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Loi binomiale et variables aléatoires : fiche de révision

Schéma de Bernoulli, loi binomiale, espérance et variance, sommes de variables, inégalité de Bienaymé-Tchebychev et loi des grands nombres : la fiche complète des probabilités de Terminale.

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1Épreuve, schéma de Bernoulli et loi binomiale

Une épreuve de Bernoulli est une expérience à deux issues : succès (probabilité p) et échec (probabilité 1 − p). Un schéma de Bernoulli est la répétition de n épreuves IDENTIQUES et INDÉPENDANTES. La variable X comptant le nombre de succès suit alors la loi binomiale de paramètres n et p, notée B(n ; p).

Formule : P(X = k) = C(n, k) pᵏ (1 − p)ⁿ⁻ᵏ pour k de 0 à n. Le coefficient C(n, k) compte les chemins de l'arbre réalisant k succès ; pᵏ(1−p)ⁿ⁻ᵏ est la probabilité de chacun. Espérance : E(X) = np. Variance : V(X) = np(1 − p), écart type σ = √(np(1−p)).

Avant d'utiliser la binomiale, JUSTIFIER les trois points : deux issues, répétition à l'identique, indépendance (tirages avec remise ou assimilés).

2Opérations sur les variables aléatoires

Linéarité de l'espérance : E(aX + b) = aE(X) + b et, pour TOUTES variables (indépendantes ou non), E(X + Y) = E(X) + E(Y). Pour la variance : V(aX + b) = a²V(X). La constante additive ne change pas la dispersion, le facteur est élevé au carré. Si X et Y sont INDÉPENDANTES : V(X + Y) = V(X) + V(Y).

Échantillon de taille n : si X₁, …, Xₙ sont indépendantes de même loi que X, leur somme Sₙ vérifie E(Sₙ) = nE(X) et V(Sₙ) = nV(X) ; la moyenne Mₙ = Sₙ/n vérifie E(Mₙ) = E(X) et V(Mₙ) = V(X)/n. La dispersion de la moyenne diminue quand n grandit : c'est la clé de la suite.

3Bienaymé-Tchebychev et loi des grands nombres

Inégalité de Bienaymé-Tchebychev : pour tout a > 0, P(|X − E(X)| ≥ a) ≤ V(X)/a². Elle majore la probabilité de s'écarter de l'espérance d'au moins a, sans rien connaître de la loi, au prix d'une majoration souvent grossière.

Appliquée à la moyenne Mₙ d'un échantillon : P(|Mₙ − E(X)| ≥ a) ≤ V(X)/(na²), qui tend vers 0 quand n → +∞. C'est la LOI (faible) DES GRANDS NOMBRES : la moyenne d'un grand échantillon se concentre autour de l'espérance. Elle justifie l'estimation d'une probabilité par une fréquence observée et l'interprétation de E(X) comme « valeur moyenne sur le long terme ».

4Exemple corrigé

Un QCM comporte 10 questions à 4 choix ; un élève répond entièrement au hasard. X = nombre de bonnes réponses.

1) Chaque question est une épreuve de Bernoulli (succès p = 1/4), répétée 10 fois de façon identique et indépendante : X ~ B(10 ; 0,25).

2) P(X = 3) = C(10, 3) × 0,25³ × 0,75⁷ ≈ 120 × 0,015625 × 0,1335 ≈ 0,250.

3) E(X) = np = 2,5 : en moyenne 2,5 bonnes réponses. V(X) = np(1−p) = 1,875, σ ≈ 1,37.

4) P(X ≥ 1) = 1 − P(X = 0) = 1 − 0,75¹⁰ ≈ 0,944 : le réflexe du complémentaire pour « au moins un ».

Pièges : oublier de justifier le modèle ; confondre P(X ≥ k) et P(X > k) (à la calculatrice, vérifier si la fonction cumule « ≤ » et adapter) ; appliquer V(X + Y) = V(X) + V(Y) sans indépendance.

Définitions à connaître par cœur

Épreuve de Bernoulli
Expérience aléatoire à deux issues, succès (probabilité p) et échec (probabilité 1 − p).
Loi binomiale B(n ; p)
Loi du nombre de succès dans n épreuves de Bernoulli identiques et indépendantes : P(X = k) = C(n, k)pᵏ(1−p)ⁿ⁻ᵏ.
Espérance
Moyenne pondérée des valeurs de X par leurs probabilités ; pour la binomiale, E(X) = np.
Variance
Mesure de dispersion V(X) = E((X − E(X))²) ; pour la binomiale, V(X) = np(1 − p).
Inégalité de Bienaymé-Tchebychev
P(|X − E(X)| ≥ a) ≤ V(X)/a², valable pour toute variable admettant une variance.
Loi des grands nombres
La moyenne d'un échantillon de taille n de variables i.i.d. se concentre autour de l'espérance quand n grandit.

