QCM : Décentralisation et juge administratif (66 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle définition correspond au droit administratif ?

Le droit applicable aux seules juridictions chargées de juger l’administration
Le droit des relations privées entre les particuliers et les entreprises
Le droit de l’organisation administrative et de ses relations avec les usagers et les tiers
Le droit des institutions politiques et de leurs rapports internationaux

Le droit de l’organisation administrative et de ses relations avec les usagers et les tiers

Explication

Le droit administratif encadre l’organisation de l’administration ainsi que ses relations avec les organisations, les usagers et les tiers. Le droit de l’administration peut toutefois comprendre certaines règles de droit privé, ce qui le distingue du droit administratif au sens strict.

2. Quel déséquilibre le droit administratif organise-t-il entre l’administration et les individus ?

L’administration exerce une fonction judiciaire tandis que les individus fixent les règles administratives
L’administration poursuit l’intérêt général tandis que les individus disposent de droits et de libertés
L’administration protège les intérêts économiques tandis que les individus assurent la continuité publique
L’administration défend des intérêts privés tandis que les individus dirigent les services publics

L’administration poursuit l’intérêt général tandis que les individus disposent de droits et de libertés

Explication

Le droit administratif tient compte de la mission d’intérêt général de l’administration et des droits et libertés des individus. Il ne transforme pas les individus en responsables de l’organisation des services publics.

3. Laquelle constitue une prérogative d’action de puissance publique ?

L’édiction unilatérale d’un acte administratif
La conservation matérielle d’un bien appartenant au domaine public
La protection juridictionnelle du domaine public
La compétence attribuée au juge administratif

L’édiction unilatérale d’un acte administratif

Explication

L’édiction unilatérale d’actes administratifs permet à l’administration d’agir par sa propre décision et constitue une prérogative d’action. La domanialité publique et la compétence du juge administratif relèvent des prérogatives de protection.

4. Quel principe interdit à l’administration de décider selon ses préférences personnelles ?

Le principe d’égalité
Le principe de séparation des fonctions
Le principe de légalité
La limite tenant à l’intérêt général

Le principe d’égalité

Explication

Le principe d’égalité interdit à l’administration d’exprimer des préférences personnelles dans son action. Le principe de légalité s’oppose plutôt aux décisions arbitraires, tandis que l’intérêt général exclut la poursuite d’un intérêt privé.

5. Quel effet la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-elle produit sur les rapports entre justice et administration ?

Elle a créé le tribunal des conflits pour répartir les affaires entre les deux ordres de juridiction
Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et empêché les juges judiciaires de troubler l’action administrative
Elle a confié au Conseil d’État le pouvoir de juger les litiges administratifs avec une autorité juridictionnelle complète
Elle a soumis la responsabilité de l’État à des règles spéciales distinctes du Code civil

Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et empêché les juges judiciaires de troubler l’action administrative

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790, notamment son article 13, sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges judiciaires de perturber les opérations administratives. La justice déléguée et le tribunal des conflits apparaissent avec la loi du 24 mai 1872.

6. Quelle innovation la loi du 24 mai 1872 a-t-elle introduite ?

La création du Conseil d’État et des conseils de préfecture
La responsabilité spéciale de l’État fondée sur l’arrêt Blanco
La séparation initiale des fonctions judiciaires et administratives par l’article 13
La justice déléguée au Conseil d’État et la création du tribunal des conflits

La justice déléguée au Conseil d’État et la création du tribunal des conflits

Explication

La loi du 24 mai 1872 instaure la justice déléguée, qui permet au Conseil d’État de décider lui-même, et crée le tribunal des conflits. La création du Conseil d’État et des conseils de préfecture remonte à la Constitution de l’an VIII.

7. Quelle règle l’arrêt Blanco du 8 février 1873 affirme-t-il concernant la responsabilité de l’État ?

Elle obéit à des règles spéciales adaptées au service public plutôt qu’aux règles ordinaires du Code civil
Elle relève du Code civil dès qu’un dommage est causé par un agent public
Elle dépend d’abord de la nature privée ou publique de la victime du dommage
Elle est fixée par le tribunal des conflits sans considération pour le service concerné

Elle obéit à des règles spéciales adaptées au service public plutôt qu’aux règles ordinaires du Code civil

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État est régie par des règles spéciales adaptées aux besoins du service et à la conciliation des droits en présence. Il ne soumet donc pas cette responsabilité au régime ordinaire du Code civil.

8. Quelle succession décrit les trois âges du droit administratif ?

Construction constitutionnelle au XIXe siècle, privatisation générale au XXe siècle, puis retour de la puissance publique après 1970
Libéralisme autoritaire au XIXe siècle, interventionnisme public au XXe siècle, puis remise en cause de l’inégalité à partir des années 1970
Justice déléguée au XIXe siècle, justice retenue au XXe siècle, puis disparition du droit administratif après 1970
Interventionnisme public au XIXe siècle, libéralisme économique au XXe siècle, puis séparation des ordres juridictionnels après 1970

Libéralisme autoritaire au XIXe siècle, interventionnisme public au XXe siècle, puis remise en cause de l’inégalité à partir des années 1970

Explication

Les trois périodes sont le libéralisme autoritaire du XIXe siècle, l’interventionnisme public du XXe siècle et la remise en cause du caractère inégalitaire à partir des années 1970. Les autres séquences mélangent des institutions ou des évolutions qui ne correspondent pas à cette périodisation.

9. Quelle opposition distingue le critère organique du critère matériel du droit administratif ?

Le critère organique s’appuie sur l’intérêt général, tandis que le critère matériel s’appuie sur la personnalité juridique de l’administration
Le critère organique s’appuie sur l’organe ou le juge, tandis que le critère matériel s’appuie sur l’activité ou les pouvoirs exercés
Le critère organique s’appuie sur le caractère privé du litige, tandis que le critère matériel s’appuie sur la nature publique du contrat
Le critère organique s’appuie sur les pouvoirs exercés, tandis que le critère matériel s’appuie sur l’identité du juge compétent

Le critère organique s’appuie sur l’organe ou le juge, tandis que le critère matériel s’appuie sur l’activité ou les pouvoirs exercés

Explication

Le critère organique identifie le droit administratif par l’organe ou la juridiction concernée, alors que le critère matériel examine l’activité ou les prérogatives exercées. Confondre ces deux critères revient à attribuer au critère organique l’analyse des pouvoirs et de l’activité.

