Mathématiques Terminale — programme officiel

Dénombrement et combinatoire : fiche de révision

k-uplets, arrangements, permutations, combinaisons : savoir compter sans se tromper, choisir la bonne formule et éviter les doubles comptages.

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1Les principes de base

Principe additif : si une situation se décompose en cas DISJOINTS, on additionne les nombres de possibilités. Principe multiplicatif : si une situation se construit par étapes successives INDÉPENDANTES en nombre de choix, on multiplie. Ces deux principes suffisent à retrouver toutes les formules.

Question clé avant tout calcul : l'ordre compte-t-il ? et les répétitions sont-elles autorisées ? Ces deux réponses déterminent la formule à employer.

2Les quatre formules

k-uplets d'un ensemble à n éléments (ordre, répétitions autorisées) : nᵏ. Exemple : nombre de codes PIN à 4 chiffres = 10⁴.

Arrangements de k éléments parmi n (ordre, SANS répétition) : n × (n−1) × … × (n−k+1) = n!/(n−k)!. Exemple : podiums possibles avec 8 coureurs = 8 × 7 × 6 = 336.

Permutations de n éléments (tous les éléments, ordonnés) : n! = n × (n−1) × … × 1. Exemple : anagrammes d'un mot à 5 lettres distinctes = 5! = 120.

Combinaisons de k éléments parmi n (SANS ordre, sans répétition) : C(n, k) = n! / (k!(n−k)!), lu « k parmi n ». Exemple : mains de 5 cartes dans un jeu de 32 = C(32, 5) = 201 376. Une combinaison est une PARTIE (un sous-ensemble) à k éléments.

3Propriétés des coefficients binomiaux

Symétrie : C(n, k) = C(n, n−k) — choisir k éléments revient à choisir les n−k éléments écartés. Valeurs particulières : C(n, 0) = C(n, n) = 1, C(n, 1) = n. Relation de Pascal : C(n, k) = C(n−1, k−1) + C(n−1, k), qui construit le triangle de Pascal (un élément donné est soit pris — reste k−1 à choisir parmi n−1 — soit écarté).

Somme d'une ligne : C(n, 0) + C(n, 1) + … + C(n, n) = 2ⁿ, le nombre total de parties d'un ensemble à n éléments.

4Méthode et pièges — exemple corrigé

Exemple : dans une classe de 25 élèves, combien de délégations de 3 élèves contenant au moins une fille, s'il y a 14 filles et 11 garçons ?

Méthode du complémentaire (réflexe pour « au moins un ») : total − aucune fille = C(25, 3) − C(11, 3) = 2 300 − 165 = 2 135.

Pièges classiques : utiliser un arrangement quand l'ordre ne compte pas (une délégation n'est pas un podium) ; compter deux fois les mêmes objets en découpant en cas NON disjoints ; traiter « au moins un » par addition de cas au lieu du complémentaire (possible mais périlleux) ; confondre nᵏ (répétitions autorisées) avec l'arrangement (sans répétition). Toujours annoncer le modèle choisi : « l'ordre ne compte pas, sans répétition : combinaisons ».

Définitions à connaître par cœur

k-uplet
Liste ordonnée de k éléments avec répétitions autorisées ; il y en a nᵏ dans un ensemble à n éléments.
Arrangement
Liste ordonnée de k éléments distincts choisis parmi n : n!/(n−k)! possibilités.
Permutation
Rangement ordonné des n éléments d'un ensemble : n! possibilités.
Combinaison
Sous-ensemble de k éléments parmi n, sans ordre : C(n, k) = n!/(k!(n−k)!).
Factorielle
n! = n × (n−1) × … × 2 × 1, avec la convention 0! = 1.
Relation de Pascal
C(n, k) = C(n−1, k−1) + C(n−1, k) : chaque coefficient est la somme des deux du dessus dans le triangle.