Quiz : teste-toi sur loi binomiale et variables aléatoires

9 questions corrigées. Réponds avant d'ouvrir la correction !

1. X ~ B(n ; p). P(X = k) = …

  • A.pᵏ(1−p)ⁿ⁻ᵏ
  • B.C(n, k) pᵏ (1−p)ⁿ⁻ᵏ
  • C.C(n, k) pⁿ
  • D.k p (1−p)
Voir la réponse

Réponse : B. C(n, k) pᵏ (1−p)ⁿ⁻ᵏ

Le binomial compte les chemins à k succès, chacun de probabilité pᵏ(1−p)ⁿ⁻ᵏ.

2. Pour X ~ B(n ; p), E(X) = …

  • A.p/n
  • B.np
  • C.np(1−p)
  • D.n(1−p)
Voir la réponse

Réponse : B. np

L'espérance du nombre de succès est np.

3. Pour X ~ B(n ; p), V(X) = …

  • A.np
  • B.np(1−p)
  • C.√(np)
  • D.p(1−p)
Voir la réponse

Réponse : B. np(1−p)

V(X) = np(1−p), et l'écart type en est la racine carrée.

4. V(X + Y) = V(X) + V(Y) est vraie…

  • A.toujours
  • B.si X et Y sont indépendantes
  • C.si E(X) = E(Y)
  • D.jamais
Voir la réponse

Réponse : B. si X et Y sont indépendantes

L'additivité de la variance exige l'indépendance ; celle de l'espérance est toujours vraie.

5. V(3X + 5) = …

  • A.3V(X) + 5
  • B.9V(X)
  • C.3V(X)
  • D.9V(X) + 5
Voir la réponse

Réponse : B. 9V(X)

V(aX + b) = a²V(X) : la constante disparaît, le facteur passe au carré.

6. P(X ≥ 1) se calcule le plus vite par…

  • A.P(X = 1) + P(X = 2) + …
  • B.1 − P(X = 0)
  • C.E(X)
  • D.C(n, 1)p
Voir la réponse

Réponse : B. 1 − P(X = 0)

Réflexe du complémentaire : « au moins un » = 1 − « aucun ».

7. L'inégalité de Bienaymé-Tchebychev majore…

  • A.P(X = E(X))
  • B.P(|X − E(X)| ≥ a)
  • C.E(X)
  • D.V(X)
Voir la réponse

Réponse : B. P(|X − E(X)| ≥ a)

Elle borne la probabilité de s'écarter de l'espérance d'au moins a par V(X)/a².

8. Pour la moyenne Mₙ d'un échantillon i.i.d., V(Mₙ) = …

  • A.V(X)
  • B.nV(X)
  • C.V(X)/n
  • D.V(X)/n²
Voir la réponse

Réponse : C. V(X)/n

V(Sₙ/n) = V(Sₙ)/n² = nV(X)/n² = V(X)/n : la moyenne fluctue de moins en moins.

9. La loi des grands nombres affirme que…

  • A.tout finit par arriver
  • B.la moyenne d'échantillon se concentre autour de l'espérance
  • C.la variance augmente avec n
  • D.les épreuves deviennent dépendantes
Voir la réponse

Réponse : B. la moyenne d'échantillon se concentre autour de l'espérance

P(|Mₙ − E(X)| ≥ a) tend vers 0 : les fréquences observées estiment les probabilités.

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Questions fréquentes

Comment justifier qu'une variable suit une loi binomiale ?

Trois points à rédiger : chaque répétition est une épreuve de Bernoulli (deux issues, succès de probabilité p), l'expérience est répétée n fois à l'identique, et les répétitions sont indépendantes. Conclus : « X suit la loi binomiale de paramètres n et p ».

Comment calculer P(X ≤ k) ou P(X ≥ k) ?

À la calculatrice avec la fonction de répartition binomiale (cumul des P(X = i)). Attention aux bornes : P(X ≥ k) = 1 − P(X ≤ k−1). Pour « au moins un », passe toujours par 1 − P(X = 0).

À quoi sert l'inégalité de Bienaymé-Tchebychev ?

À majorer, sans connaître la loi en détail, la probabilité qu'une variable s'écarte de son espérance d'au moins a : P(|X − E(X)| ≥ a) ≤ V(X)/a². Appliquée à une moyenne d'échantillon, elle démontre la loi des grands nombres.

Que dit exactement la loi des grands nombres ?

Que la moyenne Mₙ d'un échantillon de n variables indépendantes de même loi vérifie : pour tout a > 0, P(|Mₙ − E(X)| ≥ a) tend vers 0 quand n tend vers +∞. C'est ce qui légitime l'estimation d'une probabilité par une fréquence sur un grand échantillon.