QCM : Bases du droit administratif — 65 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition décrit le mieux le droit administratif ?

Le droit applicable aux seuls agents exerçant une fonction publique
Le droit applicable à l’administration et à ses relations avec les administrés
Le droit applicable à toute activité présentant un intérêt collectif
Le droit applicable aux relations entre personnes privées et autorités judiciaires

Le droit applicable à l’administration et à ses relations avec les administrés

Explication

Le droit administratif régit l’administration et les relations qu’elle entretient avec les administrés en tant que personne morale. Une activité administrative ne relève pas automatiquement de ce droit en raison de sa seule nature.

2. Dans quel cas le terme « administration » est-il employé dans son sens fonctionnel ?

Lorsqu’il désigne les agents chargés de représenter l’État devant les tribunaux
Lorsqu’il désigne l’ensemble des institutions et autorités intervenant dans la vie sociale
Lorsqu’il désigne l’activité d’exécution des lois et le fonctionnement continu des services publics
Lorsqu’il désigne le patrimoine détenu par les personnes publiques

Lorsqu’il désigne l’activité d’exécution des lois et le fonctionnement continu des services publics

Explication

Le sens fonctionnel renvoie à l’activité d’exécution des lois et au fonctionnement continu des services publics. Le sens organique concerne plutôt les institutions et autorités qui exercent cette activité.

3. Comment faut-il comprendre l’intérêt général en droit administratif ?

Comme l’ensemble des besoins communs aux membres d’une même communauté
Comme la satisfaction des revendications du groupe social le plus nombreux
Comme l’addition des intérêts défendus par chaque individu d’une communauté
Comme la priorité accordée aux intérêts économiques des autorités publiques

Comme l’ensemble des besoins communs aux membres d’une même communauté

Explication

L’intérêt général correspond aux besoins communs d’une communauté et ne se réduit pas à l’addition des intérêts particuliers. L’addition de revendications individuelles constitue une conception différente et inexacte.

4. À quoi servent les prérogatives de puissance publique ?

À réserver aux tribunaux le pouvoir de satisfaire les besoins collectifs
À permettre à l’administration d’imposer ses décisions pour faire prévaloir l’intérêt général
À autoriser les particuliers à modifier les décisions prises par les services publics
À placer l’administration dans une situation identique à celle d’un particulier

À permettre à l’administration d’imposer ses décisions pour faire prévaloir l’intérêt général

Explication

Les prérogatives de puissance publique sont des privilèges qui permettent à l’administration d’imposer ses décisions au service de l’intérêt général. Elles ne mettent donc pas l’administration dans une situation identique à celle d’un particulier.

5. Quelle caractéristique distingue une personne morale de droit public d’une personne morale privée ?

Elle est constituée par plusieurs particuliers et ne possède pas de patrimoine autonome
Elle est créée par l’autorité publique et dispose de droits et d’obligations propres
Elle exerce une activité lucrative et relève principalement des règles du droit commercial
Elle agit au nom de l’État sans pouvoir posséder de budget ni saisir un tribunal

Elle est créée par l’autorité publique et dispose de droits et d’obligations propres

Explication

Une personne morale de droit public est créée par l’autorité publique et possède notamment un patrimoine, un budget ainsi que des droits et obligations propres. Une personne morale privée n’est pas définie par une création de l’autorité publique.

6. Quelle distinction oppose les entités territoriales aux entités issues de la décentralisation par service ?

Les premières relèvent du droit privé, tandis que les secondes constituent des autorités administratives sans budget propre
Les premières sont dépourvues de personnalité morale, tandis que les secondes représentent directement l’État
Les premières ont une vocation générale, tandis que les secondes exercent une mission d’intérêt général déterminée
Les premières gèrent des services spécialisés, tandis que les secondes disposent d’une compétence territoriale générale

Les premières ont une vocation générale, tandis que les secondes exercent une mission d’intérêt général déterminée

Explication

Les entités territoriales, dont l’État et les collectivités territoriales, ont une vocation générale. Les établissements publics et les groupements d’intérêt public relèvent de la décentralisation par service et accomplissent une mission déterminée.

7. Quelle est la fonction principale d’un établissement public ?

Gérer un service public ou accomplir une mission d’intérêt général déterminée
Élaborer les lois applicables à toutes les personnes publiques
Assurer la défense des intérêts privés de ses membres devant les juridictions
Représenter l’ensemble de la population sur un territoire donné

Gérer un service public ou accomplir une mission d’intérêt général déterminée

Explication

L’établissement public est une personne morale de droit public chargée de gérer un service public ou une mission d’intérêt général déterminée. Il se distingue ainsi d’une entité territoriale à vocation générale.

8. Quel droit s’applique lorsque l’administration agit comme un simple particulier ?

Le droit pénal, car toute décision administrative constitue une mesure de contrainte
Le droit constitutionnel, car toute activité administrative concerne l’organisation de l’État
Le droit administratif, car la présence d’une administration détermine la règle applicable
Le droit privé, car la qualité de l’administration ne suffit pas à déclencher le droit administratif

Le droit privé, car la qualité de l’administration ne suffit pas à déclencher le droit administratif

Explication

Lorsque l’administration agit comme un simple particulier, elle relève du droit privé. La seule présence d’une administration ne suffit donc pas à rendre le droit administratif applicable.

9. Qu’est-ce qu’un État de droit ?

Un État dans lequel les personnes privées et publiques respectent un ordre juridique
Un État dans lequel les tribunaux peuvent appliquer des règles sans cadre juridique préalable
Un État dans lequel les autorités publiques disposent d’un pouvoir administratif sans contrôle juridique
Un État dans lequel les personnes privées sont soumises au droit mais les autorités en sont dispensées

Un État dans lequel les personnes privées et publiques respectent un ordre juridique

Explication

L’État de droit soumet les personnes privées et publiques au respect d’un ordre juridique. Il s’oppose donc à l’idée d’un pouvoir administratif arbitraire échappant aux règles de droit.

