QCM : Sociologie et théories des médias — 22 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique distingue un fait social d’une préférence personnelle selon Émile Durkheim ?

Il correspond à une réaction biologique partagée par plusieurs personnes
Il désigne une opinion individuelle transmise par les médias
Il exprime une décision personnelle adoptée après une réflexion consciente
Il exerce une pression extérieure sur l’individu et influence ses conduites

Il exerce une pression extérieure sur l’individu et influence ses conduites

Explication

Pour Émile Durkheim, le fait social est extérieur à l’individu et exerce sur lui une pression ou une influence souvent inconsciente. Une préférence personnelle relève au contraire d’un comportement individuel, sans constituer nécessairement un fait social.

2. Quel objet correspond le mieux à la sociologie des médias ?

La performance matérielle des appareils de communication et leurs caractéristiques techniques
Les réactions psychologiques individuelles provoquées par chaque message médiatique
Les relations entre technique, pouvoir, culture et société, ainsi que leurs influences réciproques
La comparaison des styles journalistiques sans référence aux institutions sociales

Les relations entre technique, pouvoir, culture et société, ainsi que leurs influences réciproques

Explication

La sociologie des médias étudie les relations entre la technique, le pouvoir, la culture et la société, en examinant aussi la manière dont médias et société se façonnent mutuellement. Une approche centrée sur la performance des appareils serait plutôt techniciste et plus restreinte.

3. Quelle dimension d’analyse porte principalement sur ce que les publics font des médias ?

Les dispositifs techniques
La production médiatique
L’influence et les effets
La réception et les usages

La réception et les usages

Explication

La réception et les usages concernent les pratiques et les interprétations des publics face aux médias. La production renvoie plutôt aux acteurs et aux processus qui fabriquent les contenus médiatiques.

4. Que désigne la ligne éditoriale d’un média ?

La liste des équipements nécessaires à la diffusion des programmes
La philosophie qui oriente les choix et les contenus du média
La procédure juridique encadrant la publication des informations
La mesure statistique de l’audience selon les différents publics

La philosophie qui oriente les choix et les contenus du média

Explication

La ligne éditoriale correspond à la philosophie d’un média et guide ses choix de traitement et de contenu. Elle ne désigne ni ses équipements, ni son audience, ni le cadre juridique de publication.

5. Quelle proposition caractérise le déterminisme technologique ?

Les contenus médiatiques reproduisent principalement l’idéologie des industries capitalistes
L’outil technique transforme la société indépendamment des contenus qu’il véhicule
Le média associe une dimension matérielle à une dimension socio-symbolique
Les pratiques des publics déterminent la signification sociale de chaque dispositif

L’outil technique transforme la société indépendamment des contenus qu’il véhicule

Explication

Le déterminisme technologique place l’outil technique au premier plan et lui attribue un pouvoir de transformation sociale indépendant des contenus transmis. L’approche des usages part plutôt des pratiques des publics et de leur relation aux dispositifs.

6. Comment Marshall McLuhan définit-il principalement le média ?

Comme un dispositif réapproprié par des usagers actifs et réflexifs
Comme un canal destiné à transmettre des informations vérifiées
Comme une industrie produisant des biens culturels pour le marché
Comme une extension du corps liée à la biologie humaine

Comme une extension du corps liée à la biologie humaine

Explication

Pour Marshall McLuhan, le média est une extension du corps et se comprend par son rapport à la biologie humaine. Le réduire à un canal d’information relève d’une conception journalistique qui ne correspond pas à son approche.

7. Comment l’école de Francfort analyse-t-elle les médias dans les sociétés capitalistes ?

Comme des dispositifs techniques réappropriés par des publics actifs et réflexifs
Comme des outils neutres dont les effets dépendent principalement des usages individuels
Comme des extensions corporelles définies par leur rapport à la biologie humaine
Comme des industries qui reproduisent l’idéologie dominante et fabriquent le consentement des masses

Comme des industries qui reproduisent l’idéologie dominante et fabriquent le consentement des masses

Explication

L’école de Francfort considère les médias comme des industries capitalistes participant à la reproduction de l’idéologie dominante et à la fabrication du consentement. L’idée d’outils neutres dépendant des usages appartient à une autre orientation théorique.

8. Quelle distinction oppose le mieux les Cultural Studies à la sociologie des usages ?

Les Cultural Studies privilégient la technique, tandis que la sociologie des usages étudie la circulation économique des contenus
Les Cultural Studies privilégient la réception, tandis que la sociologie des usages étudie la réappropriation active des dispositifs
Les Cultural Studies décrivent la biologie des médias, tandis que la sociologie des usages examine leur idéologie dominante
Les Cultural Studies analysent la production industrielle, tandis que la sociologie des usages mesure les effets psychologiques des messages

Les Cultural Studies privilégient la réception, tandis que la sociologie des usages étudie la réappropriation active des dispositifs

Explication

Les Cultural Studies déplacent l’analyse vers la réception et les usages, alors que la sociologie des usages s’intéresse à la manière dont des usagers actifs et réflexifs réapproprient les dispositifs. Les autres distinctions attribuent à ces approches des objets qui relèvent d’autres théories.

