QCM : Droit de dérogation préfectoral — 18 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quel acte a généralisé le pouvoir de dérogation préfectoral ?

Le décret n° 2020-724 du 8 avril 2020
Le décret n° 2017-412 du 8 avril 2020
Le décret n° 2025-724 du 8 avril 2020
Le décret n° 2020-412 du 8 avril 2020

Le décret n° 2020-412 du 8 avril 2020

Explication

Le décret n° 2020-412 du 8 avril 2020 a généralisé le dispositif de dérogation préfectorale. L’année 2017 correspond à une phase d’expérimentation et non à la généralisation.

2. Que permet le pouvoir de dérogation préfectoral dans son principe ?

Modifier une règle législative afin d’unifier les pratiques administratives sur l’ensemble du territoire
Adopter une norme réglementaire nouvelle pour remplacer les prescriptions fixées par les collectivités territoriales
Prendre une décision individuelle écartant une norme étatique pour répondre à l’intérêt général et aux circonstances locales
Suspendre une décision judiciaire lorsqu’une difficulté administrative apparaît dans un département

Prendre une décision individuelle écartant une norme étatique pour répondre à l’intérêt général et aux circonstances locales

Explication

Ce pouvoir autorise le préfet à prendre, sous conditions strictes, une décision individuelle écartant une prescription fixée par l’administration de l’État. Il ne lui permet ni de modifier la loi ni d’intervenir dans le domaine judiciaire.

3. Quelle évolution le décret n° 2025-724 a-t-il apportée au pouvoir de dérogation préfectoral ?

Il a remplacé les décisions individuelles par des règlements applicables dans chaque région
Il a réservé la dérogation aux seules normes adoptées par les collectivités territoriales
Il a limité la dérogation aux sept matières déjà prévues par le dispositif expérimental
Il a supprimé la liste des sept matières et ouvert la dérogation à toutes les matières

Il a supprimé la liste des sept matières et ouvert la dérogation à toutes les matières

Explication

Le décret n° 2025-724 a supprimé la liste des sept matières et permet désormais l’exercice du pouvoir de dérogation dans toutes les matières. Il n’a pas limité ce pouvoir aux collectivités ni transformé les décisions individuelles en règlements.

4. Dans quel cadre le préfet de région ou de département peut-il exercer son pouvoir de dérogation ?

Pour intervenir dans une matière relevant de la compétence propre d’une collectivité territoriale
Pour modifier une décision relevant de la compétence autonome d’un établissement public local
Pour écarter une norme appliquée par un service de l’État placé hors de son autorité
Pour prendre une décision non réglementaire relevant de sa compétence et concernant une norme étatique

Pour prendre une décision non réglementaire relevant de sa compétence et concernant une norme étatique

Explication

Le préfet peut déroger à une norme arrêtée par l’administration de l’État lorsqu’il prend une décision non réglementaire relevant de sa propre compétence. Les autres situations concernent des autorités ou des services qui ne relèvent pas de son champ d’intervention.

5. Pourquoi le préfet ne peut-il pas déroger aux règles relevant de la compétence autonome d’un établissement public ?

Parce que la dérogation exige une compétence propre du préfet sur la décision concernée
Parce que le préfet ne peut exercer aucune fonction de coordination à l’échelle régionale
Parce que toute aide publique échappe par nature au pouvoir de dérogation préfectoral
Parce que les établissements publics appliquent des règles dépourvues de portée administrative

Parce que la dérogation exige une compétence propre du préfet sur la décision concernée

Explication

La compétence propre du préfet est une condition de l’exercice du pouvoir de dérogation, tandis que la compétence autonome d’un établissement public l’exclut. Une fonction de coordination ou de présidence ne suffit donc pas à transférer cette compétence au préfet.

6. Quelles conditions doivent être réunies pour justifier une dérogation préfectorale ?

Une demande individuelle et une urgence constatée par un service de l’État
Une difficulté budgétaire et l’accord préalable d’un établissement public
Une opposition locale et une modification récente de la norme concernée
Un motif d’intérêt général et l’existence de circonstances locales

Un motif d’intérêt général et l’existence de circonstances locales

Explication

La dérogation doit être fondée cumulativement sur un motif d’intérêt général et sur des circonstances locales. Une difficulté budgétaire ou une urgence ne remplace pas cette double justification.

7. Quelle situation constitue une circonstance locale au sens du pouvoir de dérogation préfectoral ?

Une orientation générale d’un ministère destinée à harmoniser les procédures administratives
Une règle nationale applicable de manière identique à toutes les régions françaises
Une caractéristique géographique propre à un département ou une difficulté ponctuelle touchant une partie de son territoire
Une préférence politique exprimée par une collectivité sans lien avec les caractéristiques du territoire

Une caractéristique géographique propre à un département ou une difficulté ponctuelle touchant une partie de son territoire

Explication

Les circonstances locales sont propres au territoire concerné ou à une partie de celui-ci et peuvent être permanentes, comme une caractéristique géographique, ou ponctuelles. Une règle nationale ou une orientation ministérielle ne constitue pas en elle-même une circonstance locale.