10. Quelle distinction caractérise les actes d’autorité et les actes de gestion ?

Les actes d’autorité concernent les relations privées, tandis que les actes de gestion expriment une décision unilatérale
Les actes d’autorité relèvent de la puissance publique, tandis que les actes de gestion peuvent être accomplis par toute personne
Les actes d’autorité sont accomplis par toute personne, tandis que les actes de gestion supposent une prérogative publique
Les actes d’autorité relèvent des services industriels, tandis que les actes de gestion relèvent des juridictions administratives

Les actes d’autorité relèvent de la puissance publique, tandis que les actes de gestion peuvent être accomplis par toute personne

Explication

Les actes d’autorité mettent en œuvre la puissance publique et ne peuvent pas être pris par une personne privée. Les actes de gestion peuvent en revanche être accomplis par toute personne, sans constituer par eux-mêmes une prérogative de puissance publique.

11. Quelle opposition théorique distingue Hauriou et Duguit ?

Hauriou privilégie les relations internationales, tandis que Duguit privilégie l’organisation des pouvoirs publics
Hauriou privilégie la puissance publique, tandis que Duguit privilégie le service public et sa finalité d’intérêt général
Hauriou privilégie le droit privé administratif, tandis que Duguit privilégie les contrats conclus par les personnes publiques
Hauriou privilégie le service public, tandis que Duguit privilégie la compétence du juge administratif

Hauriou privilégie la puissance publique, tandis que Duguit privilégie le service public et sa finalité d’intérêt général

Explication

Hauriou fait de la puissance publique le critère central du droit administratif, alors que Duguit met l’accent sur le service public comme activité d’intérêt général assumée par une personne publique. Leur opposition porte donc sur les moyens de puissance publique et la finalité de service public.

12. Quelle distinction l’arrêt Société commerciale de l’Ouest africain de 1921 a-t-il consacrée ?

La distinction entre la justice retenue et la justice déléguée au Conseil d’État
La distinction entre les services publics administratifs et les services publics industriels et commerciaux
La distinction entre les actes d’autorité et les actes de gestion dans toute activité privée
La distinction entre les règles constitutionnelles et les règles internationales applicables à l’administration

La distinction entre les services publics administratifs et les services publics industriels et commerciaux

Explication

L’arrêt Société commerciale de l’Ouest africain, rendu par le tribunal des conflits en 1921, distingue les services publics administratifs des services publics industriels et commerciaux. Cette distinction ne porte pas sur les régimes historiques de justice du Conseil d’État.

13. Pourquoi le droit administratif est-il qualifié d’autonome ?

Parce que le droit administratif est entièrement codifié par le Parlement
Parce que les personnes publiques échappent à toute règle juridique
Parce que le juge administratif peut élaborer des règles adaptées à l’intérêt général
Parce que le juge administratif applique directement les règles du droit civil

Parce que le juge administratif peut élaborer des règles adaptées à l’intérêt général

Explication

Le droit administratif est autonome puisque le juge administratif ne transpose pas automatiquement le droit privé et peut créer des règles propres aux besoins de l’intérêt général. L’application directe du droit civil ne caractérise donc pas cette autonomie.

14. Qu’est-ce qui caractérise le caractère jurisprudentiel du droit administratif ?

Il est élaboré par les entreprises chargées d’un service public
Il est largement construit et organisé par les juridictions administratives
Il découle des usages suivis par les collectivités territoriales
Il repose principalement sur un code administratif préexistant

Il est largement construit et organisé par les juridictions administratives

Explication

Le droit administratif est jurisprudentiel parce que les juridictions administratives, notamment le Conseil d’État, l’ont largement construit et systématisé. Un droit fondé principalement sur un code préexistant relève d’une logique différente.

15. Quelle décision a reconnu un principe général du droit lié à la sécurité juridique ?

L’arrêt Société KPMG de 2006
L’arrêt Dame Lamotte de 1950
La loi pour un État au service d’une société de confiance de 2018
La reconnaissance des droits de la défense en 1944

L’arrêt Société KPMG de 2006

Explication

Le Conseil d’État a consacré la sécurité juridique dans l’arrêt Société KPMG de 2006. L’arrêt Dame Lamotte concerne le recours pour excès de pouvoir, tandis que les droits de la défense ont été reconnus en 1944.

16. Une commune organise un service de collecte des déchets, tandis que le conseil municipal adopte une décision administrative : quelle distinction ces deux éléments illustrent-ils ?

La collecte relève du sens matériel et le conseil municipal du sens organique
Les deux éléments relèvent du sens matériel de l’administration
La collecte relève du sens organique et le conseil municipal du sens matériel
Les deux éléments relèvent du sens organique de l’administration

La collecte relève du sens matériel et le conseil municipal du sens organique

Explication

Le sens matériel désigne l’activité administrative, comme la collecte des déchets, alors que le sens organique désigne l’institution qui l’exerce, ici le conseil municipal. Inverser ces notions revient à confondre activité et organe.

17. Quelle situation correspond à la déconcentration administrative ?

Le Gouvernement décide directement d’une politique pour tout le pays
Une région dotée de la personnalité juridique adopte son propre budget
Un préfet prend une décision au nom de l’État dans son département
Une association privée reçoit une mission d’intérêt général

Un préfet prend une décision au nom de l’État dans son département

Explication

La déconcentration consiste à transférer des pouvoirs de décision à des agents locaux qui restent rattachés à l’État, comme le préfet. Une région juridiquement autonome relève de la décentralisation et non de la déconcentration.

18. Quelle caractéristique définit la décentralisation ?

Elle supprime les institutions publiques chargées de l’intérêt général
Elle confie toutes les décisions administratives aux ministères centraux
Elle reconnaît une personnalité juridique à des entités autres que l’État
Elle attribue des compétences locales à des agents agissant au nom de l’État

Elle reconnaît une personnalité juridique à des entités autres que l’État

Explication

La décentralisation repose sur la reconnaissance de la personnalité juridique à des entités distinctes de l’État, qu’elles soient territoriales ou fonctionnelles. Le transfert de compétences à des agents locaux de l’État correspond plutôt à la déconcentration.