9. Comment le modèle M.E.D.I.A.TS de Benoît Lafon appréhende-t-il les médias ?

Comme une méthode limitée aux contenus journalistiques
Comme une grille globale, systémique et holistique
Comme une théorie consacrée aux seuls usages numériques
Comme une typologie centrée sur les supports matériels

Comme une grille globale, systémique et holistique

Explication

Le modèle M.E.D.I.A.TS propose une analyse globale, systémique et holistique des médias dans toutes leurs dimensions. L’approche centrée sur les supports matériels ne rend pas compte de cette ambition intégrative.

10. Quelle combinaison correspond aux cinq piliers du modèle M.E.D.I.A.TS ?

Publics, audiences, messages, supports et technologies de diffusion
Financement, information, réglementation, réception et propriété
Économie, politique, culture, société et innovations médiatiques
Modèle économique, discours, institution, acteurs et technique en société

Modèle économique, discours, institution, acteurs et technique en société

Explication

Les cinq piliers sont le modèle économique, le discours, l’institution, les acteurs et la technique en société. La combinaison centrée sur les publics et les supports remplace plusieurs dimensions du modèle par des catégories qui n’en constituent pas les piliers.

11. Que désigne principalement l’agenda-building dans l’analyse médiatique ?

La sélection d’aspects d’un sujet pour orienter son interprétation
La lutte entre acteurs pour faire inscrire un sujet dans les agendas médiatique et politique
La hiérarchisation des médias selon leur audience et leur financement
La transformation d’une information en récit selon une ligne éditoriale

La lutte entre acteurs pour faire inscrire un sujet dans les agendas médiatique et politique

Explication

L’agenda-building désigne le processus par lequel différents acteurs cherchent à faire entrer un sujet dans l’agenda médiatique puis politique. La sélection d’aspects pour orienter l’interprétation relève du cadrage médiatique.

12. Une chaîne choisit de présenter une réforme à travers ses effets sur les ménages plutôt qu’à travers son coût budgétaire. Quel mécanisme illustre cet exemple ?

La médiation institutionnelle, qui organise les relations entre acteurs
La diffusion algorithmique, qui personnalise l’accès aux informations
L’agenda-building, qui fait inscrire la réforme dans les priorités publiques
Le cadrage médiatique, qui rend certains aspects plus saillants

Le cadrage médiatique, qui rend certains aspects plus saillants

Explication

Le cadrage médiatique consiste à sélectionner certains aspects de la réalité et à les rendre plus saillants afin d’orienter l’interprétation. L’agenda-building concerne plutôt la lutte pour faire entrer un sujet dans l’agenda.

13. Quel changement caractérise le rôle des intermédiaires de communication à l’ère numérique ?

Les plateformes remplacent les créateurs par des sources institutionnelles
Les influenceurs et les algorithmes prolongent et reconfigurent leur rôle
Les intermédiaires disparaissent au profit d’une circulation entièrement directe
Les rédactions reprennent le contrôle des échanges entre tous les publics

Les influenceurs et les algorithmes prolongent et reconfigurent leur rôle

Explication

Les influenceurs, les créateurs de contenu et les relais algorithmiques prolongent le rôle des intermédiaires dans le two-step flow of communication. L’idée d’une disparition totale des relais est donc incompatible avec cette reconfiguration de l’intermédiation.

14. Quelle évolution des agendas médiatiques est associée aux chambres d’écho et aux bulles de filtres ?

Une convergence des publics autour d’un agenda éditorial commun
Une fragmentation des agendas et l’émergence d’agendas citoyens ou viraux
Une centralisation des sujets par les médias généralistes traditionnels
Une réduction des échanges à des informations produites par les institutions

Une fragmentation des agendas et l’émergence d’agendas citoyens ou viraux

Explication

Les chambres d’écho et les bulles de filtres fragmentent les agendas, tandis que des agendas citoyens ou viraux émergent selon une logique ascendante. La convergence autour d’un agenda commun décrit le phénomène inverse de cette fragmentation.

15. Quelle mission définit le modèle du watchdog dans le journalisme ?

Exprimer une opinion personnelle sur les décisions des gouvernants
Promouvoir les intérêts économiques de l’entreprise de presse
Enquêter dans l’intérêt public pour contrôler les dérives des pouvoirs
Relayer rapidement les déclarations des responsables publics

Enquêter dans l’intérêt public pour contrôler les dérives des pouvoirs

Explication

Le watchdog conçoit le journalisme comme un contre-pouvoir chargé d’enquêter dans l’intérêt public face aux dérives des pouvoirs. Une simple opinion peut exister sans investigation approfondie ni objectif de contrôle public.

16. Quels principes la Charte de Munich de 1971 associe-t-elle à la crédibilité journalistique ?

La neutralité commerciale, la reprise des dépêches et l’adhésion aux sondages
L’indépendance, la vérification des faits et le refus des conflits d’intérêts
La liberté d’opinion, la concurrence entre médias et la recherche d’audience
La rapidité de publication, la popularité des sujets et la fidélité aux annonceurs

L’indépendance, la vérification des faits et le refus des conflits d’intérêts

Explication

La Charte de Munich relie la crédibilité à l’indépendance, à la vérification des faits et au refus des conflits d’intérêts. La recherche de popularité ou la rapidité de publication ne remplacent pas ces exigences déontologiques.