10. Que signifie le principe de légalité en droit administratif ?

Que l’administration peut écarter la loi lorsqu’elle poursuit l’intérêt général
Que les services publics peuvent agir selon des règles différentes de celles prévues par la loi
Que les particuliers déterminent les règles applicables aux décisions administratives
Que l’administration est soumise au respect de la loi

Que l’administration est soumise au respect de la loi

Explication

Le principe de légalité exprime la soumission de l’administration à la loi dans l’exercice de ses compétences. La poursuite de l’intérêt général ne lui permet pas d’écarter les exigences légales.

11. Quels textes ont consacré la séparation des autorités administratives et judiciaires en France ?

La réforme de 1953 et la loi du 31 décembre 1987
La loi du 24 mai 1872 et l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889
La loi des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III
La décision Blanco du 8 février 1873 et l’arrêt Bac d’Eloka de 1921

La loi des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 et le décret du 16 fructidor an III ont établi la séparation entre les autorités administratives et judiciaires. La loi de 1872 et l’arrêt Cadot concernent plutôt l’évolution de la juridiction administrative.

12. Quelle caractéristique définit le système de l’administrateur juge ?

Le juge judiciaire contrôle les actes administratifs selon les règles du droit privé
Le Conseil d’État rend des décisions définitives au nom du peuple français
Une juridiction indépendante tranche les litiges opposant l’administration aux particuliers
L’administration statue elle-même sur les litiges concernant ses propres actes

L’administration statue elle-même sur les litiges concernant ses propres actes

Explication

Dans le système de l’administrateur juge, les administrateurs examinent et tranchent eux-mêmes les contestations dirigées contre leurs actes. Cette organisation se distingue d’un jugement confié à une juridiction indépendante.

13. Quel changement la loi du 24 mai 1872 a-t-elle apporté à la justice administrative ?

Elle a consacré la justice déléguée en permettant au Conseil d’État de juger souverainement
Elle a créé les tribunaux administratifs comme juges de droit commun du premier ressort
Elle a confié les litiges administratifs aux juridictions judiciaires de droit commun
Elle a établi la séparation initiale entre les autorités administratives et judiciaires

Elle a consacré la justice déléguée en permettant au Conseil d’État de juger souverainement

Explication

La loi du 24 mai 1872 a mis fin à la justice retenue et consacré la justice déléguée, le Conseil d’État pouvant alors trancher lui-même les litiges. La création des tribunaux administratifs date de la réforme de 1953.

14. Quel effet la réforme de 1953 a-t-elle produit sur l’organisation de la justice administrative ?

Elle a transformé le Conseil d’État en juridiction judiciaire chargée des litiges administratifs
Elle a transformé les conseils de préfecture en tribunaux administratifs, juges de droit commun du premier ressort
Elle a créé les cours administratives d’appel pour examiner les recours contre les tribunaux administratifs
Elle a supprimé les juridictions administratives au profit d’un contrôle par l’administration active

Elle a transformé les conseils de préfecture en tribunaux administratifs, juges de droit commun du premier ressort

Explication

La réforme de 1953 a remplacé les conseils de préfecture par les tribunaux administratifs, compétents comme juges de droit commun en premier ressort. Les cours administratives d’appel ont été créées plus tard, par la loi du 31 décembre 1987.

15. Que reconnaît la décision Blanco du Tribunal des conflits du 8 février 1873 ?

La soumission des services publics industriels et commerciaux aux règles du droit administratif
L’autonomie de la responsabilité administrative et la compétence du juge administratif pour les dommages liés à un service public
La création des tribunaux administratifs comme juridictions de premier ressort
La compétence du juge judiciaire pour tous les litiges mettant en cause une personne publique

L’autonomie de la responsabilité administrative et la compétence du juge administratif pour les dommages liés à un service public

Explication

La décision Blanco affirme que la responsabilité de l’État liée au fonctionnement d’un service public obéit à des règles autonomes et relève du juge administratif. La question des services publics industriels et commerciaux est associée à la décision Bac d’Eloka.

16. Quelle distinction oppose le critère de la puissance publique à celui du service public ?

La puissance publique concerne le statut du juge, tandis que le service public concerne la procédure contentieuse
La puissance publique désigne l’intérêt général, tandis que le service public désigne une juridiction spécialisée
La puissance publique concerne les moyens employés, tandis que le service public concerne la finalité de l’action
La puissance publique concerne la finalité de l’action, tandis que le service public concerne les moyens employés

La puissance publique concerne les moyens employés, tandis que le service public concerne la finalité de l’action

Explication

Le critère de la puissance publique examine les moyens d’action utilisés par l’administration, notamment ses prérogatives particulières. Le critère du service public s’attache à la finalité d’intérêt général de l’activité.

17. Quelle conséquence la décision Bac d’Eloka du 22 janvier 1921 a-t-elle tirée de l’existence des services publics industriels et commerciaux ?

Ils relèvent en principe du droit administratif et sont jugés par le Conseil d’État
Ils doivent être gérés par une personne publique selon un régime exorbitant du droit commun
Ils sont en principe gérés comme des entreprises privées et relèvent du juge judiciaire
Ils constituent des services publics administratifs soumis aux tribunaux administratifs

Ils sont en principe gérés comme des entreprises privées et relèvent du juge judiciaire

Explication

La décision Bac d’Eloka reconnaît que les services publics industriels et commerciaux fonctionnent en principe comme des entreprises privées et relèvent du juge judiciaire. Ils se distinguent ainsi des services publics administratifs soumis au régime administratif.

18. Quels éléments doivent être réunis pour déterminer l’application du droit administratif ?

Le statut du fonctionnaire, le montant du litige et le lieu de son exécution
L’auteur de l’acte, la mission de service public concernée et les moyens employés
La présence d’un contrat, l’accord des parties et la saisine du juge judiciaire
La nationalité du demandeur, la nature du dommage et la date de la décision

L’auteur de l’acte, la mission de service public concernée et les moyens employés

Explication

L’application du droit administratif dépend de l’auteur de l’acte, de son objet lié à une mission de service public et des moyens employés, notamment les prérogatives de puissance publique. Les autres éléments proposés ne constituent pas les trois critères énoncés.

19. Qu’appelle-t-on le droit prétorien en droit administratif ?

Un ensemble de règles écrites adoptées par le Parlement pour organiser l’administration
Un droit élaboré par le juge, notamment par le Conseil d’État et le Tribunal des conflits
Un droit contractuel créé par les administrations dans leurs relations avec les usagers
Une compilation de décisions rendues par les juridictions judiciaires en matière civile

Un droit élaboré par le juge, notamment par le Conseil d’État et le Tribunal des conflits

Explication

Le droit prétorien désigne les règles élaborées par les juridictions, en particulier le Conseil d’État et le Tribunal des conflits. Il ne se réduit donc pas aux normes directement formulées par le législateur.

20. Quelle caractéristique distingue les principes généraux du droit ?

Ce sont des usages professionnels appliqués par les administrations sans intervention du juge
Ce sont des règles écrites formulées directement dans les lois et les règlements administratifs
Ce sont des normes contractuelles librement acceptées par les personnes publiques et privées
Ce sont des principes non écrits dégagés par le juge et opposables à l’administration

Ce sont des principes non écrits dégagés par le juge et opposables à l’administration

Explication

Les principes généraux du droit sont dégagés par le juge à partir de l’esprit général du système juridique et s’imposent à l’administration. À la différence des règles écrites, ils ne sont pas directement formulés dans un texte.

21. Quel rôle le Conseil d’État exerce-t-il au sommet de l’ordre administratif ?

Il constitue une juridiction judiciaire chargée de casser les décisions civiles et pénales
Il est la juridiction suprême et contrôle les juridictions administratives par la cassation
Il exerce uniquement une fonction consultative auprès du gouvernement et des ministres
Il juge les affaires administratives en premier ressort sans contrôler les juridictions inférieures

Il est la juridiction suprême et contrôle les juridictions administratives par la cassation

Explication

Selon l’article L111-1 du Code de justice administrative, le Conseil d’État est la juridiction suprême de l’ordre administratif et exerce un contrôle de cassation. Sa mission ne se limite toutefois pas au conseil, puisqu’il possède aussi des compétences juridictionnelles.

22. Quelle est la répartition des fonctions entre les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel ?

Les tribunaux administratifs contrôlent le gouvernement et les cours administratives d’appel contrôlent le Parlement
Les tribunaux administratifs jugent en premier ressort et les cours administratives d’appel statuent sur les appels
Les tribunaux administratifs rendent les avis consultatifs et les cours administratives d’appel jugent en cassation
Les tribunaux administratifs examinent les appels et les cours administratives d’appel jugent en premier ressort

Les tribunaux administratifs jugent en premier ressort et les cours administratives d’appel statuent sur les appels

Explication

Les tribunaux administratifs sont les juges de droit commun du premier ressort, tandis que les cours administratives d’appel examinent les recours contre leurs jugements. Les cours administratives d’appel ont été créées par la loi du 31 décembre 1987.

23. Pour déterminer la compétence juridictionnelle dans un litige né de l’action administrative, quel critère doit principalement être examiné ?

La nature du litige, la compétence suivant ensuite le fond de l’affaire
La date à laquelle l’administration a pris la décision contestée
La qualité publique ou privée de la personne ayant saisi le juge
Le montant financier demandé par la personne lésée

La nature du litige, la compétence suivant ensuite le fond de l’affaire

Explication

La compétence dépend principalement de la nature du litige, selon le principe selon lequel la compétence suit le fond. La seule qualité du demandeur ne suffit donc pas à déterminer l’ordre de juridiction compétent.

24. Une association privée, chargée d’un service public, adopte une décision en utilisant des prérogatives de puissance publique : quel juge peut connaître du recours contre cette décision ?

Le juge judiciaire, car toute association relève de rapports de droit privé
Le juge administratif, car l’association agit dans l’exercice de prérogatives publiques
Le juge judiciaire, car une personne privée ne peut jamais prendre d’acte administratif
Le juge administratif, car toute activité d’une association est administrative

Le juge administratif, car l’association agit dans l’exercice de prérogatives publiques

Explication

Le juge administratif peut être compétent lorsqu’une personne privée chargée d’un service public exerce des prérogatives de puissance publique. Le caractère privé de l’association ne fait donc pas disparaître cette compétence lorsqu’elle agit avec de tels pouvoirs.

25. Quelle caractéristique distingue un acte de gouvernement d’un acte administratif détachable de la fonction de gouverner ?

L’acte administratif détachable échappe au contrôle de tout juge
L’acte de gouvernement relève du contrôle normal du juge administratif
L’acte administratif détachable concerne nécessairement les relations internationales
L’acte de gouvernement échappe au contrôle des juridictions administratives

L’acte de gouvernement échappe au contrôle des juridictions administratives

Explication

L’acte de gouvernement intervient dans une matière où s’exerce la fonction de gouverner et échappe au contrôle des juridictions administratives. Un acte administratif détachable de cette fonction peut, au contraire, être soumis au contrôle du juge administratif.

26. Quelle distinction s’applique entre le fonctionnement de la justice judiciaire et l’organisation du service public de la justice ?

Le fonctionnement relève du juge administratif, tandis que l’organisation relève du juge judiciaire
Les deux domaines relèvent du juge judiciaire en raison de leur lien avec les tribunaux
Le fonctionnement relève du juge judiciaire, tandis que l’organisation peut relever du juge administratif
Les deux domaines relèvent du juge administratif dès qu’une personne publique intervient

Le fonctionnement relève du juge judiciaire, tandis que l’organisation peut relever du juge administratif

Explication

Le juge administratif ne connaît pas des actes relatifs au fonctionnement de la justice judiciaire, qui relève du juge judiciaire, mais peut connaître de ceux concernant l’organisation du service public de la justice. La distinction porte donc sur la nature de l’acte contesté.

27. Quel fondement explique la compétence des tribunaux judiciaires pour les dommages causés par un véhicule ou liés à l’enseignement public sous contrat ?

