QCM : Fondements du droit administratif (47 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle caractéristique définit le mieux le droit administratif ?

Il organise les activités publiques sans encadrer les administrés concernés
Il regroupe les règles applicables aux seules relations entre particuliers
Il constitue l’instrument juridique privilégié par lequel l’État s’exprime et agit
Il concerne les administrations sans s’appliquer aux usagers ou aux partenaires

Il constitue l’instrument juridique privilégié par lequel l’État s’exprime et agit

Explication

Le droit administratif permet à l’État d’exprimer ses choix, d’exister et d’agir, tout en s’appliquant à plusieurs catégories de personnes liées à l’administration. L’idée selon laquelle il régirait les seules administrations est erronée, car il concerne aussi les administrés, les usagers et les partenaires.

2. Quel rapport l’État entretient-il avec le droit administratif ?

Il en est l’objet matériel, tandis que les administrés en fixent la finalité
Il en est à la fois l’origine et la finalité
Il en est le principal destinataire sans en déterminer les orientations
Il en est un simple bénéficiaire parmi les usagers des services publics

Il en est à la fois l’origine et la finalité

Explication

L’État est à la fois à l’origine du droit administratif et la finalité qu’il sert. Les administrés sont principalement des destinataires de ce droit, et non ceux qui en déterminent la finalité.

3. Dans une approche fonctionnelle, comment l’administration publique est-elle définie ?

Comme un réseau d’organes chargés de représenter les collectivités publiques
Comme l’ensemble des personnes investies d’une fonction administrative
Comme une hiérarchie d’autorités organisant les rapports entre administrations
Comme un ensemble d’activités visant l’ordre public et l’intérêt général

Comme un ensemble d’activités visant l’ordre public et l’intérêt général

Explication

L’approche fonctionnelle définit l’administration publique par les activités destinées à maintenir l’ordre public et à satisfaire des besoins d’intérêt général. La référence aux personnes et aux organes relève plutôt de l’approche organique.

4. Que désigne l’ordre public dans le cadre de l’action administrative ?

La priorité donnée aux intérêts collectifs sur toute revendication individuelle
La protection des biens publics contre les désordres causés par des particuliers
La paix interne permettant la vie sociale et l’exercice des libertés dans le respect d’autrui
La réunion des mesures administratives destinées à assurer la sécurité des institutions

La paix interne permettant la vie sociale et l’exercice des libertés dans le respect d’autrui

Explication

L’ordre public correspond à une paix interne qui permet à une collectivité de former une société et de garantir les droits et libertés dans le respect d’autrui. Il ne se réduit donc ni à la protection des biens publics ni à la sécurité institutionnelle.

5. Quelle distinction oppose correctement la salubrité publique et la sécurité publique ?

La salubrité protège les personnes contre les violences, tandis que la sécurité organise les soins collectifs
La salubrité concerne l’hygiène, tandis que la sécurité prévient les atteintes aux personnes et aux biens
La salubrité concerne les biens dangereux, tandis que la sécurité contrôle la qualité de l’environnement
La salubrité encadre les comportements immoraux, tandis que la sécurité garantit la dignité humaine

La salubrité concerne l’hygiène, tandis que la sécurité prévient les atteintes aux personnes et aux biens

Explication

La salubrité publique renvoie à l’hygiène, tandis que la sécurité publique vise la prévention des atteintes aux personnes et aux biens. Les autres propositions attribuent à ces notions des fonctions qui relèvent d’autres dimensions de l’ordre public.

6. Quelle opposition caractérise le mieux l’État gendarme et l’État providence ?

L’État gendarme intervient dans les activités économiques, tandis que l’État providence se limite aux libertés publiques
L’État gendarme se concentre sur l’ordre et certains services, tandis que l’État providence répond largement aux besoins sociaux
L’État gendarme prend en charge les besoins sociaux, tandis que l’État providence protège la collectivité contre les menaces extérieures
L’État gendarme développe les prestations sociales, tandis que l’État providence organise principalement la défense nationale

L’État gendarme se concentre sur l’ordre et certains services, tandis que l’État providence répond largement aux besoins sociaux

Explication

L’État gendarme se limite principalement au maintien de l’ordre, à la défense collective et à certains services essentiels, alors que l’État providence cherche à répondre à l’ensemble des besoins de la vie sociale. Les autres réponses inversent ou déplacent cette distinction.

7. Pour réduire la mortalité routière, quelle mesure relève de l’incitation plutôt que de la réglementation ?

Modifier la signalisation afin de rendre un carrefour plus sûr pour les usagers
Imposer une limitation de vitesse assortie d’une sanction en cas de dépassement
Aménager le réseau routier pour réduire les risques d’accidents dans une zone dangereuse
Diffuser une campagne de sensibilisation encourageant les conducteurs à adopter des comportements prudents

Diffuser une campagne de sensibilisation encourageant les conducteurs à adopter des comportements prudents

Explication

Une campagne de sensibilisation cherche à modifier les comportements sans imposer directement une règle, ce qui caractérise l’incitation. Une limitation obligatoire relève de la réglementation, tandis que les travaux routiers et la signalisation constituent des prestations matérielles.

8. Pourquoi le service public occupe-t-il une place centrale en droit administratif ?

Il constitue une notion juridique dont le régime peut associer droit public et droit privé
Il désigne une activité soumise à des règles de droit public indépendamment de sa nature
Il forme une catégorie juridique régie par des règles identiques pour toutes les activités administratives
Il correspond à une prestation réservée aux administrations dotées de prérogatives de puissance publique

Il constitue une notion juridique dont le régime peut associer droit public et droit privé

Explication

Le service public est une notion et une catégorie juridiques centrales du droit administratif, avec un régime pouvant combiner des règles de droit public et de droit privé. Il n’est donc pas défini par l’application uniforme du seul droit public ni par l’exercice obligatoire de prérogatives de puissance publique.

9. Que désigne l’administration au sens organique ?

L’ensemble des personnes morales et physiques assurant des activités administratives pour des personnes publiques
L’ensemble des règles juridiques qui encadrent l’action des autorités administratives
L’ensemble des décisions prises par les juridictions dans le domaine administratif
L’ensemble des activités d’intérêt général exercées par les administrations et les personnes privées

L’ensemble des personnes morales et physiques assurant des activités administratives pour des personnes publiques

Explication

Au sens organique, l’administration renvoie aux personnes et aux organes qui assurent des activités administratives pour des personnes publiques. La définition des activités exercées relève plutôt du sens fonctionnel de l’administration.

10. Quelles entités constituent les principales personnes morales publiques ?

L’État, les collectivités territoriales et les établissements publics
Les syndicats professionnels, les communes et les sociétés commerciales
Les associations, les sociétés commerciales et les établissements publics
Les ministères, les tribunaux judiciaires et les entreprises privées

L’État, les collectivités territoriales et les établissements publics

Explication

Les principales personnes morales publiques sont l’État, les collectivités territoriales et les établissements publics. Une personne privée peut exercer une activité d’intérêt général sans devenir pour autant une personne publique.

11. Quelle distinction caractérise les fonctionnaires et les agents publics contractuels ?

Les fonctionnaires sont élus par les citoyens, tandis que les contractuels sont nommés par un juge
Les fonctionnaires exercent dans les collectivités, tandis que les contractuels travaillent dans les ministères
Les fonctionnaires sont recrutés par contrat, tandis que les contractuels sont titularisés dans un grade
Les fonctionnaires sont titularisés dans un grade, tandis que les contractuels sont liés par un contrat

Les fonctionnaires sont titularisés dans un grade, tandis que les contractuels sont liés par un contrat

Explication

Le fonctionnaire est titularisé dans un grade administratif et n’est pas lié par un contrat, alors que l’agent public contractuel est lié à la personne publique par un contrat. Le lieu d’exercice ne suffit donc pas à distinguer ces deux catégories.

12. Quel instrument a principalement soutenu la centralisation monarchique dans les généralités ?

Les préfets départementaux, désignés par les assemblées locales de la monarchie
Les conseils municipaux élus, chargés de coordonner les décisions du royaume
Les intendants de justice, de police et de finance, représentants directs du souverain
Les gouverneurs de provinces, devenus les principaux organes d’une gestion uniforme

Les intendants de justice, de police et de finance, représentants directs du souverain

Explication

Les intendants représentaient directement le souverain dans leur généralité et contribuaient ainsi à la centralisation monarchique. Les gouverneurs de provinces ne garantissaient plus une gestion cohérente de l’ensemble du territoire.

13. Quel principe la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen affirme-t-elle en 1789 concernant l’administration ?

La primauté de l’administration, qui peut écarter la loi dans l’intérêt général
La prééminence des autorités locales, qui disposent d’une compétence générale sur l’État
La suprématie de la loi, à laquelle l’exécutif et l’administration sont soumis
La subordination de la loi aux décisions prises par les représentants de l’exécutif

La suprématie de la loi, à laquelle l’exécutif et l’administration sont soumis

Explication

En 1789, la Déclaration affirme la suprématie de la loi et soumet à celle-ci l’exécutif ainsi que l’administration. Elle ne consacre donc pas une supériorité générale de l’administration sur la loi.

14. Quelle institution Napoléon Bonaparte crée-t-il en 1799, pendant l’an VIII ?

Le Conseil d’État, chargé de préparer les solutions juridiques soumises au chef de l’État
Le Tribunal des conflits, chargé de régler les désaccords entre les juridictions judiciaires
Les conseils régionaux, chargés d’administrer les territoires au nom des citoyens
L’École nationale d’administration, destinée à former les cadres supérieurs de l’État

Le Conseil d’État, chargé de préparer les solutions juridiques soumises au chef de l’État

Explication

En 1799, Napoléon Bonaparte crée le Conseil d’État afin de préparer les solutions juridiques soumises au chef de l’État. Le Tribunal des conflits apparaît plus tard, avec la loi du 24 mai 1872.

15. Quel rôle les préfets institués par le Consulat exercent-ils dans les départements ?

Ils représentent les assemblées locales élues qui les choisissent pour gérer les départements
Ils administrent les départements au nom du gouvernement qui les nomme
Ils coordonnent les provinces historiques sans recevoir de nomination gouvernementale
Ils dirigent les communes après avoir été désignés par les conseils municipaux

Ils administrent les départements au nom du gouvernement qui les nomme

Explication

Les préfets sont nommés par le gouvernement et sont chargés de l’administration des départements, ce qui renforce la centralisation. Ils se distinguent ainsi des autorités territoriales élues durant la première période révolutionnaire.

16. Quel changement institutionnel résulte de la loi du 24 mai 1872 ?

Les communes obtiennent leur autonomie et les tribunaux judiciaires sont réorganisés
Le Conseil d’État devient une juridiction et le Tribunal des conflits est créé
Le Conseil d’État devient une assemblée élue et les préfets sont supprimés
L’École nationale d’administration est instituée et le Conseil d’État est dissous

Le Conseil d’État devient une juridiction et le Tribunal des conflits est créé

Explication

La loi du 24 mai 1872 confère au Conseil d’État la qualité de juridiction et crée le Tribunal des conflits. Les autres transformations mentionnées appartiennent à d’autres périodes ou à d’autres réformes.

17. Quelle opposition doctrinale distingue l’école du service public de Bordeaux et l’école de la puissance publique de Toulouse ?

Duguit défend la centralisation territoriale, tandis que Hauriou défend l’élection des préfets
Duguit privilégie les prérogatives administratives, tandis que Hauriou met l’accent sur les services publics
Duguit étudie les juridictions judiciaires, tandis que Hauriou analyse la formation des fonctionnaires
Duguit privilégie le service public, tandis que Hauriou insiste sur les prérogatives de l’administration

Duguit privilégie le service public, tandis que Hauriou insiste sur les prérogatives de l’administration

Explication

L’école de Bordeaux, animée par Léon Duguit, met l’accent sur les fonctions, l’intérêt général et les services publics. L’école de Toulouse, associée à Maurice Hauriou, insiste sur les prérogatives de la puissance publique.

18. Quel principe la loi des 16 et 24 août 1790 établit-elle concernant les fonctions judiciaires et administratives ?

Elle confie aux juges judiciaires le contrôle général des opérations des corps administratifs.
Elle sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler l’action administrative.
Elle autorise les cours de justice à suspendre les décisions prises par les corps administratifs.
Elle attribue aux autorités administratives le jugement de toutes les affaires civiles et pénales.

Elle sépare les fonctions judiciaires et administratives et interdit aux juges de troubler l’action administrative.

Explication

La loi des 16 et 24 août 1790 sépare les fonctions judiciaires et administratives et protège l’action des corps administratifs contre l’intervention des juges. L’idée d’un contrôle général de l’administration par les juridictions judiciaires contredit précisément cette séparation.

19. Quel effet le décret du 16 Fructidor an III produit-il sur les tribunaux judiciaires ?

Il leur interdit de connaître des actes d’administration.
Il leur attribue le jugement des litiges opposant les particuliers à l’administration.
Il les autorise à contrôler les opérations des corps administratifs.
Il leur permet d’annuler les décisions prises par les ministres.

Il leur interdit de connaître des actes d’administration.

Explication

Le décret du 16 Fructidor an III interdit aux tribunaux judiciaires d’intervenir dans la connaissance des actes d’administration. À cette période, les litiges administratifs sont tranchés par l’administration elle-même, et non par les tribunaux judiciaires.

20. Quelle différence caractérise la justice retenue par rapport à la justice déléguée ?

En justice retenue, les préfets rendent les arrêts ; en justice déléguée, les ministres examinent les recours.
En justice retenue, le Conseil d’État juge librement ; en justice déléguée, le chef de l’État valide chaque décision.
En justice retenue, le chef de l’État décide du litige ; en justice déléguée, le Conseil d’État statue souverainement.
En justice retenue, les tribunaux judiciaires tranchent ; en justice déléguée, l’administration instruit sans juger.

En justice retenue, le chef de l’État décide du litige ; en justice déléguée, le Conseil d’État statue souverainement.

Explication

La justice retenue conserve le pouvoir de décision entre les mains du chef de l’État, tandis que la justice déléguée donne au Conseil d’État le pouvoir de statuer comme juridiction indépendante. Confier la décision au Conseil d’État correspond donc à la justice déléguée, et non à la justice retenue.

21. Quel changement l’arrêt Cadot du 13 décembre 1889 introduit-il dans le contentieux administratif ?

Il transfère aux tribunaux judiciaires les contestations portant sur les actes administratifs.
Il permet de saisir directement le Conseil d’État lorsqu’une autorité possède un pouvoir de décision propre.
Il réserve au ministre concerné le jugement des recours dirigés contre ses propres décisions.
Il supprime la compétence du Conseil d’État pour les litiges opposant les administrés à l’administration.

Il permet de saisir directement le Conseil d’État lorsqu’une autorité possède un pouvoir de décision propre.

Explication

L’arrêt Cadot met fin à la théorie du ministre-juge en permettant la saisine directe du Conseil d’État lorsque l’autorité administrative dispose d’un pouvoir de décision propre. Le maintien d’un jugement obligatoire par le ministre reprend précisément la théorie à laquelle cet arrêt met fin.

22. Comment l’ordre administratif est-il principalement organisé ?

Il comprend des juridictions spécialisées ayant une compétence générale et des juridictions générales limitées à certains textes.
Il comprend les tribunaux judiciaires et les juridictions administratives, chacun pouvant juger tout litige administratif.
Il comprend principalement les ministères, qui statuent sur les recours avant l’intervention éventuelle du juge.
Il comprend des juridictions générales et des juridictions spécialisées intervenant dans les matières prévues par un texte.

Il comprend des juridictions générales et des juridictions spécialisées intervenant dans les matières prévues par un texte.

Explication

L’ordre administratif regroupe les juridictions générales — Conseil d’État, cours administratives d’appel et tribunaux administratifs — ainsi que des juridictions spécialisées. Ces dernières n’interviennent que dans les matières que leur attribue un texte, contrairement aux juridictions générales qui ont une compétence de principe.

23. Quelle transformation le décret-loi du 30 septembre 1953 a-t-il opérée ?

Il a transformé les conseils de préfecture en tribunaux administratifs, juges de droit commun en première instance.
Il a supprimé les juridictions administratives de première instance au profit des tribunaux judiciaires.
Il a confié au Conseil d’État le jugement de droit commun de tous les litiges administratifs en première instance.
Il a transformé les cours administratives d’appel en conseils de préfecture, juges spécialisés en première instance.

Il a transformé les conseils de préfecture en tribunaux administratifs, juges de droit commun en première instance.

Explication

Le décret-loi de 1953 transforme les conseils de préfecture en tribunaux administratifs, qui deviennent les juridictions de droit commun du contentieux administratif en première instance. Les conseils de préfecture avaient auparavant des compétences d’attribution, ce qui ne correspond pas au nouveau rôle général des tribunaux administratifs.

24. Quelle fonction la loi du 31 décembre 1987 attribue-t-elle aux cours administratives d’appel ?

Elles connaissent des appels formés contre les jugements rendus par les tribunaux administratifs.
Elles rendent des avis consultatifs au gouvernement sur les projets de loi administratifs.
Elles contrôlent en cassation les décisions rendues par les juridictions administratives spécialisées.
Elles jugent en première instance les recours dirigés contre les décrets et ordonnances présidentiels.

Elles connaissent des appels formés contre les jugements rendus par les tribunaux administratifs.

Explication

La loi du 31 décembre 1987 crée les cours administratives d’appel, installées à partir de 1989 pour examiner les appels contre les jugements des tribunaux administratifs. Le contrôle en cassation des juridictions administratives relève du Conseil d’État, et non des cours administratives d’appel.

25. Quelle double fonction le Conseil d’État exerce-t-il dans l’ordre administratif ?

Il est la juridiction administrative suprême et conseille juridiquement le gouvernement ainsi que, dans certains cas, le Parlement.
Il conseille les particuliers sur leurs recours et contrôle directement les décisions des juridictions judiciaires.
Il exerce une fonction législative et dirige les tribunaux administratifs chargés de juger les litiges locaux.
Il est la juridiction administrative de première instance et représente juridiquement les collectivités territoriales devant les tribunaux.

Il est la juridiction administrative suprême et conseille juridiquement le gouvernement ainsi que, dans certains cas, le Parlement.

Explication

Le Conseil d’État exerce à la fois une fonction contentieuse comme juridiction administrative suprême et une fonction consultative auprès du gouvernement, ainsi que du Parlement le cas échéant depuis 2008. Les tribunaux administratifs exercent principalement une fonction juridictionnelle et n’assument pas cette double mission.

26. Quelle correspondance entre les juridictions administratives et leurs actes juridictionnels est exacte ?

Les tribunaux administratifs rendent des avis, les cours administratives d’appel des jugements et le Conseil d’État des arrêts.
Les tribunaux administratifs rendent des arrêts, les cours administratives d’appel des décisions et le Conseil d’État des jugements.
Les tribunaux administratifs rendent des jugements, les cours administratives d’appel des arrêts et le Conseil d’État des décisions.
Les tribunaux administratifs rendent des décisions, les cours administratives d’appel des jugements et le Conseil d’État des arrêts.

Les tribunaux administratifs rendent des jugements, les cours administratives d’appel des arrêts et le Conseil d’État des décisions.

Explication

La terminologie distingue les jugements des tribunaux administratifs, les arrêts des cours administratives d’appel et les décisions du Conseil d’État. Les autres associations échangent ces appellations entre les différents niveaux de juridiction.

27. Dans quelles conditions une juridiction administrative spécialisée peut-elle intervenir et quel contrôle le Conseil d’État exerce-t-il sur elle ?

Elle intervient sur sa propre initiative et ses décisions échappent au contrôle des juridictions administratives générales.
Elle intervient dans tout litige administratif et ses décisions sont réexaminées en appel par une cour administrative d’appel.
Elle intervient après autorisation du tribunal administratif et ses décisions sont contrôlées par les tribunaux judiciaires.
Elle intervient dans une matière attribuée par un texte et ses décisions peuvent être contrôlées en cassation par le Conseil d’État.

Elle intervient dans une matière attribuée par un texte et ses décisions peuvent être contrôlées en cassation par le Conseil d’État.

Explication

Les juridictions administratives spécialisées ont une compétence d’attribution définie par un texte et relèvent du Conseil d’État par la voie du recours en cassation. Elles ne disposent donc pas d’une compétence générale et ne sont pas placées sous le contrôle des tribunaux judiciaires.

28. Quelle règle s’applique en principe à la compétence des tribunaux administratifs en première instance ?

Ils connaissent en dernier ressort des litiges administratifs, sauf lorsque le Conseil d’État accepte d’examiner un appel.
Ils connaissent en premier ressort des litiges administratifs, sauf lorsqu’un texte attribue le litige à une autre juridiction.
Ils connaissent des litiges administratifs après un examen préalable obligatoire par une juridiction spécialisée.
Ils connaissent des seuls litiges concernant les collectivités territoriales, sauf lorsqu’un décret élargit leur compétence.

Ils connaissent en premier ressort des litiges administratifs, sauf lorsqu’un texte attribue le litige à une autre juridiction.

Explication

Les tribunaux administratifs sont les juges de principe du contentieux administratif en premier ressort, sous réserve des compétences attribuées spécialement à une autre juridiction. Cette règle ne signifie ni qu’ils statuent en dernier ressort ni que leur compétence se limite aux collectivités territoriales.

29. Quel rôle les tribunaux administratifs exercent-ils en principe dans le contentieux administratif ?

Ils statuent en appel contre les décisions des cours administratives d’appel
Ils statuent en premier ressort comme juges de droit commun
Ils jugent directement les recours attribués au Conseil d’État
Ils examinent en cassation les arrêts des juridictions spécialisées

Ils statuent en premier ressort comme juges de droit commun

Explication

Les tribunaux administratifs statuent en principe en premier ressort et constituent les juges de droit commun du contentieux administratif. Le Conseil d’État peut parfois être saisi directement en cassation, mais cette fonction ne définit pas le rôle général du tribunal administratif.

30. Quel critère détermine en principe le tribunal administratif territorialement compétent pour contester un acte administratif ?

Le lieu où l’acte produit ses principaux effets
Le siège du ministère chargé de défendre l’administration
Le lieu où réside la personne qui conteste l’acte
Le siège de l’autorité ayant pris l’acte attaqué

Le siège de l’autorité ayant pris l’acte attaqué

Explication

La compétence territoriale revient en principe au tribunal administratif dans le ressort duquel se situe le siège de l’autorité qui a pris l’acte. Certains contentieux obéissent toutefois à des règles particulières liées, par exemple, à un immeuble ou à l’exécution d’un contrat.

31. Quelle est la fonction principale des cours administratives d’appel instituées par la loi du 31 décembre 1987 ?

Trancher les conflits de compétence entre les deux ordres de juridictions
Statuer sur les appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs
Contrôler en cassation les décisions des juridictions administratives spécialisées
Juger en premier ressort les recours contre les actes des autorités centrales

Statuer sur les appels formés contre les jugements des tribunaux administratifs

Explication

Les cours administratives d’appel ont été créées pour examiner les appels dirigés contre les jugements des tribunaux administratifs. Le contrôle de cassation relève notamment du Conseil d’État, tandis que les conflits entre ordres relèvent du Tribunal des conflits.

32. Dans quelles conditions une juridiction administrative spécialisée peut-elle être saisie ?

Lorsqu’un recours concerne une décision prise par une autorité publique
Lorsqu’un litige présente une difficulté technique particulière
Lorsqu’un texte lui confie expressément le règlement de l’affaire
Lorsqu’une partie préfère éviter le tribunal administratif territorialement compétent

Lorsqu’un texte lui confie expressément le règlement de l’affaire

Explication

Une juridiction administrative spécialisée ne peut connaître que des affaires qui lui sont expressément attribuées par un texte. La seule présence d’une autorité publique ou la préférence d’une partie ne suffit pas à fonder sa compétence.

33. Quelle décision a consacré l’indépendance des juridictions administratives comme principe fondamental reconnu par les lois de la République ?

La révision constitutionnelle du 23 juillet 2008 sur l’article 61-1
L’arrêt Blanco du Tribunal des conflits du 8 février 1873
La décision du 22 juillet 1980 du Conseil constitutionnel
La décision du 23 janvier 1987 relative au Conseil de la concurrence

La décision du 22 juillet 1980 du Conseil constitutionnel

Explication

Le Conseil constitutionnel a consacré cette indépendance dans sa décision du 22 juillet 1980, en protégeant la fonction des juridictions administratives contre les empiètements du législateur et du gouvernement. La décision de 1987 concerne plutôt la compétence réservée au juge administratif pour certaines décisions de puissance publique.

34. Quelle compétence de la juridiction administrative le Conseil constitutionnel a-t-il reconnue comme principe fondamental le 23 janvier 1987 ?

La compétence pour annuler ou réformer en dernier ressort certaines décisions de puissance publique
La compétence pour contrôler les lois avant leur promulgation par le Parlement
La compétence pour juger toute responsabilité civile mettant en cause une personne publique
La compétence pour régler les conflits entre les juridictions judiciaires et administratives

La compétence pour annuler ou réformer en dernier ressort certaines décisions de puissance publique

Explication

La décision de 1987 reconnaît la compétence administrative pour annuler ou réformer en dernier ressort les décisions prises dans l’exercice de prérogatives de puissance publique. Cette compétence connaît une limite lorsque la matière est réservée par nature à l’autorité judiciaire.

35. Quelle idée majeure l’arrêt Blanco du 8 février 1873 a-t-il affirmée concernant la responsabilité de l’État ?

Elle relève des règles civiles dès qu’un dommage est causé à un particulier
Elle est soumise aux mêmes règles lorsque l’État agit comme une entreprise privée
Elle dépend principalement de la faute personnelle de l’agent public concerné
Elle obéit à des règles spéciales liées aux besoins du service public

Elle obéit à des règles spéciales liées aux besoins du service public

Explication

L’arrêt Blanco affirme que la responsabilité de l’État est régie par des règles spéciales tenant aux besoins du service. La responsabilité entre particuliers relève en principe du droit civil, ce qui distingue les deux régimes.

36. Que signifie la formule « deux juges, deux droits » appliquée au régime administratif ?

La coexistence de deux procédures identiques selon la nature de la décision contestée
La séparation entre les juridictions de première instance et les juridictions d’appel
L’existence de deux ordres juridictionnels et de deux ensembles de règles juridiques
La possibilité pour chaque administré de choisir entre deux tribunaux compétents

L’existence de deux ordres juridictionnels et de deux ensembles de règles juridiques

Explication

La formule résume le dualisme juridictionnel, avec deux ordres de juridictions, et le dualisme juridique, avec des règles propres au droit administratif et au droit privé. Elle ne désigne pas un simple choix entre deux tribunaux au sein d’un même ordre.

37. Quelle distinction oppose le sens large et le sens étroit du droit administratif ?

Le sens large désigne le droit européen, le sens étroit les règles propres aux collectivités territoriales
Le sens large vise les règles constitutionnelles, le sens étroit les règles issues des décisions judiciaires
Le sens large vise tout le droit applicable à l’administration, le sens étroit les règles distinctes du droit privé
Le sens large concerne les particuliers, le sens étroit les relations entre administrations publiques

Le sens large vise tout le droit applicable à l’administration, le sens étroit les règles distinctes du droit privé

Explication

Au sens large, le droit administratif comprend l’ensemble des règles applicables à l’administration. Au sens étroit, il désigne les règles qui se distinguent du droit privé applicable en principe aux relations entre particuliers.

38. Quelle caractéristique distingue l’acte administratif unilatéral du contrat administratif ?

Il constitue une norme applicable après acceptation des administrés
Il organise une relation juridique fondée sur des obligations réciproques
Il modifie l’ordre juridique sans nécessiter l’accord des destinataires
Il produit des effets juridiques après accord de toutes les parties

Il modifie l’ordre juridique sans nécessiter l’accord des destinataires

Explication

L’acte administratif unilatéral est pris par une autorité administrative et modifie l’ordre juridique sans le consentement des personnes concernées. Le contrat administratif repose au contraire sur l’accord des parties et des engagements réciproques.

39. Que devient un acte administratif lorsqu’il est simplement contesté devant le juge administratif ?

Il cesse de produire ses effets dès le dépôt du recours
Il reste en vigueur jusqu’à son annulation expresse
Il doit être remplacé par une nouvelle décision administrative
Il devient inapplicable jusqu’à la décision juridictionnelle

Il reste en vigueur jusqu’à son annulation expresse

Explication

La contestation ne prive pas l’acte de sa force exécutoire, car il bénéficie d’une présomption de légalité dès son édiction. Il cesse de produire ses effets lorsqu’une autorité administrative ou le juge l’annule expressément.

40. Dans quelle situation l’administration peut-elle recourir à l’exécution forcée ?

Lorsqu’une décision administrative nécessite l’accord préalable du juge
Lorsqu’un administré demande une modification de la décision administrative
Lorsqu’un administré refuse d’exécuter une décision administrative
Lorsqu’une autorité administrative souhaite conclure un contrat public

Lorsqu’un administré refuse d’exécuter une décision administrative

Explication

L’exécution forcée permet à l’administration d’utiliser la force publique face à l’opposition d’un administré récalcitrant. Elle concerne donc l’imposition matérielle d’une décision déjà prise, et non la conclusion d’un contrat.

41. Quelle affirmation décrit le principe de juridicité applicable à l’administration ?

L’administration est soumise à l’ensemble de l’ordre juridique, y compris à ses propres décisions
L’administration est tenue de respecter les lois, tandis que ses décisions échappent au contrôle juridique
L’administration respecte les normes législatives, alors que les principes généraux ont une portée indicative
L’administration applique les règles supérieures, mais dispose d’une liberté à l’égard des normes internes

L’administration est soumise à l’ensemble de l’ordre juridique, y compris à ses propres décisions

Explication

La juridicité soumet l’administration à l’ensemble de l’ordre juridique, notamment aux normes qu’elle a elle-même adoptées. La légalité comprise de manière étroite ne suffit donc pas à décrire cette exigence générale.

42. Quelle différence oppose la conformité à la compatibilité d’un acte administratif avec une norme supérieure ?

La conformité autorise une marge d’écart, tandis que la compatibilité impose une reproduction exacte
La conformité concerne les normes inférieures, tandis que la compatibilité vise les normes constitutionnelles
La conformité exige une détermination stricte, tandis que la compatibilité interdit seulement la contradiction
La conformité vérifie l’opportunité, tandis que la compatibilité apprécie la légitimité politique

La conformité exige une détermination stricte, tandis que la compatibilité interdit seulement la contradiction

Explication

La conformité suppose que le contenu de l’acte soit strictement prédéterminé par la norme supérieure. La compatibilité est moins exigeante : l’acte peut conserver une marge d’appréciation, à condition de ne pas contredire cette norme.

43. Quel ordre présente correctement la hiérarchie décroissante des normes administratives ?

Normes internationales, Constitution, lois, jurisprudence, décisions de justice, normes administratives
Constitution, lois, normes internationales, normes administratives, jurisprudence, décisions de justice
Constitution, décisions de justice, lois, normes internationales, jurisprudence, normes administratives
Constitution, normes internationales, lois, décisions de justice et jurisprudence, normes administratives

Constitution, normes internationales, lois, décisions de justice et jurisprudence, normes administratives

Explication

La hiérarchie indiquée place la Constitution au sommet, suivie des normes internationales, des lois, des décisions de justice et de la jurisprudence, puis des normes administratives. Les autres ordres intervertissent plusieurs niveaux de cette classification.

44. Quels textes sont visés par le préambule de la Constitution dans le bloc de constitutionnalité ?

La Déclaration de 1789, le Code civil et la Charte de l’environnement de 2004
La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004
La Charte de l’environnement de 2004, les lois ordinaires et les règlements administratifs
Le préambule de 1946, les lois organiques et les traités internationaux

La Déclaration de 1789, le préambule de 1946 et la Charte de l’environnement de 2004

Explication

Le préambule renvoie expressément à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, au préambule de 1946 et à la Charte de l’environnement de 2004. Les codes, lois ordinaires et règlements ne sont pas visés par cette énumération.

45. Quel ensemble de droits et de principes est notamment consacré par la Déclaration de 1789 ?

Les droits sociaux, les principes de l’État-providence et la protection de la santé publique
La liberté, l’égalité devant la loi et l’impôt, la sûreté et la séparation des pouvoirs
Les principes fondamentaux reconnus par les lois républicaines et le droit de grève
La dignité humaine, le droit à l’information écologique et la participation environnementale

La liberté, l’égalité devant la loi et l’impôt, la sûreté et la séparation des pouvoirs

Explication

La Déclaration de 1789 consacre notamment la liberté, l’égalité devant la loi et l’impôt, la sûreté, les libertés d’opinion et d’expression, la propriété et la séparation des pouvoirs. Les autres réponses renvoient principalement au préambule de 1946 ou à la Charte de l’environnement.

46. Quelle condition est requise pour qu’un principe soit reconnu comme PFRLR ?

Il doit être inscrit dans une loi ordinaire et pouvoir être modifié par décret
Il doit être récent et consacré par une décision administrative prise après 1946
Il doit être essentiel et issu d’une loi adoptée par un Parlement républicain avant 1946
Il doit provenir d’un traité international ratifié par la France avant 1946

Il doit être essentiel et issu d’une loi adoptée par un Parlement républicain avant 1946

Explication

Un PFRLR doit être essentiel, découler d’un texte législatif adopté par un Parlement républicain avant l’entrée en vigueur de la Constitution de 1946 et présenter une portée constitutionnelle. Un principe modifiable par décret ne pourrait pas bénéficier de cette protection.

47. Quel a été l’apport de la décision « Liberté d’association » du 16 juillet 1971 ?

Elle a défini les conditions d’adoption des lois par un Parlement républicain
Elle a confirmé la valeur juridique du préambule dans le contrôle de constitutionnalité
Elle a établi la supériorité des normes internationales sur la Constitution française
Elle a reconnu le droit à l’environnement comme principe général du droit administratif

Elle a confirmé la valeur juridique du préambule dans le contrôle de constitutionnalité

Explication

La décision « Liberté d’association » a confirmé la valeur juridique du préambule et permis d’intégrer ses normes au contrôle de constitutionnalité. Elle n’a pas porté sur la hiérarchie des traités ni sur la reconnaissance du droit environnemental.

Révisez avec les flashcards

Mémorisez les réponses avec 79 flashcards sur Fondements du droit administratif.

Qu'est-ce que le droit administratif selon sa définition principale ?

L'instrument juridique privilégié par lequel l’État s’exprime, existe et agit.

À qui s'applique le droit administratif ?

À l’administration, aux administrés, aux usagers et aux partenaires de l’administration.

Quelle est la double relation de l’État avec le droit administratif ?

L’État est à la fois l’origine et la finalité du droit administratif.

Voir les flashcards →

Approfondir avec la fiche

Consultez la fiche de révision complète sur Fondements du droit administratif.

Voir la fiche →

Cours similaires

Crée tes propres QCM

Importe ton cours et l'IA génère des QCM avec corrections en 30 secondes.

Générateur de QCM