QCM : Application de la loi pénale — 67 questions

Questions et réponses du QCM

1. Comment peut-on définir le droit criminel selon Merle et Vitu ?

L’ensemble des règles organisant la réaction de l’État face aux infractions et aux délinquants
La description statistique des comportements déviants observés dans une société
L’ensemble des règles organisant les relations privées entre les victimes et les auteurs
L’étude scientifique des causes individuelles et sociales de la délinquance

L’ensemble des règles organisant la réaction de l’État face aux infractions et aux délinquants

Explication

Selon Merle et Vitu, le droit criminel rassemble les règles juridiques qui organisent la réaction étatique aux infractions et aux délinquants. L’étude scientifique des causes de la délinquance relève plutôt de la criminologie.

2. Quelle subdivision du droit criminel étudie les règles communes applicables aux infractions ?

La procédure pénale
Le droit de la peine
Le droit pénal général
Le droit pénal spécial

Le droit pénal général

Explication

Le droit pénal général regroupe les règles communes applicables aux différentes infractions. Le droit pénal spécial examine, quant à lui, chaque infraction particulière.

3. Qu’est-ce qu’une infraction en droit pénal ?

Un comportement interdit par la loi pénale et menacé d’une peine
La description abstraite des éléments constitutifs d’un comportement interdit
Une décision judiciaire constatant la culpabilité d’un individu
Une mesure administrative destinée à prévenir un trouble à l’ordre public

Un comportement interdit par la loi pénale et menacé d’une peine

Explication

L’infraction est le comportement interdit par la loi pénale sous la menace d’une peine. La description abstraite de ses éléments constitutifs correspond à l’incrimination.

4. Quelle distinction oppose principalement le droit pénal à la criminologie ?

Le droit pénal est empirique, tandis que la criminologie fixe les peines applicables
Le droit pénal analyse les victimes, tandis que la criminologie rédige les textes d’incrimination
Le droit pénal décrit les comportements, tandis que la criminologie détermine les obligations juridiques
Le droit pénal est normatif, tandis que la criminologie étudie empiriquement le phénomène criminel

Le droit pénal est normatif, tandis que la criminologie étudie empiriquement le phénomène criminel

Explication

Le droit pénal détermine ce qui doit être fait ou interdit, alors que la criminologie étudie scientifiquement le phénomène criminel et les réponses sociales. La criminologie n’a donc pas pour fonction principale de fixer les peines.

5. Quelle succession décrit l’évolution historique des formes de réaction à l’infraction ?

Justice publique, vengeance privée, puis loi du talion encadrée par les groupes
Vengeance privée, justice publique, puis loi du talion appliquée par les familles
Vengeance privée, loi du talion, puis justice publique exercée par l’État
Loi du talion, justice publique, puis vengeance privée des victimes

Vengeance privée, loi du talion, puis justice publique exercée par l’État

Explication

L’évolution suit le passage de la vengeance privée à la loi du talion, puis à une justice publique assumée par l’État. La loi du talion encadre la vengeance, mais ne correspond pas encore au transfert complet du pouvoir de punir à l’État.

6. Quelle conception considère la peine comme une juste expiation proportionnée à la faute commise ?

La tendance positiviste
La tendance utilitariste
La tendance rétributive
La défense sociale nouvelle

La tendance rétributive

Explication

La tendance rétributive rattache la peine à la faute passée et exige qu’elle lui soit proportionnée. La tendance utilitariste envisage plutôt la peine comme un moyen de dissuasion orienté vers l’avenir.

7. Quelle différence caractérise la défense sociale nouvelle de Marc Ancel par rapport à la tendance positiviste ?

Elle vise la prévention et la réinsertion sans adhérer au déterminisme
Elle explique la criminalité par le déterminisme et l’état dangereux
Elle fonde la peine sur l’expiation proportionnée à la faute passée
Elle considère la peine comme un instrument de dissuasion principalement générale

Elle vise la prévention et la réinsertion sans adhérer au déterminisme

Explication

La défense sociale nouvelle, associée à Marc Ancel, cherche à prévenir la criminalité et à favoriser la réinsertion sans retenir le déterminisme positiviste. L’explication de la criminalité par l’état dangereux appartient précisément à la tendance positiviste.

8. Quel principe criminel la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen consacre-t-elle en 1789 ?

Le principe de proportionnalité automatique des amendes
Le principe de réinsertion sociale
Le principe de légalité criminelle
Le principe de responsabilité fondée sur l’état dangereux

Le principe de légalité criminelle

Explication

En 1789, la Déclaration consacre la légalité criminelle : une personne ne peut être punie qu’en vertu d’une loi antérieure au délit. La réinsertion et l’état dangereux appartiennent à d’autres constructions doctrinales.

9. Sur quel critère repose la distinction entre crime, délit et contravention ?

La gravité du dommage subi par la victime
La nature de la peine principale encourue
Le montant de la peine effectivement prononcée
La durée réelle de la procédure judiciaire

La nature de la peine principale encourue

Explication

L’article 111-1 du Code pénal fonde la classification tripartite sur la nature de la peine principale encourue. La qualification ne dépend donc pas de la peine finalement prononcée par le juge.

10. Quelles peines principales caractérisent les crimes ?

L’amende contraventionnelle pouvant atteindre 1 500 euros ou 3 000 euros
La privation de droits civiques prononcée avec une peine d’emprisonnement
L’emprisonnement correctionnel assorti d’une amende supérieure à 3 750 euros
La réclusion ou la détention criminelle à perpétuité ou pour quinze, vingt ou trente ans

La réclusion ou la détention criminelle à perpétuité ou pour quinze, vingt ou trente ans

Explication

Les crimes sont notamment punis de réclusion ou de détention criminelle à perpétuité ou pour quinze, vingt ou trente ans. L’amende et l’emprisonnement correctionnel relèvent d’autres catégories et ne constituent pas le critère criminel indiqué ici.

11. Dans quelle situation une infraction est-elle qualifiée de délit ?

Lorsqu’elle est punie d’une réclusion criminelle de quinze ans ou davantage
Lorsqu’elle fait l’objet d’une peine effectivement prononcée par une juridiction criminelle
Lorsqu’elle relève d’une amende maximale de 38 à 1 500 euros
Lorsqu’elle est punie d’emprisonnement ou d’une amende supérieure à 3 750 euros

Lorsqu’elle est punie d’emprisonnement ou d’une amende supérieure à 3 750 euros

Explication

Une infraction est un délit lorsqu’elle est punie d’une peine d’emprisonnement ou d’une amende supérieure à 3 750 euros. Les peines de réclusion criminelle caractérisent les crimes, tandis que les amendes limitées correspondent aux contraventions.

12. Quel régime s’applique à la tentative selon la classification des infractions ?

Elle exige une disposition spéciale pour les crimes et s’applique automatiquement aux délits
Elle est réprimée de la même manière pour les crimes, délits et contraventions
Elle est punissable pour les crimes, prévue par un texte pour les délits et non réprimée pour les contraventions
Elle est punissable pour les crimes et contraventions, mais exclue pour les délits

Elle est punissable pour les crimes, prévue par un texte pour les délits et non réprimée pour les contraventions

Explication

La tentative est toujours punissable en matière criminelle, tandis qu’elle doit être expressément prévue pour les délits et n’est pas réprimée pour les contraventions. Le régime varie donc selon la catégorie de l’infraction.

13. Quelle répartition des compétences correspond au principe de légalité criminelle en matière de définition des infractions ?

Le juge définit les délits, tandis que la loi et le règlement fixent leurs sanctions.
La loi définit les crimes et les délits, tandis que le règlement définit les contraventions.
La loi définit toutes les infractions, tandis que le règlement fixe leurs peines.
Le règlement définit les crimes et les délits, tandis que la loi définit les contraventions.

La loi définit les crimes et les délits, tandis que le règlement définit les contraventions.

Explication

Le principe de légalité réserve à la loi la définition des crimes et des délits, tandis que le règlement définit les contraventions. L’idée selon laquelle la loi déterminerait toutes les infractions confond les domaines respectifs de la loi et du règlement.

14. Quelle justification du principe de légalité consiste à informer les citoyens des comportements punissables avant qu’ils n’agissent ?

La fonction éducative, qui avertit les citoyens avant l’infraction.
La garantie contre l’arbitraire, qui limite le pouvoir de répression.
La séparation des pouvoirs, qui confie les poursuites à une juridiction indépendante.
La fonction juridictionnelle, qui permet au juge d’adapter la peine aux circonstances.

La fonction éducative, qui avertit les citoyens avant l’infraction.

Explication

La fonction éducative permet aux citoyens de connaître à l’avance les comportements interdits et leurs conséquences. La garantie contre l’arbitraire concerne plutôt la limitation du pouvoir de répression exercé par les autorités.

15. Quelle exigence permet à une personne de savoir quels actes ou omissions peuvent engager sa responsabilité pénale ?

La norme pénale doit être adoptée par un juge après la commission des faits.
La norme pénale doit être publiée, en vigueur et suffisamment précise.
La norme pénale doit prévoir une sanction identique pour chaque infraction.
La norme pénale doit être interprétée selon les usages professionnels du prévenu.

La norme pénale doit être publiée, en vigueur et suffisamment précise.

Explication

La légalité exige une norme publiée, applicable au moment pertinent et formulée avec une précision suffisante pour rendre la responsabilité prévisible. Une norme adoptée après les faits ne peut pas répondre à cette exigence de prévisibilité.

16. Lorsqu’il examine des faits susceptibles de constituer une infraction, quelle démarche le juge pénal doit-il suivre ?

Il applique par analogie une incrimination conçue pour une situation voisine.
Il rattache les faits à un texte d’incrimination et interprète strictement la loi pénale.
Il peut fixer une peine adaptée lorsque le texte ne prévoit aucune sanction.
Il peut créer une infraction nouvelle si les faits paraissent socialement dangereux.

Il rattache les faits à un texte d’incrimination et interprète strictement la loi pénale.

Explication

Le juge doit qualifier les faits à partir d’un texte existant et interpréter strictement la loi pénale, conformément à l’article 111-4 du Code pénal. La création d’une infraction, d’une peine ou l’extension analogique d’une incrimination excéderait son rôle.

17. Que prohibe l’article 111-4 du Code pénal lorsqu’un juge interprète une incrimination ?

Il prohibe l’extension de l’incrimination à des faits que le texte ne prévoit pas.
Il prohibe toute prise en compte du contexte concret dans la qualification des faits.
Il prohibe l’interprétation d’une disposition pénale lorsqu’elle comporte une ambiguïté.
Il prohibe l’application d’une peine prévue par un texte antérieur aux faits.

Il prohibe l’extension de l’incrimination à des faits que le texte ne prévoit pas.

Explication

L’interprétation stricte interdit au juge d’étendre une incrimination à des faits non prévus par le texte. Elle n’interdit pas toute interprétation, notamment lorsqu’il faut déterminer le sens d’une disposition pénale existante.

18. Pourquoi l’Assemblée plénière de la Cour de cassation a-t-elle refusé, le 29 juin 2001, d’appliquer l’homicide involontaire à la mort d’un enfant à naître ?

Parce que le principe de légalité empêchait d’assimiler le fœtus à autrui au sens de l’article 221-6.
Parce que l’homicide involontaire ne pouvait jamais concerner une victime autre que son auteur.
Parce que la Cour considérait que la mort d’un enfant à naître relevait d’une contravention.
Parce que l’article 221-6 réservait l’infraction aux personnes juridiquement capables d’agir.

Parce que le principe de légalité empêchait d’assimiler le fœtus à autrui au sens de l’article 221-6.

Explication

La Cour a refusé l’extension de l’homicide involontaire, car la notion d’« autrui » ne permettait pas d’assimiler l’enfant à naître à une personne née sans méconnaître la légalité pénale. L’infraction peut en revanche concerner une personne née victime des faits.