La qualification de ces dommages comme actes de gouvernement
La gestion privée du domaine public par la personne responsable du dommage
Une attribution directe de compétence par les lois des 5 avril 1937 et 31 décembre 1957
La nature administrative de toute activité exercée par un établissement public

Une attribution directe de compétence par les lois des 5 avril 1937 et 31 décembre 1957

Explication

Les lois des 5 avril 1937 et 31 décembre 1957 attribuent directement ces contentieux aux tribunaux judiciaires. Cette compétence résulte donc d’une détermination légale, et non de la nature administrative de l’activité concernée.

28. Quel ordre de juridiction connaît en principe des litiges concernant la gestion du domaine privé d’une personne publique ?

L’ordre administratif, car toute propriété d’une personne publique constitue du domaine public
L’ordre judiciaire, sauf lorsqu’une disposition légale prévoit une autre compétence
L’ordre administratif, car les dommages liés à ce domaine concernent l’administration
L’ordre judiciaire, car les contrats publics relèvent toujours du droit privé

L’ordre judiciaire, sauf lorsqu’une disposition légale prévoit une autre compétence

Explication

La gestion du domaine privé, les dommages qui lui sont liés et les contrats le concernant relèvent en principe du juge judiciaire, sous réserve d’une disposition légale contraire. Il faut donc distinguer le domaine privé du domaine public, qui obéit généralement à une autre répartition.

29. Pourquoi les litiges relatifs aux services publics industriels et commerciaux relèvent-ils en principe du juge judiciaire ?

Parce que leurs agents ont tous la qualité de commerçants indépendants
Parce que leurs décisions constituent des actes de gouvernement insusceptibles de recours
Parce que ces services exercent des activités économiques gérées comme des activités privées
Parce que ces services sont dépourvus de toute mission d’intérêt général

Parce que ces services exercent des activités économiques gérées comme des activités privées

Explication

Les services publics industriels et commerciaux sont en principe soumis au juge judiciaire parce qu’ils correspondent à des activités économiques gérées comme des activités privées. Cette règle connaît toutefois des exceptions lorsqu’un acte administratif mettant en œuvre des prérogatives publiques est contesté.

30. Quelle différence oppose une question préjudicielle à une question préalable dans un litige ?

La question préjudicielle concerne le fond, tandis que la question préalable porte nécessairement sur la compétence
La question préjudicielle suspend le litige sans renvoi, tandis que la question préalable est soumise au Tribunal des conflits
La question préjudicielle est renvoyée à l’autre ordre, tandis que la question préalable peut être tranchée par le juge principal
La question préjudicielle est tranchée par le juge principal, tandis que la question préalable impose un renvoi

La question préjudicielle est renvoyée à l’autre ordre, tandis que la question préalable peut être tranchée par le juge principal

Explication

Une question préjudicielle oblige le juge saisi au principal à surseoir à statuer et à renvoyer la question à l’autre ordre de juridiction. Une question préalable peut être résolue par le juge principal avant qu’il statue sur le litige.

31. Quelle est la mission principale du Tribunal des conflits ?

Départager les compétences entre les ordres administratif et judiciaire
Juger au fond les litiges administratifs les plus importants
Contrôler la constitutionnalité des décisions des tribunaux judiciaires
Réexaminer les affaires civiles après une décision administrative

Départager les compétences entre les ordres administratif et judiciaire

Explication

Le Tribunal des conflits est une juridiction arbitrale chargée de résoudre les conflits de compétence entre les ordres administratif et judiciaire. Il ne tranche donc pas normalement le fond des litiges, mission qui appartient aux juridictions de l’ordre compétent.

32. Que se passe-t-il après le rejet d’un déclinatoire de compétence par le tribunal judiciaire lors d’un conflit positif ?

Le préfet peut prendre un arrêté de conflit, puis le tribunal sursoit à statuer
Le tribunal judiciaire reprend l’instance et écarte toute intervention du préfet
Le Tribunal des conflits annule automatiquement la décision du tribunal judiciaire
Le préfet saisit directement le juge administratif, qui statue immédiatement sur le fond

Le préfet peut prendre un arrêté de conflit, puis le tribunal sursoit à statuer

Explication

Après le rejet du déclinatoire, le préfet peut prendre un arrêté de conflit ; le tribunal judiciaire doit alors surseoir à statuer et le Tribunal des conflits détermine l’ordre compétent. Le Tribunal des conflits ne statue donc pas automatiquement sur le fond de l’affaire.

33. Dans quelle situation existe-t-il un conflit négatif entre les ordres de juridiction ?

Lorsque deux juridictions ont rendu des décisions concordantes sur le fond d’une affaire
Lorsque le préfet conteste devant le tribunal judiciaire la compétence de l’administration
Lorsque le Tribunal des conflits refuse de connaître d’une question préjudicielle
Lorsque les juridictions administrative et judiciaire se sont successivement déclarées incompétentes

Lorsque les juridictions administrative et judiciaire se sont successivement déclarées incompétentes

Explication

Le conflit négatif apparaît lorsque les juridictions administrative et judiciaire se sont successivement déclarées incompétentes pour une même affaire. Il se distingue du conflit de décision, qui suppose des décisions définitives, contradictoires et insurmontables rendues sur le fond.

34. Quelle répartition du pouvoir réglementaire entre le Premier ministre et le Président de la République correspond à la Constitution ?

Le Premier ministre exerce une compétence d’attribution, tandis que le Président dirige le pouvoir réglementaire général.
Les deux autorités disposent d’un pouvoir réglementaire général exercé dans les mêmes conditions.
Le Président détient le pouvoir réglementaire général, tandis que le Premier ministre intervient pour certains décrets.
Le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire général, tandis que le Président exerce une compétence d’attribution pour certains décrets.

Le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire général, tandis que le Président exerce une compétence d’attribution pour certains décrets.

Explication

L’article 21 confie au Premier ministre le pouvoir réglementaire général, alors que l’article 13 attribue au Président une compétence limitée aux décrets délibérés en Conseil des ministres. La confusion consiste donc à inverser leurs compétences respectives.

