📌 L’administration a un sens organique lorsqu’elle désigne l’ensemble des institutions et autorités assurant l’intervention de l’État dans la vie sociale, et un sens fonctionnel lorsqu’elle désigne l’activité d’exécution des lois et de fonctionnement continu des services publics.
Conflit intérêt général → prérogatives de puissance publique
Territoire = vocation générale ; établissement public = mission spécialisée
📌 Le droit administratif ne s’applique pas automatiquement du seul fait que l’administration est en cause : lorsque celle-ci agit comme un simple particulier, le droit privé s’applique.
📌 Le principe de légalité exprime en droit administratif la soumission de l’administration à la loi.
Administration comme autorité ≠ administration comme simple particulier
Administrateur juge → ministre juge → justice déléguée
📌 Le critère de la puissance publique repose sur les moyens employés par l’administration, tandis que le critère du service public repose sur la finalité de son action.
Service public + puissance publique → droit administratif et juge administratif
📌 La juridiction administrative est séparée de la juridiction judiciaire, mais elle n’est pas complètement séparée de l’administration active et possède notamment une fonction consultative.
📌 Le Conseil d’État exerce une compétence consultative auprès du gouvernement et une compétence juridictionnelle comme juge de premier et dernier ressort, juge d’appel ou juge de cassation.
Juridiction administrative ≠ administration active, mais double fonction consultative et contentieuse
Le juge administratif est le juge de droit commun des litiges nés de l’action de l’administration, mais la compétence dépend principalement de la nature du litige et la compétence suit le fond.
Lorsqu’une personne privée est chargée d’une mission de service public et exerce des prérogatives de puissance publique, le juge administratif est compétent pour connaître du recours contre son acte administratif ou de la responsabilité liée à ces prérogatives.
Le juge administratif est incompétent pour les actes relatifs au fonctionnement de la justice judiciaire, mais il peut connaître des actes relatifs à l’organisation du service public de la justice.
Les litiges relatifs aux services publics industriels et commerciaux relèvent en principe du juge judiciaire, sauf lorsqu’un acte administratif mettant en œuvre des prérogatives de puissance publique est contesté.
Juge administratif par principe ; juge judiciaire par exception
📌 Les litiges relatifs à la gestion du domaine privé d’une personne publique, aux dommages causés par ce domaine ou aux contrats concernant ce domaine relèvent en principe du juge judiciaire, sauf disposition légale contraire.
📌 Les litiges relatifs aux services publics industriels et commerciaux relèvent en principe du juge judiciaire, car ces services correspondent à des activités économiques gérées comme des activités privées.
Administration en puissance publique : juge administratif ; administration comme un particulier : juge judiciaire
📌 Une question préjudicielle impose au juge saisi au principal de surseoir à statuer et de renvoyer la question à l’autre ordre de juridiction, tandis qu’une question préalable peut être résolue par le juge principal lui-même avant qu’il tranche le litige.
📌 Le conflit négatif existe lorsque les juridictions administrative et judiciaire se sont successivement déclarées incompétentes, tandis que le conflit de décision existe lorsque deux juridictions des ordres différents ont rendu sur le fond des décisions définitives, contradictoires et insurmontables dans une même affaire.
Déclinatoire → arrêté de conflit → Tribunal des conflits
📌 Le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire général en vertu de l’article 21 de la Constitution, tandis que le Président de la République dispose, en vertu de l’article 13, d’un pouvoir réglementaire d’attribution pour les décrets délibérés en Conseil des ministres.
📌 Les ministres ne disposent en principe d’aucun pouvoir réglementaire général, mais ils peuvent recevoir une délégation du Premier ministre ou une compétence réglementaire spécialisée prévue par un texte.
Pouvoir général du Premier ministre ; pouvoir d’attribution du Président
📌 Un règlement autonome intervient dans une matière étrangère au domaine législatif, tandis qu’un règlement d’application précise les modalités nécessaires à la mise en œuvre d’une loi.
📌 Le Premier ministre doit prendre dans un délai raisonnable les décrets nécessaires à l’application d’une loi, sauf si le décret est incompatible avec les engagements internationaux de la France ou si la loi peut être appliquée sans décret.
Article 34 : domaine de la loi ; article 37 : compétence réglementaire de droit commun
La loi d’habilitation doit fixer un délai permettant au Gouvernement d’adopter les ordonnances et un second délai pour déposer les projets de loi de ratification ; les ordonnances deviennent caduques si ce dépôt n’intervient pas dans le second délai.
De leur publication à l’expiration du délai d’habilitation, les ordonnances ont une valeur réglementaire et peuvent faire l’objet d’un recours pour excès de pouvoir, tandis qu’après l’expiration de ce délai leurs dispositions relevant du domaine législatif sont regardées comme législatives au sens de la QPC.
Un acte réglementaire a une portée générale et impersonnelle, tandis qu’un acte individuel désigne nominativement une ou plusieurs personnes ; lorsqu’ils interviennent dans le même champ, l’acte réglementaire est supérieur à l’acte individuel.
Habilitation → ordonnance → ratification
📌 La violation d’une loi par un acte administratif, réglementaire ou individuel, entraîne l’annulation de cet acte en raison de la supériorité de la loi dans la hiérarchie des normes administratives.
📌 En vertu de l’article 55 de la Constitution, les traités ou accords régulièrement ratifiés ou approuvés et publiés ont une autorité supérieure à celle des lois sous réserve de leur application par l’autre partie.
📌 Une stipulation internationale est d’effet direct lorsqu’elle ne régit pas exclusivement les relations entre États et ne requiert aucun acte complémentaire pour produire des effets à l’égard des particuliers, selon l’arrêt GISTI et FAPIL du Conseil d’État du 11 avril 2012.
Traité régulièrement ratifié et publié → supériorité sur la loi
📌 Selon l’article 288 du TFUE, le règlement européen a une portée générale, est obligatoire dans tous ses éléments et est directement applicable dans chaque État membre sans mesure de transposition.
Règlement directement applicable ; directive à transposer
Dans l’arrêt Syndicat national de l’industrie pharmaceutique du 3 décembre 2001, le Conseil d’État a reconnu que les principes généraux du droit de l’Union européenne priment sur la loi interne en raison de leur valeur équivalente à celle des traités originaires de l’Union.
Dans l’arrêt Boisdet du 24 septembre 1990, le Conseil d’État a jugé que les lois, même postérieures, doivent être compatibles avec les règlements européens et peuvent être écartées par le juge administratif lorsqu’elles leur sont contraires.
Depuis l’arrêt Dame Perreux du 30 octobre 2009, un justiciable peut invoquer contre tout acte administratif les dispositions précises et inconditionnelles d’une directive non transposée lorsque le délai de transposition est expiré.
Règlement directement applicable, directive dépendante de sa transposition
📌 Une loi qui transpose exclusivement une directive ne peut en principe être censurée au regard de la Constitution, sauf si la directive porte atteinte à un principe inhérent à l’identité constitutionnelle de la France.
L’Union prime dans son domaine, mais la Constitution demeure au sommet
📌 La saisine de la CEDH est subsidiaire : le requérant doit avoir épuisé toutes les voies de recours internes, car le juge national est le premier chargé d’assurer l’application de la CESDH.
📌 Selon l’article 46 de la CESDH, les États parties doivent se conformer aux arrêts définitifs de la CEDH dans les litiges auxquels ils sont parties, mais ces arrêts ne les obligent pas à rejuger l’affaire.
Juge national → CEDH après épuisement des recours internes
La décision Liberté d’association du 16 juillet 1971 a reconnu valeur constitutionnelle au Préambule de 1958 et aux textes auxquels il renvoie, consacrant ainsi le bloc de constitutionnalité.
Dans l’arrêt Commune d’Annecy du 3 octobre 2008, le Conseil d’État a reconnu valeur constitutionnelle à l’ensemble des droits et devoirs de la Charte de l’environnement, tout en précisant qu’un principe trop général ne suffit pas à créer un droit subjectif.
📌 Selon l’article 62 de la Constitution, les décisions du Conseil constitutionnel s’imposent aux pouvoirs publics ainsi qu’à toutes les autorités administratives et juridictionnelles.
Le Conseil d’État est compétent pour contrôler directement un règlement autonome au regard de la Constitution, comme l’a jugé l’arrêt Amicale des anciens élèves de l’ENS de Saint-Cloud du 21 décembre 1990.
La QPC, prévue par l’article 61-1 de la Constitution depuis la révision de 2008 et applicable depuis le 1er mars 2010, permet de contester au cours d’un litige une disposition législative portant atteinte aux droits et libertés garantis par la Constitution.
La QPC fait l’objet d’un double filtre : le premier juge vérifie son applicabilité au litige, l’absence de déclaration antérieure de conformité sauf changement de circonstances et son caractère sérieux ; le Conseil d’État vérifie ensuite ces conditions ainsi que le caractère nouveau ou sérieux avant de la transmettre au Conseil constitutionnel.
Lorsque le Conseil constitutionnel déclare une disposition législative contraire à la Constitution dans le cadre d’une QPC, cette disposition est abrogée et l’acte administratif fondé sur elle peut être privé de base légale.
L’autorité de la chose jugée est relative en matière de responsabilité et de contrats, car elle ne s’applique qu’aux parties à l’instance, tandis qu’elle est absolue dans le contentieux de l’annulation des actes administratifs.
L’annulation d’un acte administratif réglementaire ou individuel a en principe un effet rétroactif et oblige l’administration à agir comme si l’acte n’avait jamais existé.
Constitution → Préambules → PFRLR → Charte de l’environnement
| Acte réglementaire | Acte individuel | Portée |
|---|---|---|
| Portée générale et impersonnelle | — | S’impose dans son champ |
| — | Destinataires nommément désignés | Doit respecter l’acte réglementaire |
| Réglementaire | Individuel | Le réglementaire est supérieur |
| Critère | Règlement | Directive |
|---|---|---|
| Effet juridique | Obligatoire dans tous ses éléments | Lie quant aux objectifs |
| Application | Directement applicable | Nécessite en principe une transposition |
| Invocation | Invocable dès sa publication | Invocable sous conditions, notamment après expiration du délai |
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Qu'est-ce que le droit administratif ?
Le droit applicable à l’administration et à ses relations avec les administrés.
Que désigne l'administration au sens organique ?
L’ensemble des institutions et autorités assurant l’intervention de l’État dans la vie sociale.
Que désigne l'administration au sens fonctionnel ?
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