QCM : Systèmes internationaux et diplomatie (20 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond le mieux à un système international ?

Une institution mondiale chargée de prévenir les conflits entre gouvernements
Une succession d’événements diplomatiques organisés selon leur ordre chronologique
Un ensemble d’unités en interactions régulières pouvant être impliquées dans une guerre générale
Un regroupement d’États partageant nécessairement le même régime politique

Un ensemble d’unités en interactions régulières pouvant être impliquées dans une guerre générale

Explication

Un système international désigne des unités engagées dans des interactions régulières et susceptibles de participer à une guerre générale. Le simple déroulement chronologique d’événements constitue un récit historique, pas une configuration d’interactions.

2. Quelles sont les deux variables essentielles pour analyser un système international ?

La nature des États et la structure de leurs rapports de force
La durée des conflits et le nombre de traités conclus entre les États
Les ressources économiques et la localisation géographique des capitales
Le niveau d’inclusion juridique et la fréquence des interventions extérieures

La nature des États et la structure de leurs rapports de force

Explication

L’analyse porte sur la nature des États, notamment leurs régimes et leur philosophie du pouvoir, ainsi que sur la structure de leurs rapports de force. La durée des conflits et le nombre de traités ne constituent pas les deux variables centrales définies ici.

3. Comment le récit linéaire du progrès institutionnel présente-t-il les transitions entre systèmes internationaux ?

Comme des ruptures imprévisibles sans lien avec les limites des institutions précédentes
Comme des réponses aux échecs antérieurs et des avancées vers davantage d’ordre, de droit et d’inclusion
Comme des transformations principalement déterminées par les changements de régime intérieur
Comme des retours réguliers à un ordre ancien après l’échec des mécanismes de coopération

Comme des réponses aux échecs antérieurs et des avancées vers davantage d’ordre, de droit et d’inclusion

Explication

Le récit linéaire interprète chaque nouveau système comme une réponse à l’échec du précédent et comme une progression normative. Cette lecture peut toutefois minimiser les contestations et les limites propres à chaque système.

4. Quel événement est présenté comme la naissance du système d’États en 1648 ?

La création de l’Organisation des Nations unies
Le Congrès de Vienne
La création de la Société des Nations
La paix de Westphalie

La paix de Westphalie

Explication

Dans le récit du progrès institutionnel, la paix de Westphalie de 1648 inaugure le système d’États. Cette présentation ne signifie pas nécessairement que la rupture avec l’ordre antérieur fut parfaitement nette et consensuelle.

5. Quel événement inaugure le concert européen en 1815 après l’échec de l’équilibre spontané ?

Le Congrès de Vienne
Le traité d’Utrecht
La création de la Société des Nations
La paix de Westphalie

Le Congrès de Vienne

Explication

Le Congrès de Vienne de 1815 est présenté comme le début du concert européen, établi après l’échec de l’équilibre spontané. Le traité d’Utrecht concerne la formalisation antérieure de l’équilibre des puissances, et non la naissance du concert européen.

6. Quelle institution est créée en 1919 après l’échec du concert européen ?

La Société des Nations, organisation permanente à vocation universelle
L’Organisation des Nations unies, dotée d’un Conseil de sécurité
Le concert européen, fondé sur la coopération des grandes puissances
Le système westphalien, fondé sur la souveraineté territoriale

La Société des Nations, organisation permanente à vocation universelle

Explication

En 1919, l’échec du concert européen conduit à la création de la Société des Nations, conçue comme une organisation permanente à vocation universelle. L’Organisation des Nations unies appartient à l’étape institutionnelle de 1945.

7. Quels principes définissent les fondements westphaliens de l’ordre international ?

La centralisation mondiale, l’arbitrage obligatoire et la représentation égale des populations
La hiérarchie entre grandes puissances, la tutelle extérieure et l’inégalité juridique des États
La souveraineté territoriale, la non-intervention et l’égalité juridique formelle des États
La libre intervention, la fusion des souverainetés et la primauté des autorités religieuses

La souveraineté territoriale, la non-intervention et l’égalité juridique formelle des États

Explication

L’ordre westphalien repose sur la souveraineté des États sur leur territoire, la non-intervention dans leurs affaires intérieures et leur égalité juridique formelle. La distinction entre grandes et petites puissances caractérise plutôt le concert européen que ce principe d’égalité juridique.