19. Un établissement public créé pour gérer un réseau de transport spécialisé relève de quelle forme de décentralisation ?

De la déconcentration, car ses agents représentent directement l’État
De la centralisation, car il poursuit une mission d’intérêt général
De la décentralisation territoriale, car il exerce son activité dans une zone donnée
De la décentralisation fonctionnelle, car il est organisé selon un objet déterminé

De la décentralisation fonctionnelle, car il est organisé selon un objet déterminé

Explication

La décentralisation fonctionnelle concerne des services individualisés en fonction de leur objet et dotés de la personnalité juridique, comme un établissement public spécialisé. La décentralisation territoriale repose plutôt sur une collectivité définie par un territoire.

20. Quelle différence distingue principalement une personne morale de droit privé d’une personne morale de droit public ?

La première recherche une finalité lucrative, tandis que la seconde poursuit l’intérêt général
La première édicte des actes administratifs, tandis que la seconde agit comme une entreprise
La première exerce une mission publique, tandis que la seconde recherche un bénéfice commercial
La première est créée par l’État, tandis que la seconde dépend d’associés privés

La première recherche une finalité lucrative, tandis que la seconde poursuit l’intérêt général

Explication

Les personnes morales de droit privé ont en principe une finalité lucrative, alors que les personnes morales de droit public poursuivent l’intérêt général. Les actes administratifs unilatéraux relèvent du pouvoir d’une autorité habilitée, et non de toute personne morale publique.

21. Quel élément permet d’identifier une autorité administrative ?

La capacité d’édicter des actes administratifs unilatéraux au nom d’une personne morale
L’exercice d’une activité professionnelle dans une entreprise chargée d’un service public
La formulation d’avis dépourvus d’effet juridique pour une institution publique
La participation à une réunion administrative sans pouvoir de décision

La capacité d’édicter des actes administratifs unilatéraux au nom d’une personne morale

Explication

Une autorité administrative est un organe ou un agent habilité à prendre des actes administratifs unilatéraux au nom de la personne morale à laquelle il appartient. Un agent qui formule seulement des avis ne dispose pas de ce pouvoir décisionnel.

22. Laquelle de ces catégories appartient aux principales personnes publiques ?

Les établissements publics
Les associations déclarées d’intérêt général
Les sociétés commerciales privées
Les syndicats professionnels de droit privé

Les établissements publics

Explication

Les établissements publics figurent parmi les principales catégories de personnes publiques, avec l’État, les collectivités territoriales et les personnes publiques sui generis. Une association ou une société de droit privé n’appartient pas à cette classification du seul fait de son activité.

23. Comment caractériser une autorité administrative indépendante ?

Elle est rattachée à l’administration de l’État sans être subordonnée au Président ou au gouvernement
Elle dépend directement d’un ministère qui peut annuler chacune de ses décisions
Elle est intégrée à une collectivité territoriale et reçoit ses instructions du maire
Elle appartient à une entreprise privée et exerce une activité exclusivement commerciale

Elle est rattachée à l’administration de l’État sans être subordonnée au Président ou au gouvernement

Explication

Une autorité administrative indépendante est rattachée à l’administration de l’État tout en échappant à la subordination du Président de la République et du gouvernement. Une dépendance directe aux instructions d’un ministère contredirait son indépendance.

24. Quelle répartition du pouvoir réglementaire correspond à la Constitution française ?

Le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire de principe, tandis que le Président signe certains actes prévus par l’article 13.
Le Président détient le pouvoir réglementaire de principe, tandis que le Premier ministre signe les ordonnances en Conseil des ministres.
Les ministres détiennent le pouvoir réglementaire de principe, tandis que le Président exerce une compétence administrative générale.
Le Parlement détient le pouvoir réglementaire de principe, tandis que le Gouvernement applique les règlements dans les départements.

Le Premier ministre détient le pouvoir réglementaire de principe, tandis que le Président signe certains actes prévus par l’article 13.

Explication

La Constitution attribue au Premier ministre le pouvoir réglementaire de principe et réserve au Président la signature des ordonnances et des décrets délibérés en Conseil des ministres dans les conditions de l’article 13. La confusion vient d’une extension du pouvoir réglementaire présidentiel, qui reste circonscrit.

25. Quelle solution l’arrêt Meyet rendu par le Conseil d’État en 1992 a-t-il retenue ?

Tous les décrets délibérés en Conseil des ministres relèvent de la compétence du Président de la République.
Les décrets délibérés en Conseil des ministres relèvent de la compétence générale du Premier ministre.
Seuls les décrets expressément attribués au Président par la Constitution relèvent de sa compétence réglementaire.
Les décrets délibérés en Conseil des ministres relèvent d’une compétence partagée entre le Président et les ministres.

Tous les décrets délibérés en Conseil des ministres relèvent de la compétence du Président de la République.

Explication

L’arrêt Meyet de 1992 considère que tous les décrets délibérés en Conseil des ministres relèvent de la compétence du Président de la République. Cette jurisprudence ne réserve donc pas cette compétence aux seuls décrets explicitement mentionnés par la Constitution.

26. Un décret précise les modalités concrètes d’exécution d’une loi : quel pouvoir le Premier ministre exerce-t-il ?

Le pouvoir réglementaire d’application des lois, distinct du pouvoir réglementaire autonome.
Le pouvoir réglementaire ministériel, qui découle directement de la publication de la loi.
Le pouvoir réglementaire autonome, qui intervient dans le domaine réservé à la loi.
Le pouvoir réglementaire présidentiel, qui résulte de toute délibération ministérielle.

Le pouvoir réglementaire d’application des lois, distinct du pouvoir réglementaire autonome.

Explication

Le pouvoir réglementaire d’application permet au Premier ministre de mettre en œuvre les dispositions d’une loi. Le pouvoir réglementaire autonome concerne, par contraste, les matières qui ne relèvent pas de l’article 34 de la Constitution.

27. Quelle fonction caractérise principalement le préfet dans l’organisation administrative française ?

Il dirige une collectivité territoriale élue et exerce une compétence générale sur les services locaux.
Il personnifie un établissement public et dispose d’une autonomie administrative à l’égard de l’État.
Il représente l’État dans un département ou une région et veille aux intérêts nationaux, au contrôle administratif et au respect des lois.
Il exerce une mission juridictionnelle régionale et tranche les litiges entre les administrations.

