Fiche de révision : Infractions financières et sociales clés

📋 Plan du Cours

  1. Infractions de droit commun
  2. Infractions spécifiques sociétés
  3. Éléments constitutifs
  4. Abus de confiance
  5. Escroquerie
  6. Faux et usage de faux
  7. Recel
  8. Blanchiment
  9. Abus de biens sociaux
  10. Infractions du CAC

📖 1. Infractions de droit commun

🔑 Notions clés & Définitions

  • Abus de confiance (Article 314-1 CP) : Détournement, au préjudice d'autrui, de fonds, valeurs ou biens remis à une personne à charge de les rendre, de les représenter ou d’en faire un usage déterminé, par une personne qui en a accepté la remise.
  • Élément matériel de l'abus de confiance : La présence d’un contrat préalable entre le déposant et le dépositaire, et le détournement de la chose confiée, causant un préjudice.
  • Élément moral de l'abus de confiance : La connaissance par l’auteur de la précarité de sa possession et de la prévisibilité du préjudice résultant de son comportement, impliquant une intention coupable.
  • Sanctions de l'abus de confiance : Puni de 3 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende, aggravé à 7 ans et 750 000 € lorsque l’auteur fait appel au public ou agit en qualité de dirigeant.
  • Différence entre abus de confiance et vol : L’abus de confiance suppose un contrat préalable et un détournement avec connaissance de cause, tandis que le vol implique une appropriation sans contrat ni consentement préalable.

📝 Points essentiels

  • L’article 314-1 CP définit l’abus de confiance comme le détournement de fonds ou biens remis à une personne à charge de leur restitution ou usage déterminé.
  • La distinction principale avec le vol réside dans l’existence d’un contrat préalable : l’abus de confiance suppose une remise volontaire, alors que le vol ne nécessite pas de contrat.
  • L’élément matériel requiert un contrat (ex : mandat, prêt, location) et un détournement volontaire, même sans profit personnel.
  • L’élément moral implique la connaissance de la précarité de la possession et du préjudice anticipé.
  • Sanctions : 3 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende, portés à 7 ans et 750 000 € en cas de circonstances aggravantes.
  • La responsabilité peut être engagée tant pour les personnes physiques que pour les personnes morales.

💡 À retenir

L’abus de confiance repose sur un contrat préalable et un détournement volontaire, avec une connaissance de la précarité et du préjudice, distinguant cette infraction du vol qui ne nécessite pas de contrat.

📖 2. Infractions spécifiques sociétés

🔑 Notions clés & Définitions

Abus de biens sociaux (AYACHE, 2023) : délit consistant, pour un dirigeant, à faire un usage de mauvaise foi des biens ou du crédit de la société, contraire à l’intérêt social, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société dans laquelle il a un intérêt.
Usage contraire à l’intérêt social (AYACHE, 2023) : utilisation des biens ou du crédit de la société dans un but qui nuit à la société elle-même, notamment par des actes d’administration ou de disposition qui portent atteinte à son patrimoine.
Finalité de l’abus de biens sociaux (AYACHE, 2023) : fins personnelles ou pour favoriser une autre société ou entreprise dans laquelle le dirigeant est intéressé, directement ou indirectement.
Exemples d’actes constitutifs (AYACHE, 2023) : prêts, avances, baux, aliénations, acquisitions, cessions de biens sociaux effectués par le dirigeant à des fins contraires à l’intérêt de la société, ou encore dépenses excessives, rémunérations abusives ou avantages en nature non justifiés.

📝 Points essentiels

  • L’abus de biens sociaux est constitué lorsque le dirigeant, de mauvaise foi, utilise les biens ou le crédit de la société à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société dans laquelle il a un intérêt.
  • La matérialité de l’abus repose sur l’usage des biens ou du crédit social, incluant actes d’administration (prêts, baux) et actes de disposition (aliénations, acquisitions).
  • La finalité doit être contraire à l’intérêt social, c’est-à-dire porter atteinte au patrimoine ou à la réputation de la société.
  • La responsabilité pénale concerne exclusivement les personnes physiques, mais la responsabilité de la personne morale peut aussi être engagée.
  • La jurisprudence précise que la mauvaise foi du dirigeant et la connaissance de l’usage contraire à l’intérêt social sont essentielles pour caractériser le délit.
  • Sanctions : jusqu’à 6 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende, avec aggravations possibles en cas de récidive ou de circonstances aggravantes.