8. Que se passe-t-il en 1648 avec la paix de Westphalie ?

Elle met fin à la guerre de Trente Ans et pose trois principes de l’ordre international moderne
Elle formalise l’équilibre des puissances comme règle de droit international
Elle met fin aux guerres napoléoniennes et établit le concert européen
Elle crée une organisation universelle chargée de garantir la paix entre les États

Elle met fin à la guerre de Trente Ans et pose trois principes de l’ordre international moderne

Explication

La paix de Westphalie met fin à la guerre de Trente Ans et établit trois principes fondateurs de l’ordre international moderne. Le concert européen relève de 1815, tandis que la formalisation juridique de l’équilibre des puissances est associée à 1713.

9. Comment fonctionne l’équilibre des puissances ?

Les États se contrebalancent sans instance commune et l’ordre résulte du choc de leurs intérêts
Une puissance dominante organise la coopération en garantissant la sécurité de ses partenaires
Les États renoncent à leurs intérêts pour appliquer une hiérarchie juridique internationale
Une autorité commune impose des règles contraignantes et tranche les différends entre États

Les États se contrebalancent sans instance commune et l’ordre résulte du choc de leurs intérêts

Explication

L’équilibre des puissances est une régulation sans instance commune, dans laquelle les États se contrebalancent mutuellement. L’ordre ne provient donc pas d’une autorité centrale, mais du jeu et du choc de leurs intérêts.

10. Quelle forme d’organisation des affaires européennes le Congrès de Vienne met-il en place en novembre 1815 ?

Une assemblée représentative fondée sur le suffrage des peuples
Une administration impériale centralisée sous l’autorité française
Une cogestion des affaires européennes entre les grandes puissances
Un équilibre spontané entre des États laissés à leur propre initiative

Une cogestion des affaires européennes entre les grandes puissances

Explication

Le Congrès de Vienne instaure une cogestion des affaires européennes après les bouleversements révolutionnaires et napoléoniens. L’équilibre antérieur est présenté comme spontané, tandis que le nouveau système repose sur une coordination organisée.

11. Quels États fondent la Quadruple Alliance avant l’adhésion de la France en 1818 ?

L’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie
L’Autriche, la Prusse, la Russie et l’Italie
L’Angleterre, la France, la Prusse et l’Italie
La France, l’Angleterre, l’Autriche et la Russie

L’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie

Explication

La Quadruple Alliance réunit d’abord l’Angleterre, l’Autriche, la Prusse et la Russie. La France rejoint cette coalition en 1818, elle n’en fait donc pas partie au moment de sa fondation.

12. Pourquoi le concert européen est-il qualifié à la fois de minilatéral et d’universel ?

Il repose sur des institutions universelles tout en excluant les grandes puissances
Il rassemble de nombreux participants tout en limitant ses décisions aux affaires régionales
Il rassemble peu de participants tout en prétendant traiter les affaires générales
Il associe une représentation populaire étendue à des décisions entre alliés

Il rassemble peu de participants tout en prétendant traiter les affaires générales

Explication

Le concert européen est minilatéral parce qu’il réunit un nombre limité de participants, mais il se veut universel par sa prétention à régler les affaires générales. Ces deux qualificatifs décrivent donc son format et son ambition.

13. Quelle caractéristique décrit le mieux le fonctionnement politique du concert européen ?

Un système oligarchique fondé sur la cooptation et l’unanimité des grandes puissances
Un système fédéral fondé sur une représentation égale des populations
Un système ouvert fondé sur l’adhésion libre de chaque gouvernement
Un système démocratique fondé sur l’élection et la majorité des États

Un système oligarchique fondé sur la cooptation et l’unanimité des grandes puissances

Explication

Le concert européen est oligarchique, faiblement inclusif, et repose sur la cooptation sélective ainsi que sur la décision unanime des grandes puissances. Il ne fonctionne donc ni comme une démocratie élective ni comme une structure ouverte à tous.

14. Que met en opposition le premier dilemme du concert européen ?

La représentation des États et celle de l’humanité ou des peuples
L’ingérence limitée et la conquête des territoires
L’alliance contre un ennemi commun et la tolérance entre membres
La stabilité des puissances et la justification par des valeurs universelles

La représentation des États et celle de l’humanité ou des peuples

Explication

Le premier dilemme oppose une représentation des États à une représentation de l’humanité ou des peuples. Le concert prétend agir pour l’ordre commun, mais il est dirigé par des princes et de grandes puissances plutôt que par les peuples.

15. Quelle distinction caractérise le deuxième dilemme du concert européen ?

L’alliance repose sur un ennemi commun, tandis que la connivence tolère les pratiques des membres
L’alliance repose sur la neutralité commune, tandis que la connivence impose une discipline extérieure
L’alliance recherche la conquête territoriale, tandis que la connivence refuse toute relation entre membres
L’alliance défend les peuples concernés, tandis que la connivence organise leur représentation politique

L’alliance repose sur un ennemi commun, tandis que la connivence tolère les pratiques des membres

Explication

L’alliance se fonde sur une solidarité dirigée contre un ennemi commun, alors que la connivence repose sur la tolérance des pratiques des membres du club. La distinction porte donc sur le fondement interne et externe de la coopération.