8. Quel effet une dérogation préfectorale doit-elle rechercher ?

Uniformiser les compétences locales, renforcer les contrôles ou augmenter les obligations déclaratives
Modifier les règles budgétaires, transférer une compétence ou créer une nouvelle procédure
Alléger les démarches, réduire les délais de procédure ou faciliter l’accès aux aides publiques
Accroître les formalités, prolonger l’instruction ou restreindre l’accès aux aides publiques

Alléger les démarches, réduire les délais de procédure ou faciliter l’accès aux aides publiques

Explication

La dérogation doit produire un effet de simplification, de réduction des délais ou de facilitation de l’accès aux aides publiques. Elle ne vise pas à alourdir les formalités ni à créer une compétence ou une procédure nouvelle.

9. Comment le préfet doit-il traiter deux situations locales analogues lorsqu’il envisage d’accorder une dérogation ?

Il doit leur appliquer un traitement comparable pour préserver le principe d’égalité.
Il doit appliquer la règle à la situation la plus ancienne avant d’examiner l’autre.
Il peut les traiter différemment selon la préférence de chaque demandeur.
Il doit réserver la dérogation à la situation présentant le plus grand intérêt économique.

Il doit leur appliquer un traitement comparable pour préserver le principe d’égalité.

Explication

Des situations locales analogues ne peuvent pas faire l’objet de différences de traitement injustifiées dans l’exercice du pouvoir de dérogation. Des situations réellement différentes peuvent toutefois justifier une réponse distincte, ce qui écarte l’idée d’une uniformité sans examen du contexte.

10. Pourquoi le préfet doit-il examiner si une dérogation individuelle peut être étendue à des situations similaires ?

Parce qu’une dérogation accordée devient automatiquement une règle générale pour tous.
Parce que toute demande similaire doit être instruite par une autorité administrative différente.
Parce qu’un refus ultérieur comparable peut être contesté au regard du principe d’égalité.
Parce que l’extension d’une dérogation supprime les conditions particulières de la décision initiale.

Parce qu’un refus ultérieur comparable peut être contesté au regard du principe d’égalité.

Explication

Le préfet doit vérifier la possibilité d’un traitement cohérent des situations similaires, car un refus ultérieur comparable peut méconnaître le principe d’égalité. La décision individuelle ne devient pas pour autant automatiquement une règle générale.

11. À quelles catégories de règles le préfet peut-il déroger dans le cadre de son pouvoir de dérogation ?

Aux normes législatives qui déterminent directement les conditions de l’activité.
Aux règles de fond fixant les exigences substantielles applicables au projet.
Aux règles de forme et de procédure prévues par des textes réglementaires.
Aux obligations internationales qui encadrent la décision administrative nationale.

Aux règles de forme et de procédure prévues par des textes réglementaires.

Explication

Le pouvoir de dérogation vise les règles réglementaires de forme et de procédure, et non les règles de fond. Les exigences substantielles ainsi que les normes de rang supérieur ne peuvent donc pas être écartées sur ce fondement.

12. Laquelle de ces mesures relève d’une règle de forme susceptible d’être écartée par le préfet ?

La distance réglementaire séparant une installation d’un bâtiment d’élevage.
La composition des documents et justificatifs à fournir avec la demande.
La valeur limite environnementale imposée aux rejets d’une exploitation.
La consultation préalable d’une autorité avant que la demande soit examinée.

La composition des documents et justificatifs à fournir avec la demande.

Explication

Les règles de forme portent notamment sur les pièces, documents et justificatifs à fournir, ainsi que sur leurs modalités de dépôt ou de transmission. Les consultations relèvent de la procédure, tandis que les valeurs limites et distances constituent des exigences de fond.

13. Dans quelle situation le préfet peut-il écarter une norme législative grâce à son pouvoir de dérogation ?

Lorsque la règle législative paraît difficile à appliquer au projet présenté.
Lorsque l’objectif poursuivi par la loi semble moins important que le projet.
Lorsque la collectivité territoriale demande formellement une adaptation locale.
Lorsque le législateur a prévu, pour cette norme précise, une possibilité de dérogation.

Lorsque le législateur a prévu, pour cette norme précise, une possibilité de dérogation.

Explication

Une norme législative ne peut être écartée que si le législateur a prévu une possibilité de dérogation norme par norme. La difficulté pratique, la demande locale ou l’appréciation de l’intérêt du projet ne suffisent pas à créer cette habilitation.