17. Que désigne l’expression « autonomie déplacée » dans le travail journalistique ?

Le transfert des journalistes vers des rédactions situées dans une autre ville
La possibilité pour une rédaction de choisir librement ses sujets sans hiérarchie
La séparation complète entre les décisions éditoriales et les intérêts économiques
La croyance en une liberté éditoriale totale malgré les contraintes de l’entreprise

La croyance en une liberté éditoriale totale malgré les contraintes de l’entreprise

Explication

L’autonomie déplacée correspond à la croyance des journalistes en une liberté totale alors que leurs choix s’inscrivent dans les contraintes rigides de l’entreprise. Elle ne signifie donc pas une indépendance effective à l’égard de la hiérarchie ou des intérêts économiques.

18. Comment Pierre Bourdieu définit-il la violence symbolique exercée par les médias ?

Comme l’imposition de structures de pensée perçues comme neutres et légitimes
Comme la diffusion volontaire de menaces contre des groupes sociaux précis
Comme l’interdiction juridique d’exprimer des opinions opposées aux médias
Comme l’usage direct de la force physique pour contrôler les comportements

Comme l’imposition de structures de pensée perçues comme neutres et légitimes

Explication

La violence symbolique impose des catégories de pensée, un vocabulaire et des cadrages qui paraissent naturels ou légitimes aux personnes concernées. Elle se distingue d’une contrainte physique directement imposée de l’extérieur.

19. Laquelle de ces propositions décrit une contrainte caractéristique du champ médiatique selon Pierre Bourdieu ?

La pression de l’audimat et de la vitesse, renforcée par le conformisme informationnel
La disparition des sources institutionnelles au profit d’enquêtes totalement autonomes
La priorité donnée aux sujets complexes indépendamment du rythme de publication
La réduction de la concurrence entre médias par une régulation commune des contenus

La pression de l’audimat et de la vitesse, renforcée par le conformisme informationnel

Explication

Le champ médiatique subit notamment la tyrannie de l’audimat et de la vitesse, ainsi que le conformisme et la circulation circulaire de l’information. Les médias ne sont donc pas décrits comme affranchis des audiences, des rythmes rapides ou des sources déjà dominantes.

20. Que signifie l’hégémonie culturelle dans la pensée d’Antonio Gramsci ?

La transmission spontanée de traditions communes entre groupes sociaux égaux
Le processus par lequel une classe dirigeante rend sa vision du monde dominante et légitime
La domination militaire d’un État sur des territoires culturellement différents
La coexistence équilibrée de plusieurs visions du monde dans l’espace public

Le processus par lequel une classe dirigeante rend sa vision du monde dominante et légitime

Explication

L’hégémonie culturelle désigne l’imposition des valeurs et de la vision du monde d’une classe dirigeante au reste de la société. Elle produit une apparence de normalité et de légitimité, à l’inverse d’un pluralisme véritablement équilibré.

21. Que désigne la « fabrique du consentement » selon Noah Chomsky et Edward Herman ?

La production médiatique d’un consensus favorable aux intérêts des élites politiques et économiques
La multiplication de points de vue indépendants grâce à la concurrence entre médias
La diffusion d’informations vérifiées par des institutions séparées des intérêts économiques
La formation spontanée d’une opinion publique à partir de débats également représentés

La production médiatique d’un consensus favorable aux intérêts des élites politiques et économiques

Explication

La fabrique du consentement décrit la production d’un consensus artificiel favorable aux intérêts des élites par les médias de masse en démocratie. La présence de plusieurs médias ne suffit pas à assurer une diversité réelle des informations ou des points de vue.

22. Lequel de ces ensembles correspond aux cinq filtres de la fabrique du consentement ?

La vitesse de publication, l’audimat, la vérification, la satire et la participation citoyenne
La concurrence éditoriale, le pluralisme politique, les journalistes indépendants, le débat et l’éducation
La concentration urbaine, la presse locale, les sondages, les réseaux sociaux et la neutralité
La propriété des médias, la publicité, les sources institutionnelles, le flak et l’idéologie dominante

La propriété des médias, la publicité, les sources institutionnelles, le flak et l’idéologie dominante

Explication

Les cinq filtres sont la propriété des médias, la publicité, les sources institutionnelles, le flak et l’idéologie dominante. Les autres ensembles mélangent des pratiques médiatiques, des objectifs démocratiques ou des caractéristiques qui ne constituent pas ce modèle.

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Qu'est-ce qu'un fait social selon Emile Durkheim ?

Une manière de penser, d’agir et de sentir extérieure à l’individu.

Quelle influence un fait social exerce-t-il sur l'individu ?

Il exerce des pressions ou une influence inconsciente.

Quel auteur a défini le fait social comme une manière extérieure à l'individu ?

Emile Durkheim.

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