16. Quel conflit normatif constitue le troisième dilemme du concert européen ?

Un ordre fondé sur la représentation populaire face à un ordre organisé par des alliances secrètes
Un ordre fondé sur l’égalité juridique face à un ordre dirigé par une puissance impériale
Un ordre fondé sur la stabilité des puissances face à un ordre justifié par des valeurs universelles
Un ordre fondé sur la non-intervention face à un ordre visant le partage des territoires

Un ordre fondé sur la stabilité des puissances face à un ordre justifié par des valeurs universelles

Explication

Le troisième dilemme oppose la stabilité des puissances à la recherche d’un ordre légitimé par des valeurs universelles. Il s’agit d’une tension entre une logique de puissance et une logique normative.

17. Quelle opposition J. S. Mill formule-t-il à propos de l’action extérieure des États ?

L’État monarchique non-interventionniste s’oppose à l’État qui représente les peuples dans ses institutions
L’État libéral non-interventionniste s’oppose à l’État qui veut libérer les peuples par une intervention extérieure
L’État national conquérant s’oppose à l’État qui partage les territoires au nom d’un ordre commun
L’État libéral interventionniste s’oppose à l’État qui protège les empires par une neutralité extérieure

L’État libéral non-interventionniste s’oppose à l’État qui veut libérer les peuples par une intervention extérieure

Explication

Dans son essai de 1859, J. S. Mill met en tension l’État libéral attaché à la non-intervention et l’État libérateur qui prétend émanciper les peuples par une action extérieure. Le dilemme concerne donc la légitimité de l’intervention au nom de la liberté.

18. Quel changement caractérise la dégénérescence bismarckienne du concert européen ?

Une extension de la représentation populaire, de l’arbitrage universel et de la coopération institutionnelle
Un retour à l’équilibre des puissances, aux alliances secrètes et à une polarisation autour de l’Allemagne
Un approfondissement de la cogestion ouverte, de la transparence diplomatique et de l’égalité entre puissances
Un abandon des alliances européennes au profit d’une administration commune des territoires

Un retour à l’équilibre des puissances, aux alliances secrètes et à une polarisation autour de l’Allemagne

Explication

La dégénérescence bismarckienne marque le retour à l’équilibre des puissances, aux alliances secrètes et à une polarisation autour de l’Allemagne. Elle s’éloigne ainsi de la cogestion ouverte associée au concert européen.

19. Quelle continuité caractérise les formats internationaux apparus après 1945, tels que le G7, le G20 ou le Conseil de sécurité ?

Ils remplacent les groupes restreints par une représentation directe de toutes les populations
Ils organisent les relations internationales autour d’une majorité permanente des petits États
Ils abandonnent la diplomatie de club au profit d’une administration mondiale intégrée
Ils reprennent un format minilatéral et une logique de diplomatie de club

Ils reprennent un format minilatéral et une logique de diplomatie de club

Explication

Après 1945, plusieurs formats, dont le G7, le G20 et le Conseil de sécurité, reprennent un nombre limité de participants et une logique de diplomatie de club. Ils prolongent ainsi certaines formes du concert européen dans des cadres contemporains.

20. Comment les cinq dilemmes du concert évoluent-ils dans les différents systèmes internationaux ?

Ils sont résolus par le remplacement des grandes puissances par des organisations universelles
Ils restent sans résolution définitive et se reformulent dans chaque système international
Ils deviennent identiques dans tous les systèmes après la généralisation de la diplomatie multilatérale
Ils disparaissent lorsque les institutions internationales adoptent des règles communes

Ils restent sans résolution définitive et se reformulent dans chaque système international

Explication

Les cinq dilemmes ne reçoivent jamais de solution définitive et réapparaissent sous des formes nouvelles dans chaque système international. La transformation des institutions ne supprime donc pas les tensions qu’ils expriment.

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Qu'est-ce qu'un système international ?

Un ensemble d’unités en interactions régulières pouvant être impliquées dans une guerre générale.

Sur quelles variables repose l’analyse d’un système international ?

La nature des États concernés et la structure de leurs rapports de force.

Comment le récit linéaire présente-t-il chaque système international ?

Comme une réponse à l’échec du précédent et une progression vers plus d’ordre, droit et inclusion.

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