19. Dans quelle situation l’analogie in favorem est-elle admise en droit pénal ?

Lorsqu’elle autorise le juge à créer une peine adaptée à l’espèce.
Lorsqu’elle applique à la personne poursuivie une solution plus favorable.
Lorsqu’elle aggrave la qualification afin de mieux protéger l’ordre public.
Lorsqu’elle étend une incrimination à une situation ressemblant au texte.

Lorsqu’elle applique à la personne poursuivie une solution plus favorable.

Explication

L’analogie in favorem est admise lorsqu’elle bénéficie à la personne poursuivie. L’extension défavorable d’une incrimination ou la création judiciaire d’une peine contredirait le principe de légalité.

20. Quelle différence distingue l’interprétation littérale de l’interprétation téléologique d’une loi pénale ?

La première autorise l’analogie, tandis que la seconde interdit toute précision du texte.
La première recherche le but de la loi, tandis que la seconde s’attache aux termes employés.
La première privilégie les termes de la loi, tandis que la seconde recherche aussi le but du législateur.
La première dépend du règlement, tandis que la seconde dépend exclusivement de la jurisprudence.

La première privilégie les termes de la loi, tandis que la seconde recherche aussi le but du législateur.

Explication

L’interprétation littérale se concentre principalement sur la lettre du texte, alors que l’interprétation téléologique prend aussi en compte sa finalité, ou ratio legis. Cette distinction porte sur la méthode d’interprétation et non sur la hiérarchie des sources.

21. Quelle répartition des matières entre la loi et le règlement est conforme à la Constitution en droit pénal ?

Le règlement fixe les crimes et délits, tandis que la loi fixe les contraventions les moins graves.
La loi fixe les crimes et délits, tandis que le règlement fixe les contraventions dans le cadre constitutionnel.
La loi fixe les crimes, tandis que le règlement fixe les délits et leurs peines principales.
Le règlement fixe les contraventions et peut aussi prévoir des peines privatives de liberté.

La loi fixe les crimes et délits, tandis que le règlement fixe les contraventions dans le cadre constitutionnel.

Explication

La loi détermine les crimes et les délits ainsi que leurs peines, tandis que le règlement intervient pour les contraventions dans les limites prévues par la loi et la Constitution. Le pouvoir réglementaire ne peut pas créer une peine privative de liberté.

22. Quelle est la valeur juridique d’une ordonnance prise sur le fondement de l’article 38 de la Constitution avant et après sa ratification ?

Elle possède une valeur constitutionnelle dès sa publication au Journal officiel.
Elle a valeur de règlement avant sa ratification, puis valeur de loi après celle-ci.
Elle a valeur de loi avant sa ratification, puis valeur de règlement après celle-ci.
Elle conserve une valeur réglementaire même après sa ratification parlementaire.

Elle a valeur de règlement avant sa ratification, puis valeur de loi après celle-ci.

Explication

Une ordonnance de l’article 38 possède une valeur réglementaire jusqu’à sa ratification, puis acquiert une valeur législative après celle-ci. Sa publication ne lui confère pas une valeur constitutionnelle.

23. Dans quelle situation la coutume peut-elle jouer un rôle en droit pénal ?

Elle peut créer une incrimination lorsque la pratique sociale est largement répandue.
Elle peut préciser une loi qui y renvoie ou constituer une justification prévue par la loi.
Elle peut instaurer une peine lorsque la loi ne prévoit aucune sanction suffisante.
Elle peut écarter une incrimination légale contraire aux habitudes professionnelles.

Elle peut préciser une loi qui y renvoie ou constituer une justification prévue par la loi.

Explication

La coutume ne peut ni créer une infraction ni établir une peine, mais elle peut compléter une loi qui lui renvoie ou intervenir comme cause de justification lorsque la loi le prévoit. Une pratique sociale ne peut donc pas remplacer une base légale d’incrimination.

24. Sous quelle condition un traité régulièrement ratifié ou approuvé peut-il primer sur une loi française ?

Il doit être adopté par une juridiction française avant de produire un effet interne.
Il doit être publié et son application doit être réciproque par l’autre partie.
Il doit porter sur une matière pénale pour avoir une autorité supérieure à la loi.
Il doit être approuvé par toutes les collectivités territoriales françaises.

Il doit être publié et son application doit être réciproque par l’autre partie.

Explication

L’article 55 de la Constitution reconnaît aux traités régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés une autorité supérieure aux lois, sous réserve de leur application par l’autre partie. Cette supériorité dépend donc notamment de la publication et de la réciprocité.

25. Quelle distinction oppose correctement le contrôle de constitutionnalité au contrôle de conventionnalité ?

Les deux relèvent du juge judiciaire invoqué
Le premier relève du Conseil constitutionnel et le second du juge judiciaire
Les deux relèvent du Conseil constitutionnel selon la norme examinée
Le premier relève du juge judiciaire et le second du Conseil constitutionnel

Le premier relève du Conseil constitutionnel et le second du juge judiciaire

Explication

Le contrôle de constitutionnalité confronte la loi à la Constitution et relève du Conseil constitutionnel, tandis que le contrôle de conventionnalité confronte la loi aux textes internationaux et relève du juge judiciaire. Confier le contrôle de conventionnalité au Conseil constitutionnel inverse précisément les compétences respectives.

26. Quel enchaînement décrit correctement la procédure d’une question prioritaire de constitutionnalité ?

Examen par le juge administratif, puis transmission automatique au Conseil constitutionnel sans filtrage supplémentaire
Décision du Conseil constitutionnel, puis filtrage successif par le juge saisi et par le Conseil d’État
Saisine directe du Conseil constitutionnel, puis examen du litige par le juge saisi et par la Cour de cassation
Filtrage par le juge saisi, puis par le Conseil d’État ou la Cour de cassation, avant une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel

Filtrage par le juge saisi, puis par le Conseil d’État ou la Cour de cassation, avant une éventuelle saisine du Conseil constitutionnel

Explication

La QPC concerne une disposition législative applicable au litige et fait l’objet d’un double filtrage avant une éventuelle transmission au Conseil constitutionnel. La saisine directe et automatique du Conseil constitutionnel ne correspond donc pas à cette procédure.