35. Dans quelle situation un ministre peut-il légalement exercer un pouvoir réglementaire ?

Lorsqu’il reçoit une délégation du Premier ministre ou lorsqu’un texte lui attribue une compétence spécialisée.
Lorsqu’il exerce une compétence réglementaire générale en raison de sa qualité de ministre.
Lorsqu’il estime que son ministère exige une réglementation générale applicable à tous les administrés.
Lorsqu’il obtient l’accord préalable des chefs de service relevant de son administration.

Lorsqu’il reçoit une délégation du Premier ministre ou lorsqu’un texte lui attribue une compétence spécialisée.

Explication

Les ministres ne disposent pas, en principe, d’un pouvoir réglementaire général, mais ils peuvent recevoir une délégation ou tenir une compétence spécialisée d’un texte. Leur seule qualité de ministre ne suffit donc pas à leur conférer une compétence générale.

36. Que permet le pouvoir réglementaire interne reconnu aux ministres et aux chefs de service par l’arrêt Jamart ?

Organiser le fonctionnement du service par des mesures destinées aux agents de l’État.
Fixer les règles générales applicables aux administrés dans le domaine de leur ministère.
Modifier les règles législatives lorsque l’organisation administrative le rend nécessaire.
Adopter des décrets nationaux engageant l’ensemble des autorités administratives.

Organiser le fonctionnement du service par des mesures destinées aux agents de l’État.

Explication

L’arrêt Jamart reconnaît un pouvoir d’organisation interne du service, dont les mesures s’adressent aux agents de l’État. Ce pouvoir ne permet pas de réglementer directement la situation des administrés.

37. Quel rôle l’article 34 de la Constitution joue-t-il dans la définition du domaine de la loi ?

Il réserve au pouvoir réglementaire les matières qui ne sont pas expressément mentionnées par le législateur.
Il attribue au législateur certaines matières, lesquelles sont complétées par la jurisprudence constitutionnelle.
Il confie au Gouvernement la détermination des matières dans lesquelles le Parlement peut intervenir.
Il établit que toute matière juridique relève de la compétence législative du Parlement.

Il attribue au législateur certaines matières, lesquelles sont complétées par la jurisprudence constitutionnelle.

Explication

L’article 34 détermine les matières dans lesquelles le législateur est compétent, avec des précisions apportées par la jurisprudence constitutionnelle. L’article 37 concerne, quant à lui, le domaine réglementaire et non la définition directe du domaine de la loi.

38. Comment caractériser le domaine réglementaire défini par l’article 37 de la Constitution ?

Il regroupe les matières dans lesquelles le Parlement doit intervenir avant toute mesure administrative.
Il comprend les matières législatives dont le Gouvernement reçoit une habilitation ponctuelle.
Il constitue la compétence normative de droit commun pour les matières étrangères au domaine de la loi.
Il correspond à une compétence d’attribution limitée aux matières énumérées par la Constitution.

Il constitue la compétence normative de droit commun pour les matières étrangères au domaine de la loi.

Explication

L’article 37 fait du domaine réglementaire la compétence normative de droit commun pour les matières qui ne relèvent pas de la loi. À l’inverse, le domaine législatif constitue une compétence d’attribution.

39. Quelle distinction oppose un règlement autonome à un règlement d’application ?

Le règlement autonome précise une loi existante, tandis que le règlement d’application intervient dans une matière étrangère à la loi.
Le règlement autonome concerne des personnes nommément désignées, tandis que le règlement d’application vise un public indéterminé.
Le règlement autonome est pris par le Parlement, tandis que le règlement d’application est pris par une juridiction.
Le règlement autonome intervient hors du domaine législatif, tandis que le règlement d’application met en œuvre une loi.

Le règlement autonome intervient hors du domaine législatif, tandis que le règlement d’application met en œuvre une loi.

Explication

Le règlement autonome intervient dans une matière qui n’appartient pas au domaine législatif, alors que le règlement d’application précise les modalités nécessaires à l’exécution d’une loi. Les deux notions se distinguent donc par leur rapport au domaine législatif et à une loi préexistante.

40. Dans quelle situation le Premier ministre peut-il ne pas prendre le décret nécessaire à l’application d’une loi ?

Lorsque le décret modifierait certaines modalités pratiques prévues par la loi.
Lorsque la loi est incompatible avec un engagement international ou peut être appliquée sans décret.
Lorsque l’administration considère que la matière relève davantage du domaine réglementaire.
Lorsque le Parlement n’a pas fixé de délai précis pour la publication du décret d’application.

Lorsque la loi est incompatible avec un engagement international ou peut être appliquée sans décret.

Explication

Le Premier ministre doit normalement prendre les décrets d’application dans un délai raisonnable, mais cette obligation connaît ces exceptions. Elle ne s’impose pas lorsque le décret serait incompatible avec les engagements internationaux de la France ou lorsque la loi est directement applicable.

41. Quelle définition correspond à une ordonnance prise sur le fondement de l’article 38 de la Constitution ?

Une décision administrative individuelle permettant au Gouvernement de suspendre l’application d’une loi.
Un décret présidentiel pris sans habilitation pour modifier durablement les règles de nature législative.
Un acte parlementaire adopté par le Gouvernement afin de préciser les matières relevant du pouvoir réglementaire.
Un acte gouvernemental autorisé par le Parlement, adopté dans un délai limité et portant sur le domaine de la loi.

Un acte gouvernemental autorisé par le Parlement, adopté dans un délai limité et portant sur le domaine de la loi.

Explication

L’ordonnance de l’article 38 permet au Gouvernement d’intervenir dans le domaine normalement réservé à la loi, grâce à une habilitation parlementaire et pendant une période limitée. Elle ne constitue donc ni un acte parlementaire ni une décision individuelle.

42. À quoi servent les deux délais que doit prévoir la loi d’habilitation ?