Quiz : teste-toi sur dénombrement et combinatoire

8 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. Nombre de codes à 4 chiffres (0-9) :

  • A.4¹⁰
  • B.10 × 9 × 8 × 7
  • C.10⁴
  • D.C(10, 4)
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Réponse : C. 10⁴

Ordre et répétitions : ce sont des 4-uplets d'un ensemble à 10 éléments, soit 10⁴.

2. Nombre de podiums (1er, 2e, 3e) avec 8 coureurs :

  • A.
  • B.C(8, 3)
  • C.8 × 7 × 6
  • D.8!
Voir la réponse

Réponse : C. 8 × 7 × 6

Ordre sans répétition : arrangement de 3 parmi 8 = 336.

3. C(n, k) compte…

  • A.les listes ordonnées de k éléments
  • B.les sous-ensembles à k éléments
  • C.les permutations de k éléments
  • D.les k-uplets
Voir la réponse

Réponse : B. les sous-ensembles à k éléments

Une combinaison est une partie à k éléments : l'ordre ne compte pas.

4. C(n, k) = …

  • A.n!/(n−k)!
  • B.n!/(k!(n−k)!)
  • C.k!/(n−k)!
  • D.nᵏ/k!
Voir la réponse

Réponse : B. n!/(k!(n−k)!)

On divise l'arrangement n!/(n−k)! par k! pour effacer l'ordre des k éléments choisis.

5. C(n, k) = C(n, n−k) car…

  • A.le triangle de Pascal est symétrique par hasard
  • B.choisir k éléments revient à choisir les n−k écartés
  • C.k = n−k toujours
  • D.c'est une convention
Voir la réponse

Réponse : B. choisir k éléments revient à choisir les n−k écartés

La symétrie a une interprétation ensembliste directe.

6. C(n, 0) + C(n, 1) + … + C(n, n) = …

  • A.n!
  • B.
  • C.2ⁿ
  • D.nⁿ
Voir la réponse

Réponse : C. 2ⁿ

C'est le nombre total de parties d'un ensemble à n éléments.

7. Pour compter les tirages avec « au moins un as », le réflexe est…

  • A.additionner tous les cas
  • B.passer par le complémentaire « aucun as »
  • C.multiplier par 4
  • D.utiliser une permutation
Voir la réponse

Réponse : B. passer par le complémentaire « aucun as »

Total moins « aucun » évite les découpages en cas multiples et les doubles comptages.

8. La relation de Pascal s'écrit :

  • A.C(n, k) = C(n−1, k) + C(n, k−1)
  • B.C(n, k) = C(n−1, k−1) + C(n−1, k)
  • C.C(n, k) = C(n+1, k) − C(n, k+1)
  • D.C(n, k) = k C(n−1, k−1)
Voir la réponse

Réponse : B. C(n, k) = C(n−1, k−1) + C(n−1, k)

Fixe un élément : soit il est choisi (C(n−1, k−1)), soit il ne l'est pas (C(n−1, k)).

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Questions fréquentes

Comment choisir entre arrangement et combinaison ?

Pose la question de l'ordre : si permuter les éléments choisis change l'objet compté (podium, mot, code), c'est un arrangement ; si non (équipe, main de cartes, délégation), c'est une combinaison.

Comment traiter les questions « au moins un » ?

Passe par l'événement complémentaire « aucun » : nombre cherché = total − nombre de cas sans l'objet. C'est plus court et plus sûr que d'additionner « exactement 1 » + « exactement 2 » + …

Que vaut 0! et pourquoi ?

0! = 1 par convention : elle rend les formules cohérentes (C(n, 0) = n!/(0!n!) = 1 — il y a bien une seule façon de ne rien choisir : la partie vide).

Faut-il savoir calculer les coefficients binomiaux à la main ?

Oui pour les petits cas (simplifier n!/(k!(n−k)!) en produit court : C(8, 3) = (8×7×6)/(3×2×1) = 56) ; la calculatrice les donne directement pour les grands.