27. Quel effet produit un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un règlement illégal ?

La déclaration d’incompatibilité du règlement par le juge judiciaire pour les parties au procès
L’écartement du règlement par le juge pénal dans la seule affaire examinée
L’abrogation du règlement par le Conseil constitutionnel avec un effet différé possible
L’annulation directe du règlement par le juge administratif avec un effet à l’égard de tous

L’annulation directe du règlement par le juge administratif avec un effet à l’égard de tous

Explication

Par voie d’action, le recours pour excès de pouvoir permet au juge administratif d’annuler directement le règlement, avec un effet général. L’écartement limité au procès pénal correspond à la voie d’exception et non à ce recours.

28. Dans quelle situation une juridiction pénale peut-elle examiner la légalité d’un acte administratif ?

Lorsque l’acte est contesté par une partie, avec pouvoir de l’annuler dans le jugement pénal
Lorsque le Conseil constitutionnel lui transmet l’acte, avec compétence générale pour le réformer
Lorsque le ministère public le demande, même sans incidence sur l’issue du procès pénal
Lorsque cet examen conditionne la solution du procès pénal, sans pouvoir annuler l’acte

Lorsque cet examen conditionne la solution du procès pénal, sans pouvoir annuler l’acte

Explication

L’article 111-5 du Code pénal autorise la juridiction pénale à interpréter l’acte et à en apprécier la légalité si cette question conditionne la solution du procès. Elle peut alors l’écarter dans l’affaire, mais ne dispose pas du pouvoir de l’annuler.

29. Que signifie juridiquement qualifier des faits ?

Recueillir les preuves nécessaires à la constatation matérielle de l’événement
Leur donner une appellation légale afin de vérifier leur correspondance avec une incrimination
Décrire matériellement les événements sans les rattacher à une infraction déterminée
Déterminer la peine applicable avant d’établir la réalité des faits reprochés

Leur donner une appellation légale afin de vérifier leur correspondance avec une incrimination

Explication

La qualification consiste à rattacher les faits constatés à une appellation juridique permettant de vérifier s’ils correspondent à une incrimination. Une simple description matérielle ne réalise pas cette opération juridique.

30. Que doit faire une juridiction lorsque la qualification proposée par le ministère public ne correspond pas aux faits ?

Maintenir la qualification proposée afin de respecter le choix du ministère public
Requalifier les faits de manière adéquate, sous réserve du droit pénal de la presse
Prononcer la relaxe dès qu’une qualification initiale apparaît juridiquement inadaptée
Saisir le Conseil constitutionnel pour lui demander de choisir l’incrimination applicable

Requalifier les faits de manière adéquate, sous réserve du droit pénal de la presse

Explication

Les juridictions ne sont pas liées par la qualification proposée et doivent l’adapter lorsque celle-ci ne correspond pas aux faits, sous réserve du régime particulier du droit pénal de la presse. La qualification du ministère public ne s’impose donc pas au juge.

31. Quelle est la règle posée par l’arrêt de la chambre criminelle du 15 décembre 2021 concernant plusieurs qualifications applicables à un même fait ?

Le cumul est exclu dès qu’une qualification plus sévère peut être retenue
Le cumul dépend principalement de la qualification proposée par la partie civile
Le cumul des déclarations de culpabilité constitue en principe la solution retenue
Une seule déclaration de culpabilité peut être prononcée pour préserver l’unité du fait

Le cumul des déclarations de culpabilité constitue en principe la solution retenue

Explication

Depuis cet arrêt, le cumul des déclarations de culpabilité constitue le principe lorsque plusieurs qualifications peuvent s’appliquer à un même fait. Ce principe connaît toutefois des exclusions liées à l’incompatibilité, à l’absorption et à la priorité du texte spécial.

32. Dans quelle situation le cumul de qualifications pénales est-il exclu ?

Lorsque les faits ont été commis dans des circonstances distinctes par plusieurs auteurs
Lorsqu’une qualification constitue un élément constitutif ou une circonstance aggravante de l’autre
Lorsque plusieurs victimes subissent des atteintes résultant d’une même action
Lorsque les qualifications protègent des intérêts sociaux différents dans la même affaire

Lorsqu’une qualification constitue un élément constitutif ou une circonstance aggravante de l’autre

Explication

Le cumul est exclu lorsque l’une des qualifications est absorbée par l’autre comme élément constitutif ou circonstance aggravante, ainsi que dans les cas d’incompatibilité ou de priorité du texte spécial. La pluralité de victimes ou d’intérêts protégés peut au contraire justifier un cumul.

33. Depuis l’arrêt de la chambre criminelle réunie en formation plénière du 15 décembre 2021, quel principe gouverne le cumul des déclarations de culpabilité ?

Le cumul constitue la règle, sous réserve de trois hypothèses d’exclusion
Une seule qualification doit être retenue, sauf autorisation expresse du ministère public
Le cumul dépend de la peine encourue par l’infraction qui paraît la plus grave
Le cumul constitue une exception, sauf lorsque les infractions protègent des intérêts différents

Le cumul constitue la règle, sous réserve de trois hypothèses d’exclusion

Explication

L’arrêt de principe fait du cumul des déclarations de culpabilité la règle et prévoit trois catégories d’exclusion. Le fait qu’une qualification soit plus grave ne suffit donc pas, à lui seul, à écarter le cumul.

34. Quelle situation illustre une incompatibilité entre deux qualifications pénales ?

Un prévenu est poursuivi pour une infraction générale et pour sa modalité spéciale prévue par un autre texte
Un auteur est poursuivi pour vol et pour une atteinte distincte subie par une autre victime
Une même personne est poursuivie pour homicide volontaire et homicide involontaire concernant le même décès
Deux personnes différentes sont poursuivies, l’une pour vol et l’autre pour recel de la chose volée

Une même personne est poursuivie pour homicide volontaire et homicide involontaire concernant le même décès

Explication

Un même homicide ne peut pas être simultanément volontaire et involontaire, car ces qualifications reposent sur des éléments psychologiques incompatibles. En revanche, le vol et le recel peuvent concerner des personnes différentes et ne sont pas incompatibles dans cette situation.