💡 À retenir

L’abus de biens sociaux consiste pour un dirigeant à détourner, de mauvaise foi, les biens ou le crédit de la société à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société dans laquelle il a un intérêt, portant ainsi atteinte à l’intérêt social et au patrimoine de la société.

📖 3. Éléments constitutifs

🔑 Notions clés & Définitions

  • Élément légal : AYACHE (date) : texte précis du code de droit pénal ou de droit pénal applicable qui définit l'infraction, conformément au principe de légalité.
  • Élément matériel : AYACHE (date) : acte concret ou comportement observable qui matérialise l'infraction, comme la remise d'une chose ou l'altération d'un document.
  • Élément moral : AYACHE (date) : conscience et intention de l'auteur de commettre l'infraction, notamment la connaissance de l'illicéité ou du préjudice.
  • Principe de légalité : AYACHE (date) : principe fondamental selon lequel une infraction doit être définie par un texte précis, sans quoi elle ne peut être retenue.
  • Conséquence de l'absence d’un élément : AYACHE (date) : si un seul des trois éléments (légal, matériel, moral) fait défaut, l'infraction ne peut être reconnue et poursuivie.

📝 Points essentiels

  • La reconnaissance d'une infraction nécessite la réunion des trois éléments : légal, matériel et moral.
  • L’élément légal doit être prévu par un texte précis du code de droit pénal ou autre texte d’incrimination (principe de légalité).
  • L’élément matériel correspond à l’acte ou comportement observable, comme la remise d’un bien ou la falsification d’un document, qui concrétise l’infraction.
  • L’élément moral implique la conscience de l’auteur de l’infraction, sa volonté de commettre l’acte illicite, notamment la connaissance du caractère illicite ou du préjudice.
  • En l’absence de l’un de ces éléments, l’infraction ne peut être retenue, ce qui garantit la sécurité juridique et la précision des poursuites.
  • La jurisprudence insiste sur la nécessité de prouver la conscience et l’intention pour certains délits, comme la fraude ou la falsification.

💡 À retenir

Une infraction pénale se constitue uniquement si l’élément légal, matériel et moral sont réunis ; leur absence entraîne l’irrecevabilité de la qualification pénale.

📖 4. Abus de confiance

🔑 Notions clés & Définitions

  • Article 314-1 CP : La définition légale de l'abus de confiance, qui consiste pour une personne de détourner, au préjudice d'autrui, des fonds, valeurs ou biens qui lui ont été remis à charge de les rendre, de les représenter ou d’en faire un usage déterminé.
  • Élément matériel spécifique : La présence d’un contrat préalable, tel qu’un contrat de louage, mandat ou prêt, qui établit la remise de la chose à une personne. Le détournement résulte d’un usage à des fins étrangères à celles stipulées dans le contrat, causant un préjudice.
  • Élément moral : La connaissance par l’auteur de la précarité de sa possession et de la prévisibilité du résultat dommageable de son comportement, selon AYACHE (date).
  • Sanctions et aggravations : La peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 7 ans et l’amende jusqu’à 750 000 € en cas de circonstances aggravantes, notamment si l’auteur agit en bande ou fait appel au public.

📝 Points essentiels

  • La qualification d’abus de confiance repose sur l’existence d’un contrat préalable par lequel la personne reçoit un bien ou une valeur à charge de le restituer ou de l’utiliser conformément à l’accord.
  • Le détournement consiste en une utilisation à des fins étrangères à celles convenues, comme la vente ou la destruction du bien confié, et doit causer un préjudice matériel ou moral à la victime.
  • La connaissance de la précarité de la possession et du résultat dommageable constitue l’élément moral essentiel, selon AYACHE (date).
  • La loi prévoit des sanctions spécifiques, notamment une peine de 3 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende, aggravée à 7 ans et 750 000 € en cas de circonstances aggravantes.
  • La tentative est punissable, et la responsabilité peut être engagée aussi bien pour la personne physique que pour la personne morale.

💡 À retenir

L’abus de confiance se caractérise par la remise volontaire d’un bien dans un contrat, suivie d’un détournement à des fins étrangères, avec la connaissance du préjudice potentiel par l’auteur. La gravité de la sanction augmente en cas de circonstances aggravantes.

📖 5. Escroquerie

🔑 Notions clés & Définitions

  • Article 313-1 du CP : La définition légale de l'escroquerie, consistant en l'emploi de moyens frauduleux pour tromper une personne ou une entité et la pousser à remettre des fonds, valeurs ou à effectuer un acte juridique.
  • Moyens frauduleux : Techniques employées pour tromper, telles que le faux nom, la fausse qualité ou des manœuvres frauduleuses, qui déterminent la victime à agir contre son intérêt.
  • Élément moral : La volonté délibérée de tromper, c’est-à-dire que l’auteur doit avoir conscience de ses moyens frauduleux et de leur caractère trompeur.
  • Point à retenir : La tentative d’escroquerie est punissable aux mêmes peines que l’escroquerie consommée, soulignant la gravité de l’acte même en phase inachevée.

📝 Points essentiels

L'escroquerie, selon Article 313-1 du CP, implique l’usage de moyens frauduleux tels que le faux nom, la fausse qualité ou des manœuvres frauduleuses pour tromper une victime et la pousser à remettre des fonds ou à réaliser un acte juridique. La jurisprudence insiste sur la nécessité de prouver la conscience et l’intention de tromper de l’auteur, ce qui constitue l’élément moral. La loi prévoit des infractions aggravées notamment lorsque l’auteur est dépositaire de l’autorité publique ou lorsque la victime est particulièrement vulnérable. La sanction principale est de 5 ans d’emprisonnement et 375 000 € d’amende, avec des peines aggravées en cas de circonstances spécifiques. La tentative est également punissable, renforçant la gravité de l’infraction.

💡 À retenir

L’escroquerie repose sur l’emploi intentionnel de moyens frauduleux pour induire en erreur une victime et obtenir un avantage illicite, la tentative étant aussi sanctionnée que l’acte consommé.

📖 6. Faux et usage de faux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Faux (Article 441-1 CP) : Toute altération de la vérité, de nature à causer un préjudice, accomplie par quelque moyen que ce soit dans un écrit ou tout autre support d’expression de la pensée, ayant pour objet ou pour effet d’établir la preuve d’un droit ou d’un fait ayant des conséquences juridiques. (Article 441-1 CP)

  • Faux matériel : Altération concrète d’un document par fabrication de toutes pièces, modification ou insertion de mentions, rendant le document non conforme à la vérité. Exemple : signer un acte pour une autre personne sans son autorisation.

  • Faux intellectuel : Altération de la vérité dans le contenu d’un document, par l’énonciation de faits inexactes, notamment en obtenant frauduleusement la signature d’une personne sur un document qu’elle n’aurait pas signé en connaissance de cause.

  • Différence entre faux matériel et faux intellectuel : Le faux matériel concerne la modification physique du document, tandis que le faux intellectuel porte sur le contenu, en énonçant des faits inexactes.

  • Élément moral : Conscience de l’altération de la vérité et intention de causer un préjudice, avec la connaissance que l’acte est de nature à produire un effet juridique ou à causer un préjudice. La responsabilité est exclue si l’auteur agit avec autorisation ou sans intention frauduleuse.

📝 Points essentiels

  • Article 441-1 CP : définit le faux comme toute altération de la vérité dans un support destiné à établir un droit ou une preuve, pouvant causer un préjudice. La falsification peut être matérielle ou intellectuelle.

  • Faux matériel : fabrication ou modification physique d’un document, comme la signature d’un acte par une autre personne ou la modification de mentions.

  • Faux intellectuel : modification du contenu d’un document, en énonçant des faits inexactes ou en obtenant une signature sans consentement réel, pour tromper.

  • Intention coupable : doit être prouvée, elle consiste en la conscience de l’altération et la volonté de causer un préjudice.

  • Infractions aggravées : lorsque le faux est commis dans un document délivré par une administration publique, ou par une personne dépositaire de l’autorité publique, les peines sont plus sévères (jusqu’à 10 ans et 225 000 € d’amende).

  • Sanctions : peine maximale de 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende, avec aggravations possibles selon le contexte.

💡 À retenir

Le faux et l’usage de faux consistent en une altération volontaire de la vérité dans un document, matérielle ou intellectuelle, avec la conscience de causer un préjudice, et sont punis selon la gravité de l’infraction et le contexte.

📖 7. Recel

🔑 Notions clés & Définitions

  • Article 321-1 CP : définition légale du recel, qui consiste à dissimuler, détenir, transmettre ou faire office d’intermédiaire pour une chose provenant d’un crime ou d’un délit, en sachant son origine frauduleuse.
  • Détention : acte de garder une chose, peu importe la durée, lorsque celle-ci provient d’un crime ou d’un délit.
  • Transmission : acte de transporter ou de faire passer une chose d’un lieu à un autre, ou de la remettre à un tiers, en connaissant son origine illicite.
  • Connaissance de l’origine frauduleuse : élément moral requis, selon lequel la personne doit avoir conscience que la chose provient d’une infraction.
  • Sanctions : peine encourue pour recel, notamment 5 ans d’emprisonnement et 375 000 euros d’amende, aggravée en cas de récidive ou de bande organisée.
  • Prescription : délai de 6 ans à partir de la fin de la détention de l’objet, pour engager la responsabilité pénale du recel.

📝 Points essentiels

  • La définition du recel selon Article 321-1 CP inclut plusieurs types : dissimulation, détention, transmission, intermédiaire, et bénéfice.
  • La personne doit avoir connaissance de l’origine frauduleuse de la chose pour engager sa responsabilité (élément moral).
  • Le recel peut être aggravé lorsqu’il est commis de manière habituelle, en bande organisée ou en utilisant des facilités professionnelles.
  • La prescription de 6 ans commence à courir à partir de la fin de la détention ou de la transmission de la chose, ce qui en fait une infraction continue.
  • La jurisprudence précise que la responsabilité peut également incomber à la personne morale, en cas de recel organisé.

💡 À retenir

Le recel consiste à bénéficier ou à dissimuler une chose provenant d’un crime ou d’un délit en ayant conscience de son origine frauduleuse, et il est passible de sanctions sévères, notamment en cas de récidive ou de bande organisée.

📖 8. Blanchiment

🔑 Notions clés & Définitions

  • Blanchiment : Opération visant à dissimuler l’origine illicite de fonds ou d’actifs en les intégrant dans le circuit économique légitime, afin de leur donner une apparence licite. La nature du blanchiment est de masquer la provenance frauduleuse d’un bien ou d’un fonds, en utilisant diverses opérations financières ou commerciales.

  • Infractions sous-jacentes : Les infractions qui génèrent les fonds ou biens à blanchir, telles que la criminalité organisée, la fraude, le trafic de drogues ou autres délits. Le blanchiment est une infraction accessoire qui suppose la commission préalable d’une infraction principale (voir "liens entre blanchiment et infractions sous-jacentes").

  • Sanctions générales : Les peines prévues par la loi pour le blanchiment, qui peuvent inclure des peines d’emprisonnement, des amendes, ainsi que des mesures complémentaires comme la confiscation des biens ou la dissolution d’entités impliquées. Ces sanctions visent à lutter contre la criminalité financière et à dissuader le blanchiment.

📝 Points essentiels

Le blanchiment constitue une infraction spécifique du droit pénal, visant à neutraliser l’effet de la criminalité en permettant la réintégration dans le circuit économique de fonds ou biens issus d’activités illicites. La définition précise de cette infraction est essentielle pour comprendre la lutte contre la criminalité organisée. La loi prévoit des sanctions strictes, notamment des peines d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans et des amendes importantes, ainsi que des mesures de confiscation. La responsabilité pénale peut également concerner les complices ou les personnes morales impliquées dans ces opérations. La relation entre blanchiment et infractions sous-jacentes est fondamentale : le blanchiment ne peut être puni que si l’on prouve l’origine illicite des fonds, ce qui implique la commission préalable d’une infraction principale (voir "liens entre blanchiment et infractions sous-jacentes"). La jurisprudence insiste sur la nécessité de prouver la connaissance de l’origine frauduleuse des fonds par le blanchisseur, ainsi que l’intention de dissimuler cette origine.

💡 À retenir

Le blanchiment est une infraction visant à dissimuler l’origine illicite de fonds issus d’autres infractions, avec pour objectif de leur donner une apparence légitime, et est punie par des sanctions pénales sévères, renforçant la lutte contre la criminalité financière.

📖 9. Abus de biens sociaux

🔑 Notions clés & Définitions

  • Usage contraire à l’intérêt social : Selon AYACHE (2023), il s’agit d’un acte effectué par un dirigeant en connaissance de cause, utilisant les biens ou le crédit de la société à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société dans laquelle il a un intérêt, en dehors de l’intérêt de la société.
  • Finalité personnelle ou pour favoriser une autre société : Selon la définition, cela implique que le dirigeant agit dans un but qui profite directement à lui-même ou à une entité tierce, en portant atteinte à l’intérêt de la société.
  • Exemples d’actes constitutifs : La disposition de fonds pour un usage personnel, la conclusion de contrats désavantageux pour la société, ou encore l’octroi d’avantages en nature excessifs, comme illustré par AYACHE (2023).
  • Sanctions spécifiques : La loi prévoit une peine de 6 ans d’emprisonnement et une amende pouvant aller jusqu’à 375 000 € pour l’abus de biens sociaux, avec des sanctions complémentaires telles que la dissolution ou l’interdiction d’exercer (voir section 2).

📝 Points essentiels

  • Définition légale : L’AYACHE (2023) précise que l’abus de biens sociaux consiste à faire, pour un dirigeant de mauvaise foi, un usage des biens ou du crédit de la société qu’il sait contraire à l’intérêt social, à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société dans laquelle il a un intérêt direct ou indirect.
  • Élément matériel : Il s’agit d’actes d’administration ou de disposition (prêts, ventes, engagements) réalisés au nom de la société, portant atteinte à son patrimoine. La jurisprudence insiste sur le fait que ces actes doivent être contraires à l’intérêt social et effectués à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société.
  • Élément moral : La mauvaise foi du dirigeant, c’est-à-dire sa conscience du caractère illicite de ses actes, est essentielle. La simple négligence ne suffit pas, il faut une intention frauduleuse ou une connaissance de l’atteinte à l’intérêt social.
  • Exemples concrets : Rémunérations abusives, avances non justifiées, dépenses excessives ou engagées dans un but personnel, ou encore la conclusion de contrats désavantageux pour la société.
  • Prescription : L’action se prescrit après 6 ans à compter du jour où l’abus a été découvert ou aurait dû l’être, selon la jurisprudence (voir section 2).

💡 À retenir

L’abus de biens sociaux consiste pour un dirigeant à utiliser de mauvaise foi les biens ou le crédit de la société à des fins personnelles ou pour favoriser une autre société, en portant atteinte à l’intérêt social, avec des sanctions pénales sévères.

📖 10. Infractions du CAC

🔑 Notions clés & Définitions

  • Exercice illégal de la profession de CAC (ART 820-5 Code de Commerce, 2000) : Fait pour une personne de faire usage du titre ou d'exercer la profession de commissaire aux comptes sans être inscrite sur la liste officielle ou en violation d'une interdiction ou suspension, ce qui constitue une infraction pénale.

  • Infractions compromettant le bon déroulement de la mission de contrôle (ART L820-4 Code de Commerce, 2000) : Actes tels que le défaut de désignation ou de convocation du CAC, ou l'obstacle à ses vérifications, qui entravent la mission de contrôle et sont punis pénalement.

  • Responsabilité pénale du CAC en tant qu'auteur ou complice d'infractions (ART L820-7, L822-15 Code de Commerce, 2000) : Le CAC peut être pénalement responsable pour non-divulgation de faits délictueux ou violation du secret professionnel, selon les dispositions légales, en tant qu'auteur ou complice.

📝 Points essentiels

  • La loi (ART 820-5, 820-6 Code de Commerce, 2000) sanctionne l'exercice illégal ou malgré une incompatibilité, avec des peines pouvant aller jusqu'à 6 mois d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, ou 1 an d'emprisonnement et 15 000 € d'amende en cas d'usage du titre sans inscription ou en violation d'une interdiction.

  • La non-désignation ou la mise obstacle à la mission du CAC est punie selon l'ART L820-4 : jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende pour le refus de convocation ou la dissimulation de documents, avec une distinction entre infraction d’omission (sans intention) et infraction intentionnelle (obstacle).

  • En matière de responsabilité, le CAC peut être poursuivi pour non révélation de faits délictueux (ART L820-7) ou violation du secret professionnel (ART L822-15), avec des sanctions allant jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende.

💡 À retenir

Le respect des règles d’inscription, de désignation et de secret professionnel est essentiel pour la légitimité et la légalité de la mission du CAC, sous peine de sanctions pénales pour lui ou ses complices.

📅 Repères chronologiques

DateÉvénement
2023Publication d'AYACHE sur l'abus de biens sociaux

📊 Tableaux de Synthèse

CritèreInfractions de droit communInfractions spécifiques sociétésÉléments constitutifsAuteurs / Références
DéfinitionAbus de confiance (Article 314-1 CP)Abus de biens sociaux (AYACHE, 2023)Légal : texte précis (AYACHE)AYACHE (2023) pour société, Article 314-1 CP pour droit commun
Élément matérielDétournement de fonds ou biens remisUsage de mauvaise foi des biens ou créditContrat préalable + détournementAYACHE, 2023
Élément moralConnaissance du préjudice et intention coupableMauvaise foi du dirigeantConscience de l’usage contraire à l’intérêt socialAYACHE, 2023
Sanctions3 à 7 ans d’emprisonnement, 375 000 à 750 000 €6 ans d’emprisonnement, 375 000 €Responsabilité personnelle et moraleAYACHE, 2023

⚠️ Pièges & Confusions Fréquentes

  1. Confondre abus de confiance et vol : le contrat préalable est essentiel pour l’abus de confiance, absent dans le vol.
  2. Négliger la connaissance du préjudice ou de la précarité de la possession pour l’élément moral.
  3. Confondre abus de biens sociaux et abus de confiance : le premier concerne la société, le second une relation contractuelle.
  4. Omettre la distinction entre actes d’administration (prêts, baux) et actes de disposition (aliénations, acquisitions) dans l’abus de biens sociaux.
  5. Ignorer que la responsabilité pénale peut engager aussi la personne morale pour certains délits.
  6. Confondre éléments matériel et moral : la présence d’un acte observable ne suffit pas sans intention coupable.
  7. Sous-estimer l’importance de la mauvaise foi dans l’abus de biens sociaux.

✅ Checklist Examen

  • Connaître la définition de l’abus de confiance selon l’Article 314-1 CP et ses éléments constitutifs (AYACHE).
  • Savoir distinguer l’abus de confiance du vol, notamment par l’existence d’un contrat préalable.
  • Maîtriser la notion d’abus de biens sociaux, ses actes constitutifs et la responsabilité du dirigeant (AYACHE, 2023).
  • Identifier les éléments légaux, matériels et moraux d’une infraction, en suivant la référence d’AYACHE.
  • Connaître les sanctions applicables à l’abus de confiance et à l’abus de biens sociaux.
  • Comprendre la différence entre actes d’administration et actes de disposition dans le contexte des infractions sociales.
  • Se rappeler que la responsabilité pénale peut engager la personne physique et la personne morale.
  • Assimiler la notion de mauvaise foi dans le détournement ou l’usage contraire à l’intérêt social.
  • Vérifier la maîtrise du principe de légalité et l’importance de la preuve de l’intention.
  • Connaître la jurisprudence ou références clés associées à chaque infraction.
  • Savoir que l’élément moral implique la conscience du caractère illicite ou du préjudice.
  • Vérifier la compréhension des sanctions aggravées en cas de circonstances aggravantes.

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1. Quelle est la référence légale de l'abus de confiance ?

2. Quel est le rôle principal de l'infraction d'abus de biens sociaux dans la régulation des sociétés ?

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Abus de confiance — définition ?

Détournement de fonds remis à charge de les rendre.

Élément matériel abus de confiance ?

Contrat préalable et détournement volontaire.

Élément moral abus de confiance ?

Connaissance du préjudice et intention coupable.

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