QCM : Contrôle de constitutionnalité et hiérarchie — 24 questions

Questions et réponses du QCM

1. Pourquoi la Cour suprême britannique a-t-elle pu contrôler la prorogation du Parlement en 2019 ?

Parce qu’elle a jugé l’acte dépourvu de justification raisonnable
Parce qu’une convention constitutionnelle a été expressément écrite
Parce que le monarque avait retiré sa prérogative
Parce qu’un référendum l’y obligeait

Parce qu’elle a jugé l’acte dépourvu de justification raisonnable

Explication

La Cour suprême a admis un contrôle exceptionnel en raison de l’absence de décision administrativement raisonnable. Elle a estimé que la prorogation empêchait le Parlement d’exercer ses missions constitutionnelles.

2. Dans le cadre de la QPC, sur quelle condition repose la recevabilité d’un grief tiré de la méconnaissance par le législateur de sa propre compétence ?

Sur la demande du Premier ministre
Sur la seule existence d’un débat politique
Sur l’atteinte à un droit ou une liberté garantis par la Constitution
Sur la nature pénale de la loi contestée

Sur l’atteinte à un droit ou une liberté garantis par la Constitution

Explication

Le Conseil constitutionnel n’examine ce grief que s’il affecte un droit ou une liberté garantis par la Constitution. Une simple erreur de répartition des compétences ne suffit pas en elle-même.

3. Quel rôle joue le stare decisis dans le système de contrôle diffus décrit ici ?

Il réserve l’interprétation constitutionnelle à une cour spécialisée unique
Il empêche toute juridiction d’écarter une loi inconstitutionnelle
Il oblige le Parlement à réviser immédiatement toute loi contestée
Il stabilise l’écartement des lois inconstitutionnelles dans les litiges ultérieurs

Il stabilise l’écartement des lois inconstitutionnelles dans les litiges ultérieurs

Explication

Le stare decisis, règle du précédent, garantit que l’interprétation retenue sera suivie dans les affaires ultérieures, ce qui stabilise le contrôle diffus. Il ne transforme pas pour autant le système en contrôle concentré.

4. Pourquoi le Comité constitutionnel prévu en 1946 est-il présenté comme insuffisant ?

Parce qu’il était une cour suprême dotée d’une forte indépendance
Parce qu’il contrôlait déjà toutes les lois par voie de QPC
Parce qu’il ne disposait pas d’un pouvoir effectif de contrôle de constitutionnalité
Parce qu’il remplaçait entièrement le Parlement dans la fabrication de la loi

Parce qu’il ne disposait pas d’un pouvoir effectif de contrôle de constitutionnalité

Explication

Le Comité constitutionnel de 1946 est mentionné comme un organe prévu mais sans pouvoir réel de contrôle effectif des lois. Il ne correspond donc pas à une véritable cour constitutionnelle kelsénienne.

5. Que signifie ici l’idée de judicial supremacy ?

La primauté de l’interprétation constitutionnelle de la Cour suprême
Le refus absolu de tout contrôle judiciaire
La compétence exclusive des juges d’État
L’obligation pour le Congrès de rédiger les arrêts

La primauté de l’interprétation constitutionnelle de la Cour suprême

Explication

La judicial supremacy désigne la montée en puissance de l’interprétation constitutionnelle retenue par la Cour suprême, appelée à s’imposer aux autres pouvoirs. Elle ne signifie pas l’absence de désaccords internes, mais la stabilisation par la Cour.

6. Que se passe-t-il lorsqu’un traité est jugé incompatible avec la Constitution lors du contrôle prévu par l’article 54 ?

Le traité est appliqué immédiatement sans formalité
La Constitution doit être révisée avant ratification
La loi de ratification prime automatiquement sur la Constitution
Le Conseil d’État doit annuler le traité

La Constitution doit être révisée avant ratification

Explication

Si le traité est incompatible avec la Constitution, sa ratification n’est possible qu’après révision de la Constitution. Le contrôle de compatibilité intervient donc avant la ratification.

7. Quel rôle le Conseil constitutionnel s’attribue-t-il lorsqu’il refuse de se substituer entièrement au législateur sur des choix relevant de l’appréciation politique ?

Celui d’une autorité administrative chargée d’exécuter les lois
Celui d’un juge qui contrôle systématiquement toute décision parlementaire sans réserve
Celui d’un législateur de remplacement chargé de trancher l’opportunité politique
Celui d’un régulateur qui respecte une marge d’appréciation du Parlement

Celui d’un régulateur qui respecte une marge d’appréciation du Parlement

Explication

Le Conseil constitutionnel affirme une autolimitation de sa compétence et se présente comme un régulateur, non comme un décideur politique de substitution. Il laisse au Parlement une marge d’appréciation lorsque le contrôle touche en substance à l’évaluation politique.

8. Dans Marbury v. Madison, quelle distinction Marshall établit-il pour déterminer ce qui peut être jugé ?

Entre les faits et les opinions
Entre les lois ordinaires et les lois organiques
Entre les traités et la Constitution
Entre les actes politiques et les actes juridiques

Entre les actes politiques et les actes juridiques

Explication

Marshall distingue les actes politiques, qui relèvent du pouvoir discrétionnaire, des actes juridiques susceptibles de créer des droits. Cette distinction délimite la compétence du juge.

9. Que désigne la notion de question politique dans ce cadre ?

Une décision administrative qui doit toujours être annulée par le juge
Un acte relevant du pouvoir discrétionnaire et échappant au contrôle du juge
Toute loi adoptée par le Parlement et donc automatiquement justiciable
Une question que la Cour suprême doit trancher en priorité

Un acte relevant du pouvoir discrétionnaire et échappant au contrôle du juge

Explication

La question politique renvoie à des actes relevant du pouvoir discrétionnaire, que le juge refuse de contrôler. Elle s’oppose donc aux actes juridiques créateurs de droits.

10. Quelle attitude le Conseil constitutionnel adopte-t-il lorsqu’une question touche principalement à l’évaluation politique laissée au législateur ?

Il déclare automatiquement la loi contraire à la Constitution
Il se substitue pleinement au Parlement
Il renvoie toujours la question au Conseil d’État
Il exerce une autolimitation de sa compétence

Il exerce une autolimitation de sa compétence

Explication

Le Conseil constitutionnel pratique une autolimitation lorsqu’il estime que l’objet du contrôle relève surtout de l’appréciation politique du législateur. Il cherche ainsi à respecter la marge d’appréciation du Parlement.

11. Dans le système politique britannique, comment sont en principe qualifiés certains actes relevant de la prérogative royale ?

Comme des actes soumis au Conseil constitutionnel
Comme des actes systématiquement contrôlés par le juge
Comme des actes relevant du contrôle diffus
Comme des actes non justiciables en principe

Comme des actes non justiciables en principe

Explication

Le cours indique que des matières comme les traités, la défense ou la dissolution relèvent en principe d’actes non justiciables. Les tribunaux peuvent donc refuser de les contrôler.

12. Quel mécanisme permet au Conseil constitutionnel d’étendre la valeur constitutionnelle à certains textes visés par le Préambule ?

La prérogative royale
Le contrôle diffus
La loi-écran
La constitutionnalisation par renvoi

La constitutionnalisation par renvoi

Explication

La constitutionnalisation par renvoi consiste à donner une valeur constitutionnelle aux textes mentionnés par le Préambule. C’est ce mécanisme qui a élargi le bloc de constitutionnalité.

13. Dans la controverse évoquée, quelle critique vise l’idée d’une autorité finale absolue du juge ?

L’idée que toute décision judiciaire est nécessairement illégitime
L’idée que le juge n’a jamais aucune compétence constitutionnelle
L’idée qu’une interprétation exclusive par un autre pouvoir serait également problématique
L’idée que le Parlement doit toujours être écarté du débat juridique

L’idée qu’une interprétation exclusive par un autre pouvoir serait également problématique

Explication

Le cours souligne que l’autorité finale du juge n’est pas unanimement admise, car une interprétation exclusive par un autre pouvoir poserait aussi problème. La critique porte donc sur l’exclusivité, non sur toute fonction juridictionnelle.

14. Que signifie l’autolimitation judiciaire dans la logique du cours ?

Le juge se substitue au Parlement pour décider de l’opportunité politique
Le juge élargit sans limite son pouvoir d’interprétation
Le juge circonscrit lui-même la portée de son contrôle pour préserver sa légitimité
Le juge refuse systématiquement toute compétence constitutionnelle

Le juge circonscrit lui-même la portée de son contrôle pour préserver sa légitimité

Explication

L’autolimitation judiciaire consiste pour le juge à borner volontairement la portée de son contrôle afin de préserver sa légitimité institutionnelle. Elle n’implique ni absence totale de contrôle ni intervention politique directe.

15. Pourquoi le Conseil constitutionnel refuse-t-il de contrôler au fond une révision constitutionnelle dans la décision du 26 mars 2003 ?

Parce qu’il juge que seul le Conseil d’État peut apprécier une révision constitutionnelle
Parce qu’il réserve ce contrôle aux juridictions administratives ordinaires
Parce qu’il estime que l’article 61 ne s’applique pas aux lois constitutionnelles
Parce qu’il considère que toute révision est forcément contraire à la Constitution

Parce qu’il estime que l’article 61 ne s’applique pas aux lois constitutionnelles

Explication

Dans cette décision, le Conseil constitutionnel rejette le contrôle au fond en raison d’un problème de compétence : l’article 61 vise le contrôle des lois ordinaires, non celui des révisions constitutionnelles. Le grief des requérants est donc écarté sur ce fondement.

16. Quel est l’apport principal de l’arrêt Marbury contre Madison ?

Il interdit à toute juridiction de contrôler les lois
Il fonde le contrôle de constitutionnalité en permettant d’écarter une loi contraire à la Constitution
Il supprime toute distinction entre actes politiques et actes juridiques
Il consacre la suprématie absolue du Congrès sur la Constitution

Il fonde le contrôle de constitutionnalité en permettant d’écarter une loi contraire à la Constitution

Explication

Marbury contre Madison est présenté comme l’arrêt fondateur du contrôle de constitutionnalité, car la Cour suprême y écarte une loi ordinaire contraire à la Constitution. Les autres réponses contredisent directement cette logique.

17. Quelle est la portée de l’article 89, alinéa 5, de la Constitution française ?

Il réserve au président de la République le pouvoir exclusif de réviser la Constitution
Il autorise la révision de toute disposition constitutionnelle par le Parlement seul
Il interdit toute révision de la forme républicaine du gouvernement
Il impose que toute révision soit validée par le Conseil constitutionnel au fond

Il interdit toute révision de la forme républicaine du gouvernement

Explication

L’article 89, alinéa 5, consacre une clause d’éternité en protégeant la forme républicaine du gouvernement contre toute révision. Les autres propositions ne correspondent pas à cette limite matérielle prévue par le texte.

18. Dans une question prioritaire de constitutionnalité, quand la méconnaissance par le législateur de sa propre compétence est-elle recevable ?

Dès lors que la loi empiète sur le domaine réglementaire sans autre condition
Lorsque cette méconnaissance affecte un droit ou une liberté garantis par la Constitution
Uniquement si elle porte sur un principe du droit international
Seulement si elle concerne la procédure parlementaire de vote

Lorsque cette méconnaissance affecte un droit ou une liberté garantis par la Constitution

Explication

La QPC ne peut être invoquée utilement que si l’atteinte à la compétence du législateur touche un droit ou une liberté constitutionnellement garantis. Une simple erreur de répartition entre loi et règlement ne suffit pas à elle seule.

19. Quelle caractéristique distingue le mieux le droit constitutionnel comme droit politique vivant ?

Il dépend autant des pratiques institutionnelles que du seul texte écrit
Il se réduit à l’application mécanique des articles constitutionnels
Il concerne uniquement l’organisation des juridictions ordinaires
Il exclut toute influence des choix politiques sur les règles

Il dépend autant des pratiques institutionnelles que du seul texte écrit

Explication

Le droit constitutionnel est dit vivant parce que sa réalité tient aussi aux pratiques et aux interprétations institutionnalisées, et pas seulement au texte. Les autres propositions méconnaissent le rôle central du politique et des institutions.

20. Pourquoi le modèle kelsénien de justice constitutionnelle exige-t-il une sanction juridictionnelle ?

Pour remplacer la Constitution par la seule pratique parlementaire
Pour éviter toute intervention d’une juridiction spécialisée
Pour laisser la loi conserver une suprématie politique sans contrôle
Pour rendre la Constitution réellement contraignante par une décision de juge

Pour rendre la Constitution réellement contraignante par une décision de juge

Explication

Dans le modèle kelsénien, seule une sanction juridictionnelle donne à la Constitution un véritable caractère contraignant. C’est pourquoi il s’appuie sur une cour constitutionnelle spécialisée.

21. Quelle disposition sert de fondement interne à l’intégration du droit de l’Union dans l’ordre juridique français ?

L’article 55 de la Constitution
L’article 89 de la Constitution
L’article 34 de la Constitution
L’article 88-1 de la Constitution

L’article 88-1 de la Constitution

Explication

L’article 88-1 est présenté comme la clause portail de l’intégration du droit de l’Union. L’article 55 concerne plutôt la place des traités dans l’ordre interne, mais le cours insiste ici sur 88-1.

22. Dans le cours, qu’illustre la notion de constitution incomplète ?

Le texte prévoit déjà toutes les conditions d’exercice des pouvoirs
Le texte supprime toute possibilité d’interprétation par les institutions
Le texte interdit au juge toute lecture des dispositions constitutionnelles
Le texte laisse une large place à l’appréciation politique sans fixer entièrement les modalités d’action

Le texte laisse une large place à l’appréciation politique sans fixer entièrement les modalités d’action

Explication

La constitution est dite incomplète lorsque le texte ne précise pas entièrement les conditions ni les modalités d’action, laissant une marge au politique. C’est l’inverse d’un texte totalement fermé et auto-suffisant.

23. Dans la procédure de question prioritaire de constitutionnalité, à quel moment le contrôle de constitutionnalité intervient-il ?

Avant la promulgation de la loi
Uniquement avant la discussion parlementaire
Seulement lors de la révision constitutionnelle
Après la promulgation et l’application de la loi

Après la promulgation et l’application de la loi

Explication

La QPC est un contrôle a posteriori : elle permet de contester une loi déjà promulguée et appliquée. Elle ne concerne donc pas le contrôle préalable à la promulgation.

24. Qu’est-ce que le contrôle concentré en matière de justice constitutionnelle ?

Un contrôle exercé par n’importe quel juge ordinaire dans tous les litiges
Un contrôle confié à une juridiction spécialisée, seule compétente pour juger la constitutionnalité des lois
Un contrôle laissé exclusivement au Parlement
Un mécanisme où la loi inconstitutionnelle reste toujours appliquée par tous les juges

Un contrôle confié à une juridiction spécialisée, seule compétente pour juger la constitutionnalité des lois

Explication

Le contrôle concentré est défini comme un mécanisme où une juridiction spécialisée est seule compétente pour connaître de la constitutionnalité des lois. Cela le distingue du contrôle diffus, réparti entre plusieurs juridictions.

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Spécificité du droit constitutionnel

Droit politique, vivant, pratique institutionnelle

Origine du contrôle de constitutionnalité

Marbury v. Madison (1803), affirmation de la loi suprême

Réception européenne et justice constitutionnelle

Contrôle concentré (cour spécialisée) vs diffus (toute juridiction)

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