35. Quelle qualification doit être retenue lorsque l’une constitue une circonstance aggravante de l’autre ?

La qualification englobante, comme le vol aggravé en cas de vol avec effraction
Les deux qualifications séparément, afin de cumuler l’infraction et sa circonstance aggravante
La qualification de l’infraction simple, car elle décrit le comportement principal
La qualification la moins sévère, afin d’éviter une double prise en compte des mêmes faits

La qualification englobante, comme le vol aggravé en cas de vol avec effraction

Explication

Lorsqu’une qualification englobe une circonstance aggravante, seule cette qualification englobante est retenue : le vol avec effraction relève ainsi du vol aggravé. Retenir séparément le vol et l’effraction reviendrait à dissocier un élément déjà intégré à la qualification aggravée.

36. Comment s’applique l’adage « specialia generalibus derogant » en matière de qualification pénale ?

La qualification générale prime la qualification spéciale afin de préserver le champ le plus large de l’incrimination
La qualification spéciale prime la qualification générale lorsqu’elle vise une modalité particulière du comportement
Les deux qualifications doivent être cumulées lorsque le texte spécial précise le texte général
La qualification spéciale intervient seulement lorsque la qualification générale a déjà été écartée par le juge

La qualification spéciale prime la qualification générale lorsqu’elle vise une modalité particulière du comportement

Explication

L’adage signifie que le texte spécial déroge au texte général : une incrimination particulière, comme l’assassinat par rapport au meurtre, doit être retenue lorsqu’elle correspond aux faits. Le texte général n’a donc pas vocation à s’appliquer en concurrence lorsque le texte spécial couvre la situation.

37. Quel texte pénal régit en principe une infraction commise avant l’entrée en vigueur d’une loi nouvelle ?

Le texte choisi par la juridiction selon la peine encourue
Le texte adopté après les faits par le législateur
Le texte en vigueur au jour de l’ouverture des poursuites
Le texte en vigueur au moment de la réalisation de l’infraction

Le texte en vigueur au moment de la réalisation de l’infraction

Explication

Le principe veut que l’infraction soit régie par la loi en vigueur au moment où elle a été réalisée, sous réserve des règles propres aux lois de fond et de forme. La loi nouvelle ne s’applique donc pas automatiquement du seul fait qu’elle est entrée en vigueur après les faits.

38. Une loi pénale nouvelle réduit la peine encourue alors qu’une infraction antérieure n’a pas encore fait l’objet d’une condamnation définitive : quelle règle s’applique ?

La loi nouvelle plus douce s’applique à l’infraction antérieure
La loi nouvelle s’applique uniquement aux infractions futures
La loi ancienne s’applique jusqu’au jugement de première instance
La juridiction choisit librement entre les deux textes

La loi nouvelle plus douce s’applique à l’infraction antérieure

Explication

L’article 112-1 du Code pénal impose la rétroactivité de la loi pénale plus douce pour les infractions antérieures non définitivement jugées. À l’inverse, une loi nouvelle plus sévère ne peut pas rétroagir.

39. Lequel de ces changements caractérise une loi pénale plus douce ?

L’ajout d’un nouvel élément constitutif
La suppression d’une circonstance aggravante
La restriction d’un fait justificatif existant
L’augmentation de la peine maximale encourue

La suppression d’une circonstance aggravante

Explication

La disparition d’une circonstance aggravante réduit la rigueur de la répression et constitue donc un indice de loi plus douce. L’augmentation d’une peine ou la restriction d’un mécanisme favorable rendrait au contraire la loi plus sévère.

40. Une réforme de procédure entre en vigueur alors qu’une poursuite est déjà engagée : quel est son effet principal ?

Elle annule les actes réalisés sous l’empire de la loi ancienne
Elle ne concerne que les infractions commises après sa publication
Elle s’applique après la fin de toutes les poursuites engagées
Elle s’applique immédiatement aux poursuites en cours

Elle s’applique immédiatement aux poursuites en cours

Explication

Les lois de procédure sont immédiatement applicables aux poursuites en cours. Cette application ne remet toutefois pas en cause la validité des actes accomplis conformément à la loi ancienne.

41. Une infraction est commise en France par un ressortissant étranger contre une victime étrangère : quel principe peut fonder l’application de la loi française ?

La compétence réelle de protection
La compétence personnelle passive
La compétence personnelle active
Le principe de territorialité

Le principe de territorialité

Explication

Le principe de territorialité rattache l’application de la loi française au lieu de commission de l’infraction, quelle que soit la nationalité des personnes concernées. Les compétences personnelle active et passive reposent respectivement sur la nationalité de l’auteur et celle de la victime.

42. Une infraction complexe comporte plusieurs actes, dont l’un est accompli en France tandis que les autres se déroulent à l’étranger : où l’infraction est-elle réputée commise ?

Dans l’État de nationalité de la victime
En France, si cet acte constitue un fait de l’infraction
Dans l’État où l’auteur a été arrêté
Dans l’État où la majorité des actes ont été accomplis

En France, si cet acte constitue un fait de l’infraction

Explication

Une infraction est réputée commise en France dès lors qu’un de ses faits constitutifs, notamment un acte d’une infraction complexe ou d’habitude, s’y est produit. Le lieu d’arrestation ou la nationalité de la victime ne suffit pas à établir cette territorialité.

43. Quelle distinction oppose correctement les compétences personnelles active et passive ?

L’active concerne le territoire français, la passive les intérêts diplomatiques
L’active repose sur la nationalité de l’auteur, la passive sur celle de la victime
L’active repose sur la nationalité de la victime, la passive sur celle de l’auteur
L’active vise les contraventions, la passive les infractions militaires

L’active repose sur la nationalité de l’auteur, la passive sur celle de la victime

Explication

La compétence personnelle active concerne les crimes commis à l’étranger par un Français et certains délits commis par lui, sous condition de double incrimination. La compétence personnelle passive vise les infractions commises à l’étranger contre une victime française.

