QCM : Fondements du pouvoir constitutionnel (37 questions)

Questions et réponses du QCM

1. Quelle fonction caractérise le droit constitutionnel dans l’ordre juridique ?

Il intervient en amont des autres branches et contribue à faire naître les autres droits.
Il organise les échanges économiques sans déterminer les droits fondamentaux.
Il applique les règles administratives après l’intervention des autres branches du droit.
Il règle les litiges privés avant de définir les institutions politiques.

Il intervient en amont des autres branches et contribue à faire naître les autres droits.

Explication

Le droit constitutionnel est qualifié de droit primaire et primordial parce qu’il intervient avant les autres branches et permet leur émergence. L’organisation des échanges économiques relève plutôt du droit économique ou commercial, et ne décrit pas sa fonction fondatrice.

2. Quelle distinction décrit correctement la démocratie et la république ?

La démocratie et la république désignent deux régimes équivalents dès lors que les institutions sont élues.
La démocratie désigne une organisation politique dirigée par un monarque, tandis qu’une république repose sur la souveraineté populaire.
La démocratie repose sur le pouvoir du peuple, tandis qu’une république peut exister sans garantir les libertés démocratiques.
La république garantit le pouvoir du peuple, tandis que la démocratie décrit une forme d’organisation politique indépendante des libertés.

La démocratie repose sur le pouvoir du peuple, tandis qu’une république peut exister sans garantir les libertés démocratiques.

Explication

La démocratie se définit par le pouvoir du peuple, alors qu’une république est une forme d’organisation politique qui peut ne pas protéger les libertés démocratiques. Assimiler systématiquement les deux notions efface précisément cette distinction.

3. Quelle conception de la démocratie Philippe Blachèr met-il en avant ?

Un régime fondé sur la souveraineté populaire et le respect des droits et libertés individuels.
Un système électoral qui mesure la participation sans tenir compte des libertés individuelles.
Une organisation politique qui privilégie la représentation institutionnelle au pouvoir exercé par le peuple.
Un régime fondé sur l’autorité d’un chef et la limitation des revendications individuelles.

Un régime fondé sur la souveraineté populaire et le respect des droits et libertés individuels.

Explication

Pour Philippe Blachèr, la démocratie associe la souveraineté du peuple au respect des droits et libertés individuels. Une simple procédure électorale ou la concentration du pouvoir sur un chef ne suffit donc pas à caractériser cette conception.

4. Lequel de ces éléments fait partie des critères retenus par Robert Dahl pour évaluer la démocratie ?

La neutralisation des associations et la limitation des candidatures concurrentes.
La pluralité des sources d’information et la concurrence entre les leaders politiques.
La priorité donnée à l’autorité administrative sur la liberté d’expression.
La concentration des sources d’information et la désignation des dirigeants par succession.

La pluralité des sources d’information et la concurrence entre les leaders politiques.

Explication

Robert Dahl inclut notamment la pluralité des sources d’information et la concurrence entre leaders politiques parmi les critères de la démocratie. La concentration de l’information et la réduction de la concurrence vont au contraire à l’encontre de ces critères.

5. Comment la liberté d’expression peut-elle être juridiquement conçue dans une démocratie ?

Elle peut être encadrée par les règles relatives aux délits tout en restant protégée.
Elle peut être suspendue par une autorité administrative sans référence à une infraction.
Elle dépend d’une autorisation préalable accordée aux personnes qui souhaitent s’exprimer.
Elle échappe à toute règle juridique dès qu’elle concerne une opinion politique.

Elle peut être encadrée par les règles relatives aux délits tout en restant protégée.

Explication

La liberté d’expression demeure protégée, mais elle peut être encadrée par les règles relatives aux délits. La considérer comme dépourvue de tout cadre juridique confond liberté garantie et liberté sans limites.

