Le soin comporte une visée thérapeutique, qui traite une pathologie ou une souffrance isolable, et une visée thérapique, qui prend en charge quelqu’un dans sa dimension relationnelle et globale. — Frédéric Worms, Les deux concepts de soin, 2010
Le soin thérapeutique est partiel et dissociatif parce qu’il isole le mal pour le traiter, tandis que le soin thérapique est global et intégratif. — Frédéric Worms, Les deux concepts de soin, 2010
La domination de la dimension thérapique peut produire un paternalisme compassionnel qui aliène l’autonomie du patient, tandis que la domination de la dimension thérapeutique peut nuire à la bienfaisance en réduisant le soin au traitement ciblé.
Thérapeutique = traiter quelque chose ; thérapique = soigner quelqu’un
★ À maîtriser
📌 Le respect de l’autonomie du patient exige de reconnaître l’asymétrie de la relation de soin au lieu de la nier.
Compléments
Maladie et savoir médical → asymétrie → nécessité de restaurer l’autonomie
La vulnérabilité essentielle renvoie à la mortalité et à la finitude de la condition humaine, tandis que la vulnérabilité situationnelle renvoie aux relations, aux souffrances accidentelles et aux contextes sociaux.
L’éthique en situation cherche à maintenir la communication, l’autonomie, l’égalité et la transparence dans les relations de soin vulnérables.
La théorie du care considère la vulnérabilité comme une dynamique relationnelle dépendant de l’environnement, des ressources disponibles et de la capacité des aidants à répondre aux besoins spécifiques du patient. — Marie Garrau, Comment définir la vulnérabilité ? L’apport de Robert Goodin, 2013
Vulnérabilité essentielle = condition humaine ; situationnelle = contexte relationnel et social
📌 La vulnérabilité n’exclut pas l’autonomie, mais elle transforme ses implications en faisant de l’autonomie une ouverture et une exposition à autrui.
📌 La responsabilité du soignant consiste à répondre aux demandes d’autrui et à compenser la déficience du patient sans lui infliger un stigmate d’exclusion. — Paul Ricoeur, Le Juste II
Attention → responsabilité → compétence → capacité de réponse
Habermas oppose l’imposition d’une maxime universelle à sa soumission à tous les autres afin d’examiner par la discussion son acceptabilité universelle. — Jürgen Habermas, Morale et Communication, 1991
Une norme est valide lorsqu’elle peut générer un accord rationnel universel entre les participants à la discussion. — Jürgen Habermas, Morale et Communication, 1991
Dans la relation de soin, le consentement du patient est requis pour tous les actes médicaux, de la prévention aux prélèvements biologiques, avec une formalisation écrite ou orale selon l’acte.
L’information médicale pertinente doit articuler le savoir scientifique avec la connaissance de la situation de vie que le patient connaît mieux que toute autre personne.
Kant impose une maxime ; Habermas la soumet à l’accord de tous
Depuis 2005, l’Observatoire national des violences en milieu de santé recueille volontairement les signalements de violences commises contre les personnes et les biens en milieu de santé.
L’Observatoire national des violences en milieu de santé recueille les signalements, élabore des outils de prévention et des recommandations, puis encourage la coordination des acteurs de terrain.
L’échelle de gravité de l’Observatoire distingue quatre niveaux, allant des injures et nuisances aux violences avec arme, aux viols et aux crimes les plus graves.
Niveau 1 : insultes ; niveau 2 : menaces ; niveau 3 : agressions ; niveau 4 : crimes
★ À maîtriser
📌 Dans les soins gynécologiques et obstétricaux, la normalisation de la douleur et la définition par le praticien d’un seuil de douleur acceptable peuvent minimiser ou invisibiliser les violences subies par les patientes. — Aurore Koechlin, La norme gynécologique. Ce que la médecine fait au corps des femmes, 2022
Les principales formes de déshumanisation sont : (Gaille et Foureur, 2010): l’inattention, le manque de sollicitude, le déficit de soin thérapique centré sur la relation, les injustices liées à une information insuffisante ou à la réduction du patient à un objet de savoir et de recherche
Les principaux facteurs sont : (Gaille): le blindage émotionnel, l’hyper-technicité et la robotisation, l’hyperspécialisation, les contraintes administratives et économiques, l’articulation complexe entre soin et recherche
Compléments
📌 Le burn-out des soignants peut résulter de la combinaison d’une charge de travail élevée, d’une culture du blindage et d’un écart entre la conscience professionnelle et les conditions permettant un soin de qualité.
Technicisation, fragmentation et contraintes → patient objectivé → déshumanisation
★ À maîtriser
Le modèle biomédical réduit la maladie à des écarts de variables biologiques mesurables, tandis que le modèle biopsychosocial intègre les dimensions psychologiques, sociales et institutionnelles. — Georges Engel
Selon Jaspers, l’humanisme médical se transmet par la personnalité du médecin, son ton, ses gestes, l’esprit de la clinique et une présence attentive, plutôt que par le seul enseignement de principes abstraits. — Karl Jaspers, L’idée médicale, 2011
Un soin optimal repose sur une collaboration, une communication et une complémentarité entre les professions de santé autour d’un cadre conceptuel commun. — Georges Engel
Compléments
📌 La compassion consiste à aider activement autrui et se distingue du fait de rejoindre affectivement autrui dans sa détresse. — Bolton
Biomédical : variables biologiques ; biopsychosocial : personne, psychisme et environnement
| Dimension | Objet principal | Risque d’excès |
|---|---|---|
| Thérapeutique | Traiter une pathologie ciblée | Réduction du patient à une atteinte |
| Thérapique | Prendre soin d’une personne dans la relation | Paternalisme compassionnel et atteinte à l’autonomie |
| Modèle | Vision de la maladie | Limite ou apport |
|---|---|---|
| Biomédical | Écarts de variables biologiques mesurables | Réductionnisme et oubli des dimensions psychosociales |
| Biopsychosocial | Articulation du biologique, du psychologique, du social et de l’institutionnel | Coordination humaniste et scientifique autour du patient |
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Qu'est-ce que le soin selon Frédéric Worms (2010) ?
Le soin est une pratique visant à soulager un être vivant de ses besoins matériels ou souffrances vitales par égard pour lui.
Définition du soin (Worms)
Souci de soulager un être vivant avec égard.
Quelles sont les deux visées du soin selon Frédéric Worms (2010) ?
Le soin comporte une visée thérapeutique et une visée thérapique.
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