Fiche de révision : Développement perceptivo-moteur du jeune enfant

Plan du Cours

  1. Psychologie du développement et période prénatale
  2. Toucher et sens vestibulaire
  3. Odorat, goût et audition
  4. Développement de la vision
  5. Transfert intermodal et perception multimodale
  6. Mouvements précoces et réflexes
  7. Tonus, postures et déplacements
  8. Cognition précoce et méthodes d’étude
  9. Connaissances physiques du nourrisson
  10. Origines des connaissances physiques
  11. Théorie de l’esprit et acquisition
  12. Contrôle exécutif et fonctions principales
  13. Développement précoce du contrôle exécutif
  14. Progrès du contrôle exécutif préscolaire
  15. Construction et organisation des concepts
  16. Acquisition du langage oral

1. Psychologie du développement et période prénatale

Notions clés & Définitions

  • Psychologie du développement : Étude scientifique des changements quantitatifs et qualitatifs du fonctionnement psychologique de l’individu au cours de son existence.

★ À maîtriser

  • Les changements développementaux résultent de l’interaction complexe entre l’environnement, notamment familial, scolaire et socioculturel, et les facteurs génétiques.
  • Les nouvelles méthodes, avancées théoriques et technologies ont rendu observables des capacités du bébé auparavant inaccessibles, contribuant à le considérer comme capable de penser et de s’adapter à son environnement.

  • Au cours du dernier trimestre de grossesse, les systèmes sensoriels du fœtus mûrissent progressivement et les réseaux neuronaux s’organisent.

  • Avant la naissance, le toucher, l’ouïe et les expériences chimiosensorielles du goût et de l’odorat fonctionnent, tandis que la vision est le dernier système sensoriel à devenir fonctionnel.

  • L’exposition prénatale répétée à un stimulus peut entraîner habituation, formation de traces mnésiques et discrimination de la nouveauté sensorielle.

Compléments

📌 Un changement quantitatif est quantifiable, tandis qu’un changement qualitatif correspond à un changement de nature.

  • Piaget qualifie l’intelligence du bébé de sensori-motrice, tandis que Vygotsky et Wallon évoquent une période fœtale.

  • L’habituation consiste en une diminution de la réaction après des présentations répétées du même stimulus et peut être étudiée avec le temps de fixation.

  • Les périodes distinguées sont :

    • la période prénatale ou fœtale
    • le nouveau-né de la naissance à 1 mois
    • le nourrisson de 1 mois à 1 an
    • le bébé de la naissance à 2 ans
    • le petit enfant de 1 à 3 ans
    • l’enfant d’âge préscolaire de 3 à 5 ans
  • Les stimulations sensorielles prénatales contribuent aux préférences du nouveau-né et, lorsqu’elles sont retrouvées après la naissance, peuvent renforcer les réseaux neuronaux formés avant la naissance.

Astuce mémo

Méthodes et technologies nouvelles → capacités du bébé rendues observables

2. Toucher et sens vestibulaire

Notions clés & Définitions

  • Perception haptique : Capacité de reconnaître un objet par le toucher.

★ À maîtriser

📌 Le système vestibulaire contribue à l’équilibre, à la stabilisation du regard et aux mouvements des yeux ; fonctionnel dès la période fœtale, il n’est pas encore mature à la naissance et s’intègre aux systèmes visuel, proprioceptif et moteur.

  • Le nouveau-né peut reconnaître par le toucher la rigidité ou la souplesse, les textures lisses ou rugueuses, les formes de prismes ou de cylindres et l’orientation spatiale, sans recourir à la vision.

Compléments

  • Le fœtus commence à effectuer des mouvements des yeux vers 6 mois de grossesse, notamment lorsque sa tête tourne.

  • Le réflexe de Moro apparaît vers 7 mois de grossesse et le fœtus est sensible aux mouvements de sa mère, associés à des changements de rythme cardiaque.

  • La perception haptique donne accès à :

    • la texture
    • la forme
    • la solidité
    • la taille
    • la température
  • L’exploration orale des nouveau-nés prédomine jusqu’à environ 5 à 6 mois, puis l’exploration manuelle des objets prend le relais.

  • Le nouveau-né est sensible à la température dès la naissance, ce qui peut être étudié par le temps d’exploration et la succion non nutritive.