Le premier impose la ratification des ordonnances, tandis que le second autorise leur adoption par le Gouvernement.
Le premier autorise l’adoption des ordonnances, tandis que le second impose le dépôt des projets de loi de ratification.
Le premier concerne les recours contre les ordonnances, tandis que le second organise leur contrôle constitutionnel.
Le premier fixe la publication des lois, tandis que le second détermine la durée du mandat parlementaire.

Le premier autorise l’adoption des ordonnances, tandis que le second impose le dépôt des projets de loi de ratification.

Explication

La loi d’habilitation fixe un délai pour adopter les ordonnances et un autre pour déposer les projets de loi de ratification. Si le dépôt n’intervient pas dans ce second délai, les ordonnances deviennent caduques.

43. Quel régime juridique s’applique à une ordonnance entre sa publication et après l’expiration du délai d’habilitation ?

Elle est dépourvue de toute valeur juridique avant sa ratification, puis acquiert une valeur réglementaire après celle-ci.
Elle conserve une valeur réglementaire après l’expiration du délai d’habilitation, y compris pour ses dispositions relevant de la loi.
Elle a d’abord une valeur réglementaire et peut être contestée par recours pour excès de pouvoir, puis ses dispositions législatives sont regardées comme législatives au sens de la QPC.
Elle a d’abord une valeur législative insusceptible de recours, puis devient réglementaire après l’expiration du délai d’habilitation.

Elle a d’abord une valeur réglementaire et peut être contestée par recours pour excès de pouvoir, puis ses dispositions législatives sont regardées comme législatives au sens de la QPC.

Explication

Avant l’expiration du délai d’habilitation, l’ordonnance demeure un acte réglementaire susceptible d’un recours pour excès de pouvoir. Après ce délai, ses dispositions relevant du domaine législatif sont considérées comme législatives pour l’application de la QPC.

44. Lorsqu’un acte réglementaire et un acte individuel interviennent dans le même champ, lequel prévaut ?

L’acte individuel, car la désignation nominative permet d’écarter la règle générale dans chaque situation.
L’acte signé par l’autorité administrative la plus élevée, quelle que soit sa portée juridique.
L’acte réglementaire, car sa portée générale et impersonnelle le rend supérieur à l’acte individuel.
L’acte le plus récent, car la chronologie détermine la hiérarchie entre les deux catégories.

L’acte réglementaire, car sa portée générale et impersonnelle le rend supérieur à l’acte individuel.

Explication

L’acte réglementaire pose une règle générale et impersonnelle, tandis que l’acte individuel vise une ou plusieurs personnes nommément désignées. Lorsqu’ils concernent le même champ, l’acte réglementaire occupe un rang supérieur à l’acte individuel.

45. Quelle condition permet à une loi de s’imposer directement dans l’ordre juridique administratif ?

Elle est appliquée par toutes les juridictions européennes
Elle est publiée et suffisamment normative et précise
Elle est conforme à une recommandation internationale
Elle est adoptée par une autorité administrative compétente

Elle est publiée et suffisamment normative et précise

Explication

Une loi doit être publiée et présenter un contenu suffisamment normatif et précis pour produire un effet direct. Son adoption par une autorité administrative ne correspond pas à une condition de validité d’une loi.

46. Quelle est la conséquence juridique de la violation d’une loi par un acte administratif ?

La loi cesse de produire des effets dans le litige concerné
L’acte peut être annulé en raison de la supériorité de la loi
L’acte devient automatiquement un acte réglementaire européen
L’autorité administrative doit demander une nouvelle habilitation

L’acte peut être annulé en raison de la supériorité de la loi

Explication

La loi étant supérieure aux actes administratifs dans la hiérarchie des normes, sa violation peut entraîner l’annulation de l’acte. Cette violation ne transforme pas l’acte et ne prive pas la loi d’effet.

47. Dans quelles conditions un traité ou un accord peut-il avoir une autorité supérieure à celle des lois en vertu de l’article 55 de la Constitution ?

Lorsqu’il est approuvé par une institution européenne sans publication nationale
Lorsqu’il est signé par un ministre et mentionné dans une circulaire
Lorsqu’il est adopté par le Parlement et contrôlé par le juge administratif
Lorsqu’il est ratifié ou approuvé, publié et appliqué réciproquement

Lorsqu’il est ratifié ou approuvé, publié et appliqué réciproquement

Explication

L’article 55 exige une ratification ou une approbation régulière, une publication et, en principe, une application réciproque par l’autre partie. Une simple signature ou une publication européenne ne suffit pas à remplir ces conditions.

48. Quelle évolution jurisprudentielle est associée à l’arrêt Nicolo du Conseil d’État du 20 octobre 1989 ?

Le juge administratif peut écarter une loi incompatible avec un traité, même postérieure
Le juge administratif peut contrôler la conformité d’un traité à une loi antérieure
Le juge administratif peut transposer directement une directive non transposée
Le juge administratif peut annuler un traité contraire à une décision individuelle

Le juge administratif peut écarter une loi incompatible avec un traité, même postérieure

Explication

Avec l’arrêt Nicolo, le Conseil d’État a reconnu sa compétence pour contrôler la compatibilité d’une loi, y compris postérieure, avec un traité et écarter la loi incompatible dans le litige. L’arrêt ne confère pas au juge un pouvoir de transposition des directives.

49. Lequel des actes suivants relève du droit dérivé de l’Union européenne ?

Un règlement européen adopté par les institutions de l’Union
Un accord privé conclu entre deux entreprises européennes
Une constitution nationale organisant les pouvoirs publics
Un traité constitutif établissant les compétences de l’Union

Un règlement européen adopté par les institutions de l’Union

Explication

Les règlements, directives, décisions, recommandations et avis adoptés par les institutions de l’Union appartiennent au droit dérivé. Les traités constitutifs relèvent du droit primaire de l’Union.

50. Quel effet caractérise un règlement européen selon l’article 288 du TFUE ?

Il formule une orientation dépourvue de force obligatoire
Il fixe un objectif aux États en leur laissant choisir les moyens
Il est directement applicable sans mesure nationale de transposition
Il s’applique après une autorisation donnée par chaque État

Il est directement applicable sans mesure nationale de transposition

Explication

Le règlement a une portée générale, est obligatoire dans tous ses éléments et s’applique directement dans chaque État membre sans transposition. La détermination d’un objectif avec un choix des moyens caractérise plutôt la directive.