44. Quel critère permet de qualifier une infraction de politique ?

La publicité donnée aux propos ou aux actes incriminés
Le mobile politique poursuivi par l’auteur de l’infraction
La qualité militaire de la personne poursuivie
L’atteinte portée à l’existence ou à l’organisation de l’État

L’atteinte portée à l’existence ou à l’organisation de l’État

Explication

L’infraction politique se définit par l’atteinte à l’existence ou à l’organisation de l’État. Le mobile politique de l’auteur ne suffit pas à transformer une infraction de droit commun en infraction politique, comme l’illustre l’affaire Gorguloff.

45. Quelle caractéristique distingue principalement l’infraction de presse ?

Elle est prévue par le Code de justice militaire et vise les soldats
Elle porte sur l’organisation de l’État indépendamment de sa publicité
Elle suppose un acte commis à l’étranger contre un Français
Elle est régie par la loi de 1881 et implique une publicité

Elle est régie par la loi de 1881 et implique une publicité

Explication

L’infraction de presse relève de la loi du 29 juillet 1881 et se caractérise notamment par la publicité entourant sa commission, comme pour la diffamation ou l’injure. Les autres propositions renvoient à des critères militaires, politiques ou territoriaux qui ne définissent pas cette catégorie.

46. Selon quel critère une infraction est-elle qualifiée de militaire ?

Elle est jugée par une juridiction militaire en temps de paix
Elle est prévue par le livre III du Code de justice militaire
Elle est commise par une personne appartenant aux forces armées
Elle porte atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation

Elle est prévue par le livre III du Code de justice militaire

Explication

La catégorie des infractions militaires repose sur un critère exclusivement textuel : l’infraction doit être prévue par le livre III du Code de justice militaire. La qualité de l’auteur ou la juridiction appelée à juger les faits ne suffit donc pas à la définir.

47. En temps de paix, quelle juridiction juge en principe une infraction militaire commise à l’étranger ?

Les tribunaux territoriaux des forces armées de l’État étranger concerné
Les formations militaires spécialisées du tribunal judiciaire et de la cour d’assises de Paris
La cour d’assises du département de résidence de la victime
Les juridictions de droit commun spécialisées du lieu où les faits ont été commis

Les formations militaires spécialisées du tribunal judiciaire et de la cour d’assises de Paris

Explication

En temps de paix, les faits militaires commis à l’étranger relèvent des formations militaires spécialisées du tribunal judiciaire et de la cour d’assises de Paris. Les juridictions de droit commun spécialisées jugent, dans ce contexte, les faits commis sur le territoire national.

48. Quel dispositif juridictionnel peut être établi en temps de guerre lorsque les forces armées opèrent dans différents lieux ?

Des tribunaux militaires aux armées installés là où les forces stationnent ou opèrent
Des juridictions civiles spécialisées limitées au ressort de la capitale
Des juridictions de droit commun compétentes pour tous les faits commis à l’étranger
Des tribunaux territoriaux des forces armées établis dans chaque commune concernée

Des tribunaux militaires aux armées installés là où les forces stationnent ou opèrent

Explication

En temps de guerre, des tribunaux militaires aux armées peuvent être établis partout où les forces stationnent ou opèrent, en France comme à l’étranger. Les tribunaux territoriaux des forces armées ont, eux, une implantation sur le territoire de la République.

49. Quel élément permet de distinguer juridiquement une bande organisée d’une simple infraction commise par plusieurs personnes ?

La présence de plusieurs auteurs réunis au moment de l’infraction
La répétition d’infractions identiques pendant une période déterminée
L’existence d’un dommage subi par une personne particulièrement vulnérable
Une entente préparatoire accompagnée d’au moins un fait matériel

Une entente préparatoire accompagnée d’au moins un fait matériel

Explication

La bande organisée suppose un groupement ou une entente destinée à préparer des infractions, préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels. La seule pluralité d’auteurs ne suffit donc pas à établir cette qualification.

50. Quel régime procédural peut s’appliquer aux infractions relevant de la criminalité et de la délinquance organisées ?

Une procédure militaire, avec un jugement confié aux tribunaux des forces armées
Une procédure administrative, avec un jugement réservé aux juridictions financières
Une procédure ordinaire, avec une compétence attribuée au tribunal du domicile de la victime
Une procédure dérogatoire, avec un jugement possible par une juridiction interrégionale spécialisée

Une procédure dérogatoire, avec un jugement possible par une juridiction interrégionale spécialisée

Explication

Ces infractions relèvent d’une procédure pénale dérogatoire au droit commun et peuvent, sauf en matière de terrorisme, être jugées par une juridiction interrégionale spécialisée. Elles ne sont pas soumises pour cette raison à une procédure administrative ou militaire.

51. Quelle distinction caractérise les infractions fiscales pénales par rapport aux infractions fiscales administratives ?

Les premières visent les sociétés commerciales et relèvent d’une procédure civile
Les premières sanctionnent des manquements douaniers et relèvent d’une juridiction militaire
Les premières protègent les intérêts financiers de l’État et relèvent de la répression pénale
Les premières concernent les déclarations fiscales et relèvent de la répression administrative

Les premières protègent les intérêts financiers de l’État et relèvent de la répression pénale

Explication

Les infractions fiscales pénales, comme la fraude fiscale, protègent les intérêts financiers de l’État dans le cadre de la répression pénale. Les infractions fiscales administratives relèvent quant à elles d’un dispositif de répression administrative.

52. Dans quelle situation une abstention peut-elle être pénalement sanctionnée au regard de la distinction entre commission et omission ?