6. Que désigne l’état de nature dans la philosophie politique de l’État ?

Une structure gouvernementale qui répartit les compétences entre plusieurs institutions.
Un régime juridique dans lequel le pouvoir public garantit les droits civils des individus.
La situation dans laquelle les individus vivent avant la création d’un État.
Une organisation politique instituée après l’adoption de règles communes par les citoyens.

La situation dans laquelle les individus vivent avant la création d’un État.

Explication

L’état de nature désigne la condition des individus avant la création d’un État. Une organisation politique instituée correspond plutôt à l’état civil, qui intervient après la mise en place d’un pouvoir commun.

7. Selon Thomas Hobbes, comment les individus sortent-ils de l’état de nature ?

Ils conservent leurs droits naturels et soumettent le roi à un contrat qu’il doit signer pour gouverner.
Ils abandonnent leurs droits au profit de la sécurité et confient le pouvoir au roi par un contrat qu’il ne signe pas.
Ils instaurent une volonté générale qui supprime la propriété afin de restaurer l’égalité entre les citoyens.
Ils maintiennent une situation pacifique en confiant temporairement l’administration à des représentants élus.

Ils abandonnent leurs droits au profit de la sécurité et confient le pouvoir au roi par un contrat qu’il ne signe pas.

Explication

Chez Hobbes, l’insécurité de l’état de nature conduit les individus à céder leurs droits en échange de la sécurité et à remettre le pouvoir au roi par un contrat dont il n’est pas signataire. L’idée d’un roi lié par le contrat appartient plutôt à la théorie de Locke.

8. Quelle opposition distingue la conception de l’état de nature chez Locke et chez Hobbes ?

Locke le présente comme globalement pacifique et fondé sur des droits naturels, tandis que Hobbes l’associe à l’insécurité et à la violence.
Locke l’associe à la violence et à la perte de la propriété, tandis que Hobbes le décrit comme pacifique et protecteur des droits.
Locke considère que l’État précède l’état de nature, tandis que Hobbes situe l’état de nature après l’institution du pouvoir politique.
Locke refuse l’existence de droits naturels, tandis que Hobbes fonde la sortie de l’état de nature sur leur protection juridique.

Locke le présente comme globalement pacifique et fondé sur des droits naturels, tandis que Hobbes l’associe à l’insécurité et à la violence.

Explication

Locke décrit un état de nature globalement pacifique où existent des droits naturels, notamment la propriété, alors que Hobbes insiste sur l’insécurité et la violence. Les autres propositions inversent leurs analyses ou déplacent l’état de nature après la création de l’État.

9. Que peut faire le peuple selon Locke lorsque le roi ne respecte pas les obligations du contrat ?

Il doit conserver le roi en fonction, puisque le contrat le place hors de toute contestation.
Il peut remplacer les droits naturels par une autorité royale dépourvue de responsabilités contractuelles.
Il peut changer le roi, puisque celui-ci reste lié par les termes du contrat.
Il doit attendre que le roi renonce volontairement au pouvoir avant de modifier le gouvernement.

Il peut changer le roi, puisque celui-ci reste lié par les termes du contrat.

Explication

Pour Locke, le roi est tenu par le contrat et les citoyens peuvent le remplacer s’il ne respecte pas ses obligations. Le pouvoir royal n’est donc pas soustrait au contrôle des citoyens par le simple fait d’exercer l’autorité.

10. Selon Jean Gicquel, quels éléments caractérisent l’État ?

Un territoire administré par plusieurs autorités politiques concurrentes et indépendantes
Une population mobile réunie autour d’une culture commune sans autorité politique organisée
Une communauté historique partageant des souvenirs et une volonté commune de vivre ensemble
Un groupement humain établi sur un territoire déterminé et soumis à une autorité politique exclusive

Un groupement humain établi sur un territoire déterminé et soumis à une autorité politique exclusive

Explication

Jean Gicquel définit l’État par la réunion d’un groupement humain, d’un territoire déterminé et d’une autorité politique exclusive. La communauté fondée sur des souvenirs communs et la volonté de vivre ensemble renvoie plutôt à la définition de la nation chez Ernest Renan.

11. Quelle conception de la nation Ernest Renan met-il en avant ?

Un héritage commun de souvenirs associé au consentement actuel de vivre ensemble
Un ensemble humain déterminé principalement par des frontières et une souveraineté territoriale
Une population soumise à une autorité politique exerçant son pouvoir sur un territoire
Une communauté définie par l’existence d’institutions administratives et judiciaires communes

Un héritage commun de souvenirs associé au consentement actuel de vivre ensemble

Explication

Pour Ernest Renan, la nation repose à la fois sur un héritage commun de souvenirs et sur la volonté actuelle de poursuivre une vie collective. La référence à l’autorité politique exercée sur un territoire décrit plutôt les éléments de l’État.

12. Quel ensemble constitue l’appareil politico-juridique de l’État ?

Une population, un territoire et une nation chargés de représenter les intérêts collectifs
Une armée, une diplomatie et une monnaie destinées à assurer les relations extérieures
Des collectivités locales, des associations et des entreprises participant à la vie publique
Un gouvernement, un parlement et une justice capables d’administrer et de produire le droit

Un gouvernement, un parlement et une justice capables d’administrer et de produire le droit

Explication

L’appareil politico-juridique comprend le gouvernement, le parlement et la justice, qui administrent le territoire et la population et produisent des règles de droit. Une population ou un territoire sont des éléments de l’État, mais ils ne constituent pas cet appareil institutionnel.

13. Quelles sont les trois formes d’autorité distinguées par Max Weber ?

L’autorité monarchique, l’autorité parlementaire et l’autorité administrative
L’autorité traditionnelle, l’autorité charismatique et l’autorité légale-rationnelle
L’autorité populaire, l’autorité militaire et l’autorité judiciaire
L’autorité territoriale, l’autorité sociale et l’autorité économique

L’autorité traditionnelle, l’autorité charismatique et l’autorité légale-rationnelle

Explication

Max Weber distingue l’autorité traditionnelle, fondée sur la coutume, l’autorité charismatique, liée à l’attraction personnelle, et l’autorité légale-rationnelle, fondée sur des règles de droit. Les autres regroupements ne correspondent pas à sa typologie.

14. Un dirigeant est obéi principalement en raison de son prestige personnel et de son pouvoir d’attraction. De quelle forme d’autorité s’agit-il ?

De l’autorité traditionnelle
De l’autorité administrative
De l’autorité légale-rationnelle
De l’autorité charismatique

De l’autorité charismatique

Explication

L’autorité charismatique repose sur l’attraction personnelle et le prestige d’un dirigeant. L’autorité légale-rationnelle découle plutôt de règles de droit, tandis que l’autorité traditionnelle s’appuie sur la coutume.

15. Qu’est-ce qui caractérise un État unitaire ?

Deux organisations constitutionnelles se partagent la souveraineté selon une répartition fédérale
Des collectivités territoriales disposent d’une souveraineté constitutionnelle indépendante du pouvoir central
Plusieurs États conservent leur souveraineté tout en coordonnant certaines politiques communes
Une seule organisation politique et juridique exerce la plénitude de la souveraineté sur le territoire

Une seule organisation politique et juridique exerce la plénitude de la souveraineté sur le territoire

Explication

Dans un État unitaire, une seule organisation politique et juridique détient la plénitude de la souveraineté pour le territoire et la population. La superposition de deux ordres constitutionnels caractérise plutôt l’État fédéral.

16. Quelle affirmation correspond à l’article 1er de la Constitution de 1958 ?

La France est une République décentralisée, confessionnelle, démocratique et sociale
La France est une fédération de peuples autonomes, laïque, démocratique et sociale
La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale
La France est une monarchie indivisible, laïque, représentative et sociale

La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale

Explication

L’article 1er affirme que la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. La Constitution ne qualifie pas la France de fédération et ne lui attribue pas une organisation monarchique.

17. Quelle distinction décrit correctement la déconcentration et la décentralisation ?

La déconcentration transfère la souveraineté à des collectivités élues, tandis que la décentralisation renforce les services de l’État
La déconcentration confie des compétences à des autorités nommées par l’État, tandis que la décentralisation les attribue à des collectivités autonomes
La déconcentration sépare les ordres constitutionnels, tandis que la décentralisation unifie les institutions politiques du territoire
La déconcentration concerne les relations extérieures, tandis que la décentralisation organise les pouvoirs entre les juridictions

La déconcentration confie des compétences à des autorités nommées par l’État, tandis que la décentralisation les attribue à des collectivités autonomes

Explication

La déconcentration répartit des compétences entre l’État central et des autorités subalternes qu’il nomme, alors que la décentralisation les confie à des collectivités territoriales autonomes. Elle ne transfère donc pas la souveraineté constitutionnelle et ne concerne pas spécialement les relations extérieures.

18. Quel élément caractérise juridiquement une confédération ?

Elle organise un ordre constitutionnel unique applicable à tous les territoires
Elle résulte d’un traité entre des États qui conservent leur souveraineté
Elle supprime les gouvernements des États membres au profit d’un pouvoir central
Elle repose sur une constitution fédérale qui fonde un nouvel État

Elle résulte d’un traité entre des États qui conservent leur souveraineté

Explication

Une confédération est une association d’États souverains créée par un traité et limitée à certaines coopérations. La constitution fédérale caractérise plutôt l’État fédéral, qui forme un État composé doté d’un ordre constitutionnel propre.

19. Quelle structure distingue un État fédéral d’un État unitaire ?

La réunion de plusieurs États souverains liés par un traité international
La subordination des États fédérés à des accords diplomatiques renouvelables
La coexistence d’un ordre constitutionnel fédéral et d’ordres constitutionnels fédérés
La concentration des compétences publiques dans un ordre constitutionnel unique

La coexistence d’un ordre constitutionnel fédéral et d’ordres constitutionnels fédérés

Explication

L’État fédéral superpose un ordre constitutionnel fédéral et les ordres constitutionnels complets des États fédérés. Un État unitaire ne comporte pas cette dualité constitutionnelle, tandis qu’une confédération repose sur un traité entre États souverains.

20. Quels principes Georges Scelle associe-t-il au fonctionnement de l’État fédéral ?

L’autonomie, la participation et la superposition
La souveraineté, la diplomatie et la neutralité
La séparation, l’uniformité et la concentration
La centralisation, la hiérarchie et la délégation

L’autonomie, la participation et la superposition

Explication

Georges Scelle identifie l’autonomie, la participation et la superposition comme les trois principes du fonctionnement fédéral. La centralisation et l’uniformité renvoient davantage à une logique unitaire qu’à cette combinaison fédérale.

21. Dans un État fédéral, comment la Constitution répartit-elle généralement les compétences ?

L’État fédéral détient la compétence de droit commun et les États fédérés reçoivent des compétences d’attribution
Les États fédérés fixent eux-mêmes la répartition des compétences par des accords successifs
La loi ordinaire répartit les compétences sans intervention déterminante de la Constitution fédérale
L’État fédéral reçoit des compétences d’attribution et les États fédérés disposent de la compétence de droit commun

L’État fédéral reçoit des compétences d’attribution et les États fédérés disposent de la compétence de droit commun

Explication

La Constitution fédérale répartit les compétences entre les deux niveaux, l’État fédéral ayant généralement une compétence d’attribution et les États fédérés une compétence de droit commun. La répartition principalement opérée par la loi correspond plutôt à la logique de l’État unitaire.

22. Comment le principe de participation se manifeste-t-il généralement dans un État fédéral ?

Par une assemblée unique représentant les citoyens sans représentation institutionnelle des États fédérés
Par un parlement bicaméral dont une chambre représente la population et l’autre les États fédérés
Par une chambre fédérale composée de représentants désignés par le pouvoir exécutif central
Par un mécanisme électoral qui réserve toutes les décisions publiques aux gouvernements fédérés

Par un parlement bicaméral dont une chambre représente la population et l’autre les États fédérés

Explication

La participation s’exprime notamment par un parlement fédéral bicaméral, avec une chambre représentant la population et une autre les États fédérés. Une assemblée unique ne permet pas cette représentation spécifique des entités fédérées au niveau fédéral.

23. Sur quel fondement juridique l’Union européenne a-t-elle été créée ?

Sur un traité international unique remplaçant les constitutions des États membres
Sur des traités constitutifs, notamment le traité de Rome de 1957
Sur une série de constitutions nationales coordonnées par un acte central
Sur une constitution fédérale unique adoptée par les États européens

Sur des traités constitutifs, notamment le traité de Rome de 1957

Explication

L’Union européenne a été créée par des traités, dont le traité de Rome de 1957, et non par une constitution fédérale unique. Elle ne repose donc pas sur la substitution d’un texte constitutionnel européen unique aux constitutions nationales.

24. Quelle règle découle de l’arrêt Costa contre Enel rendu par la CJCE en 1964 ?

Une juridiction nationale peut suspendre une règle européenne dès qu’elle la juge incompatible avec son droit
Le droit européen s’applique après autorisation expresse de chaque parlement national
Un État membre ne peut écarter le droit européen en invoquant une règle nationale contraire
Un État membre peut écarter le droit européen lorsqu’une loi nationale postérieure lui est contraire

Un État membre ne peut écarter le droit européen en invoquant une règle nationale contraire

Explication

L’arrêt Costa contre Enel affirme qu’un État membre ne peut refuser d’appliquer le droit européen au motif que son droit national lui serait contraire. Une loi nationale postérieure ne permet donc pas, à elle seule, de neutraliser l’obligation découlant du droit européen.

25. Quelle caractéristique correspond à la souveraineté selon Jean Bodin ?

Une capacité administrative définie par les seules juridictions
Une compétence dérivée et encadrée par une autorité extérieure
Une autorité temporaire dépendant de l’accord des États voisins
Un pouvoir originaire et absolu que l’État peut limiter volontairement

Un pouvoir originaire et absolu que l’État peut limiter volontairement

Explication

Jean Bodin définit la souveraineté comme un pouvoir absolu et originaire, sans borne imposée de l’extérieur, que l’État peut toutefois limiter volontairement. Elle ne correspond donc ni à une compétence dérivée ni à une autorité dépendant d’un pouvoir extérieur.

26. Quelle situation relève de la souveraineté interne d’un État ?

Participer à une organisation internationale comme État indépendant
Être reconnu comme l’égal juridique des autres États
Négocier un traité établissant une frontière avec un voisin
Fixer les règles applicables à son territoire et à sa population

Fixer les règles applicables à son territoire et à sa population

Explication

La souveraineté interne désigne la capacité de l’État à organiser son territoire et sa population en fixant les règles qui leur sont applicables. L’égalité et l’indépendance dans les relations extérieures relèvent de la souveraineté internationale.

27. Qu’est-ce qui caractérise l’État de droit selon Charles Debbasch ?

L’absence de contrôle juridictionnel sur les autorités publiques
La priorité des décisions administratives sur les règles de droit
La concentration du pouvoir juridique entre les mains du gouvernement
La soumission effective des autorités publiques au droit contrôlée par le juge

La soumission effective des autorités publiques au droit contrôlée par le juge

Explication

Pour Charles Debbasch, l’État de droit est un système dans lequel les autorités publiques sont effectivement soumises à la règle de droit grâce au contrôle juridictionnel. L’absence de contrôle judiciaire correspond au contraire à un pouvoir juridiquement incontrôlé.

28. Quelle distinction oppose correctement la souveraineté populaire et la souveraineté nationale ?

La première appartient à une nation abstraite, la seconde aux individus du territoire
La première dépend des représentants, la seconde relève des juridictions constitutionnelles
La première appartient aux individus, la seconde à une nation abstraite intergénérationnelle
La première concerne les relations extérieures, la seconde organise le territoire national

La première appartient aux individus, la seconde à une nation abstraite intergénérationnelle

Explication

La souveraineté populaire attribue la souveraineté à l’ensemble des individus vivant sur le territoire. La souveraineté nationale l’attribue à la nation, conçue comme une entité abstraite réunissant les générations présentes, passées et futures.

29. Dans la théorie de la souveraineté populaire, comment le vote et le mandat des députés peuvent-ils être conçus ?

Comme un droit individuel associé à un mandat impératif des députés
Comme une délégation nationale excluant toute instruction des électeurs
Comme une fonction électorale réservée aux citoyens les plus imposés
Comme une compétence juridictionnelle exercée par les représentants élus

Comme un droit individuel associé à un mandat impératif des députés

Explication

Dans la théorie de la souveraineté populaire, le vote est un droit attaché à chaque individu et les députés peuvent être considérés comme des commis soumis à un mandat impératif. Cette conception se distingue de la représentation nationale, même si la Constitution française déclare le mandat impératif nul.

30. Dans la théorie de la souveraineté nationale, quelle conception du vote est compatible avec cette théorie ?

Le vote est un droit individuel imposant aux élus les instructions des électeurs
Le vote est une prérogative territoriale attribuée aux collectivités locales
Le vote est une décision judiciaire réservée aux magistrats constitutionnels
Le vote est une fonction pouvant relever d’un suffrage restreint ou universel

Le vote est une fonction pouvant relever d’un suffrage restreint ou universel

Explication

Dans la souveraineté nationale, les représentants expriment la volonté de la nation et le vote est conçu comme une fonction. Cette fonction peut être réservée à un suffrage restreint ou étendue à un suffrage universel, contrairement à l’idée d’un mandat impératif.

31. Que prévoit l’article 3 de la Constitution de 1958 concernant l’exercice de la souveraineté nationale ?

Les partis politiques l’exercent par leurs programmes et leurs congrès
Le peuple l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum
Le gouvernement l’exerce par ses ministres et par les décisions administratives
Les juges l’exercent par le contrôle des lois et des élections

Le peuple l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum

Explication

L’article 3 prévoit que la souveraineté nationale appartient au peuple, qui l’exerce par ses représentants et par le référendum. L’article 27 complète cette règle en déclarant nul tout mandat impératif, mais il ne confie pas la souveraineté aux juges ou aux partis.

32. Selon Maurice Hauriou, que désigne le pouvoir de suffrage ?

La décision administrative qui organise l’inscription des citoyens sur les listes
La procédure par laquelle les représentants rédigent les lois soumises au Parlement
La compétence par laquelle les juges contrôlent la constitutionnalité des élections
L’opération par laquelle les citoyens approuvent ou refusent une candidature ou une loi

L’opération par laquelle les citoyens approuvent ou refusent une candidature ou une loi

Explication

Maurice Hauriou définit le pouvoir de suffrage comme l’opération par laquelle les citoyens donnent leur assentiment ou leur refus à une candidature lors d’une élection ou à une loi lors d’un référendum. L’élection porte donc sur une candidature, tandis que le référendum porte sur une loi ou une décision.

33. Quelle différence distingue correctement les suffrages censitaire, capacitaire et universel ?

Le censitaire dépend des aptitudes, le capacitaire de l’impôt, l’universel de la fortune des électeurs
Le censitaire dépend du diplôme, le capacitaire du patrimoine, l’universel d’un examen électoral
Le censitaire repose sur l’âge, le capacitaire sur la nationalité, l’universel sur la résidence
Le censitaire dépend de l’impôt, le capacitaire des aptitudes, l’universel ni de la fortune ni des capacités intellectuelles

Le censitaire dépend de l’impôt, le capacitaire des aptitudes, l’universel ni de la fortune ni des capacités intellectuelles

Explication

Le suffrage censitaire dépend du montant d’impôt payé, tandis que le suffrage capacitaire dépend de certaines aptitudes. Le suffrage universel n’est limité ni par la fortune ni par les capacités intellectuelles, ce qui inverse les deux premiers critères dans le distracteur principal.

34. Depuis quelle date la majorité électorale est-elle fixée à 18 ans en France ?

Depuis l’ordonnance du 21 avril 1944
Depuis la loi du 3 janvier 1973
Depuis la Constitution du 4 octobre 1958
Depuis la loi du 5 juillet 1974

Depuis la loi du 5 juillet 1974

Explication

La loi du 5 juillet 1974 a fixé la majorité électorale à 18 ans en France, parmi les conditions encadrant notamment le droit de vote. L’ordonnance du 21 avril 1944 concerne la reconnaissance du droit de vote des femmes, et non l’abaissement de la majorité électorale à 18 ans.

35. Par quel acte le droit de vote a-t-il été reconnu aux femmes en France ?

Par l’article 27 de la Constitution de 1958
Par une loi du 5 juillet 1974
Par une ordonnance du 21 avril 1944
Par une ordonnance du 4 octobre 1958

Par une ordonnance du 21 avril 1944

Explication

En France, le droit de vote a été reconnu aux femmes par une ordonnance du 21 avril 1944. La loi du 5 juillet 1974 porte sur la majorité électorale, tandis que l’article 27 de la Constitution concerne la nullité du mandat impératif.

36. Quelle distinction caractérisait le suffrage prévu en 1791 par rapport à celui instauré par le décret du 10 août 1792 ?

Le premier concernait les étrangers résidents, tandis que le second s’adressait aux propriétaires français.
Le premier était direct, tandis que le second reposait sur une désignation par les assemblées locales.
Le premier était féminin, tandis que le second était réservé aux contribuables les plus imposés.
Le premier était censitaire, tandis que le second concernait plus largement les Français de 21 ans vivant de leur travail.

Le premier était censitaire, tandis que le second concernait plus largement les Français de 21 ans vivant de leur travail.

Explication

En 1791, le suffrage était réservé aux citoyens actifs, ce qui le rendait censitaire, alors que le décret de 1792 l’a largement ouvert aux Français de 21 ans vivant de leur travail. La confusion fréquente consiste à attribuer au régime de 1791 l’ouverture plus large qui caractérisait celui de 1792.

37. Quel événement a établi véritablement le suffrage universel masculin en France ?

Le décret du 5 mars 1848, qui a reconnu le vote de tous les hommes remplissant les conditions prévues.
La Constitution de 1791, qui a accordé le vote à l’ensemble des citoyens français adultes.
La loi de 1944, qui a fondé le suffrage universel masculin pendant la période révolutionnaire.
Le décret du 10 août 1792, qui a instauré le suffrage universel pour les hommes et les femmes.

Le décret du 5 mars 1848, qui a reconnu le vote de tous les hommes remplissant les conditions prévues.

Explication

Le décret du 5 mars 1848 a établi véritablement le suffrage universel masculin en France. Le décret de 1792 avait élargi le corps électoral, mais le suffrage féminin n’a été reconnu qu’en 1944.

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Qu'est-ce que le droit constitutionnel dans la hiérarchie des droits ?

Un droit primaire et primordial intervenant avant les autres branches du droit.

Quelle est la base du régime démocratique ?

Le pouvoir du peuple.

Qu'est-ce qu'une république selon l'organisation politique ?

Une forme d’organisation politique pas forcément démocratique.

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