14. Quel projet de dérogation respecte les limites impératives applicables au pouvoir du préfet ?

Un projet qui compromet les intérêts de la défense en raison d’un avantage administratif local.
Un projet qui écarte une norme européenne parce que son application ralentit les travaux.
Un projet qui préserve la sécurité des personnes et des biens sans compromettre excessivement l’objectif de la règle.
Un projet qui favorise l’activité économique malgré un risque important pour la sécurité des riverains.

Un projet qui préserve la sécurité des personnes et des biens sans compromettre excessivement l’objectif de la règle.

Explication

La dérogation doit préserver les intérêts de la défense et la sécurité des personnes et des biens, tout en évitant une atteinte disproportionnée aux objectifs de la règle écartée. Un avantage économique ou administratif ne justifie donc pas une atteinte grave à ces exigences.

15. Quelle modification, entrée en vigueur en octobre 2024, a assoupli la procédure de mise en œuvre du droit de dérogation des préfets ?

L’obligation de transmettre chaque projet de dérogation au BOMATE avant toute instruction
Le remplacement de la décision préfectorale par un avis obligatoire du comité régional
La suppression de l’information préalable des préfets de région et de la saisine préalable de l’administration centrale
La généralisation d’une validation préalable par le préfet de région et l’administration centrale

La suppression de l’information préalable des préfets de région et de la saisine préalable de l’administration centrale

Explication

Depuis octobre 2024, la procédure est allégée par la suppression de l’information préalable obligatoire des préfets de région et de la saisine préalable obligatoire de l’administration centrale. La transmission au BOMATE concerne l’appui à certains projets sensibles ou complexes et ne constitue pas une validation générale obligatoire.

16. Pour préparer un projet d’arrêté sensible ou complexe, quel appui facultatif le BOMATE peut-il fournir ?

Il peut imposer une saisine de l’administration centrale avant toute décision préfectorale.
Il peut examiner le projet transmis par courriel avec une fiche d’étude d’impact et répondre sous quinze jours.
Il peut signer l’arrêté après réception d’un dossier complet et transmettre sa décision au préfet.
Il peut contrôler les arrêtés déjà signés afin d’autoriser leur entrée en vigueur sur le territoire.

Il peut examiner le projet transmis par courriel avec une fiche d’étude d’impact et répondre sous quinze jours.

Explication

Le BOMATE peut être saisi par courriel avec un projet d’arrêté et une fiche d’étude d’impact, puis répondre dans un délai de quinze jours. Cette saisine constitue un appui préalable facultatif, tandis que la transmission des arrêtés signés relève du suivi statistique national.

17. Quels responsables disposent du pouvoir de dérogation prévu pour les autorités préfectorales ?

Les préfets de département, les maires et les présidents de conseil régional
Les représentants de l’État outre-mer, les services déconcentrés et les autorités judiciaires
Les préfets de région, les préfets de département et les représentants de l’État outre-mer
Les préfets de région, les directeurs régionaux et les secrétaires généraux de préfecture

Les préfets de région, les préfets de département et les représentants de l’État outre-mer

Explication

Le pouvoir de dérogation appartient aux préfets de région, aux préfets de département et aux représentants de l’État dans les collectivités d’outre-mer. Les services déconcentrés ne détiennent pas automatiquement ce pouvoir du seul fait de leur appartenance à l’administration de l’État.

18. Que recommande la circulaire du Premier ministre du 6 août 2020 concernant l’exercice du pouvoir de dérogation ?

Le préfet doit exercer personnellement cette prérogative et éviter de la déléguer à une autre autorité déconcentrée.
Le préfet doit demander à l’administration centrale de désigner l’autorité chargée de signer les arrêtés.
Le préfet doit soumettre chaque décision à la signature conjointe d’une autorité déconcentrée compétente.
Le préfet doit confier cette prérogative au secrétaire général afin d’accélérer l’instruction des demandes.

Le préfet doit exercer personnellement cette prérogative et éviter de la déléguer à une autre autorité déconcentrée.

Explication

La circulaire recommande aux préfets de faire usage personnellement de cette prérogative et de ne pas la déléguer à une autre autorité déconcentrée de l’État. Cette recommandation n’équivaut pas à une exclusion formelle de toute délégation de signature par le décret.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 40 flashcards sur Droit de dérogation préfectoral.

À partir de quelle année le pouvoir de dérogation préfectoral a-t-il été expérimenté ?

À partir de 2017.

Quel décret a généralisé le pouvoir de dérogation préfectoral ?

Le décret n° 2020-412 du 8 avril 2020.

Quel décret a supprimé la liste des sept matières pour le pouvoir de dérogation préfectoral ?

Le décret n°2025-724.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Droit de dérogation préfectoral.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM