QCM : Fondements du droit administratif — 21 questions

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit principalement le droit administratif français ?

Il est principalement codifié par des textes constitutionnels
Il est principalement façonné par la jurisprudence administrative
Il est principalement issu des règlements des collectivités
Il est principalement élaboré par les juridictions judiciaires

Il est principalement façonné par la jurisprudence administrative

Explication

Le droit administratif est essentiellement jurisprudentiel, car le juge administratif en a progressivement construit les règles. L’idée d’un droit entièrement codifié par la Constitution méconnaît le rôle central de la jurisprudence administrative.

2. Quelles traditions juridiques constituent des racines lointaines du droit administratif ?

Le droit commercial moderne, le droit maritime et le droit colonial
Le droit constitutionnel contemporain, le droit fiscal et le droit pénal
Le droit romain, le droit canonique médiéval et l’Ancien Régime
Le droit international public, le droit du travail et le droit des sociétés

Le droit romain, le droit canonique médiéval et l’Ancien Régime

Explication

Les racines historiques du droit administratif remontent notamment au droit romain, au droit canonique médiéval et à l’Ancien Régime. Cela distingue ses origines lointaines de l’apparition ultérieure d’un droit administratif autonome.

3. Que consacre le dualisme juridictionnel ?

Une répartition territoriale des tribunaux selon les collectivités administrées
Une séparation générale entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire
Une séparation organique et fonctionnelle entre les juges administratif et judiciaire
Une hiérarchie politique entre le gouvernement et les juridictions nationales

Une séparation organique et fonctionnelle entre les juges administratif et judiciaire

Explication

Le dualisme juridictionnel distingue organiquement et fonctionnellement l’ordre administratif de l’ordre judiciaire. La séparation des pouvoirs est un principe politique plus général qui ne désigne pas directement cette organisation juridictionnelle.

4. Quel effet la loi des 16 et 24 août 1790 a-t-elle produit sur les rapports entre justice et administration ?

Elle a confié aux tribunaux judiciaires le contrôle général des actes administratifs
Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et limité l’intervention des juges
Elle a institué le Conseil d’État comme juridiction suprême des affaires publiques
Elle a autorisé les magistrats à suspendre les opérations des corps administratifs

Elle a séparé les fonctions judiciaires et administratives et limité l’intervention des juges

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler les opérations administratives. Elle n’a donc pas confié aux tribunaux judiciaires un contrôle général de l’administration.

5. Dans la théorie du ministre juge, quelle était la répartition des fonctions entre le ministre et le Conseil d’État ?

Le Conseil d’État statuait en premier ressort et le ministre intervenait en appel
Le ministre préparait l’affaire et le juge judiciaire rendait la décision finale
Le ministre statuait en premier ressort et le Conseil d’État intervenait en appel
Le juge judiciaire statuait en premier ressort et le ministre examinait le recours

Le ministre statuait en premier ressort et le Conseil d’État intervenait en appel

Explication

La théorie du ministre juge permettait au ministre de statuer d’abord sur les réclamations visant ses propres décisions, tandis que le Conseil d’État intervenait en appel. Le Conseil d’État ne rendait donc pas la décision initiale dans ce mécanisme.

6. Quelle disposition a institué le Conseil d’État à la fin de l’année 1799 ?

L’édit de Saint-Germain de 1641 relatif aux magistrats judiciaires
La loi des 16 et 24 août 1790 sur la séparation des fonctions
L’article 52 de la Constitution du 22 frimaire an VIII
Le décret du 11 juin 1806 sur la commission du contentieux

L’article 52 de la Constitution du 22 frimaire an VIII

Explication

L’article 52 de la Constitution du 22 frimaire an VIII, correspondant au 13 décembre 1799, institue le Conseil d’État. Le décret de 1806 concerne une étape ultérieure, la création de la commission du contentieux.

7. Que signifie la justice retenue exercée par le Conseil d’État à sa création ?

La décision finale restait entre les mains du chef de l’État
Les sections administratives tranchaient les litiges sans intervention gouvernementale
Le Conseil d’État rendait lui-même des décisions juridictionnelles définitives
La commission du contentieux jugeait directement les recours administratifs

La décision finale restait entre les mains du chef de l’État

Explication

Dans le système de la justice retenue, le Conseil d’État exerce une fonction consultative et le chef de l’État conserve la décision finale. Cette situation se distingue de la justice déléguée, dans laquelle le Conseil d’État statue lui-même.

8. Quelle transformation la loi du 24 mai 1872 a-t-elle apportée à la justice administrative ?

Elle a supprimé la compétence du Conseil d’État en matière de contentieux
Elle a réservé au ministre le pouvoir de trancher les recours administratifs
Elle a soumis les recours administratifs aux juridictions judiciaires
Elle a confié au Conseil d’État le pouvoir de statuer souverainement sur les recours contentieux

Elle a confié au Conseil d’État le pouvoir de statuer souverainement sur les recours contentieux

Explication

La loi du 24 mai 1872 met fin à la justice retenue et permet au Conseil d’État de rendre lui-même des décisions souveraines et définitives. L’idée d’un pouvoir décisionnel conservé par le ministre correspond à la justice retenue, que cette réforme abandonne.

9. Quelle évolution l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 consacre-t-il ?

Le Conseil d’État devient le juge de droit commun du contentieux administratif
Le ministre conserve sa qualité de juge pour les litiges administratifs
Le Conseil d’État reçoit une fonction consultative sans compétence contentieuse
Les juridictions judiciaires deviennent compétentes pour les actes administratifs

Le Conseil d’État devient le juge de droit commun du contentieux administratif

Explication

L’arrêt Cadot abandonne la théorie du ministre juge et reconnaît au Conseil d’État la qualité de juge de droit commun du contentieux administratif. Le ministre n’est donc plus considéré comme l’autorité juridictionnelle compétente pour ces litiges.

10. Quelle règle l’arrêt Blanco du Tribunal des conflits, rendu le 8 février 1873, affirme-t-il ?

La responsabilité publique est régie par les contrats conclus entre personnes privées
La responsabilité de l’État obéit à des règles spéciales distinctes du Code civil
La responsabilité administrative dépend de la seule compétence des juridictions judiciaires
La responsabilité de l’État relève des mêmes règles civiles que les relations entre particuliers

La responsabilité de l’État obéit à des règles spéciales distinctes du Code civil

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État est soumise à des règles spéciales, adaptées au fonctionnement des services publics. Les règles du Code civil concernant les relations entre particuliers ne s’appliquent donc pas directement à cette responsabilité.

11. Que signifie la liaison de la compétence et du fond en droit administratif ?

La compétence du juge dépend de l’accord préalable des parties au litige
Le juge administratif applique le Code civil dès qu’un litige relève de sa compétence
Le juge administratif applique des règles de fond autonomes lorsqu’il est compétent
Le juge judiciaire applique les règles administratives lorsque l’État est défendeur

Le juge administratif applique des règles de fond autonomes lorsqu’il est compétent

Explication

La liaison de la compétence et du fond signifie que la compétence du juge administratif est liée à l’application de règles de fond autonomes. Elle ne signifie pas que le juge administratif applique automatiquement le Code civil.

12. Quelle différence oppose le critère organique au critère matériel du droit administratif ?

Le critère organique regarde l’auteur de l’acte, tandis que le critère matériel examine l’activité exercée
Le critère organique concerne la procédure, tandis que le critère matériel concerne la forme de l’acte
Le critère organique vise les juridictions, tandis que le critère matériel vise les contrats administratifs
Le critère organique examine l’activité exercée, tandis que le critère matériel identifie l’auteur de l’acte

Le critère organique regarde l’auteur de l’acte, tandis que le critère matériel examine l’activité exercée

Explication

Le critère organique rattache le droit administratif aux personnes publiques ou à l’auteur de l’acte, alors que le critère matériel s’intéresse à la nature de l’activité. Inverser ces deux approches conduit à confondre l’auteur avec l’objet de l’action administrative.

13. Comment peut-on définir le droit administratif ?

Comme les seules règles internes organisant les juridictions administratives
Comme un ensemble de règles autonomes applicables à l’action administrative
Comme l’ensemble des règles civiles régissant les relations entre particuliers
Comme un ensemble de principes politiques dépourvus de portée juridique

Comme un ensemble de règles autonomes applicables à l’action administrative

Explication

Le droit administratif regroupe des règles juridiques qui présentent un certain degré d’autonomie et s’appliquent à l’action administrative. Il ne se limite donc ni à l’organisation des juridictions administratives ni aux règles civiles entre particuliers.

14. Quelle opposition caractérise les écoles doctrinales fondées respectivement par Maurice Hauriou et Léon Duguit ?

Hauriou rattache le droit administratif au droit privé, tandis que Duguit le rattache au droit pénal
Hauriou privilégie la puissance publique, tandis que Duguit privilégie la satisfaction de l’intérêt général
Hauriou privilégie l’intérêt général, tandis que Duguit privilégie les contrats administratifs
Hauriou étudie les juridictions, tandis que Duguit se concentre sur les autorités de régulation

Hauriou privilégie la puissance publique, tandis que Duguit privilégie la satisfaction de l’intérêt général

Explication

Maurice Hauriou rattache le droit administratif aux procédés de puissance publique, alors que Léon Duguit le fonde sur la finalité de service public et la satisfaction de l’intérêt général. La recherche de l’intérêt général ne constitue donc pas le critère privilégié par Hauriou dans cette distinction.

15. Quel régime juridique s’applique principalement aux services publics administratifs et aux services publics industriels et commerciaux ?

Les services publics administratifs relèvent largement du droit privé, tandis que les services industriels et commerciaux relèvent du droit administratif
Les deux catégories relèvent principalement du droit administratif en raison de leur rattachement à l’État
Les services publics administratifs relèvent principalement du droit administratif, tandis que les services industriels et commerciaux relèvent largement du droit privé
Les deux catégories relèvent principalement du droit privé dès lors qu’elles répondent à un besoin collectif

Les services publics administratifs relèvent principalement du droit administratif, tandis que les services industriels et commerciaux relèvent largement du droit privé

Explication

Les services publics administratifs sont principalement soumis au droit administratif, tandis que les services publics industriels et commerciaux relèvent en grande partie du droit privé. Leur appartenance au service public ne suffit donc pas à leur appliquer un régime administratif identique.

16. Comment définir l’intérêt général dans l’action administrative ?

Il correspond à la somme des intérêts privés poursuivis par les agents publics dans leurs fonctions
Il désigne la recherche du profit maximal pour les organismes chargés d’une mission collective
Il correspond à l’intérêt de la collectivité dans son ensemble, défini par l’État à un moment donné
Il résulte principalement des préférences individuelles exprimées par les usagers d’un service

Il correspond à l’intérêt de la collectivité dans son ensemble, défini par l’État à un moment donné

Explication

L’intérêt général vise la collectivité dans son ensemble et est défini par l’État à un moment donné avant d’être poursuivi par l’administration. La recherche du profit, même lorsqu’elle concerne un organisme collectif, ne suffit pas à caractériser un but d’intérêt général.

17. Quelle conséquence peut résulter d’une action administrative guidée par un intérêt privé plutôt que par l’intérêt général ?

Elle transforme l’acte administratif en contrat administratif
Elle entraîne automatiquement la compétence du juge judiciaire
Elle peut constituer un détournement de pouvoir
Elle rend l’administration compétente pour modifier la Constitution

Elle peut constituer un détournement de pouvoir

Explication

L’administration doit agir dans l’intérêt général ; l’utilisation de ses pouvoirs pour poursuivre un intérêt privé peut donc caractériser un détournement de pouvoir. Une telle irrégularité ne modifie pas automatiquement la nature de l’acte ni la compétence juridictionnelle de cette manière.