Il représente l’État dans un département ou une région et veille aux intérêts nationaux, au contrôle administratif et au respect des lois.

Explication

Le préfet est une autorité déconcentrée qui représente l’État dans une circonscription départementale ou régionale. Ses missions comprennent notamment la défense des intérêts nationaux, le contrôle administratif et le respect des lois.

28. Quelle association entre une autorité administrative indépendante et son domaine d’intervention est exacte ?

Le Défenseur des droits contrôle les concentrations économiques, tandis que la CNIL fixe les tarifs énergétiques.
La CNIL protège les données personnelles, tandis que l’Autorité de la concurrence intervient dans la régulation économique.
La Commission de régulation de l’énergie protège les données personnelles, tandis que la CNIL régule les marchés.
La CNIL régule les marchés de l’énergie, tandis que l’Autorité de la concurrence protège les libertés individuelles.

La CNIL protège les données personnelles, tandis que l’Autorité de la concurrence intervient dans la régulation économique.

Explication

La CNIL intervient dans la protection des données personnelles, qui relève de la protection des droits et libertés. L’Autorité de la concurrence appartient au domaine de la régulation économique, contrairement aux attributions indiquées dans les autres associations.

29. Dans quelle limite le Conseil constitutionnel admet-il qu’une AAI reçoive un pouvoir réglementaire ?

La délégation doit conférer à l’AAI une compétence générale dans toutes les matières relevant de son secteur.
La délégation doit concerner des mesures limitées par leur champ d’application et par leur contenu.
La délégation doit transférer à l’AAI le pouvoir réglementaire général détenu par le Premier ministre.
La délégation doit permettre à l’AAI de modifier les lois applicables à l’activité qu’elle contrôle.

La délégation doit concerner des mesures limitées par leur champ d’application et par leur contenu.

Explication

Une AAI peut recevoir un pouvoir réglementaire lorsque les mesures déléguées sont limitées à la fois par leur domaine d’application et par leur contenu. Cette exigence exclut l’attribution d’un pouvoir réglementaire général ou législatif.

30. Quelle garantie découle du principe d’impartialité lorsqu’une AAI dispose d’un pouvoir de sanction ?

Les fonctions de poursuite et de jugement doivent être séparées au sein de la procédure de sanction.
La personne poursuivie doit pouvoir choisir l’autorité qui examinera les faits reprochés.
La décision de sanction doit être prise par une juridiction judiciaire après chaque procédure administrative.
Les fonctions de contrôle et de sanction doivent être confiées à deux autorités administratives distinctes.

Les fonctions de poursuite et de jugement doivent être séparées au sein de la procédure de sanction.

Explication

L’impartialité exige une séparation entre les fonctions qui poursuivent une personne et celles qui jugent sa situation. Elle n’impose pas nécessairement de répartir toutes les fonctions entre deux autorités distinctes ni de transférer chaque affaire au juge judiciaire.

31. Quelle distinction juridique sépare une AAI d’une autorité publique indépendante ?

Une AAI exerce une mission juridictionnelle, tandis qu’une autorité publique indépendante exerce une mission exclusivement consultative.
Une AAI n’a pas de personnalité juridique distincte de l’État, tandis qu’une autorité publique indépendante possède la personnalité morale.
Une AAI possède la personnalité morale, tandis qu’une autorité publique indépendante demeure dépourvue de personnalité juridique propre.
Une AAI est une collectivité territoriale, tandis qu’une autorité publique indépendante est un service déconcentré de l’État.

Une AAI n’a pas de personnalité juridique distincte de l’État, tandis qu’une autorité publique indépendante possède la personnalité morale.

Explication

L’AAI ne constitue pas une personne juridique distincte de l’État. L’autorité publique indépendante, en revanche, possède la personnalité morale et forme une personne publique distincte.

32. Quelle situation illustre une décentralisation fonctionnelle ?

La personnalité juridique est reconnue à un service afin qu’il exerce une mission administrative spécialisée.
Une compétence est confiée à une collectivité représentant les habitants d’une circonscription géographique.
Un service de l’État reçoit une compétence sans acquérir de personnalité juridique propre.
Une administration centrale répartit ses services entre plusieurs départements pour rapprocher l’action publique.

La personnalité juridique est reconnue à un service afin qu’il exerce une mission administrative spécialisée.

Explication

La décentralisation fonctionnelle consiste à doter un service de la personnalité juridique pour l’exercice d’une mission particulière. Elle se distingue de la décentralisation territoriale, fondée sur une circonscription géographique.

33. Comment définir un établissement public ?

C’est une société privée chargée d’une mission administrative sous la direction d’un ministère.
C’est un service administratif dépourvu de personnalité juridique et intégré à une collectivité.
C’est une collectivité territoriale compétente pour gérer l’ensemble des affaires d’un territoire.
C’est une personne publique autonome chargée d’exercer une activité administrative spécialisée.

C’est une personne publique autonome chargée d’exercer une activité administrative spécialisée.

Explication

Un établissement public est une personne publique personnifiée qui dispose d’une autonomie pour exercer une activité administrative spécialisée. Il ne se réduit donc pas à un simple service dépourvu de personnalité juridique.

34. En l’absence de qualification par la loi, quels éléments permettent d’identifier un établissement public ?

Un faisceau d’indices portant sur l’origine, le financement, les prérogatives de puissance publique et le contrôle administratif.
La seule existence d’une mission d’intérêt général exercée avec l’autorisation d’un ministère.
La présence d’un budget propre, sans considération de l’origine de la personne ni du contrôle administratif.
La forme juridique choisie par les dirigeants, indépendamment des prérogatives exercées et du financement.

Un faisceau d’indices portant sur l’origine, le financement, les prérogatives de puissance publique et le contrôle administratif.

Explication

L’identification repose sur un faisceau d’indices combinant l’origine de la personne morale, son financement, ses prérogatives de puissance publique et le contrôle administratif. Aucun de ces éléments pris isolément ne suffit nécessairement à caractériser un établissement public.

35. Quelle proposition décrit correctement l’autonomie d’un établissement public ?

Il dispose d’une autonomie budgétaire et administrative, tout en restant rattaché à une personne publique et soumis à sa tutelle.
Il ne possède pas d’autonomie budgétaire, mais exerce une compétence générale au nom de la collectivité de rattachement.
Il bénéficie d’une indépendance complète à l’égard de l’État et des collectivités, sans contrôle sur sa gestion.
Il est juridiquement intégré à l’administration de tutelle et ne forme pas une personne publique distincte.

Il dispose d’une autonomie budgétaire et administrative, tout en restant rattaché à une personne publique et soumis à sa tutelle.

Explication

L’établissement public bénéficie d’une autonomie budgétaire et administrative, mais demeure rattaché à l’État ou à une collectivité territoriale et soumis à un contrôle de tutelle. Cette tutelle distingue son autonomie d’une indépendance complète.

36. Quelle conséquence découle du principe de spécialité applicable aux établissements publics ?

L’établissement doit limiter ses activités à la mission définie par son acte institutif.
L’établissement peut modifier sa mission par une simple décision de son directeur.
L’établissement doit exercer les mêmes compétences qu’une collectivité territoriale.
L’établissement peut étendre ses activités à toute compétence d’intérêt général.

L’établissement doit limiter ses activités à la mission définie par son acte institutif.

Explication

Le principe de spécialité impose à l’établissement public de respecter la mission fixée par son acte institutif. Une personne publique à compétence générale dispose, à l’inverse, d’un champ d’intervention plus large.

37. Quelle distinction caractérise principalement un établissement public administratif et un établissement public industriel et commercial ?

L’EPA possède une compétence générale, tandis que l’EPIC dépend d’une collectivité territoriale.
L’EPA poursuit un intérêt privé, tandis que l’EPIC exerce une mission dépourvue d’intérêt général.
L’EPA relève principalement du droit administratif, tandis que l’EPIC relève principalement du droit privé.
L’EPA fonctionne selon le droit commercial, tandis que l’EPIC relève principalement du droit administratif.

L’EPA relève principalement du droit administratif, tandis que l’EPIC relève principalement du droit privé.

Explication

L’établissement public administratif est principalement soumis au droit administratif, alors que l’établissement public industriel et commercial relève principalement du droit privé. Cette distinction concerne leur régime juridique dominant, sans supprimer toute influence de l’autre branche du droit.

38. Dans quelle situation un établissement public peut-il exercer une activité accessoire ?

Lorsqu’elle procure un bénéfice financier important, même sans lien avec sa mission statutaire.
Lorsqu’elle complète normalement sa mission statutaire et présente un intérêt général directement utile à l’établissement.
Lorsqu’elle répond à une demande privée, même si elle s’éloigne de l’intérêt général de l’établissement.
Lorsqu’elle est autorisée par son directeur, quelle que soit sa relation avec la mission statutaire.

Lorsqu’elle complète normalement sa mission statutaire et présente un intérêt général directement utile à l’établissement.

Explication

Une activité accessoire est admise si elle constitue le complément normal de la mission statutaire et présente un intérêt général directement utile à l’établissement. Sa seule rentabilité ou une décision interne ne suffit donc pas à la justifier.

39. Quelle différence permet de distinguer la sociétisation de la privatisation ?

La sociétisation transfère la propriété à des investisseurs, tandis que la privatisation modifie la forme juridique de l’établissement.
La sociétisation maintient la personne publique, tandis que la privatisation transforme nécessairement l’établissement en société anonyme.
La sociétisation transforme l’établissement en société anonyme, tandis que la privatisation concerne le passage au secteur privé.
La sociétisation supprime une mission d’intérêt général, tandis que la privatisation conserve le statut d’établissement public.

La sociétisation transforme l’établissement en société anonyme, tandis que la privatisation concerne le passage au secteur privé.

Explication

La sociétisation désigne une transformation en société anonyme, alors que la privatisation renvoie au passage d’une personne ou d’une activité au secteur privé. Ces notions peuvent être liées dans certains cas, mais elles portent sur des changements juridiquement distincts.

40. Pourquoi certains établissements publics français ont-ils été transformés en sociétés anonymes dans le contexte du droit de la concurrence de l’Union européenne ?

Pour supprimer les avantages attachés à leur statut public, notamment l’insaisissabilité de leurs biens.
Pour leur conférer une compétence générale comparable à celle d’une collectivité territoriale.
Pour les soustraire à toute règle de concurrence applicable aux entreprises privées.
Pour maintenir leurs garanties publiques tout en renforçant leur régime administratif.

Pour supprimer les avantages attachés à leur statut public, notamment l’insaisissabilité de leurs biens.

Explication

La transformation en société anonyme visait notamment à supprimer les avantages liés au statut public, comme l’insaisissabilité des biens, dans le contexte du droit de la concurrence de l’Union européenne. Le changement ne cherchait donc pas à préserver les garanties propres aux établissements publics.

41. Quel phénomène a conduit R. Drago à évoquer une crise de l’établissement public ?

La disparition progressive de toute personne publique au profit des sociétés commerciales.
La généralisation du principe de spécialité aux personnes privées chargées d’une mission publique.
La concentration des établissements publics autour d’un régime administratif uniforme.
La diversification des établissements publics et l’apparition de personnes publiques sui generis ou innommées.

La diversification des établissements publics et l’apparition de personnes publiques sui generis ou innommées.

Explication

R. Drago rattache la crise de l’établissement public à la multiplication de catégories d’établissements et à l’apparition de personnes publiques sui generis ou innommées. Cette analyse ne décrit donc pas une disparition générale des personnes publiques.

42. Quel effet juridique recherchait la transformation de certains établissements publics en sociétés anonymes sous l’impulsion des institutions européennes ?

Leur permettre de conserver le statut public tout en élargissant leur compétence générale.
Transformer leurs salariés en agents publics soumis aux règles de la fonction publique.
Les soumettre à un régime administratif renforcé pour protéger leurs biens contre les créanciers.
Éviter qu’ils bénéficient de l’insaisissabilité attachée aux biens des personnes publiques.

Éviter qu’ils bénéficient de l’insaisissabilité attachée aux biens des personnes publiques.

Explication

La sociétisation transformait la personne publique en personne morale de droit privé, ce qui permettait notamment de ne plus bénéficier de l’insaisissabilité de ses biens. Elle ne visait donc pas à renforcer les protections propres au statut public.

43. Pourquoi la sociétisation de La Poste, d’EDF, de GDF et de France Télécom ne se confond-elle pas avec leur privatisation ?

Parce que la sociétisation concerne les salariés, tandis que la privatisation concerne les missions de service public.
Parce que la sociétisation relève du droit administratif, tandis que la privatisation concerne les activités industrielles et commerciales.
Parce que la sociétisation modifie la forme juridique, tandis que la privatisation concerne la propriété.
Parce que la sociétisation maintient le statut d’établissement public, tandis que la privatisation crée une personne publique spécifique.

Parce que la sociétisation modifie la forme juridique, tandis que la privatisation concerne la propriété.

Explication

La sociétisation porte sur la transformation de la forme juridique, notamment en société anonyme, tandis que la privatisation porte sur le changement de propriété. Une société peut donc être créée sans que la question de la propriété soit automatiquement réglée de la même manière.

44. Comment définir une personne publique sui generis ?

C’est une société anonyme dont le capital appartient intégralement à plusieurs personnes publiques.
C’est un établissement public doté d’une compétence générale et soumis à un régime identique à celui des collectivités territoriales.
C’est une personne privée chargée d’un service public et bénéficiant nécessairement de prérogatives publiques.
C’est une personne publique qui n’est pas un établissement public et qui relève d’une nature ou d’un régime spécifique.

C’est une personne publique qui n’est pas un établissement public et qui relève d’une nature ou d’un régime spécifique.

Explication

Une personne publique sui generis est une personne publique particulière, distincte de l’établissement public, qui obéit à une nature ou à un régime spécifique. Elle ne se définit donc ni par la forme d’une société anonyme ni par la seule gestion d’un service public.

45. Quelle caractéristique définit la décentralisation territoriale ?

L’attribution d’un pouvoir législatif autonome à une entité territoriale distincte de l’État
La délégation de missions à des agents de l’État placés sous l’autorité hiérarchique du gouvernement
La reconnaissance d’une personnalité publique à une entité distincte de l’État, chargée de missions dans un territoire déterminé
La création d’une juridiction locale disposant d’un pouvoir judiciaire propre dans un territoire déterminé

La reconnaissance d’une personnalité publique à une entité distincte de l’État, chargée de missions dans un territoire déterminé

Explication

La décentralisation consiste à confier des missions à une entité publique distincte de l’État, dotée d’une personnalité propre et rattachée à un territoire. La déconcentration, en revanche, repose sur des agents qui restent des représentants de l’État.

46. Quel principe permet aux autorités décentralisées d’exercer leurs missions avec une indépendance à l’égard de l’État ?

Le principe de compétence législative des collectivités territoriales
Le principe de libre administration des collectivités territoriales
Le principe de tutelle administrative des collectivités territoriales
Le principe de subordination hiérarchique des autorités locales

Le principe de libre administration des collectivités territoriales

Explication

La décentralisation suppose l’indépendance des autorités locales, conformément au principe de libre administration. La tutelle impliquerait au contraire que l’État puisse modifier ou annuler directement les décisions locales.

47. Comment l’État veille-t-il au respect du droit par les collectivités territoriales ?

En exerçant une tutelle lui permettant de modifier directement les décisions locales
En approuvant préalablement les délibérations avant leur adoption par les collectivités
En exerçant un contrôle de légalité au nom de l’indivisibilité de la République
En remplaçant les conseils élus lorsqu’une décision territoriale lui paraît inopportune

En exerçant un contrôle de légalité au nom de l’indivisibilité de la République

Explication

L’État exerce un contrôle de légalité afin de vérifier la conformité des actes locaux au droit, ce qui se rattache à l’indivisibilité de la République. Il ne dispose pas d’un pouvoir général de tutelle pour réécrire directement les décisions des collectivités.

48. Quelles collectivités composent principalement les collectivités territoriales de droit commun ?

Les communes, les territoires ultramarins et les collectivités à statut particulier
Les départements, les établissements publics et les régions autonomes
Les régions, les provinces historiques et les collectivités à statut dérogatoire
Les communes, les départements et les régions

Les communes, les départements et les régions

Explication

Les collectivités territoriales de droit commun sont principalement les communes, les départements et les régions. Les collectivités à statut particulier ou ultramarin relèvent de régimes distincts.

49. Dans une commune, quelle répartition des fonctions correspond au rôle du conseil municipal et du maire ?

Le conseil municipal délibère et vote, tandis que le maire exécute ses décisions et exerce ses pouvoirs de police
Le conseil municipal contrôle la légalité, tandis que le maire approuve les lois applicables à la commune
Le maire représente l’État, tandis que le conseil municipal exerce les compétences judiciaires de la commune
Le maire délibère et vote, tandis que le conseil municipal exécute ses décisions et dirige la police

Le conseil municipal délibère et vote, tandis que le maire exécute ses décisions et exerce ses pouvoirs de police

Explication

Le conseil municipal adopte les délibérations à la majorité absolue, puis le maire les met en œuvre et exerce aussi des pouvoirs propres, notamment en matière de police administrative. Le conseil municipal n’est pas chargé d’exécuter les décisions qu’il adopte.

50. Dans quel cas le maire agit-il comme agent déconcentré de l’État ?

Lorsqu’il exécute les délibérations adoptées par le conseil municipal
Lorsqu’il prépare le budget communal et organise les services municipaux
Lorsqu’il exerce les pouvoirs de police administrative au nom de la commune
Lorsqu’il accomplit des actes au nom de l’État, notamment des actes d’état civil

Lorsqu’il accomplit des actes au nom de l’État, notamment des actes d’état civil

Explication

Le maire est un agent déconcentré lorsqu’il agit au nom de l’État, notamment pour les actes d’état civil. Lorsqu’il agit au nom de la commune, il exerce une fonction d’agent décentralisé.

51. Depuis la suppression de la clause générale de compétence en 2015, quelles compétences les départements et les régions peuvent-ils exercer ?

Les compétences correspondant à leurs ressources financières disponibles
Les compétences communales qui leur sont confiées par le maire
Les compétences qu’ils estiment utiles à leur territoire après délibération
Les compétences que la loi leur attribue expressément

Les compétences que la loi leur attribue expressément

Explication

Depuis 2015, les départements et les régions sont limités aux compétences que la loi leur attribue expressément. Les communes, quant à elles, conservent la clause générale de compétence.

52. Que prévoit l’article 72, alinéa 3, de la Constitution concernant les collectivités territoriales ?

Elles disposent d’un pouvoir législatif exercé par des assemblées élues localement
Elles sont administrées par des représentants de l’État nommés selon une procédure nationale
Elles s’administrent librement par des conseils élus dans les conditions prévues par la loi
Elles peuvent modifier les règles nationales applicables à leur territoire par délibération

Elles s’administrent librement par des conseils élus dans les conditions prévues par la loi

Explication

L’article 72, alinéa 3, garantit une administration libre par des conseils élus, dans le cadre fixé par la loi. Cette disposition ne confère pas aux collectivités un pouvoir législatif autonome.

53. Quelle qualification le Conseil d’État a-t-il donnée à la libre administration des collectivités territoriales dans la décision Commune de Venelles de 2001 ?

Une liberté fondamentale pouvant être protégée par le référé-liberté
Une liberté politique réservée aux collectivités disposant d’un statut particulier
Une garantie financière applicable aux seules communes rurales
Une compétence législative pouvant être exercée par les conseils locaux

Une liberté fondamentale pouvant être protégée par le référé-liberté

Explication

Dans la décision Commune de Venelles de 2001, le Conseil d’État a reconnu à la libre administration le caractère d’une liberté fondamentale au sens du référé-liberté. Cette qualification ne signifie pas que toutes les compétences locales constituent elles-mêmes des libertés fondamentales.

54. Quel ensemble d’éléments caractérise la libre administration des collectivités territoriales ?

Un parlement local, une justice territoriale, une fiscalité indépendante et un pouvoir constituant
Un conseil élu, des compétences, une autonomie financière et un pouvoir réglementaire d’application des lois
Un représentant de l’État, des compétences judiciaires, une monnaie locale et un pouvoir législatif
Une administration nommée, des ressources nationales, une tutelle étatique et une capacité diplomatique

Un conseil élu, des compétences, une autonomie financière et un pouvoir réglementaire d’application des lois

Explication

La libre administration repose notamment sur un conseil élu, des compétences propres, une autonomie financière et un pouvoir réglementaire destiné à appliquer les lois. Elle ne transforme pas les collectivités en entités dotées d’un parlement, d’une justice ou d’un pouvoir constituant.

55. Quelle obligation accompagne le transfert d’une compétence de l’État à une collectivité territoriale ?

L’État doit transformer la collectivité en établissement public placé sous son autorité
La collectivité doit financer la compétence au moyen de ressources librement choisies par l’État
L’État doit prévoir une compensation financière permettant d’exercer la compétence transférée
L’État doit conserver la gestion quotidienne de la compétence au nom de la collectivité

L’État doit prévoir une compensation financière permettant d’exercer la compétence transférée

Explication

Un transfert de compétence doit être accompagné de ressources financières permettant à la collectivité d’assumer effectivement la mission transférée. Une simple orientation politique, sans transfert juridique de compétence, ne déclenche pas cette obligation de compensation.

56. Quel changement majeur la loi du 2 mars 1982 a-t-elle apporté au contrôle exercé sur les collectivités territoriales ?

Elle a transféré au Conseil d’État le contrôle courant des actes des collectivités territoriales.
Elle a confié au préfet le pouvoir d’annuler directement les actes des collectivités territoriales.
Elle a supprimé tout contrôle juridictionnel des actes des collectivités territoriales.
Elle a remplacé la tutelle préfectorale par un contrôle de légalité, notamment exercé par le déféré préfectoral.

Elle a remplacé la tutelle préfectorale par un contrôle de légalité, notamment exercé par le déféré préfectoral.

Explication

La loi de 1982 a supprimé la tutelle préfectorale et instauré un contrôle de légalité permettant notamment au préfet de saisir le juge administratif. Le préfet ne peut donc pas annuler directement un acte local, cette annulation relevant du tribunal administratif.

57. Quel régime s’applique aux actes locaux visés par l’article L2131-2 du CGCT ?

Ils doivent être transmis au préfet, tandis que d’autres actes peuvent être transmis volontairement ou sur demande.
Ils sont transmis au juge administratif, tandis que le préfet reçoit les actes sur demande de la collectivité.
Ils sont communiqués au préfet après leur annulation éventuelle par le tribunal administratif.
Ils sont soumis à une autorisation préfectorale préalable avant leur adoption par la collectivité.

Ils doivent être transmis au préfet, tandis que d’autres actes peuvent être transmis volontairement ou sur demande.

Explication

Les actes mentionnés à l’article L2131-2 du CGCT font partie des actes obligatoirement transmis au préfet. D’autres actes peuvent être transmis volontairement ou communiqués à la demande du préfet, sans relever de cette obligation générale.

58. Dans quel délai le préfet peut-il saisir le tribunal administratif par un déféré préfectoral après la transmission d’un acte local ?

Dans le mois suivant la publication de l’acte.
Dans les trois mois suivant la demande de la collectivité.
Dans les deux mois suivant la transmission de l’acte.
Dans les quinze jours suivant l’adoption de l’acte.

Dans les deux mois suivant la transmission de l’acte.

Explication

Le déféré préfectoral doit être introduit dans les deux mois suivant la transmission de l’acte local au préfet. Le délai se rattache donc à la transmission, et non à une demande ultérieure de la collectivité.

59. Que permet au préfet le déféré de laïcité instauré par la loi de 2021 confortant les principes de la République ?

Demander au Conseil d’État de modifier un acte local compromettant le principe de neutralité.
Faire contrôler tout acte local dans un délai de deux mois, avec une décision juridictionnelle sous un mois.
Obtenir l’annulation immédiate d’un acte local portant atteinte à la laïcité, sans intervention du juge administratif.
Demander la suspension d’un acte portant gravement atteinte à la laïcité ou à une liberté publique, avec une décision sous 48 heures.

Demander la suspension d’un acte portant gravement atteinte à la laïcité ou à une liberté publique, avec une décision sous 48 heures.

Explication

Le déféré de laïcité permet au préfet de demander au tribunal administratif la suspension rapide d’un acte portant gravement atteinte à la laïcité ou à une liberté publique. Le tribunal doit statuer dans les 48 heures, mais le préfet ne prononce pas lui-même l’annulation.

60. Quels organes composent principalement l’ordre juridictionnel administratif ?

Les tribunaux administratifs, les cours d’appel judiciaires et la Cour européenne des droits de l’homme.
Les tribunaux judiciaires, les cours d’appel et la Cour de cassation.
Les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel et le Conseil d’État.
Les juridictions financières, les tribunaux administratifs et le Conseil constitutionnel.

Les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel et le Conseil d’État.

Explication

L’ordre juridictionnel administratif comprend principalement les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel et le Conseil d’État. Les autres institutions citées appartiennent à d’autres ordres ou exercent des fonctions différentes.

61. Selon la décision Conseil de la concurrence du 23 janvier 1996, quelle catégorie de litiges relève en dernier ressort de la juridiction administrative ?

L’annulation ou la réformation de décisions prises par des autorités exécutives dans l’exercice de prérogatives de puissance publique.
Le jugement de toute infraction commise par un agent public dans l’exercice de ses fonctions.
La réparation de tout dommage causé par une personne privée dans ses relations contractuelles.
Le contrôle de constitutionnalité des lois avant leur promulgation par le Parlement.

L’annulation ou la réformation de décisions prises par des autorités exécutives dans l’exercice de prérogatives de puissance publique.

Explication

La compétence administrative de principe vise l’annulation ou la réformation des décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique par les autorités exécutives. Elle ne s’étend donc pas à toutes les infractions, aux litiges privés ou au contrôle de constitutionnalité.

62. Que signifie l’indépendance juridictionnelle du juge administratif ?

La possibilité pour le juge de remplacer les autorités administratives dans leurs choix politiques.
L’obligation pour la juridiction de suivre les instructions du pouvoir exécutif dans les affaires sensibles.
La faculté pour chaque partie de choisir les magistrats chargés de son litige.
La liberté de la juridiction à l’égard des pressions du pouvoir exécutif ou législatif.

La liberté de la juridiction à l’égard des pressions du pouvoir exécutif ou législatif.

Explication

L’indépendance juridictionnelle protège la juridiction contre les pressions de l’exécutif et du législatif afin qu’elle puisse juger librement. Elle ne donne pas au juge un pouvoir de décision politique et ne permet pas aux parties de sélectionner les magistrats.

63. Quelle situation la Cour européenne des droits de l’homme a-t-elle jugée contraire à l’impartialité dans l’arrêt Procola contre Luxembourg de 1995 ?

Une juridiction avait appliqué une règle juridique nouvelle à un litige administratif.
Un juge avait rendu une décision défavorable à une administration dans une affaire antérieure.
Un magistrat avait exercé ses fonctions dans une juridiction différente avant sa nomination.
Les mêmes juges avaient conseillé sur un texte avant de statuer ensuite sur sa légalité.

Les mêmes juges avaient conseillé sur un texte avant de statuer ensuite sur sa légalité.

Explication

Dans l’arrêt Procola contre Luxembourg, la CEDH a considéré que le cumul d’un rôle consultatif puis juridictionnel par les mêmes juges compromettait l’impartialité. Une décision défavorable antérieure ou une mobilité juridictionnelle ne suffit pas, en elle-même, à établir cette confusion des fonctions.

64. Quelle évolution caractérise l’organisation temporelle des principales juridictions administratives françaises ?

Les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel ont été créés en 1953, tandis que le Conseil d’État a été supprimé en 1987.
Les tribunaux administratifs ont été créés en 1953, les cours administratives d’appel en 1987, et le Conseil d’État reste le juge suprême.
Les tribunaux administratifs ont été créés en 1987, les cours administratives d’appel en 1953, et le Conseil d’État est une juridiction de premier ressort.
Les cours administratives d’appel ont été créées en 1953, les tribunaux administratifs en 1987, et le Conseil d’État relève de l’ordre judiciaire.

Les tribunaux administratifs ont été créés en 1953, les cours administratives d’appel en 1987, et le Conseil d’État reste le juge suprême.

Explication

Les tribunaux administratifs datent de 1953, les cours administratives d’appel de 1987, et le Conseil d’État demeure au sommet de l’ordre administratif. Les tribunaux administratifs statuent principalement en premier ressort, tandis que le Conseil d’État exerce notamment une fonction de cassation.

65. Dans quelle situation le Conseil d’État statue-t-il notamment en premier et dernier ressort ?

Lorsqu’il examine en appel toute décision prise par une cour administrative d’appel.
Lorsqu’il examine un recours contre un décret ou une ordonnance, certaines élections nationales ou des requêtes concernant les techniques de renseignement.
Lorsqu’il contrôle tout jugement rendu par un tribunal administratif avant son exécution définitive.
Lorsqu’il tranche un litige civil entre deux personnes privées dépourvu de lien avec l’administration.

Lorsqu’il examine un recours contre un décret ou une ordonnance, certaines élections nationales ou des requêtes concernant les techniques de renseignement.

Explication

Le Conseil d’État connaît directement, en premier et dernier ressort, de plusieurs catégories de recours, notamment ceux dirigés contre des décrets et des ordonnances. Il n’agit donc pas dans ces hypothèses comme une juridiction d’appel d’un tribunal administratif.

66. Quel principe résulte de l’arrêt D’Aillières rendu par le Conseil d’État en 1947 ?

Les juridictions administratives spécialisées échappent à tout contrôle juridictionnel après leur décision.
Les tribunaux administratifs deviennent compétents pour juger en cassation les décisions des juridictions administratives spécialisées.
Le Conseil d’État reste compétent pour statuer en cassation contre les décisions des juridictions administratives spécialisées.
Les cours administratives d’appel examinent en premier ressort les recours contre toutes les juridictions spécialisées.

Le Conseil d’État reste compétent pour statuer en cassation contre les décisions des juridictions administratives spécialisées.

Explication

L’arrêt D’Aillières affirme que le Conseil d’État peut exercer un contrôle de cassation sur les décisions des juridictions administratives spécialisées. Ces juridictions ne sont donc pas soustraites à tout contrôle, et la cassation ne relève pas des tribunaux administratifs.

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