Lorsqu’elle accompagne un acte positif sans lien avec le résultat
Lorsqu’elle intervient après une infraction déjà entièrement consommée
Lorsqu’elle est moralement répréhensible pour l’entourage de l’auteur
Lorsqu’un texte incrimine expressément cette abstention

Lorsqu’un texte incrimine expressément cette abstention

Explication

Une abstention ne peut en principe être assimilée à un acte positif, car la loi pénale est d’interprétation stricte et un lien causal est requis. Elle devient punissable lorsqu’une disposition légale l’incrimine comme telle.

53. Pourquoi l’escroquerie constitue-t-elle un exemple d’infraction complexe ?

Parce qu’elle exige plusieurs actes différents concourant à une même fin, notamment des manœuvres et une remise
Parce qu’elle repose sur une abstention rendue punissable par une obligation particulière
Parce qu’elle résulte d’un acte unique dont les effets se prolongent pendant plusieurs années
Parce qu’elle nécessite plusieurs infractions autonomes, chacune donnant lieu à une condamnation distincte

Parce qu’elle exige plusieurs actes différents concourant à une même fin, notamment des manœuvres et une remise

Explication

L’infraction complexe nécessite plusieurs actes constitutifs différents orientés vers une fin unique ; l’escroquerie associe notamment les manœuvres frauduleuses et la remise de la chose. Elle se distingue ainsi de l’infraction simple, qui repose sur un acte unique.

54. Comment se caractérise une infraction continuée ?

Par un procédé incriminé consommé avant même que le résultat redouté ne survienne
Par plusieurs actes qui ne deviennent punissables qu’après avoir atteint un nombre minimal
Par plusieurs actes, chacun punissable isolément, réunis dans une seule opération infractionnelle
Par un acte unique dont les conséquences matérielles persistent après sa réalisation

Par plusieurs actes, chacun punissable isolément, réunis dans une seule opération infractionnelle

Explication

L’infraction continuée regroupe plusieurs actes qui constituent chacun une infraction, mais qui forment une seule opération infractionnelle. Cette unité conduit à une seule déclaration de culpabilité, contrairement à une addition automatique de condamnations.

55. Quelle différence oppose une infraction matérielle à une infraction formelle ?

La première exige un dommage ou un résultat, tandis que la seconde est consommée par le procédé incriminé
La première concerne une pluralité d’auteurs, tandis que la seconde dépend d’un auteur agissant seul
La première se prolonge par une volonté constante, tandis que la seconde se réalise en un instant
La première repose sur plusieurs actes successifs, tandis que la seconde suppose une abstention prolongée

La première exige un dommage ou un résultat, tandis que la seconde est consommée par le procédé incriminé

Explication

L’infraction matérielle n’est consommée que si le dommage ou le résultat exigé est réalisé, alors que l’infraction formelle l’est dès la mise en œuvre du procédé interdit. La réalisation du résultat redouté n’est donc pas nécessaire pour cette dernière.

56. Quel enchaînement décrit correctement les étapes de l’iter criminis, de la première représentation de l’infraction jusqu’à sa réalisation ?

Idée criminelle, résolution, préparation, commencement d’exécution, consommation
Résolution, idée criminelle, commencement d’exécution, préparation, consommation
Préparation, idée criminelle, résolution, consommation, commencement d’exécution
Idée criminelle, préparation, résolution, consommation, commencement d’exécution

Idée criminelle, résolution, préparation, commencement d’exécution, consommation

Explication

L’iter criminis progresse de l’idée criminelle vers la résolution, la préparation, le commencement d’exécution, puis la consommation. La préparation intervient donc avant le commencement d’exécution, et non après celui-ci.

57. Quelle caractéristique distingue principalement le commencement d’exécution de l’acte préparatoire ?

Il dépend de la réalisation effective du résultat prévu par l’infraction
Il reste équivoque et peut correspondre à plusieurs projets licites
Il est directement lié à la consommation et révèle une intention irrévocable
Il consiste à réunir des moyens sans accomplir de geste matériel décisif

Il est directement lié à la consommation et révèle une intention irrévocable

Explication

Le commencement d’exécution suppose un fait matériel directement lié à la consommation et révélant une intention irrévocable. L’acte préparatoire, au contraire, demeure équivoque et ne manifeste pas encore directement la réalisation de l’infraction.

58. Dans quelle situation la tentative est-elle constituée au sens de l’article 121-5 du Code pénal ?

L’auteur envisage l’infraction mais renonce avant tout acte matériel d’exécution
L’auteur réalise l’infraction et obtient le résultat recherché dans son intégralité
L’auteur accomplit un acte préparatoire puis change spontanément de projet
L’exécution a commencé mais échoue pour une circonstance indépendante de la volonté de l’auteur

L’exécution a commencé mais échoue pour une circonstance indépendante de la volonté de l’auteur

Explication

La tentative suppose un commencement d’exécution interrompu ou inefficace en raison de circonstances indépendantes de la volonté de l’auteur. Une simple préparation ou un renoncement volontaire avant l’exécution ne suffit pas.

59. Quelle situation correspond à un désistement contraint plutôt qu’à un désistement libre ?

L’auteur abandonne après l’intervention imprévue d’un tiers qui l’empêche de poursuivre
L’auteur renonce spontanément après avoir réfléchi aux conséquences de son projet
L’auteur se ravise volontairement avant qu’un obstacle extérieur ne survienne
L’auteur interrompt son geste parce qu’il ne souhaite plus commettre l’infraction

L’auteur abandonne après l’intervention imprévue d’un tiers qui l’empêche de poursuivre

Explication

Le désistement contraint résulte d’une cause extérieure, comme l’intervention d’un tiers, de la victime ou d’un obstacle matériel. Le désistement libre procède au contraire d’une décision volontaire et spontanée de l’auteur.

60. Quelle règle générale résulte de l’article 121-3, alinéa 1, du Code pénal concernant les crimes et les délits ?

Ils sont constitués dès que le comportement matériel correspond à la description légale
Ils supposent une faute non intentionnelle dès qu’un dommage résulte de l’acte
Ils reposent sur une imputabilité matérielle, même en l’absence d’intention de l’auteur
Ils exigent une intention de les commettre, sauf lorsqu’un texte prévoit une exception

Ils exigent une intention de les commettre, sauf lorsqu’un texte prévoit une exception

Explication

L’article 121-3 pose le principe selon lequel il n’y a pas de crime ou de délit sans intention de le commettre, sauf texte contraire. La seule constatation du comportement matériel ne suffit donc pas, en principe, à établir la culpabilité.