51. Comment une directive européenne s’impose-t-elle aux États membres ?

Elle fixe des objectifs et leur laisse le choix des moyens, avec une transposition en principe nécessaire
Elle devient applicable après son incorporation dans un traité originaire
Elle formule une recommandation dépourvue d’objectif juridiquement déterminé
Elle impose intégralement les mêmes règles sans intervention nationale complémentaire

Elle fixe des objectifs et leur laisse le choix des moyens, avec une transposition en principe nécessaire

Explication

La directive lie les États quant aux objectifs à atteindre dans un délai déterminé, tout en leur laissant le choix des moyens, ce qui nécessite en principe une transposition nationale. L’application identique sans intervention nationale correspond au régime du règlement.

52. Pourquoi les principes généraux du droit de l’Union européenne priment-ils sur la loi interne selon l’arrêt Syndicat national de l’industrie pharmaceutique ?

Ils ont une valeur équivalente à celle des traités originaires de l’Union
Ils sont considérés comme des actes administratifs directement applicables
Ils tirent leur autorité d’une décision individuelle de la Commission européenne
Ils résultent de principes généraux du droit international opposables aux lois

Ils ont une valeur équivalente à celle des traités originaires de l’Union

Explication

Dans cet arrêt du 3 décembre 2001, le Conseil d’État fonde la primauté des principes généraux du droit de l’Union sur leur valeur équivalente à celle des traités originaires. Les principes généraux du droit international n’ont pas reçu la même portée dans la jurisprudence Paulin.

53. Quelle règle l’arrêt Boisdet du Conseil d’État du 24 septembre 1990 applique-t-il aux rapports entre les lois et les règlements européens ?

Une loi postérieure prime un règlement européen en raison de sa date d’adoption
Un règlement européen doit être transposé avant de pouvoir prévaloir sur une loi
Une loi, même postérieure, peut être écartée si elle est contraire à un règlement européen
Un règlement européen ne peut être invoqué que contre une directive non transposée

Une loi, même postérieure, peut être écartée si elle est contraire à un règlement européen

Explication

L’arrêt Boisdet affirme que les lois, y compris postérieures, doivent être compatibles avec les règlements européens et peuvent être écartées par le juge administratif en cas de contrariété. Le règlement est directement applicable et sa primauté ne dépend donc pas d’une transposition.

54. Dans quelle situation un particulier peut-il invoquer une directive non transposée contre un acte administratif depuis l’arrêt Dame Perreux ?

Lorsque le délai de transposition est expiré et que ses dispositions sont précises et inconditionnelles
Lorsque l’acte administratif concerne une relation exclusivement privée entre particuliers
Lorsque la directive fixe des objectifs généraux avant l’expiration du délai de transposition
Lorsque la directive a été remplacée par une recommandation dépourvue d’effet obligatoire

Lorsque le délai de transposition est expiré et que ses dispositions sont précises et inconditionnelles

Explication

Depuis Dame Perreux, un particulier peut invoquer contre un acte administratif les dispositions précises et inconditionnelles d’une directive non transposée lorsque le délai de transposition est expiré. Avant cette échéance ou en présence de dispositions trop générales, cette invocation ne répond pas aux conditions établies.

55. Quelle est la portée constitutionnelle de la transposition d’une directive en droit interne, selon la décision du Conseil constitutionnel du 10 juin 2004 ?

Elle relève d’une simple faculté laissée au législateur national
Elle découle exclusivement du principe de séparation des pouvoirs
Elle repose sur une compétence générale attribuée au Conseil d’État
Elle constitue une exigence constitutionnelle fondée sur l’article 88-1

Elle constitue une exigence constitutionnelle fondée sur l’article 88-1

Explication

Le Conseil constitutionnel rattache la transposition des directives à une exigence constitutionnelle fondée sur l’article 88-1 de la Constitution. Cette obligation ne constitue donc pas une simple faculté politique du législateur.

56. Dans quelle situation une loi transposant une directive peut-elle en principe être censurée au regard de la Constitution ?

Lorsque le Conseil d’État estime que la transposition aurait pu être réalisée par décret
Lorsque la directive concerne un domaine relevant habituellement du pouvoir réglementaire
Lorsque le Parlement a adopté la loi après une consultation insuffisante des collectivités territoriales
Lorsque la directive porte atteinte à un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France

Lorsque la directive porte atteinte à un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France

Explication

Une loi de transposition échappe en principe à la censure constitutionnelle, sauf si la directive méconnaît un principe inhérent à l’identité constitutionnelle française. Le domaine de la directive ou les modalités politiques de son adoption ne suffisent pas, à eux seuls, à justifier cette censure.

57. Quelle démarche le Conseil d’État suit-il dans le cadre du contrôle établi par l’arrêt Arcelor ?

Il recherche un équivalent en droit de l’Union, puis contrôle le décret au regard de cet équivalent
Il vérifie d’abord la conformité du décret à la Constitution, puis écarte toute référence au droit de l’Union
Il transmet automatiquement le décret à la CJUE avant d’examiner le principe constitutionnel invoqué
Il contrôle la loi de transposition correspondante sans examiner le contenu du décret contesté

Il recherche un équivalent en droit de l’Union, puis contrôle le décret au regard de cet équivalent

Explication

L’arrêt Arcelor impose au Conseil d’État de rechercher d’abord un équivalent du principe constitutionnel en droit de l’Union et, le cas échéant, de contrôler le décret au regard de cet équivalent. En l’absence d’équivalent, il exerce directement le contrôle constitutionnel du décret.

58. Quelle institution européenne a élaboré la Convention européenne des droits de l’homme en 1950 ?

L’Union européenne
Le Conseil de l’Europe
La Cour de justice de l’Union européenne
Le Parlement européen

Le Conseil de l’Europe

Explication

La Convention européenne des droits de l’homme a été élaborée au sein du Conseil de l’Europe en 1950 et est entrée en vigueur en 1953. Elle relève donc du système du Conseil de l’Europe, et non de celui de l’Union européenne appliqué par la CJUE.

59. Pourquoi la saisine de la Cour européenne des droits de l’homme est-elle qualifiée de subsidiaire ?

Parce que le requérant doit obtenir l’autorisation préalable du juge national compétent
Parce que la Cour intervient principalement pour contrôler les actes des institutions de l’Union européenne
Parce que la Cour ne peut examiner que les litiges transmis par le Conseil de l’Europe
Parce que le requérant doit avoir épuisé les voies de recours internes avant de la saisir

Parce que le requérant doit avoir épuisé les voies de recours internes avant de la saisir

Explication

La saisine est subsidiaire, car le requérant doit d’abord utiliser les voies de recours disponibles dans son État. Le juge national est le premier chargé d’assurer l’application de la Convention, tandis que la Cour européenne intervient après cette étape.

60. Quelle obligation découle de l’article 46 de la Convention européenne des droits de l’homme pour un État partie condamné ?

Il doit se conformer à l’arrêt définitif rendu dans le litige auquel il est partie
Il doit appliquer l’arrêt à tous les litiges futurs présentant une question juridique comparable
Il doit rouvrir automatiquement toute procédure nationale ayant donné lieu à la condamnation
Il doit modifier sa Constitution dès qu’un arrêt constate une violation conventionnelle

Il doit se conformer à l’arrêt définitif rendu dans le litige auquel il est partie

Explication

L’article 46 oblige l’État partie à se conformer à l’arrêt définitif de la Cour dans le litige concerné. Cette obligation n’impose toutefois pas, en elle-même, de rejuger l’affaire au niveau national.

61. Quelle mesure le Conseil d’État a-t-il ordonnée dans l’arrêt Gonzalez Gomez du 31 mai 2016 ?

La restitution de gamètes conservés en France en raison d’une violation du droit de propriété
L’interdiction d’exporter des gamètes en raison du respect de la souveraineté nationale
L’exportation de gamètes vers l’Espagne en raison d’une atteinte excessive à la vie privée et familiale
La suspension d’une procédure médicale espagnole en raison d’un risque pour la santé publique

L’exportation de gamètes vers l’Espagne en raison d’une atteinte excessive à la vie privée et familiale

Explication

Dans Gonzalez Gomez, le Conseil d’État a exercé un contrôle de conventionnalité concret et a ordonné l’exportation des gamètes vers l’Espagne. Il a estimé que le refus opposé à la requérante portait une atteinte excessive à sa vie privée et familiale.

62. Quelle décision a consacré la valeur constitutionnelle du Préambule de 1958 et des textes auxquels il renvoie ?

L’arrêt Amicale des anciens élèves de l’ENS de Saint-Cloud du 21 décembre 1990
L’arrêt Commune d’Annecy du 3 octobre 2008
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971
La décision relative à la loi pour la confiance dans l’économie numérique du 10 juin 2004

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971

Explication

La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971 a reconnu une valeur constitutionnelle au Préambule de 1958 et aux textes auxquels il renvoie, consacrant ainsi le bloc de constitutionnalité. Avant cette décision, l’approche retenue était plus limitée et concernait principalement l’organisation des pouvoirs publics.

63. Quel ensemble correspond au contenu du bloc de constitutionnalité ?

La Constitution de 1958, le Préambule de 1946, la DDHC, les PFRLR et la Charte de l’environnement
La Constitution de 1958, les lois organiques, les règlements administratifs et les traités européens
Le Préambule de 1946, les lois ordinaires, les décisions judiciaires et les principes généraux du droit
La DDHC, les conventions internationales, les directives européennes et les règlements de l’Union

La Constitution de 1958, le Préambule de 1946, la DDHC, les PFRLR et la Charte de l’environnement

Explication

Le bloc de constitutionnalité rassemble la Constitution de 1958, le Préambule de 1946, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, les PFRLR et la Charte de l’environnement depuis 2004. Les lois ordinaires et les actes de l’Union européenne n’en font pas partie en tant que tels.

64. Quelle précision l’arrêt Commune d’Annecy apporte-t-il concernant la Charte de l’environnement ?

Ses objectifs environnementaux permettent automatiquement d’obtenir une réparation devant le juge administratif
Ses principes s’imposent aux particuliers, mais ne peuvent pas être invoqués contre l’administration
Ses droits et devoirs ont valeur constitutionnelle, mais un principe trop général ne crée pas un droit subjectif
Ses dispositions ont une valeur législative, sauf lorsqu’elles concernent la protection de la biodiversité

Ses droits et devoirs ont valeur constitutionnelle, mais un principe trop général ne crée pas un droit subjectif

Explication

L’arrêt Commune d’Annecy reconnaît une valeur constitutionnelle à l’ensemble des droits et devoirs de la Charte de l’environnement. Il précise toutefois qu’un principe formulé de manière trop générale ne suffit pas à créer un droit subjectif directement invocable.

65. À quelles autorités les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent-elles selon l’article 62 de la Constitution ?

Aux juridictions judiciaires, mais pas aux autorités administratives indépendantes
Au Parlement et au Gouvernement, mais pas aux juridictions administratives
Aux autorités administratives, sous réserve d’une confirmation par le Conseil d’État
Aux pouvoirs publics ainsi qu’à toutes les autorités administratives et juridictionnelles

Aux pouvoirs publics ainsi qu’à toutes les autorités administratives et juridictionnelles

Explication

L’article 62 prévoit que les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles. Leur portée ne dépend donc pas d’une confirmation ultérieure par le Conseil d’État.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

Le droit applicable à l’administration et à ses relations avec les administrés.

Que désigne l'administration au sens organique ?

L’ensemble des institutions et autorités assurant l’intervention de l’État dans la vie sociale.

Que désigne l'administration au sens fonctionnel ?

L’activité d’exécution des lois et de fonctionnement continu des services publics.

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