprétation sous l’autorité de la médecine

Explication

La médicalisation est un processus socio-historique qui fait relever des problèmes sociaux et des pratiques de l’autorité médicale. Elle se distingue ainsi de la santéisation, davantage liée aux préoccupations sanitaires de la vie quotidienne.

15. Une personne évalue constamment son alimentation et son activité physique au regard de sa santé : quel processus cela illustre-t-il ?

La santéisation, qui inscrit la santé dans la vie quotidienne
La médicalisation, qui soumet directement la conduite à l’autorité médicale
La représentation sociale, qui décrit une institution médicale
La professionnalisation, qui structure les métiers de la santé

La santéisation, qui inscrit la santé dans la vie quotidienne

Explication

La santéisation désigne l’omniprésence des questionnements de santé dans la vie quotidienne, notamment concernant l’alimentation et l’activité physique. La médicalisation renvoie plus directement à l’autorité de la médecine sur des problèmes ou des pratiques.

16. Que rassemble une représentation sociale de la santé ou de la maladie ?

Les comportements alimentaires, l’exercice physique et la prévention en une prescription médicale
Les politiques publiques, les budgets hospitaliers et les normes professionnelles en une institution
Les symptômes biologiques, les diagnostics médicaux et les traitements en un protocole clinique
L’expérience individuelle, les valeurs et les informations sociales en une image signifiante

L’expérience individuelle, les valeurs et les informations sociales en une image signifiante

Explication

Une représentation sociale combine l’expérience vécue, les valeurs et les informations qui circulent dans la société pour former une image signifiante de la santé ou de la maladie. Elle ne se réduit donc pas à un protocole clinique ou à une prescription.

17. Dans l’enquête de Claudine Herzlich, que désigne la notion de « santé-vide » ?

L’absence de maladie
Une surveillance régulière des conduites de santé
Une réserve de robustesse
Une expérience positive de bien-être

L’absence de maladie

Explication

La santé-vide correspond à une conception de la santé définie par l’absence de maladie. Elle se distingue du fond de santé, qui renvoie à une réserve de robustesse, et de l’équilibre, qui désigne une expérience positive de bien-être.

18. Quel processus social caractérise principalement la maladie destructrice ?

Une désocialisation liée à la perte des rôles et à l’exclusion
Une socialisation renforcée par l’augmentation des responsabilités familiales
Une valorisation de l’inactivité comme période de repos et de découverte
Une coopération médicale fondée sur l’observation des phénomènes corporels

Une désocialisation liée à la perte des rôles et à l’exclusion

Explication

La maladie destructrice entraîne une désocialisation en réduisant la participation sociale, notamment par l’abandon des rôles, les difficultés financières et l’exclusion. La valorisation de l’inactivité correspond plutôt à la maladie libératrice, qui transforme la rupture avec les obligations en repos.

19. Dans quelle situation l’inactivité peut-elle prendre une signification positive pour une personne malade ?

Lorsqu’elle entraîne des difficultés financières et une diminution des relations sociales
Lorsqu’elle provoque l’abandon des rôles professionnels et l’exclusion du groupe
Lorsqu’elle impose une surveillance accrue des phénomènes corporels par le médecin
Lorsqu’elle devient un temps de repos, de libération et d’enrichissement relationnel

Lorsqu’elle devient un temps de repos, de libération et d’enrichissement relationnel

Explication

Dans la maladie libératrice, la rupture avec les obligations sociales peut être vécue comme un repos et favoriser un enrichissement personnel ou relationnel. L’abandon des rôles et l’exclusion décrivent plutôt les effets désocialisants de la maladie destructrice.

20. Quelle attitude définit le mieux la maladie métier ?

Abandonner les responsabilités familiales pour limiter les contraintes de la vie quotidienne
Accepter la maladie comme une déviation temporaire des normes sociales ordinaires
Se retirer des relations sociales afin de transformer l’inactivité en expérience de repos
Adopter une fonction active de lutte grâce à l’observation du corps et à la coopération médicale

Adopter une fonction active de lutte grâce à l’observation du corps et à la coopération médicale

Explication

La maladie métier fait du malade un acteur actif de la lutte contre la maladie, attentif aux phénomènes corporels et coopérant avec le médecin. Le retrait social et la transformation de l’inactivité en repos renvoient plutôt à d’autres expériences sociales de la maladie.

21. Selon Talcott Parsons, quelles attitudes sont attendues du malade pour limiter sa déviance sociale ?

Reprendre ses rôles professionnels, ignorer les symptômes et refuser l’aide médicale
Accepter son état, vouloir guérir et suivre les prescriptions médicales
Valoriser son inactivité, interrompre ses soins et s’éloigner de ses proches
Observer son corps, produire ses propres connaissances et contester le médecin

Accepter son état, vouloir guérir et suivre les prescriptions médicales

Explication

Pour Parsons, le malade doit accepter son état, vouloir guérir et respecter les prescriptions du médecin afin de limiter l’écart aux normes sociales. L’observation du corps et la coopération médicale sont liées à la maladie métier, mais elles ne constituent pas ici l’ensemble des attentes définies par Parsons.

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Pourquoi la santé est-elle un fait social et politique ?

Parce que les phénomènes sanitaires sont influencés par les rapports sociaux et de pouvoir.

Que distingue la sociologie de la médecine de la sociologie de la santé ?

La sociologie de la médecine étudie l'institution médicale, la sociologie de la santé analyse les phénomènes sanitaires et sociaux plus largement.

Comment varient les définitions de la santé et de la maladie ?

Elles varient selon les périodes, les espaces et les groupes sociaux.

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