18. Quelle protection la décision du Conseil constitutionnel n° 80-119 DC du 22 juillet 1980 a-t-elle reconnue ?

L’indépendance de la juridiction administrative comme principe fondamental reconnu par les lois de la République
La compétence du Conseil d’État pour juger les recours contre les actes réglementaires nationaux
La liberté d’action des autorités de régulation dans les secteurs économiques
La compétence exclusive du juge administratif pour les contrats conclus par les personnes publiques

L’indépendance de la juridiction administrative comme principe fondamental reconnu par les lois de la République

Explication

La décision de 1980 reconnaît l’indépendance de la juridiction administrative comme un principe fondamental reconnu par les lois de la République. La compétence réservée pour certaines décisions de puissance publique relève principalement de la décision constitutionnelle de 1987.

19. Que réserve en dernier ressort au juge administratif la décision du Conseil constitutionnel n° 86-224 DC du 23 janvier 1987 ?

La cassation de toutes les décisions rendues par les juridictions judiciaires
La définition des politiques publiques relevant de la compétence des ministres
L’annulation ou la réformation des décisions prises par les autorités publiques dans l’exercice de prérogatives de puissance publique
Le jugement de tous les contrats administratifs conclus par les collectivités territoriales

L’annulation ou la réformation des décisions prises par les autorités publiques dans l’exercice de prérogatives de puissance publique

Explication

La décision de 1987 réserve au juge administratif l’annulation ou la réformation des décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique. Cette réserve ne porte pas sur les contrats administratifs, qui sont distincts des décisions unilatérales visées.

20. Quels sont les trois niveaux de l’ordre juridictionnel administratif français ?

Les tribunaux administratifs en premier ressort, les cours administratives d’appel en appel et le Conseil d’État principalement en cassation
Les tribunaux judiciaires en premier ressort, les cours d’appel en appel et le Conseil d’État principalement en cassation
Les tribunaux administratifs en premier ressort, le Conseil d’État en appel et les cours administratives d’appel en cassation
Les cours administratives d’appel en premier ressort, les tribunaux administratifs en appel et le Conseil constitutionnel en cassation

Les tribunaux administratifs en premier ressort, les cours administratives d’appel en appel et le Conseil d’État principalement en cassation

Explication

L’ordre administratif comprend les tribunaux administratifs, les cours administratives d’appel et le Conseil d’État, qui intervient principalement comme juge de cassation. Le Conseil d’État n’est donc pas placé entre les tribunaux administratifs et les cours administratives d’appel comme juridiction d’appel générale.

21. Dans quelle situation le Conseil d’État est-il directement compétent en premier et dernier ressort ?

Pour un recours dirigé contre un décret ou un acte réglementaire d’une autorité nationale
Pour tout litige opposant deux particuliers à propos d’une obligation civile
Pour toute contestation d’une décision rendue par un tribunal administratif
Pour un recours visant la plupart des contrats conclus par une commune

Pour un recours dirigé contre un décret ou un acte réglementaire d’une autorité nationale

Explication

Le Conseil d’État connaît directement, en premier et dernier ressort, notamment des recours contre les décrets et les actes réglementaires des ministres ou des autorités nationales. Il n’est pas le juge général des litiges entre particuliers, des appels administratifs ou des contrats communaux.

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Qu'est-ce que le droit administratif ?

Un droit essentiellement jurisprudentiel façonné par le juge administratif.

Quand le droit administratif est-il véritablement apparu ?

Avec la création du Conseil d’État ou après celle-ci.

Quelles sont les racines lointaines du droit administratif ?

Le droit romain, le droit canonique médiéval et l’Ancien Régime.

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