  • Le fœtus est sensible à la douleur et peut réagir à une stimulation douloureuse par des conduites d’évitement ; des réactions à la douleur similaires à celles de l’adulte sont observées dès la naissance.

3. Odorat, goût et audition

★ À maîtriser

  • Dès la naissance, avant d’avoir bu le lait maternel, le nouveau-né peut reconnaître l’odeur de sa mère, familiarisée pendant la période fœtale.

  • Les saveurs suscitant des réponses faciales différenciées sont :

    • la saveur sucrée
    • la saveur amère
    • la saveur acide
    • la saveur salée

📌 Le nouveau-né entend avant la naissance et peut discriminer différentes hauteurs sonores et localiser un son à gauche ou à droite dès les premières heures après la naissance.

  • L’orientation correcte de la tête vers un son est lente dès la naissance, diminue vers 1 à 3 mois, puis réapparaît plus rapide et organisée vers 4 à 5 mois.

  • Dès la naissance, le nouveau-né préfère la voix de sa mère et la langue maternelle, familiarisées avant la naissance ; un bébé dont la mère est bilingue est familiarisé aux deux langues.

Compléments

  • Le nouveau-né peut discriminer des odeurs acides de l’odeur de vanille, et sa réaction peut être étudiée par des indicateurs physiologiques et des expressions faciales.

  • L’odeur maternelle peut apaiser le nouveau-né et réduire ses réactions lors d’une prise de sang.

  • La saveur sucrée suscite des mimiques de contentement, tandis que la saveur amère entraîne un rejet.

  • La saveur acide provoque une grimace, un plissement des yeux et un pincement des lèvres, tandis que les réactions au salé varient entre individus.

  • Pour étudier la localisation auditive sans indice visuel, l’expérience est menée dans le noir et l’orientation de la tête vers le son est observée.

  • Vers 6 mois, le nourrisson peut estimer la distance d’un objet à partir du son qu’il produit et discriminer plus finement l’intensité sonore.

  • Vers 2 mois, le nourrisson peut détecter des changements de rythme et d’intervalle dans la musique.

  • Le nouveau-né peut discriminer des syllabes proches comme « PA » et « MA », ainsi que la prosodie d’une langue.

4. Développement de la vision

Notions clés & Définitions

  • Acuité visuelle : Capacité à percevoir des détails et des contrastes, notamment à discriminer des rayures.
  • Accommodation visuelle : Permet de maintenir une image nette lorsque la distance de l’objet augmente.

★ À maîtriser

  • La vision est fonctionnelle à la naissance, mais floue et immature : l’acuité, la perception des contrastes et l’accommodation sont faibles, et les couleurs sont peu perçues.

  • Les bâtonnets, situés en périphérie de la rétine, interviennent dans la vision en faible luminosité, tandis que les cônes, situés au centre, permettent la perception des détails et des couleurs en situation lumineuse.

  • L’acuité visuelle passe d’environ 1/10 à la naissance à 10/10 vers 4 ans.

📌 La fixation visuelle maintient le regard sur un point, tandis que la poursuite visuelle permet de suivre une cible en déplacement.

  • Vers 6 mois, le nourrisson perçoit la profondeur et peut hésiter ou éviter le côté profond de la falaise visuelle.

  • Entre environ 2 et 6 mois, le nourrisson peut orienter son regard vers la falaise visuelle sans réaction de peur ; la peur ou l’évitement apparaissent avec l’expérience de la locomotion.

Compléments

  • La méthode du regard préférentiel évalue l’acuité en présentant une cible unie et une cible rayée, puis en rapprochant les rayures pour déterminer si le bébé les discrimine.

  • L’accommodation est nulle à la naissance ; la netteté commence à être perçue à une dizaine de centimètres vers 3 mois, et l’accommodation binoculaire devient relativement proche de celle de l’adulte vers 4 mois.

  • La fixation est possible mais instable à la naissance et la poursuite est lente et saccadée ; vers 2 à 3 mois, la coordination visuelle et les rotations de la tête s’améliorent, puis la poursuite devient plus fluide entre 3 et 4 mois.

  • À la naissance, la vision des couleurs est réduite ; vers 1 mois, le nourrisson peut discriminer le rouge du vert, puis vers 2 à 3 mois il discrimine davantage de couleurs.

  • Les nourrissons préfèrent :

    • les stimuli nouveaux aux familiers
    • les stimuli structurés aux non structurés
    • les stimuli étranges aux normaux
    • les stimuli en mouvement aux immobiles
  • Dès 1 mois, les nourrissons préfèrent : les regards directs aux regards évitants, les visages joyeux aux visages neutres, le visage de leur mère à celui d’une personne étrangère

  • Gibson et Walk (1960) ont utilisé une falaise visuelle formée par une table à damier recouverte de plexiglas pour étudier la perception de la profondeur.

  • Entre 9 et 12 mois, le nourrisson se réfère à l’expression de sa mère devant la falaise visuelle : un sourire l’encourage à traverser, tandis qu’une expression de peur l’arrête ou le fait hésiter.

Astuce mémo

Regard vers la falaise dès 2 mois, mais évitement avec la locomotion

5. Transfert intermodal et perception multimodale

Notions clés & Définitions

  • Transfert intermodal : Capacité d’encoder une information dans une modalité sensorielle et de la transférer dans une autre modalité.
  • Perception multimodale : Intégration d’informations provenant de différentes modalités sensorielles, qui permet de construire des représentations cohérentes, stables et unifiées de l’environnement et de soi.

★ À maîtriser

  • À 3 jours, le nouveau-né peut transférer du toucher à la vision la reconnaissance de la forme d’un objet, mais le transfert de la vision au toucher n’est pas observé avant 5 mois.

Compléments

  • La perception multimodale influence la régulation de :
    • l’exploration
    • la manipulation
    • l’orientation
    • la communication avec autrui

6. Mouvements précoces et réflexes

Notions clés & Définitions

  • Réflexes primaires : Conduites motrices complexes et involontaires déclenchées par des stimulations particulières, impliquant le système nerveux central et le tronc cérébral.

★ À maîtriser

  • Le score APGAR va de 0 à 10 ; un score de 7 sur 10 correspond à une adaptation normale, un score inférieur appelle une attention particulière et un score inférieur à 4 est très critique.

  • Les réflexes primaires contribuent à la survie et à l’adaptation du nouveau-né ; certains sont définitifs, comme le clignement des yeux, la déglutition et le réflexe rotulien, tandis que d’autres sont transitoires.

  • La disparition des réflexes peut s’expliquer par : la maturation corticale qui inhibe progressivement les circuits réflexes, les contraintes mécaniques du corps, le manque d’exercice

  • Les mouvements généraux spontanés sont des mouvements involontaires, non déclenchés par une stimulation extérieure, présents dès la période fœtale vers 3 mois de grossesse et mobilisant plusieurs segments du corps.

Compléments

  • Le test APGAR, créé en 1953, évalue l’état de santé et de vitalité du nouveau-né après la naissance, à 1 minute puis à 5 minutes.

  • Le test APGAR évalue l’apparence, le pouls, les grimaces en réponse aux stimulations, l’activité et la respiration, mais ne prédit pas le développement cognitif et perceptif ultérieur.

  • La succion nutritive, déclenchée par une stimulation des lèvres ou de la bouche, et le réflexe des points cardinaux, déclenché par une stimulation de la joue, sont des réflexes alimentaires qui persistent en moyenne jusqu’à 4 mois.

  • Le réflexe de Moro, déclenché par une stimulation vestibulaire soudaine, correspond à une réaction de surprise et persiste jusqu’à environ 6 mois.

  • Le réflexe d’agrippement, déclenché par la stimulation de la paume ou de l’intérieur des doigts, entraîne la fermeture des doigts sur la stimulation et persiste jusqu’à environ 4 mois.

  • Le réflexe de marche automatique apparaît lorsque le nouveau-né est tenu verticalement, légèrement penché vers l’avant, les pieds en contact avec une surface plane ; il produit alors une alternance des jambes et persiste jusqu’à environ 2 à 3 mois.

  • Le réflexe tonique labyrinthique est lié au déplacement de la tête, favorise l’extension du dos lorsque la tête est inclinée vers l’arrière et persiste jusqu’à environ 8 mois.

  • Le réflexe tonique asymétrique du cou, ou position d’escrimeur, est déclenché par la rotation de la tête : le bras facial s’étend et le bras occipital se fléchit ; il persiste jusqu’à environ 6 à 9 mois.

  • Dans les études de Thelen et al. sur la marche automatique, alléger les jambes de nourrissons de 4 mois dans l’eau fait réapparaître le réflexe, tandis que les alourdir peut le faire disparaître.

  • Dans les études de Zelazo et al., l’entraînement quotidien des réflexes contribue à leur maintien : après 7 semaines, ils disparaissent dans le groupe contrôle, tandis qu’après 8 semaines, ils ne disparaissent pas dans le groupe entraîné.

📌 Les mouvements writhing, lents et composés de vagues motrices, sont observés jusqu’à 6 à 8 semaines après la naissance, tandis que les mouvements fidgety, circulaires et dirigés dans plusieurs directions, apparaissent de 8 à 20 semaines et culminent vers 3 mois.

7. Tonus, postures et déplacements

Notions clés & Définitions

  • Posture : Maintien actif des membres, sauf lorsqu’ils reposent sur un support, et généralement inconsciente hors situation d’équilibre.

★ À maîtriser

📌 À la naissance, l’hypotonie axiale du dos coexiste avec l’hypertonie des membres maintenus en flexion, et ces caractéristiques s’atténuent au cours des premiers mois.

  • Le développement du tonus suit une progression céphalo-caudale, de la tête vers les pieds, et proximo-distale, du tronc vers les doigts.

  • Le contrôle du cou permet de tenir la tête droite vers 3 mois, la position assise est maîtrisée vers 6 mois et la station debout sans support apparaît vers 11 à 12 mois.

  • La marche bipède se développe entre 10 et 15 mois et est universelle ; vers 12 mois, une seule main de l’adulte peut suffire à aider l’enfant, qui peut ensuite marcher de façon autonome.

Compléments

  • L’ordre d’acquisition des postures est universel, mais l’âge d’acquisition varie fortement entre individus.

  • La reptation sur le ventre, qui consiste à tirer le corps vers l’avant avec les bras, peut apparaître entre 4 et 8 mois et n’est pas une étape universelle.

  • La marche à quatre pattes ou propulsion quadrupédique peut apparaître entre 8 et 11 mois, mobilise les mains, les genoux et une coordination des membres opposés, mais n’est pas universelle.

  • La trajectoire classique vers la marche bipède passe par le retournement, le pivotement, le ramper, la marche à quatre pattes, la marche sur les mains et les pieds, puis le fait de se lever et marcher, mais cette succession varie selon les enfants.

  • L’apprentissage de la marche se poursuit jusqu’à 6 ou 7 ans, pendant que le pas s’allonge et que la marche devient plus précise.

Astuce mémo

Tête, puis tronc, puis station debout

8. Cognition précoce et méthodes d’étude

Notions clés & Définitions

  • Cognition : Ensemble des processus par lesquels les individus traitent des informations sur le monde physique ou social, construisent et transforment des représentations en connaissances, puis mobilisent celles-ci dans leurs activités et comportements.

★ À maîtriser

  • Les expériences de Piaget sur la manipulation d’objets ont mis en évidence des capacités représentationnelles avant la maîtrise du langage articulé, notamment la permanence de l’objet.

  • Le temps de regard constitue un indicateur d’habiletés cognitives précoces : les bébés regardent plus longtemps les stimuli structurés, en mouvement, nouveaux ou incompatibles avec leurs attentes.

Compléments

  • Jusqu’aux années 1930, une conception traditionnelle soutenait que le bébé ne pouvait pas penser avant de maîtriser la parole articulée, notamment avant l’âge de 2 ans.

  • Dans les années 1940, les publications de Piaget sur la naissance de l’intelligence et la construction du réel ont contesté l’idée que les connaissances précoces n’existaient pas. - La naissance de l’intelligence de l’enfant, années 40

  • Dans les années 1980, des méthodes adaptées aux bébés, comme le regard préférentiel, l’habituation-réaction à la nouveauté et la transgression des attentes, ont contribué à l’essor de la psychologie cognitive du bébé.

9. Connaissances physiques du nourrisson

Notions clés & Définitions

  • Unité des objets : Capacité à percevoir les parties visibles d’un objet partiellement caché comme reliées et constituant un tout.
  • Permanence de l’objet : Compréhension qu’un objet continue d’exister dans le temps et l’espace même lorsqu’il n’est pas directement perçu.

★ À maîtriser

  • Dans l’étude de Kellman et Spelke, des nourrissons de 4 mois habitués à un bâton partiellement caché regardent plus longtemps deux segments disjoints que le bâton entier, ce qui indique qu’ils avaient traité les parties visibles comme reliées.

  • Dans la situation piagétienne, la recherche de l’objet suit une progression : aucune réaction avant 2 mois, regard vers l’endroit de disparition entre 2 et 4 mois, recherche si l’objet est partiellement caché entre 4 et 8 mois, puis recherche d’un objet complètement caché entre 8 et 12 mois avec l’erreur A non B. - Piaget

  • Dans l’erreur A non B, l’enfant de 8 à 12 mois cherche en A un objet qu’il a vu être déplacé en B.

  • Dans l’expérience du pont-levis menée auprès de nourrissons dès 5 mois, l’écran qui traverse une boîte cachée suscite un regard plus long que l’écran qui s’arrête à la boîte, ce qui indique une attente de permanence et de solidité des objets.
  • Dans les tâches de disparition étudiées par Baillargeon, la prise en compte de la taille apparaît à des âges différents selon le phénomène : vers 4,5 mois pour l’occultation, 7,5 mois pour l’inclusion et 12 mois pour le recouvrement.

Compléments

  • Les résultats sur l’unité des objets ont été répliqués dès 2 mois, mais pas lorsque le bâton présenté pendant l’habituation était immobile.

  • Entre 12 et 18 mois, l’enfant recherche l’objet en B lorsque son déplacement de A vers B est visible, et entre 18 et 24 mois, il le recherche en B même lorsque le déplacement est invisible.

Astuce mémo

Objet caché ne signifie pas objet inexistant : distinguer visibilité et permanence.

10. Origines des connaissances physiques

★ À maîtriser

📌 La perspective piagétienne explique la construction progressive des connaissances par l’action motrice et la manipulation, tandis que le courant nativiste considère les connaissances physiques fondamentales comme innées et indépendantes de l’expérience perceptive et motrice.

  • La théorie des connaissances noyaux de Spelke propose quatre systèmes innés :

    • l’espace
    • les objets
    • les nombres
    • les agents intentionnels
  • Le système hiérarchique de représentations comprend quatre niveaux successifs : (Lécuyer) :

    • analogique
    • relationnel
    • transmodal ou perceptif
    • perceptif objectal

Compléments

  • Les connaissances noyaux reposent notamment sur trois principes : (Spelke) :

    • la continuité
    • la solidité
    • le contact, selon lequel deux objets ne peuvent pas interagir à distance
  • Dans l’approche néo-constructiviste de Baillargeon, le bébé élabore d’abord un concept simple en tout ou rien, puis l’expérience lui permet d’intégrer des variables et de construire un concept plus précis.

  • Dans la théorie du système hiérarchique de représentations de Lécuyer, le bébé observe son environnement, détecte des régularités et généralise ces observations pour construire des représentations applicables à d’autres situations.

11. Théorie de l’esprit et acquisition

Notions clés & Définitions

  • Théorie de l’esprit : Capacité à attribuer à soi-même et à autrui des représentations mentales inobservables, notamment des croyances, des désirs et des intentions, et à relier ces états mentaux aux actions.
  • Attention conjointe : Interaction triadique dans laquelle deux personnes coordonnent leur attention vers un objet d’intérêt mutuel.

★ À maîtriser

  • La théorie de l’esprit permet de comprendre et d’expliquer ses propres états mentaux et comportements, de prédire et d’expliquer ceux d’autrui, et de donner du sens aux comportements sociaux pour mieux communiquer.

  • Les précurseurs de la théorie de l’esprit comprennent :

    • l’empathie et l’attachement sécure
    • le jeu de faire semblant
    • la référenciation sociale
    • l’attention conjointe
  • Vers 9 mois, l’enfant comprend qu’autrui poursuit des buts et manifeste une préférence pour les agents prosociaux, sans encore prendre en compte leurs croyances.

  • Vers 3 ans et demi, l’enfant peut prédire l’action d’autrui à partir d’une croyance vraie différente de la sienne, en se décentrant de son propre point de vue.

  • Vers 4 ans, l’enfant réussit les tâches de fausse croyance de premier ordre en prédisant l’action d’autrui à partir d’une représentation erronée de la réalité, différente de la sienne.
  • Entre 6 et 7 ans, l’enfant peut attribuer une croyance de second ordre, c’est-à-dire comprendre qu’une personne pense ce qu’une autre personne pense.

Compléments

  • L’attention conjointe apparaît à partir de 9 mois par le regard ou le pointage et permet d’inférer les intentions d’autrui à partir de son regard.

  • Chez les enfants avec un trouble du spectre de l’autisme, des anomalies de l’attention conjointe entre 10 et 24 mois sont associées à des difficultés à inférer les états mentaux d’autrui entre 3 et 7 ans.

  • Au cours des premières semaines, le nourrisson perçoit les stimuli sociaux, s’intéresse aux interactions et imite des expressions faciales, puis il répond au sourire par le sourire social vers 2 mois.

  • Entre 1 et 3 ans, l’enfant prend de mieux en mieux en compte les perspectives perceptives, les buts, les désirs et les états émotionnels d’autrui, ce qui peut se manifester par des conduites de réparation et de réconfort.

  • Dans la tâche de Sally et Anne, Sally place une balle dans un panier puis s’absente, et Anne déplace la balle dans une boîte ; l’enfant qui attribue à Sally une fausse croyance répond qu’elle cherchera la balle dans le panier.

  • Vers 8 ans, la compréhension des croyances de second ordre contribue à la compréhension de l’humour complexe et de l’ironie.

Astuce mémo

Percevoir les buts, comprendre les croyances vraies, puis attribuer les fausses croyances.

12. Contrôle exécutif et fonctions principales

Notions clés & Définitions

  • Contrôle exécutif : Famille de processus mentaux de haut niveau qui régule intentionnellement la pensée et les actions afin d’atteindre des buts, notamment dans les situations nouvelles ou complexes où les automatismes ne suffisent pas.
  • Inhibition : Capacité à supprimer temporairement une information, un comportement ou une réponse inappropriée à la tâche en cours, notamment une réponse habituelle ou automatisée.
  • Mémoire de travail : La mémoire de travail maintient temporairement des informations actives et permet de les actualiser en les remplaçant lorsque de nouvelles informations surviennent.
  • Flexibilité cognitive : Capacité à sélectionner entre plusieurs traitements ou représentations et à basculer entre eux, notamment pour prendre en compte plusieurs points de vue ou gérer plusieurs buts.

★ À maîtriser

  • Le contrôle exécutif permet de réguler les pensées et les actions pour atteindre un but, d’adapter la conduite à ce but, d’inhiber les automatismes et les distracteurs, d’élaborer des stratégies et de passer d’une activité à une autre.

  • Les trois fonctions exécutives principales sont :

    • l’inhibition
    • la mémoire de travail
    • la flexibilité cognitive

Compléments

  • Le contrôle exécutif implique un réseau fronto-postérieur distribué comprenant le cortex préfrontal, dont la maturation atteint environ 25 ans.

  • L’inhibition peut prendre trois formes :

    • attentionnelle
    • cognitive
    • comportementale
  • La mémoire de travail comprend notamment une forme verbale et une forme visuo-spatiale, et elle est impliquée dans l’apprentissage de la lecture.

Astuce mémo

IMF : inhibition, mémoire de travail, flexibilité cognitive.

13. Développement précoce du contrôle exécutif

Notions clés & Définitions

  • Erreur A-non-B : La recherche sous A d’un objet déplacé sous B, observée chez les nourrissons avant 10-12 mois.

★ À maîtriser

  • Entre 8 et 12 mois, le bébé manifeste les premiers signes d’inhibition cognitive et comportementale dans des situations peu exigeantes sur le plan visuel et moteur.

  • La tâche A non B permet d’étudier la capacité du nourrisson à inhiber une réponse devenue automatique et à adapter son comportement à une nouvelle information.

  • Dans la tâche A-non-B, après plusieurs recherches réussies sous A, le jouet est déplacé sous B sous les yeux du bébé, qui peut néanmoins chercher sous A.

  • La réussite à la tâche A-non-B nécessite de maintenir en mémoire la nouvelle localisation du jouet et d’inhiber la réponse précédemment renforcée.

Compléments

  • Vers 5 à 6 mois, le bébé commence à détecter des buts et à mettre en place des comportements orientés vers ceux-ci.

  • Dans la tâche A non B, un objet attrayant est caché plusieurs fois en A avant d’être déplacé en B sous les yeux du nourrisson, afin d’observer s’il inhibe sa réponse habituelle.

  • La réussite à la version visuelle de la tâche A-non-B progresse entre 5 et 7 mois.

  • Entre 12 et 24 mois, l’enfant progresse dans le maintien en mémoire de travail de plusieurs objets, la résistance aux distractions et l’attente avant de toucher des objets désirés.

  • Le contrôle exécutif est d’abord unitaire de la petite enfance à la période préscolaire, puis ses fonctions se différencient progressivement.

Astuce mémo

Réponse renforcée sous A → persévération après le déplacement sous B

14. Progrès du contrôle exécutif préscolaire

Notions clés & Définitions

  • Tâche de conflit : Une tâche présente des stimuli comportant une dimension pertinente pour la tâche et une dimension non pertinente mais saillante qui entre en conflit avec la réponse attendue.

★ À maîtriser

📌 Au cours de la période préscolaire, le contrôle exécutif change quantitativement par un gain d’efficacité des fonctions exécutives et qualitativement par une évolution de leur moment d’activation et du niveau de contrôle.

  • Dans la tâche de Stroop, la couleur de l’encre est la dimension pertinente et le nom de couleur écrit est la dimension non pertinente à inhiber.

  • Dans la tâche jour-nuit, l’enfant doit dire « jour » pour la lune et « nuit » pour le soleil, en inhibant la réponse dominante associée aux images.

  • Dans le dimensional change card sort, l’enfant trie d’abord des cartes selon une dimension, puis doit changer de règle pour les trier selon l’autre dimension.

Compléments

📐 Formule - Le coût d’inhibition, ou effet de congruence, correspond à la différence de performances entre essais incongruents et essais congruents : couˆt d’inhibition=performances incongruents−performances congruents\text{coût d’inhibition} = \text{performances incongruents} - \text{performances congruents}.

  • À la tâche jour-nuit, les enfants réussissent de façon aléatoire entre 3 et 4 ans, avec 56 % de bonnes réponses, contre 90 % de réponses correctes à 7 ans.

  • À 3-4 ans, les enfants réussissent souvent la première phase du tri de cartes, mais persistent à appliquer la première règle après le changement de dimension.

  • À 5-6 ans, la majorité des enfants réussissent la phase suivant le changement de règle au dimensional change card sort.

  • Les difficultés de bascule sont associées à : la sensibilité à l’interférence, un défaut d’inhibition, la difficulté à réactiver la dimension précédemment inhibée, la difficulté à se représenter et maintenir simultanément des buts de tâche

  • Quand la difficulté de la tâche est réduite, des enfants de 3 ans peuvent réussir la bascule de règle.

  • Avec l’âge, l’enfant devient plus capable d’identifier les conflits à l’avance et d’ajuster le niveau de contrôle exécutif engagé selon l’action.

Astuce mémo

Conflit Stroop : la couleur de l’encre compte, le nom écrit distrait

15. Construction et organisation des concepts

Notions clés & Définitions

  • Concept : Une représentation mentale d’un groupe de choses ayant des attributs ou des relations en commun, selon Alessandroni et Rodriguez.
  • Catégorisation : La capacité à regrouper des éléments en extrayant leurs invariants communs et en ignorant les dimensions non pertinentes, selon Thibault (1999).
  • Raisonnement analogique : Le transfert de connaissances d’une situation connue vers une situation nouvelle sur la base de relations entre les situations.
  • Mémoire sémantique : La mémoire des mots, de leurs significations et des concepts sur le monde, où les concepts acquis sont stockés en mémoire à long terme.
  • Schéma : Une structure de connaissances associant des éléments liés par un même contexte spatio-temporel et fonctionnel, souvent en lien avec l’expérience de vie.

★ À maîtriser

  • Les concepts permettent de catégoriser et simplifier le monde pour mieux le comprendre, s’y adapter et communiquer à son sujet.

  • Les premières catégorisations reposent surtout sur les similarités perceptives, tandis qu’à partir de 12 mois les enfants peuvent aussi catégoriser selon des connaissances conceptuelles comme la fonction des objets.

  • Les concepts s’enrichissent par :

    • l’expérience de la vie
    • les expériences linguistiques
    • les capacités de raisonnement

📌 Le raisonnement déductif part de connaissances générales pour déduire une conclusion particulière, tandis que le raisonnement inductif part de cas particuliers pour établir une connaissance générale.

  • Selon la théorie des prototypes de Rosch (1975), les concepts sont organisés hiérarchiquement en mémoire sémantique et certains exemplaires d’une catégorie sont plus représentatifs que d’autres.

Compléments

  • Dans le paradigme d’habituation et de préférence visuelle, on présente d’abord des stimuli d’une même catégorie, puis des stimuli de cette catégorie et d’une catégorie différente ; un regard plus long vers le nouvel élément indique qu’il est différencié.

  • Des bébés de 2 mois peuvent former des catégories globales, tandis que les catégorisations fines se développent progressivement avec l’âge et sont observées dans les études décrites vers 6-7 mois.

  • Dans l’étude de Quinn et Johnson, des bébés de 2 mois regardent davantage un canapé qu’un nouveau mammifère après avoir vu des exemplaires de mammifères.

  • Dans l’étude de Fagen et al., des bébés de 3 mois apprennent par conditionnement opérant à actionner un mobile en donnant des coups de pied, puis le comportement persiste moins longtemps lorsque davantage de figurines changent.

  • Dans l’étude de Ross et al., des nourrissons de 20 mois apprennent la catégorie nouvelle « Dax » et peuvent l’appliquer à des objets de cette catégorie.

  • Dans l’étude de Mandler et McDonough, des nourrissons de 14 mois généralisent à des objets nouveaux une fonction apprise, même lorsque leur ressemblance perceptive avec l’objet initial varie.

16. Acquisition du langage oral

Notions clés & Définitions

  • Langage : Une faculté humaine permettant de communiquer et de se représenter mentalement le monde.

★ À maîtriser

📌 Le langage est la faculté humaine, tandis qu’une langue est un système socialement partagé de signes et de symboles régi par des règles et utilisé par une communauté.

  • Le langage remplit une fonction de communication et une fonction d’outil cognitif qui soutient la pensée, le raisonnement, la mémoire et les connaissances.

  • Les composantes du langage sont :

    • la phonologie
    • le lexique et la sémantique
    • la morphologie
    • la syntaxe
    • la pragmatique

📌 Le conditionnement classique associe un stimulus neutre à une réaction automatique et passive, tandis que le conditionnement opérant renforce ou affaiblit un comportement selon ses conséquences.

  • Selon Chomsky, les théories nativistes considèrent les compétences langagières comme innées et biologiquement déterminées, et postulent un dispositif d’acquisition du langage (LAD) ainsi qu’une grammaire universelle.

  • L’interactionnisme considère que les prédispositions génétiques orientent le développement, tandis que l’environnement et les apprentissages le façonnent ; l’épigénétique décrit l’activation ou la désactivation de l’expression de gènes par l’environnement.

  • Selon Piaget, l’enfant construit ses connaissances en agissant sur l’environnement physique et l’acquisition du langage dépend du développement intellectuel et de prérequis cognitifs.

  • Selon Vygotski et Bruner, l’enfant construit ses connaissances principalement par l’interaction avec son environnement social et avec des adultes experts du langage.

  • Dans la conception de Vygotski, le langage passe d’une fonction sociale de communication à un langage égocentrique exprimé à voix haute, puis à un langage intérieur qui soutient la pensée.

  • Le neuroconstructivisme explique le développement cognitif par les interactions continues entre maturation cérébrale, activité de l’enfant et stimulations environnementales, qui modifient progressivement les réseaux neuronaux.

Compléments

📌 La phonologie concerne les sons et leurs règles de combinaison, le lexique les mots stockés, la sémantique leur signification, la morphologie la construction des mots, la syntaxe la construction des phrases et la pragmatique l’usage du langage en contexte.

  • Les composantes linguistiques s’étudient sur les versants réceptif et expressif et se développent de façon interdépendante, même si certaines progressent plus vite que d’autres.

  • Selon les théories béhavioristes de Pavlov et Skinner, le langage s’apprend par l’expérience et la répétition, notamment lorsque les conséquences environnementales renforcent les comportements verbaux de l’enfant.

  • Les limites du béhaviorisme comprennent : la négligence des processus cognitifs, l’explication insuffisante des apprentissages par observation ou imitation, l’incapacité à expliquer pourquoi la compréhension précède la production du langage

  • Les critiques du nativisme soulignent qu’aucun gène ni aucune structure cérébrale spécifiquement dédiés à une grammaire universelle n’ont été identifiés, que les langues varient davantage que ne le proposait Chomsky et que les trajectoires langagières diffèrent entre enfants.

Astuce mémo

Piaget : environnement physique ; Vygotski : interaction sociale

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