61. Que désigne le dol général dans une infraction intentionnelle ?

La prévision précise de l’ensemble des conséquences produites par le comportement
Le dessein particulier exigé par un texte pour compléter l’intention ordinaire
La raison personnelle qui explique le choix de commettre l’acte interdit
La volonté consciente de violer l’interdit pénal, indépendamment du mobile poursuivi

La volonté consciente de violer l’interdit pénal, indépendamment du mobile poursuivi

Explication

Le dol général est l’intention minimale consistant à vouloir consciemment violer l’interdit pénal. Il ne se confond pas avec le mobile, qui correspond à la raison personnelle ayant poussé l’agent à agir.

62. Dans quel cas le dol spécial complète-t-il le dol général ?

Lorsque l’auteur ignore l’ampleur exacte des conséquences de son comportement interdit
Lorsque l’auteur accomplit matériellement l’acte sans avoir conscience de son caractère interdit
Lorsque l’auteur agit sous l’influence d’une raison personnelle étrangère à l’infraction
Lorsque le texte exige que l’auteur poursuive un dessein déterminé en commettant l’acte

Lorsque le texte exige que l’auteur poursuive un dessein déterminé en commettant l’acte

Explication

Le dol spécial est une intention particulière qui s’ajoute au dol général lorsque le texte d’incrimination exige un but déterminé. L’exigence d’agir à des fins personnelles dans l’abus de biens sociaux en constitue un exemple.

63. Quelle distinction oppose correctement le mobile à l’intention pénale ?

Le mobile explique la raison d’agir, tandis que l’intention consiste à vouloir consciemment l’acte interdit
Le mobile correspond à la volonté de violer la loi, tandis que l’intention désigne la cause personnelle de l’action
Le mobile détermine généralement la qualification, tandis que l’intention reste étrangère à la culpabilité
Le mobile constitue l’élément légal, tandis que l’intention décrit les conséquences matérielles de l’acte

Le mobile explique la raison d’agir, tandis que l’intention consiste à vouloir consciemment l’acte interdit

Explication

Le mobile est la raison intérieure qui pousse l’agent à agir, alors que l’intention est la volonté consciente d’accomplir l’acte interdit. En principe, le mobile n’affecte donc pas la qualification pénale, contrairement à l’intention requise.

64. Quelle proposition définit le mieux la faute non intentionnelle ?

L’auteur prévoit le dommage mais renonce à le provoquer avant la réalisation du geste
L’auteur accomplit un geste sans aucune volonté et provoque malgré lui un dommage
L’auteur veut son geste ainsi que le dommage qui en constitue la conséquence recherchée
L’auteur veut son geste, mais ne veut pas et ne perçoit pas ses conséquences dommageables

L’auteur veut son geste, mais ne veut pas et ne perçoit pas ses conséquences dommageables

Explication

La faute non intentionnelle suppose que l’auteur ait voulu son geste sans vouloir ni prendre conscience de ses conséquences dommageables. Elle se distingue ainsi de l’infraction intentionnelle, dans laquelle le résultat interdit est voulu.

65. Quelle combinaison de faute et de causalité s’applique à une personne physique en cas de dommage non intentionnel ?

Une faute qualifiée suffit en causalité directe, tandis qu’une faute simple est requise en causalité indirecte
Une faute simple suffit en causalité directe, tandis qu’une faute qualifiée est requise en causalité indirecte
Une faute qualifiée s’applique dans les deux cas dès que l’auteur avait une obligation de prudence
Une faute simple s’applique dans les deux cas dès qu’un dommage matériel est établi

Une faute simple suffit en causalité directe, tandis qu’une faute qualifiée est requise en causalité indirecte

Explication

Pour une personne physique, la causalité directe permet de retenir une faute simple, tandis que la causalité indirecte exige une faute qualifiée. La nature du lien causal détermine donc le niveau de faute nécessaire.

66. Quel comportement constitue une faute simple lorsqu’il a directement causé le dommage et que la loi le prévoit ?

Une inattention ou une négligence constituant un manquement à une obligation de prudence
Une exposition consciente d’autrui à un risque d’une particulière gravité
Une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de sécurité
Une décision volontaire de provoquer le dommage en connaissance de ses conséquences

Une inattention ou une négligence constituant un manquement à une obligation de prudence

Explication

La faute simple peut prendre la forme d’une imprudence, d’une négligence, d’une maladresse, d’une inattention ou d’un manquement à une obligation de prudence ou de sécurité. Elle doit avoir directement causé le dommage dans les conditions prévues par la loi.

67. Quelle situation caractérise une faute qualifiée d’une personne physique ayant indirectement contribué au dommage ?

Une inattention ordinaire ayant directement provoqué un dommage prévisible pour la victime
Une simple maladresse sans lien causal établi avec le dommage finalement constaté
Une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence exposant autrui à un risque grave
Une décision de provoquer volontairement le résultat dommageable recherché par l’auteur

Une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence exposant autrui à un risque grave

Explication

La faute qualifiée peut consister en une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité, ou en une faute caractérisée exposant autrui à un risque très grave. Une simple maladresse relève plutôt de la faute simple et ne répond pas à ce seuil.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 93 flashcards sur Application de la loi pénale.

Qu'est-ce que le droit criminel selon Merle et Vitu ?

L'ensemble des règles juridiques organisant la réaction de l’État face aux infractions et délinquants.

Quelles sont les composantes du droit criminel ?

Le droit pénal général, spécial, la procédure pénale et le droit de la peine.

Qu'est-ce qu'une infraction ?

Un comportement interdit sous la menace d’une peine défini par la loi pénale.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Application de la loi pénale.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM